[Surcouf] Avarie commune

Marienburg est le plus grand de tous les ports du Vieux Monde. Située à l’embouchure du fleuve, la ville est un énorme centre de commerce. Le Reik est ici un fleuve énorme, mesurant plus d’un kilomètre et demi d’une berge à l’autre. Marienburg est une cité indépendante (sans lien avec l’Empire), située au sein des Wastelands. c’est aussi le centre de l’activité religieuse du Culte de Manaan, le Dieu de la Mer.

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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Surcouf] Avarie commune

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Cousteau parut triste que Surcouf ignore ses questions. Le vieux ribaud fit la moue, et éloigna son regard par les ouvertures qui offraient une vue plongeante sur l’entrepôt.

La conversation continua donc entre le capitaine et le Saint, qui s’assit à moitié sur le bureau, les bras croisés.
Lorsque Surcouf prononça simplement le nom de la Ligue, il put voir le visage de Räzell se tordre, dans une sorte de grimace assez difficile à définir. Était-ce de la colère ? Ou de la peur ? Peut-être les deux à la fois.

« La chose que j’exporte le plus, c’est des gens. Des serfs échappés qui cherchent du boulot. Je signe des contrats avec des propriétaires du Reikland ou du Wissenland, puis je leur organise le transport jusque-là bas, en touchant une commission.
Du moins, je le faisais, avant la guerre. Maintenant les Bretonniens qui naviguent sur le Reik sont suspectés. J’ai perdu ma seule véritable source de financement. On vivote juste, à présent. »


Il était assez incroyable qu’un chef de pègre présente une telle franchise sur ses mauvaises affaires. Surcouf avait bossé avec suffisamment de partenaires pour savoir qu’ils mentaient tous — chefs de guildes, propriétaires terriens, maîtres de maisons marchandes, à les entendre, ils roulaient tous sur l’or, tout le temps, et il fallait écouter longtemps les rumeurs et les bruits de couloir pour savoir quand il y avait une couille dans le potage.
Mais non, Räzell disait qu’il était aux abois nonchalamment, et avec le sourire.

« Ne me dis donc pas que la guerre va durer, autrement on va sacrément souffrir ici.

– Cette guerre n’est qu’une grossière erreur, fit tristement Cousteau dans son fauteuil. Le roi Louen ne la veut même pas, il a été poussé à la faute par les plus belliqueux de sa cour, ceux qui s'opposent à toutes les réformes. Il veut faire plaisir à ses cousins, pour avoir leur soutien. Les seigneurs de la moyenne noblesse… Ils rêvent d’avoir des terres au-delà des montagnes grises, sans se rendre compte du prix à payer.
L’écœurante vérité, que personne ne veut admettre, c’est que notre pays est beaucoup plus faible et arriéré que l’Empire. Même si on s’emparait d’Ubersreik, on ne saurait pas quoi en faire. Sur le long terme, ça va faire souffrir tout le pays. »


Räzell eut un sourire figé, avant de hocher de la tête.

« Hm, certes… Enfin, c’est pas trop notre problème, n’est-ce pas ? On va pas influencer la cour royale.
Du reste, je suis d’accord avec vous, capitaine. Je sais que pour survivre, je vais bien être forcé de m’intéresser à ce qui se passe hors du quartier. Mais vous avez vu le Sac-à-Vin, notre arrondissement est délabré, dos au mur, ses canaux et ses voiries sont impraticables… Et la Ligue, dès l’instant où on fera un peu de profit, la Ligue va nous tomber dessus. »


Hylke leva timidement sa main. Räzell hocha de la tête pour qu’il parle.

« Pardonnez-moi, j’ai cru comprendre que dans votre culture, on n’aime pas trop que les femmes s’immiscent dans des affaires d’hommes, mais bon…
Vous allez rien gagner à vous apitoyer comme ça sur votre sort. Marienburg est dans le collimateur de la noblesse Bretonnienne depuis deux millénaires au moins — aujourd’hui, on a vu un énorme galion de votre pays qui a jeté l’ancre juste devant le Palais-Neuf. Vous n’allez pas nous faire croire qu’il n’y a pas de riches Bretonniens qui cherchent des alliés ou des investissements ici ?
Le bateau du capitaine n’est pas énorme, mais il y a de quoi se faire un profit discret, sur quelques biens bien précis. Vous n’avez qu’à chercher les opportunités, vous ne m’avez pas l’air d’être né de la dernière pluie. »


Elle parlait comme une marâtre, poliment, mais bien condescendante tout de même. Et pourtant, Räzell ne prit pas la mouche, contrairement à Foucault collé à la porte qui s’était un peu redressé, comme s’il démangeait d’aller la baffer.

