[Armand de Lyrie] Pénurie de problèmes

Les pics rocheux battus par les vents du massif d’Orquemont dominent les terres en plein cœur de la Bretonnie. Ils s’élèvent au dessus de la forêt de Chalons et sont totalement dénudés sauf là ou quelques pins tordus s’accrochent à la roche. Quelques enclaves orques et gobelines y existent toujours cachées au milieu des pics et des ruines des forteresses détruites par les chevaliers Bretonniens dans leurs efforts constants pour débarrasser cette région des peaux vertes. On raconte aussi que les Skavens y tiennent une forteresse, en plein cœur de la Bretonnie.

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[MJ] Katarin
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Re: [Armand de Lyrie] Pénurie de problèmes

Message par [MJ] Katarin » 23 janv. 2019, 08:52

Evrard ne répondit pas immédiatement aux doutes d'Armand. A la place, il dégagea sa main, et récupéra son casque qu'il cala sous son bras avant de se diriger vers la sortie. Ce n'est qu'après avoir dépassé le banc d'Armand qu'il lui répondit, sans plus le regarder.

- Vous avez soutenu qu'il était présomptueux de voir la Dame dans chacune de nos rencontres, mais ne l'est-il pas tout autant de tenter de deviner sa volonté en toutes circonstances ? J'ai renié mon devoir envers Cobie, j'ai brisé mon serment envers Reinald, j'ai abandonné Aveline. Est-ce bien, est-ce juste, est-ce saint ? Sans doutes pas. Mais dame Aveline ne pouvait aller de l'avant sans savoir ce qu'il était advenu de son frère, et je ne pouvais me regarder dans le miroir le matin alors que je n'essayais pas de rembourser la double dette de vie que j'avais contracté envers mon ami. Je ne peux vous garantir que la Dame soutient mes actes, pas plus qu'elle les rejette, mais je vous accompagnerais à la chapelle la plus proche pour l'implorer de le faire.

Enfin, il tourna la tête pour regarder Armand, à qui il adressa le même sourire triste qu'auparavant. Un imperceptible hochement de tête sembla signifier sa gratitude, comme remerciant le jeune homme d'avoir accepté de l'accompagner.

- En route, Armand de Lyrie. Le soleil commence à décliner et la chapelle est à une demi-journée de route d'ici.



***


S'il ne pipa mot, Evrard de Cobie ne cacha pourtant pas sa surprise lorsqu'il vit l'individu qui se chargeait de remplir les fontes de selle du cheval d'Armand avec les diverses denrées qu'il avait acheté. Si Armand tenta d'imposer à Triboulet une certaine étiquette avec son nouveau compagnon, c'était bien mal connaître le gaillard que d'espérer le voir tenir sa langue plus de quelques minutes. A peine avaient-ils quitté Magone que déjà, Triboulet y allait de son anecdote sur le vin qu'il avait acheté, avant de dévier vers quelques curieuses histoires personnelles de son cru, ignorant totalement les regards mauvais d'Armand et les ceux gênés d'Evrard.
Jet de charisme de Triboulet : 7, réussi \o/
Pourtant, alors que les minutes passaient, le miracle se produisit : le nouveau compagnon d'Armand ne put retenir un éclat de rire sincère alors que Triboulet partageait une chanson grivoise de son cru. De la même manière que le paysan avait su s'attirer la sympathie d'Armand, sa simplicité désarmante avaient eu raison de l'image sérieuse qu'avait tenté de conserver Evrard de Cobie.
Lorsque le paysan consentait à la fermer quelques minutes, il permettait au gasconnais de démontrer qu'il était un très agréable compagnon de route. Ouvert à la discussion, il écoutait attentivement tout ce que pouvait lui raconter Armand, et répondait sans ambages aux questions qu'on lui posait, montrant toujours un certain élan d'enthousiasme à reparler de ses jeunes années de chevalier errant, à traquer jours et nuits les peaux-vertes en compagnie de Reinald. A l'inverse, il était bien plus réticent à parler du passé plus proche, de sa vie à Cobie après le départ de son Seigneur, et de manière générale, toute évocation d'Aveline suffisait à le murer dans un silence gêné, que bien heureusement Triboulet rompait avec facilité.
Il était bien mieux équipé que son nouvel ami d'Aquitanie. Il chevauchait un magnifique palefroi alezan marchant à l'amble, à l'allure bien plus noble que le roncin utilité par Armand, ou du mulet maladif de Triboulet. Portant un solide harnois, il avait néanmoins laissé son casque accroché à une sangle de son cheval, sans doutes pour faciliter la conversation avec le chevalier de Lyrie.
Le plus surprenant venait sans doutes de l'imposante arme qu'il avait sanglé dans son dos, très différente des standards de chevalerie auxquels Armand était habitué : un solide marteau de guerre à deux mains. Lorsque Triboulet le questionna sur le sujet, il se contenta de répondre avec un sourire mystérieux qu'il avait choisi une arme adaptée à sa destination.

Il ne fut pas nécessaire de faire de détour pour rallier la chapelle du Graal que le tenancier de l'auberge de Magone avait décrit à Armand, cette dernière se situant sur la route menant aux tumuli. Longeant le flanc de la montagne, les trois cavaliers progressèrent au rythme du pas boiteux de la mule de Triboulet, observant des alentours dénués de vie humaine. A l'image de Magone, seules les cités les plus fortifiées et les plus chanceuses avaient réussi à survivre, et le fief du seigneur Landry était le dernier à tenir debout dans le sud-ouest du massif, avant l'orée de la forêt de Chalons. Plusieurs fois, ils dépassèrent des ruines de précédentes tentatives d'établissement de village, la plupart du temps déjà partiellement recouverts par la végétation. Leur environnement devint rapidement de plus en plus sauvage, rappelant qu'en l'absence d'hommes, la nature reprenait toujours ses droits : la route devint chemin, puis le chemin devint sentier, qui lui-même se fit de plus en plus difficile à distinguer, noyé dans les herbes hautes qui en l'absence de passage humain, reprenaient toute liberté de pousser à leur guise.

Un mois plus tôt, lorsqu'Armand avait quitté l'Aquitanie, les températures d'automne étaient encore clémentes. Aujourd'hui, si le soleil restait bien présent pour réchauffer les voyageurs, le vent était devenu bien plus agressif avec eux. L'hiver approchait, et il ne put que se féliciter de ne pas porter d'armure pour le moment, lui permettant de mieux s'emmitoufler dans son épais manteau. Evrard ne se plaignit jamais des rigueurs du froid, quand bien même ce dernier devait traverser son armure de part en part. Quant à Triboulet, sa principale réaction fut de signaler sa grande hâte de s'installer pour la nuit afin qu'on puisse se réchauffer avec l'excellent cru qu'il avait réussi à négocier à prix d'ami à Magone.

C'est alors que le soleil se couchait que la chapelle convoitée apparut, au bout du sentier qu'ils avaient suivi jusque là. Contrairement à leurs craintes, cette dernière n'était pourtant pas en ruines : si les pèlerins du Graal n'avaient pas estimé nécessaire de débroussailler le chemin y menant, ils avaient pourtant bien du visiter récemment ce lieu saint, puisque les murs avaient été nettoyés, les vitraux dépoussiérés, et les mauvaises herbes envahissant les interstices des pavés en pierre arrachées.

Evrard descendit de sa monture qu'il abandonna à l'entrée de la chapelle, avant de prendre quelques secondes pour lever la tête et lire à haute voix les inscriptions gravées au dessus de la porte.

- "La chapelle de Cuileux se relèvera toujours de ses cendres, aussi éternelle que l'amour de la Dame pour les plus braves de ses chevaliers".

En observant de plus près l'édifice, cette phrase prenait tout son sens. Les pierres à la base de la chapelle étaient plus anciennes et abimées, tandis que les autres semblaient provenir de différentes carrières et époques. Elle avait sans doutes déjà été détruite à de nombreuses reprises par les orcs, et à chaque fois rebâtie : elle était de petite taille, sans doutes pour permettre une reconstruction rapide en cas de nouvelle attaque.

Avec le soleil couchant, les rais de lumière traversant les vitraux de la chapelle donnaient à l'intérieur de la chapelle une ambiance magnifique. Les couleurs blanches et or de la Dame et du Graal sur le vitrail principal se reflétaient sur son autel central, tandis que le reste de la pièce dans laquelle était disposé une demi-douzaine de bancs en bois était éclairé avec moins d'intensité par des couleurs plus prononcées.

Cliquetant à chaque pas dans son armure, Evrard s'avança jusqu'à l'autel et utilisa son briquet à amadou pour allumer les quelques bougies qui y étaient disposées, avant de s'agenouiller pour se recueillir silencieusement, les yeux fermés. Ainsi prostré dans le rai de lumière blanc qui couvrait le centre de la chapelle, il semblait comme béni par la Dame en personne.
Le profil de Triboulet ainsi que celui de ton cheval de selle et de la mule sont désormais consultables à tout moment dans le palais Bokha ! Note qu'à l'instar de ton personnage, Triboulet pourrait gagner de l'xp au fil de l'aventure... s'il survit assez longtemps :D

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Re: [Armand de Lyrie] Pénurie de problèmes

Message par Armand de Lyrie » 23 janv. 2019, 11:44

J’expire. Il fait suffisamment froid pour qu’une jolie buée se forme juste à la sortie de ma bouche. Malgré mon épais manteau, je me mets soudain à ressentir le froid, du moins, l’idée du froid. J’espère que la Dame va avoir besoin de moi en Tilée, si je dois passer l’hiver sur les routes. En plus, avec l’effort fourni à cheval, je me retrouve transpirant, et vous devez savoir ce que c’est que de faire un effort avec un mauvais temps : Tant qu’on bouge, ça va, mais dès lors que l’on s’arrête, on se met à grelotter à cause de la sueur accumulée qui subi le froid contrairement à la peau sèche. Mais, je ne me plains pas. Je ressens un sentiment bizarre, alors que nous nous approchons tout trois de la grande porte de la chapelle du Graal.
Je me sens en paix.

