[Surcouf] Avarie commune

Marienburg est le plus grand de tous les ports du Vieux Monde. Située à l’embouchure du fleuve, la ville est un énorme centre de commerce. Le Reik est ici un fleuve énorme, mesurant plus d’un kilomètre et demi d’une berge à l’autre. Marienburg est une cité indépendante (sans lien avec l’Empire), située au sein des Wastelands. c’est aussi le centre de l’activité religieuse du Culte de Manaan, le Dieu de la Mer.

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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Ingvarr semblait vraiment savourer sa victoire. Tout sourire, il prit une attitude plus lâche, posant maintenant une main sur le dossier alors que son autre poing était fermé sur sa hanche.

« Mais c’est vous qui êtes carrément sur la défensive, capitaine.
Je vous en veux pas. C’est pas très agréable, de se faire atteindre à l’honneur par quelqu’un que vous venez juste de rencontrer, hein ? »


Son sourire disparu, et son ton fut soudain plus froid, plus direct, et plus assuré.

« Je cause pas de problèmes, moi. J’en règle. J’ai l’expérience et la compétence pour voyager en mer, et le sang-froid communicatif. Le seul truc qui me manque, c’est des recommandations — un peu attendu, vu que mes anciens patrons dînent avec Manaan.
C’est chiant la guerre, hein ? »


Il renifla un peu de morve, et se gratta l’arrête du nez.

« Maintenant, vous me permettrez bien que ce soit moi qui pose une question ? »


Il fit un signe de la tête dédaigneux vers Kuilboer, qui était dans leurs dos. Et il se mit à baisser un peu le ton, sans pour autant changer sa posture. Il chuchotait, mais mine de rien, pour pas éveiller des soupçons.

« Un Bretonnien, ex-taulard, qui vit au Suiddock, qui est assez connu pour qu’un des prêtes-noms de Jaan van de Kuypers passe une demi-journée dans ce côté pourri du port ? Et il se ramène avec une caissette pleine de fric, rien que pour vous ?
Ça me semble trop bizarre pour être vrai.
Votre bateau, il transporte de la marchandise un peu grise, voire carrément noire, hein ? »


Il retrouva son sourire. Le Norse était vraiment beaucoup plus malin qu’il ne paraissait.

« Je juge pas. Mais c’est juste que, je me demande si vous allez être honnête avec votre équipage à ce sujet. Ça peut être un problème, s’ils apprennent qu’ils transportent une cargaison chaudasse… Et qu’ils croquent même pas le profit. Comment vous comptez gérer ça ? »
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Dan Surcouf
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par Dan Surcouf »

Surcouf haussa les épaules.
-Je sais que c'est assez contraire aux stéréotypes pour un bretonnien, mais l'honneur n'a rien à voir avec mes questions. Si je suis "défensif" c'est par pragmatisme. Je vous ai déjà expliqué qu'un alcoolique, c'était mauvais pour les affaires. Et je ne peux m'empêcher de remarquer que vous esquivez, encore une fois, la question.
Il soupira.
-Et bien que vous ne daignez avoir la politesse de répondre à mes questions, je vais satisfaire à la votre. Vous êtes visiblement assez intelligent pour tirer vos conclusions, même si celles-ci sont capillotractées.
Il croisa les doigts.
-Je suis un marchand. Comme tout marchand qui se respecte, mon intérêt est le profit. Monsieur Kuilboer partage cet intérêt. Il arrive parfois que, malencontreusement, les registrent contiennent quelques inexactitudes, parfois en ma faveur, lorsqu'arrive le moment de payer des taxes. Il a pu également arrivé qu'à une époque, je transporte des marchandises, dont la légalité était discutable dans certaines provinces de notre continent. Il est possible que, dans le futur, par intérêt financier, je puisse considérer la chose, mais, à l'heure actuelle, les cales de la Dame-Blanche sont remplies de marchandises parfaitement licite dans l'Empire et la Bretonnie, bien que je ne vous cache pas que mes connaissance des derniers décrets marchands d'Estalie et de Tilée soient un peu déficientes. Vous aurez l'occasion de le constater par vous même lorsque vous monterez à bord.
Il marqua une pause.
-En tant que capitaine, je place une grande valeur sur l'honnêteté, bien que certains élément puissent rester entre les cadres de mon équipage, selon les besoins. Dans le cas où la nature de nos courses changerait, l'équipage serait, bien évidemment informé. Et dans le cas où le navire ferait des profits intéressants, des primes pourraient être versées, en fonction du mérite de chacun.
Il croisa les bras.
-Maintenant, avant de continuer, êtes vous certains ne pas vouloir m'en dire plus sur votre relation avec l'alcool? Je préfère vous avertir que, dans l'optique où je vous trouverai sur mon navire, rond comme un cul de pelle, vous seriez abandonné sur la première plage venue.
Dan Surcouf, Contrebandier
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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Le Norse accueillit les explications de Surcouf avec un simple hochement de tête. Difficile de savoir s’il croyait ou non au discours du capitaine, mais il se permit de préciser :

« Peu de matelots accepteront de risquer leur vie pour les crimes de leur capitaine. J’espère que vous y avez réfléchi. Je suis pas mouchard, mais c’est pas le cas de tous les gens sous-payés que vous avez engagés aujourd’hui. »

Puis, il grogna un peu.