« Si je voulais vraiment le faire, je trouverais des opportunités. Si j’acceptais de prendre en charge l’achat, la garde des biens, le transfert sur votre navire — que des choses coûteuses et dangereuses — peut-être que oui, je trouverais des marchandises à vendre.
Mais tout de même, capitaine Surcouf, je veux savoir…
…Vous m’avez l’air de bien gagner votre vie. Vous avez des alliés et une réputation. Je suis sûr que si vous allez vous-même voir les nobles Bretonniens, ou la Ligue des Gentilshommes, ou même si vous demandez à Kuypers, vous aurez de quoi ne jamais être au chômage. Et ils seraient tous des partenaires moins risqués que moi.
Alors… Pourquoi ? Pourquoi vouloir faire des affaires avec des perdants comme nous ? »


Il ricana tout seul, d’un rire jaune.
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Dan Surcouf
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par Dan Surcouf »

Surcouf haussa les épaules.
-Je ne suis qu'un capitaine de navire. Mon influence a ses limites et on ne construit pas un réseaux seul. Je pourrais tenter, mais ça ne décollerait pas. Je devrais tout faire et être partout. Je ne peux pas faire ça. Pas à une telle échelle. Trop long, trop risqué, pas assez régulier. Marienbourg a l'avantage d'être une ville vers laquelle le monde entier converge. Et vous, vous avez quelque chose que le reste de Marienbourg n'a pas: des liens forts avec la Bretonnie. Si je voulais de la soie ou de l'huile d'olive, je serais sans doute allé voir du côté de la ligue. Mais la soie et l'huile d'olive n'ont pas été interdites par l'Empereur.
Il marqua une brève pause.
-Je me diversifie. Je travaille actuellement avec des marchands. Demain peut-être irai-je voir la ligue ou la noblesse bretonnienne. Aujourd'hui, je traite avec vous. Peu importe combien de temps cette guerre dure, il y a une opportunité à saisir, qui nous sera mutuellement bénéfique. Et au terme de ce conflit, rien ne nous empêchera de poursuivre notre collaboration. Tant qu'il y aura des frontières, des taxes et des douaniers, il y aura des opportunités pour des gens comme vous et moi.
Son regard se posa brièvement sur Cousteau.
-Et ce qui est bon pour vous le sera sans doute aussi pour le quartier. La ligue, quand à elle, n'est pas à voir comme une menace, mais une autre opportunité. Ce sont des hommes d'affaires et eux aussi cherchent à se diversifier. Si ils constatent que le Sac-à-vin, ce quartier dont visiblement personne n'espérait rien, arrive à installer un lucratif commerce, ça piquera leur curiosité.
Dan Surcouf, Contrebandier
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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Après le pitch commercial de Surcouf, Räzell ne put s’empêcher de pouffer de rire.

« Un optimiste. Cela faisait longtemps que j’en avais pas entendu…
À vous entendre, tout va rouler comme sur… Heu, sur des roulettes. La ligue, les nobles, on va s’arranger avec tout le monde.

– Vous auriez préféré qu’on vienne vous vendre un projet pessimiste ?
– Je pense que j’attends de voir. Et je suis hésitant. »

Le saint tripota frénétiquement les boutons de son manteau, avant de soupirer.

« J’ai rien à vous proposer aujourd’hui, Surcouf. Mais. Mais… Si vous me promettez que dans quelques mois, vous êtes disponible… J’aurai peut-être pu planquer un peu de marchandise que vous m’achèterez. Foucault m’a dit que vous aviez des… Réserves, sur la-dite marchandise. »

Le chevalier adossé à la porte arbora un petit sourire.

« Du cognac, c’est pas moi qui vous en trouverai, malheureusement. Et des céréales non plus en fait. Je fais ni dans le luxe ni dans le commerce de gros. Et la traite d’êtres humains, si ça vous met mal à l’aise, ça commence à retirer des options… »

Il sembla réfléchir. C’est alors que Cousteau leva le museau, et prononça juste un mot :

« Des chevaux. »

Le saint sembla essayer de comprendre.

« Des chevaux ?
– Le commerce d’équidés fait l’objet de restrictions et de brevets royaux. Vous savez comment les aristocrates Bretonniens sont obsédés par leurs montures. Leurs destriers pur-sangs sont interdits d’exportation sous peine de mort, mais même les races moins en vue sont strictement contrôlées et vendues à prix d’or à l’étranger. Même le cheval de selle le plus vulgaire de Couronne a un prix excellent sur les marchés étrangers.
La guerre, ça avale des chevaux. L’Empire n’aura pas de mal à trouver des hobbys et des bêtes de somme pour leurs régiments et leurs unités de cavalerie. Mais je suis sûr que quelques aristocrates avec trop d’argent à dépenser seraient ravis de mettre la main sur de bonnes bêtes.
Daniel, si tu peux embarquer quelques chevaux sur ton navire, et les faire survivre la traversée, ça pourrait être un beau pactole. »


L’idée de Cousteau était excellente, mais il faudrait peut-être faire des travaux sur la Dame Blanche — installer des barrières, des rampes pour faciliter l’accès… Et ça prendrait de la place. Mais oui, le brigandage de chevaux était un marché plus original, avec peu de concurrents, contrairement au cognac où tous les contrebandiers du monde se jetaient dessus. Le jeu en valait probablement la chandelle.
Si Surcouf acceptait l’investissement de temps et d’or.

« Ma foi… Ouais. Ouais. Ça donne matière à réfléchir. Ça s’organise pas en quelques jours, c’est risqué, mais… Mais on pourrait tenter.
Qu’en dites-vous, Surcouf ? On se revoit un autre jour pour voir ce qu’on fait ? »


Dire « oui » n’engageait à rien de toute façon. Et tout ce petit monde put s’échanger des poignées de mains, des tapes dans le dos, et quelques plaisanteries agréables sur le pays natal.