C’est un sentiment pas commun chez moi. Mais il est très agréable. Malgré le froid qui gerce mes lèvres et le bout de mes mains, malgré la fatigue, malgré la légère douleur, malgré les oreilles qui résonnent encore des chansons de Triboulet (Il nous a ressorti son fameux Je ne puis avancer sans toi et deux rappels de Attendre de Mourir), je me sens… À ma place. Comme un poisson qui découvrirait la mer après avoir passé sa vie en bocal.
Ce n’est qu’avec une dévotion humble que je pénètre dans la chapelle. Je me sens trembler, et pas à cause de la température. La piété des lieux est simple : Nous ne sommes pas dans la gigantesque cathédrale de Bastonne. Et pourtant, même cette vieille pierre antique ne peux pas m’empêcher d’emplir mon cœur d’un sentiment d’apaisement et de paix. Je ressens quelque chose de ce lieu. Je sens, sinon la présence de la Dame, au moins son passage. Quelles misères ce lieu a connu ? Combien de gens ont pleuré ici ? Combien de chevaliers ont trouvé la force d’anéantir le Mal qui souillait la Bretonnie en venant s’agenouiller ici ? Je n’ose pas le demander à Evrard. Je me sens soudainement forcé de me taire, d’être économe de paroles, moi qui ait tant parlé sur le chemin que j’en ai la voix un peu cassante et la gorge sèche. Et Triboulet dans mon dos, Triboulet le bavard, il ne peux pas s’empêcher de pencher très sérieusement le dos et la tête, en liant ses mains ensemble.
Que la Dame soit bonne envers les Vrais Croyants.

Evrard s’agenouille avant moi, et prie silencieusement. J’ai plutôt l’habitude de prier à voix haute, personnellement. Je porte ma main à mon mantel, et sors ma bourse. Dedans, j’en tire une pistole d’argent que je dépose sur un petit meuble d’office. Elle servira aux pèlerins qui entretiennent ce lieu, pour qu’ils mangent et continuent leur œuvre. Ensuite, je vais aux côtés d’Evard, pose mes deux genoux à terre, ferme mes yeux, lie mes mains, et je médite intérieurement.
Oui, j’ai l’habitude de prier à voix haute. Je suis pas quelqu’un qui fait beaucoup d’introspections intérieures. Enfin. Bon, je vous l’accorde, j’en fais avec vous, mais en dialoguant, vous voyez ?

Mes prières je les aies apprises. Sur les genoux de ma mère, quand j’étais enfant. C’était… C’était une autre époque. Avant qu’elle ne devienne folle à lier. Je n’ai jamais su si elle avait été corrompue par mon père ou non. Mais lors de mes premières années, elle m’a apprit à honorer la Dame. J’ai déjà une prière toute prête, que je répète intérieurement, mais avec une foi véritablement sincère. J’ai beaucoup de défauts, mais aucun ne pourra jamais m’accuser d’être hypocrite avec la Dame. J’ai fais souffrir beaucoup de femmes, mais jamais elle.
« Gracieuse Dame, Cœur du Royaume, Mère de la Miséricorde, notre vie, notre douceur, et notre espoir. Envers toi nous nous remettons, humbles et pleurant. Tourne ta bénédiction envers nous si nous l’avons méritée, ou oblige-nous à la mériter. Incarne notre protection contre les molaires du Mal et de la Déchéance. Donne-nous la force de subir la douleur, et nous la subirons. Courage, honneur, loyauté ; Nous jurons de ne jamais nous détourner du moindre combat, de ne jamais laisser des gens de peu être martyrisés, de ne jamais laisser la corruption souiller ta Terre Divine. Notre amour n’appartient qu’à toi, notre force n’appartient qu’à toi, tous nos actes et toutes nos paroles sont destinées envers ta Gloire et ta Gloire seule. Pardonne nos péchés, et voit comment nous relevons chacune des épreuves que tu nous envoies pour nos fautes. À jamais en Errance, comme Gilles et les Compagnons.
Chevalerie. »


Je me relève en me signant. Et c’est seulement en chuchotant que je parle à Evrard, après qu’il ait fini ses prières.
« Nous devrions chercher un peu de bois pour se faire un feu dehors. Il nous faut manger et nous reposer avant de continuer. »
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 23 janv. 2019, 14:23, modifié 1 fois.
Raison : 6 xp / Total d'xp : 36
Fiche : wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_armand_de_lyrie
Stats :
FOR 9 / END 8 / HAB 9 / CHAR 10 / INT 8 / INI 9 / ATT 11 / PAR 9 / TIR 8 / PV 20/65

Compétences :
- Alphabétisé
- Coup précis (1)
- Dégainer l'épée
- Étiquette
- Héraldique
- Monte
- Parade
- Sang-froid

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Re: [Armand de Lyrie] Pénurie de problèmes

Message par [MJ] Katarin » 28 janv. 2019, 18:42

1 PdC pour la Dame gagné pour ta piété - note néanmoins que ce gain ne sera pas automatique pour d'éventuelles futures prières ou dons - la Dame n'apprécie guère la routine, alors surprends-la :D
Les inquiétudes d'Armand furent infondées : les pèlerins qui étaient manifestement venus récemment s'occuper de la propreté de la chapelle s'étaient déjà occupés de refaire un stock de bois plus que conséquent, entassé à l'abri de la pluie sous une bâche derrière le bâtiment. Malheureusement, Ranald semblait farceur en cette soirée puisqu'au crépuscule, alors que les deux chevaliers s’apprêtaient à préparer un feu de camp en extérieur, une fine neige se mit à tomber du ciel, humidifiant le bois mort et avortant toute tentative d'établir un bivouac en extérieur.
Les deux chevaliers prirent donc la décision de profiter de la protection de la Dame en s'abritant dans sa chapelle pour la nuit. Le soleil couché, la lumière timide de Mannslieb cachée derrière les nuages peinait à traverser les vitraux de la chapelle pour éclairer la pièce. Evrard utilisa son briquet à amadou pour allumer tous les candélabres présents, ainsi que quelques bougies supplémentaires trouvées ça et là autour de l'autel, tant pour bénéficier d'une lumière chaude que pour faire monter la température de la pièce de quelques degrés.

Sans feu de camp, ils durent se résoudre à se nourrir de pain, de beurre, de fromage et de quelques morceaux de viande séchée partagée par Evrard. Malgré le froid, Triboulet n'osa pas proposer d'ouvrir le vin pour réchauffer leur nuitée, sans doutes à cause de l'atmosphère pieuse du lieu dans lequel ils résidaient. La sainteté de la chapelle s'imposait à eux, aussi accueillante pour l'âme qu'intimidante pour leurs discussions. C'est donc dans un silence respectueux qu'ils prirent leur repas.

La seule source de bruit qui vint perturber la quiétude des lieux fut le boucan fait par les cliquetis du harnois d'Evrard alors qu'il l'enleva pièce par pièce. Un peu gêné, il se sentit obligé de s'excuser, expliquant que durant sa traversée du duché de Gasconnie, en tant que déserteur solitaire il avait préféré passer de nombreuses nuits en dehors des villes, et avait du dormir en armure lourde. Si demain ils devaient affronter la Dame seule sait quels mystères dans les tumuli de Cuileux, il préférait devoir le faire sans être courbaturé de la tête aux pieds.

Pourtant, des courbatures, Armand en écopa de plus d'une au réveil. Il avait fallu choisir entre utiliser le tissu qu'il avait à disposition en rembourrage contre la dureté du banc, ou en couverture pour se protéger du froid ; et plus la nuit progressait, plus celui-ci était devenu intrusif. Si la foi réchauffait le cœur, elle semblait ne pas avoir grand effet sur le corps du chevalier.

Le lendemain matin, après avoir mangé un petit-déjeuner aussi sommaire que le repas de la veille, et laissé le temps à Triboulet d'aider Evrard à enfiler son armure, le trio sortit de la chapelle pour découvrir un paysage enchanteur : le soleil venait de se lever, et la neige n'avait pas fondu dans la nuit, laissant la nature recouverte d'un magnifique manteau blanc immaculé.
Image
Ils se dirigèrent vers l'abri accolé à la chapelle sous lequel ils avaient laissé leurs chevaux pour la nuit, mais alors qu'Armand s’apprêtait à monter sur son roncin, Evrard l'interrompit en posant sa main sur son épaule. Il tenait dans son autre main une épée, encore à moitié enroulée dans un drap aux couleurs de Cobie, qu'Armand avait déjà repérée accrochée à sa monture. Le gasconnais tendit l'arme au chevalier d'Aquitannie, l'empêchant d'émettre la moindre protestation en poussant l'arme contre Armand pour le forcer à la saisir, guidant sa main pour qu'elle serre sa poignée.

