[Surcouf] Avarie commune

Marienburg est le plus grand de tous les ports du Vieux Monde. Située à l’embouchure du fleuve, la ville est un énorme centre de commerce. Le Reik est ici un fleuve énorme, mesurant plus d’un kilomètre et demi d’une berge à l’autre. Marienburg est une cité indépendante (sans lien avec l’Empire), située au sein des Wastelands. c’est aussi le centre de l’activité religieuse du Culte de Manaan, le Dieu de la Mer.

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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Hylke fut pensive suite aux propos de Surcouf. Tout en zieutant rapidement sur son journal, elle se mit à conjecturer :

« La paix est toujours plus profitable que la guerre. La paix ça vient avec le commerce, c’est les entrepôts remplis, c’est les impôts qui construisent des ponts et des routes au lieu de bombardes et de frégates.
Mais c’est plus profitable pour les honnêtes gens que pour les contrebandiers. »

Et elle offrit un sourire… Étrange. Surcouf était incapable de savoir si Hylke avait dit ça pour être taquine, pour le provoquer, ou pour l’insulter. Les femmes avaient ce pouvoir, les troubadours de Bretonnie en étaient certains.

« La Bretonnie est un pays si beau, et si prospère. Il pourrait être tellement plus si seulement ses aristocrates le voulaient.
À moins que ta nation n’est prospère que parce qu’elle est horrible. Savais-tu que la Bretonnie inondait tous les marchés du Vieux Monde avec de la matière agricole ? Le vin d’Aquitanie, le blé de Bastogne, la laine de Gasconnie… ils mêlent la quantité et la qualité, en si grand nombre que les paysans de l’Empire ont du mal à joindre les deux bouts — les taxes punitives décidées par Karl-Franz ne sont pas qu’une simple mesure de rétorsion, c’est aussi une mesure très populaire auprès du peuple, mais terrible pour les manufacturiers et les aristocrates.
La Bretonnie peut se permettre cette puissance, car des millions de serfs travaillent à créer du surplus d’exportation. Régulièrement, il y a des disettes dans les bourgs Bretonniens, alors que Salzenmund ou Bilbali débordent de froment.
Qu’en penses-tu, Dan ? Est-ce que tu souhaites simplement avoir ta part du gâteau, là-dedans ? Haendryk t’y encouragerais. »


Elle parlait du Dieu des affaires et du business, celui que les Bretonniens connaissaient sous le nom de Affairiche. Les rumeurs disaient aussi que Haendryk n’était pas un vrai Dieu, mais un simple déguisement endossé par son « frère », Ranald le malicieux voleur.
Haendryk ne roulait ni pour la justice, ni pour la révolte, ni pour changer le monde. Il voulait juste se faire ses dividendes. C’était un culte d’État à Marienburg, pour de très bonnes raisons.


Hylke grinça des dents. Un des coqs venait enfin de mourir, et alors les parieurs firent un vacarme assourdissant : des sifflets et des cris de joie pour les gagnants, des vociférations et des coups sur la barricade pour les perdants. Et alors les bookmakers s’agitaient dans tous les sens, tandis qu’un gros monsieur debout sur une chaise annonçait les prochains combats.

Au milieu de ce tumulte, Surcouf découvrit un visage familier.
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Foucaud de Banterlu, chevalier errant. S’il y avait des chevaliers Bretonniens qui étaient des chics types, même si un peu naïfs, Foucaud n’était pas de cette trempe-là. Fils d’une famille très pauvre (Surcouf n’avait pour tout dire plus aucune idée de quel duché cette raclure venait), il avait décidé de se faire un peu de fric en servant de passeur de serfs ; il aidait des paysans à fuir et à trouver des refuges avant d’embarquer sur un navire.
La justice avait fini par le retrouver, et plutôt que de rester pour subir son jugement comme un homme, il prit la décision de cavaler à toute vitesse et de rejoindre Marienburg, comme un énième exilé comme on en trouvait partout dans cette ville.
Plein de rumeurs circulaient à son sujet, notamment que plusieurs fois, il avait empoché l’argent de serfs avant de les foutre dans une barge pourrie achetée pour une bouchée de pain, puis de l’abandonner en haute-mer. Il avait probablement tué un paquet de gens comme ça. Surcouf avait travaillé avec lui sur une affaire l’année passée ; Foucaud était resté dans ses souvenirs comme quelqu’un de sacrément désagréable, qui exigeait du respect et du « monseigneur ». Nul doute que ça aurait eu du sens en Bretonnie. Pas dans la République du Jutonesryk, où tous les privilèges avaient été abolis, et où les nobles passaient devant les mêmes tribunaux que les roturiers.

Mais Foucaud était un des lieutenants de Saint-Räzell. Une brute efficace pour la bagarre, et bizarrement maline pour connaître les bas-fonds de la ville. Il était une de ces personnes avec qui il fallait bien bosser quand on embrassait le crime.