Mais à un moment, alors que Surcouf s’apprêtait à partir, et que Hylke occupait la conversation en répondant à un Räzell curieux de sa vie (La fameuse galanterie Bretonnienne), Cousteau attrapa le coude du capitaine, et l’entraîna un petit peu à l’écart de la pièce, pour lui parer à voix basse.

« Revoir des gamins du pays, ça me fait toujours plaisir. Bordeleaux n’a pas été tendre avec toi. »

C’était bizarre — ce petit vieux avait quitté Bordeleaux quand Surcouf devait avoir, quoi, onze ? Douze ans ? Ce n’était pas une petite bourgade Bordeleaux, 20 000 habitants à l’année, et autant de marchands, pèlerins, prêtres ou chevaliers en tout genre qui venaient pour les quatre foires annuelles et les fêtes religieuses — c’était à Bordeleaux qu’on trouvait la première chapelle du Graal de l’histoire. Autant dire que ça en faisait, des noms et des visages à retenir.
Et pourtant Cousteau se souvenait encore du petit mendiant qui vivotait de coquillages. Le vioc avait beau avoir une apparence faible, malade, et pauvre dans son gros habit ample, il semblait y avoir encore beaucoup d’intelligence, d’air alerte dans ses yeux. Peu étonnant que Räzell en ait fait son conseiller.

« C’était quand la dernière fois que t’y as mis les pieds ? Tu as gardé des nouvelles de gens là-bas ? De ta famille ?
Si ça peut t’aider, sache que j’ai encore quelques amis là-bas. Des relations. Si je peux me rendre utile… »


Le ton de Cousteau avait changé. Il ne faisait plus le petit vieux sénile. Il était devenu plus… Sournois ? Obséquieux ?
Il n’avait pas l’air de mentir. Il pouvait rendre service à Surcouf. Mais ce n’était plus Cousteau qui dirigeait Bordeleaux, c’était Favière, et le duc Albéric. Qu’est-ce qu’il entendait par là ?
Jet de baratin (Bonus : +2, bas-fond + baratin) : 11, réussite

Jet d’évaluation maritime (Bonus : +3. Tu connais ton bateau quand même.) : 14, réussite. Tu sais que la Dame Blanche peut transporter des chevaux, mais faudrait genre 3 semaines de travaux et plusieurs dizaines de couronnes pour modifier un peu l’architecture de ton navire. Rien d’incroyable, mais faudra que tu trouves des financements pour.

Jet d’empathie (INT/2, tu n’as pas la compétence) : 6, réussite
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Dan Surcouf
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par Dan Surcouf »

Des chevaux. Un sourire s'étira sur les lèvres du contrebandier. Si Cousteau n'en avait jamais parlé, il n'y aurait sans doute jamais pensé. En tant que gamin des docks de Bordeleaux, marin et habitant de Marienbourg, Surcouf n'en voyait pas souvent et, ironiquement, tout les chevaliers bretonniens qu'il avait rencontré, jusque là, se baladaient à pied. Mais Cousteau avait raison. La chevalerie bretonnienne avait une réputation continentale, si ce n'était mondiale. Leur pays avait beau être complètement arriéré, le chevalerie était la seule chose de réellement impressionant sur la Bretonnie. Non pas qu'elle soit moderne. Elle était complètement arriérée par rapport aux standard de l'Empire! Mais elle avait malgré tout su s'adapter aux temps moderne. Enfin, adapté... un bien grand mot. C'était plutôt les bretonniens qui avaient rossés les temps modernes assez fort pour garder leurs traditions. Si ça fonctionne, pourquoi changer?

Les chevaux bretonniens étaient une grande partie du succès de leur chevalerie. Et c'était un secret jalousement gardé. Peine de mort et tutti quanti comme l'expliquait le vieux Cousteau. En clair, une mine d'or qui n'était que peu exploitée et qui ne risquait pas de s'épuiser.

-Il faudrait que je modifie mon navire... mais ça pourrait se faire. Pendant mes affaires, je pourrais déjà prospecter un peu pour trouver des débouchés à une telle marchandise. Je pars d'ici quelques jours, je vous propose qu'on se retrouve à mon retour pour faire le point.
Une fois les poignées de mains et autres politesses échangées, Surcouf fut tiré à l'écart pour Cousteau.

Il arqua un sourcil face à l'intérêt que lui portait le vieil homme. Dans la marée d'individus que composait la cité, Surcouf n'était qu'un simple fils de pute parmi des milliers. Sa mère elle même, n'était qu'une énième fille de joie parmi tant d'autres. Mais en voyant le comportement de Cousteau changer, Surcouf en conclu assez vite que le vieillard devait chercher à établir une sorte de connexion avec lui.