- Je ne sais pas si vous connaissez les légendes sur les tumuli de Cuileux, mais elles ne sont guère rassurantes. La plupart des tombeaux ont été fouillés par des chevaliers souhaitant restaurer les légendes sur le dernier combat de ces braves, lorsqu'ils n'ont pas été devancés par un groupe de pillards orcs. Les tumuli qui n'ont pas été visités sont pour la plupart situés dans la forêt de Chalons, et c'est donc là notre destination, mais la timidité des fouilles a de bonnes justifications d'exister. Premièrement, nombreuses sont les rumeurs sur la présence de morts-vivants gardant encore les tombes les plus anciennes, défendant becs et ongles le lieu de leur dernier repos. Deuxièmement cette partie de la forêt de Chalons a la réputation de faire disparaitre tout groupe de grande taille qui s'y aventure : hommes-bêtes, orcs, communauté bretonnienne, peu importe : dès qu'un groupe d'être vivants trop important tente d'y résider, celui-ci finit invariablement par disparaitre sans plus laisser de trace, sans que personne n'aie jamais compris quelle diablerie se cachait derrière ce phénomène. Quoiqu'il en soit, l'endroit où nous allons enquêter sur mon ami est un lieu où l'on trouve bien plus de morts que de vivants... et certains d'entre eux ne craindront ni votre fer ni votre courage Armand. Et du courage, pourtant, il va vous en falloir pour braver la peur qui naturellement surgit dans le cœur de chaque homme face à ces créatures. Contre elles, je possède mon marteau de guerre, une arme bénie par les demoiselles du Lac qui peut purifier même les êtres les plus malveillants de ce monde. Il en va de même pour la lame que je vous confie. Si nous devons affronter un esprit ou un revenant, j'ai besoin de pouvoir compter sur vous. Bien entendu, c'est un prêt : cette épée n'est pas la mienne, et son possesseur n'apprécierait guère que je rentre à Cobie sans elle. Je l'avais prise si jamais les tumuli étaient trop exigus pour l'ampleur de mon marteau, mais la situation a changé maintenant que vous m'accompagnez. Puis-je compter sur vous pour prendre soin de cette arme, et pour protéger mes arrières ?

A dire vrai, le jeune chevalier n'eut pas tellement l'occasion de répondre, car à peine formula t-il un début de phrase que déjà Evrard l'interrompait.

- Non, ne répondez pas. Si je dois me battre à vos côtés, je dois pouvoir avoir confiance en vos capacités, et aucun mot ne saura m'en convaincre. J'ai besoin de voir ce que vous valez. Un peu d'échauffement matinal me fera le plus grand bien par cette température : suivez-moi !

Evrard fit une cinquantaine de pas dans la neige, et s'arrêta lorsqu'il se jugea à une distance suffisamment respectueuse de la chapelle, puis se saisit de son énorme marteau de guerre pour prendre une posture défensive.

- Mettez-y tout ce que vous avez, chevalier de Lyrie. Montrez moi ce que vous avez dans le ventre, et avec quelle force vous comptez obtenir la rédemption pour les pêchés de votre famille.

Dans les mains d'Armand, l'épée sainte confiée par Evrard et désormais sortie de son linge se révélait finalement assez banale à première vue, de facture en apparence identique à la sienne. Elle était néanmoins plus courte et plus légère, adaptée au combat à une main plutôt qu'à deux.

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Re: [Armand de Lyrie] Pénurie de problèmes

Message par Armand de Lyrie » 28 janv. 2019, 19:56

Le réveil se fait endolori, et pourtant, je ne peux pas dire que ce soit un réveil difficile. Je suis courbaturé de partout, j’ai le nez qui coule, je crois que j’ai attrapé froid en plus d’avoir le dos en compote, j’ai toujours pas guérit de mes blessures de début de semaine face aux Peaux Vertes… Et pourtant, j’insiste sur ce point, ce n’est pas un réveil difficile. C’est ça la folie du truc, je m’en étonne moi-même quand j’ouvre les yeux de ma nuit beaucoup trop courte et inconfortable pour récupérer, cette nuit atroce qui m’a tenu éveillé à cause du froid qui m’a obligé à grelotter en me recroquevillant sur moi-même ; En plus, j’ai bu bien trop d’eau, de la mauvaise eau croupie venant du puits de Magone récupérée dans l’après-midi, ce qui a fait que j’ai dû me lever en pleine nuit pour aller pisser dehors ; Je ne vous dis pas toute l’adresse et le courage qu’il m’a fallu pour sortir dehors silencieusement, pour ouvrir la grande porte en bois grinçante sans réveiller mes deux collègues, pour aller me coller contre un arbre dans le froid, avec juste mon manteau, mes brais et mes bottes aux pieds. Je claquais des dents en même temps que je poussais fort pour faire sortir le jet, et après il a fallu revenir sur mes pas de loups pour me dépêcher d’aller me recroqueviller, encore frigorifié, sous ma toile de jute. Mais, j’ai passé une merveilleuse nuit. Parce que je l’aie passée dans une chapelle de la Dame. J’ai pas pu m’empêcher d’ouvrir les yeux avec le sourire. Je me suis humblement approché de l’autel, agenouillé, j’ai fais une courte prière du matin et embrassé la vieille pierre dont le bel entretien par les pèlerins locaux n’a pas empêché un peu de mousse et de lichen de s’incruster dessus : En Bretonnie, quand une chapelle commence à être gagnée par la verdure, on ne trouve pas que c’est un drame, sauf si c’est une resplendissante cathédrale gigantesque comme il y a à Couronne ou Bastonne. C’est au contraire un signe que la Dame, et un chevalier du Graal défunt, bénissent ce lieu.

On a prit le repas à l’intérieur, sans un mot. C’est la piété du lieu qui oblige à ça. C’était un réveil étrange, personne ne s’est rien dit, et c’est juste avec naturel que nous avons sorti nos vivres afin de partager une maigre mais nécessaire collation. Ensuite, nous nous sommes tous trois agenouillés devant l’autel, une énième prière à rendre pour remercier la Dame de sa protection et de sa nourriture, et c’est seulement après que nous avons pu nous relever, reprendre nos affaires, et sortir dehors. Et c’est seulement après avoir mis les pieds dans la neige, juste après que Triboulet ait tout naturellement mit en place l’armure d’Evrard, que nous avons recommencé à piailler.

« Quelle nuit difficile…
– J’sais pas sire, j’ai dormi comme un loir.
– Tu dormirais partout en même temps. Raconte donc à sieur Evrard la fois où tu as dormi sur la branche d’un sapin.
– Ah ! Une histoire terrible ! C’té la faute à un traquenard d’brigands, leurs lames dégoulinantes de sang, puant la vignasse, leurs yeux, noirs comme du charbon ! Je chasserai juste que’ques écureuils – dans la tenure de mon village, jamais j’aurais osé m’aventurer dans la réserve de mon seigneur ! – lorsque là cette bande de mercenaires désargentés, des Tiléens si j’en crois leurs moustaches sales et l’accent avec lequel ils piaillent, eh bah, ils débarqueront d’je sais où, j’crois qu’un sire d’un aut’ coin les avait payés pour sa guerre contre j’sais pu qui, et ils voudront voler dans mon village, et p’têt même tuer Triboulet ! Alors Triboulet il sautera dans l’arbre, le sapin comme il dira mon sire, et il grimpera tout vite en entendant leurs chiens aboyer, parce qui zavaient des chiens en fait j’ouïrai les chiens avant leur langue qu’a ni queue ni tête ! Et là, vous savez ce qui feront les Tiléens ? Y ont campé ! Toute la journée, j’aurai dû rester debout sur ma branche, à les espionner, cherchant l’instant où, endormis, je pourrai descendre pour aller alerter mon sire !
– Les sergents montés de Lyrie ont fait déguerpir les Tiléens. Et vous savez ce qui s’est passé ? Ils ont même pas trouvé Triboulet. Parce que Triboulet il s’est endormi sur sa branche. Paraît qu’il ronflait ! »

Je ricane. Triboulet lui semble outré. Il essaye de se défendre et convaincre Evrard que c’est pas vrai, d’ailleurs, que dans la vraie version des faits ce qui s’est passé c’est que c’est lui qui a alerté les sergents montés, en imitant des cris de renard. Je le coupe en lui demandant quel cri fait le renard. Soudain, il me regarde avec perplexité, se gratte le menton, puis, il me dit qu’en fait il a fait le cri de la poule. J’essaye même pas de le convaincre de l’inverse, et me contente de rire de plus belle, sincèrement.

« Brave Triboulet, prévôt de Lyrie. Va donc voir plutôt comment vont nos montures.
– De ce pas, sieur ! De ce pas ! »

Le page – je me refuse de l’appeler « écuyer », un écuyer c’est généralement un type avec une armure et une grosse épée, même si c’est un paysan. Malgré le fait qu’il s’occupe bien des chevaux, qu’il sait mettre en place une armure, et qu’il porte sans se plaindre beaucoup de choses sur son dos, je crois que je met légèrement en doute sa capacité martiale. Il accoure voir nos montures, dans l’abri, alors qu’il faut se préparer à partir sur la route. J’en profite pour aller m’approcher d’une grosse flaque d’eau dont le froid a légèrement formé une plaque de glace au-dessus : Je la brise et me sert du trou pour remplir nos gourdes. Je me laverais bien si seulement j’avais le courage d’endurer le froid, mais je crois que ça attendra. De toute façon nous sommes entre hommes, je n’ai pas besoin de me parfumer et d’être présentable, pas pour l’instant.
Je croyais que notre matinée allait être courte et que nous allions nous dépêcher d’être en route. C’est alors qu’Evrard m’arrête, m’attrape, et me pose une épée dans la main. Je le laisse faire avec les yeux grands ouverts et la bouche fermée. Il se met à me parler, très longuement, de tout et de rien. Il me parle des dangers qui nous attendent, il n’avait pas tellement besoin, comme je vous l’ai dis j’ai entendu des contes et des rumeurs sur les tumuli, j’ignore ce que nous risquons d’affronter mais je sais que rien de ce qui est au menu sera véritablement agréable. C’est alors qu’il m’apprend la nature de ce qu’il me donne ; Son épée c’est pas juste une lame. C’est une lame bénite. Dès qu’il me dit ça, je vous le jure, j’ai senti un frisson me parcourir l’échine jusqu’à faire apparaître de la chair de poule sur mon dos et mes bras, et ce n’était pas un frisson de froid. Je lève l’épée pour observer la lame, que je caresse avec l’autre main. Froide, très froide, un acier trempé de très bonne qualité. Et bénite ? À l’œil nu, comme ça, je ne vois aucune différence avec une lame normale ; Peut-être est-ce face à la corruption ou simplement par ma foi pure qu’elle obtient des propriétés merveilleuses, mais en tout cas mon esprit croyant (Les sceptiques diront « naïfs ») m’obligent à considérer cette arme avec une attention toute particulière. C’est dommage, parce que j’étais à deux doigts de lui prêter un serment. Je compte le fait, mais ce serment attendra : Evrard veut se battre.