Surcouf pouvait tenter de lui parler, à moins qu’il n’en ait aucune envie.
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Dan Surcouf
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par Dan Surcouf »

Qui de la paix et de la guerre était le plus profitable? Pour Hylke, c'était la paix. Dans un certain sens, elle n'avait pas tort. Mais pour quelqu'un comme Surcouf, la paix, c'était le status quo. La guerre, c'était le changement. Guerre et paix étaient les faces d'une même pièce. L'une n'allait pas sans l'autre. La paix n'avait de valeur que parce qu'on connaissait l'horreur de la guerre. La guerre n'avait son pouvoir que parce que l'on chérissait la paix.

Il doutait qu'Hylke cherche à le vexer. Traiter Surcouf de contrebandier était comme le traiter de fils de catin. C'était un fait et non une insulte. Toutefois, ses propos sur la Bretonnie et sa façon de traiter ses gens, ainsi que ses relations avec l'Empire, réveillèrent quelque chose en Surcouf: un sentiment d'empathie et de lassitude.

-Il y a une raison si j'ai choisi ce style de vie... et encore, j'ai eu la chance de naître dans un bordel de Bordeleaux et non dans une ferme de Moussillon.
Il regarda son verre. Rouge, tel le sang de la paysannerie qui s'échinait à enrichir et nourrir les sang-bleus qui masquaient leur égoïsme et leur avarice derrière les vertus de la Dame. Son regard se déporta légèrement vers la chapelle. Sa présence, en ces lieux, était un concentré de la plus pure hypocrisie bretonienne. Les chevaliers errant ne manquaient pas de venir lui présenter ses hommages, tout en ignorant sur leur chemin la horde de gueux qu'ils étaient censés protéger. Et lui, dans tout ça? Le grand capitaine Surcouf? Le sauveur de petite fille et le briseur de chaînes? Il n'était qu'un homme. Il avait faillit crever face à une poignée d'esclavagistes, qu'est-ce qu'il pouvait faire pour changer les choses? Rien. Il pouvait juste survivre et tirer son épingle du jeu.
-Il faut bien gagner sa croûte... On pourra pas changer la Bretonnie. Mais si on peut, à l'occasion, changer quelques vies, c'est toujours ça de prit.
Il termina son vin, tandis qu'un coq rendait l'âme dans l'arène.

C'est là qu'il reconnu Foucault de Banterlu. Pardon, monseigneur Foucon de Branlecouille. Une tête de fouine qui se prétendait chevalier errant. Encore un jeune branleur de la petite noblesse qui se parait de son titre pour brutaliser les petites gens. Un faux chevalier qui abandonnait les gueux en pleine mer après avoir empoché leur pognon. Lui et Saint Razell faisaient la paire. Razell était le genre d'individu qui fricotait dangereusement avec les rares principes que s'imposait Surcouf. Sa façon d'envoyer de la main d'œuvre bretonnienne aux quatre coins de l'Empire laissait le contrebandier perplexe.

C'est dans ces moment qu'il aurait aimé avoir le chevalier de Mavignon à ses côtés. Il n'avait pas inventé le fil à couper le beurre, mais au moins était-il digne de son titre. Il aurait probablement rossé Foucon avant de le balancer dans le canal, avant d'envoyer Razell le rejoindre, dans le doute. Même si ça signifiait se mettre la moitié du sac-à-vin sur le dos. Quitte à faire quelque chose de stupide, autant faire quelque chose de bien.

Malheureusement, Surcouf n'avait pas le luxe de s'offrir cette stupidité. Foucon et Razell, aussi répugnant soient-ils, restaient des partenaires commerciaux avec lesquels il était obligé de traiter. Il lui fit signe de la main, pour l'interpeller.

-Monseigneur, si vous n'êtes point trop occupé, je demande audience pour vous parler affaire.
Son ton était mielleux. Masquer le dégoût que lui inspirait cet homme lui était insupportable.
Dan Surcouf, Contrebandier
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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Si Surcouf employait un ton mielleux et poli, le fait qu’il reste assis et se contente de héler de loin avait de quoi mettre en rogne un homme aussi à cheval sur la préséance que Foucault ; demeurer assis devant d’autres est bien un signe de supériorité, comme le fait d’appeler quelqu’un.
Quand il était encore en Bordeleaux, il se souvenait d’avoir vu un aristocrate jeter par terre un estropié ne pouvant plus utiliser ses jambes, car il ne s’était pas levé et incliné devant lui. Il se souvenait également que ce même noble avait été puni d’une très forte amende, d’un dédommagement et d’excuses à la victime par le duc Albéric ; le prince de son pays d’origine était un homme bon, qui défendait bien son peuple, on ne pouvait pas en dire autant de tous ses vassaux…

Mais Surcouf n’était plus un petit paysan qui devait se plier aux règles d’un autre pays. Il bossait pour Jaan van de Kuypers. Même en tant que simple pilote dans une maison marchande qui devait en compter près d’une centaine comme lui, ça comptait. Est-ce que Foucault serait assez intelligent pour le comprendre ? Et apprécierait-il qu’on lui rappelle ?



Toujours est-il. Après deux petites minutes, le sieur de Banterlu passa à travers l’attroupement de parieurs, vite suivi derrière lui par de petites frappes — un petit gros et un gros de taille moyenne, pas vraiment des gens imposants. Foucault enjamba le banc de la table, et s’assit juste à côté de Hylke, qui plaça ses mains sous la table avant de sourire : elle semblait très forte pour jouer la comédie.

