[Raël Khem] Le cheval, le corbeau et la relique.

La Bretonnie, c'est aussi les villes de Parravon et Gisoreux, les cités portuaires de Bordeleaux et Brionne, Quenelles et ses nombreuses chapelles à la gloire de la Dame du Lac, mais aussi le Défilé de la Hache, le lieu de passage principal à travers les montagnes qui sépare l'Empire de la Bretonnie, les forêts de Chalons et d'Arden et, pour finir, les duchés de L'Anguille, la Lyonnesse, l'Artenois, la Bastogne, l'Aquilanie et la Gasconnie.

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Re: [Raël Khem] Le cheval, le corbeau et la relique.

Message par [MJ] Kriegsherr » 01 août 2018, 17:48

Ainsi, le scythien avait opté en faveur de l’option la plus spectaculaire, pour le plus grand plaisir de la foule qui ne se fit pas prier pour manifester son contentement à grands renforts de cris et d’agitation ! En effet, tenter de jouer l’immobilisation aurait été moins photogénique et sans doute moins appréciée également qu’un bon combat au corps-à-corps, d’homme à homme. La position de supériorité de Raël lui offrait pour l’instant l’avantage sur son vis-à-vis. Mais cela ne durerait pas : dès qu’il se serait relevé, Jean d’Estamille serait de nouveau en mesure de se battre, et de surcroît échaudé par la manœuvre de son adversaire. Pour ne pas prendre le risque de revenir à un statu quo, il faudrait donc que notre héros profite de l’avantage qu’il avait et capitalise directement dessus. S’il n’y parvenait pas, les cartes seraient rebattues, et tout serait à refaire.

La tactique de Raël Khem allait-elle payer, ou au contraire paierait-il chèrement le risque pris ? En tous cas, leur avenir dans le tournoi allait se jouer à la pointe du kopesh ou à la masse du fléau.

Conformément à ce que j’avais indiqué, j’autorise sur un test d’INI réussi une attaque surprise imparable de ta part :

Test d’INI (avec modificateur pour dégainer rapidement) : 18. Raté. La configuration est donc normale.

Round 1 :
Raël porte son attaque : 13. Touché. Parade de Jean : 9. Réussie. Localisation : torse. Dégâts : 0 !
Jean riposte de son fléau d’armes : 19. Raté.
Raël ré-attaque : 9. Touché ! Localisation : jambe gauche. Dégâts : 17.
A Jean de nouveau : 17. Raté.
Raël attaque encore : 3 ! Touché. Localisation : bras droit. Dégâts : 21.
Jean re-riposte : 18. Décidément quand ça veut pas !

Round 2 :
Raël : 20 ! Echec critique. Pas de parade gratuite possible durant ce tour !
Jean attaque : 6. Touché. Raël ne peut rien faire ! Localisation : jambe droite. Dégâts : 20.
Raël réplique : 19. Raté. La chance aurait-elle tourné ?
Jean à son tour : 6. Touché encore. Localisation : torse. Dégâts : 21.
Raël pour sa troisième attaque : 1 ! Réussite critique => imparable. Localisation : jambe gauche. Dégâts : 25.
Jean attaque : 8. Touché ! Localisation : jambe droite. Dégâts : 23.

Il te reste donc 17 PVs virtuels à la fin de ce round ! Mais comme vous ne portez pas de réelles blessures votre potentiel est toujours intact, jusqu’à 0 PVs virtuels et parfois même moins vous pourriez vous battre à plein régime. Par un curieux hasard du destin, Jean d’Estamille a à ce stade exactement le même nombre de PVs virtuels que toi.

Le moindre coup non paré peut donc être décisif !

Round 3 :
Raël : 18. Raté !
Jean : 19. Raté !
Raël : 6. Tu touches ! Pare-t-il ? 17. Raté. Relance du bouclier : 6. Réussite ! Dégâts : 0.
Jean : 12. Touché ! Parade (modificateur négatif à cause du fléau, difficile à parer) : 7. Tu pares néanmoins le coup. Dégâts : 0.

Ni toi ni lui n’avez plus de parade dans ce tour ! Tout peut se jouer maintenant !

Raël pour sa 3ème attaque : 4 ! Touché ! Ca sent bon pour toi, néanmoins il peut encore survivre si tu tapes bas dans ta fourchette de dégâts et lui haut dans sa fourchette de résistance ! Localisation : torse. Dégâts : 18. Ouf ! Juste assez pour le mettre hors de combat !

Joli, ça s’est joué à rien.
Après avoir soudainement lâché son attrape-coquin, Khem ne parvint malheureusement pas à se saisir de ses armes suffisamment rapidement pour prendre de vitesse le bretonnien qui, malgré sa lourde armure, effectua une leste roulade en arrière afin de se remettre dans un premier temps sur un genou, bouclier en avant, puis de dégainer en se relevant. L’avantage de l’immobilisation s’était donc évaporé !

Mais il n’empêchait. Plus légèrement protégé, le guerrier du désert était plus vif, plus rapide que son adversaire, gêné par sa lourde armure et subissant sans doute encore le contrecoup de sa chute de cheval. Durant la première dizaine de secondes, les échanges de coups furent nettement en la faveur du scythien. Le fléau de Jean avait systématiquement un temps de retard sur le redoutable kopesh de Raël. L’arme, à mis chemin entre la hache et le sabre, était pourtant réputée pour être plutôt lourde, lente et facile à parer, en dépit de sa redoutable puissance. Mais si le premier coup atterrit effectivement dans l’écu du noble chevalier qui absorba totalement le choc sans broncher, les deux assauts suivants ne furent repoussés, au prix de blessures virtuelles, que par l’armure lourde du compétiteur local.

A cet instant, d’Estamille paraissait grandement en difficulté. L’avantage avait largement été pris par Raël, qui venait d’enchaîner les succès, tandis qu’il n’avait eu de son côté à déplorer aucun dommage depuis la première passe d’arme.

Sans doute poussé par l’euphorie, à moins qu’il n’ait sous-estimé son adversaire ou que ce dernier, professionnel des tournois et touché dans son orgueil par ce freluquet nouveau venu qui avait osé le mettre à terre avec cet arme si particulière puis le rouer de coups, « messire Khem » constata avec désarroi qu’il ne serait pas si simple d’achever la bête blessée. Usant des avantages de son arme avec l’aisance d’un maître d’armes renommé, Jean d’Estamille parvint à esquiver le coup suivant et à reprendre l’initiative.

Désormais, dans un curieux effet de miroir par rapport à la première partie du combat à pied, il semblait que c’était toujours Raël qui avait un temps de retard. Il encaissa un, non deux, non trois coups d’affilée ! La masse du fléau passait outre ses parades avec une facilité déconcertante pour lui asséner de puissants chocs. Enfin, des chocs qui l’auraient été si la boule métallique n’avait pas été pour le tournoi recouverte d’une gaine de cuir et de tissu afin de la neutraliser et d’éviter toute blessure grave.

Malgré tout, le brave serviteur des dieux de Nehekhara ne se laissa pas démonter et parvint même à placer une riposte parfaite entre plusieurs coups reçus. L’attaque était très rapide, très pure et tout simplement imparable. Elle fut saluée de sifflements appréciateurs dans le public.

A l’issue de cette deuxième phase de leur combat, les deux concurrents savaient qu’il ne leur restait que très peu de « vie virtuelle », décomptée par une assemblée de juges experts située au premier rang des gradins des roturiers.

D’ailleurs, malgré les précautions prises pour éviter qu’ils ne se blessent et leurs armures respectives, la fatigue et les contusions commençaient déjà à se faire sentir sérieusement. La moindre erreur pourrait être « fatale ». Cela joua sûrement dans l’inconscient des deux hommes. Trop timides, les premières tentatives, d’un côté comme de l’autre, se soldèrent par des échecs. Ils n’avaient sans doute pas voulu se mettre en danger en se découvrant trop dans une attaque franche. Prenant les devants, Raël se fendit et frappa dans une attaque qui aurait sûrement été victorieuse si elle n’avait pas rencontré le bouclier fixé au bras ferme de Jean. Ce dernier, voyant une occasion d’en finir, riposta immédiatement. Là encore, le coup aurait pu être gagnant, si le scythien n’avait pas réussi in-extrémis à le parer.

Puis enfin ce fut la délivrance. Dans un ultime assaut, le kopesh troua la solide défense bretonnienne et atteint le chevalier au niveau du flanc gauche. Les juges hésitèrent une seconde, se concertant même du regard pour se demander si en réalité le coup aurait été décisif, puis, unanimement ils décidèrent de déclarer Raël vainqueur.