Evrard s’est éloigné de cinquante pas. Moi je m’avance de quarante. Une fois ceci fait, je plante la lame de l’épée dans la neige, et je retire mon gros manteau. Je me retourne et voit Triboulet qui sort de la grange. Il a l’air émerveillé, la bouche grande ouverte, les yeux pétillants. Je lui tend à bout de bras mon manteau, et il accoure aussitôt pour le récupérer et le prendre dans ses mains, avant de s’asseoir en tailleur pour nous observer. J’ouvre lentement ma chemise, et la retire entièrement pour être torse-nu – ce n’est pas un gambison de protection, elle ne sert donc à rien, et je n’ai pas envie ni d’arracher ma chemise qui est mon seul sous-vêtement présentable, ni de laisser à Evrard la possibilité de me tirer par mon vêtement pour briser ma garde. Une fois torse-poil, je lui fais un grand sourire, sort la lame de la neige, et je commence à marcher lentement autour de lui, en cercle, tout en regardant à nouveau l’acier de l’arme qu’il m’a confiée. Je fais quelques moulinets avec, histoire de voir l’équilibre. Puis je parle à voix haute, songeur.

« Ma foi, belle arme. Belle arme. Mais tout de même un peu courte… Elle conviendrait mieux avec un écu… Ou un- »

Je me sens taquin. Je ne termine pas ma phrase, et à la place, je me retourne subitement en hurlant et en faisant un grand mouvement de taille dans le ciel vers la tête d’Evrard : Je donne pas tout ce que j’ai, je ralenti le mouvement juste avant la fin, le but c’est pas de lui trancher net le crâne, j’aimerais bien qu’on termine ce duel sans se blesser mutuellement, sans même faire couler le sang d’autrui. Mais je suis sûr qu’il sera fier de voir comment je n’hésite pas à prendre l’initiative et à attaquer sans prévenir…
Compétence utilisée : Dégainer l’épée. Oui.
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 28 janv. 2019, 20:17, modifié 1 fois.
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Stats :
FOR 9 / END 8 / HAB 9 / CHAR 10 / INT 8 / INI 9 / ATT 11 / PAR 9 / TIR 8 / PV 20/65

Compétences :
- Alphabétisé
- Coup précis (1)
- Dégainer l'épée
- Étiquette
- Héraldique
- Monte
- Parade
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[MJ] Katarin
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Re: [Armand de Lyrie] Pénurie de problèmes

Message par [MJ] Katarin » 07 févr. 2019, 10:01

Quand bien même tu décris frapper vers la tête, je ne te fais pas utiliser la compétence coup précis puisque la répartition des points d'armure d'Evrard est identique sur tout le corps - tu ne gagnerais rien à viser spécifiquement cet endroit.

Evrard étant en position défensive, tu as forcément l’initiative pour ta première attaque - le bonus de +1INI de dégainer l'épée est donc transféré dans ATT pour le premier coup.



Attaque d'Armand : 8, réussi.
Parade d'Evrard : 18, raté
Evrard perd 14 points de vie fictifs

Attaque d'Evrard: 2, réussi.
Parade d'Armand : 17, raté
Armand perd 45 points de vie fictifs

Attaque d'Armand : 9, réussi
Parade d'Evrard : 7, réussi
Evrard ne perd pas de point de vie.

Attaque d'Evrard: 20, échec critique !
==> Il laisse une ouverture dans sa garde, offrant à Armand une opportunité pour une attaque gratuite !

Attaque d'Armand : 12, raté

Attaque d'Armand : 18, raté

Attaque d'Evrard: 16, raté.

Attaque d'Armand : 1, coup critique !
Parade d'Evrard : 20, échec critique !
==> Les dégats seront doublés AVANT réduction de l'armure
Evrard perd 56 points de vie fictifs : il perd le combat !


Etait-ce à cause de la surprise d'Evrard de voir son adversaire venir se mesurer à lui torse nu, ou à la rapidité d'exécution de son premier mouvement, difficile à dire, mais toujours était-il que l'attaque surprise porta ses fruits. Le chevalier de Gasconnie n'eut pas le temps de parer le coup, et l'épée percuta son heaume, faisant résonner le métal avec violence.
Sonné et surpris, peut-être que le déserteur de Cobie oublia une fraction de seconde qu'il était en situation d'entrainement et non pas de combat réel, car il répondit à l'agression instinctivement et avec plus de violence que nécessaire. Tenant son marteau de guerre les mains de part et d'autre de du manche, il repoussa son agresseur en arrière, profitant de son déséquilibre pour lui asséner un violent coup du talon de son arme dans l'estomac. Plié en deux, le souffle coupé, le chevalier de Lyrie dut chercher son souffle pendant plusieurs longues secondes, tentant de garder son calme alors que ses poumons n'arrivaient plus à aspirer d'air.
La seconde passe d'armes débuta différemment : cette fois, Evrard ne sous-estima pas la vitesse d'Armand. Tenant toujours fermement son arme de part et d'autre de son manche, il l'utilisait comme un bâton pour parer efficacement les coups portés. Ce n'est que lorsqu'il tenta une contre-attaque que la situation se gâta pour lui - Armand était vif et bien déterminé à montrer le meilleur de lui-même malgré le désavantage de taille que l'absence d'armure lui conférait, alors qu'Evrard semblait avoir quelques remords du coup porté précédemment. Manquant de conviction et de rapidité, son coup fut trop lent pour Armand qui l'esquiva en bondissant sur le côté, et profita de l'ouverture pour porter deux attaques supplémentaires. S'il ne pouvait blesser son adversaire protégé par son solide harnois, les impacts métalliques qui résonnèrent furent les témoins de son nouvel avantage dans le combat.
Oui, Evrard était bien protégé, mais il était lourd. Sa solide armure en plus de son imposante arme, malgré les années d'entrainement, ne pouvaient rivaliser avec la fougue vivace d'un combattant torse nu avec une épée bien plus légère que celle qu'il maniait habituellement. Comprenant son avantage et comment s'en servir, il se fit plus mobile, tournant autour d'Evrard en multipliant les attaques sans conséquence. Et quand enfin celui-ci riposta, tentant de repousser son adversaire d'un coup trop large, Armand profita du déséquilibre engendré. Il esquiva sur le côté l'attaque, puis prit appui de toutes ses forces sur le sol pour bondir vers son adversaire et le percuter avec son épaule. La stratégie fut payante, et l'impact suffisant : Evrard déséquilibré par son attaque maladroite vacilla, et fut emporté par le poids de son propre équipement. Il s'écroula au sol, où Armand le bloqua de tout son poids afin de l'empêcher de se relever.

- Je me rends ! grogna t-il après quelques secondes à tenter de se dégager, son visage enfoncé dans la neige.

Vertueux et respectueux, Armand se hâta d'offrir une main tendue à son adversaire pour l'aider à se relever. Evrard ôta son casque par lequel la neige avait pénétré par les fentes, arborant un sourire amical.

- Et bien... le fauve de Lyrie aura défait bien sans mal son opposant : je ne sais si je dois louer votre talent, ou déplorer le mien qui s'est émoussé après trop d'années enfermé à Cobie. Quoiqu'il en soit il est clair qu'en cas d'affrontement vous saurez être un allié valeureux. J'ai sous-estimé le jeune homme sans équipement que vous êtes, et ai fait preuve de présomption et de suffisance en ne vous prenant pas au sérieux.

Son sourire disparut, tandis qu'il fichait son regard bleu ciel droit dans les yeux d'Armand.

- C'est une erreur que je ne reproduirais pas.

Il hocha la tête en signe de respect, avant de retourner vers l'abri à chevaux pour signaler qu'il était cette fois-ci l'heure du départ.


***


La veille déjà, suivre les sentiers n'avait pas été chose aisée tant ceux-ci n'étaient pas entretenus. Aujourd'hui, avec la neige qui avait tout recouvert, c'était devenu presque impossible, aussi les trois cavaliers se contentèrent de suivre le flanc du massif pour progresser. La route la plus proche se situait au sud de leur position, de l'autre côté du Gilleau, longeant le fleuve pour rallier l'Aquitanie et la ville de Derrevin. Evrard l'assurait, ils n'avaient aucun intérêt à traverser le fleuve dans un sens pour réitérer la manœuvre deux heures plus tard.