« Hello Dan ; qu’est-ce tu fous au Kruiersmurr ? T’es nostalgique ? Enfin, ça fait plaisir de revoir d’bons matelots, hein, y en manquent.
Bon Bordelais, bien sûr, tu t’es déjà servi ! R’gardez ça, les gars, j’espère il est pas plein comme une barrique ! »

Il parlait en bretonni, évidemment ; dans une ville comme Marienburg, il était rare que Surcouf puisse vivre une journée sans manipuler trois langues différentes. Mais Foucault n’allait pas respecter la langue de sa patrie d’accueil, il préférait celle du pays qui l’avait condamné par contumace.
Comme s’il était chez lui, Foucault attrapa le pichet de boisson servi à table, ainsi que le verre de Dan ; et comme ça, il but dedans, tout en faisant comme s’il se mettait à l’aise. Sauf qu’il se rappela trop tard qu’il n’était pas sur un siège, qu’il n’y avait pas de dossier derrière lui non plus, et donc, il fit un mouvement parfaitement ridicule avec son bras qui tomba dans le vide, et son dos avec.
Un instant, Dan eut envie de pouffer de rire tellement Foucault était clownesque. Par chance, il garda tout son calme. Les deux sbires derrière lui, eux, avaient l’air trop terrifiés par leur patron pour se marrer.

Le noble se redressa vite, avec de grands yeux. Il passa une main dans ses cheveux rasés au milieu de son crâne, comme pour se rendre un peu de prestance.

« Heuu, bref, j’disais… »

Il pivota la tête, et observa de très très près le visage de Hylke, en mettant son museau pile devant son visage.
Puis il sifflota, et observa Surcouf.

« C’est elle ta gonzesse ? Une borgne ?
Vraiment des goûts de marins. Elle est locale ? Nan parce que si tu veux une pépette de chez nous on peut t’en trouver. Tu vas pas nous faire des gosses Jutones quand même ? On parle d’un peuple d’usuriers qu’a été envahi par tout le monde, autant baiser une Naine. »

Surcouf ignorait que Foucault avait un diplôme en anthropologie, mais ça promettait une discussion très agréable. En tout cas, Hylke offrit un sourire à son capitaine — probablement qu’elle parlait très bien le bretonni, mais elle eut la jugeote de laisser Surcouf gérer et répondre comme il souhaitait. Elle jouerait probablement son rôle.
Jet de connaissances générales (Bonus : +4) : 17, bof
Jet de sang-froid pour te retenir de rire (Bonus : +6) : 8, réussite

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Dan Surcouf
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par Dan Surcouf »

Surcouf observa le "chevalier" d'un air impavide, devant se retenir très fort pour ne pas rire de ses pitreries, ou de partir dans une colère sombre devant le clair manque de savoir vivre de Foucon. Il laissa planer un bref silence, avant de lancer un bref regard à l'unique œil d'Hylke, quelque peu désolé de l'avoir exposé à ça. Il se tourna vers Foucon.
-Hylke, je te présente Foucault de Banterlu. Chevalier errant de notre bon roi Louen. Sieur Foucault, Hylke Geest. Ma clerc.
Un sourire en coin s'étira sur ses lèvres.
-Rôle qu'elle rempli à merveille en tant que représentante d'un peuple usurier, ce qui est fort convenant pour nous autres ignares alcooliques.
Ses mains se joignirent sur la table.

Les présentations terminées, il était temps de passer aux choses sérieuses.

-Sieur Foucault, vous n'êtes pas sans savoir qu'en ces temps de guerre, l'écoulement de certaines denrées s'en voit fortement impacté et que, à l'occasion, certains individus, aux intérêts particuliers, puissent faire appel à mes services. Dans ces conditions, je me retrouve à devoir à interagir avec toute sortes de parties, pouvant offrir débouchés et offres et, potentiellement, les mettre en relations ce qui, potentiellement, pourrait déboucher sur des partenariat commerciaux forts lucratifs. A terme, un splendide réseaux commercial bien informé pourrait ainsi se développer...
En d'autre terme, un bon gros réseaux de contrebande reposant sur un bon réseau d'informateur, qui profiterait de la guerre pour enrichir bien méchamment un bon paquet de personnages douteux.
-La question est donc de savoir si quelques illustres personnages du "Sac-à-vin" seraient intéressés par une telle opportunité.
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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Le trait d’humour pince-sans-rire de Surcouf eut le mérite de faire ricaner le sire ; et même Hylke, en fait, même si elle se contenta d’un sourire plus discret. Après tout, l’humour Bretonnien avait toujours ses partisans…

Foucault était une brute, mais il n’était pas complètement ignare non plus. Il écouta attentivement Surcouf, tout en tordant un peu ses lèvres. Quelque chose semblait le gêner — mais quoi ?
Il inclina la tête de côté, hocha des épaules, puis approcha le verre subtilisé à ses lèvres.