« Quant à ma relation avec l’alcool, peu importe ce que ça veut dire, sachez que vous feriez une bien mauvaise Shalléenne.
Je ferai le taff’ comme votre bosco, et vous aurez pas à vous plaindre de moi. D’ailleurs, je pense même que vous avez tout intérêt à payer un type comme moi, si vous comptez parler à tous vos marins de cette manière. »

Ce à quoi il tapota sur sa ceinture, où il avait accroché une sangle, probablement l’arme avec laquelle il comptait fouetter les matelots les plus irrespectueux — une punition militaire standard dans toutes les marines du monde entier.




Une fois la discussion avec Ingvar terminée, Kuilboer put revenir avec ses papiers de prévision pour les comptes.
Prévision de salaires :

Trajet prévu :
Marienburg → Neus Emskrank → Salzenmund
2 jours à quai
Salzenmund → Neus Emskrank → Marienburg

Durée maximale : 36 jours

Secrétaire : Hylke Geest — 4p 4s / jour
Bosco : Ingvar de Tysland — 3p 6s / jour
Camérier : « Lalla » — 3p 5s / jour
Mage maritime : X

Aide-charpentier : Aloys Gebenstaal (Marinier — Marienburg) : 3p 6s / jour
Cuisinier : Willi la Courante (Fadarinier — Marienburg) — 2p 6s / jour
Gabier : Werner Schultz (Fadarinier — Impérial) — 2p 4s / jour
Gabier : Thierry Meunier (Fadarinier — Bretonnien) — 2p 4s / jour
Gabier : Hugo Welf (Fadarinier — Impérial) — 2p 4s / jour
Gabier : Peter Vlaams (Fadarinier — Marienburg) — 2p 4s / jour
Gabier : Rupert Gebenstaal (Mousse — Marienburg) — 12s / jour
Gabier : P’tit Lowie (Mousse — Marienburg) — 12s / jour

Coût total par jour : 1 Go, 8p, 7s (Ou 343 sous)
Coût total de la main d’œuvre pour tout le voyage : 51 Go, 9p (Ou 12348 sous)

C’était beaucoup. Plus que l’argent prêté par Kuilboer, d’ailleurs. Il ne restait à Surcouf que 11 Guilders d’or pour proposer une prime à l’embauche dès maintenant — d’ordinaire sur les quais de Marienburg, celle-ci s’élevait à la moitié du trajet prévu, mais là, il manquait de l’argent.

Il lui restait à décider de s’il souhaitait faire des coupes dans les noms retenus, ou si tout ceci lui convenait. Peut-être la Dame-Blanche n’avait-elle pas besoin d’autant de matelots.
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Dan Surcouf
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par Dan Surcouf »

Les finances de la Dame Blanche étaient des plus serrées que Surcouf ne l'avait anticipé. Il allait falloir dégraisser un peu le mammouth. Il fit retirer un matelot et un mousse de l'équipage. Le p'tit Lowie serait le malheureux mousse. L'autre était le protégé du charpentier. Pas besoin d'être diplômé d'une quelconque académie pour savoir comment ça se finirait si il ne l'embauchait pas. Il ferait également retirer Hugo Welf. Cette fois, c'était surtout à Ranald qu'il avait laissé le soin de décider.

Concernant la prime, il n'avait plus que 11 guilders d'or. Et il lui fallait encore embaucher un mage. Jamais il ne pourrait payer la moitié du trajet. Il rassembla ses associés, à savoir Darri, Hylke et le mulot, pour écouter leur opinion sur le sujet.