Cousteau ne devait sans doute pas se souvenir de lui. Mais si il avait encore des contacts à Bordeleaux, il avait dû se renseigner sur lui, à un moment ou un autre, probablement quand Surcouf avait été amené à travailler avec Foucon. Faviere devait encore avoir l'affaire de l'arsenal au travers de la gorge et vu le foin que ça avait fait, à l'époque, faire le lien entre Dan Surcouf, commandant du rouge-gorge ayant échappé à la marine royale en passant par l'Ile muette, et Dan Surcouf, commandant du rouge gorge qui était arrivé quelques mois plus tard dans les geôles de Rikjer, n'avait pas dû être spécialement compliqué. De là, de part le rôle qu'occupait le vieux Cousteau, à l'époque, dans les bas fond de Bordeleaux, il lui était facile de supposer qu'il avait peut-être rencontré Surcouf, le fils de pute, quand il était gosse. Et dans le doute, la mémoire faillible d'un gamin restait une excellente excuse pour écarter toute confusion.

Quand à pourquoi, le vieux avait un angle. Il était clair qu'il était bien plus que ce qu'il laissait transparaitre. La jeunesse de Razell et son étonnante franchise sur ses affaires, couplé aux cachotteries et à l'esprit aiguisé de Cousteau, laissait le contrebandier pensif quand l'identité du véritable maître de ces lieux. Cela c'était déjà vu. Un conseiller ou second qui tirait réellement les ficelles, depuis le confort des coulisses, pendant qu'un chef factice s'affichait au reste du monde.

Il fixa le vieil homme quelques instants, avant de répondre.

-Cela doit bien faire des années que je n'y suis pas retourné.
Il déglutit, songeant à Faviere et la marine royale. Sa tête devait probablement encore être à prix là bas.
-Je ne sais même pas si ma mère est toujours en vie.
Il ricana. Elle devait l'être. Eve Surcouf n'était qu'une prostituée des docks, mais elle avait assez de caractère pour envoyer paître Morr. Des années passées à partager sa couche avec des goujats en tout genre pouvaient avoir ce genre d'effet.
-Mais je m'inquiète pas pour elle. Pour ce qui me concerne, je suis pas spécialement le bienvenu à Bordeleaux. La dernière fois s'était assez mal terminée.
Il rit à nouveau.
-Sauf si Faviere et compagnie ont changé d'avis depuis...
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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Cousteau fit la moue.

« Favière… Moui. C’est un homme assez… Rancunier. »

Le vieil homme regarda par-dessus son épaule. Hylke avait fait une blague, qui fit éclater de rire Räzell.

« Mais la rancune est un défaut. Ça dessert tout le monde de s’y accrocher. Les crimes ont bien une période de prescription, non ? Même les gens dans la position de Favière doivent le comprendre. J’ai passé quinze ans de ma vie à nettoyer la merde à Bordeleaux, j’ai vite appris à fermer l’œil de temps à autre. Favière doit l’apprendre également, à un moment ou à un autre… »

Il noyait le poisson. Heureusement, il finit par arriver là où il voulait en venir.

« Favière est un ami. Comme le châtelain de Bordeleaux, un ami aussi. Je peux leur parler. Faire… Disparaître ton avis de recherche sous une pile. Ou faire couler un peu d’eau sous les ponts. Tu pourrais revenir à Bordeleaux, Daniel, comme tu voudrais, quand tu voudrais. »

Et il tapota dans le dos de Surcouf.

« T’as un navire de haute mer, donc je suppose que tu vas pas remonter le Reik ? Tu vas visiter la côte, Nordland, Ostland ?…
Mon avis, Surcouf. Tu devrais un peu observer ce qui se passe là-bas. Tu lis un peu le journal ? Tu devrais. Et regarder un peu si les journaux disent la vérité. »


Et le vieux se mit maintenant à avoir un petit sourire complice.
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Dan Surcouf
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par Dan Surcouf »

Surcouf observa Cousteau d'un air dubitatif. Il avait été complice dans l'introduction d'un intru sur l'arsenal Royal de Bordeleau et Favière le croyait plus ou moins responsable pour le fiasco qu'avait été l'entière opération... au point de le dénoncer aux autorités bretonniennes à l'époque. On commençait dangereusement à s'approcher de la trahison à ce niveau. La prescription avait peu de chance de s'appliquer... et elle n'existait pas dans le monde la pègre.

Pour un type qui était censé avoir été bannis de Bordeleau, prétendre pouvoir faire disparaître une telle marque noire auprès du Duc et du parrain local, qui avaient tout deux de bonnes raisons d'avoir une dent contre Surcouf, c'était un poil trop gros. Ce fut quand le vieux Cousteau lui proposa d'observer ce qu'il se passait sur les côtes Nordlandaise et Ostlandaise qu'il comprit.

-La belle Agnès...
Ses yeux se posèrent sur le viel homme. La guerre, ses commentaires visiblement bien informés sur les tenants et aboutissants de la cour royale Bretonnienne, la soudaine venue de la Belle Agnès, l'une des caraques d'Albéric, l'intérêt très particulier d'un vieil homme qu'il ne l'avait que vaguement connu quand il était gamin.

Soit le vieux le baratinait pour des motifs que Surcouf n'arrivait à discerner, soit il roulait pour les services secrets de sa majesté. Les deux étaient assez probables. De part sa position, Marienbourg était un véritable nid d'espion. C'était le carrefour de l'humanité et la plaque tournante du vieux continent. Plus important encore, c'est un endroit neutre, coincé entre les puissances Impériale et Royale. Un espion à Marienbourg était probablement la personne la mieux informée de tout le vieux continent.