« Faut voir. »

On faisait difficilement plus laconique, comme commentaire. Il prit deux gorgées de boisson, puis, soudain, il s’intéressa de nouveau à Hylke.

« Ôte-moi d’un doute. Est-ce que… Est-ce que c’est toi qui le tiens par les couilles ? »

La borgne eut un sourire pincé. Elle pencha la tête de côté, elle aussi, pour imiter le chevalier. Et c’est avec une toute petite voix qu’elle demanda, d’un air neutre, en bretonni :

« Plaît-il ?
– Tu t’es faite toute belle avec ta petite robe noire, mais t’as pas une gueule de secrétaire. Tu serais plus bandante. Ou plus joufflue. J’sais pas pourquoi, mais j’ai la vilaine impression que t’es… Plus, que ce que ta gueule veut faire croire.
Si c’est toi qui diriges mon p’tit Surcouf par la queue, je préfère discuter avec toi directement. Tu comprends, je suis le genre de personne qui aime bien faire les choses de façon virile, d’homme à homme, pas avec le Bordelais qui sort tes paroles avec sa bouche. Sauf ton respect bien sûr, Dan ! »


Hylke entrouvrit les lèvres — mais aucun mot ne sortit de sa bouche. Elle était intelligente ; si elle parlait à la place de Surcouf, il serait impossible pour elle de convaincre Foucault de…
De quoi, au juste ? D’une espèce de paranoïa ? Derrière ses airs de gros durs, en fait, Surcouf commençait un peu à comprendre ; le chevalier avait peur qu’il y ait trop d’oreilles qui entendent l’affaire que voulait lui proposer le contrebandier.

En fait, Surcouf leva juste un peu son museau, et observa les deux petites frappes derrière lui. L’un d’eux, le petit gros, avait les lèvres pincées, et trifouillait quelque chose avec sa main. Quoi c’était pas important, mais il avait juste cet bien reconnaissable : celui de quelqu’un nerveux.

Il était judicieux de ménager Foucault. Mais peut-être Surcouf pouvait-il faire comprendre à voix haute qu’il cherchait à bosser avec Saint-Räzell, plutôt que le chevalier. Il serait certain d’être recontacté assez vite par le patron de la brute devant lui.
S’il pouvait le faire tout en continuant de brosser l’ego de Foucault, ça serait encore mieux.

Jet de charisme de Surcouf : 11, réussite de justesse
Jet de perception : 1, réussite critique
Jet d’intelligence : 6, réussi
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Dan Surcouf
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par Dan Surcouf »

Surcouf se tourna brièvement vers Hylke, contemplant quelques instant l'idée d'entrer dans un jeu stupide où il faisait croire à Foucon qu'Hylke était sa patronne. Une démarche absolument inutile, mais néanmoins très amusant, puisqu'elle consistait à se payer la tête de Foucon.
-Sieur Foucault, aux dernières nouvelle, j'étais bien le capitaine de mon navire et Hylke, ici présente, était bien une de mes collaboratrices. Je pense que je serai le premier au courant si cela avait évolué.
Il croisa les bras.
-Maintenant, si vous n'êtes pas intéressé... après tout, nous sommes dans une cité libre. Toutefois, j'ai comme l'impression que Saint-Razell serait fortement... désappointé, de manquer cette opportunité.
Ses lèvres s'étirèrent, dévoilant quelques dents.
-D'autant qu'avec la guerre, certains aspects de ses affaires ont été impactés. Négativement.
Il marqua une pause.
-Peut-être devrai-je aller le voir directement? Après tout, c'est lui qui est réellement concerné.
Dan Surcouf, Contrebandier
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Difficile de savoir si Dan était persuasif. Foucault zieuta Hylke un peu trop longtemps pour son bien, mais la secrétaire borgne se contenta de forcer un sourire un peu figé.
En tout cas, ce qui était certain, c’est qu’il n’apprécia pas le ton du contrebandier. Il releva son menton avec un air dédaigneux, tandis qu’il prit une voix de fausset pour reprendre :

« Si tu veux déranger le Saint, c’est libre à toi. Seulement, on est loin de chez Kuypers, et ne croit pas que parce que tu roules pour sa compagnie, qu’on va être parfaitement accueillants avec toi.
Je suis un de ces hommes de confiance. Si je te présente, plutôt que toi tout seul, je pense que ça sera mieux. Mieux que finir dans le Doodkanaal, au moins… »


Le pire quartier de tout Marienburg, le « canal mort » était là où se cachaient les indigents, les criminels recherchés par la justice, et surtout, les mutants. Toujours le lieu le premier inondé dès que le Reik subit la plus petite crue, la vile avait presque totalement abandonné ce quartier, et même la pègre avec.
C’était l’endroit parfait pour mener des deals illégaux. Et pour faire disparaître des gens gênants. Surcouf badinait avec trop de criminels pour ignorer cet endroit ; quand quelqu’un faisait chier la Ligue des Gentilshommes, la mafia, on l’enlevait avec un sac sur sa tête, et on l’embarquait sur une gondole pour atteindre ce coin abandonné des Dieux…

Est-ce que Foucault était sérieux ? Il était évident qu’il se donnait un peu trop d’importance. Mais même sans se plier devant le mauvais chevalier, il pouvait être un bon allié.
Les paroles de Surcouf avaient au moins servi à le mettre mal à l’aise, et à le faire comprendre qu’il devait un peu brosser le contrebandier dans le sens du poil. Même s’il se donnait un air nonchalant.

