[Vladimir] Le seuil de la guerre

Cette cité bretonnienne est également connue sous le nom de Cité des Damnés. Au cours des quinze cents dernières années, Moussillon s’est transformée d’un petit hameau en une vaste et sordide cité. Elle est bâtie dans un endroit particulièrement hostile des rives de la rivière Grismerie. Chaque printemps, les crues balayent les bidonvilles et submergent les rues sous plus de trente centimètres d’une eau fangeuse. Le froid et l’humidité envahissent les moindres fissures : le bois pourrit et se rompt, les pierres s’effritent et les champignons recouvrent tout. Plus de la moitié des maisons de la ville sont vides, témoignage de l’épidémie de choléra d’il y a deux siècles. La ville ne s’est jamais remise de cette hécatombe et est réputée pour être la plus miséreuse de toutes les cités bretonniennes.

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[MJ] Le Grand Duc
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[Vladimir] Le seuil de la guerre

Message par [MJ] Le Grand Duc » 18 déc. 2015, 01:14



Les fuyards de Castel Rachard étaient déjà loin quand les femmes et les enfants sortirent enfin de la cave du donjon où ils s'étaient réfugiés en priant pour échapper à la mort atroce qui devait les attendre. C'est avec des sanglots rassurés et des regards ébranlés qu'ils défilèrent par petits groupes devant leur seigneur pour le louer, lui et la Dame du Lac, avant de regagner leurs masures en évitant les cadavres qui jonchaient le sol boueux.

Les soldats et les paysans du Guet-de-l'Estran, qui venaient de défendre leurs tristes vies la peur au ventre, se mirent à empiler les corps des zombies et des squelettes pour les charger dans une charrette qui les mena en bordure des marécage, en dehors du village. Là, ils furent brûlés et l'immonde odeur de la chair pourrie en train de se carboniser satura l'air tandis que les hommes regardaient les flammes en adressant une prière silencieuse à la Dame.

Les ordres s'enchaînèrent pendant une grande partie de la journée, et furent exécutés sous la supervision du Borgne et de Tugdual. Le corps du nécromancien aux cheveux blanc fût retrouvé étendu sur le sol de l'auberge, les yeux ouverts et le corps percé de flèches. Il fut transporté dans la cave du donjon et laissé à même le sol, selon les directives de Vladimir. L'armure du chevalier abattu fût portée dans la chambre seigneuriale, et les hommes du vampire disposèrent du chargement de la seconde charrette. Les quelques vivres qu'elle contenait furent entreposés dans le grenier du village tandis que les tonneaux furent roulés jusqu'au donjon et descendus dans la cave après que l'on s'aperçoive qu'ils étaient remplis d'huile de roche, noire et visqueuse. Le chariot-prison qui renfermait le varghulf fut tiré jusqu'aux écuries et laissé à côté des stalles. La tête de la bête abattue par le Fils de la Nuit fut montée sur une plaque en bois et clouée au dessus de la porte du donjon, dans le hall d'entrée. Enfin, les corps des défenseurs du Guet tombés au combat furent inhumés sans plus de cérémonie, face contre terre comme le voulait la tradition du Moussillon, pour ne pas qu'ils se relèvent trop facilement.

Le soleil commençait déjà à descendre derrière les nuages noirs lorsque toutes ces tâches furent terminées. Une pluie froide commença à tomber tandis que les brumes nocturnes se levaient. De manière aussi exceptionnelle qu'incongrue en Bretonnie, le seigneur des lieux autorisa à ses sujets une soirée de repos, en guise de récompense. Sans se faire prier, tous les hommes qui avaient prit part à la bataille s'engouffrèrent dans l'auberge désaffectée. Un grand feu réconfortant fut allumé dans l'âtre froide, les bancs et les tables à nouveau installés dans la grande salle et on ouvrit même quelques barriques de mauvais vin que l'ancien aubergiste avait entreposé là. Peu à peu, certaines femmes sortirent des masures, parfois accompagnées des marmots, et se joignirent aux hommes. L'espace d'une soirée, beaucoup oublièrent la terreur qu'ils avaient vécu le matin même et, de manière plus générale, la vie misérable qu'ils menaient. Ils chantèrent d'anciens airs du Lyonesse, dont tous étaient originaires, et profitèrent pleinement de l'autorisation de leur seigneur. Seul Tugdual de Heurtevent ne participait pas à la fête. Le Nouveau-Né avait disparu une fois le travail terminé, partant seul sur son destrier en direction des marécages, à l'Est.

Vladimir se trouvait dans l'encablure de la forge vide, à l'abri de la pluie froide qui tombait dans la nuit. Il pouvait voir la lumière du feu qui dansait dans l'auberge, et les silhouettes de ses sujets en train de rire et de boire. Il les entendait parler, leurs voix étouffées par la distance et la multitude. Le seigneur vampire regardait l'auberge, pensif, et c'est à cet instant que le chevalier Ishar de Sombre-Bois vint le trouver.

Ishar poste en premier
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Ishar
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Re: [Vladimir] Le seuil de la guerre

Message par Ishar » 18 déc. 2015, 16:43

La victoire sur l'ennemi s'était faite à un moment si désespéré qu'il ne pouvait s'agir là que d'un miracle aux yeux du chevalier-mage. Cet homme, ce François de Picotin était un élu de La Non-Mort, il n'y avait plus aucun doute là-dessus. Comment avait-il pu y avoir le moindre doute ? La Mort avait presque réussi à le faire fuir et pour cela, le sorcier avait honte. Honte de ne pas s'en être rendu compte plutôt, honte d'avoir faibli tandis qu'il aurait dû rester ferme, honte d'avoir douté de la puissance et de la droiture de l'élu. Pour tout cela, quand fut venu le temps de fêter la victoire, le nécromancien n'en avait pas l'humeur. À la place, il restait assis sur un tonneau, dernier vestige en place de la barricade où le gros du combat avait eu lieu. De sa position, il restait le regard dans le vague tandis que les idées filaient dans son crâne plus rapidement qu'un cheval au galop.

« Je me suis montré faible... Comment puis-je seulement regarder l'élu dans les yeux maintenant ? J'ai honte... La Mort, cette traîtresse, c'est à cause d'elle si j'ai douté, si je l'avais vaincu... C'est de ma faute... Je suis trop faible... Il me faut trouver un moyen de devenir plus puissant, suffisamment pour qu'Elle ne me face plus trembler de peur. Mais comment ? »« Écoute-moi et je te permettrais de devenir plus puissant encore. » Une voix venait de parler dans la tête du nécromancien. Une nouvelle voix qu'il n'avait jamais entendu, une voix différente de celle que l'on entend quand l'on pense. Il s'agissait d'un son féminin, cristallin et étrange.« Qui es-tu ? Que me veux-tu ? » Pensa-t-il tandis que ses sourcils se fronçaient d'étonnement.« Je me nomme Lucia, je suis ton amie et je désire t'aider à devenir plus puissant quel que soit ton but final. »« Oh ? Et bien bonjour douce amie... Mais dis-moi... Qu'est-ce qui me prouve que tu n'es pas une agent de La Mort cherchant à me tromper ? »« Pourquoi serais-je une de ses agents ? Je cherche à t'aider et non à te nuire. Je t'aiderais pour voir et comprendre la magie que tu emploies, car moi-même je fus une sorcière qui hélas périt sur le bûché. Alors, si je peux ennuyer La Mort en la privant d'une autre victime, ce serait un juste retour des choses, ne penses-tu pas ?« Tu sais utiliser les mots juste... Merci d'être venu, je me sentais quelque peu seul et de la discussion ne me fera pas de mal... Lucia, un joli nom que ne n'avait jamais entendu dans mon village, j'espère que nous pourrons devenir vraiment ami, cela dit, je te laisse une place si tu le veux, on ne chasse pas une gente dame n'est-il pas ? »« Tu es amusant... Pour tes doutes, va lui parler, il le faut. Dit lui que tu comptes devenir plus puissant pour le servir, mais ne lui parle pas de ton combat, il pourrait ne pas le comprendre.« Crois-tu ? Bien, je te fais confiance douce amie. Nous verrons bien si tu en es vraiment digne. » Un rire cristallin et doux comme la fine brise du printemps sur le visage fut la seule réponse de l'esprit.

Ishar se leva d'un bon de son support et il partit en marchant d'un pas rapide dans la terre boueuse en direction de la forge où il avait vu pour la dernière fois le seigneur des lieux. Une fois arrivé là-bas, il le découvrit en train d'observer au loin ses sujets fêtant la victoire comme s'il s'agissait de leurs crus. Le chevalier-mage se racla la gorge pour signaler sa présence avant de mettre un genou au sol tout en dégainant son épée familiale avant de la présenter des deux mains offertes à son suzerain.

-Seigneur élu de la Non-Mort François de Picotin, moi, le chevalier Ishar de Sombre-bois et seigneur du fief de Sombre-bois, tiens à vous jurer allégeance absolue et de vous défendre et servir jusqu'à la fin des temps.

Une fois les paroles prononcées d'un ton solennel, Ishar attendit un moment avant d'agir pour laisser le temps à son seigneur de faire ce qu'il désirait. Suite à quoi, il se releva pour dire :

-Seigneur, je ne puis vous être que d'une assistance minime en ces lieux. Mais si vous me le permettez, je retournerais sur mes terres pour y reconstruire mes forces ainsi que pour parfaire mon art et pouvoir ainsi mieux vous servir à mon retour.

Le chevalier bretonnien qu'il était renaissait quelque peu tandis qu'il prononçait ces mots qui pour lui résonnaient tel un nouveau but à atteindre. Un objectif qu'il n'avait pas jusqu'alors et qui lui semblait désormais vital. Devenir plus fort pour servir son seigneur, rien d'autre n'avait d'importance, à part et toujours, cette peur lancinante de La Mort qui le traquait et qu'il espérait vaincre un jour.
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 18 déc. 2015, 16:43, modifié 1 fois.
Raison : 6 xps / Total : 6 xps
Ishar de Sombre-Bois, Seigneur Liche
Profil: For 15 | End 15 | Hab 14 (12*) | Cha 8(12) | Int 18 | Ini 12 | Att 15 (13*) | Par 13 (11*) | Tir 11 | MAG 20 (21*) | NA 4 | PV 185/185 | LN 291/312 | Distance de contrôle 780m
Lien vers la Fiche du personnage
*Avec décompte d'armure / Leader nécromant (+4 en CHA pour convaincre un utilisateur de magie noir) / Emprunt occulte +1 en MAG si sort nécro
Contrôle Morts-vivant:

Troupes:
-Vargas; Roi Revenant; destrier mort-vivante
-10 chevaliers noir revenants; revenant bouclier et masse à cheval bardé (4/10)
-19 Gardes des cryptes; épée bouclier à pied
-7 Spectres


En sommeil:
- X

Equipement:

-Farsh Tranche veines: 24+1d10 dégâts 12 Parade (Deux mains) (Attaque magique + régénération à hauteur de 2/3 des dégâts infligés à la cible (arrondi à l'intérieur))
-Dague: 12+1d6 dégâts Parade 6
-Gilet de cuir bouilli: Protection 7 (-1 HAB, ATT et PAR) (Torse, dos et bras) +7* = 14
-Capuchon en cuir: Protection 3 (Tête) + 7* = 10
Objet:
Grimoire interdit de nécromancie (2), Sacoche (grande), Médaillon de chevalier aux armoiries des De Sombre-bois

Compétence:

-Sens de la magie
-Conscience de la magie
-Illégale sorcellerie
-Incantation (Nécromancie)
-Chance => Usage systématique en cas d'échec critique lors de l'usage de la magie ou en cas de test "surprise" (comme un sommeil un peu trop lourd...)
-L’Éveil - Niveau 3
-Monte
-Alphabétisation
-Langue Hermétique -Magikane necromantique
-Alchimie
-Administration
-Maîtrise de l'aethyr Niveau 3
-Fontaine de Dhar
-Fabrication d'objet magique
-Fabrication de parchemin
-Fabrication de Potion
-Peau de Pierre*
-Leader nécromant
-Entité magique
-Maître de la Non-vie
-Connaissance tactique

Trait et ressources

Enchanteur, Apothicaire et Magikane Nécromantique
200 Pdrm => 100 en cours d'utilisation pour une recherche majeur en alchimie
Dernière visite à Sombre-bois: 18jours

Emprunt occulte:
-Aide Spirituelle : Vous bénéficiez d’un bonus de +1 quand vous lancez des sorts de Nécromancie.