Il s'éclaircit la gorge, cherchant à recoller un minimum son masque professionnel. Il nota mentalement de parler des journaux à Hylke. Si quelqu'un savait ce qu'il se tramait dans les colonnes noircies des divers torchons de cette ville, c'était bien elle.

-Et si les journaux ne disaient pas la vérité?
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Cousteau fit une grimace, tandis que ses yeux se mirent à pétiller. C’est comme si un dialogue silencieux s’était installé soudain entre les deux ; Oui, Surcouf, tu as deviné, semblait-il dire.
Ce n’était pas une épave dépressive échouée dans les bas-fonds immondes de Marienburg. C’était un agent du Secret du Roy, les yeux et les oreilles de Louen Cœur-de-Lion — et Surcouf était en train de se faire offrir un emploi de mouche.

« Hé bien, les secrets tu vois, c’est une denrée assez étrange, dont la valeur est terriblement changeante selon à qui tu les offres…
Moi tu vois, ce qui m’intéresse, c’est qu’est-ce qui se passe de l’autre côté de la frontière. Savoir s’il y a des troubles dans le Nordland. Si on croise beaucoup de bateaux de guerre en mer. Si le baron Theodoric Gausser se porte bien. Si les Elfes de la forêt ont choisi un camp.
Quand tu vas être là-bas, tu vas pas y échapper — tu vas voir plein de monde, tu vas entendre mille bruits dans les tavernes, observer des choses de tes propres yeux… Lorsque tu reviendras à Marienburg, peut-être tu pourrais un peu me parler de ce que t’as pu voir ? Un marchand, ça serre toujours plein de mains. Un contrebandier, encore plus.
Et bien sûr, si tu es très amical avec moi, de bien vouloir m’informer un peu de ce qui se passe au Nordland, bah moi, je serai très amical avec toi, Daniel. Tu sais, c’est moi qui aie créé Favière — je l’ai sorti de la misère, j’en ai fait un homme, et aujourd’hui, un roi des ribauds. Un fils respecte toujours son père. Surtout en Bretonnie. »


Hylke, discrètement, s’était un peu écartée du Saint, et commençait à écouter la conversation des deux hommes. Cousteau semblait avoir des sens de chouettes, car il se tût soudainement en se sentant épié. Le voilà qui reprit sa façade de vieux sucrant les fraises, puisqu’il tapota frénétiquement l’épaule de Surcouf, et sa voix redevint un peu chevrotante.

« Je te souhaite bonne fortune pour la suite, Daniel. Et surtout, que le Trident soit sage. »

Le gros Foucault qui se tenait devant la porte s’écarta et l’ouvrit, pour permettre à ces messieurs de sortir.

« C’était bon de te revoir, Dan. Hâte de refaire affaires avec toi.
Les chevaux, c’est vrai que ça promet. »


Hylke ne pipa mot. Elle se contenta de raccompagner Surcouf à travers le lupanar et les arènes de coqs combattants, et c’est uniquement lorsqu’ils revirent les rayons du soleil dehors, avec les effluves des canaux encombrés du Sac-à-Vin qui remontaient dans le nez, que la borgne utilisa à nouveau sa voix :

« Intéressant, comme détour. Le Saint est un parfait gentleman, vraiment plaisant à la conversation.
…Enfin, si c’est bien lui le Saint, et pas le petit vieux qui t’as tenu la jambe. »


Elle était maline. Surcouf l’avait bien choisie.

« Alors, qu’est-ce que t’en penses ? On peut bosser avec ces types, ou on oublie ? »

Surcouf pouvait regarder autour de lui — le bidonville des ressortissants de sa patrie faisait tellement peine à voir. Il y avait dans un coin une bande de gamins pieds-nus qui descendaient un escalier en courant après quelque chose. Une charrette à bras d’un colporteur âgé, remplie de camelote et de quincaillerie. Et puis, cette chapelle du Graal, seul bâtiment qui n’était pas penché de côté ou avec une façade lézardée — un petit morceau de beauté de chez eux, à l’architecture Bordelaise qui tranchait dans le paysage des colombages Jutones ; des voûtes croisées d’ogives, des vitraux, des choses qu’on trouvait partout en Bretonnie, et fort peu quand on dépassait les montagnes. Et pourtant, cette petite chapelle cachée valait bien les temples des grandes îles de Marienburg…

On pouvait être triste de la situation de pauvreté du bidonville. Ou y déceler une grande opportunité.

« Hmpf, on a bien bossé aujourd’hui. Je compte me reposer chez moi avant le départ. Il reste juste le sorcier à recruter et la cale à remplir, et après les dés sont jetés ?
Hésite pas à venir me voir si t’as besoin de quelque chose. Ou si tu veux faire un truc. »
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Dan Surcouf
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par Dan Surcouf »

Le message de Cousteau était des plus clairs. Il avait créé Favière. Il pouvait le détruire... et il pouvait le faire pour Surcouf aussi. Il hocha la tête aux propos du vieux. Il voulait des renseignement, il essayerait de voir ce qu'il pourrait faire. Il arqua un sourcil lorsque Cousteau reprit son rôle de petit vieux gateux, puis il remarqua qu'Hylke s'était rapprochée. La conversation s'interrompit, Foucon ouvrit la porte. L'entrevue était terminée.