« T’es un mec bizarre, Surcouf. Je veux dire, le prends pas mal… Tu t’es fait une réputation, à Marienburg. Une bonne, et une mauvaise.
La bonne, c’est qu’on sait que t’es réglo. Que t’as jamais balancé personne quand t’étais à Rijker. Y a des oiseaux qui piaillent sur les docks, y me disent tous, Surcouf il honore toujours un contrat, même oral. Surcouf il fait les choses proprement. Surcouf il est sûr. Rien que ça, le Saint sera curieux de voir ce que t’as à lui offrir, ouaip.
La mauvaise, c’est que… Bah… Je suis pas certain de savoir c’est quoi tes limites. Parce qu’y paraît que t’en as. Tu t’es fixé des règles, un code, comme les preux chevaliers. »


Lui aussi eut un sourire narquois.

« Tu transportes plein de trucs sur ton bateau. Mais le cognac ça va, ça tue personne le cognac, à part des gros riches plein de thunes qui vont avoir une cirrhose.
Mais est-ce que t’es prêt à… Transporter… D’autres choses ?
Ou d’autres personnes ? »
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par Dan Surcouf »

Surcouf haussa les épaules.
-Nous suivons tous des règles, sieur Foucault. Qu'elles soient celles des autres, des dieux ou les nôtres. J'ai mon code, il est vrai, mais de là à me comparer à un preux chevalier comme vous, c'est aller un peu vite en besogne. Mon "code", me permet surtout d'éviter les emmerdes et de me regarder dans une glace le matin.
Il sourit.
-Mes règles ne sont pas un secret. Je les ai annoncé aujourd'hui même à mon équipage. Il est choses et des gens que je ne prendrais jamais sur mon navire. Les hérétiques et les esclavagistes ne sont pas des gens avec qui l'on peut travailler. J'ai aussi un certain dédain pour les violeurs et autres sagouins.
Il fixa Foucault droit dans les yeux.
-Maintenant, il faut voir ce que vous compter me faire transporter.
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Foucault souffla du nez aux réflexions du capitaine.

« On est tous le sagouin de quelqu’un, Surcouf. Et je te trouve bien prêt à faire des jugements, pour quelqu’un qui bosse pour Jaan van de Kuypers.
Tu te doutes bien que l’homme le plus riche du monde n’est pas devenu l’homme le plus riche du monde en étant gentil. Le nombre de rumeurs qui courent à son sujet… Ah, mais c’est la différence entre un homme fortuné et un homme pauvre, j’imagine. L’un est un criminel. Pour l’autre, c’est de bonne guerre.

– Hé bien, voilà une parole très progressiste — êtes-vous un humaniste, sire Foucault ? L’habit ne fait pas le moine. »

Hylke avait soudain parlé, dans un bretonni parfait, avec un accent totalement naturel. Sourire en coin, tête penchée, petit clin d’œil. Elle venait de lancer une grande pique au noble, et pourtant, elle jouait de charme.
Il siffla d’admiration.

« Alors elle a une langue, la borgne. Et une bien pendue, en plus…
Nan, je suis pas un humaniste. Juste un type qui veut faire son creux dans ce monde. Comme toi, Surcouf, pas vrai ? Donc, si des fois on peut s’arranger…
T’inquiète pas. On entachera pas ta belle conscience toute propre. Quant à ce que tu peux nous faire transporter…
On va demander au patron, hm ? »


Et sur ce, il se leva, en faisant un signe de la tête à Surcouf de le suivre. Quelques pas plus tard, et les matelots de la Dame-Blanche suivaient le grand chevalier, tandis que derrière gros et petit-gros clôturaient la marche.
Ils contournaient l’arène improvisée où déjà d’autres coqs recommençaient à se battre. Ils passèrent derrière un rideau, et là, Surcouf tomba nez-à-nez avec un autel du Dieu Ranald, patron-saint des chanceux et des vauriens — des jeux de dés et de cartes entouraient un crâne posé sur une sorte de petite planche de bois. Machinalement, Hylke attrapa une pièce d’argent de sa bourse et la déposa au milieu.
Ensuite, ils passèrent devant des divans où des clients vautrés fumaient de l’opium, la fumée âcre de leurs pipes prenant à la gorge. Encore plus loin, un simple escalier de service, gardé par des gros bras assis sur les marches.