-Bon, nos finances sont un peu serrées. On pourra clairement pas payer de prime à l'embauche et, pour le temps de trajet le plus long, notre main d'œuvre nous coute plus cher que ce qui nous a été prêté.
Il se tourna vers Kuilboer.
-À moins que vous ne nous accordiez plus de guilders, il va falloir réduire un peu l'équipage. J'avais pensé retirer un mousse et un gabier, je sais déjà qui. On économise un peu plus de six guilders et a nous offre plus de marge pour le mage et les primes. Il va falloir leur promettre une bonne carotte au retour si on ne veut pas que ça grince des dents quand on partira.
Il se tourna vers Darri.
-D'ailleurs, ton pote a soulevé quelques points intéressant. On ne pourra pas cacher à l'équipage la nature de nos affaires. J'avais pensé être transparent avec eux. Reste à voir si on attend le départ pour ça, ou si on leur dit maintenant.
Il croisa les bras.
-Bref, faisons un tour de table. Si vous avez des suggestions ou avis, c'est le moment.
Dan Surcouf, Contrebandier
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Kuilboer, apprenant les soucis du bilan financier, ne perdit pas de temps pour prendre la parole et se proposer :

« Si vous avez besoin d’une avance supplémentaire, je peux m’arranger. »

Darri se frotta les mains, avec un grand sourire.

« Tant mieux !
Avec les tractations pour remplir la cale d’armes, on a dû faire un paquet de place — le blé et la laine ça en prenait plus. Je déteste voyager à vide, j’ai toujours un sentiment de gâchis, alors si vous pouvez nous donner de quoi nous remplir le navire, on en serait ravis. »


Kuilboer pinça ses lèvres, et décida de tempérer l’enthousiasme du Norse :

« Le problème, c’est que si j’étais prêt à vous donner cinquante guilders gratuitement, une avance supplémentaire veut dire me faire encourir des risques, et je souhaite que mon risque soit rétribué…
Je peux vous emprunter jusqu’à cent-cinquante guilders à un taux d’intérêt de 5 % ; et pour tout guilder supplémentaire, ce sera un taux de 10 %. »


Darri eut l’air triste — sa rapacité légendaire en prenait un coup.
Surcouf n’avait pas la moindre idée de si le taux que proposait Kuilboer était une affaire, ou une arnaque. Il chercha, peut-être sans faire exprès, de l’aide du regard ; et la jeune Hylke, bien que borgne, le remarqua ;

« C’est un taux un poil élevé ; pas usurier, certes, mais je suis sûr que Surcouf pourrait avoir un emprunt plus arrangeant auprès d’une banque…
– Certes ; mais une banque, elle va exiger une échéance de paiement, sous peine de pénalités de retard, et elle demandera une hypothèque sur la Dame Blanche — tandis que moi, vous me remboursez quand vous voulez, je ne vous force pas à régler vos dettes en un ou trois ans.
– C’est très aimable de votre part, maître Kuilboer ; surtout que, tant que vous êtes le créancier du capitaine, il ne pensera pas à aller bosser pour une autre compagnie. »

Hylke fit un petit sourire mignon, mais Kuilboer prit très mal le sous-entendu. Il se fâcha, même si c’était d’une colère très maîtrisée.

« Aucune compagnie à Marienburg ne peut battre la famille Kuypers. Mes fonds sont virtuellement illimités, mais comme je dis, je souhaite que mon risque soit rétribué.
C’est ma proposition. Si vous souhaitez aller voir des banquiers, c’est comme vous voulez.

– Kuilboer est honnête avec toi. Mais si tu veux, Dan, je peux te prêter un costume, et te prendre un rendez-vous dans une banque.
– Tu saurais faire ça, toi ? Tu connais des banquiers ? Fit Darri avec les yeux écarquillés.
– Longue histoire. L’offre est sur la table. »

Darri ricana, et tapota la table, en réfléchissant à son tour.

« Kuilboer, ou un banquier… Il n’y a pas qu’eux qui peuvent proposer des emprunts, voire-même des cadeaux.
Il y a plein de factions à Marienburg. Des gens qui, disons… Pourraient trouver un certain intérêt à être notre ami. Un navire qui a accès à l’Empire et ce qui s’y trame, c’est toujours utile, surtout dans le contexte actuel…

– Faites attention à jouer à ce genre de jeu, se permit de préciser le prête-nom. J’ignore à qui vous pensez, mais ça peut vous péter au visage.
– Vous seriez contre ?
– Ce n’est pas ce que j’ai dis — la Dame-Blanche est votre navire, et la famille Kuypers est politiquement neutre ; nous agissons avec des gens de toutes les religions et de toutes les nations, et à dire vrai, mon patron aime que les gens qui travaillent pour lui, disons, gardent un esprit ouvert…
Tout ce qui m’intéresse c’est que vous rameniez de l’argent. Mais j’ai déjà été à votre place. Travailler pour des gens qui veulent vous utiliser, c’est dangereux.