La suite lui donna raison. Une heure après leur départ, déjà la végétation autour d'eux prenait de l'ampleur, et quelques arbres apparaissaient de ci de là. Le premier tumulus survint peu de temps après, petit monticule de terre s'élevant de plusieurs mètres au dessus du sol, entièrement recouvert de neige. Très vite, le paysage se parsema de ces tertres entre lesquels les trois cavaliers progressaient, pour devenir presque surréel : comme des dizaines de minuscules collines, les petit tumuli apparaissaient toujours plus nombreux. Sans réelle organisation, ils n'étaient pas alignés mais disposés aléatoirement ça et là, certains au pied de la montagne et d'autres au milieu de nulle part.

- Inutile de s'arrêter pour visiter ceux-ci. Les deux chevaliers que j'avais envoyé enquêter ont déjà fouillé ces endroits, et m'ont envoyé un courrier pour me signaler qu'il n'y avait aucune piste ici.

Ils continuèrent donc de chevaucher pendant une bonne demi-heure, laissant derrière eux une centaine de tumuli de diverses tailles. La plupart étaient assez petits, laissant deviner de minuscules chambres funéraires qui devaient abriter tout au plus une ou deux familles de Cuileux. Mais quelques autres étaient au contraire gigantesque, petites collines qui abritaient des centaines de chevaliers tombés au combat contre les orcs, dans un réseau de galeries souterraines construites en pierre.

Alors qu'ils parvinrent à l'orée de la forêt de Châlons, un bien étrange spectacle les attendait. Juste à l'entrée des bois, le sol présentait un vaste renfoncement, un trou profond d'une vingtaine de centimètres, grande zone de terre noircie en forme de cercle irrégulier d'une trentaine de mètres de diamètre. Il n'y poussait que peu de végétation, et plus étrange encore, c'était le seul endroit où la neige n'avait pas tenu, comme si le sol y était plus chaud et qu'elle y fondait au contact. Evrard ne fit aucun commentaire, mais la même pensée traversa les trois cavaliers : ici devait se tenir une tentative d'établissement de communauté faite par le passé, certainement basée sur l'hypothèse qu'à l'extérieur des bois elle serait à l'abri des phénomènes étranges de la forêt.

Evrard descendit de sa monture, qu'il saisit par sa longe avant de se tourner vers Armand.

- C'est ici. C'est dans cette forêt que se situent les plus imposants tumuli, c'est d'ici que viennent les rumeurs parlant de tombes gigantesques encore jamais visitées, de morts-vivants, et de disparitions. Je n'avais pas prévu notre rencontre, Armand. Je ne suis plus seul désormais, alors il me parait juste de demander votre opinion pour les deux choix que nous devons faire. Premièrement, devrions-nous nous diviser ? Nous couvririons deux fois plus de terrain en cherchant séparément, mais sans connaitre les dangers qui règnent ici et sachant que les deux chevaliers errants que j'ai envoyé ont disparu, je ne sais s'il est bien prudent que de se retrouver seul en ces lieux. Deuxièmement, devrions-nous à chaque nuit tombée dormir dans la forêt en organisant des tours de garde, ou bien la quitter à chaque fois pour s'en éloigner suffisamment afin d'éviter tout risque de finir...

Il ne termina pas ses phrase, mais jeta un oeil à ses pieds, englobant du regard la grande étendue de terre vierge de toute vie.

- La piste que je poursuis est sans doutes froide depuis longtemps, j'opterais donc personnellement pour la prudence même si cela m'obligerait à faire plusieurs allers-retours jusque Magone pour me ravitailler. Mais je ne sais pas si vous avez la même patience : si l'on choisit la prudence, fouiller chaque tumulus de cette forêt pourrait nous prendre des semaines, et même ainsi, je ne peux vous certifier que nous trouverons quoi que ce soit. La quête que je poursuis n'a rien d'héroïque, il se pourrait qu'il n'y ait au bout de cette route qu'une immense déception, et pour Aveline et moi-même, seulement un deuil à faire. Vous avez été fort généreux d'accepter de m'aider, mais je m'en voudrais d'abuser de votre temps en sachant pertinemment que la rédemption chevaleresque que vous cherchez n'a que très peu de chances de se trouver ici.
Tout comme toi, Evrard a prévu pour trois jours de vivres même si les siens sont bien plus spartiates : viande séchée et pain pour l'essentiel, il a fait au plus nutritif puisqu'il voyage seul et sans mule. Pour l'eau, le Gilleau non loin suffit amplement à couvrir vos besoins, je te joins une carte du monde pour que tu voies mieux ce que tu as parcouru. Le carré rouge c'est Magone, le cercle bleu la chapelle de la Dame où vous avez dormi
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Quelques images de tumulis pour que tu aies une idée du paysage
Un petit tumulus en coupe, la plupart de ceux que vous croisez ressemblent à ça :
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Le genre de paysage que vous traversez, mais sans aucune trace de civilisation autour.
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Re: [Armand de Lyrie] Pénurie de problèmes

Message par Armand de Lyrie » 08 févr. 2019, 14:35

Le Fauve de Lyrie. La phrase d’Evrard à mon encontre me fait du bien à l’ego, j’aime bien comment ça claque, limite ça pourrait devenir mon surnom dans quelques années quand j’aurai mon énorme château, une quarantaine de vassaux et que des troubadours chanteront mon nom : Armand le Fauve, avouez que c’est pas mal, ça égale les plus grands surnoms animaliers de preux chevaliers qui aient jamais respiré en Bretonnie, genre Boson le Cerf ou René la Marmotte. Mais malgré tout, surtout, pas de prise d’ego : Il faut être autant bon gagnant que bon perdant, et c’est pour ça que sitôt que mon adversaire tombe à terre, je baisse mon épée, l’attrape par la lame, et m’approche pour tendre ma main et le relever. Et quand il me dit qu’il m’a sous-estimé et tout cela (Je ne vais pas reprendre chacune de ses paroles verbatim tout de même), je m’empresse aussitôt d’écarter son compliment.

« Sire, je vous en prie… Je dois bien plus à la fortune de Ranald qu’à la bénédiction de la Dame. »

Entendez : C’était la chance du débutant.

« Mais si vous permettez, avant que nous partions... »

Je pose un genou à terre, juste devant lui, une jambe dans la neige boueuse à force d’avoir été balayée par notre danse d’escrime. Et je lève l’épée qu’il m’a offerte pour prêter un court serment.

« Je vous jure d’utiliser cette arme uniquement pour abattre les monstres et les hommes de mal qui terrorisent la Bretonnie ; Et de la remettre à son possesseur sitôt votre quête terminée. Je le jure sur mon honneur. »

En Bretonnie on déconne pas avec les serments. Y a des gens ils arrêtent pas de jurer, tout le temps, toute leur vie, sans que cela ne les émeuvent : Sur la tête de ma mère j’te l’jure frère voilà. Quand un chevalier Bretonnien prêtre un serment c’est sérieux, et souvent très littéral : Si jamais je jure à un cousin que je me battrai à ses côtés jusqu’à Norsca, bah j’ai intérêt à acheter un manteau en fourrure parce que je refuserai pas de me retrouver au fin fond de la neige face à des mammouths et des démons volants. Bah là, j’ai juré, déjà, de terminer la quête (Ce qui est pas un petit vœu) et ensuite de lui rendre son épée ; Donc si le pauvre Evrard – Dame m’en préserve – meurt, vous avez qu’à croire que je vais aller jusqu’à Corbie pour remettre son épée à celui qui la possède – il m’a pas dit qui mais il avait précisé à un moment que l’épée appartenait à quelqu’un.

Il n’empêche qu’on se relève et qu’on se prépare à repartir. Je grelotte à cause du froid et de la soudaine inactivité ; même après avoir remis ma chemise sur mon dos, et laissé Triboulet accourir tout joyeux avec mon gros manteau, je continue d’avoir la chair de poule et tremblotte quelques instants. Je suis néanmoins content de m’être mis à moitié nu. Pas pour ce que vous croyez, je vous vois venir avec vos petites réflexions désobligeantes, du genre que vous n’êtes même pas content de voir ma peau et mon corps. Non c’est juste que là après avoir bondit et glissé et frappé dans tous les sens, je suis un peu en sueur, mais avec des vêtements secs ça passe bien, alors que franchement, il y a pas rien de plus désagréable que transpirer dans des vêtements, et devoir les garder alors qu’il fait froid ?
Triboulet est extatique. Il me tape dans le dos, puis il va danser autour de Evrard. Lorsque nous montons tous trois et commençons notre chemin – en oubliant pas de se signer une dernière fois devant la chapelle du Graal – il se met à égayer notre route en ré-expliquant notre combat et tout ce qu’il a vu, d’un air enjoué, comme un gamin à qui on raconte des histoires le soir lorsque le village est réuni autour du feu. Et il nous raconte qu’il va essayer d’écrire une chanson sur nous.

La gaieté ambiante change très vite lorsqu’on commence à découvrir les tumuli. Triboulet continue de causer sans cesse, mais lorsqu’on découvrit la forêt, il devint soudainement silencieux. Je dois avouer qu’une certaine anxiété commençait à s’emparer de mon âme volontaire de chevalier errant. Je tirais un peu sur les rênes de ma bête et lui fit une petite caresse sur l’encolure, tandis qu’Evrard m’exposa la situation. Je lui répondais sur un ton un peu hésitant.

« Ne m’avez-vous pas dit, sire, que certains chevaliers prendraient ombrage à ce que je me batte uniquement par rédemption ? Nous sommes ici pour accomplir un devoir nécessaire pour la Bretonnie. Pour votre ami, pour dame Aveline, mais également pour les deux chevaliers disparus – eux aussi doivent avoir de la famille, non ? L’incertitude est un châtiment très horrible ; Il faudrait que nous soyons rassurés sur leur survie, ou bien qu’on ramène une dépouille pour que les leurs les pleurent. »

Je prend une courte respiration, et je regarde les ténèbres enneigés de la végétation. Mon cœur en tremble un peu.