« Attendez ici. »

Foucault passa, grimpa le tas de marches qui montaient tout en haut de l’entrepôt jusqu’à un bâtiment surélevé. Il toqua, on lui ouvrit, et il entra.
Hylke se mit alors à chuchoter à son capitaine :

« C’est pas moi qui te l’aie dit, mais on raconte que monsieur Saint-Räzell a un gros complexe d’infériorité ; il ne fait pas partie de la Ligue des Gentilshommes Entreprenants, le syndicat de malfaiteurs de la ville, et ça l’irrite au plus haut point — la Ligue a la part du lion dans le marché noir et gris de la cité, alors que Räzell et le Sac-à-Vin ne se contentent que des miettes qu’on veut bien lui laisser.
Évite de lui dire ça directement. Mais garde-le en tête. Même s’il joue au gros caïd, ce n’est qu’un petit poisson, qui rêve de changer de mare… »


Il est vrai que Surcouf avait des contacts avec la Ligue — leurs repaires avaient plus de classes que cet entrepôt puant la sueur, l’opium et les produits aviaires. La pègre organisée s’était constituée il y a des siècles, après une guerre de rues tout simplement sanglante ; les pègres Jutones, Cathayennes, Kislévites et Estaliennes avaient mit fin au cycle infernal de règlements de comptes en décidant de mutualiser leurs profits et leurs affaires, et depuis, il était impossible de tenir bien longtemps une affaire impliquant des receleurs, des faussaires, des contrebandiers ou des cercles de jeux illégaux sans verser leur part à la Ligue. Les rumeurs racontaient que, dans l’histoire, la Ligue avait pris part à quelques grands événements de la cité. Les Bretonniens, eux, avaient été exclus de ce système. Trop pauvres, trop peu nombreux, arrivés trop tard à Marienburg, ils ne faisaient peur à personne.

Mais ce portrait idyllique n’était pas totalement vrai. Il y a une quinzaine d’années, peut-être, la Ligue avait subit une guerre interne fort violente. Même une organisation comme elle devait bien apprendre à changer. Et peut-être que Surcouf pouvait mettre un peu de chaos là-dedans, pour être un homme qui compte à Marienburg…


Foucault mit du temps à réapparaître. Hylke et Surcouf eurent bien le temps de se tourner les pouces, tandis qu’ils subissaient les regards trop curieux des sbires à moitiés avachis par terre, ou bien les yeux torves de jeunes filles en corsets en train de planer qui roupillaient à moitié sur les divans — l’une d’elle invita même Surcouf à la rejoindre du doigt, après avoir apparemment hésité un moment.
Mais le chevalier chauve quitta enfin la petite pièce en hauteur, et fit signe de la main à Hylke et Surcouf de le rejoindre. Les armoires à glace s’écartèrent, sans même fouiller l’un ou l’autre des invités. Les procédures de sécurité n’étaient visiblement pas trop à jour ici…



Tout en haut, Surcouf découvrit ce qui ressemblait à une simple officine de scribe. Quelques ouvertures dans une façade permettaient d’avoir une vue plongeante parfaite sur tout l’entrepôt, et observer tous les clients et tout ce qu’il s’y passait — un endroit parfait pour faire la police. Autrement, il y avait là un long bureau en bois d’ébène, sale, couvert de lettres écrites au couteau, et surmonté d’un capharnaüm de petits bibelots : un miroir de courtoisie, du matériel d’écriture, une amulette de colombe (Référence à Shallya), un lot de médailles militaires (Visiblement, elles avaient appartenu à un soldat de l’armée d’ordonnance du roi Louen…), un petit buste représentant un homme méchant aux sourcils froncés que Surcouf ne reconnaissait pas, et puis une pipe à tabac et son tabac renversé un peu partout. Le bureau d’un étudiant bordélique.
Au fond, un lit de camp, un porte-manteau, un calendrier au mur. Des étagères et des armoires. Et plein de chaises dépareillées, comme si on les avait trouvées au hasard : il y avait là un grand fauteuil en cuir confortable, à côté d’un tabouret de bar, puis d’un banc plein d’échardes qui devait être sorti d’une église.

Deux hommes se trouvaient dans cette pièce, Foucault excepté. L’un était avachi dans le fauteuil, tourné vers les grandes ouvertures, à observer l’entrepôt. L’autre se tenait debout, une main posée sur le dossier. Le premier, Surcouf le reconnaissait. Le second, un peu moins.

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L’homme assis


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L’homme debout



L’homme assis, c’était Ambroise Cousteau. Il avait une bonne tête d’homme âgé, petite soixantaine entamée, légèrement ridé, mais avec encore tous ses cheveux qui grisonnaient sur son crâne. Il était grand, mais fin comme une aiguille, et ça se voyait d’autant plus qu’il était mal habillé — il portait une sorte de grande robe bien trop grande pour lui, on aurait dit un pèlerin, si ce n’est que ce pèlerin-là avait de grosses bagues en or aux doigts.
L’homme debout, il était plus jeune, peut-être la trentaine, plus en forme aussi. Taille moyenne-inférieure, Surcouf le dépassait, mais il semblait costaud et large d’épaules, avec une belle mâchoire carrée et des cheveux mi-longs bien propres. Il avait l’air d’un beau garçon.

Et il était tout sourire, en plus, ce beau garçon, car il se détacha du fauteuil, et ouvrit grand ses bras, en accueillant les nouveaux arrivants :

« Bonjour à vous. Je suis le Saint du Sac-à-Vin, protecteur de notre bon quartier. Entrez, installez-vous donc… »

Il y avait l’embarras du choix en endroits où poser les fesses. Hylke choisit un tabouret bien inconfortable, laissant une chaise avec un séant en osier un peu fendillé pour que Surcouf s’installe.