Beau joueur, Jean d’Estamille ôta son heaume, révélant une tête marquée par le combat qui venait d’avoir lieu. Ses cheveux étaient ruisselants de sueur, son visage maculé de sang sûrement dû à la lourde chute subie. Ses yeux étaient flous, perdus dans le vague, sans doute ne réalisait-il pas encore très bien qu’il venait de perdre, ou sonné par les coups, la chaleur sous le soleil de plomb et dans armure ou une nouvelle fois la chute.

Jean d’Estamille, juste après son combat contre Raël Khem :

Image


Toutefois, en dépit de tout cela, l’homme se reprit vite, et en combattant professionnel qu’il était. Il salua le public, les juges, les autres seigneurs, les organisateurs et bien sûr son vainqueur du jour, qu’il félicita à voix basse, dans l’intimité qui régnait entre combattants dans l’arène, si l’on pouvait dire :


-Bravo, sire Khem, vous m’avez battu et je dois dire que je ne m’y attendais pas… Surtout au coup de l’attrape-coquin. Mais la prochaine fois, s’il y en a une, je serai prévenu et j’ai bon espoir que cette fois, le résultat sera différent.

Il était difficile de dire si le compliment était teinté d’étonnement, d’admiration ou d’une certaine amertume. Sans doute un peu des trois à la fois. Mais en tous cas, même s’il ne goûtait à l’évidence pas la défaite, l’homme serra les dents et sut préserver les apparences avec un sourire et un salut de la main au public avant de quitter le champ. Ce genre de comportement « fair-play » était à l’évidence très apprécié par la foule ici, et pour un homme dont le métier consistait à passer de tournoi en tournoi, avoir la ferveur du public pour soi n’était pas négligeable.

Quant à Raël Khem, il fut acclamé par une partie de la foule, notamment beaucoup de bourgeois et de roturiers. Avoir vaincu un chevalier était un exploit du genre de ceux pour lesquels la Confrérie du Phare l’avait engagé. Aussi aperçut-il Jeannot parmi les membres de la tribune officiel, qui le félicita d’un pouce vers le haut et d’un clin d’œil. Chez les nobles, bien sûr, cet enthousiasme n’était pas partagé, et la retenue était de mise.


***



Quoi qu’il en fût, une fois sorti du pré aux combats, Raël Khem apprit que son opposant pour les quarts de finale serait Yvon Bamorel, le candidat soutenu par les autres marchands de la ville. Chose étrange, il ne vit nulle part Ranya Labelle durant le reste de la journée, soirée comprise. Allait-il pour autant s’en inquiéter et enquêter, ou considérer cette absence comme normale ?
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Re: [Raël Khem] Le cheval, le corbeau et la relique.

Message par Raël Khem » 09 août 2018, 11:48

Comme le combat est assez épique je vais le raconter à ma sauce aussi!
Espérant créer la surprise, Raël lâcha l'attrape-coquin et se précipita sur son adversaire, dégainant son khopesh et le laissant filer droit vers la caboche du chevalier. Il sembla pourtant à notre héros qu'il avait sous-estimé son adversaire: le coup ne porta pas, l'ennemi s'étant reculé juste à temps! Qu'importe! Dans sa lancée il asséna à son adversaire du jour un coup terrible à la jambe, qui rebondit à la fois sur une parade parfaite au bouclier et sur les plaques métalliques de l'armure.

Le Scythien recula instinctivement, échappant ainsi au premier coup de l'opposant. Durant un souffle il pensa que l'armure de Jean d'Estamille serait peut-être un problème plus important que prévu. Jusque là il avait pensé passer à travers les jointures pour frapper mais en bon combattant habitué à cet exercice le bretonnien ne les laissait jamais apparaître plus d'une fraction de seconde à chaque mouvement, rendant l'exercice hasardeux. Pourtant, le professionnel des tournois pécha par orgueil et lança deux assauts violents à l'encontre de l'homme du désert, exposant totalement les failles de son armure imperméable. Avec un rictus le champion du Sud se baissa pour esquiver la masse d'arme et lança une tranche horizontale sur une jointure de la jambe gauche, la frappant violemment, avant de remonter dans une frappe ascendante sur le bras droit qui subit lui aussi un fameux coup. Le chevalier recula sous la surprise et la douleur, réajustement son armement. La foule applaudit et on put apercevoir des nobles qui se levaient dans le public, des expressions de surprise sur le visage. Pour les bourgeois et la roture, par contre, c'était l'explosion de joie! A la tribune de la Confrérie du Phare notamment certains serraient les dents et les poings d'excitation et les incitations à continuer comme ça fusaient de toute part.

Trois secondes flottèrent.

Se lassant de l'attente Raël se précipita sur son ennemi avec une ferveur décuplée par les encouragements. Se faisant il tombait dans le piège préparé par le chevalier qui le terrassa d'une frappe bien placée sur le bouclier avant d'asséner un coup de masse sur la jambe du Scythien, qu'il sentit se dérober sous lui. Evidemment, le combattant expérimenté qu'était d'Estamille sut parfaitement se saisir de cette splendide occasion qui lui était présentée: flamboyant de prestance il martyrisa par deux fois le serviteur de Nehekhara avec des frappes violentes qui manquèrent de jeter notre héros à terre. Heureusement il parvint juste à temps à trouver une faille sur la jambe du chevalier, qui le força à reculer.
Une seule seconde s'écoula cette fois avant que les guerriers ne repartent à l'assaut. Au début, les participants semblèrent à égalité, aussi extenués l'un que l'autre et avec la rage de vaincre. Les coups pleuvaient mais sans jamais passer le bouclier de l'un ou l'armure de l'autre. Raël tenta bien une lame glissée sur le bras d'épée du chevalier mais sa rapidité ainsi que le métal protecteur ne laissèrent causer qu'une rayure. A contrario, Jean avait confiance en sa marche particulière pour outrepasser les parades de son ennemi, mais le Scythien était habile et observateur et jamais le fléau d'arme ne sut dépasser sa vigilance!
Puis vint la faille, l'erreur: dans un mouvement plein de rage et d'une volonté d'en finir, le chevalier se découvrit entre la plaque ventrale et les jambières. Saisissant sa chance, Raël profita de sa grande rapidité pour trancher au vif. Le coup porta peu et aurait difficilement été mortel en d'autres circonstances, mais au vu de tout ce que son adversaire avait déjà pris, le jury décida d'arrêter le combat sur la victoire de l'étranger!

Dans le public ce fût l'explosion! Les paysans, artisans et commerçants explosaient de joie et au sein de la Confrérie du Phare on y allait bon train entre la satisfaction, la pure joie du combat et ceux qui se frottaient les mains en songeant que de ce combat ils pourraient faire leur miel.
Il y eut quelques salutations avec un Jean d'Estamille fichtrement amoché, cela fit presque mal au cœur du Scythien qui ne pensait pas l'avoir autant blessé en une chute de cheval. Acceptant la répartie de son adversaire il lui serra franchement la main, ajoutant:


-"Et de mon côté je ramènerai de quoi percer votre armure, on réalise pas à quel point c'est solide avant de taper dessus..."

Mais dans les yeux du chevalier Raël aperçut de la rancoeur, c'était dommage mais il le comprenait. Et il n'avait pas tort dans le fond: sans l'attrape-coquin le résultat aurait pu être très différent.
Imitant son opposant, le guerrier du Sud leva son arme en signe de salut et de victoire, s'arrêtant pour observer les comportements de ses proches. A l'exception de la noblsse de l'Anguille tout le monde semblait partager la même joie.
En sortant des loges quelques dizaines de minutes plus tard l'épreuve du bain de foule commença à nouveau, chaque fois plus difficile. Cette fois des gardes de la ville durent le protéger pour qu'il puisse rejoindre ses quartiers en toute tranquillité! C'était somme toute peu surprenant, à chaque tour le nombre de participants était divisé par deux ce qui laissait d'autant moins de choix sur le champion à aduler. Avec un sourire, Raël songea qu'il serait sans doute à l'origine de grandes fortunes, de grandes ruines ainsi que d'une ribambelle d'enfants plus ou moins désirés...