Grimoire:


Primaire:
-Lumière
-Lévitation

Mort:
-Buveur d'esprit:

Nécromantique:
-Visage de la Mort
-Invocation de Nehek
-Malédiction de la Non-vive
-Danse Macabre de Vanhel
-Vigueur Infernale
-Invocation de Kandorak
-Regard de Nagach
-Invocation de Razkhar
NOTE:
Attribut du Domaine de la Mort: Chaque fois qu’un sort offensif de Shyish est lancé avec succès, la difficulté du sort suivant sera diminué d'1D3. Non-cumulable.

Attribut du Domaine de la Nécromancie: Dans un rayon de 6m autour du lanceur de sort regagne 1D6 PdV en cas de réussite d'un sort (1 PdV dans le cas d’une créature Vampire ou Éthérée).

Présence des Morts: Le nécromancien cause la Peur comme s’il était lui-même un mort-vivant quand il est lui-même en présence de mort-vivant (sous contrôle).
Günther, Voie du Hors-la-Loi
Profil: For 13(14*) | End 12 | Hab 14(*12) | Cha 12(*13/14) | Int 11 | Ini 14(*13) | Att 12(*11) | Par 12(*10) | Tir 14 | NA 3 | PV 90/90
*(Force accrue (+1 lorsque test de force); arme de prédilection (+1 en att), malus d'armure (-1 INI, -2 HAB, ATT et PAR), intimidation et baratin (+1 en Cha pour intimider et +1 pour baratiner))
Equipement:

-Harnois (15 partout sauf la tête)
-Casque (7 sur la tête)
-Marteau de guerre (2mains); 26+1d10; Parade 10; Assommante, Lente et Percutante

Compétence:

-Coups assommant
-Bas Fond
-Coriace
-Couverture
-Coups puissant
-Force accrue
-Lutte
-Parade
-Sang froid
-Arme de prédilection (marteau)
-Intimidation
-Administration
-Baratin
-Monte
-Connaissances tactiques

Image
Vargas, Roi Revenant;
Profil: For 12 | End 12 | Hab 11(*9) | Cha 0 | Int 10 | Ini 8(*7) | Att 12(*10) | Par 12(*10) | Tir 8 | NA 3 | PV 100/100
Equipement
-Harnois (15 partout sauf la tête)
-Capuchon et masque de fer: 7 (tête)
-Deux épées spectrales: 16+1d8 dégâts Parade 12 Spécial : si l'attaque n'est pas parée et que le jet de dégât donne un 8, l'ennemi perd le double de PdV.
(Attaque magique + régénération à hauteur de 2/3 des dégâts infligés à la cible (arrondi à l'intérieur)

Compétence de combat:
AMBIDEXTRIE
PARADE

Image
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Vladimir Kergan
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Profil : For 17 | End 15 | Hab 15 | Cha 16| Int 16 | Mag 18 | Ini 15 | Att 17 | Par 16 | NA 4 | Tir 15 |
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Re: [Vladimir] Le seuil de la guerre

Message par Vladimir Kergan » 20 déc. 2015, 23:37

Les éclairs zébraient le ciel et le tonnerre s'ajoutait aux cris victorieux des défenseurs du Guet-de-l'Estran. Tous étaient agenouillés devant Vladimir Kergan qui planaient à plusieurs mètres au-dessus du sol sous les cieux orageux. Chaque homme d'arme, chaque paysan qui avait combattu au côté du Maître des Lieux savait que la victoire qui avait été obtenue aujourd'hui n'aurait jamais été possible sans la détermination et le courage que les valeureux défenseurs avaient offert face à la horde de morts-vivants de Sire Henri de Rachrad. Une étrange sensation parcourait le corps du Prince de la Nuit alors qu'il toisait ses sujets, le mépris inconditionnel des Von Carstein pour une race ô combien inférieur mais aussi une certaine fierté lorsque le Vampire posa son regard sur le Borgne. L'Homme d'Arme à moitié aveugle avait démontré un courage et une ténacité exemplaires au cours de la bataille, jamais Vladimir ne l'avait vu reculé devant la horde de cadavres relevés par les pathétiques nécromanciens de Castel Rachard. Au contraire, le Borgne avait grandement contribué au succès des défenseurs du Guet-de-l'Estran en montrant l'exemple aux autres soldats du Seigneur du Guet lorsque ce dernier avait du abandonner ses troupes.

Les femmes et les enfants finirent par sortir du donjon, les yeux rouges des larmes qu'ils avaient versés en pensant leur dernière heure arrivée. Tous se présentèrent devant l'Elu de la Dame du Lac en en s'inclinant avec dévotion, les femmes étaient agenouillées les mains dans le sol boueux, sans oser lever les yeux vers l'Être qui les avaient tous sauvés. Certains enfants au contraire, téméraires, levèrent des yeux brillants vers le Prince de la Nuit qui se contentait de lever les bras vers le ciel zébré d'éclairs. Tous pensaient que leur Seigneur était en communion avec la Dame du Lac mais Vladimir tentait en réalité de contacter son glorieux Ancêtre, le Tout-Puissant Vlad von Carstein l'avait une nouvelle fois soutenu dans cette bataille, il l'avait sentit à ses côtés alors qu'il peinait à maîtriser les Vents de Magie. Ses murmures lui avaient permis d'outrepasser ses craintes et ses doutes et l'Aethyr s'était soumis à la volonté de Vladimir Kergan, lui permettant de terrasser les sorciers noirs qui étaient venus le défier sur ses terres.

Le Seigneur du Guet-de-l'Estran mit pied à terre et s'avança lentement vers ses soldats, évitant soigneusement de piétinier les nombreux cadavres qui gisaient sur le sol, la boue prenant une inquiétante couleur rougeâtre. Le Maître des Lieux avait un regard pour chaque homme, fut-il soldat ou paysan mais s'attarda un peu plus sur Tugdual de Heurtevent et Ishar de Sombre-Bois. Le Nécromancien avait démontré de bien piètres qualités face aux sorciers noirs, complètement dépassé par l'ampleur de la tâche que lui avait confié le Prince de la Nuit, quant au Nouveau-Né, il lui avait désobeit délibérément et avait par la même occasion conduit à la mise à mort pure et simple des Sergents Montés, néanmoins il n'avait pas hésité à sortir du donjon pour venir porter aide et assistance à son Père des Ténèbres lorsque ce dernier faisait face seul aux troupes mortes et vivantes de Castel Rachard.

Vladimir pris rapidement les mesures qui s'imposaient et soldats et paysans se mirent immédiatement au travail, les Hommes d'Arme s'étaient battus côte à côte avec les gueux qu'ils traîtaient habituellement avec mépris et cette fois tous mirent un point d'honneur à exhaucer les souhaits de leur Seigneur et Sauveur. Celui qui s'était auto-proclamé Elu de la Dame du Lac avait à présent une parfaite autorité sur ses hommes et Vladimir était pratiquement certain que ses ordres auraient à présent beaucoup plus de poid après cette bataille. Les cadavres putréfiés ainsi que les squelettes furent rassemblés en un tas unique à l'extérieur du village avant d'être incinérés, plongeant le village dans une odeur de chair carbonisée qui donnèrent la nausée à plusieurs paysannes, les tonneaux qui contenaient de l'huile de roche furent roulés jusqu'au donjon et la tête du Varghulf fut montée sur une plaque de bois, elle-même clouée au-dessus de la porte de la demeure du Seigneur du Guet-de-l'Estran, un premier trophée qui serait bientôt rejoint par beaucoup d'autres, notamment par la tête de sire Henri de Rachard.

Cette funeste journée arriva enfin à son terme et une pluie froide s'abattit sur le village encore sous le choc après une bataille aussi effroyable face aux forces de la Non-Vie. Vladimir décreta une soirée libre pour chaque habitant du Guet-de-l'Estran et leur permis de prendre possession de l'Auberge pour y célébrer la victoire, permission qui fut accueillie avec beaucoup d'enthousiasme par les gueux dont les conditions de vie, si elles étaient tout de même rude sous le joug du Von Carstein, étaient beaucoup plus décentes que bon nombre de leurs pairs au service d'autres Seigneurs Bretonniens. Tandis que les soldats se dirigeaient avec entrain vers l'Auberge, Vladimir vit que Tugdual venait de seller son cheval et se dirigeait vers la porte Est.

Une grande victoire a été obtenue ce soir, mon Fils. La première d'une longue série qui nous mènera à la tête du Moussillon. Aujourd'hui tu as démontré une grande loyauté envers moi et avec le temps tu deviendras un grand Fils de la Nuit, cela ne fait aucun doute. Dit Vladimir en apostrophant le Nouveau-Né avant que ce dernier n'ait franchit la porte, la bataille ne s'était guère déroulée sous les meilleurs auspices pour Tugdual de Heurtevent qui s'était laissé prendre de court par Ishar de Sombre-Bois lorque le fantôme de Gontrand s'était matérialisé dans le Hall, il était capital que le jeune Vampire garde confiance en lui et en ses capacités et surtout qu'il sache qu'il avait le soutien de celui qui lui avait offert l'immortalité. Le Bretonnien s'éloigna ensuite au galop vers les marécages de l'Est, sans doute à la recherche d'une proie pour soulager sa soif de sang qui devait tout doucement se rappeler à la mémoire du Fils de la Nuit. Kergan se dirigea ensuite vers la forge et s'abrita de la pluie froide qui martelait le sol les toits des nombreuses masures, depuis l'auberge parvenaient aux oreilles du Seigneur Vampire des cris et des rires, les paysans fêtaient leur triomphe et honnoraient la Dame du Lac qui leur avait permis de survivre à une mort atroce aux mains des morts-vivants. Bientôt viendrait le jour ou François de Picotin disaparaîtrait pour laisser place à Vladimir Kergan, et à cet instant, ses hommes devraient effectuer un choix: Le servir de bonne grâce dans la Vie ou périr pour être ses Esclaves dans la Mort.

Quelques siècles plus tôt, ce n'était rien d'autre que par ses mesures populaires que le Comte Vlad von Carstein avait permis de rallier l'ensemble des troupes régulières sylvaniennes derrière lui lorsqu'il avait révélé au monde sa nature maléfique. Vladimir Kergan comptait bien suivre son exemple, tel un berger choyant son troupeau en vue de l'abattoir et si tout se déroulait comme il l'espérait, la Dame du Lac perdrait des adorateurs au profit de sa propre personne. Des bruits de pas finirent par tirer le Vampire de ses pensées tandis qu'Ishar de Sombre-Bois s'approchait lentement de lui, les yeux malveillants de l'Immortel fixèrent le mortel avec une profonde condescendance. Le Nécromancien mit un genoux à terre et lui présenta sa lourde épée avant de prêter serment d'allégeance au Mort-Vivant, qui s'il fut légèrement surpris par le titre que lui affubla l'Humain, accueillit la nouvelle avec un léger rictus et une voix glaciale.


J'accepte votre allégeance, Ishar de Sombre-Bois. Mais en ce jour, vous m'avez profondément déçu, néanmoins je suis prêt à vous laisser une seconde chance. Partez et perfectionnez votre art, une Nuit viendra ou je frapperai à votre porte pour vous rappeler votre serment. Vous êtes libre de partir dés ce soir. Dit le Prince de la Nuit en faisant un dernier signe de tête au Nécromancien avant de s'éloigner vers l'Auberge, les rires et les cris se faisant plus forts à mesure que le Vampire s'approchait, mais tous se turent lorsqu'il apparut dans l'encadrement de la porte. Paysannes, hommes d'armes et enfants tournèrent instinctivement les yeux vers le Maître des Lieux qui s'avança lentement à travers les tables, posant son regard ça et là. La plupart des hommes étaient ivres, plusieurs barriques de vin avaient été ouvertes pour l'occasion et l'une d'entre-elle avait d'ailleurs été vidée assez rapidement, bientôt les mortels ne seraient plus que des bêtes sous l'emprise de leur propre décadence.

Ce soir, nous avons remporté une victoire. Ce soir, c'est Henri de Rachard qui doute dans l'ombre de sa forteresse. Car il sait à présent qu'au Guet-de-l'Estran vivent des hommes qui tiennent tête à ses Abominations ! Déclara le Prince de la Nuit d'une voix puissante, il marqua une courte pause et repris. D'autres batailles auront lieu, mais gardez cela à l'esprit, ce soir vous êtes ceux qui avez vaincu les Morts ! Ce soir nous festoierons, demain nous nous battrons et après-demain j'accrocherai la tête d'Henri de Rachard et de ses pantins à la porte de mon Donjon et tous sauront ce qu'il en coûte de défier François de Picotin ! Soldats, cette victoire prenez là, c'est la vôtre !