« Salut à toi, gamin. »

Cousteau, lui, resta bien assis. Il se tourna juste un peu dans son fauteuil pour offrir un hochement de tête en guise de salutations.

« Tu me présentes ?
– Bien sûr. Ce jeune homme que tu vois là, c’est Daniel de Surcouf, capitaine de la Dame-Blanche. »

N’importe quoi. Surcouf n’avait pas de particule. Et sa gentille mère ne l’avait jamais appelé autrement que Dan, peu importe le nom que la douce prêtresse de Shallya avait écrit sur le registre de naissance…

« C’est un enfant de Bordeleaux, comme moi. Il est devenu un grand marin, comme seule cette province sait en produire. Il connaît des caches de contrebandier tout le long de la mer des Griffes, il est un ancien détenu de Rijker, et en plus, il travaille aujourd’hui pour Son Excellence Jaan van de Kuypers, l’homme qui fait tourner le Vieux Monde tout entier.
Un fils qui fait la fierté de son duché. Et de sa nation, aussi. Quel dommage qu’il ne vienne pas souvent au Sac-à-Vin… On aurait bien besoin de personnes comme lui, hélas, il a trop de succès pour nous… »


Cousteau avait dit ça d’un ton triste, et culpabilisant. Il parlait comme une vieille mégère qui en voulait à son fils de ne pas prendre soin d’elle. Avachi dans son fauteuil et vêtu d’un froc, il empirait un peu plus ce portrait.

Comment Dan pouvait croire qu’Ambroise Cousteau avait été autre chose, fut un temps ? Quand Dan n’était qu’un petit gamin qui cherchait des coquillages sur la plage de Bordeleaux, Cousteau était un gros bonnet des bas-fonds de sa cité. Fils bâtard d’un grand aristocrate, militaire héroïque qui avait tué un tas d’orques, il était devenu « Roi des ribauds » de la ville — cela voulait dire qu’il était chargé de la police des bas-fonds, de gérer les affaires des truands, des vauriens, et des putes de la cité pour le compte d’Albéric de Bordeleaux.
Il était un chef de police corrompu et à la botte des aristos, comme tous les Bretonniens, mais pas méchant — jamais il n’avait abusé de son autorité ou d’une fille, et au contraire même, il était toujours très efficace quand une prostituée était maltraitée par un client qui dépassait les bornes. Il diligentait toujours une enquête, trouvait le coupable, et l’obligeait à cracher du fric en dédommagement. Même quand Surcouf s’était mis à mendier, et qu’il avait dût subir les coups de pieds de sergents, jamais Cousteau ne lui avait fait du mal, et Dan avait gardé son cou et son corps de longues années.

Hélas, Cousteau avait fini par attirer la colère d’Albéric de Bordeleaux. Trop de pots-de-vins dans sa poche, trop de laxisme dans les affaires. Le duc Albéric est un bon seigneur, mais un seigneur autoritaire et obsédé par la bonne justice, une personnalité qui ne fait pas du tout bon ménage avec une ville chaude, passionnée et fêtarde comme celle qu’il dirigeait. Cousteau était tombé en disgrâce, et sa seule récompense pour ses décennies de bons et loyaux services, ce fut d’être puni par l’exil, au lieu de la mort. Et le voilà qu’il faisait les mêmes combines à Marienburg, à l’autre bout du monde.

Et donc, ce vieux souvenir d’une ancienne vie laissée derrière lui était avachie dans un fauteuil dans les pires bas-fonds de Marienburg. C’était presque trop poétique.

Saint-Räzell, en tout cas, tapa dans ses mains.

« Un plaisir de vous rencontrer alors, capitaine de Surcouf. Monsieur Cousteau me sert de conseiller pour mes affaires, fort utile. Et la jeune femme avec vous ?
– Hylke Geest. Je suis l’écrivaine du capitaine.
– Ah, c’est sérieux ça !
Foucault m’a dit que vous aviez un beau bateau, et Cousteau m’a dit que je pouvais vous faire confiance. C’est donc avec plaisir que je voudrais faire affaire avec vous. »


Le chevalier Foucault referma la porte, et colla son dos contre, tout en croisant les bras. Cousteau, lui, lança un long regard à l’ancien mendiant qu’il avait connu.

« Tu as bien changé, Daniel. Mais à bosser pour Kuypers, je t’aurais imaginé en costume noir avec une fraise, pas habillé comme un plouc. »

Bizarrement, ce n’était pas un reproche dans sa bouche, plus une curiosité. Après tout, Räzell était habillé comme un plouc, tout comme chevalier dans leur dos. On disait que la Bretonnie était le pays de la mode, visiblement c’était pas le cas pour tout le monde.

« Comment ça va, la vie ? Est-ce que t’as une femme ? Tu pries bien aux temples, régulièrement ? »

Räzell leva un sourcil. En voilà des questions étranges à poser à un futur complice. Le chef de la pègre Bretonnienne décida de vite recentrer le sujet.