Mais en parlant de l'acte charnel, il ne retrouva pas Rayna qui l'attendait comme à son habitude devant sa tente. Etonnant. Haussant les épaules et parce qu'il n'avait rien de plus à faire le guerrier s'en retourna vers les festivités. Il allait commencer par regarder le tableau des scores pour voir les participants restants en lice en quart de finale ainsi que demander à des gardes ou passant s'ils avaient vu sa prostitué préférée.
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Re: [Raël Khem] Le cheval, le corbeau et la relique.

Message par [MJ] Kriegsherr » 20 déc. 2018, 18:22

Les participants encore en lice au stade des quarts de finale étaient parmi les meilleurs, les favoris, même si l’on trouvait encore quelques outsiders parmi eux. A dire vrai, six des sept premiers au classement général, les « têtes de série » comme on les appelait, pouvaient encore prétendre au titre. Sans être exhaustif, il y avait notamment le mystérieux elfe parfait sur toutes les épreuves, Arenthil Celian, ainsi que le polyvalent soldat kislévite Nicolaï Vassiliev et le puissant chevalier bretonnien Alban de Rochebrume. Ce trio redoutable ne composait rien de moins que le podium à l’issue des épreuves du premier tour du tournoi. Fort heureusement pour notre héros, le hasard les avait placés tous les trois dans la même partie de tableau, opposée à celle de Raël. Ainsi, dans le pire des meilleurs cas, il ne pourrait en affronter qu’un seul, et cela pas avant la finale.

Du côté du tableau de Khem, les choses étaient certes moins corsées, mais loin d’être simples pour autant. Parmi les favoris, seul l’impérial Edrik Wassenber, pourtant quatrième à l’issue de la première phase, avait été éliminé. Plus étrange encore, il l’avait été au deuxième duel seulement, soit au stade des seizièmes de finales, et cela par le prochain adversaire du scythien, le nommé Yvon Bamorel. Le concurrent soutenu par les marchands hostiles à la Confrérie du Phare avait ensuite éliminé Sargon de Gazac en huitièmes, et serait donc opposé à Raël Khem lors du prochain combat.

L’autre affrontement, qui déterminerait l’adversaire du vainqueur, était moins serré sur le papier, puisqu’il opposerait Rahim Benalloud, le champion personne du Calife de Copher en Arabie, à Don Alberto di Matelli le nobliau estalien certes habitué des tournois, mais clairement un niveau en dessous.

En résumé, même en cas de victoire contre Yvon, la suite ne serait pas de tout repos pour notre homme du désert préféré ! Cela dit, avant de s’inquiéter des adversaires potentiels, il fallait encore parvenir à éliminer l’adversaire réel et se qualifier pour la suite de l’aventure. Sinon, en dépit de tout ce qu’il avait accompli, il ne resterait qu’un vague souvenir vite effacé dans la mémoire des habitants de l’Anguille et autres spectateurs, un concurrent anonyme parmi tant d’autres, éliminé à une place honorable, mais dont on ne se souviendrait pas. Il aurait fait tout cela, serait allé aussi loin dans le tournoi, pour rien.


Restait également « l’affaire » Rayna. Où avait bien pu passer la jeune femme ? Celle qui était pourtant fière d’avoir été à ses côtés depuis le début ou presque et ne s’en cachait pas, mais s’affichait au contraire avec fierté, semblait avoir tout simplement disparu, alors même qu’on aurait pu penser qu’en cet instant plus qu’en n’importe quel autre jusque là, elle aurait été avec « son » champion.

Des investigations rapides auprès des gardes –déployés en grand nombre sur le champ où se déroulait le tournoi surtout depuis les évènements rapportés par Raël concernant l’assassin- révélèrent que nul ne l’avait vue de la journée. Les passants ne semblaient pas l’avoir aperçu non plus, alors même que son métier voulait qu’elle se fît voyante, remarquable. Tout ceci était pour le moins bizarre, ou étrange. Cependant, la Confrérie du Phare ne semblait pas considérer la disparition soudaine d’une prostituée parmi des centaines comme une affaire prioritaire ou même importante. Ils avaient la suite du tournoi à organiser et une foule d’infractions à gérer, ils ne s’inquiéteraient que si un officiel, un participant ou un acte grave avéré était mis en lumière, ce qui en l’occurrence n’était pas le cas. Rayna Labelle pouvait très bien simplement être malade, qui savait ?

Si personne parmi les gens qui comptaient ne semblait s’inquiéter pour elle, peut-être n’était-ce pas le cas de notre héros. Déciderait-il de pousser les recherches plus avant lui-même ? Si oui, comment ? Quelle piste avait-il ? A qui pouvait-il s’adresser ?

Dans le même temps, il apprit que son conseiller maître d’armes souhaitait s’entretenir avec lui au sujet de son prochain adversaire. Ils disposeraient d’une journée entière de repos avant le prochain combat, qui aurait lieu le surlendemain. Restait à savoir comment le scythien allait occuper ce temps, cette soirée et ce jour de récupération, avant l’échéance du prochain combat.

Allait-il se reposer, festoyer, s’entraîner, enquêter ? Toutes les options s’offraient à lui. Il était assurément devenu « quelqu’un », et dans le camp, nul plaisir ne lui serait refusé, nul breuvage interdit, nulle table proscrite... Au contraire ! Tous se presseraient autour de lui pour avoir l’honneur de servir un des huit champions. Les marchands voudraient qu’il achète leurs produits, ils les lui offriraient même dans la mesure du raisonnable pour qu’il les arbore et les mette en valeur. Les combattants non participants ou éliminés voudraient s’entraîner avec lui, considéré comme l’un des meilleurs, afin d’entendre ses conseils et de se vanter d’avoir été « formés » par lui. Les joyeux drilles et les aubergistes voudraient l’inviter à leurs tables et lui offrir des verres et des repas pour attirer l’attention sur eux et s’enorgueillir de sa présence dans leur établissement. Quant aux filles de joies, profitant de l’absence opportune de Rayna qui n’était plus là pour défendre « son » mâle, elles étaient comme des lionnes affamées devant un filet de viande particulièrement succulent, toutes griffes dehors et prêtes à se déchirer pour remporter la mise.

Surprise ! J'avais un peu de temps libre alors j'ai posté :D

Je te laisse très libre de ton emploi du temps sur cette soirée et la journée de repos du lendemain. Tu peux décrire toutes les actions secondaires par rapport à l'intrigue. J'ai essayé dans le dernier paragraphe de te donner une idée de ce que tu es devenu : une sorte de mini-célébrité locale, dans l'effervescence du tournoi. Qui sait, tu seras peut-être oublié dans une semaine si tu perds le prochain combat, mais en attendant, dans l'instant présent, tu es l'une des attractions du camp ! Profites-en bien, tout ou presque est totalement gratuit (y compris les petits achats).

Si tu veux parler avec ton conseiller maître d'armes ou recherche Rayna, en revanche, là bien entendu je te répondrai pour te dire ce qu'il en est ! ;)
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Re: [Raël Khem] Le cheval, le corbeau et la relique.

Message par Raël Khem » 23 déc. 2018, 12:53

La liste des participants n'était, au final, guère étonnante: les favoris se taillaient la part du lion sur le dos des autres participants et traçaient leur sillon de victoires. Parmi ces champions il n'y en avait qu'un seul qui faisait exception: le fameux Edrik Wassenber, le champion personnel de l'ambasseur impérial en Bretonnie, qui avait échoué face à Yvon Bamorel. Raël se pinça l'arête du nez pour réfléchir. S'il se souvenait correctement du classement de la semaine passée, l'impérial était placé légèrement avant lui dans la plupart des épreuves et au classement général, montrant un petit écart de niveau. A contrario le mercenaire n'avait jamais semblé briller par son talent ou ses performances. Comment était-il alors simplement possible qu'il ait vaincu un des favoris? La réponse pouvait être simple: les menaces, comme Thibault en avait subi, mais l'hypothèse n'était pas satisfaisante. Contrairement au jeune chevalier de bretonnien, impressionnable et peu couvert, Wassenber était un champion protégé, sans doute parce que tout ce que l'Empire pouvait mettre à disposition pour assurer son confort, à la manière de Rahim. A sa connaissance l'assassin qu'il avait éliminé plus tôt n'avait pas eu d'autre cible que lui, mais cela ne signifiait rien en l'état, il pouvait tout à fait ne pas opérer seul.