Le lendemain matin, alors que les nuages noirs qui surplombaient le Guet-de-l'Estran s'éloignaient enfin et que le soleil perçait une grisaille persistante, Vladimir observait les paysans quitter peu à peu leurs masures pour se remettre aux tâches quotidiennes, leurs mines étaient certes fatiguées mais tous étaient présents et prêt à poursuivre l'érection de la palissade pour certains et le défrichage du bois à l'ouest pour les autres. Quelques soldats patrouillaient dans le village tandis que les autres escortaient les paysans qui transportaient les troncs qui allaient être travaillés par les bûcherons afin de terminer au plus vite le mur défensif du fief de François de Picotin. Le Borgne commandait la petite troupe de manants qui montait la garde dans le village, cet homme avait beaucoup impressionné Vladimir Kergan la veille, par sa ténacité et son sens du devoir, des qualités sommes toutes assez rares pour un homme issu de la masse paysanne. Le Vampire fit quérir le Borgne aux alentours de midi alors que le soleil atteignait son zénith, ce qui dans le Moussillon ne permettait guère de réchauffer l'atmosphère glacée. Vladimir attendait Léon dans la grande salle qui servait à la fois de lieu de vie mais aussi de pièce de travail pour le Seigneur, la table que l'on avait descendue pour barricader la porte du donjon avait été remise à sa place et divers parchemins et missives étaient à présent disposées dessus ainsi que la chemise de maille d'Hugues de Gamblin ainsi que son épée, toujours dans son fourreau. Des bruits de pas en provenance de l'escalier annoncèrent l'arrivée du soldat et se présenta devant le siège du Maître des Lieux en inclinant respectueusement la tête. Le Prince de la Nuit se leva pour prendre l'épée du messager d'Henri de Rachard, une main sous la garde, et une autre sur le fourreau.

Léon le Borgne, hier vous avez combattu bravement et avez été un exemple pour tous les soldats de ce village, vous fûtes un artisan incontestable de la victoire face aux troupes de morts-vivants et m'avez impressionné par votre courage. A dater de ce jour, vous êtes officiellement mon nouvel Ecuyer et avez acquis ma confiance. Cette épée ainsi que cette chemise de maille vous reviennent. Allez chercher vos affaires, vous vivrez désormais au Donjon. Je sais que vous saurez vous acquitter parfaitement de vos nouvelles obligations.


Le nouvel Ecuyer de Vladimir s'inclina profondément, ce nouveau statut l'élevait loin au-dessus des autres soldats. Désormais ce serait lui qui porterait l'étendard et les armes du Prince de la Nuit lorsque ce dernier partirait au combat. Le Borgne était un soldat endurcit et sans doute bien plus expérimenté que ne l'était Malbec, le jeune bâtard qui avait sacrifié sa vie pour protéger celle de Vladimir lorsque ce dernier avait été attaqué par les sbires de Raymond d'Aucassin. Un acte plein de noblesse, digne d'un véritable Chevalier Bretonnien, ironique quand l'on savait qu'il avait sacrifié son existence pour celle d'un être maléfique. L'entrevue terminée, Vladimir raccompagna le Borgne jusqu'à la porte du Donjon, Callandor accrochée dans le dos. L'Epée de Gasconnie était une lame difficile à manier et bien qu'excellent bretteur, l'Immortel ne la maîtrisait pas encore aussi bien que sa rapière impériale. La légère accalmie dont bénéficiait le Guet-de-l'Estran devait être mis à profit pour parfaire son art. Aussi le Prince de la Nuit se livra t-il à une série de mouvements sous les regards de certains paysans et de plusieurs enfants qui arrêtèrent leurs jeux pour venir voir celui dont on disait qu'il avait arrêté une armée de morts-vivants à lui seul s'exercer.
A toi de voir si tu veux faire un test de Charisme, si oui j'utilise Eloquence. Vlad ensuite retourne au Donjon et tu peux passer au lendemain à moins qu'il ne se passe quelque chose de spécial (Hélène qui parle ou autre). Vladimir passe la majeure partie de la journée du lendemain à s'entrainer devant le donjon au maniement de Callandor.
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 20 déc. 2015, 21:29, modifié 1 fois.
Raison : 6 xps / Total : 6 xps
Image
~ À compter de cette Nuit je suis votre Seigneur et Maître. Que vous désiriez me servir dans la Vie ou dans la Mort ne revêt que peu d'importance à mes yeux. ~
Vladimir Kergan, Seigneur de la Nuit
Profil: For 17 | End 15 | Hab 15 | Cha 16 (17)| Int 16 | Mag 18 | Ini 15 (16) | Att 17 | Par 16 (17) | NA 4 | Tir 15 | PV 160
Lien Fiche personnage: Ma Fiche

PVs actuels: 160/160

Apprentissage arme de prédilection: 6/8
LNs: 619 /648

Bataillons Défunts (non comptés pour les Lns): 8 Bataillons de 30 Guerriers Squelettes. 2 Bataillons de 30 Revenants. 1 Bataillon de 30 Chevaliers Noirs. Un Bataillon d'Esprits ==> (240 Squelettes en Bataillons, 60 Revenants, 30 Chevaliers Noirs et 30 Esprits)

- 8 Bataillons de Squelettes prennent: 48 LNs (16 Squelettes les contrôlant)

- 2 Bataillons de Revenants prennent: 32 LNs (4 Revenants les contrôlant)

- Bataillons de Chevaliers Noirs: 16 LNs ( 2 Chevaliers Noirs contrôlés par Cécielle des Champs d'Or ==> Commandant Cécielle)

- Bataillon d'Esprits: 12 LNs ( Deux esprits les contrôlent)

-Cécielle des Champs d'Or: 12 LNs. (Utilise 16 de ses LNs pour contrôler les deux Chevaliers Noirs qui tiennent les tambours et bannière du bataillon).

-Morbius: 20 LNs.

- 50 Zombies (Clan Keerk): 100 LNs.

- 64 Loups Funestes: 192 LNs.

-13 Esprits: 78 LNs.

- 25 Cavaliers Squelettes: 125 LNs

Troupes endormies: 95 Guerriers Squelettes, 415 Zombies, 6 Revenants, 8 Chevaliers Noirs (Contrôlés par Ishar). 1 Esprit ==> Château de la Terreur.

Troupes à relever: Malebrute, Rat-Ogre
-Objets: Chevalière de Discipline (Par +1), Bague Magnifique (Char +1), Anneau de Vivacité (Ini +1), Grand Manteau Noir, Baiser de Malfleur (Talisman Magique: Effet sur fiche de personnage)

-Armes, Armures:
- Hache en Gromril: 24+3d8, 8 points de parade. Percutant, Perforant (4)

- Faraigr: Bouclier, 20 points de parade, offre une parade gratuite.

- Serment: 25+1d20 de dégâts,10 parade, 2 mains Percutante, Lente. Enchantement : Hex vengeur, qui permet de porter une attaque supplémentaire en cas de parade réussie.

- Zheres: Sceptre de Maîtrise de la Non-Vie

-Gilet en Cuir Bouillis: 7 points de protection torse bras et dos. -1 PAR, -1 HAB, -1 ATT (Porté)

-Destrier: Nahar, Cauchemar Mort-Vivant.

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Re: [Vladimir] Le seuil de la guerre

Message par [MJ] Le Grand Duc » 21 déc. 2015, 00:03



La vie reprit son cours dans le petit village frontalier, grise et monotone. Une fois l'effervescence de la victoire passée, les paysans retournèrent à leurs tâches et les soldats à leurs affectations. Léon le Borgne fût nommé écuyer de Vladimir et eut, à ce titre, la permission de porter l'épée et la cotte de maille. Il profita de sa nouvelle position pour s'imposer comme le second naturel de son seigneur, donnant des ordres à droite à gauche et planifiant les patrouilles et les tours de garde. Personne n'osa discuter ses ordres, tout d'abord parce qu'il avait les faveurs du vampire mais aussi parce que son comportement courageux pendant la bataille lui avait attiré bien du respect de la part des autres hommes. Ainsi, les hommes d'arme et les archers du village suivirent ses directives, trop heureux de n'avoir qu'à obéir à des ordres simples plutôt que de devoir prendre des initiatives par eux-même. Trois archers furent postés dans la tour de pierre qui jouxtait l'auberge et reçurent la mission de surveiller les environs depuis leur perchoir, et particulièrement les marécages à l'Est. A la moindre menace, ils devaient sonner l'alerte en soufflant dans une corne. Tous les jours, un autre trio d'archers venait prendre la relève du premier, et ainsi de suite. D'autres tireurs étaient postés dans les deux tourelles en bois qui encadraient l'entrée Sud du village. Enfin, les archers qui n'étaient pas en poste s'entraînaient au tir sur des sceaux en bois ou se reposaient dans leur baraquement. Les hommes d'arme, eux, étaient répartis en petits groupes de deux ou trois éléments chacun, et avaient pour rôle de patrouiller le village, de surveiller les entrées et d'escorter les paysans qui allaient couper du bois à une lieu à l'Ouest du Guet. Tout ceci se faisait sous la supervision du Borgne qui s'assurait de la sécurité du village et de la discipline parmi les gueux armés.

Les paysans eux, s'acquittaient de leur labeur sans rechigner outre mesure. La plupart d'entre eux -une quarantaine- étaient affectés à la coupe du bois et au défrichage des parcelles à l'Ouest. Armés de haches courtes et de faucilles et encadrés par quelques hommes d'arme, ils abattaient les bosquets qui parsemaient les marches de part et d'autre. Les troncs étaient élagués sur place puis portés sur l'épaule par des grappes de pécore jusqu'à la place centrale du village. Là, ils étaient égalisés puis taillés en pointe et, sous la supervision superficielle des deux ingénieurs désœuvrés, une autre équipe de paysans s'affairait à l'aide de cordes et de contrepoids pour élever la palissade dans les fossés Nord et Ouest. Le travail était difficile et le froid se faisait mordant lorsque le vent se mettait à souffler, mais tels étaient les ordres de François de Picotin. Le reste des manants s'occupait d'entretenir les potagers et les élevages du village, les mains dans la boue ou dans la fange la majeure partie de la journée.

Tugdual de Heurtevent demeura absent pendant trois jours. Les habitants du village murmuraient entre eux, le disant disparu pour toujours dans les marais ou parti à la recherche du Saint Graal. Toujours est-il que le Nouveau-Né ne fit pas d'apparition au Guet. Hélène de Picotin, elle, semblait frappée d'un grand ennui. Elle se promenait seule dans le donjon, restait assise aux grandes fenêtres pendant des heures ou s'installait à son métier à tisser d'un air distrait. De temps à autres, elle descendait dans le village pour se faire voir de la populace ou pour ordonner que l'on fasse rôtir un porc ou quelques poules, mais ses grands yeux émeraudes étaient plein de langueur. C'est pour cette raison que son visage s'illumina lorsque, au quatrième jour après la bataille, la corne de la tour retentit, suivi d'un cri.

- "Les renforts du Lyonesse sont en approche !" lança l'un des archers depuis son perchoir.
1+1d3 = 2 Chevaliers Errants se joignent à Vladimir.

En effet, sur la route qui menait au Lyonesse, une importante colonne s'avançait dans la brume du matin, une bannière arborant le lion rouge du Duché voisin en tête. A mesure que le convoi approchait, il devenait plus aisé de distinguer les personnes qui le composaient. Cinq cavaliers chevauchaient en tête, juchés sur de lourds destriers bretonniens. A en juger par leurs armures complètes, leurs lances et leurs tabards colorés, il devait s'agir de chevaliers. Le premier portait un tabard bleu décoré d'une croix blanche. Le second était équipé d'un heaume au cimier en forme de fleur de lys en bronze, symbole qui était repris sur son écu en trois exemplaires formant un triangle. Le troisième était un personnage imposant, presque trop gros pour sa monture noire, et portait une armure épaisse faite de lamelles d'aciers. Il avait des gants en cuir clouté et une énorme épée posée sur l'épaule mais ce qui marquait le plus, c'était son casque en forme de tête de lion rugissant, d'où s'échappait ses longs cheveux noirs et sales. Les deux suivants semblaient plus jeunes, probablement des chevaliers errants qui s'étaient joints à la colonne en quête d'honneur et d'aventure. Le premier était beau garçon, cheveux courts, et était vêtu d'une lourde armure de plaque rutilante et d'une cape rouge. Le second avait un air plus maladif, les cheveux blancs, ainsi que sa barbe juvénile. Il portait une armure simple, alliant cuir et pièces de métal, et était armé d'une longue lance, d'une épée et d'un écu.