« Nous séparer serait purement suicidaire. Si ce n’est pas notre bravoure dont il faut douter, c’est peut-être plus de notre sens de l’orientation ; Il est préférable que nous restions ensemble.
Et quant à dormir… Eh bien. Vous voyez tout comme moi ce qui est arrivé à des gens ici précédemment. Nous avons tout le temps du monde, mais nous n’avons que nos vies ; autant s’éloigner et se mettre dans un endroit au chaud et en sécurité pour chaque nuit, tant pour se protéger des intempéries que… Que de tout ce qui pourrait se trouver là-dedans.
J’aurai néanmoins une… Idée, à vous soumettre. »


Je ne sais pas comment il va réagir à ma proposition, alors j’attends qu’il me regarde bien pour la lui soumettre.

« Nous pouvons passer deux ou trois jours à chercher votre ami ici. Mais plus longtemps, avec le froid et le manque de nourriture, ça nous obligerait à reculer.
Si au bout de deux jours nous n’avons rien trouvé… Je souhaite que nous rentrions à Magone. Et que nous demandions l’aide de Sire Landry : Nous lui exposerons toute la situation et nous lui présenteront une pétition, qu’il veuille bien nous accorder un peu de nourriture, voire-même l’aide de quelques sergents s’il n’est pas trop débordé par la menace fuyante des Peaux Vertes. Je sais, je sais : Vous craignez des représailles de la part du duc de Gasconnie, ou qu’on vous accuse d’être un félon déserteur ; Mais nous sommes deux hommes au cœur pur, nous nous battons pour la Dame, nous ne sommes pas ici pour piller des tombes ou déranger des locaux, je suis sûr et certain que si nous sommes polis, courtois et entièrement respectueux envers sire Landry, celui-ci acceptera de nous aider, même si ce n’est que par quelques pièces pour s’acheter de la nourriture. Qu’en dites-vous ? »
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 10 févr. 2019, 18:20, modifié 1 fois.
Raison : 6 xp / Total d'xp : 48
Fiche : wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_armand_de_lyrie
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Re: [Armand de Lyrie] Pénurie de problèmes

Message par [MJ] Katarin » 13 févr. 2019, 17:22

Si la décision d'Armand que de se ranger à ses choix sembla faire plaisir à Evrard, son visage s'assombrit néanmoins lorsqu'il lui fit part de sa proposition au sujet du seigneur Landry.

- Oui, c'est aussi ce que j'avais pensé faire lorsque je suis arrivé à Magone. Je ne connaissais pas la situation sur place : en Gasconnie nous sommes déjà bien assez occupés par les orcs sans devoir de surcroît prêter assistance au duché de Quenelles pour affronter ceux du massif d'Orquemont. Je souhaitais faire très précisément ce que vous suggérez : malgré mon désir de rester discret à cause de mon statut, j'espérais également que quelques sergents me soient alloués afin de mener cette expédition. Je n'ai en revanche nul besoin de son or : j'ai de quoi faire pour des mois, et je ne compte pas m'abaisser à la mendicité pour ma mission.

Son regard s'était fait plus sévère envers Armand, comme s'il était éprouvait un malaise à l'idée-même d'aller demander de l'or au seigneur Landry. Ce n'était apparemment pas une pratique qu'il considérait acceptable.

- Mais j'ai discuté avec les locaux, et j'ai appris pour son alliance avec les nains pour reprendre les vieux karaks cachés dans les profondeurs du massif. Ils ont échoué dans leur offensive, mais ont tant tué d'orcs que le massif n'a jamais été aussi peu dangereux. Résultat des opérations : plus beaucoup d'orcs visibles, mais plus beaucoup d'hommes formés au combat non plus dans les cités établies autour du massif. Le premier des deux camps qui se rétablira le plus vite aura un avantage stratégique significatif sur l'autre. Landry est parti mander l'aide de tous ses alliés, mais il n'est pas le seul à craindre que le calme cache une tempête, et qu'à tout moment une riposte de peaux-vertes surgisse pour tout détruire. Certains sont partis mander l'aide du duc Tancred II, mais d'autres comme Landry refusent de juste reconstruire leurs défense pour mieux subir la contre-attaque orc. Lui veut tenter le tout pour le tout et lancer un nouvel assaut décisif, dès maintenant, tant que les peaux-vertes sont affaiblies.

Evrard soupira, laissant un court silence s'installer avant de reprendre.

- Il n'a ni la puissance ni l'influence nécessaire de convaincre tous les seigneurs installés autour du massif de risquer encore davantage la sécurité de leurs cités en envoyant leurs forces vives restantes à l'assaut des orcs. Dans le coin, une seule personne fait figure d'autorité, un seul homme est écouté par tous les autres. Le Comte Hincmar.
Test d'INT : 11, raté. Armand a déjà entendu ce nom mais plus moyen de se rappeler qui il était exactement, sinon un proche du Duc de Quenelles.
Il observa la réaction de son compagnon à l'évocation de ce nom, et devinant son malaise, décida naturellement d'expliciter davantage ses pensées.

- C'est le fils aîné de la sœur aînée du Duc. C'est lui qui possède le plus grand fief autour du massif, et qui possède à son actif le plus grand nombre de victoires militaires contre les peaux-vertes. Il est reconnu grand combattant, grand stratège, mais il est aussi craint des orcs que de ses vassaux. Il est tout particulièrement réputé pour sa cruauté lorsqu'il s'agit de rendre justice : pour lui, aucun écart ne peut être toléré dans une région en guerre perpétuelle. Autant vous dire que s'il apprend qu'un déserteur foule ses terres, il n'aura aucune compassion pour la "noblesse" de ma mission : je serais reconduit en Gasconnie, affublé du titre de hors-la-loi, et probablement pas en un seul morceau.


Un silence gênant s'installa après ces explications. Sans réelles connaissances sur le Comte, un titre montrant la confiance que le roi lui a directement accordé, difficile d'évaluer si les craintes d'Evrard étaient fondées ou non : pourtant le chevalier de Cobie n'avait clairement pas l'air de plaisanter. Ce dernier gardait un air grave, et sentant un malaise s'installer il préféra ne pas argumenter davantage.

- Nous en rediscuterons dans deux jours, Armand. Pour le moment, faisons ce pour quoi nous sommes venus ici.

Désormais à pied, il pénétra dans la forêt, longe à la main pour guider son palefroi. Puisque les tumuli s'annonçaient nombreux dans les bois, il serait bien inutile que de monter et descendre de monture toutes les deux minutes. Cependant, les deux hommes avaient déterminé pendant leur voyage qu'il était préférable de garder leurs montures avec eux plutôt que de les abandonner à l'orée des bois : pas plus qu'eux leurs chevaux n'étaient à l'abri des mystérieuses disparitions qui semblaient sévir en ces lieux.


***


La première journée de recherche fut aussi ennuyeuse qu'infructueuse. Si pour Armand l'exploration des premiers tumuli fut particulièrement excitante, s'attendant à devoir affronter la Dame seule sait quels maléfices dans ces couloirs étriqués de pierre pour en tirer de triomphantes victoires, son enthousiasme ne put que décroître au fur et à mesure de la journée. Nul ennemi ne vint troubler le silence de la forêt, nul mort-vivant ne surgit de sa tombe pour le provoquer en duel, et surtout, nul indice ne fut trouvé au sujet du seigneur Landry. Consciencieusement, Evrard laissait à l'entrée de chaque tumulus un morceau de tissu coincé sous une pierre. Chaque tertre se ressemblant, dans une forêt sans point de repères où l'on ne pouvait que finir perdu, ces marquages colorés laissés ça et là permettraient non seulement de retrouver leur chemin lorsqu'ils souhaiteraient quitter la forêt de Chalons, mais aussi de ne pas revisiter un tumulus déjà exploré.

Au fil de la matinée, le manteau de neige qui avait recouvert la nature avait peu à peu fondu, rendant le sol humide. C'est dans les flaques, la mousse spongieuse et la terre gadouilleuse qu'ils progressèrent difficilement. L'après-midi ne les épargna pas davantage : peu à peu les nuages recouvrirent le soleil pour finalement laisser s'échapper une fine bruine qui se mua peu à peu en pluie drue, les arrosant de la tête aux pieds. Les arbres dépourvus de feuilles en cette saison offrirent une bien maigre protection face aux intempéries, et pour couronner le tout, un vent glacial se leva, frigorifiant le trio d'explorateurs détrempés. Dans ces conditions, la visite des tumuli devint la partie la plus reposante de la journée, à l'abri de la pluie et doucement réchauffés par la chaleur de la lampe-tempête d'Evrard. Mais même dans ces moments, il y avait là encore de quoi devenir maussade : sans vraiment savoir ce qu'on cherchait sinon des signes du passage d'un chevalier gasconnais, ce qui pouvait finalement se traduire par tout et n'importe quoi, on tentait de rester vigilant sans pour autant vraiment savoir sur quoi attarder son regard.
Test d'END d'Armand : 15, raté.
Test d'END de Triboulet : 18, raté.
Test d'END d'Evrard : 14, raté.