Si les hypothèses des menaces physiques ou écrites étaient à proscrire, notre héros ne voyait plus que trois possibilités: ou bien Yvon avait caché son jeu depuis le départ et était un combattant redoutable, ou bien Edrik avait été acheté ou bien il avait été empoisonné. Peu de chances que l'on puisse corrompre un homme de sa trempe et Bamorel n'avait pas été remarqué comme un guerrier particulièrement doué même dans les phases critiques. Restait alors le poison, l'hypothèse n'était pas bête, après tout ces vauriens l'avaient utilisé contre lui, manquant de tuer Aziz au passage. Evidemment, la mort d'un favori protégé par une puissance étrangère aurait parue extrêmement suspecte, ce qui empêchait un poison mortel… Il faudrait creuser la question et, justement, le maître d'armes voulait le voir, cela attendrait toutefois le soir.
Car à cet instant l'homme du Sud luttait à mort pour passer à travers la foule qui le harcelait! Une armée d'emmerdeurs s'acharnait sur lui: éliminés des qualifications, marchands, taverniers, prostituées, touristes et paysans, tous lui courraient après pour avoir l'insigne honneur d'être vu à ses côtés! Il fallut toute la force des gardes de sa tente pour qu'il puisse rentrer sans y laisser des morceaux. A sa surprise il ne vit pas Rayna Labelle en train de l'attendre pour le délassement d'après match, comme elle en avait l'habitude. C'était étonnant mais cela n'empêcha pas notre héros de se passer un coup d'éponge et de torchon pour enlever la poussière et la sueur qui parsemaient son corps. Comme on faisait à Numas, il attrapa une raclette en fer mise à sa disposition et se retira couche après couche la crasse du combat. L'entreprise dura une petite heure avant qu'il ne se lève pour aller voir le maître-d'armes. Au passage il faudrait manger un morceau chez un marchand local, en faisant attention à bien le choisir au hasard: il n'avait aucune confiance en la nourriture qu'on pourrait lui servir quand des assassins traînaient.

Comme toujours ce vétéran devait traîner autour des stands de la Confrérie du Phare, attendant la venue de son protégé. Mais cette fois en plus des explications classiques sur le combattant suivant, Raël avait une question particulière:


-"Pouvez-vous me raconter le combat entre Yvon et Edrik? De ce que j'en cet impérial et moi avions le même niveau, je dois savoir comme Bamorel a pu le vaincre. Est-ce que Wassenber avait l'air… Bizarre... durant le duel?"

------------------------------------------------------

Le lendemain matin, après s'être levé, Raël constata que Rayna n'était toujours pas de retour. En plus de ça personne ne semblait vraiment prendre sa disparition au sérieux. Une vague inquiétude le traversa: était-ce les norses qui l'avaient kidnappée? Les patrons d'Yvon qui voulaient le faire chanter? Mais dans ce cas il aurait sans doute déjà reçu des menaces et du chantage. Ou peut-être s'inquiétait-il juste pour rien… Afin de se rassurer, il allait passer le lendemain matin à interroger les filles de joies locale, histoire de voir s'il pouvait apprendre quelque chose. Après le déjeuner il suivrait les pistes s'il y en avait, sinon il se promènerait dans le camp en cherchant à manger au maximum sur des stands remplis. Il était plus difficile d'empoisonner quelqu'un qui mangeait avec un groupe que tout seul….
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Re: [Raël Khem] Le cheval, le corbeau et la relique.

Message par [MJ] Kriegsherr » 28 déc. 2018, 10:42

Après avoir « profité » de sa nouvelle et peut-être éphémère célébrité, le combattant scythien vint retrouver son conseiller maître d’armes, qui depuis le début avait été mis à sa disposition par la Confrérie du Phare. Le spécialiste paraissait préoccupé, et parut manifestement soulagé de rencontrer Raël Khem en personne, comme il en avait formulé la requête. Il poussa un soupir de soulagement en reconnaissant l’homme du sud et l’invita à entrer dans sa tente, où ils seraient plus à l’aise pour discuter à l’abri –relatif- des oreilles indiscrètes.

Les questions de Raël ne parurent pas surprendre son conseiller. Au contraire, celui-ci hocha la tête d’un air grave et avoua d’une voix volontairement basse la chose suivante :


-Vos questions sont légitimes, et c’est bien ce qui m’inquiète. Comme c’est mon travail, j’ai regardé et disséqué l’intégralité des épreuves et combats qui se sont déroulés dans le tournoi. Et j’en suis arrivé à la même conclusion que vous : contre un adversaire de la trempe de Wassenberg, Bamorel n’avait théoriquement pas la main haute. Seul un monstrueux coup de chance lui aurait permis de l’emporter… A la loyale, du moins.

Dans ce combat en particulier, Yvon a semble-t-il effectivement bénéficier d’une méforme de son adversaire. Méforme qui s’est expliquée par une maladie sérieuse du concurrent impérial. Ce dernier souffrait, parait-il, d’atroces douleurs lorsqu’il a dû affronter Bamorel. La nourriture bretonnienne a été mise en cause après coup, comme s’il avait été victime d’une simple et violent intoxication alimentaire, mais je ne pense pas qu’il n’y ait que cela.

Car les coïncidences troublantes se sont enchaînées en faveur de Bamorel, tournant systématiquement dans son sens. Rappelez-vous les épreuves déjà : ses performances y ont été pour le moins étonnantes, et je vous avais déjà fait part de mon trouble à l’époque.

Et puis, sur tous ses combats suivants, il a triomphé sans jamais être réellement mis en danger. Oh, il était certes favori, sauf contre Edrik Wassenberg, mais là c’est comme si ses ennemis ne voulaient pas gagner. Même le surprenant Sargon de Gazac, son dernier adversaire, paraissait dépité dans ce combat, il ne s’est pas battu avec la hargne, l’assurance et la confiance en lui qu’il avait lors des combats précédents. En fait, on aurait même dit qu’il n’avait plus envie d’être ici, mais voulait partir.

Bizarre non ? Malheureusement, rien ne permet de relier de près ou de loin Yvon à tous ces « hasards ». Et il nous est impossible d’accuser ou d’agir sans preuve concrète…

Enfin, nous ne sommes pas nés de la dernière pluie, et la surveillance autour de vous a été encore renforcée après que j’ai fait part de mes soupçons à la Confrérie. Tout a été fait pour vous protéger et je doute qu’on puisse s’en prendre à vous directement. Il n’empêche, je resterai prudent si j’étais vous.

***


Le lendemain matin, Raël Khem se rendit auprès des collègues de travail de Rayna Labelle. Celles-ci étaient en petit nombre dans la maison où elles se réunissaient habituellement. Beaucoup se trouvaient sans doute encore sous les draps de leurs clients de cette nuit. Mais certaines, soit que leur client ait été matinal, soit qu’elles n’en aient pas eu, soit qu’il eu « consommé sur place », étaient déjà debout, pour la plupart vêtues de manière légère et affriolante, parfois même en tenue d’Eve. Brunes, blondes, rousses, on trouvait de toutes les couleurs de cheveux et d’yeux ici, parmi les beautés à peine sorties du sommeil.

L’une d’entre elles, une jolie blonde aux yeux bleus habillée d’une simple serviette autour des hanches, qui revenait de ses ablutions matinales et se séchait les cheveux tout en les coiffants, reconnut en Raël son sauveur. Aussitôt, sans éprouver la moindre gêne ou pudeur à être torse nu devant un homme, elle le salua d’une révérence, avant de l’inviter à prendre place dans un siège confortable près du feu, en face d’elle. Elle lui expliqua ensuite qu’elle avait fait partie des amies de Labelle qui avaient été violentées par les norses. Puis elle lui demanda ce qu’elle pouvait faire pour lui, se montrant très coopératives et l’appelant « M’sieur Raël », dans un mélange de respect et d’admiration pour quelqu’un qui, bien qu’important, était « le client attitrée de son amie » et s’était soucié d’elle, une simple prostituée, lorsqu’elle était dans de sales draps.

Lorsque le scythien mentionna la disparition de Rayna, la blonde parut inquiète, au contraire des filles de joies qu’il avait rencontrées jusqu’ici et qui avaient voulu sauter sur l’occasion pour le « voler ». Cette amie de Labelle, nommée Delphine, appela quelques unes de ses collègues, dont une qui comme elle avait été tirées des griffes des norses. Les filles discutèrent un moment ensemble.

Aucune ne semblait avoir vu leur amie depuis la veille au matin, ce qui était étrange, voire les inquiétait. Puis Delphine parut réfléchir et demanda :


-Dis-moi Isa, elle ne nous a pas dit qu’un type plein aux as l’avait contactée hier matin ?