Derrière eux marchaient une quinzaine d'hommes d'armes équipés de lances, de vouges et de fauchards, ainsi que d'armures hétéroclites en cuir ou en métal, de casques aux formes et aux dimensions variées et de boucliers rectangulaires en bois, parfois peints de symboles tels que des fleurs de lys ou des blasons de différents seigneurs. Avec eux marchaient dix archers, dont l'équipement était tout aussi variable d'un individu à l'autre.

Sur les pas de cette première troupe armée, quatre lourds chariots progressaient lentement dans la boue, tirés par des bœufs tandis que leurs roues traçaient des sillons profonds dans la boue. Ils étaient chargés de matériel, de caisses et de gens. A côté d'eux, des paysans marchaient avec leurs familles, pauvres bougres envoyés dans le sud par leurs seigneurs lyonessois sans qu'ils ne sachent vraiment pourquoi. L'une des femmes étaient vêtue un peu plus richement, ses jolis cheveux dorés cachés sous un chaperon. Un manant tenait un énorme molosse noir en laisse, une chien au poil ras, aux oreilles taillées en pointe et à la gueule carrée. Ses babines tombantes dégoulinaient de bave et il grognait contre quiconque s'approchait trop près, si bien que les marcheurs se tenaient à l'écart et que même celui qui tenait la chaîne ne semblait guère rassuré. Un autre paysan tenait les rennes d'un magnifique destrier gris pommelé, un animal au poitrail puissant et au cou large. Sa crinière était taillée en brosse et sa queue coupée court et nouée par un lacet de cuir noir. Le cheval à la tête massive avait aussi d'énormes sabots à moitiés cachés par d'épaisses touffes de poils. Enfin, un dernier roturier, parmi les autres, portait à l'horizontale un lourd gant en cuir sur lequel était juché un faucon gris et fauve. Sa tête était couverte d'un capuchon en cuir décoré d'une plume rouge, pour lui masquer la vue. Derrière les charrettes et les manants, un troubadour s'avançait sur un cheval gris. Jeune, il était vêtu de riches atours bleus et rouges et d'un bonnet piqué d'une plume d'aigrette. Son luth était attaché sur le devant de sa selle. Enfin, derrière lui, une autre troupe d'une dizaine d'hommes d'arme fermait la marche, avec parmi eux le sergent monté qui avait fait office de messager.

La colonne, qui comptait pas moins de quatre-vingt personnes, s'avança vers le Guet et l'entrée Nord, où la palissade avait enfin été dressée. Le chevalier à la croix blanche s'avança, flanqué des autres chevaliers et des hommes d'arme.

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- "Salutations, noble seigneur." dit-il en inclinant la tête lorsque le maître des lieux se présenta à eux. "Je suis Firmin de Bâtertre et voici mes compagnons Grégoire de la Malepuits et Didier d'Orbiel." dit-il en désignant tour à tour le chevalier au heaume à fleur de lys -qu'il retira d'ailleurs- et le mastodonte au casque en tête de lion qui observait Vladimir d'entre les mâchoires d'acier. "Nous avons été chargé par l'Abbé-Chevalier Childebert de venir nous mettre à votre service et de guider ces manants jusqu'ici pour faire de même. Les jeunes sires Pierre de Lacombe et Rouen de Saint-Cernet ont fait vœux de nous accompagner dans notre noble équipée."

Sur ces mots, Firmin de Bâtertre retira son camail et mit pied à terre, rapidement imité par Grégoire, Pierre et Rouen. Seul Didier d'Orbiel, le massif chevalier aux nombreuses cicatrices, scruta le vampire quelques secondes avant de faire de même sans retirer son casque, attristant dans la boue en en faisant gicler partout autour de lui. Les cinq chevaliers mirent un genou à terre.

- "Nous venons ici pour vous jurer allégeance, sur notre honneur et notre foi en la Dame du Lac et en ses saints principes."
Le chien, c'est un Cane Corso comme suit :
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Pour le cheval, c'est un Percheron comme suit :
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Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Re: [Vladimir] Le seuil de la guerre

Message par Vladimir Kergan » 21 déc. 2015, 16:07

Les Paysans redoublaient d'ardeur dans l'exécution des tâches que leur avait confié François de Picotin, la construction de la palissade était la priorité absolue pour sécuriser le fief face à une nouvelle attaque en provenance de Castel Rachard. Le regard pénétrant de Vladimir Kergan était toujours porté vers l'Est. Attentif, le Prince de la Nuit ne comptait pas se laisser surprendre par une attaque de son nouvel ennemi déclaré qui devait certainement être occupé à préparer une autre attaque sur le fief qui avait osé refuser son offre, tuer l'un de ses sorciers et mis en déroute les troupes qu'il avait envoyé en s'attendant à une victoire écrasante sur le hameau que devait représenter le Guet-de-l'Estran pour une forteresse aussi imposante que la sienne. Le Borgne semblait prendre ses nouvelles fonctions très à coeur, soucieux de ne pas décevoir le Maître des lieux qui lui avait accordé sa confiance, et la Dame savait à quel point pareille opportunité était rare dans la carrière d'un homme issu de la classe paysanne.

Les tours de garde ainsi que l'organisation de la défense du fief était placée directement sous la supervision du Borgne qui s'occupait d'affecter les soldats à diverses occupations qui allaient de la surveillance du fief à l'escorte des bucherons qui abattaient arbre après arbre dans le bois à l'ouest du Guet, les troncs étaient ensuite amassés sur la place centrale du village avant d'être pris en charge par une seconde équipe de paysans qui s'occupaient de les tailler et puis de les ériger sur les sections Nord et Est qui furent finalement achevées après quatre jours de dur labeur sous la pluie et le vent glacial du Moussillon, mais les conditions de travail étaient bien dérisoires comparées au danger d'une nouvelle attaque de Morts-Vivants. Les cadavres en putréfaction et les squelettes silencieux étaient encore bien présents dans la mémoire des défenseurs du Guet-de-l'Estran et aucun d'entre eux ne souhaitaient avoir à les affronter une nouvelle fois derrière une barricade constituée de meubles et de tonneaux. Lorsqu'il ne s'entraînait pas au maniement de Callandor, Vladimir se promenait parmi les paysans qui frappaient plus fort et accéléraient le travail à l'approche de l'Elu de la Dame.

Tugdual de Heurtevent quant à lui n'était toujours pas réapparu au village et cette absence commençait à inquiéter légèrement le Seigneur Vampire, le Nouveau-Né était peut-être tombé dans une embuscade ou avait succombé à sa Bête Intérieur, il aurait également pu choisir de se rendre à Castel Rachard pour tenter un coup d'éclat ou pire encore, trahir son Père. Néanmoins cette dernière hypothèse ne semblait guère crédible pour l'instant, les dires que l'on avait rapporté à Vladimir témoignaient d'une grande loyauté de Tugdual à son égard. De toute manière il n'était pas question de quitter le village pour partir à sa recherche, le Vampire devrait revenir par ses propres moyens. La monotonie avait de nouveau gagné les habitants du Guet-de-l'Estran, quand soudain le son de la corne retentit dans le village, attirant les regards inquiets des manants qui s'éclaira légèrement lorsque l'archer en poste au sommet de la Tour de pierre annonça l'arrivée des renforts du Lyonesse, demandés quelques jours plus tôt par François de Picotin.

Une colonne de gens s'avançaient sur la route du nord derrière une imposante bannière lyonnessoise. Vladimir Kergan s'avança sur la grand place du village pour attendre les nouveaux arrivants et scruter les différentes personnes qui composaient le convoi. Cinq cavaliers étaient à sa tête, aux tablards tous différents les uns des autres. L'un d'entre eux paraissait encore plus gros que n'était la lourde bête sur laquelle il était assis et rappelait quelque peu Enguerrand de Blancpenoy, bien que son visage soit masqué par un lourd casque en forme lion rugissant. Deux Chevaliers demeuraient quelque peu en retrait par rapport aux trois autres, plus jeunes et sans doute moins expérimentés que ne l'était le trio de tête et à leur suite un convoi de manants. Des hommes d'armes, des archers et des paysans avançaient aux côtés de plusieurs chariots tirés par des boeufs. Parmi la troupe, Vladimir remarqua deux personnes se distinguant du reste du lot, une jeune femme aux cheveux dorés cachés sous un chaperon et un jeune homme sur un cheval avec une luth accrochée au-devant de la selle du cheval gris sur lequel il était assis, un menestrel très certainement. Un aboiement sonore attira l'attention du Prince de la Nuit dont le regard se posa sur un énorme chien que les hommes évitaient soigneusement, sa machoire carrée d'ou s'écoulait un filet de bave laissait deviner des crocs pointues et meurtrières. Un peu plus loin s'avançait un magnifique destrier bretonnien qui serait la nouvelle monture du Maître des lieux, Vladimir ne pu s'empêcher de lever un sourcil, la bête était très loin de ce qu'était Nahar, volumineuse et bien moins élégante que le coursier sylvanien.

Vladimir s'avança vers l'entrée nord du village pour accueillir les nouveaux arrivants, le chevalier qui dirigeait le convoi fit signe à la colonne de s'arrêter et déclina son identité ainsi que celle de ses nobles compagnons, avant de mettre pied à terre en enlevant son casque à cimier, rapidement suivi par ses compagnons d'armes, tous sauf un. Le dénommé Didier d'Orbiel paraissait suspicieux et le regard glacé de Vladimir rencontra celui de Didier, quelque peu masqué par le casque à tête de lion. Le Prince de la Nuit s'était débarrassé d'Enguerrand de Blancpenoy et il ne supporterait pas qu'un nouveau chevalier se mette sur son chemin encore une fois. D'Orbiel finit par mettre à son tour pied à terre, sans enlever son masque et déposa un genoux à terre les autres chevaliers en signe d'allégeance au Prince de la Nuit.

J'accepte votre serment, Chevaliers, et ne doute point que vous ferez honneur au code de la chevalerie et à la Dame. Le Guet-de-l'Estran vous accueille avec gratitude et soulagement, des heures bien sombres sont à venir et chaque lance sera un atout pour affronter l'ennemi qui nous attend. Léon ? Appela Vladimir Kergan, l'Ecuyer s'avança et inclina la tête devant le seigneur des lieux. Conduisez les soldats à leurs quartiers et veillez à les mettre au fait des récents évènements, que chacun sache ce qu'il aura à affronter dans les prochaines semaines. Ordonna le Vampire en toisant la troupe de soldats à l'équipement assez hétéroclite, les hommes d'armes qui arrivaient fraîchement du Lyonesse n'avait certainement pas l'habitude d'affronter les forces de la Non-Vie, et s'il n'y étaient pas préparés cela pourrait s'avérer désastreux. Vladimir reporta ensuite son attention vers les Chevaliers, attardant son regard quelques instants sur Didier d'Orbiel.
Vous prendrez vos quartiers à l'Auberge du village et vos repas en ma compagnie au Donjon, ma demeure est encore en construction et l'auberge vous offrira un meilleur confort. Allez-vous installer et ensuite rejoignez-moi ensuite au Donjon, après que vous vous soyez restaurer, nous devrons discuter des récents évènements. Fit Vladimir avec respect en désignant l'entrée du village, il laissa les Nobles s'avancer et ensuite posa son regard sur les nombreux manants qui attendaient leurs premiers ordres avec crainte.

Bienvenue au Guet-de-l'Estran. Les nouveaux arrivants et leurs familles iront s'installer dans les masures déjà construites pour eux. Ceux qui n'auront pas de place devront provisoirement, et j'insiste sur ce terme, se débrouiller par eux-mêmes le temps que leur situation soit réglée, ce qui ne devrait pas excéder une quinzaine de jours. J'assure que tout le monde aura un toit d'ici cette échéance. Dix d'entre vous se rendront dans les champs pour avec les agriculteurs déjà présents et s'assureront d'assurer au Guet un approvisionnement suffisant en nourriture, nos réserves sont pleines et tout le monde mangera à sa faim. Les autres rejoindront les bucherons dans le bois à l'Ouest, le défrichage nous permettra de terminer l'érection de la palissade et de vous construire des masures le plus rapidement possible. Le nouveau commerçant du Guet séjournera à l'auberge le temps que nous élevions son comptoir, le couturier et le forgeron prendront leurs quartiers dans les ateliers qui leur sont réservés. Annonça Vladimir Kergan à l'ensemble des bougres qui lui faisaient face avant de s'avancer vers l'homme qui tenait le chien de guerre de gasconnie. Les yeux du molosse croisèrent ceux du Prince de la Nuit avant que ce dernier ne reporte son attention vers le manant qui le tenait en laisse.