--> Tout le monde devient fiévreux. Chaque matin désormais, il y aura un test d'endurance : tant qu'il ne sera pas réussi, chaque personne affectée aura un malus de -1 à toutes ses statistiques pour la journée.
Le soir venu, alors que la pluie ne se lassait pas de tomber, les deux chevaliers et Triboulet quittèrent la forêt pour camper dans une grotte repérée un peu plus tôt à la base du massif d'Orquemont, à l'est de leur position. Tous trois étaient trempés de la tête au pied, et reniflaient à longueur de temps, grelottant dans leurs habits. L'imposante armure d'Evrard ne lui avait été d'aucun secours contre les caprices de Taal et Rhya.
Test d'habileté d'Evrard : 11, réussi
Ils avaient récupéré du bois mort dans la forêt, mais malgré leurs précautions, le couvrant dans d'épaisses couvertures avant de le confier à la mule de Triboulet, ce dernier avait fini plus qu'humide. Allumer un feu de camp fut une véritable épreuve de force, mais Evrard réussit malgré tout à force d'obstination à créer un début de foyer, au prix des lettres vierges qu'il gardait pour ses correspondances.

Ils discutèrent peu cette nuit-là. Evrard était d'humeur maussade, et entendre Triboulet se plaindre ne lui avait pas permis de trouver la quiétude. Retourner à la chapelle de la Dame leur aurait fait perdre six heures, trois ce soir et trois le lendemain, et Evrard refusait avec obstination d'abuser de l'hospitalité de la Dame malgré l'insistance de Triboulet qui craignait que leur actuel refuge ne soit l'habitat d'animaux sauvages. Tout comme il avait jeté un regard sévère à Armand lorsqu'il avait proposé de demander au seigneur Landry quelques pièces d'or pour subventionner leur mission de sauvetage, il sembla particulièrement gêné par la demande de Triboulet.
Tests d'endurance faits sans malus puisque vous étiez à l'abri avec un feu pour tenir chaud
Test d'END d'Armand : 10, raté.
Test d'END de Triboulet : 2, réussi
Test d'END d'Evrard : 14, raté.
--> Les deux chevaliers auront -1 à leurs stats toute la journée
La chaleur de leur feu de camp suffit cependant à les tenir à l'abri du froid, et les deux chevaliers prirent garde à le maintenir allumé pendant leurs tours de garde, dont Triboulet fut épargné. Le page sembla saisir cette opportunité pour pleinement récupérer pendant sa longue nuit de sommeil, puisqu'au petit matin, il était le seul à ne pas voir son nez couler et une légère fièvre venir parasiter ses pensées. Pourtant, alors que depuis l'abri de la grotte il observait le déluge se poursuivre à l'extérieur, le paysan ne put s'empêcher de venir parler à voix basse à l'oreille d'Armand, préférant ne pas être entendu d'Evrard qui finissait de sangler son armure.

- M'ssire, vous savez qu'vot'Triboulet, c'est clairement pas un poltron, c'même plutôt un type brave, mais là... des s'maines qu'on voyage sous beau temps, et pile d'puis qu'on a décidé d'accompagner m'ssire de Cobie, il fait qu'neiger, venter et flotter comme si l'dieux voulaient nous punir. Vous croyez pas qu'c'est genre... un mauvais présage ?

Légèrement malade, Evrard semblait lui aussi affecté par la météo. Si son regard dur montrait que sa détermination ne flanchait pas, il n'avait pour autant pas ouvert la bouche de la matinée, pas plus que la veille au soir. Le visage grave, il semblait d'humeur massacrante, créant une ambiance pesante que même Triboulet n'osait plus rompre.

Lorsqu'il fallut quitter la grotte, même les chevaux y mirent de la mauvaise volonté, refusant d'obéir alors qu'on les guidait vers l'extérieur. Ils perdirent dix bonnes minutes à convaincre la vieille mule de Triboulet d'enfin quitter l'abri de la grotte, celle-ci bloquant des quatre fers avec le peu de vitalité qu'elle possédait toute tentative de l'accompagner vers la sortie.

La matinée qui s'écoula n'aida guère à remonter le moral du trio, tant elle ressemblait à la journée précédente. Leurs bottes glissaient et collaient dans le sol boueux, tandis que leurs vêtements étaient imbibés par des litres d'eau. La pluie semblait ne jamais vouloir cesser, et l'état fiévreux des deux chevaliers rendait la concentration sur les détails du paysage difficile. Et pourtant, ils se devaient de rester vigilants à chaque seconde - un indice pouvait se dissimuler n'importe où, même en pleine forêt hors des tumuli. Ils ne s’arrêtèrent même pas pour se sustenter le midi, grignotant un peu de pain et de viande séchée tout en marchant. Les tumuli se suivaient et se ressemblaient, tout comme la forêt dans laquelle chaque arbre était identique à son voisin. Heureusement.

En début d'après-midi, alors que le déluge se calmait enfin pour laisser place à une fine bruine bien moins désagréable, il se passa finalement quelque chose de notable. Evrard les arrêta en levant un bras en l'air, leur intimant le silence, avant de tendre l'oreille. Armand et Triboulet perçurent alors ce qui avait alerté le gasconnais : aucun doute possible, le bruit que l'on entendait dans le lointain était celui caractéristique de deux armes métalliques qui s'entrechoquaient, accompagné de cris de douleur et de colère. Des gens se battaient à l'arme blanche, quelque part non loin d'eux, mais à cause des tumuli, leur visibilité était très réduite et il leur était impossible de voir quoi que ce soit depuis leur position.

Le regard d'Evrard croisa celui d'Armand, alors que déjà il dégainait son marteau de guerre.

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Re: [Armand de Lyrie] Pénurie de problèmes

Message par Armand de Lyrie » 18 févr. 2019, 00:21

Je hais la fièvre. Quelle affliction horrible que la fièvre. Votre corps a chaud, mais vous tremblez de froid : une sensation qui n’a strictement aucun sens. Après des jours à cavaler dans l’humidité et le froid, il a enfin fallu que la crève m’atteigne. La fièvre, au fond, ça serait pas très grave si je pouvais me cacher tranquillement dans un lit douillet, sous des couvertures, avec une servante qui m’amène par intervalles réguliers des petites clémentines juteuses et de l’eau claire. Mais cela fait bien longtemps que j’ai abandonné cette vie douce et facile. Je souffre. Je souffre mais je ne me sens pas anéanti : Mon corps est en train de lâcher, mais mon esprit est toujours aussi fort. Je préfère mille fois perdre le corps que l’esprit, la Dame me garde.

L’ambiance, en revanche, s’est assombrie. Finies les plaisanteries et les chansons de Triboulet et les petites anecdotes sympathiques d’Evrard. Nous sommes tous sombres et silencieux. Seule une petite remarque de mon valet en début de matinée, à notre réveil, m’a un peu marqué : C’est vrai qu’il fait de plus en plus froid et de plus en plus mauvais. À sa remarque, je me suis contenté de froncer les sourcils, et de lui répondre que c’est l’hiver qui approche, et qu’il n’a pas à craindre une petite baisse de température, surtout lui, bonhomme de la campagne qui a probablement vécu pire maladie qu’une fièvre et pire temps qu’une petite giboulée de neige. Mais en réalité, sa réflexion m’a plus égratigné que j’ai laissé paraître. Il est exact que le temps devient de plus en plus mauvais. Beaucoup de choses se bousculent un peu en tête. Le comte Hincmar, Landry de Magone, Aveline… La fièvre me fait légèrement délirer, mais mon silence est un peu sagace. C’est vrai que tout ici n’est pas totalement clair.
Est-ce que les Dieux ont maudit Evrard ? Est-ce qu’il y a une mauvaise aura autour de lui ? Je suis partagé. Partagé entre vouloir rejeter ces superstitions idiotes de paysans du revers de la main (On parle quand même de gens qui tuent des dindes en les accusant de voler des verges de jeunes mariés), et leur prêter un tout petit peu de crédit. Je réfléchis à ce que je pourrais dire à Evrard. J’invente une centaine de phrases différentes que je pourrais lui dire, pour essayer, le plus diplomatiquement possible, d’obtenir un peu plus de renseignements sur ce qu’il fait ici et ce qu’il a bien pu faire dans sa vie… Peut-être que je le ferai une fois que nous serons tirés d’ici. J’espère que Evrard sera d’accord pour que nous fassions demi-tour et que nous rentrions à Magone afin de l’atteindre avant la tombée de la nuit. Ensuite, le sort sera entre les mains de Sire Landry, charge à lui de décider de si la quête d’un chevalier cherchant un camarade vaut de perdre du temps, des ressources et de précieux sergents alors qu’il est normal pour un chevalier de la quête de se mettre en danger et de risquer la mort sans que des amis viennent à sa recherche. Très bien, en formulant les choses comme ça, je crois que les possibilités d’aide de la part du seigneur sont minimes. Si effectivement je me retrouve dans une audience avec lui, j’essayerai de présenter les faits de manière moins, heu, disons… cynique.

Mais pas le temps de pouvoir parler à Evrard. Car soudain, notre marche est arrêtée par des bruissements pas lointains. On se met en alerte. C’est épouvantable. J’espère que nous ne sommes pas tombés sur un parti d’hommes-bêtes ou de peaux-vertes. Tout le monde se regarde en chien de faïence. Et Evrard se prépare à s’armer. Je lui fais un petit signe et m’approche de lui en reniflant ma morve, afin de pouvoir lui parler à petite voix basse.

« Restez ici, sire… Je vais m’approcher en éclaireur et voir ce qui se trame… Si j’ai besoin d’assistance, je hurlerai. »

Bien sûr, je vois vite venir Evrard qui m’en empêche, par envie d’en découdre. Et puis, après tout, la reconnaissance, c’est pas une affaire de chevalier, c’est déshonorable, c’est une affaire qu’on donne à des sergents montés normalement, mais bon, faute de merles il faut entamer les grives. Je rajoute donc vite un argument pour le convaincre de me laisser partir en avant.

