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Un mortel exil

Posté : 25 avr. 2009, 21:47
par [MJ] Mort Noire
Tys avait rassemblé ses maigres possessions et quitté le village sans un regard en arrière. Dans sa bouche le gout de l'injustice était amer. Une fois de plus elle était rejetée par les siens. Et sans raisons. Dans son coeur, elle les avait bannis, les considérant désormais comme ses ennemis. Elle savait que la colère aveuglait son jugement, mais elle désirait laisser libre cours à sa rage.
Tout en ruminant ses pensées, elle s'était avancée dans la forêt, prenant les chemins au hasard. Elle ne craignait guère de s'égarer, elle connaissait cette partie de la forêt par coeur, et puis, les esprits de la forêt veillaient sur elle. Tout à coup, elle reprit conscience de l'endroit où elle était arrivée.
Il s'agissait d'un coin qu'elle avait surnommé "Le croisement de la Chute". Ici, il y avait un chemin qui coupait celui sur lequel elle se trouvait. Si elle continuait tout droit, elle savait qu'elle finirait par tomber sur une autre communauté d'elfes, à un ou deux jours de marches de là. Des elfes. Les mêmes que ceux qui l'avait rejetée.
Mais si elle tournait à gauche où à droite, elle était consciente que ce ne serait pas le cas. A gauche, le chemin menait vers le monde des hommes, cette contrée que l'on nommait Bretonnie, et sur laquelle elle avait entendu les légendes les plus étranges. Et à droite...
Le chemin de droite la mènerait sur la voie de la vengeance. Sur la droite se trouvait un des coeurs sombres de la forêt, là où vivaient des esprits vieux et violents. Si vieux qu'il se souvenaient de l'arrivée des elfes dans la forêt. Là, elle le savait, elle trouverait une oreille attentive à ses plaintes, et le sang coulerait.

Tys prit conscience de l'importance que revêtait son choix. Son avenir se décidait maintenant.

Re: Un mortel exil

Posté : 27 avr. 2009, 08:49
par Tys
Levant les yeux vers le ciel, elle adressa un geste de connivence à la lune, pleine cette nuit là, et que l'on apercevait tout de même à travers les frondaisons hautes et agitée des arbres.

L'astre de nuit brillait d'une lueur éclatante, éclaboussant d'argent le moindre relief. La lumière étrange et irréelle allumait de petites chandelles glacée dans les yeux noirs de Tys. La Lune brillait. Elle éclairait Tys. La fille de la Lune, Tys Anaèl, tachetée de reflets mouvants, regardait le seul chemin qui pourrait lui apporter ce qu'elle voulait. Le seul qui était illuminé d'argent.

La Lune étincelait au dessus des bois, elle irradiait sa lumière au dessus de la voie de l'ombre, la voie de la peine, et de la vengeance.

Tys parcourut les alentours du regard. Rien ne la retenait plus nul part. Son coeur s'embrasa alors, et ses yeux flamboyèrent, quand elle pris résolument le chemin de droite, s'enfonçant dans l'ombre.

Re: Un mortel exil

Posté : 03 mai 2009, 12:04
par [MJ] Mort Noire
Au fur et à mesure qu'elle avançait dans les bois, Tys voyait l'obscurité grandir tout autour d'elle, alors qu'elle était encore en pleine journée. Tout autour d'elle, les bois semblaient plein d'une attention quasi...malveillante. Elle sentait des regards posés sur elle.
Elle se rappelait ce qu'on lui avait dit sur cette partie des bois. Ici vivaient des êtres qui n'avaient aucun amour pour les elfes, qui méprisaient toute vie. Etait-elle vraiment sure qu'ici on l'écouterait. Ne finirait-elle pas victime d'une de ces chasses sauvages des êtres premiers de la forêt? Elle commençait à hésiter quant au bien fondé de son expédition, lorsque soudain elle entendit un bruit. Derrière elle.

Re: Un mortel exil

Posté : 03 mai 2009, 20:13
par Tys
Sans même y réfléchir, elle bondit de côté, roula sur elle même et se redressa habilement face au chemin qu'elle venait d'emprunter.

Rien ne bougeait. Tout semblait calme. Puis les murmures des arbres, ou ce qui semblait l'être reprirent. L'elfe n'était pas tranquille. Elle savait que sa vie approchait sinon de son terme, au moins d'un bouleversement sans précédent.

Elle reprit sa marche, et plus elle avançait, plus son coeur semblait s'assombrir en réponse à l'obscurité croissante. Sa rage remonta en elle, et le goût amère qu'elle laissait dans sa bouche s'empara de son corps tout entier. C'était tout son être qui criait vengeance. Ses yeux devinrent comme incandescent, avant de s'éteindre pour devenir plus noire que la nuit sans lune. Et une envie de tuer s'empara d'elle. L'envie de faire partie de cette chasse sauvage et impitoyable.

Elle avançait vers son destin. Quoi qu'il l'attende, elle était prête. Où le pensait-elle.