Tu attachera ce chien non loin de la porte du donjon, le temps qu'un chenil lui soit construit. Dit Vladimir avant de s'approcher du magnifique destrier à la robe grise, passant sa main glacée sur le cou puissant de l'animal qui allait remplacer son fidèle Nahar pendant quelques temps. Il fit signe au manant qui tenait les rennes de s'éloigner et enfourcha le lourd destrier bretonnien avant de s'approcher du troubadour qui demeurait un peu en retrait par rapport au reste du convoi.
Bienvenue au Guet-de-l'Estran, j'espère que votre musique réchauffera les coeurs et nous permettra d'oublier un temps les afres de la guerre. Vous séjournerez à l'Auberge en compagnie des autres chevaliers. Vladimir talonna ensuite sa monture qui avança au pas, fendant la foule des manants pour permettre au Prince de la Nuit d'approcher la jeune femme aux cheveux dorés qui se distinguait des autres par son apparence bien plus soignée.

Vous m'accompagnerez au Donjon qui sera votre nouvelle résidence, mon épouse et moi-même nous languissions de votre arrivée. Comment vous appelez-vous ? Demanda Vladimir en faisant signe à la jeune femme de marcher à son côté alors qu'il faisait signe au convoi de franchir la porte nord vers leur nouveau lieu de vie. Le Prince de la Nuit disposait à présent d'une force relativement conséquente et le nombre de ses sujets était en augmentation constante, à son arrivée, alors que le fief était toujours sous la gérance de François de Picotin, il ne gouvernait qu'une petite trentaine de manants, à présent il y avait presque deux cents âmes sous le joug du terrible Sylvanien. Une puissance armée qu'il n'avait jamais eu lorsqu'il vivait en Sylvanie, et il ne comptait pas s'arrêter là.
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 21 déc. 2015, 16:07, modifié 1 fois.
Raison : 6 xps / Total : 12 xps
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~ À compter de cette Nuit je suis votre Seigneur et Maître. Que vous désiriez me servir dans la Vie ou dans la Mort ne revêt que peu d'importance à mes yeux. ~
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Lien Fiche personnage: Ma Fiche

PVs actuels: 160/160

Apprentissage arme de prédilection: 6/8
LNs: 619 /648

Bataillons Défunts (non comptés pour les Lns): 8 Bataillons de 30 Guerriers Squelettes. 2 Bataillons de 30 Revenants. 1 Bataillon de 30 Chevaliers Noirs. Un Bataillon d'Esprits ==> (240 Squelettes en Bataillons, 60 Revenants, 30 Chevaliers Noirs et 30 Esprits)

- 8 Bataillons de Squelettes prennent: 48 LNs (16 Squelettes les contrôlant)

- 2 Bataillons de Revenants prennent: 32 LNs (4 Revenants les contrôlant)

- Bataillons de Chevaliers Noirs: 16 LNs ( 2 Chevaliers Noirs contrôlés par Cécielle des Champs d'Or ==> Commandant Cécielle)

- Bataillon d'Esprits: 12 LNs ( Deux esprits les contrôlent)

-Cécielle des Champs d'Or: 12 LNs. (Utilise 16 de ses LNs pour contrôler les deux Chevaliers Noirs qui tiennent les tambours et bannière du bataillon).

-Morbius: 20 LNs.

- 50 Zombies (Clan Keerk): 100 LNs.

- 64 Loups Funestes: 192 LNs.

-13 Esprits: 78 LNs.

- 25 Cavaliers Squelettes: 125 LNs

Troupes endormies: 95 Guerriers Squelettes, 415 Zombies, 6 Revenants, 8 Chevaliers Noirs (Contrôlés par Ishar). 1 Esprit ==> Château de la Terreur.

Troupes à relever: Malebrute, Rat-Ogre
-Objets: Chevalière de Discipline (Par +1), Bague Magnifique (Char +1), Anneau de Vivacité (Ini +1), Grand Manteau Noir, Baiser de Malfleur (Talisman Magique: Effet sur fiche de personnage)

-Armes, Armures:
- Hache en Gromril: 24+3d8, 8 points de parade. Percutant, Perforant (4)

- Faraigr: Bouclier, 20 points de parade, offre une parade gratuite.

- Serment: 25+1d20 de dégâts,10 parade, 2 mains Percutante, Lente. Enchantement : Hex vengeur, qui permet de porter une attaque supplémentaire en cas de parade réussie.

- Zheres: Sceptre de Maîtrise de la Non-Vie

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Re: [Vladimir] Le seuil de la guerre

Message par [MJ] Le Grand Duc » 22 déc. 2015, 01:17

Une fois les présentations faîtes, tous s'activèrent. Léon s'avança, levant la main pour faire signe aux hommes d'armes et aux archers.

- "Avec moi les troufions ! J'vais vous montrer vot' nouveau palais. Vous z'avez des p'tits copains à rencontrer qu'ont long à vous dire sur c'beau pays." lança-t-il avant de guider les soldats vers les baraquements pour qu'ils s'installent.

Attisés par la curiosité, les habitants du Guet étaient sortis de leurs masures et avaient arrêté leur labeur pour venir observer les nouveaux venus. Les paysans tous justes arrivés se mêlèrent aux anciens tandis que les lourds chariots avançaient et que les chevaliers se dirigeaient vers les écuries pour y laisser leurs montures. Tantôt on se saluait de part et d'autre, tantôt on se regardait avec méfiance et dédain.

- "Les v'là, les parvenus ... après la bataille." entendit Vladimir non loin de lui.

Malgré le scepticisme de certains, la scène avait une allure de fête. Les nouveaux arrivants étaient bienvenus car les premiers habitants du Guet étaient heureux de voir d'autres lyonenessois comme eux. De plus, les paysans ne connaissaient que trop bien l'adage selon lequel le nombre fait la force, et de force ils auraient bientôt tous besoin. L'énorme molosse, le magnifique destrier et le faucon étaient source de curiosité et d'intérêt. Les enfants se pressaient autour du fauconnier pour caresser les plumes de l'oiseau qui eut tôt fait de les faire fuir en poussant un cri perçant. Le chien, lui, s'attirait des regards pleins de crainte et d'émerveillement. Cependant, l'animal sembla se calmer de suite en voyant Vladimir s'approcher de lui. Mieux, il se fit plus petit et évita son regard, la gueule close.

- "Je ... je ne comprends pas." bredouilla le paysan qui tenait la chaîne en métal attachée au collier à pics du chien. "Normalement, il ne craint rien ni personne. C'est le plus féroce du chenil, qui tua trois hommes à la bataille d'Âpremont. N'ayez pas de doutes messire, j'ignore seulement pourquoi il agit ainsi." dit-il, visiblement confus. Il s'énerva contre le chien. "Allez, cesse de faire ainsi le lâche ! Réveille toi, sale cabot." lança-t-il en assénant un coup de pied au chien.

Le molosse poussa un grognement sourd et se jeta sur le bougre, refermant sa gueule sur la main qui tenait la chaîne. Alors que le manant hurlait, le chien lui arracha trois doigts d'un coup sec en faisant gicler le sang alors que les curieux attroupés autour poussaient un cri de stupeur.

Le destrier, quant à lui, étant noble et puissant. Vladimir pu sentir les muscles qui roulaient sous lui tandis que le cheval marchait, enfonçant ses sabots dans la boue avec une solidité impériale. L'animal se montra nerveux face à la présence du vampire, renâclant lorsqu'il monta sur son dos. Mais bientôt, il était conquis tant la monture sentait la force de son nouveau maître. Les animaux étaient visiblement bien plus sensibles à la véritable nature de Vladimir que ne l'étaient les humains.

La servante s'inclina profondément devant le Fils de la Nuit, sans oser le regarder dans les yeux.


- "Je me nomme Mélanie, mon seigneur. C'est pour moi un grand ... euh ... honneur que de vous servir, vous et votre dame." dit-il en hésitant un peu, visiblement peu sûre d'elle. Elle semblait jeune et un peu rondouillarde, avec un joli visage d'enfant et des joues roses. Elle portait la robe bleue et large d'une soubrette.

Hélène de Picotin, qui observait tout cela depuis la fenêtre de sa chambre, fit un grand signe de bras en direction de Mélanie. Tous les regards se tournèrent vers elle, et les nouveaux arrivants purent voir pour la première fois à quel point elle était belle.

- "Soyez tous les bienvenues !" lança-t-elle à l'adresse du convoi avant de pointer un doigt impérieux vers Mélanie. "Montez vite, mon enfant. Comme j'ai longtemps désiré votre arrivée ! Montez sans tarder."

Enfin, le ménestrel retira son béret piqué d'une plume et s'inclina profondément.

- "Vous m'en voyez ravi, mon bon sire. Je suis Tristan "le Crie-Courage", et je saurai, par mes chants et mes poèmes, faire vibrer en vous les plus vives émotions !" lança-t-il, visiblement loin de se douter du cœur noir du vampire. "Je ne puis point attendre le moment où je composerai la Chanson de François."
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De nouvelles âmes qui comptent sur toi pour être protégées. De nouvelles âmes qui suivront aveuglément un Être de Nuit. De nouvelles âmes à damner ... à moins que tu n'en viennes à les aimer, elles aussi. Seuls les mortels aiment de cet amour aveugle et sot. Regarde ton Enfant. Lui n'a pas hésité une seule seconde. Tu ne peux compter que sur les vivants, toi qui est mort ... et à qui appartiennent les vivants, sinon aux Puissances du Néant ? ricana la Voix dans l'esprit de Vladimir.

Tous les nouveaux arrivants s'étaient installés et le travail avait repris de plus belle. De nouvelles équipes de paysans s'étaient formées et les travaux et la coupe du bois n'avançaient que plus vite. Pendant ce temps, les soldats fraîchement débarqués étaient solidement encadrés par le Borgne qui leur montrait les alentours du village et leur expliquait la situation du fief. Les artisans avaient rejoint leurs ateliers respectifs pour en prendre possession et déballer leur matériel et, déjà, quelques coups de marteau résonnaient dans le Guet tandis que le forgeron testait l'enclume. Hélène s'était enfermée avec son nouveau joujou et devait être en train de se faire bichonner comme une vraie dame de Bretonnie pouvait s'attendre à l'être.

Vint le soir, tandis que le vent soufflait et que la brume se levait. Les paysans qui n'avaient pas de masure se contentèrent de lever des sortes de taudis faits de toiles, de planches et de bâtons qu'ils appuyèrent contre l'auberge ou la réserve. Ce campement de fortune avait triste allure, et les familles se serraient les uns contre les autres autour d'un maigre feu pour passer leur première nuit dans le Duché maudit.


On ordonna de mettre un cochon à griller pour le donjon, et des paysans amenèrent les victuailles -de simples potages de légume et de grandes miches de pain en plus du porc grillé- jusqu'à la grande salle où étaient désormais installés Vladimir et ses nouveaux lieutenants. Le seigneur trônait sur sa chaise à haut dossier, au centre. A sa droite, sa femme, Hélène de Picotin, souriante et resplendissante. Derrière, Léon le Borgne qui restait debout et qui garnissait de temps à autres l'assiette du vampire ou remplissait sa coupe, comme l'exigeait sa fonction d'écuyer. De part et d'autre des bancs et de la table étaient installés les cinq chevaliers qui avaient retiré leurs armures. Firmin de Bâtertre, à la barbe poivre sel et au tabard à la croix blanche, était assit face à Vladimir. Il y avait Grégoire de la Malepuits avec son regard sévère et son visage glabre, et le puissant Didier d'Orbiel, sa crinière filasse, ses grosses mains et ses joues mal rasées, qui dévorait des côtes de porc à pleine dent et qui riait fort. Le jeune Pierre riait volontiers avec lui, bravache et plein de gouaille, tandis que Rouen de Saint-Cernet, aux cheveux blancs, n'avait d'yeux que pour Hélène et ne disait mot. Enfin, le Crie-Courage était debout dans un coin et jouait de la mandoline en fredonnant une chanson de geste célèbre et Mélanie la servante faisait le tour de la table pour servir tour à tour les chevaliers et les maîtres de maison.

- "Voici un message que l'Abbé Childebert m'a chargé de vous transmettre, messire." dit Firmin en tendant un parchemin scellé à Vladimir.
L'ost du Lyonnesse se regroupe sous mon commandement. Je vous ordonne de tenir une semaine de plus, suite à quoi nous vous rejoindrons dans le Duché maudit et nous donnerons la guerre à Sire Henri de Rachard.
- "Les armées du Duc Adélard se rassemble à l'abbaye de Sainte-Boisse." lança Grégoire de la Malepuits, comme pour confirmer ce que Vladimir venait de lire. "J'ai entendu dire que le Roy lui-même avait eut ouïe dire les rumeurs qui courent en ce moment sur le Moussillon, mais qu'il a refusé d'agir." dit-il avant de boire à sa coupe. Son ton était sec, blasé, désagréable.