La nommée Isabelle n’était autre que la seconde amie de Rayna, qui avait été enlevée par les norses. Elle réfléchit une poignée de secondes, les yeux au ciel et le doigt sur le menton, puis hocha la tête positivement et compléta :

-Tu as peut-être raison, j’étais encore à moitié groggy ce matin là, j’avais fait « service complet » jusqu’à tôt le matin la veille. Mais maintenant que tu le dis… Elle trouvait pas ça bizarre, non ? Et elle a mentionné un moulin je crois ?

Delphine semblait mieux se souvenir maintenant, son visage s’éclaira et elle put continuer :

-Oui c’est ça, M’sieur Raël ! Elle nous avait dit qu’un type lui avait refilé une grosse bourse comme avance simplement pour qu’elle aille s’occuper d’un riche meunier un peu solitaire dans son moulin, à deux ou trois heures d’ici. Elle n'a pas dit où, mais le gars l'amènerait sur place lui-même. C’est très inhabituel ce genre de payement de grosses sommes d’avance, mais c'est difficilement refusable car on roule pas vraiment sur l'or. Cela dit elle pensait être revenue avant la fin d’après-midi avec vous, de ce qu’elle prévoyait. Vous ne l’avez pas revue depuis, M’sieur Raël ?

Les deux jeunes femmes étaient maintenant clairement inquiètes pour leur amie disparue. Plus encore que le fait qu’elle s’absente, le fait qu’elle n’ait pas donné de nouvelles était étrange. C’est pourquoi l’une d’entre elles proposa :

-Il lui est peut-être arrivé quelque chose vous croyez pas M’sieur Raël ? C’est pas normal qu’elle se soit absentée si longtemps sans prévenir, ça se fait pas chez nous, car si nos amies savent pas où on est, personne ne se souciera de nous si on disparaît. C’est notre seule sécurité, dire à des gens où on est : sans ça, on serait à la merci du premier salaud venu qui voudrait nous garder pour lui de force, tout le monde se fout de nous. Jamais Rayna n’aurait pris le risque de rester sans au moins prévenir…
Si vous voulez aller à sa recherche, on est avec vous, pour sûr qu’on la laissera pas tomber. Ray’ fait la dure mais elle a un cœur d’or.


Isa’ et Delphine, les deux blondes, étaient suspendues aux lèvres du scythien, attendant que celui-ci tranche sur la conduite à tenir. Elles se vêtiraient d'avantage, bien sûr, s'il leur demandait de les accompagner.
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Re: [Raël Khem] Le cheval, le corbeau et la relique.

Message par Raël Khem » 01 janv. 2019, 17:06

La discussion avec le maître-d'armes confirma ce que pensait Raël. Comment pouvait-il en être autrement d'ailleurs? Les indices semblaient tous concorder, il y avait le mobile et les méthodes, tout s'assembler bien, peut-être même trop bien. Malgré l'optimisme de son confrère, le Scythien n'était pas aussi positif sur les capacités de la Confrérie à assurer sa bonne santé. Ils avaient déjà échoué une fois alors qu'ils avaient pourtant assuré que tout était contrôlé et visiblement les commerçants ennemis avaient été capables d'empoisonner un champion impérial, sans doute au moins aussi bien protégé qu'il ne l'était lui-même. Pour ces raisons notre héros se mit dans l'idée de manger au maximum hors de sa tente, chez des vendeurs pris au hasard et avec une petite foule autour d'eux. S'il y avait bien une chose que ses précédentes aventures avaient pu lui apprendre c'était que la prudence n'était jamais un élément superflu, surtout quand de gros intérêts étaient en jeu.

Restait une question n'ayant pas été résolue: en supposant que le champion arrive frais et dispo à son combat contre Bamorel, comment ce dernier se battrait-il? D'après Thibault il restait un combattant valeureux, capable de tenir la dragée haute à bien des guerriers. Survivre jusqu'à l'affrontement ne serait pas suffisant pour le gagner.


-"Je vois. Ca correspond à ce que j'ai déjà entendu d'autres combattants. Ils ont souvent reçus des menaces, des propositions pécunières ou des fausses nouvelles pour les dissuader de participer. Je ne me ferai pas avoir. A part ça, comment est-ce qu'il se bat en général? Vous préconisez une stratégie en particulier contre lui?"


------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Les bordels étaient toujours les mêmes, où que l'on se trouve dans le monde. Cette ambiance de solitude et de luxure mêlées, ces visages fatigués et inexpressifs sortis d'une vie de dur labeur, ces chairs qui se découvraient sans pudeur après avoir été trop touchées. Les femmes publiques se ressemblaient trop, qu'on soit en Arabie, dans l'Empire ou en Bretonnie. En tant qu'homme qui avait déjà plusieurs fois fait appel à leurs services, comme la majorité des voyageurs et des soldats du monde, le guerrier du désert se sentait un peu honteux. Les clients ne voyaient habituellement pas cet envers du décors, caché à leurs yeux. Les filles les couvraient de baisers, de charmes et d'affection en maintenant leur regard bien éloigné d'un quotidien plus sombre. Raël avait vu beaucoup de villes et de villages durant son périple. Des gens différents, des vies différentes, des manières d'appréhender l'existence différentes… Mais sur ce point, tous les peuples étaient semblables.
Comme il s'y attendait la disparition de Rayna n'était pas un coup du sort dû à une quelconque maladie mais très probablement à un guet-apens. Quelle idiotie de se rendre dans un lieu isolé pendant des périodes où des sommes énormes se jouaient sur des paris ou sur des calculs politiques. Cette femme, prénommée Delphine, semblait très inquiète, à raison, d'une telle absence. Il la croyait quand elle disait que jamais son amie ne serait restée loin du campement sans prévenir personne. Tristement, Raël dû se rendre à l'évidence: d'ici peu il allait être "informé" que sa courtisane favorite était retenue quelque part et que sous peine de la retrouver en morceaux il devrait se coucher face à Yvon. Cela avait été le cas pour Thibault, cela l'avait probablement été pour Sargon, expliquant sa volonté de partir du tournoi, cela avait dû l'être pour d'autres encore… Il y avait cependant une chose que ces types n'avaient pas prévus.

Aux yeux du nomade il y avait bien plus en jeu que la vie d'une prostituée. Il se battait pour ramener l'espoir à tout un peuple, pour l'avenir de sa famille et de ses amis. La vie d'une femme, fût-elle belle et agréable, n'était pas prioritaire. Bamorel allait perdre, lourdement, fortement, son humiliation serait totale. Puis quand ce tournoi s'achèverait Raël irait personnellement faire part de son avis sur leurs pratiques aux salauds qui étaient derrière tout ça.

Un peu cyniquement, le bretteur songea que s'il s'était s'agit d'Aziz, il aurait sans doute accepter d'abandonner. Mais heureusement il avait eu la bonne idée de l'envoyer au loin, compromettant les plans de ses ennemis, réduits à s'en prendre à une faible femme. Tout de même, mieux valait agir afin qu'ils pensent avoir la main haute. Et mine de rien notre héros s'était attaché à sa prostituée favorite et sa perte le ferait souffrir. Et puis, en y réfléchissant, tant qu'ils penseraient avoir un moyen de pression ils renonceraient à essayer de l'empoisonner...


-"Je pense qu'il lui est arrivé quelque chose, oui. Il faut agir. Ce soir nous nous rendrons au moulin pour voir si elle s'y trouve. Vêtez-vous avec ce que vous avez de plus sombre, il faudra être discret..."

En attendant Raël irait réfléchir à avertir ou non la garde. Sans doute que l'Anguille elle-même ne ferait rien, mais savait-on jamais...
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Re: [Raël Khem] Le cheval, le corbeau et la relique.