– Toujours est-il, reprit Hylke, Darri a raison : il y a beaucoup de gens à Marienburg qui seraient prêts à te parrainer plus-ou-moins officieusement, en échange de services — dire ce qui se passe à Salzenmund, par exemple, s’il y a des rumeurs, des choses à savoir… La pègre, par exemple. Ou les Bretonniens. Ou l’anti-théogoniste de Sigmar. Ou même tes anciens amis Elfes, tiens.
Je peux trouver quelque chose, mais comme dit Kuilboer, ça sera avec des risques, tu t’en doutes. »

Cette vieille histoire… Surcouf avait été capturé et retenu un petit instant par l’Exarchat Elfe, mais ses informations avaient permis de mettre en fuite quelques esclavagistes. Sans jusqu’à dire qu’il avait des amis à Elfeville, il était certain que son nom devait traîner quelque part dans les archives des longues-oreilles. Et peut-être que le sort du Nordland en guerre pouvait les alerter.
De même, son temps passé en prison lui avait permis de fréquenter quelques criminels, et s’ils agissaient plus le long du Reik et jusqu’à Altdorf, peut-être certains pouvaient être intéressés par les ragots de Salzenmund.
Enfin, Surcouf savait qu’il vivait dans un temps étrange, où il y avait deux personnes qui prétendaient en même temps être le grand-prêtre suprême du culte de Sigmar : Volkmar, qui était à Altdorf, et Esmer, qui s’était réfugié à Marienburg d’où il clamait encore tenir son sacerdoce. Esmer avait fondé une petite curie au milieu de l’allée des ambassadeurs, mais il paraissait plus ridicule qu’autre chose ; le chef de la religion de l’unité de l’Empire, réfugié dans la province qui avait fait sécession… Oui, lui avait un grand intérêt à savoir ce qui se passait dans l’Empire.




« Tu penses virer les Gebenstaal, l’aide-charpentier et son neveu ?
C’est vrai qu’ils feraient un gros réconfort dans le budget. Mais il est le seul mec appartenant à une guilde, et il a l’air de parfaitement bien connaître son boulot — je pense ça serait un peu dommage de le renvoyer…
D’un autre côté, s’il y a pas de solutions… »



Enfin, restait la dernière question plus épineuse de Dan. Là, Darri prit un air catégorique :

« On leur dit rien. On va juste transporter des caisses, et y a pas écrit Attention, cognac super cher de Bretonnie dessus ! S’ils commencent à se dire qu’on va se faire un tas de fric dessus, ils vont vouloir leur part — et si on doit déjà payer Kuypers et filer des pots-de-vins à tous les douaniers, on va vite être étranglés !

– Vous jouez un jeu risqué, fit Kuilboer. Les Marienbourgeois ne feront pas grand cas de transporter de la contrebande, mais c’est bien qu’ils soient au courant. En plus d’éviter les rancœurs, ça évitera aussi les maladresses ; imaginez un gabier ne fait pas attention à ces caisses car il s’imagine que ce n’est que de la piquette ?
– Tu n’as qu’à arranger une semi-vérité, fit Hylke. Tu dis que c’est de l’alcool très cher, mais qui vient d’Averland — l’alcool fera exceptionnel et ils comprendront pourquoi ils doivent être discrets, mais ils ne se mettront pas à imaginer que c’est un gigantesque magot.
– Mentir à l’équipage ? Arf… Encore, ne rien dire, certes, mais se jouer d’un marin… Pas sûr que le grand Manaan apprécie… »
Jet d’évaluation de Surcouf : 17, échec
Jet de connaissances générales : 18
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Dan Surcouf
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par Dan Surcouf »

Le fait que Kuilboer accepte de leur prêter de l'argent, même à de tels taux, était très alléchant. Cent-cinquante nouveaux guilders seraient une aubaine, qui leur permettrait de payer confortablement la prime à l'embauche, le mage et même de remplir la cale avec de nouvelles marchandises. Même si cela l'endettait pour un certain temps, il savait que Kuilboer ne lui enverrait personne pour lui péter la tronche, ni pour spécialement réclamer une quelconque exclusivité sur la Dame-Blanche. Le mulot était intelligent et il savait qu'il était un excellent partenaire commercial pour quelqu'un comme Surcouf. Tout deux savaient qu'ils continueraient très certainement à travailler ensemble. Le véritable risque, c'était le poids que Kuilboer aurait lors de leurs prochaines affaires. Plus Surcouf s'endetterait auprès de lui, plus il se taillerait une marge conséquente dans leurs prochaines transactions.

Hylke offrait des alternatives intéressantes. Mais Surcouf n'avait foutrement aucune envie d'aller fricoter avec une banque. Il n'avait pas envie de voir un jours des huissiers débarquer pour lui saisir la Dame. Quand à ce que proposait Darri, c'était juteux, mais risqué. Quand on commençait à travailler pour la pègre ou comme agent double, c'était un excellent moyen pour se retrouver un matin avec la gorge tranchée.