Une fois dehors, Hylke lui confia ses impressions. Ils étaient plus ou moins sur la même longueur d'onde, à un détail près.

-C'était bien le Saint... mais c'est un pantin.
Il marqua une légère pause.
-Si on s'embarque là dedans, c'est bien plus qu'un trafic de canasson qui nous attend. Il faudra qu'on en parle avec Darri.
C'était la moindre des choses. Darri restait son second. Avant de prendre la moindre décision, la courtoisie et l'amitié la plus élémentaires lui dictaient d'informer ses plus proches collaborateurs. Passer de trafiquant de cognac à espions, c'était une décision très lourde de sens, qu'il ne faudrait pas prendre à la légère. Et clairement, il était hors de question d'informer le reste de l'équipage à ce sujet, pour le moment.

Cousteau était vraisemblablement un officier traitant. Il devait avoir d'autres agents sur le vieux continent, qu'il coordonnait depuis Marienbourg. Le succès du vieux dépendant de sa discrétion. Et les marins n'étaient pas spécialement réputés pour leur discrétion. Si il commençait à leur confier ça, c'était un coup à les retrouver hurler, dans toutes les tavernes du vieux monde, qu'ils avaient bossés pour les services secrets bretonniens. Et c'était sans compter sur la possible présence d'agents impériaux en ville. Quelqu'un, probablement lui même, finirait avec un bout de métal pointu coincé entre les côtes.

Il fut tiré de ses songes par Hylke.

-Yup. Le mage et la cale.
Il grimaça en songeant au recrutement du mage. Ces types se savaient en position de force dans n'importe quelle négociation. Ils demandaient des salaires et avantages exorbitant.
-En espérant que le mage ne fera pas trop de chichi.
Il soupira.
-Je vais rentrer chez moi aussi. On s'organisera une petite réunion avec Darri avant le départ, pour parler de cette histoire de chevaux.
Il la salua d'un bref signe de tête, avant de prendre la direction de sa loge, dans le Suiddock.
Dan Surcouf, Contrebandier
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

L’adresse de la logeuse finit par servir. Le lendemain, Surcouf décida d’à nouveau emprunter une gondole pour aller cette fois-ci dans le quartier où il trouverait Maître Galle, le gipponier.

Galle était un monsieur très sympathique, bien que vieux — il avait le même âge que sa logeuse, en fait, la même génération. Courtois, patient, Surcouf passa une bonne matinée complète à se faire prendre des mesures, à devoir subir des cordelettes et des rubans pour que l’on puisse mesurer son aine et sa bedaine, avant de choisir entre divers complets, à gilets ou doublets. Comme si ça ne suffisait pas, Galle l’envoya à deux adresses différentes ensuite, un chapelier et un chausseur — il serait bête d’acheter une tenue haute gamme et de se présenter avec des bottes crasseuses.

Le gamin des rues de Bordeleaux avait bien changé, et il s’en rendit d’autant plus compte le surlendemain, quand un garçon livra les diverses commandes réglées à son domicile. Le jeune matelot gringalet des mauvais quartiers de Bretonnie put découvrir le nouveau lui dans le miroir : il était devenu un dandy. Il n’y avait quasiment aucune différence entre lui et un représentant de l’archi-puissante Confrérie du Phare, et il sentait qu’il aurait pu se présenter devant le roi Louen lui-même sans passer pour un malade voulant recevoir le toucher des écrouelles ; seul son visage présentait encore les stigmates de sa vie, la vraie, celle qui l’avait déjà bien cabossé alors qu’il n’avait pas vingt-cinq ans.

Aujourd’hui, Dan avait affaire. Le mulot respectait toujours ses promesses, même si parfois il prenait un peu son temps ; on lui donna rendez-vous dans un restaurant au Goudberg, le quartier huppé de la ville, où l’on trouvait les personnes les plus aisées.




C’est fou, comment dans ce monde, un costume pouvait tout changer à son destin. On comprenait un peu mieux la puissance des bonimenteurs ; Rien que le regard des gens changeait. Dès qu’il mit le pied dans une barque, le gondolier inclina la tête par respect, et dit une phrase du genre : « Où allez-vous, monsieur ? » — personne ne l’appelait jamais Monsieur, les conducteurs de barque préféraient généralement un plus sympathique : « Où qu’on va, chef ? ». Le plus bizarre lui fut réservé quand il mit le pied aux quais du Goudberg.

Il n’était pas souvent allé au Goudberg, mais des fois, à cause de ses obligations — plus le côté légal que son commerce de contrebandier, il fallait l’avouer. Si Marienburg était la ville la plus riche du monde, l’essentielle de sa fortune devait être concentrée ici ; les rues étaient pavées et propres, et pas encombrées par des dizaines de passants et de colporteurs avec leurs charrettes à bras. Toutes les maisons tenaient bien debout, entretenues et rénovées, même si on mélangeait les styles architecturaux — il y avait ici des colonnes à la Remassienne et des fenêtres à la Parravonnaise, des gargouilles plus médiévales avec des statues en bronze de grands artistes Impériaux. C’était le quartier où on trouvait partout des petits théâtres, des cabarets, des musées — et le chantier naval van Reeveld, qui fabriquait les meilleurs vaisseaux fluviaux du monde, racés et rapides.