Message par [MJ] Kriegsherr » 09 janv. 2019, 19:36

Raël Khem s’était une nouvelle fois montré lucide et prudent. Il ne s’était pas contenté d’envisager seulement le problème le plus évident, à savoir la probable duplicité d’Yvon, mais il avait aussi pensé à la suite. Ce genre de raisonnement, complet, efficace, était le fruit de l’expérience pour la plupart des combattants. Après quelques erreurs et oublis de jeunesse où l’on ne se concentrait que sur le problème qui paraissait le plus insurmontable chez un ennemi en oubliant ou minimisant les autres, les bons guerriers apprenaient vite à analyser leurs adversaires de manière globale, à peser l’ensemble du pour et du contre. Le maître d’arme conseillant Raël savait bien évidemment cela, et il apprécia la question de son champion, qui démontrait une fois encore l’extraordinaire qualité de celui-ci. C’est donc avec un hochement de tête entendu et un sourire au coin des lèvres qu’il termina de développer son analyse de la manière suivante :

-Vous avez raison de ne pas sous-estimer cet Yvon Bamorel. Même si nos doutes sont confirmés et qu’il s’avère qu’il s’agit bien d’un tricheur, il est également un combattant de qualité supérieure capable de dominer la plupart des adversaires. Sa grande force me semble être sa polyvalence et son imprévisibilité. En fait, j’ai l’impression qu’il n’a pas vraiment de style propre, mais s’adapte à son opposant en prenant l’équipement qu’il juge le plus apte à faire déjouer celui-ci. Il aura sûrement décortiqué tous vos combats précédents et essayé de glaner le maximum d’informations sur vous. Ce que vous imaginez de pire en termes d’équipement, attendez-vous à le voir le porter.

Le maître d’armes fit une pause, laissant digérer la nouvelle à son protégé, et essayant probablement lui-même de se prêter au jeu et d’imaginer ce qu’il prendrait lui-même pour mettre en difficulté Raël. Après ce court laps de temps dédié à la réflexion, qu’il ne laissa pas non plus s’éterniser, le maître d’armes bretonnien reprit d’un ton plus enjoué pour conclure sur une note positive :

-Fort heureusement pour vous, vous n’êtes pas n’importe qui, messire Khem. Je pense que l’arme à la main, en termes de talent pur, il ne vous vaut pas... Du moins si vous vous battez à votre pleine capacité.

A vous de voir si votre style de combat favori semble présenter une faiblesse particulière ou si vous pensez être capable de battre n’importe qui d’un niveau inférieur au votre en misant sur vos points forts, et ce quand bien même il serait équipé pour vous contrer. Pour ma part je ne me risquerai pas à pronostiquer là-dessus, je vous laisse libre de juger vos propres capacités et d’imaginer quel équipement il aura identifié ou cru identifier comme étant capable de vous poser le plus de problèmes.

Cela dit, je vous souhaite bonne chance, messire. Ecrasez cet Yvon, je vous en sais capable !


***
Soit que la précaution de Raël eut portée ses fruits, soit que l’empoisonnement fut à effet très lent, soit encore que l’on n’ait tout simplement pas tenté de l’empoisonner, le scythien ne ressentit aucun trouble ni le matin, ni l’après-midi. Jusqu’ici, il était en pleine possession de ses moyens.

L’après-midi, le combattant passa voir les gardes de l’Anguille, et les informa de la disparition de Rayna Labelle et de son intention d’aller à sa recherche.

Test de CHA : résultat caché.
Malheureusement pour lui, ces derniers ne semblèrent pas particulièrement soucieux du sort d’une unique prostituée. Au contraire, les sergents de ville grommelèrent auprès du champion qu’il n’était pas nécessaire de s’en faire avec ce genre de garces qui allaient et venaient, changeant d’hommes au gré des occasions qui s’offraient à elles comme les puces changeaient de chien. Leur conseil fut de tout simplement l’oublier et de ne plus y penser. D’autant qu’ils étaient surchargés avec l’afflux considérable de visiteurs généré par le tournoi, et ne pourraient guère se permettre de lui accorder des hommes pour cette mission qu’ils jugeaient être une perte de temps. Non, vraiment, il fallait qu’il renonce à ce projet aussi inutile que dangereux à la veille d’un combat crucial.

Du moins ce fut là à peu près le discours qui fut tenu au concurrent par les forces de l’ordre locales. Que ces raisons soient bonnes ou non, la donne restait la même pour Raël Khem : ce soir, il lui faudrait donc agir de sa propre initiative, sans l’appui des autorités qui ne feraient rien pour Rayna Labelle. Heureusement, le scythien ne serait pas seul pour autant : il disposerait de l’aide de Delphine et Isabelle, les deux amies de Rayna qu’il avait tirée des griffes des barbares du Nord.

Alors que la nuit tombait sur l’Anguille et le village de tentes qui était monté devant ses murs, notre héros et ses deux adjuvantes surent qu’il était l’heure pour eux de rejoindre chacun de son côté le point de rendez-vous qu’ils s’étaient donné. La Confrérie du Phare n’apprécierait certainement pas que Raël Khem sorte sans prévenir de sa tente. De même, peut-être des espions le suivraient-ils s’il était vu.

Mais le scythien s’était montré aussi rusé que renard du désert. En allant dîner au hasard dans une des nombreuses tentes-auberges, et la pénombre aidant, il avait la possibilité de s’éclipser en douce, s’il le voulait et portait un habit sombre le dissimulant partiellement à la vue des badauds afin de ne pas tout de suite être reconnu et suivi par une foule de gens en tous genre. Evidemment, il pouvait aussi choisir de partir d’une autre manière, potentiellement même sans chercher à se dissimuler du tout.

Le lieu du rendez-vous en lui-même se trouvait assez près du campement géant pour pouvoir s’en approcher discrètement et à couvert sans attirer ni les regards, ni même les éventuels soupçons des gens qu’ils pourraient croiser : certains s’y rendaient simplement pour s’y soulager, y dormir (seul ou accompagné) où y régler toutes sortes d’affaires, sans compter quelques promeneurs. Il s’agissait tout simplement du petit bois où Raël avait surpris Aziz prêt à embrasser Marguerite de Valfleuve, et plus précisément du gué même où il les avait entendus batifoler ! Tandis qu’il se rappelait peut-être ces souvenirs qui paraissaient sans doute déjà lointains tant le fils manquait au père, deux silhouettes noires indistinctes s’approchèrent dans la pénombre presque totale maintenant, discrètement et sur leurs gardes. Ce ne fut qu’arrivées à une dizaine de mètres et reconnaissant Raël Khem, probablement lui aussi sur le qui-vive, que les deux silhouettes révélèrent leurs identités en relevant brièvement leurs capuches afin de dévoiler leurs visages à la lueur de la lune. Il s’agissait bien des deux jeunes femmes blondes qu’il avait rencontrées le matin même au bordel. Elles étaient vêtues de combinaisons de cuir noir aguicheuses (sans doute conçues pour une autre activité que celle qu’elles s’apprêtaient à entreprendre, mais qui feraient l’affaire, étant à la fois souples, robustes et peu gênantes pour leurs mouvements) recouvertes d’une cape noire pour l’une –Delphine- et d’un long manteau noir lui aussi pour l’autre –Isabelle-. Des capuches de la même couleur recouvraient leurs cheveux longs blonds qui sinon auraient été visibles de loin à la pâle lueur blanchâtre qui émanait du firmament.

Les jeunes femmes saluèrent leur sauveur à voix basse et le guidèrent jusqu’au fameux moulin. L’édifice faisait partie d’un petit complexe bâti le long d’une petite rivière, affluent mineur de la Sannez, mais suffisamment profond et puissant pour entraîner par son débit une grande roue à aubes encastrée dans le mur d’un grand bâtiment de bois adossé au cours d’eau, et comprenant un étage. Juxtaposée et probablement communicante avec le moulin, une sorte de grande encore plus grande, permettait d’entreposer la production avant ou après son passage chez le meunier. Enfin, légèrement en retrait dans les terres, une maison d’habitation, de taille et de richesse moyennes permettait certainement à une famille au moins de vivre. Le hameau se situait à un croisement de plusieurs petites routes, dans un environnement relativement boisé.

L’endroit était un lieu-dit connu sous le nom de « l’Alberois », mais nul ne savait pourquoi. Un chevalier nommé Albert avait-il combattu ici en des temps oubliés ? Ou bien le premier propriétaire des lieux s’appelait-il ainsi ? A moins même que le nom n’ait aucun rapport avec un quelconque prénom et le doive son nom à des subtilités géographiques ou poétiques.

En tous cas, à première vue, les lieux semblaient parfaitement calmes, bien qu’habités, puisqu’on voyait de minces fentes de lumière percer par les rares fenêtres qui n’étaient pas totalement obstruées par des volets ou des rideaux tirées. Pour l’instant, Raël Khem et ses deux guides étaient encore loin, arrivant à peine en vue du hameau. Restait à définir une approche.

Il faut que tu précises comment tu rejoins le lieu de RDV avec Delphine et Isabelle depuis le campement dans ton post, des jets cachés seront alors potentiellement faits ou pas.