-On va rester avec monsieur Kuilboer pour le moment. On partira sur l'emprunt de cent-cinquante guilders. On paye la prime d'embauche, on engage le mage, on remplit le reste de la cale et en fonction de ce qu'il reste, on gardera une quinzaine de guilder pour les frais et tout le reste vous sera directement rendu.
Il se tourna vers Darri.
-Non, je pensais retirer l'autre mousse et un simple gabier au hasard. Mais si monsieur Kuilboer peut nous avancer, le problème n'est plus à l'ordre du jour, surtout si on alourdi la cale. On va avoir besoin de cette main d'œuvre.

Intervint alors la question de dire ou non la vérité à l'équipage.
-On va s'arrêter dans un port perdu au milieu de nul part pour charger de mystérieuses caisses. Je pense qu'ils se douteront assez rapidement que quelque chose d'illicite se trame. Autant être honnête avec eux dès le départ et leur promettre un petit supplément. J'avais pensé à un guilder par tête en prime.
Pour un mousse, cela représentait environ la moitié d'un salaire en plus. Pour un faradinier, un cinquième. Mais ça n'était pas une question de compétence.
-Tout le monde prend les même risques, tout le monde est à égalité sur ce plan là.
Dan Surcouf, Contrebandier
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

« Très bien alors. Je vais m’occuper de vous reverser la somme, et vous aurez le temps de remplir votre cale avant de repartir.
– Je repasserai à la bourse et je te proposerai des affaires dès que possible. »

Si tous les ordres de Surcouf étaient bien accueillis, Darri eut l’air de faire une crise d’apoplexie lorsqu’il entendit la récompense que Surcouf proposerait à son équipage :

« Un guilder ?! Avec douze hommes d’équipages ?!
Déjà que monsieur Kuilboer va vouloir qu’on lui rembourse la cargaison, et en plus grignoter notre marge…

– C’est que c’est moi qui l’ai acheté et transporté jusqu’à Neues Emskrank. Vous vous contenterez de faire les dernières lieues manquantes…
– Ouais, dans une zone en guerre alors que Karl Franz a promis de foutre les contrebandiers en taule !
Un demi-guilder, plutôt, nan, Dan ? Ça fait quand même dix pistoles chacun — six guilders au lieu de douze à dépenser. Déjà une très très jolie somme. »


De toute façon, Surcouf restait maître de la décision finale.



Une fois ces derniers détails réglés, les marins retenus pour le futur voyage furent appelés à se regrouper dans l’entrepôt. Kuilboer, debout, ouvrit sa caissette, et sortit beaucoup de papiers, et c’est lui qui clôtura l’affaire, avec un discours d’avertissement :

« En échange de la signature de votre contrat d’endenture, vous recevrez la moitié de la paye prévue pour le voyage ; cela sera le symbole de votre engagement. Vous disposez de huit jours pour mettre vos affaires en ordre, après quoi vous devez tous être disponibles et prêts à partir.
Vous avez jusqu’à la journée avant le départ pour rompre votre contrat et rembourser votre prime d’embauche ; passé ce délai, en cas de rupture du contrat ou d’absence au moment du départ, vous serez considérés comme fautifs, devrez rembourser la somme avec une pénalité d’un quart, et j’aurai l’autorisation de donner vos noms et vos adresses à la justice afin de venir chercher cette somme de force — y comprit s’il faut vous transformer en forçats.
À la suite du départ, vous serez tous la responsabilité du skipper Dan Surcouf, qui devra vous payer, vous nourrir et vous soigner ; le skipper est également autorisé à utiliser la force contre vous, vous instruire en cas de faute, et utiliser les moyens nécessaires pour maintenir la discipline à bord.
En cas de blessure grave vous rendant invalide lors du voyage, vos gages seront tout de même versés, et la compagnie Kuypers vous offrira une prime en échange de la signature d’une clause de règlement à l’amiable. En cas de mort à bord, votre corps sera traité avec les rites du culte de Manaan, sauf si vous émettez une réserve, et vos gages pour le voyage seront reversés à la prochaine chapelle de Manaan à terre, pour rembourser les veuves et orphelins de la mer — de même, la compagnie Kuypers offrira une prime au culte, et à votre famille, en échange de la même signature. »


Kuypers et Kuilboer se gavaient sur le dos de Surcouf, mais il était arrangeant de savoir qu’ils s’occupaient de ce genre de détails embêtants. Un marin tué en mer pouvait être ruineux, surtout si Surcouf devait s’engager dans un procès au pénal et au civil ; au moins, avec le mulot, ce genre de soucis était facilement évité.