Mais voilà. Le Goudberg c’était le genre d’endroit où il se faisait discret. Mais aujourd’hui, les coiffes noires ne le dévisageaient pas, et si certaines femmes se retournaient à son passage, c’étaient uniquement pour l’étudier avec un petit sourire. Le costume du riche Marienbourgeois était étonnamment austère et simple pour un peuple pourtant si riche — les bons messieurs étaient tous vêtus de noir, des pieds au cou, avec un long chapeau sur la tête ; certains âgés, polis, retiraient d’ailleurs le leur pour saluer le capitaine, en lui souhaitant une bonne journée, et ainsi, le Bretonnien attisait une curiosité bienveillante, alors qu’on devait bien se demander d’où cet élégant jeune homme sortait. Cela lui permit au moins de demander des renseignements pour être bien aiguillé.



Dans une grande rue où la chaussée était agrandie pour permettre aux calèches de passer, Surcouf attendit sur le trottoir avec d’autres personnes. Une coiffe noire se mit en plein milieu, utilisa son sifflet, et permit aux piétons de passer. Il dépassa un square avec plein d’arbustes, et une immense statue en bronze, qui représentait un militaire géant, en armure de plate, avec une peau de loup sur les épaules — c’était l’Empereur-Loup Frederick, qui avait libéré la ville des Bretonniens au XVIIe siècle. Mais aujourd’hui, Surcouf ne pouvait pas voir la tête de Frederick : elle avait été coiffée d’une citrouille, et des ouvriers bien peinés en bas se grattaient la tête en se demandant sûrement comment elle avait atterri ici. Quelques enfants bien habillés et avec les pieds chaussés pointaient du doigt la statue de Frederick en riant aux éclats. Sur la base de la statue, Surcouf vit des dizaines de placards, des feuillets jaunâtres collés là par un agitateur politique.
LA RÉPUBLIQUE EST ÉTERNELLE

Honnêtes Gens De Marienburg — Depuis Un Siècle Maintenant, Nous Incarnons Le Grand Rêve Jutone, Celui De La Liberté Et Du Gouvernement Du Peuple, Par Le Peuple, Pour Le Peuple ;

N’Oubliez Jamais, À L’Heure Où Certains Prêchent L’Ouverture Avec Les Suppôts De Karl-Franz, Que C’est Son Arrière-Arrière-Grand-Père Qui A Trahit La Reconnaissance D’Indépendance En Envahissant Le Marais Grootscher À La Tête De Cent Mille Soldats Et Chevaliers — Nos Ancêtres Ont Défendu Notre Grande Nation Naissante Par Le Sacrifice Du Sang.

Aujourd’hui, Les Sigmarites Savent Qu’ils Ne Gagneront Jamais Par Les Armes, Tant Nous Sommes Forts — Alors, Ils Tentent De Gagner Par La Fourberie ! Ils Nous Infiltrent, Et Nous Détruisent De L’Intérieur, En Utilisant Des Termes Tels Que : Compromis, Libre-Échange, Rétrocession.

Craignez Vos Voisins, S’ils Prient Sigmar Ou Ulric — Derrière Chacun D’Eux Se Cache Karl-Franz, Et Sa Putain Blonde, Le Nordlander Theodoric Gausser !


Alors que Surcouf lisait le pamphlet, un groupe de quatre hommes grands et costauds, tous vêtus d’imperméables gris, s’approchèrent de la statue. Ils commencèrent à arracher violemment des mains les pamphlets que les passants curieux récupéraient, en répétant des ordres :

« Lâchez ça monsieur, et circulez ! Il n’y a rien à voir !
– Hé ! Puis-je savoir de quel droit osez-vous me toucher ?!
Protesta un bon bourgeois.
– Garde du palais. C’est une affaire de crime politique. Veuillez circuler, monsieur ! »

Ces hommes-là n’avaient absolument pas l’uniforme de gardes du palais, et pourtant, ils ne mentiraient pas sur une telle chose. Nul doute qu’ils devaient être une sorte de police secrète, que Surcouf ne reconnaissait pas. Toujours est-il, le moment était venu de prendre la poudre d’escampette.



Finalement, Surcouf termina devant l’entrée du restaurant — un grand et beau bâtiment, une sorte de grande maison à colombage, avec une enseigne qui affichait le nom du restaurant : « Le Petit Bögenhäfen ». Un restaurant culinaire Impérial, pas l’endroit le plus huppé de la ville donc, si le mulot désirait vraiment en jeter, ils seraient allés dans un petit établissement oriental, ou même au minimum Bretonnien.

Il grimpa les marches, ouvrit la porte, et se retrouva devant un maître d’hôtel, un brave garçon rasé de près et habillé comme un pingouin.

« Bonjour à vous, monsieur — avez-vous une réservation ?
…Ha, en effet, maître Kuilboer vous attend. Suivez-moi donc. »


Serviette sur le bras, menu à la main, il ouvrit la voie au matelot.
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Le restaurant avait un air de petit bistrot. C’était joli et chaleureux, mais pas vraiment un palace. Quelques tables étaient occupées, et celle vers laquelle l’entraînait le maître d’hôtel se trouvait au-dessus du bar, auquel on accédait avec un petit escalier.