- "Le royaume est dans une position délicate, sire Grégoire." tempéra Firmin. "Les Peaux-Vertes se font toujours plus hardies, les forêts ne sont plus sûres, l'Empire et le Pays Perdu tournent le dos ... On dit que même les fées ont quitté les bois sacrés d'Athel Loren et que les morts marchent dans Quesnelle. Les nouvelles sont noires, comme d'habitude. En fut-il jamais autrement ? Mais la Dame veille sur nous et, bientôt, nous nettoierons le Moussillon de la souillure qui le ronge." rétorqua le chevalier barbu alors que Pierre de Lacombe hochait la tête avec force pour lui donner raison en regardant Vladimir.

Grégoire secoua la tête avec un sourire désabusé.

- "Vous vous trompez, cher ami. Jamais les intentions du Lyonesse ne furent de conquérir ces marais putrides. Nous sommes ici pour fortifier le Cordon Sanitaire et faire en sorte qu'aucunes des immondices qui se terrent ici ne viennent déranger nos chers compatriotes. L'époque où vous étiez encore un jeune chevalier errant est derrière vous. Vous voilà maintenant en première ligne, pour défendre la veuve et l'innocent."

- "Quoi que nous souhaitions, c'est ici que nous allons porter la guerre." grogna Didier d'Orbiel entre deux bouchées avec force bruits de mastication. "Les chevaliers du Lyonesse seront bientôt là au grand complet pour rouler sur ce Sire Rachard. J'ai même entendu dire que les seigneurs de l'Ancien Moussillon étaient conviés à la fête. Ces diables là ont intérêt à bien se tenir, sans quoi je leur donnerai une bonne leçon moi-même." menaça-t-il en brisant un os de cochon pour en sucer la moelle, les doigts plein de gras. Il partageait de certains traits avec feu Enguerrand de Blancpenoy, à savoir l’impressionnante carrure et le regard plein d'une colère implacable et à peine contenue. Cependant, il lui était très différent en cela qu'il était rieur, ouvertement bagarreur, bruyant et, sous certains aspect, sauvage. Didier d'Orbiel mangeait comme un ogre et chantait lorsqu'un air joué par Tristan le troubadour lui plaisait.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Re: [Vladimir] Le seuil de la guerre

Message par Vladimir Kergan » 22 déc. 2015, 17:09

Assez. Gronda le Prince de la Nuit du haut de son destrier bretonnien à l'égard du Chien de Guerre qui était entrain de mutiler le pauvre gueux à l'autre bout de la chaine métallique. Le regard mauvais de Vladimir Kergan se posa sur la bête qui relâcha sa prise, l'homme continuait cependant d'hurler en tenant sa main à laquelle il manquait à présent trois doigts, un flot de sang s'écoulant sur le sol boueux. Faut-il que je tienne ce chien moi-même, relèves toi et fais ce que je t'ai demandé. Quant à toi, tiens toi tranquille. Ordonna le Seigneur Vampire en pointant un doigt menaçant vers le chien. Les animaux ressentaient avec beaucoup de force la véritable nature de Vladimir et il était pour eux une source de crainte profonde. Même le puissant destrier s'était quelque peu agité lorsque son nouveau maître avait mis pied à l'étrier, mais bientôt il s'était lui aussi soumis, conscient de la puissance de son cavalier. La jeune Mélanie quant à elle n'était guère assurée, ses joues roses trahissaient sa grande jeunesse et un esprit encore enfantin, qui aurait peut-être fait sourire un autre Seigneur, mais le visage de Vladimir demeura froid et fermé.

Je suis certain que vous saurez combler mon épouse, sa solitude et son ennuie étaient profonds ces derniers jours, votre compagnie ne pourra que l'aider à s'épanouir dans la grisaille de cet endroit. A ce moment, comme pour confirmer les dires du Prince de la Nuit, un cri retentit depuis la fenêtre du donjon et tous les yeux se levèrent pour observer Hélène de Picotin faire de grands gestes de la main à l'attention des nouveaux arrivants et plus particulièrement de Mélanie, un sourire éclatant sur les lèvres. Tous les hommes écarquillèrent les yeux devant la beauté de la Dame du Guet-de-l'Estran et les femmes ne purent que pester devant ce qu'elles n'avaient pas. Le jeune Menestrel qui répondait au nom de Tristan semblait lui très enthousiaste à l'idée de pouvoir démontrer l'étendue de son talent à Vladimir et aux autres Chevaliers, sa présence ne manquerait certainement pas d'egayer quelque peu l'ambiance pesante qui régnait au donjon qu'il en avait pris possession. Une dernière personne rappela également sa présence à Vladimir, cette Voix insidieuse qui se complaisait à le tourmenter depuis qu'il avait vaincu l'Emissaire de la Ruine s'insinua une fois de plus dans son âme noire. Bien qu'anéantit, En'Kareth continuait de narguer le Prince de la Nuit par ses paroles narquoises, que Vladimir accueillit cette fois-ci par un léger rire intérieur.

*Les aimer ? Tu sais très bien que mon coeur est mort depuis longtemps, Démon. Tu sembles tellement inquiet que je ne vienne à t'oublier que je vais exhaucer ton souhait et faire perdurer ton nom dans le monde des vivants. Tu étais En'Kareth l'Abyssal, la Terreur de Bhaegar, tu seras à présent En'Kareth le Baveur, la Terreur Canine. Car c'est ce que tu es à présent, comme ce chien, un esclave de Vladimir Kergan.*

Après s'être installé, les paysans s'étaient attelés à leurs nouvelles tâches, la majeure partie des nouveaux arrivants avaient rejoints les équipes déjà présentes dans les bois pour accélérer encore le défrichage et les autres avaient plongés les mains dans la boue pour lancer de nouvelles cultures. La production était légèrement insuffisante pour nourrir la population du Guet mais les réserves accumulées permettaient de tenir pendant encore longtemps et chacun était en mesure de manger à sa faim, qu'il soit noble ou simple gueu. Des rires provenaient de la chambre seigneuriale, Hélène de Picotin semblait enfin s'épanouir, elle qui n'était qu'une trainée il y a de cela quelques mois jouait à présent à la Dame Bretonnienne et cette sensation lui prodiguait un sentiment de revanche sur la vie sinistre qu'elle avait menée jusqu'ici. Les nouveaux venus avaient dans l'ensemble été assez bien accepté par les habitants du Guet, les paysans travaillaient dans une relative bonne humeur et les soldats avaient rapidement accepté l'autorité du Borgne qui les tenait d'une main de fer.

Le soleil disparaissait peu à peu au loin alors que le Seigneur Vampire demeurait les bras croisés derrière le dos face à l'une des fenêtres de la grande salle, son regard perdu dans le lointain. Cela faisait à présent près de quatre jours que Tugdual de Heurtevent n'avait point donné signe de vie et qu'Henri de Rachard restait silencieux, que pouvait préparer ce nécromancien ? Vladimir se rappela une nouvelle fois les mots d'Amaury d'Amblard, un détachement de Malbaude faisait route vers le Nord, mais pour quelle raison ? Protéger la Forteresse de Castel Rachard, aider le nécromancien à anéantir le Guet-de-l'Estran ou préparer une attaque sur les terres du Duc Adélard de Lyonesse ? Le Guet n'était pour l'instant clairement pas une menace pour un ennemi aussi puissant que Castel Rachard, cela aurait étonnant que cela soit la raison. Non, le vieillard préparait autre chose mais quoi ce fut, il serait à terme anéanti.

Bientôt la grande salle fut animée comme jamais, tous les chevaliers étaient présents autour de la grande table, Vladimir trônait en son centre avec Hélène de Picotin, radieuse à sa droite. Léon s'acquittait de sa nouvelle tâche d'échansson avec sérieux et veillait à ce que la coupe de vin du Seigneur soit toujours remplie, la jeune Mélanie elle faisait de son mieux pour satisfaire tous les convives, accordant à chacun un sourire joyeux et rougissant dés que quelqu'un la remerciait ou lui faisait un compliment. Le Vampire lui se contentait d'observer ses invités pour tâcher d'en apprendre plus sur eux, Firmin le Chevalier qui lui faisait face semblait être un idéaliste, le chevalier bretonnien par excellence, Grégoire paraissait beaucoup plus terre-à-terre et sceptique quant à une réelle attaque des autres Duchés pour sauver le Moussillon des griffes du Chevalier Noir, de plus selon ses dires, Coeur de Lion ne paraissait guère enclin à agir par lui-même, une bonne chose pour le Prince de la Nuit qui n'aurait pas à craindre une réponse directe de la Couronne lorsqu'il se déciderait à agir.

Merci Sire Firmin. Dit Vladimir en s'emparant de la missive qui portait le sceau de l'abbaye de Sainte-Boisse, un message court qui ne se formalisait pas de politesse, Childebert lui intimait l'ordre de "tenir" une semaine de plus. Je vous ordonne, répeta intérieurement Vladimir dont la poigne de fer se referma sur le parchemin, le transformant en une boulette qu'il posa à côté de son assiette encore remplie de cochons griller. La Bataille qui s'annonçait face à Castel Rachard donnerait l'opportunité à Vladimir de se débarrasser de deux ennemis en même temps, le vieil Abbé qui commandait les forces du Lyonnesse et cet idiot nécromancien qui semblait croire que ses pouvoirs lui assureraient une victoire facile sur ses ennemis. Bientôt François de Picotin disparaîtrait pour laisser à nouveau place au terrible Vladimir Kergan et lorsque cette heure arrivera, le Moussillon tremblera de terreur.

Les Chevaliers du Lyonnesse n'ont aucune idée de ce qui les attend en ces lieux, sire Didier. Coupa le Maître des lieux d'une voix suffisamment forte pour que Tristan cesse un instant de jouer sa Mandoline. Des terres de Castel Rachard s'élèveront des armées revenues d'entre les morts, les habitants du Guet-de-l'Estran ont eu à les affronter ici, quatre jours avant votre arrivée. Une cinquantaine de cadavres putréfiés dont les râles hantent encore les cauchemars des enfants, des squelettes silencieux marchant au son d'un tambour maléfique, des sorciers noirs qui conjurent maléfices et sortilèges. J'ai vu des Vivants se faire haper par la horde de Zombies et se faire arracher la peau et la chair pour repaître l'appétit sans fin des Morts. La tête que vous avez pu voir dans le Hall de ce donjon était un monstre que j'ai abattu et qui avait été asservis par les sorciers de Castel Rachard, de plus je sais de source sûre qu'un détachement de troupes du Chevalier Noir se dirige vers le Nord et qu'une ombre s'est réveillée dans le Château d'Oisemont. Et l'attaque de Sire Rachard n'était qu'un avant goût de ce qu'il est en mesure de proposer, soyez en certain. Seuls ceux qui disposent d'un vrai pouvoir peuvent espérer l'emporter. Déclara Vladimir Kergan en jetant un regard appuyé à Hélène de Picotin avant de faire un signe de la main à Tristan, lui faisant comprendre qu'il pouvait se remettre à jouer, le reste de la soirée se poursuivit sans incident, Didier d'Orbien descendait verre de vin après verre de vin et se faisait de plus en plus extraverti, ses bruits de mastication voilant par moment l'air de mandoline de Tristan et bientôt il fut l'heure pour les chevaliers et le Menestrel de prendre congé et de regagner l'Auberge ou ils séjournaient, laissant Vladimir, Hélène, Léon et Mélanie seuls dans le Donjon.

Hélène de Picotin regagna la chambre seigneuriale presque immédiatement après le départ des invités et la jeune servante entreprit de débarrasser la grande table de bois des assiettes et des verres de vin avant de regagner elle aussi sa chambre, suivie rapidement par Léon le Borgne qui n'aspirait plus qu'à une bonne nuit de sommeil, il ne restait plus que le Prince de la Nuit, assis sur son siège à dossier haut qui attrapa une plume et un parchemin, l'obscurité s'était abattue sur la grande salle et il ne restait plus qu'une seule bougie pour offrir un tant soi peu de luminosité. Le Seigneur Vampire enfonça la pointe de la plume profondément dans sa chair morte et un sang noir perla avant que la plaie ne se referme quelques secondes plus tard.


