Page 1 sur 1

La Traque

Posté : 01 sept. 2009, 16:50
par [MJ] Stryke
Nirnaëth communiait comme à son habitude, agenouillée devant ce hêtre colossal, les paumes en terre. Son esprit tout entier se tendait vers la forêt, l'Athel Loren mais aussi toutes les surfaces boisées du Vieux Monde, car c'est en chaque feuille et en chaque tronc que réside l'esprit de Karnos, son dieu à tête de cerf. Pour elle, le bois devenait un papier sur lequel elle écrivait ses prières, de la seule plume de son esprit elfique. Elle s'oubliait, se perdait elle-même pour se retrouver dans un lieu interdit à tous les sauvages barbares qui résidaient à l'extérieur de Loren.

- Initiée Nirnaëth...

Les mots avaient été prononcés de façon douce, et étaient tombés comme une pluie légère sur l'elfe, qui releva lentement la tête. Devant elle se tenait Tinuril Marthael, un Forestier de Renom en tout Athel Loren. Sa présence était un honneur pour Nirnaëth, simple membre de l'ordre.

- Veuillez me suivre.

Et sans un mot de plus, il se détourna, se fondant dans les fourrés. La jeune elfe le suivit, intriguée. En cours de route, il lui parla de sa forêt, énonçant beaucoup de choses qu'elle connaissait déjà. Mais sa conversation prit un tour plus sombre. Il se mit à l'entretenir du Chaos et de son influence pernicieuse...

Finalement, il s'arrêta, avant de tourner un regard vert sur Nirnaëth.


- Qu'es-tu prête à sacrifier pour garder ta forêt, Nirnaëth ?

La question avait son importance, et demandait beaucoup de sagesse sans doute...

Re: La Traque

Posté : 01 sept. 2009, 17:55
par Nirnaëth
Qu'était-elle prête à sacrifier pour garder sa forêt ? C'était une question qu'elle s'était posée il y a bien longtemps, alors qu'elle commençait à peine sa formation. La première réponse qui lui était naturellement venue était sa vie. C'était au fond, la chose la plus précieuse qu'elle possédait, et n'était-ce pas la plus grande marque de dévotion ? Mais elle avait vite compris qu'aussi fort soit le symbole, il était bien inutile, car chaque vie œuvrant pour la forêt était bien plus importante que les morts l'ayant autrefois protégée. Ceux là ne servait plus à rien.

Certains, comme Elaldur, son ancien maître, avait fait le choix de solitude pour mieux la protéger. Il n'avait rien à perdre, mis à part elle, et se donnait alors corps et âme pour la préserver. Pourtant, ceux-là n'avaient pas vraiment œuvré plus que d'autres qui n'avaient pas effectuer ce sacrifice. Alors était-ce vraiment le bon choix, la bonne réponse ? Elle en doutait.

Non, la vraie solution était ailleurs, et elle consistait à savoir faire le bon choix, au bon moment, à savoir tout sacrifier s'il le fallait, ou l'inverse. Il fallait seulement écouter la forêt pour comprendre ce qu'elle exigeait de vous, puis faire.


-Ce n'est pas ma forêt... C'est moi qui lui appartient, pas l'inverse. Elle me fait vivre, m'offre son eau, sa nourriture et la beauté de ses paysages. Je lui en suis reconnaissante, et pour la remercier, je serais prête à sacrifier tout ce que sa protection nécessitera.

Sa voix laissait entrevoir la détermination qui devait aller avec ces mots-là.

-À commencer par ceux qui se ligueront volontairement contre elle, rajouta-t-elle.

Re: La Traque

Posté : 01 sept. 2009, 18:10
par [MJ] Stryke
Tinuril observa un mutisme respectueux, bien qu'il ne soit pas totalement d'accord avec l'initiée. Mais il ne fallait pas brusquer les choses. Le temps faisait toujours son oeuvre, à condition qu'aucune force ne le dépasse.
C'était d'ailleurs pour cela qu'il s'inquiétait. Peut-être que ce que Nirnaëth allait devoir affronter pourrait renverser l'influence des siècles offerts aux elfes... La manière de penser de cette forestière avait une sorte de violence indéniablement humaine, mêlée étroitement à une humilité parfaite. Il espérait seulement que son esprit serait assez fort, pour, le jour venu, mourir au lieu de vivre...

Oui, on pouvait dire que l'avenir de Nirnaëth inquiétait le maître elfe. Mais il devait lui faire confiance.


- Je vais être franc avec toi, Initiée Nirnaëth. Des homme-bêtes ont été aperçu en lisière d'Athel Loren. En temps normal, ceci ne nous concernerait pas. Cependant, nous ne pouvons prendre le risque de les laisser s'enhardir.

Il marqua une pause, dévisageant son interlocutrice.

- Nous avons décidé d'envoyer une troupe les arrêter. Ce qui est étrange, c'est que des nains les poursuivent. Malgré nos réticences et les leurs, nous les avons conviés en notre forêt pour joindre nos forces. Nous ne pouvons nous permettre de dégarnir Athel Loren plus que du strict nécessaire, car qui sait quelle menace nous guette par cette diversion ?


Tinuril avait toujours détesté mentir.

- Ton ancien maître, Elaldur, a beaucoup insisté pour que tu mènes ces guerriers au combat. Et comme son influence est grande parmi nous, nous avons accepté sa proposition.

Le Forestier soupira.

- Nirnaëth, cette mission sera dangereuse. Les Nains n'ont toujours pas oublié les querelles qui nous opposèrent, mais pour une raison ou une autre, ils doivent s'allier à nous, tout comme nous sommes dans l'obligation de le faire. Une certaine diplomatie ne pourrait qu'améliorer nos relations... acceptes-tu cette tâche ?

Re: La Traque

Posté : 01 sept. 2009, 19:54
par Nirnaëth
Nirnaëth écouta attentivement le Forestier. La présence des homme-bêtes n'était pas en elle-même inquiétante, mais l'arrivée des nains dans l'histoire rendait la chose un peu plus intéressante, et logiquement, inquiétante.
L'alliance, aussi courte devait-elle être, qu'ils venaient de faire avec le peuple nain ne lui plaisait pas. Elle avait plusieurs fois ouïe des querelles ancestrales qui opposaient les deux peuples, et on lui avait appris à apprécier les nains pour ce qu'ils étaient : des êtres inutiles et barbares.

Tout le récit de Tinuril tenait la route, jusqu'à ce qu'il fasse référence à Elaldur. Comment un être mort il y a près de trente-trois ans aurait-il put insister sur quoique cela soit ? Néanmoins, et sûrement était-ce l'effet recherché, l'évocation de ce personnage la toucha, réveillant en même temps quelques souvenirs enfuis.

À présent sûr que tout ne lui était pas dit, elle attendit un peu avant de répondre à la dernière question de l'elfe. Elle ne pouvait pas se permettre de lui faire des remarques. Sa présence était à elle seule un honneur, elle ne pouvait donc lui manquer de respect en supposant un quelconque secret derrière cette histoire. Une chose qui n'aurait peut-être pas d'importance sur la suite des évènements. Du moins, elle l'espérait. Il ne lui restait alors qu'un mot à dire...


-J'accepte.