Ensuite, voilà un plan sommaire des lieux si ça peut t’aider à déterminer ton plan :

Les zones en vert sont des endroits boisés ou naturels (berges). En beige les chemins. En bleu l’eau. En blanc les bâtiments. Le pont et la roue à aube en marron. Vous arrivez depuis l’Anguille.

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Re: [Raël Khem] Le cheval, le corbeau et la relique.

Message par Raël Khem » 15 janv. 2019, 23:54

Les qualités indispensables à tout bon mercenaires sont les suivantes: la polyvalence, l'adaptabilité et le manque total de courage. Pour avoir été choisi par de riches commerçants pour être leur champion Yvon Bamorel possédait sans l'ombre d'un doute les trois. A en croire le maître d'armes il tenterait de s'adapter à l'équipement usuel du Scythien, c'est à dire une armure moyenne, une arme lourde et lente, un bouclier et probablement un cheval. Quelle parade pouvait-on imaginer pour ça? La première solution était celle de Karloman: un équipement très léger et à longue portée afin d'empêcher le combat rapproché. La seconde était celle des bretonniens: un équipement extra-lourd destiné à bloquer la majorité des coups sans même avoir besoin de les parer. La méthode avait par ailleurs bien fonctionné pour Jean d'Estamille qui, s'il avait au final perdu, le devait presque autant à la chance qu'au talent.

Raël se posa quelques minutes pour réfléchir à la question. Yvon était un mercenaire, en tant que telle il avait vécu comme lui: à la dure, dans un monde peu amical voire hostile et il avait capturé et combattu monstres et brigands pour survivre. Ce genre d'individus n'était pas près à prendre le moindre risque, surtout quand de grosses sommes étaient en jeu. Du moins c'était ce que notre héros avait pu voir au cours de ses aventures: les concepts comme l'honneur ou la volonté d'égaliser les chances n'étaient qu'une chimère face à l'appât du gain et la volonté de vaincre. Quelle parade adopter contre un homme qui cherchait à vous contrer? Comment faire? La question tourna en boucle pendant plusieurs minutes dans le cerveau du bretteur sans qu'aucune réponse réellement satisfaisante ne sorte. Tant pis, il utiliserait la méthode la plus sûr dans ce genre de duel: une armure bien lourde en plates et Asaph. En un contre un il n'existait aucune parade réelle contre cela à l'exception de l'attrape-coquin bien sûr.


-"Je pense que ça ira. Je m'occuperai de son cas demain, il ne comprendra pas ce qu'il lui arrive."

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Les gardes.

La garde.

Les plus gros inutiles de l'Histoire du Monde. Les mêmes ramassis d'imbéciles flemmards partout. Où qu'il aille, quoiqu'il fasse, qu'importe les rencontres, la constante ne changeait pas: les miliciens étaient des incapables paresseux surtout doués pour la fuite et les erreurs de jugement. Heureusement la chose était prévue. Depuis le départ Raël avait été convaincu que ces idiots de soldats ne lui prêteraient aucune attention et se contenteraient de l'envoyer bouler avant de retourner se baffrer et picoler dans le décolleté d'une salope du cru. L'objectif n'était de toute façon pas de les faire venir mais de faire croire aux marchands ennemis que le Scythien s'intéressait vraiment au sort de sa ribaude.
En rentrant le soir dans sa tente pour vérifier ses affaires le champion dût tout de même admettre que l'absence de Rayna lui faisait un petit pincement au cœur. Comme un animal de compagnie que vous vous attendiez à retrouver le soir en revenant des champs mais qui, étonnamment, était absent.

Un léger sourire au bord des lèvres, Raël dût admettre que sa chienne lui manquait.

Il s'agissait maintenant de sortir du campement pour rejoindre les filles et commencer le sauvetage, ou en tout cas son simili. Pour sa soirée le scythien choisit donc d'aller en ville et de déjeuner parmi la foule, dévorant une délicieuse boule de pâte cuite à la graisse d'oie dans laquelle était fourrée une viande délicieusement parfumée. Le cuisinier lui avait assuré que cela se nommait "des ravioles" et était un plat consommé par les bourgeois et la noblesse, parfois même par les paysans mais il était souvent végétarien dans ces cas là. Dans la foulée une bière fût achetée à un vendeur minable et très promptement bue.
Profitant de sa notoriété, le guerrier choisit le rôle de l'instructeur miséricordieux et accorda quelques passes sans importance à des mercenaires et semi-poivrots qui passaient dans le coin. Après quelques minutes, il s'excusa et se retira pour aller uriner. Evidemment, une fois arrivé dans les sous-bois, hors de vue, il se glissa comme une ombre à travers la forêt, rejoignant le lieu du gué. L'endroit lui rappelait de mauvais souvenirs, il n'avait pas apprécié de corriger Aziz. Quand les femmes arrivèrent dans leurs habits de cuir ridiculement provocants le duelliste s'aperçut qu'il portait encore sa cotte de mailles, il avait oublié de l'enlever! Tant pis, les filles auraient à se taper la majorité de l'infiltration. Elles le guidèrent sans peine jusqu'au moulin. Il faisait nuit et on ne voyait pas grand chose mais la silhouette des bâtiments se dessinait dans le paysage, notamment via les lumières sortant des fenêtres. Le roulis de l'eau sur la roue couvrirait quelque peu les pas mais pas suffisamment pour y aller sans prudence.

En premier lieu il semblait évident de vérifier le moulin et la grange sans prendre le moindre risque. Soucieux, Raël s'assit pour réfléchir: comment faire? Décidément toutes ces réflexions lui donnaient mal à la tête. Il se remémora alors une légende de Nehekhara qu'on lui contait quand il était enfant: celle d'un jeune voleur trop curieux qui se faisait toujours attraper et bastonner car de mauvaises fréquentations l'envoyaient commettre des larcins à leur place; la morale était que si voler était mal être naïf au point de se laisser embobiner l'était tout autant. Seule une fois il échappa à la punition car on l'estimait si misérable qu'il ne valait pas la peine d'être battu. C'est donc après une méditation sur la maxime que le plan suivant fût élaboré:


-"Je suis pas vraiment un discret… Les filles, allez vérifier le moulin et la grange, prudemment hein! S'ils vous attrapent, je m'occupe de leur compte, définitivement."

Pour appuyer ses mots il serra contre lui son khopesh acéré. Le bronze avait soif et du sang l'abreuverait peut-être cette nuit.
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Re: [Raël Khem] Le cheval, le corbeau et la relique.

Message par [MJ] Kriegsherr » 20 janv. 2019, 12:51

Il y eut un petit moment de flottement dans le trio suite aux instructions de Raël Khem. Il devait être assez comique de voir les deux jeunes filles blondes, vêtues uniquement de leurs manteaux noirs par-dessus leurs combinaisons moulantes, se tortiller de manière caractéristique, en se mordant la lèvre inférieure et en se regardant d’un air gêné. Visiblement, il était clair que la perspective d’aller seules au devant de l’inconnu et du potentiel danger ne les enchantait guère. Finalement, l’une d’elle, Delphine, prétexta même devoir aller faire pipi, bientôt imitée par son amie Isabelle. Ce n’était pas vraiment un besoin dicté par l’excès de boisson, mais plutôt par la peur, l’appréhension, le stress généré par l’anticipation.

Pour des filles de joie, il n’était pas courant de jouer les éclaireuses infiltrées dans un endroit inconnu et présumé hostile, de surcroit en pleine nuit ! Quand elles revirent des buissons situés à quelques dizaines de mètres de là où elles étaient parties se cacher, les deux femmes étaient blêmes, mais avaient l’air décidé. Elles hochèrent la tête, et Delphine prit la parole, dans un chuchotement tremblotant où perçait la peur, mais aussi une certaine gratitude teintée de résolution :


-D’a… D’accord, faisons comme cela. On va le faire. Et on… Et on voulait vous dire, Isa’ et moi… Enfin merci quoi, m’sieur Raël. Pour tout ce que vous avez fait pour nous, et tout ce que vous faires pour Rayna.

C’est… Très inhabituel qu’on s’intéresse à nous d’habitude, pour aut’chose que pour le plaisir… Et c’est drôlement gentil, surtout de votre part vous qui êtes quelqu’un d’important, de vous soucier comme ça de nous. On voulait que vous sachiez qu’on apprécie.


