Quartiers pauvres
Posté : 12 déc. 2009, 15:26
La journée s'annonçait morose : un vent froid, une grisaille lumineuse qui se transformerait sans doute en pluie tout sauf agréable, alors que la boue de la dernière averse était encore fraîche. Les maladies d'hiver jouaient sans scrupule dans les bas quartiers de Couronne, s'ajoutant aux misères éternelles des déshérités divers et nombreux qui peuplaient toujours, d'une manière ou d'une autre, toutes les villes de cette taille, comme l'ombre peuple les profondes cavernes. Un tas de déchets s'apprêtait à fermenter, un tas de loques au fond d'une impasse miteuse qui devait être un clochard mort récemment, quelques chiens errants qui se battaient pour une forme indistincte dans une ruelle grisâtre et un autre molosse qui hésitait à poursuivre une bande rats plus gros que des chats.
La journée s'annonçait bien, d'un autre point de vue : les ombres étaient toujours aussi foisonnantes dans les rues tortueuses et étroites parfaites pour se perdre, semer quelqu'un ou tendre un amical traquenard, la surveillance des marchandises sur les étals n'était pas plus importante que d'habitude, et avec un peu d'application, une rapine ou deux passerait inaperçue... Quelques gens aisés se faisaient peur aux abords des bas-fonds, les gardes de la cité oubliaient plus ou moins de patrouiller dans le secteur, les organisations humanitaires - dans la mesure où elles venaient en aide à ceux qui y travaillaient, quitte à sacrifier un peu d'honneur, quelques vertus et deux ou trois autres bricoles comme la vie ou la richesse d'un badaud anonyme qui n'intéressait au final personne dans le secteur, et c'était tout ce qui comptait - œuvraient bon train malgré l'heure matinale et la fraîcheur de l'air.
La journée s'annonçait globalement pareille aux autres, au final.
Une rafale de vent balaya les effluves propres à la rue, renouvelant un air déjà vieux par un froid peu agréable. Alors que tu marchais... tranquillement ? dans la rue, deux charrettes à bras recouvertes de couvertures t'obligent à t'arrêter sous un porche pour les laisser passer - et les laisser t'arroser copieusement les bottes en roulant dans une flaque. Une mendiante occupe déjà le porche.
La journée s'annonçait bien, d'un autre point de vue : les ombres étaient toujours aussi foisonnantes dans les rues tortueuses et étroites parfaites pour se perdre, semer quelqu'un ou tendre un amical traquenard, la surveillance des marchandises sur les étals n'était pas plus importante que d'habitude, et avec un peu d'application, une rapine ou deux passerait inaperçue... Quelques gens aisés se faisaient peur aux abords des bas-fonds, les gardes de la cité oubliaient plus ou moins de patrouiller dans le secteur, les organisations humanitaires - dans la mesure où elles venaient en aide à ceux qui y travaillaient, quitte à sacrifier un peu d'honneur, quelques vertus et deux ou trois autres bricoles comme la vie ou la richesse d'un badaud anonyme qui n'intéressait au final personne dans le secteur, et c'était tout ce qui comptait - œuvraient bon train malgré l'heure matinale et la fraîcheur de l'air.
La journée s'annonçait globalement pareille aux autres, au final.
Une rafale de vent balaya les effluves propres à la rue, renouvelant un air déjà vieux par un froid peu agréable. Alors que tu marchais... tranquillement ? dans la rue, deux charrettes à bras recouvertes de couvertures t'obligent à t'arrêter sous un porche pour les laisser passer - et les laisser t'arroser copieusement les bottes en roulant dans une flaque. Une mendiante occupe déjà le porche.