Le mulot put serrer les mains des trois autres partenaires du navire, et il resta derrière pour s’occuper des détails administratifs : notamment, il inscrivait sur un papier d’endenture les noms et adresses des matelots, et déchirait le papier en deux afin d’en garder un exemplaire pour lui et un exemplaire pour le gagé. De temps à autre, il arrivait qu’un matelot soit un charlatant, qui donne un faux nom et se présente uniquement pour récupérer la prime d’embauche — Surcouf en avait surtout croisés à nettoyer les canaux de la ville remplis de merde. Si l’esclavage était théoriquement illégal à Marienburg (Encore que…), personne ne protestait contre la servitude judiciaire…



Après cette bonne journée de recrutement terminée, la petite équipe put mettre le nez dehors. Il faisait encore jour, même si l’après-midi était bien entamée. Il ne leur restait donc plus qu’à recruter le mage et remplir la cale, et après, ils pourraient enfin partir à l’aventure.

« Hé bien, ça m’a crevé, tout ça.
– Qu’est-ce que tu vas faire de ton après-midi ? »

Darri réfléchit un moment.

« Je vais peut-être mater des courses de bateaux au Goudberg. C’est sympa. »

Le Goudberg était un des quartiers les plus riches de la ville. On y trouvait de magnifiques habitations, des bars un peu huppés, un musée de statues de cires qu’on disait très joli — les gens là-bas étaient bien fortunés, mais un peu plus haut, il y avait l’Ostmurr, où vivaient des ouvriers.
Pour Darri, l’intérêt de ce quartier, c’était ses canaux étroits, avec des écluses un peu partout qui déversaient un débit très fort. Dans ces lieux, les garçons pauvres de l’Ostmurr jouaient au ballon d’eau, un mélange de soule et de natation, tandis que les garçons riches admiraient des courses de Skippers qui fonçaient sur des radeaux à voiles élancés.
C’était un moyen comme un autre d’occuper une après-midi.

« Je pensais aller de l’autre côté du Rijk, dans le Kruiersmurr. Il y a des commerces et je voulais m’acheter quelques choses avant le départ. »

Le Kruiesmurr était le vieux quartier laborieux de Marienburg, rempli de purs-jutones bien fiers et imbus d’eux-mêmes ; c’était un lieu typiquement Marienburger, avec plein de commerces, d’échoppes et d’artisans. Mais le quartier semblait aussi être lentement en déliquescence, il perdait de plus en plus d’attrait économique — surtout, les pur-jutones étaient concurrencés par l’arrivée de migrants. Miragliano, Remas, la Bretonnie, les Nains et les Halfelins avaient chacun leurs petits ghettos dans ce grand quartier.

Là, on peut faire un truc plus tranquille pour que tu découvres un peu Marienburg. Tu as un quartier libre, et selon ce qui t’amuses, tu peux suivre un de tes copains, ou avoir une idée toi-même — tu peux me parler par MP discord de ce que tu as envie et de ce qui t’amuserais. Tu peux acheter, aller voir des choses, écouter des ragots, aller rendre hommage aux Dieux, parier sur du sport… Tout ce que tu souhaites, on peut prendre notre temps ou passer là-dessus selon ce que tu veux :orque:

Histoire que tu sois pas perdu, une carte schématique avec tous les quartiers — tu loges et tu te trouves actuellement au Suiddock, le gros centre de Marienburg

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et une description schématique de tous les quartiers :

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Ton journal de bord est mis à jour, avec l'argent restant, le nouvel emprunt de Kuilboer, et la somme dépensée pour ton équipage.
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Dan Surcouf
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par Dan Surcouf »

Surcouf hocha la tête à la proposition de Darri. Effectivement, un guilder par tête, c'était beaucoup. Un demi restait une jolie somme et offrait plus de marge. Au pire, l'autre moitié pourrait être versée plus tard, en fonction de l'évolution de la situation.
-Très bien. Partons sur un demi-guilder de prime de "risque".
Il laissa Kuilboer régler les derniers détails et verser la prime d'engagement. L'affaire régler, tout le monde repartit chez soit.

Il ne restait donc plus que Surcouf, Darri et Hylke. Interrogé sur ce qu'il comptait faire, il se contenta de hausser les épaules.

-Il fallait que j'aille m'acheter une veste en cuir ou un gambison. Ma logeuse m'avait donné une adresse. J'avais pensé aller voir.
Son ancienne veste en cuir avait rendu l'âme il y a quelques temps. Il lui en fallait une nouvelle, il détestait l'idée d'aller au devant du danger sans protection. Peut-être prendrait-il un gambison cette fois, le cuir et la mer, ça faisait mauvais ménage.
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

En entendant l’adresse de la logeuse, un commerce du Kruiersmuur, Hylke parut étonnée ;

« Je sais qui c’est, maître Galle ; C’est un gipponier, il taille des manteaux et des costumes. Je ne suis pas sûre qu’il saura te fabriquer un gambison pour te protéger des lames, à moins qu’il se soit reconverti…
– Tu connais vraiment Marienburg par cœur ?
– Pas tout Marienburg, mais enfin, les bons commerces, au bout d’un moment c’est toujours les mêmes…
Je sais où te trouver un tanneur, si tu sais ce que tu cherches. Et c’est là où je vais, alors autant voyager ensemble. »


Darri souhaita donc une bonne journée aux deux autres, et les laissa seuls pour partir assister à ses courses de voiliers.