Mes Frères et Soeurs, Nobles de la Grande Cour Noire de Sylvanie,

Je vous adresse cette première missive depuis mon arrivée sur les terres de Moussillon et fait état de mon premier rapport concernant les évènements qui ont lieu au sein du Duché Maudit. La Guerre a récemment éclatée au sein de ce territoire marécageux, opposant les forces d'un auto-proclamé Duc de Moussillon à une poignée de Royalistes. Raymond d'Aucassin, ce Vampire honni à récemment joint ses forces à celles de Malbaude, le Chevalier Noir. Sous le nom de François de Picotin, je suis devenu le Seigneur d'une place forte dans le Nord du Duché qui est un poste avancé du Lyonnesse. Mon voisin direct est sire Henri de Rachard qui s'est révélé être un Nécromancien contrôlant de vastes armées de Morts-Vivants, Castel Rachard, sa forteresse est ma cible prioritaire pour m'imposer comme une véritable puissance sur l'échiquier du Moussillon et implanter la présence de notre glorieuse Famille en ces terres.

Je vous recontacterai une fois que j'aurai pris possession de cet endroit et constitué une puissante force de Morts-Vivants. Si nous frappons au bon moment, la Famille Von Carstein pourra couper l'herbe sous le pied aux pathétiques humains et à ce traître de Raymond d'Aucassin et s'emparer du Duché Maudit, ainsi nous nous implanterons durablement en Bretonnie.

Pour la Gloire de la Sylvanie et de notre Père à tous !

Vladimir Kergan von Carstein

Après avoir mit un point final à la rédaction de sa missive à l'attention de la Cour Noire, Vladimir se leva et descendit à pas lent dans le Hall d'Entrée où l'attendait Erèbe sur son perchoir. La pauvre bête avait un capuchon en cuir sur la tête mais s'agita légèrement lorsqu'il sentit le Prince de la Nuit s'approcher de lui après avoir dégainé sa fine rapière impériale. Le Vampire se plaça devant le Faucon et enfonça d'un coup sec sa lame dans la poitrine de l'oiseau majestueux qui s'écroula sur le sol en poussant un petit cri de souffrance, ses ailes magnifiques dépliées sur le sol, sa poitrine se levait rapidement tandis qu'il agonisait sous le regard de son Maître qui attendit que l'oiseau expire avant de conjurer les Vents de Magie autour de lui. La Dhar s'amoncela au-dessus de la tête du Seigneur Vampire avant de fuser vers le cadavre de l'oiseau mort qui commença à s'agiter sous l'effet de la Magie Impie. Erèbe se remit sur ses pattes et déploya ses ailes pour s'envoler et se poser sur l'épaule du Seigneur Vampire, un flot de sang s'écoulant depuis sa poitraille, Vladimir retira le petit capuchon en cuir de l'animal, dévoilant ses yeux luisants d'une énergie maléfique. Le Messager des Ténèbres était né.

Vladimir remonta vers la grande salle et se dirigea à la fenêtre, l'oiseau mort-vivant après avoir poussé un cri perçant et pris le parchemin entre ses serres, prit son envol dans le ciel nocturne du Moussillon, vers l'Est et la Terre des von Carstein avant de disparaître à l'horizon. Le repas avait permis à Vladimir de cerner un peu mieux ceux qui constituaient l'élite de ses troupes, demain il serait temps de voir ce que chacun pensait réellement des intentions du Lyonesse et des espoirs qu'ils avaient pour le Moussillon, Grégoire le chevalier le plus austère et désabusé d'entre eux méritait qu'on lui accorde un tant soi peu d'attention, Vladimir irait donc le voir le lendemain matin, notamment pour en apprendre plus sur les intentions de l'Abbé Childebert concernant le Moussillon. Vladimir n'alla pas se coucher cette nuit là, se contentant d'observer son fief silencieux dans la brume nocturne du Duché Maudit, s'attendant à voir un cavalier à la pélerine orangée fendre la grisaille en direction du Donjon, mais Tugdual de Heurtevent ne revint toujours pas, et bientôt le soleil se levait à nouveau au-delà des marécages à l'Est du Guet-de-l'Estran, Mélanie se réveilla la première et commença à préparer le petit-déjeuner pour sa maîtresse et le Seigneur des Lieux qui se descendit les escaliers du Donjon en faisant signe qu'il n'avait pas faim avant de prendre la direction de l'Auberge où demeurait Grégoire de la Malepuits.
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Lien Fiche personnage: Ma Fiche

PVs actuels: 160/160

Apprentissage arme de prédilection: 6/8
LNs: 619 /648

Bataillons Défunts (non comptés pour les Lns): 8 Bataillons de 30 Guerriers Squelettes. 2 Bataillons de 30 Revenants. 1 Bataillon de 30 Chevaliers Noirs. Un Bataillon d'Esprits ==> (240 Squelettes en Bataillons, 60 Revenants, 30 Chevaliers Noirs et 30 Esprits)

- 8 Bataillons de Squelettes prennent: 48 LNs (16 Squelettes les contrôlant)

- 2 Bataillons de Revenants prennent: 32 LNs (4 Revenants les contrôlant)

- Bataillons de Chevaliers Noirs: 16 LNs ( 2 Chevaliers Noirs contrôlés par Cécielle des Champs d'Or ==> Commandant Cécielle)

- Bataillon d'Esprits: 12 LNs ( Deux esprits les contrôlent)

-Cécielle des Champs d'Or: 12 LNs. (Utilise 16 de ses LNs pour contrôler les deux Chevaliers Noirs qui tiennent les tambours et bannière du bataillon).

-Morbius: 20 LNs.

- 50 Zombies (Clan Keerk): 100 LNs.

- 64 Loups Funestes: 192 LNs.

-13 Esprits: 78 LNs.

- 25 Cavaliers Squelettes: 125 LNs

Troupes endormies: 95 Guerriers Squelettes, 415 Zombies, 6 Revenants, 8 Chevaliers Noirs (Contrôlés par Ishar). 1 Esprit ==> Château de la Terreur.

Troupes à relever: Malebrute, Rat-Ogre
-Objets: Chevalière de Discipline (Par +1), Bague Magnifique (Char +1), Anneau de Vivacité (Ini +1), Grand Manteau Noir, Baiser de Malfleur (Talisman Magique: Effet sur fiche de personnage)

-Armes, Armures:
- Hache en Gromril: 24+3d8, 8 points de parade. Percutant, Perforant (4)

- Faraigr: Bouclier, 20 points de parade, offre une parade gratuite.

- Serment: 25+1d20 de dégâts,10 parade, 2 mains Percutante, Lente. Enchantement : Hex vengeur, qui permet de porter une attaque supplémentaire en cas de parade réussie.

- Zheres: Sceptre de Maîtrise de la Non-Vie

-Gilet en Cuir Bouillis: 7 points de protection torse bras et dos. -1 PAR, -1 HAB, -1 ATT (Porté)

-Destrier: Nahar, Cauchemar Mort-Vivant.

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Re: [Vladimir] Le seuil de la guerre

Message par [MJ] Le Grand Duc » 22 déc. 2015, 17:41

Les informations que Vladimir révéla aux chevaliers assis à sa table refroidit quelque peu l'ambiance qui régnait dans la grande salle. Le froid se fît plus mordant, les flammes des torches vacillèrent quelques instants, même la voix de Tristan s'enroua le temps d'un couplet. Les nouveaux lieutenants du vampire finirent de manger rapidement et prirent congé de leur seigneur, suivis par le troubadour, le Borgne, Hélène et sa domestique.

Le Fils de la Nuit était à présent seul, dans le calme glacé de son donjon. Dehors, les nuages masquaient, comme à leur habitude, les pâles reflets des lunes. Le village était plongé dans la brume et une faible brise entrait par les grandes fenêtres en ogive qui perçaient le mur. La Voix profita de cette accalmie pour venir à nouveau narguer le vampire alors qu'il rédigeait sa lettre destinée à la Cour Noire de Sylvanie.


Quel effet cela fait-il d'être le mal-aimé d'une famille si puissante et glorieuse ? Quelles sont les émotions qui te dévorent, Vladimir Kergan von Carstein ? Ne sont-elles pas humaines ? La colère, la jalousie, l'amertume, la haine, l'envie d'être aimé ... l'espoir, peut-être ? Ton esprit est celui d'un mortel, faible et malléable. Tu n'es rien du prédateur sans merci que tu prétends être. Tu es un autre mouton. Plus récalcitrant, certes. Plus puissant. Plus avide. Mais quelle différence y-a-t-il entre toi, l'Immortel, et eux ? Le même fleuve charrie vos cœurs : celui de la déchéance. Tes instincts te font sombrer, ta nature est une insulte. Tous t'abandonnent et te haïssent en secret. Ceux que tu aimes te méprisent, et ceux que tu méprises t'aiment. N'est-ce pas amusant ? Moi je ris, Vladimir Kergan Von Carstein. Je ris de te voir si petit et de te penser si grand.
Vladimir - Incantation d'Invocation de Nehek : 3, réussie.
+1 xpms
Erèbe consomme 2 LN.
Erèbe le faucon, droit et silencieux sur son perchoir, ne s'attendait certainement pas à ce que son nouveau maître ne le tue après avoir terminé de rédiger sa lettre. La vie quitta le rapace alors que son petit cœur cessait de battre. Le vampire appela à lui les Vents de Magie qu'il manipula et façonna en un sortilège qu'il ne connaissait que trop bien désormais, insufflant un semblant de vie dans le corps mort du volatile. Les effluves maléfiques pénétrèrent le faucon dont le thorax se releva comme s'il prenait un nouveau souffle. Il se releva sur ses pattes, ébouriffé, et s'envola sur l'épaule de son seigneur dans la mort, du sang jaillissant encore sur son plumage. Lorsque Vladimir le mena à l'étage et glissa le parchemin roulé entre ses serres, Erèbe s'envola dans la nuit noire en poussant un cri perçant. Le vampire pouvait sentir le lien nécromantique qui les reliait s'étirer à mesure que l'oiseau mort-vivant s'éloignait.

Au premières heures du matin, Vladimir décida d'aller trouver Grégoire de la Malepuits. Il descendit au village. En'kareth le chien, attaché à un piquet devant la porte du donjon, jappa la tête baissée lorsque le vampire passa à côté de lui. La vie commençait lentement à animer le Guet après la nuit froide et les paysans se levaient petit à petit pour se remettre au travail, en même temps que les patrouilleurs de nuit retournaient aux baraquements pour se reposer. Les taudis des gueux appuyés contre ces derniers et contre l'auberge faisaient peine à voir.

Le seigneur des lieux trouva Grégoire de la Malepuits déjà en armure alors qu'il sortait de l'auberge, un morceau de lard fumé en main. Il se dirigeait vers l'écurie en mastiquant son premier repas de la journée et rencontra Vladimir à mi-chemin, lorsqu'ils se croisèrent au centre du village, les pieds dans la boue.


- "Sire François." lui salua-t-il d'un ton âpre. Il était visiblement mal réveillé, et peu enclin à discuter. "Je me rendais auprès de ma monture pour faire le tour de votre fief, que je connais encore point. Il était inconcevable que je reste un instant de plus dans cette auberge où les gredins dorment librement et où Didier d'Orbiel ronfle comme un troll asthmatique."
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Re: [Vladimir] Le seuil de la guerre

Message par Vladimir Kergan » 22 déc. 2015, 19:14

La joute entre le Démon et le Prince de la Nuit était de plus en plus féroce, si l'Envoyé des Dieux Sombres avait échoué dans sa tentative d'emporter Vladimir dans les Royaumes du Chaos, sa Voix continuait de hanter le Vampire, essayant de lui nuire d'une autre façon en le faisant douter de ses choix et de ses motivations. Le Maître du Guet-de-l'Estran avait déjà brisé la Terreur de Bhaegar une première fois dans les marécages puants du Moussillon et il serait capable de le refaire ici, cette fois ce n'était plus le Démon qui avait l'avantage mais bel et bien Vladimir.

*Les choses changent mon ami. Qu'est-ce que cela fait d'avoir un jour été l'un des plus puissants généraux des armées de tes divinités et d'être à présent réduit à palabrer dans le vent en tentant, tant bien que mal, de semer le doute dans mon esprit ? La Cour Noire de Sylvanie apprendra à me respecter à ma juste valeur, demain, dans un mois dans dix ans... Quelle importance lorsque l'on dispose de l'Eternité ? Tu as la faiblesse de croire que j'aime mes semblables sylvaniens, tu es décidément bien loin de la réalité, si j'attache de l'importance au nom des Von Carstein, je méprise ceux qui vivent en Sylvanie et ternissent le nom de mon Ancêtre, s'ils acceptent de soutenir mon action en Moussillon, fort bien, s'ils refusent, mon triomphe n'en sera que plus grand. S'il y a un réel pantin ici, c'est bel et bien toi, qui a eu la faiblesse de penser que tes Dieux te protégerait de moi, vois ou cela t'a mené, Démon. Je ris En'Kareth l'Abyssal, de t'avoir vu si grand et de voir ce que tu es devenu, un vulgaire parasite et cela par la main d'un être que tu qualifies de Mouton.*

Dans l'obscurité du donjon retentit alors le rire glacé du Seigneur Vampire alors qu'une bourrasque de vent faisait voler parchemins et poussière. Une créature qui s'était qualifiée de Dieu s'était inclinée devant sa puissance. Comment dés lors de vulgaires mortels pourraient-ils l'empêcher d'atteindre son but: le Pouvoir Absolu.