Il y avait là deux hommes déjà attablés, avec un verre d’apéritif de servi. Kuilboer s’était fait beau ; il avait sorti son plus beau costume noir et s’était un peu poudré le visage. En voyant Surcouf, il fit un grand sourire, alors qu’il se levait pour marcher à sa hauteur et lui taper chaleureusement dans la main.

« Hé bien ! Un beau doublet, ça vous change un homme ! »

Surcouf regarda l’autre personne, qui ne s’était pas levée, et qui maintenant l’observait avec un petit sourire.
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C’était un homme au visage très anguleux, et glabre. Maigre, les joues très bien définies, avec des cheveux noirs mi-longs et lisses.
Il était vêtu bizarrement court, pour un lieu public. Son cou était suffisamment échancré pour que Surcouf découvre un tatouage de serpent, qui ne lui disait rien — ce n’était pas un tatouage de marin.

« Dan, je te présente Adriaen Pourbus, diplômé cum laude du collège du baron Henryk d’une maîtrise en triple cursus : navigation, magie maritime et arts libéraux. C’est une personne tellement érudite et lettrée, qui m’a rendu de fiers services.
Adriaen, permets-moi de te présenter Dan Surcouf, capitaine du navire la Dame Blanche, tu ne trouveras pas meilleur pilote que lui sur la Mer des Griffes.

– J’espère qu’il n’exagère pas autant à votre sujet qu’il exagère au sujet du mien. Bonjour à vous, monsieur Surcouf. »

Dan leva sa main pour serrer celle d’Adriaen, quand le mage fit quelque chose de très bizarre ;
Il présenta le dos de sa main. Il souhaitait qu’on lui fasse un baise-main. Sauf que c’est ce qu’on fait aux filles, pas aux garçons… ?

Beau costume rajouté à ton inventaire, prend en soin.
Une pistole et 6 sous retirés pour tes dépenses de vie (Faut bien que Surcouf mange).

Jet de connaissances : 17, échec
Jet d’intelligence : 18, échec

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Dan Surcouf
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par Dan Surcouf »

C'était... nouveau. Avant d'enfiler ce doublet et cette toque à plume d'un cyan plutôt tape à l'œil, Surcouf n'avait vraiment pas mesuré la valeur d'une bonne tenue. En tant que fils de catin et voyou de profession, l'apparence d'un gueux et les regard allant avec étaient la norme. Le respect, voir les courbettes, qu'on lui présentait, fut une expérience des plus déstabilisantes. Dans le fond, il restait Dan Surcouf, contrebandier et fils d'une prostituée de Bordeleaux... mais pour les gens, avec cette tenue, il était à présent le très respectable capitaine Surcouf, commandant de la Dame Blanche et honnête acheteur à la très honorable Bourse de Marienbourg. Il sourit. C'était assez ironique de penser qu'il y a quelques années, il créchait encore à Rikjer.

Lorsqu'il passa devant la statue de Karl Franz, il fut assez amusé de voir le vieil Empereur encitrouillé. Et si il en jugeait par les pamphlets placardés sur la place, l'Empire ne semblait pas plus avoir la côte ici que le Royaume de Bretonnie. Et si il en jugeait pas la réaction des "gardes du palais", Marienbourg allait encore être au cœur d'événements historiques intéressants. Cousteau servait Couronne, son homologue impérial devait certainement roder, sans doute dans les hautes sphères de la cité Jutonne.

Il finit par atteindre le restaurant dans lequel Kuilboer l'avait convoqué. Le Petit Bögenhäfen. Surcouf ne connaissait pas. D'un autre côté, il ne connaissait pas beaucoup de restaurant du Goudberg, ou même de Marienbourg en général. Généralement, il se contentait d'auberges et de tavernes où il avait ses habitudes, comme le Perchoir.

Le maître d'hôtel le conduisit jusqu'au mulot. Les politesses d'usage furent échangées. Kuilboer complimenta Surcouf sur sa tenue, Surcouf le remercia et, finalement, leur mage prodige fut donc présenté. Pour être franc, Kuilboer aurait pu lui présenter un gueux de Vlakland après l'avoir habillé et parfumé, avant de prétendre qu'il venait de l'académie lunaire de Randomatz, le contrebandier n'y aurait sans doute vu que du feu. Surcouf n'y connaissait rien en magie. D'un autre côté, c'était pour ça qu'il bossait avec le mulot.

Surcouf fut quelque peu surpris de voir que le mage lui présentait le dos de sa main. Cela ne l'empêcha toutefois pas de la serrer. Il y avait toujours des gens un peu originaux qui serrait les mains un peu bizarrement. Bizarre était sans doute la norme pour un mage. Il sourit à l'hyperbole de Kuilboer.

-Enchanté monsieur Pourbus.
Dan Surcouf, Contrebandier
Profil: For 9 | End 9 | Hab 11 | Cha 11 | Int 12 | Ini 9 | Att 9 | Par 9 | Tir 9 | Foi | Mag | NA 1 | PV 70/70
Lien Fiche personnage: wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_dan_surcouf

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