Isabelle acquiesça d’un hochement de tête positif. Elle partageait l’avis de sa collègue. La sollicitude de Raël envers elles était aussi rare que touchante. Des moins que rien, des filles de la rue qui n’avaient pour elles que leur beauté dont tous abusaient à longueur de journée, mais que l’on jetait ensuite une fois utilisées, et insultait, méprisait, se moquait en public. La réaction de la garde à l’annonce de la disparition de Rayna Labelle était symptomatique de la manière dont elles étaient considérées : des parias, membres d’une caste taboue intégrée mais à la fois rejetée par la société, à peine mieux traitées que des esclaves parfois.

Il leur paraissait donc presque surréaliste qu’un homme comme Raël Khem, l’un des favoris du public d’un tournoi prestigieux en cours, soutenu par la toute puissante Confrérie du Phare, en fasse autant pour elles à la veille d’un grand combat. Evidemment, ni Delphine, ni Isabelle n’étaient au courant de ce qui se tramait en interne autour de l’équipe d’Yvon Bamorel. Elles ne pouvaient soupçonner qu’en réalité, les décisions et les actions si altruistes du scythien étaient aussi dictées en partie par un intérêt plus personnel, celui de déjouer les machinations supposées du perfide concurrent adverse.

C’est donc anxieuses, mais déterminées à trouver et sauver leur amie avec l’aide de leur champion que les deux blondes s’avancèrent à pas de loup vers les bâtiments, courbées en deux pour être moins visibles. Tant qu’elles évoluaient sous le couvert de la végétation, elles ne craignaient pas grand-chose, presque invisibles dans la pénombre, tout au plus aurait pu percevoir un vague mouvement assimilable à celui d’un gros gibier si l’on avait regardé attentivement dans leur direction depuis le hameau.

Mais elles arrivèrent bientôt à la route et à la petite place qu’il leur faudrait traverser pour inspecter le moulin et la grange. Prenant leur courage à deux mains, elles s’y risquèrent finalement. Pour l’instant, tout était tranquille à l’Alberois. Pas un mouvement, pas âme qui vive ne se montrait à la fenêtre ou au dehors. Les gens restaient bien tranquillement chez eux, apparemment.

Tests d’HAB pour les deux prostituées.
Tout resta très calme quand elles traversèrent en quelques secondes le terrain découvert et atteignirent les murs du moulin, le bâtiment le plus proche. Elles n’avaient plus qu’à le longer en restant hors de vue des fenêtres pour ne pas être repérées. Isabelle décida de continuer jusqu’à la grange, tandis que sa compagnonne s’arrêtait devant une fenêtre dont les rideaux laissaient un interstice plus grand que les autres afin de regarder ce qui se passait à l’intérieur du moulin, du moins au rez-de-chaussée.

Si Delphine put observer apparemment sans qu’il y ait de réaction quelconque, Isabelle, rencontra un obstacle dans son inspection de la grange. En effet, les portes cochères de celle-ci étaient fermées, et le bâtiment ne possédait pas d’ouverture à hauteur d’œil. C’est ainsi que nos deux filles de joies, toutes fières d’avoir rempli leur mission, virent rendre compte à Raël du résultat de leurs investigations. Delphine paraissait surexcitée de raconter ses découvertes :


-Vous aviez raison m’sieur Raël. Il y a bien un homme là-dedans. A première vue il semble normal, seul vêtu comme un paysan et sans armes, mais j’ai vu à sa table un plateau avec un cruchon supplémentaire dessus, ainsi qu’un rouleau de cordes et un gourdin devant la porte du fond qui mène aux escaliers. Peut-être retient-il Rayna prisonnière à l’étage ?

Avec une moue mi-figue mi-raisin, Isabelle exposa à son tour le résultat de ses investigations :

-De mon côté, la grange était fermée. J’ai pas vu d’autre entrée que la grande porte qui était verrouillée et j’ai préféré ne pas essayer d’insister pour l’ouvrir, ça aurait fait du raffut et si quelqu’un est à l’intérieur il l’aurait immanquablement remarqué. J’ai essayé de coller mon oreille pour écouter si j’entendais quelque chose, mais le bruit de l’eau et l’épaisseur du bois ne m’a permis d’entendre grand-chose.

-Alors, qu’est-ce qu’on fait maintenant ?
Le Q.G. de Kriegsherr se trouve ici:
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Et vous pouvez donner un grade au Kriegsherr ici:
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Re: [Raël Khem] Le cheval, le corbeau et la relique.

Message par Raël Khem » 25 janv. 2019, 15:49

Les remerciements et paroles touchantes des deux femmes atteignirent Raël davantage qu'il l'aurait souhaité. Certes ses motivations étaient avant tout égoïstes et dictées par ses intérêts plutôt que par altruisme mais il en doutait pourtant de plus en plus. Était-il en train de sauver Rayla pour sa propre personne ou pour ce que la jeune femme représentait pour lui? Certes elle était une prostituée mais depuis son arrivée elle avait souhaité le soutenir moralement autant que physiquement, lui parlant au creux de l'oreiller après l'amour. Un réconfort pour quelques pièces. La cervelle du guerrier lui hurlait pourtant de ne pas s'y fier: elle n'était qu'une fille de joie, une fille de rien. Elle le vendrait pour un peu de bronze et l'empoisonnerait pour trente deniers! Faire confiance à ces femelles faciles tortillant des hanches pour le premier mâle avec un membre long et toutes les bourses profondes relevait au mieux de la stupidité! Même en sachant cela, le champion doutait. Il avait aidé Labelle à plusieurs reprises, elle l'avait attendu alors qu'elle aurait sans doute pu trouver plus riche que lui. Était-il possible que ses idées sur ces dames soit fausse?

Perdu dans ses réflexions, notre héros ne remarqua pas de suite le départ de ses nouvelles compagnes de voyage. Gênées dans leurs combinaisons de cuir absolument non-adaptées elles évoluaient en terrain noir, profitant de chaque touffe d'herbe pour cacher un corps pourtant fort dévoilé. La pression augmentait sur les épaules du scythien alors que les jeunes femmes se rapprochaient telles des louves en chasse des bâtiments. Deux heures de marche n'avaient pas entamé leur envie de sauver leur amie et une telle solidarité faisait somme toute plaisir dans ce monde de faux semblants. Delphine et Isabelle revinrent d'ailleurs bien vite raconter leurs trouvailles, qui n'étonnèrent d'ailleurs pas tant le guerrier.

Des deux endroits cette maisonnette semblait la plus suspecte. La présence de cet homme, même non-armé, était en soi fortement suspecte. Raël n'était pas forcément le plus grand enquêteur ou le meilleur stratège du monde mais il avait assez vécu pour savoir qu'on ne gaspillait pas des torches et des bougies pour rien. Hors il n'y avait aucune raison particulière qu'un homme reste debout seul en pleine nuit à côté d'un moulin. A la rigueur on aurait pu dire qu'il empêchait la farine d'être volée, mais cela semblait tout de même très gros. A l'évidence il avait effectivement quelque chose à protéger mais il s'agissait d'un bien plus précieux que du blé en poudre.


-"Merci les filles, vous avez fait du bon travail… Maintenant vous allez rester là et me laisser faire, j'ai une idée. Si jamais je suis en danger… Essayez de faire diversion. Normalement ça devrait bien se passer…"

Serrant les dents, le maître-d'armes attrapa son bouclier pour le passer au bras ainsi que son khopesh. Le plan était simple, comme il les aimait en bon guerrier terre-à-terre: toquer à la porte, compter sur la roue à eau bruyante pour couvrir le bruit jusqu'au moulin où des aides pouvaient dormir et neutraliser le paysan quand celui-ci viendrait ouvrir, quitte à devoir cogner un peu fort ou défoncer la porte à l'épaule si le gardien refusait d'ouvrir. La suite dépendrait de la présence ou non de Rayna.
Raël Khem, Maître-d'armes Scythien
Profil: For 12 | End 12 | Hab 9 | Cha 8 | Int 10 | Ini 15 | Att 16 | Par 16 | Tir 8 | NA 3 | PV 100/100
Lien Fiche personnage:

http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... _rael_khem
Equipement:

Compétences:
Compagnon : Aziz, voleur
Profil : For 6 | End 6 | Hab 11 | Cha 7 | Int 8 | Ini 10 | Att 8 | Par 9 | Tir 9 | NA 1 | PV 40/40
Compétences : Fuite (1) Chance (1) Escamotage (1) Mendicité (1) Vol à la tire (1)

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