Vladimir n'eut pas à se rendre jusqu'à l'Auberge pour y rencontrer Grégoire, en effet ce dernier s'était lui aussi levé de bonne heure, mastiquant un morceau de lard fumé en guise de petit-déjeuner, il avait les traits tirés d'un homme qui n'avait que trop peu dormi. Il était cependant impossible au Vampire de lui accorder un toit décent pour le moment et de toute manière Grégoire de la Malepuits pouvait s'estimer heureux d'avoir hérité de l'endroit le plus confortable du village alors que certains paysans devaient vivre dans de vulgaires taudis bâtis à la hâte à l'aide de morceaux de planches et de tissus déchirés. Il fit cependant l'impasse sur pareilles considérations et préféra acquiesser d'un bref signe de tête compréhensif avant de prendre la parole.

Faisons donc un bout de chemin ensemble, il ne m'a guère été donné l'occasion de fréquenter des individus de noble sang depuis mon arrivée ici. Dit Vladimir en marchant à côté de Sire Grégoire en direction de l'écurie ou l'attendant son nouveau destrier pommelé qu'il avait baptisé Konrad. Le destrier s'agita légèrement lorsque Vladimir l'enfourcha mais était déjà beaucoup plus à l'aise que la veille, il ne faudrait certainement que quelques jours pour qu'il s'habitue entièrement à la nature de son nouveau Maître. Après que Grégoire ait lui aussi enfourché sa monture, les deux nobles se dirigèrent au pas vers la sortie nord du village, croisant au passage les paysans qui sortaient de leurs masures et de leurs taudis pour se mettrent rapidement au travail.

Je ne puis m'empêcher de repenser à ce que vous avez dit hier concernant l'attitude de notre Roy, béni soit son nom. Je n'aurais jamais cru qu'il puisse se désintéresser d'un problème aussi délicat que l'avenir du Duché de Moussillon. L'Ost du Lyonesse sera-t-il suffisant pour contenir les troupes du Chevalier Noir ? Combien d'hommes pouvons-nous espérer voir venir de l'Abbaye de Sainte-Boisse pour affronter Henri de Rachard ? Demanda le Prince de la Nuit avec un regard en coin, il était nécessaire pour lui d'évaluer les forces qui arriveraient du Nord, non seulement pour avoir une chance de vaincre le Nécromancien mais également pour évaluer les chances de représailles du Lyonnesse lorsqu'il briserait le serment vassalique le liant à l'Abbé-Chevalier Childebert.

Se pourrait-il que Sire Childebert ne souhaite pas partir en guerre contre l'Ost du Chevalier Noir et sauver le Duché Perdu ?
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~ À compter de cette Nuit je suis votre Seigneur et Maître. Que vous désiriez me servir dans la Vie ou dans la Mort ne revêt que peu d'importance à mes yeux. ~
Vladimir Kergan, Seigneur de la Nuit
Profil: For 17 | End 15 | Hab 15 | Cha 16 (17)| Int 16 | Mag 18 | Ini 15 (16) | Att 17 | Par 16 (17) | NA 4 | Tir 15 | PV 160
Lien Fiche personnage: Ma Fiche

PVs actuels: 160/160

Apprentissage arme de prédilection: 6/8
LNs: 619 /648

Bataillons Défunts (non comptés pour les Lns): 8 Bataillons de 30 Guerriers Squelettes. 2 Bataillons de 30 Revenants. 1 Bataillon de 30 Chevaliers Noirs. Un Bataillon d'Esprits ==> (240 Squelettes en Bataillons, 60 Revenants, 30 Chevaliers Noirs et 30 Esprits)

- 8 Bataillons de Squelettes prennent: 48 LNs (16 Squelettes les contrôlant)

- 2 Bataillons de Revenants prennent: 32 LNs (4 Revenants les contrôlant)

- Bataillons de Chevaliers Noirs: 16 LNs ( 2 Chevaliers Noirs contrôlés par Cécielle des Champs d'Or ==> Commandant Cécielle)

- Bataillon d'Esprits: 12 LNs ( Deux esprits les contrôlent)

-Cécielle des Champs d'Or: 12 LNs. (Utilise 16 de ses LNs pour contrôler les deux Chevaliers Noirs qui tiennent les tambours et bannière du bataillon).

-Morbius: 20 LNs.

- 50 Zombies (Clan Keerk): 100 LNs.

- 64 Loups Funestes: 192 LNs.

-13 Esprits: 78 LNs.

- 25 Cavaliers Squelettes: 125 LNs

Troupes endormies: 95 Guerriers Squelettes, 415 Zombies, 6 Revenants, 8 Chevaliers Noirs (Contrôlés par Ishar). 1 Esprit ==> Château de la Terreur.

Troupes à relever: Malebrute, Rat-Ogre
-Objets: Chevalière de Discipline (Par +1), Bague Magnifique (Char +1), Anneau de Vivacité (Ini +1), Grand Manteau Noir, Baiser de Malfleur (Talisman Magique: Effet sur fiche de personnage)

-Armes, Armures:
- Hache en Gromril: 24+3d8, 8 points de parade. Percutant, Perforant (4)

- Faraigr: Bouclier, 20 points de parade, offre une parade gratuite.

- Serment: 25+1d20 de dégâts,10 parade, 2 mains Percutante, Lente. Enchantement : Hex vengeur, qui permet de porter une attaque supplémentaire en cas de parade réussie.

- Zheres: Sceptre de Maîtrise de la Non-Vie

-Gilet en Cuir Bouillis: 7 points de protection torse bras et dos. -1 PAR, -1 HAB, -1 ATT (Porté)

-Destrier: Nahar, Cauchemar Mort-Vivant.

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Re: [Vladimir] Le seuil de la guerre

Message par [MJ] Le Grand Duc » 23 déc. 2015, 18:05

Le vampire et le chevalier bretonnien, juchés sur leurs montures, sortirent du village par l'entrée Nord et marchèrent quelques minutes sur la route boueuse qui menait au Cordon Sanitaire et, plus loin, au Lyonesse. Ils allaient au pas, avançant doucement dans la brume matinale qui se levait lentement. Konrad, le destrier de Vladimir, était une bête solide. Ses sabots s'enfonçaient dans la terre à chaque pas et il donnait parfois de brusques coups de collier. Il semblait nerveux, sanguin, élevé et dressé pour le combat et l'action, et son nouveau maître devait prendre garde de tenir ses rennes courtes pour asseoir son autorité sur la bête et l’empêcher de partir brusquement au galop.

- "Le sort du Duché maudit n'intéresse plus personne depuis bien longtemps, monseigneur." répondit Grégoire tandis qu'ils avançaient entre les bosquets sombres et les taillis épineux. "J'imagine que le principal intérêt des Ducs ayant une frontière commune avec le Moussillon est de se protéger de ce qu'il pourrai y avoir, comme en témoigne le Cordon Sanitaire. Cette terre est corrompue, morte. On dit que les marais pullulent de monstres, de morts qui marchent dans la nuit et d'hommes dégénérés."

Ils bifurquèrent vers le couchant en quittant le sentier, suivant des sentiers incertains entre les tourbières tandis que, derrière eux, se dressait la silhouette noire du donjon du Guet-de-l'Estran.

- "Les côtes au Nord du Lyonnesse pullulent de pirates nordiques, les forêts d'Arden et de Châlons sont infestées de créatures impies et le massif d'Orquemont regorge de Peaux-Vertes qui descendent vers la plaine pour piller et massacrer, chaque année plus nombreux. Les événements de ces dernières années ont mobilisé la plupart des forces dont la Couronne dispose et notre bon Roy, puisse la Dame veiller sur lui, se retrouve dans une position pour le moins problématique quant au Moussillon."

Les deux cavaliers contournèrent un petit lac trouble piqué de roseaux et d'aigrettes blanches, et changèrent de cap pour se diriger, toujours au pas, vers les friches où travaillaient les paysans du village. Les taillis de châtaigniers et de hêtres qui parsemaient la marche boueuse à l'Ouest du village étaient pris d'assaut par les bûcheron qui les abattaient et les élaguaient grossièrement à l'aide de leurs hachettes, sous l’œil oisif d'une troupe d'hommes d'arme. Les troncs ainsi obtenus étaient chargés sur l'épaule par des équipes de six à dix gueux et transportés vers le Guet, à une demi-lieue de là. Lorsque Vladimir et Grégoire de la Malepuits s'avancèrent entre les arbres, les bûcherons qu'ils croisaient cessaient leur labeur pour les saluer et attendaient que les nobles ne s'éloignent pour recommencer à frapper les troncs.

- "Selon moi, il n'y a que deux choses à faire." continua Grégoire sans prêter attention aux gueux alentours. "Décréter la Guerre Sainte contre le Duché maudit et le purifier de sa corruption par le feu et le fer, ou au contraire laisser ces démons dans leurs mares et renforcer le Cordon Sanitaire. C'est cette deuxième alternative qui semble avoir été décidée dans les grandes salles du Château Royal, puisque pas plus tard que le mois dernier, deux nouvelles tours ont été construire et les garnisons de la section Nord du Cordon ont été renforcée."

Ils remontèrent le sentier en direction du village, croisant de temps en temps des équipes de paysans qui revenaient dans le bois pour charger de nouveaux troncs.

- "Quant à ce Chevalier Noir ... je n'y crois guère, monseigneur. Peut-être qu'un bandit quelconque, comme ils s'en trouvent tant dans cette contrée, a réussi à prendre la tête d'une bande composée de ses congénères avant de se proclamer chevalier. Peut-être est-ce vraiment un chevalier que les miasmes nauséabonds de ce trou à purin a rendu fou. Peut-être n'est-ce qu'une rumeur. Quoi qu'il en soit, je doute fort que quiconque puisse tirer autre chose de cet endroit que des verrues et des infections. Si troupes il y a, elles auront tôt fait de se dissoudre d'elles-même comme les fantômes qu'elles sont. Ce que je pense, monseigneur, c'est que c'est là un prétexte pour certains nobles de notre cher Duché pour grappiller encore un peu plus de terres sur le Moussillon, rien de plus. Ce Chevalier Noir n'est que vent et fumée et s'il existe quelques demeurés pour penser qu'il représenter une menace, ils auront tôt fait de s'apercevoir qu'une soirée arrosée dans un château lyonnessois est bien plus dangereuse qu'une vie à chasser un chevalier imaginaire."

Grégoire de la Malepuits était, visiblement, un sceptique. Lui même était un chevalier du Lyonnesse, duché des intrigues et des coups dans le dos perpétuels. Comme la plupart des nobles de Bretonnie, il semblait porter peu d'intérêt aux bruits provenant du Moussillon, cette terre abandonnée et oubliée de tous. Mieux valait s'en porter loin et en verrouiller les accès plutôt que de se risquer à perdre son temps ou à risquer sa vie inutilement dans ces marais stériles.

Après quelques dizaines de minutes, ils arrivèrent en vue du village où d'autres travailleurs étaient encore en train d'ériger la section Ouest de la palissade qui ceignait presque le fief, désormais.

- "Lorsque nous avons quitté Sainte-Boisse, de nombreux hommes étaient déjà sur place et il en arrivait chaque jour. Des manants, pour la plupart, mais j'ai entendu parler de centaines d'entre eux et de plusieurs dizaines de chevaliers. On dit même que le chevalier Rodéric de Tournemire compte accompagner l'Ost dans le Moussillon. Vous n'êtes pas sans savoir que sire Rodéric reçu la bénédiction de la Dame du Lac et bu au Saint Calice après qu'il eut occis le seigneur minotaure Ghar'bar le Sanguinaire. Cette armée viendra ici bas pour vaincre ce vil nécromancien et pour repousser les frontières du Lyonnesse de quelques lieux, rien de plus."

Ils longèrent les palissades en construction tandis que l'on s'affairait de tous côté. Les paysans tiraient sur les cordes et s’essoufflaient au maillet tandis que les ingénieurs criaient des directives et essayaient d'organiser le travail. Les cavaliers revinrent à leur point de départ, sur la place boueuse devant l'auberge. Tristan le Crie-Courage était assit sur un tonneau à côté de la porte, s'essayant à quelques accords, et inclina la tête avec un sourire pour saluer son seigneur.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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