Le meilleur moyen pour se déplacer à Marienburg, c’était encore la gondole. Si les deux durent chacun payer deux sous de cuivre, ils purent embarquer sur une barque amarrée sur les quais, et patienter alors qu’ils traversaient la ville et sa myriade d’îles.

Le Rijk était véritablement un fleuve immense ; on le découvrait truffé de bacs, de bateaux et de galères de toutes les tailles, hissant bien haut tous les pavillons du monde. Mais au fur et à mesure que le batelier amenait Surcouf vers le sud, la circulation se faisait plus fluide, et le trafic un peu moins dense.


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Le Kruiersmuur faisait peine à voir. La première chose qu’on en découvrait, c’était le clocher de Tarnopol, un haut beffroi de quinze mètres de haut à l’apparence fissurée, la plupart des belles gargouilles de l’édifice en train d’être réduites en poussière par les affres du temps, quand elles ne risquaient pas de chuter — seule l’immense cloche en bronze paraissait encore bien intacte.
Fut un temps, le Kruiersmuur était une île dynamique et riche ; du moins, c’était au dire de ses habitants. Aujourd’hui, les jeunes avaient tendance à fuir pour travailler et habiter ailleurs, et ne restaient plus ici que les têtus et les étrangers.

Après avoir passé des jours entiers dans un Suiddock aux rues toujours bondées et embouteillées, le Kruiersmuur permettait réellement de respirer ; les allées étaient relativement dégagées en cette journée, et sur les alentours des embarcadères, on trouvait surtout des mendiants et des zonards. Alors qu’on s’enfonçait dans le quartier, pourtant, on retrouvait un peu d’activité — des étals de marchands, une forge en train de chauffer, une boulangerie aux odeurs alléchantes, et un jeune vendeur de journaux qui criait haut et fort les nouvelles de sa gazette. Hylke ne put s’empêcher de trotter pour s’éloigner de Surcouf, et versa les deux pièces nécessaires pour en obtenir un exemplaire.

Ils s’arrêtèrent au final devant un tanneur. Un édifice quelconque à deux étages, avec le rez-de-chaussée fait pour exercer son activité, le premier niveau pour lui et sa famille, et le dernier probablement loué à d’autres habitants. Il était certain que le loyer de ces chambres ne devait pas être très onéreux, car malheureusement, l’activité de tanneur était fort salissante ; même avec un peu d’aération provenant de ruelles un peu moins habitées et plus saillantes, ça sentait quand même fort la merde et les produits alcalins.
Le boutiquier qui vendait ses produits à même la fenêtre, avec pignon-sur-rue, se présenta comme le neveu du tanneur. Il demanda à Surcouf sa taille et son poids (Quitte à devoir le mesurer lui-même s’il l’ignorait), puis offrit le choix entre un hoqueton simple de cuir bouilli, qui ne recouvrait que le torse, et un plus renforcé qui protégeait également les bras ; pour le premier, il en demanderait vingt pistoles (Soit un guilder d’or), et pour le second, vingt-quatre.
Les prix paraissaient corrects, vu la ville de Marienburg et ses nombreuses taxes.



Pour terminer sa journée, Surcouf décida de profiter d’être dans le Kruiersmuur pour se rendre dans l’un des ghettos ethniques. Et plus particulièrement, celui de ses compatriotes.

Le « Wijnzak » n’était pas un quartier officiel, mais le surnom cruel avec lequel les Marienbourgeois surnommaient le lieu où s’étaient petit à petit regroupés les Bretonniens de la ville — le Sac-à-Vin.

Hylke expliqua à Surcouf que les Marienbourgeois n’avaient pas un bon souvenir historique de la Bretonnie. En l’An 1595 de Sigmar, le duc Conrad de l’Anguille avait envahi la ville, et l’avait soumise à une cruelle dictature militaire, avant que l’occupant Bretonnien n’en soit chassé militairement par l’Empereur-Loup Frederick de Middenheim en 1602. Juste avant de plier définitivement bagage et d’abandonner la cité, le bon duc Conrad avait décidé d’agir en preux chevalier Bretonnien ; il avait ordonné la mise à sac méthodique de la cité. Le palais baronial, de même que la magnifique cathédrale de Manaan, le plus vieux temple dédié à ce Dieu de toute l’histoire de l’Humanité, avaient été réduits en cendre ; de même que presque tous les manoirs de riches, et les immeubles de pauvres. L’Empereur-Loup entra dans une ville enflammée, remplie d’une population terrorisée par de longues années de maltraitances.
1602, ça remontait à loin. Mais Marienburg avait savamment entretenu ce souvenir ; dans tous les quartiers, ils avaient dressé des statues pour leurs héros de cette sale période, notamment celle très populaire du petit Hannes, un enfant qui avait été pendu pour avoir jeté du purin sur le duc Conrad qui paradait dans la rue. On trouvait facilement des plaques commémoratives, ou des vestiges d’un bâtiment qui n’avait pas été reconstruit afin d’entretenir le souvenir des gens qui avaient souffert.