Re: Un mortel exil

Posté : 05 mai 2009, 22:28
par [MJ] Mort Noire
Les bruits autour de Tys se multipliaient, devenant de plus en plus nombreux et forts au fur et à mesure qu'elle s'enfonçait dans les bois. Ils semblaient provenir de partout à la fois. Et surtout, ils étaient impossibles à identifier. Pour un profane, cela aurait pu être les bruits habituels de la forêt, mais Tys connaissait trop bien les bois. Ces grincements secs ne pouvaient provenir des arbres mus par la brise. Ces craquements sonores ne pouvaient provenir du bruit des branches qui cassent. Ces sifflements aigus n'étaient pas ceux du vent qui se glissaient entre les arbres...
Rien ici ne semblait être en vie. Et pourtant, quelque chose vivait. Quelque chose qui faisait ce bruit.
Soudain Tys s'aperçut d'une chose. Dans l'ombre, des silhouettes se dessinaient, se contorsionnant de manière étranges, comme tordues et brisées. Elles semblaient être partout, mais un rapide tour d'horizon lui permit de constater qu'à un endroit, elles étaient plus nombreuses, plus grandes et, semblait-il, plus
sauvages qu'ailleurs.

Re: Un mortel exil

Posté : 05 mai 2009, 23:26
par Tys
Alors que la furie de la forêt alentour semblait augmenter, la jeune elfe s'arrêta net. Se tenant droite et fière, elle s'écria :
Montrez vous ! Sortez de l'ombre esprits des bois, car je suis Tys, la fille de la Lune, et je viens à la rencontre de mon destin. Je n'ai pas peur. Je ne suis plus rien. Sortez, et que l'on en finisse !
Elle avait dit ces mots avec hargne. Après tout n'avais elle pas vécu ici, au coeur du bois sombre, pendant les deux premières années de sa vie ? N'avait-elle pas été élevée, été nourrie pendant ces deux hivers ? Les dryades ne l'avait pas tuée petite. Elle voulait maintenant savoir pourquoi. Si vraiment elle devait vivre, c'était le moment de le savoir...

Re: Un mortel exil

Posté : 09 mai 2009, 22:31
par [MJ] Mort Noire
Tys vit une des ombres se détacher des autres, et se diriger vers elle. Au fur et à mesure qu'elle se rapprochait, elle grandissait, et sa forme se précisait. Bientôt elle vit suffisament de détails que pour identifier ce qu'elle voyait. Une Dryade. La plus vielle qu'elle ait jamais rencontré. Elle semblait recouverte de mousse, et se mouvait avec une lenteur gracieuse et néanmoins sombre et effrayante.

Ton desssssstiiiiiin, fille de la Lune? Mais tuuu n'as pas la moindre idée de sssce qu'il est.

La voix était profonde et rauque, contenant comme un bruit de bois qui frottait. Et certains des mots étaient prononcés de manière étrange, comme si l'esprit des bois les goutait avant de les dire, à la manière de quelqu'un utilisant un langage étranger.

Que croyait tu donc trouvvvver iccci, au fond des bois, là où tes semblabllllllles nous ont relégués. Parle, et bien, car ccccce pourrait être les dernières paroles quiiiiii quittent ta gorge si...vulnérable.

Re: Un mortel exil

Posté : 15 mai 2009, 21:19
par Tys
Tys ne ressentait plus rien. Elle perdait peu à peu les liens qui la reliait à son passé. Les souvenirs même de sa propre vie s'estompaient et son esprit était brumeux.

Elle observa la créature qui avait surgit de l'ombre. Elle était hideuse, et belle à la fois. Sa voix était dure comme le bois sec et douce comme la mousse de la forêt.
Elle entendit ses paroles et elle soupira.

Non, elle n'avait aucune idée de son destin. Elle survivait par sa rage. Elle survivait. Et l'hamadryade se trompait sur une chose. Tys n'était pas faible. Elle n'était pas vulnérable, car plus rien ne pouvait l'atteindre.

Ses semblables, comme disait l'esprit de la forêt l'avaient rejetée. Ils l'avait reléguée au fond des bois. Par deux fois.


Ce que je croyait trouver ici ? Je ne sais pas. Peut-être la vengeance, peut-être l'amour... Non je ne connais pas mon destin, et je me fiche bien de le savoir finalement. Car je n'ai rien à perdre.

Elle fit une pause, soupira encore et regarda la dryade droit dans les yeux ou plutôt les fentes qui lui servait d'yeux.

Je suis rejetée, par tous depuis toujours. Le seul endroit qui m'ai jamais accueilli sans peur, j'y suis de nouveaux. Et je ne sais pas ce qui m'attend ici. Les elfes, ne sont pas mes semblables, ils ne l'ont jamais été, et ne le seront jamais, et vous le savez, vous qui ne m'avez pas tuée jadis...

L'elfe des bois leva les yeux vers les étoiles. Une larme dégringola sur sa joue gauche. Elle n'était pas triste. Elle ne ressentait plus rien.

"Qui suis-je ?"