« Votre armure vous donne un avantage certain en combat, mais les cliquetis de votre harnois vous découvriraient vite… Je vais juste m’avancer à pas de loups, et voir ce qui nous attend. Je ne serai pas long. »


Je m’approche de mon cheval et fait passer ma grande épée à deux mains dans son fourreau, sur le dos. Et l’épée qu’Evrard m’a offert, je l’accroche à ma ceinture. Une petite tape sur l’encolure de mon petit roncin d’amour, puis je m’avance en avant, un peu baissé, en prenant garde à ne pas marcher sur une brindille. Je vais essayer de découvrir discrètement ce qui se passe devant…
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 19 févr. 2019, 12:56, modifié 1 fois.
Raison : 6 xp / Total d'xp : 54
Fiche : wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_armand_de_lyrie
Stats :
FOR 9 / END 8 / HAB 9 / CHAR 10 / INT 8 / INI 9 / ATT 11 / PAR 9 / TIR 8 / PV 20/65

Compétences :
- Alphabétisé
- Coup précis (1)
- Dégainer l'épée
- Étiquette
- Héraldique
- Monte
- Parade
- Sang-froid

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Re: [Armand de Lyrie] Pénurie de problèmes

Message par [MJ] Katarin » 19 févr. 2019, 11:55

Test de CHA pour convaincre Evrard, avec bonus de 2 car bons arguments, -1 pour fièvre : 11, réussi tout juste.
Clairement, Evrard avait envie d'en découdre. Il serrait si fort son arme de ses deux mains que les jointures de ses mains blanchissaient, tandis qu'il gardait la mâchoire crispée. Sa tension était palpable - ces journées de fouille étaient longues et épuisantes, tant pour le physique que pour le moral. Chercher sans trouver, et la répétitivité de l'exploration des tumuli, voilà qui créait une frustration grandissante nourrie par l'inactivité. Un combat au loin, c'était quelque chose de concret, c'était un événement sur lequel on pouvait intervenir et agir.
Mais le chevalier était expérimenté, et les arguments d'Armand firent mouche. Sans savoir qui se battait et pourquoi, attirer l'attention avec son armure pourrait très bien leur être préjudiciable. Il était plus sage pour deux chevaliers seuls de commencer par repérer la nature du danger avant de se ruer vers lui. Il acquiesça donc à la proposition d'Armand, le laissant partir en éclaireur tandis qu'il resterait en retrait, néanmoins prêt à intervenir en cas de nécessité.

Choisissant de respecter le sommeil des morts, Armand ne grimpa pas sur les tumuli obstruant sa route vers les bruits de combat, quand bien même la hauteur aurait pu lui donner une meilleure vision d'ensemble du paysage. Il contourna les trois tertres qui le séparaient de la source des bruits d'impacts métalliques, et à chaque pas qu'il faisait, il pouvait deviner plus clairement ce qui se déroulait. Aux cris poussés pendant la lutte, il s'agissait d'un affrontement entre humains - point de beuglement d'orc ou d'homme-bête ne se fit percevoir. Restait à savoir qui étaient les camps en présence, et s'ils n'affrontaient pas de créatures silencieuses comme pouvaient l'être des morts-vivants.
Test de Perception d'Armand, basé sur sur (INI+INT)/2, -1 pour fièvre : 8, raté de 1
Test d'habileté d'Armand, basé sur HAB, -1 pour fièvre : 18, raté.
Test d'endurance d'Armand, basé sur END, -1 pour fièvre : 1, réussite critique
Test d'escalade d'Armand, basé sur (HAB+FOR)/2, -1 pour fièvre : 16, raté.
Alors qu'il contournait le dernier tumulus le séparant des combats, il entendit distinctement l'un des protagonistes hurler de douleur. Un dernier impact, puis le silence : quelqu'un était manifestement sorti vainqueur de l'affrontement.

Trop absorbé par sa curiosité alors qu'il se savait si proche d'un visuel de la situation, Armand ne remarqua pas la terre étrangement battue devant lui, recouverte de branches mortes , et alors qu'il franchissait l'un des derniers pas qui auraient pu lui permettre d'enfin voir la source des précédents combats, le sol se déroba sous ses pieds. Il tenta dans sa chute de s'agripper au rebord du piège par réflexe, mais ses doigts glissèrent dans la terre boueuse et glissante, et Armand partit en arrière, tombant au fond du trou qui avait été creusé et dissimulé.
Il percuta le fond du piège, l'impact lui coupant le souffle. Pourtant, alors qu'il se relevait, il put constater que la Dame ne l'avait pas abandonnée. Au fond du trou étaient disposés plusieurs pointes acérées taillées dans le bois, et il était miraculeusement tombé entre deux de ces terrifiants pieux. A quelques centimètres près, il aurait été tout bonnement empalé.

Mais il n'était pas tiré d'affaire pour autant. Le trou devait faire plus de trois bons mètres de profondeur, et la paroi n'offrait aucune prise stable pour réussir à grimper : la pluie avait rendu la terre tellement humide que les mains d'Armand glissaient à la moindre tentative. Impossible d'escalader sans risquer de glisser et tomber en arrière, pour cette fois-ci ne pas rater son atterrissage sur les pieux.

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Re: [Armand de Lyrie] Pénurie de problèmes

Message par Armand de Lyrie » 19 févr. 2019, 12:25

La religion, c’est un peu comme un couple qui se donne du plaisir avec la bouche. On s’agenouille et on se relève. Il faut accepter d’être humble et à terre pour jouir du bonheur d’être remis debout. Quelles étaient les chances pour que je tombe dans une crevasse, et au fond d’un piège ? Certes, je suis nouveau en reconnaissance, je viens de débuter il y a même pas trois minutes, mais il faut avouer que je m’en sors pas mal. Après avoir glissé au fond, c’est avec des yeux écarquillés et une bouche bée, et sûrement un teint pâle d’horreur, que je me rend compte que je n’ai pas été empalé. Un mal pour un bien. Une épreuve. Une…
…Bon, je l’admet, en réalité, quand on tombe dans un trou face à un piège qui vous a presque empalé net, on ne réagit pas avec le calme analytique de ma narration. Sur le coup, ma réaction orale a plutôt été celle de se récrier, avec un essoufflement particulier :

« Putain de merde ! Ah ! Putain de bordel de merde ! Fait chier ! »

C’est les jambes tremblantes, une sueur soudaine partout sur ma peau, que je bouge dans tous les sens comme une poupée désincarnée, afin de me mettre à genoux et de lier mes mains. Malgré la douleur subite de la chute, je me met à prier à toute vitesse à voix haute.

« Notre-Dame-qui-nous-protège-pardonnez-mes-fautes-à-moi-pauvre-pécheur-surveillez-mon-corps-et-gardez-mon-âme-car-je-place-mon-épée-à-votre-service-et-votre-service-seul-ô-belle-Dame-déesse-des-déesses-protectrice-de-mon-pays-je-suis-l’exemple-de-Lambard-le-compagnon-à-jamais-sans-peur-dans-l’adversité-et... »

J’ai jamais prié aussi vite. Et au fur et à mesure de ma prière, ma voix se casse et devient finalement inaudible, si bien que je termine l’hommage à la Dame et à Lambard de Carcassonne, le plus stoïque des Compagnons, en mimant simplement les mots muets avec ma bouche. Je me signe et me relève aussitôt, mes jambes molles comme des bonbons au miel de Lyonesse. Lambard de Carcassonne à ma place il aurait pas paniqué subitement, il n’entendrait pas son cœur battre dans ses oreilles et il ne ressentirait pas un manque subit d’air. Il aurait grogné, regardé le ciel avec une grimace, et serait sorti sans un mot.
Dommage que je ne trouve aucune prise pour m’en sortir d’ici. Et les bruits de rixe au-dessus de moi m’indiquent qu’il y a eut un meurtre. De sang-froid ou de légitime défense, je n’en sais rien, mais il y a le risque que je me retrouve avec la tête d’un monsieur au-dessus de moi qui me regarde, et qui n’aime pas trop la présence de témoins. Pour peu que ce monsieur (Ou une dame, pourquoi pas?) ait un arc, il n’aurait qu’à tranquillement me transformer en hérisson sans même subir de riposte de ma part.
Je pourrais crier à l’aide. Hurler de toutes mes forces. Mais, je ne sais pas pourquoi, je ne pense pas que ce serait une bonne solution : Peut-être que ce serait attirer Evrard et Triboulet dans une embuscade. Et ça serait, à coup sûr, alerter ma position pour le type possiblement armé au-dessus. Je dois m’en sortir, et vite.

Je fais tomber le fourreau de l’épée à deux mains de mon dos. Je la retire seulement ensuite de sa protection (Vous avez déjà essayé d’enlever une épée directement de votre dos ? C’est impossible me mentez pas), et avec ma grande lame, je commence à fracasser les pieux qui auraient pu salement me blesser et m’infecter pour ne plus en laisser un seul tenir. Ensuite, je range l’épée le plus vite possible, la sangle à nouveau sur le dos, et tente à nouveau de grimper, comme un fou.
Avec une prière aux lèvres, cette fois-ci pour Baudoin de Brionne, le compagnon impétueux. C’est à lui que je commence à ressembler.
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 19 févr. 2019, 12:56, modifié 1 fois.
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Stats :
FOR 9 / END 8 / HAB 9 / CHAR 10 / INT 8 / INI 9 / ATT 11 / PAR 9 / TIR 8 / PV 20/65

Compétences :
- Alphabétisé
- Coup précis (1)
- Dégainer l'épée
- Étiquette
- Héraldique
- Monte
- Parade
- Sang-froid

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