« Vous devez avoir transporté toutes sortes de chose sur votre navire… Cognac, ça, j’en suis sûr et certain. Mais quoi d’autre ? Des biens de luxe ? Des personnes ? Foucault m’a dit que vous étiez un pro pour éviter des navires militaires, c’est vrai ? »

Jet de connaissances générales (Marienburg) : 8, réussite
Jet de perception : 17, échec
Jet de résistance physique : 6, réussite, tu résistes à l’opium et n’est pas complètement ensuqué par la fumée
Jet de mémoire (Facile : +4) : 11, réussite.

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Dan Surcouf
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par Dan Surcouf »

Surcouf croisa les bras. Tout le monde avait ses règles. Elles variaient juste d'un individu à l'autre et évoluaient toujours avec le temps. Il sourit en entendant Hylke placer une pique monumentale, dans un bretonnien parfait. De quoi moucher Foucon un bon coup et finir cette insipide conversation, pour enfin passer aux choses sérieuses.

Ils quittèrent leur table et passèrent devant l'arène, puis un autel de Ranald. Le contrebandier adressa un bref signe de tête à la divinité. Le prince des voleurs, de la chance et du hasard. En ce bas monde, il était sans doute l'un des dieux les plus puissants et les plus importants. La chance était une capricieuse mais puissante maîtresse.

Alors que Foucon les laissait dans l'antichambre de Saint-Razell, il écouta attentivement Hylke. Sa mère lui avait toujours dit que l'information la plus importante à connaître, sur quelqu'un, c'était ce qu'il désirait. Ce qui lui disait Hylke était d'une importance vitale. Un gros poisson dans une petite mare, qui jalousait la ligue et devait opérer depuis un quartier pourri à moitié oublié de tous? On pouvait commencer à imaginer ce qui pouvait bien le motiver le matin. Si Surcouf jouait bien ses cartes...

Il remercia Hylke silencieusement, avant d'attendre. Lorsqu'ils montèrent finalement, Surcouf fut légèrement surpris de voir le vieux Cousteau. Quand il régnait sur la pègre bordelaise, c'était autre chose que Favière et compagnie. Il fut également surpris par l'âge assez jeune du "Saint". Les descriptions qu'il avaient entendu du personnage lui avaient laissé penser qu'il s'agissait d'un homme ayant au moins une ou deux décennies de plus.

-Bonjour monsieur Cousteau.
Il se tourna vers Saint-Razell.
-Bonjour...
Il hésita, comment était-il sensé l'appeler?
-... votre sainteté?
Il se mordit la langue. C'était peut-être un peu trop.

Il grimaça devant les éloges du vieux Cousteau et ses reproches de grand-mère.

-Dan Surcouf, à votre service. Corrigea-t-il.
Puis, Saint-Razell ayant recentré la conversation, il rentra dans le vif du sujet.

-Si je suis là, c'est justement parce que je pense que le Sac-à-vin pourrait profiter d'une splendide opportunité. Avec la guerre, l'Empire a soumis à de fortes taxes, voir interdit le commerce de nombreux produits bretonniens, mais la demande est toujours là. Il y aura toujours des nobles amateurs de cognac de Bordeleaux, des courtisanes s'embaumant de parfums de Couronne, ainsi que des industriels friands de matières premières bon marchés tels que notre terre natale sait si bien produire.
Il sourit.
-Bien entendu, un marché noir existe déjà. Mais ce qui se passe à l'heure actuelle tient plus de la liquidations de ressources devenus gênantes. En d'autre terme, c'est du court terme. Cette guerre est partie pour durer et le Sac-à-vin peut tirer son épingle d'un jeu. De part notre position, nous serions relativement avantagés pour prendre le contrôle de l'offre bretonnienne, comparé à, par exemple la ligue. Et avec cette offre, l'emplacement géographique, ainsi que les règles particulières s'appliquant à Marienburg, nous pouvons transformer le Sac-à-vin en une plate-forme logistique ambitieuse, qui pourrait alimenter le reste de l'Empire. Mais, on ne peut pas faire ça seul, il nous faut également quelqu'un à l'autre bout. Des informateurs, des acheteurs, des fonctionnaires, etc... d'où l'intérêt d'utiliser mes prochaines courses pour établir des contacts.
Il marqua une pause.
-Ceci étant dit, pour répondre à vos questions, oui, j'ai transporté diverses choses sur mon navire. J'ai actuellement un chargement d'arme tout à fait licite. Transporter des gens? Pas spécialement un problèmes. De façon générale, j'aime surtout qu'il y ait une certaine transparence dans ce qu'on me demande de transporter.
Il avait quand même fait un an à Rikjer, à cause d'une bande de bras cassés qui n'avaient pas pris la peine de l'avertir qu'ils transportaient une gamine kidnappée.
Dan Surcouf, Contrebandier
Profil: For 9 | End 9 | Hab 11 | Cha 11 | Int 12 | Ini 9 | Att 9 | Par 9 | Tir 9 | Foi | Mag | NA 1 | PV 70/70
Lien Fiche personnage: wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_dan_surcouf

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