Re: Un mortel exil

Posté : 17 mai 2009, 21:20
par [MJ] Mort Noire
Nous n'avvvvvvons pas la réponse à cette question, fille de la lunnnne, ni aux autres questions qui te taaaaraude, parfois sans mêmmme que tu ne le saches. Avant l'amour, avant la vvvengeance, ce que tu dois trouvvver, c'est qui tu es. Et ces réponses tu ne les trouveras pas ici.
Nous sommes les véritables essprits d'Athel Loren, ses vrais défenseurs, et c'est seulement par égard pour nos semblables, pur nos frères qui t'ont recueilliiiies que nous ne t'avons pas encore mise à mort.
Si tu veux découvriiiiir qui tu es, va aux lisières. C'est là que vivent maintenant ceux qui t'on accueillie, fille de sang.
Et laisse nous contempler les ruines que nous ont laissé tes frères les elfes. Disparais.


Sur ces mots, l'esprit des bois se tourna et disparu dans les ombres.

Re: Un mortel exil

Posté : 17 mai 2009, 22:34
par Tys
Merci, articula Tys qui sentait des larmes lui picoter les yeux.

Merci, c'est tout ce qu'elle pouvait dire. Tout ce que son esprit transpirait. Elle remerciais pour sa vie sauve, pour le début de piste sur sa quête de vérité. Mais encore une fois elle était rejetée. Et les dernières ombres des dryades disparaissaient entre les troncs.

Elle repris la route en sens inverse. Cette fois ci, elle se dirigeait vers la frontière du royaume sylvain. Frontière qui n'était autre que la lisière de la forêt. Jamais encore elle ne s'était aventurer si près d'un autre pays. Et pendant qu'elle marchait, les sentiers qu'elle parcourait se mouvaient, changeait de sens, se tortillait.
Mais Tys ne se perdait pas, comme seul les habitants de ces bois pouvaient le faire. Elle connaissait tous ces labyrinthes végétale depuis sa plus tendre enfance, et elle les parcourrait en tout sens depuis des années. Elle avait acquis de ses longues errances solitaires une connaissance d'Athel Loren plus poussée que beaucoup d'elfes bien plus vieux qu'elle.
Elle jouait avec la forêt. Sa seule vrai demeure, seule amie. La forêt elle, ne la rejetait pas. La cathédrale de feuillage semblait rieuse d'un coup, alors qu'elle n'avait pas encore quitté le bois obscur. Les esprits des arbres ne lui feraient pas de mal elle le savait maintenant.
Mais les elfes ...

Elle les avaient remarqué juste avant qu'eux ne la voient. Cinq silhouettes furtives, de vert vêtus. Arcs à le main, ils avançait entre les troncs sans un bruit, leurs pas ne laissant quasiment aucune traces dans la terre pourtant meuble des sous-bois. Des forestiers. Sans doute en mission de reconnaissance et de surveillance. Elle ne reconnaissait pas leur clan. Ils saisirent une flèche dans leur carquois et bandèrent leurs arcs avant que Tys ne put se cacher.


Qui est tu ?
On m'appelle Tys.
De quel clan vient tu ?

La jeune elfe hors la lois expira lentement. Tout les sylvains n'étaient donc pas encore au courant de son exil. Mais son apparence assez anormale mettait les sentinelle sylvestre mal-alaise.

Je viens du clan equos mentit-elle. Le clan des dresseurs de chevaux.
Hum. Que fait tu si éloignée des tiens ?
Idryss, cette fille est étrange, on la dirait habitée par un feux intérieur surnaturel. Je n'aime pas ça... Regarde ses yeux...

Et effectivement, les yeux argents de Tys c'étaient mis à flamboyer quand les paroles suspicieuses des elfes réveillaient en elle les souvenirs de persécutions par ses semblables.

Les forestiers la mirent alors en joue. La raison de Tys éclata en mille parcelles. Elle se jeta en avant, fit une roulade sur le côté pour éviter le premier trait mortel puis avant que les autres ne puissent réagir elle envoya valser la plus grande des cinq sentinelles.
Mais elle savait que le combat ne pouvait en aucuns cas tourner à son avantage. Alors elle fit un bond sur le coté et sauta à plat ventre dans les fourrés alors qu'une flèche venait se planter à deux pas de l'endroit où elle avait atterrit. Elle se releva et fonça à travers les bois, deux des elfes à sa suite. Elle était toujours dans le bois obscur, mais les arbres ne semblaient pas vouloir ralentir sa fuite. Au contraire ils s'écartaient pour la laisser passer, et se resserraient ensuite. Les forestiers perdirent bientôt complètement sa trace, car la végétation recouvrait instantanément la moindre empreinte que Tys laissait derrière elle.

Quand elle fut sûre d'avoir semer ses poursuivants elle s'arrêta. Elle haletait. La jeune fille entendis soudain un cri. Cri de douleur d'un elfe. Puis un deuxième, la voix d'une elfe cette fois. Et plus rien.

Ses deux poursuivants ne pisteraient jamais plus qui que ce soit.

Alors la fille de la Lune reprit sa marche vers la lisière des arbres. Vers les réponses dont elle avait besoin. Et de sombres pensées virevoltaient dans son esprits.