Aujourd’hui, la petite-Bretonnie était bien à l’écart. Situé tout au sud de la ville, il se trouvait juste entre les chaînes et les hauts remparts armés de la cité ; ici, les canaux étaient traîtres et moins entretenus, et les inondations beaucoup plus régulières que dans le reste de la cité. Alors que Surcouf avait l’impression que le dénivelé l’entraînait vers le bas, il découvrait, sur les façades des maisons, de grosses traces d’humidité qui allaient jusqu’au milieu des portes du rez-de-chaussée, prouvant jusqu’où l’eau pouvait grimper lorsqu’il y avait trop de pluies qui entraînaient une crue du Reik.
L’air ici était vicié, l’atmosphère était lourde, et le capitaine dût claquer son cou quand il crut sentir un moustique qui venait de le piquer — ce n’était pourtant pas du tout la saison, il faisait encore frais.

Surcouf décida de se rendre dans le rade le plus populaire de cet endroit : L’Annabelle. De l’extérieur, on aurait pas dit une taverne, car ce n’était pas situé dans une maison à colombages, mais dans un grand entrepôt désaffecté et reconverti ; L’Annabelle était bruyante en toute heure de la journée, toujours cernée par des zonards qui riaient fort. Le bar se trouvait sur une petite place verdie, juste à côté d’immeubles d’habitations, et, beaucoup plus original, d’une chapelle du Graal — un vrai édifice en pierre, avec des vitraux dans les interstices. Comme quoi, il y avait bien des chevaliers de passage, même ici…


Il faisait sombre dans l’Annabelle — un entrepôt n’était pas réellement le genre d’endroit pensé pour la convivialité, ou là où on attendait de l’éclairage. Pas de fenêtres, juste un gros trou dans le toit pour permettre une aération, ce qui posait des problèmes en cas de grosses averses. Surtout, il y avait un monde fou dedans, beaucoup de gens assis par terre dans de la boue, et puis, un brouhaha qui masquait à peine de gros cris stridents de bêtes ; on donnait du divertissement ici, et visiblement, aujourd’hui, c’était combat de coq.

Au centre du bâtiment, on trouvait une arène improvisée, faite de chaises et de tréteaux empilés les uns sur les autres. Tout autour, une masse de parieurs fous à lier beuglaient des encouragements pour l’un ou l’autre animal, qui se chargeaient dessus en se donnant des coups de becs, et en s’ouvrant la peau à l’aide d’ergots métalliques remplaçant leurs serres. On agitait dans tous les sens des papiers, tandis que des bookmakers griffonnaient les paris des uns et des autres, en désignant du doigt à leurs gros-bras les joueurs déçus qui tentaient de se faire la malle…

Hylke tirait une sale gueule. Probablement qu’elle ne trouvait pas ce « sport » de bon goût.

La plupart des habitants du Sac-à-Vin n’étaient ni des marchands, ni même des marins. Ils étaient des serfs en fuite, des paysans qui avaient contrevenu aux lois du pays qui interdisent aux villageois de quitter le domaine auquel ils sont attachés sans autorisation attribuée au compte-goutte ; peut-être avaient-ils prétendu partir en pèlerinage, pour ne jamais revenir, ou bien ils avaient juste fui aux chiens des sergents du seigneur en courant plus vite que les autres. Ballottés par des passeurs à travers les mers ou les montagnes de Gisoreux, ces pauvres gens finissaient entassés dans un arrondissement pauvre et surpeuplé d’un quartier mourant et se dépeuplant. Beaucoup vivotaient de sales boulots journaliers, comme celui de purger les canaux ou de finir dans un atelier de tisserands ; ce n’était pas au goût des bons Marienbourgeois appartenant à une guilde, qui régulièrement organisaient des bastonnades ou en jetaient un ou deux dans le Rijk pour leur faire passer l’envie de voler leur travail.
Peu de gens défendaient les habitants du Sac-à-Vin. Et ce n’était pas l’ambassadeur du roy Louen qui allait s’y mettre.

Hylke et Surcouf se trouvèrent une table près du bar. Ils pourraient se commander un petit vin du pays.
Hylke tenta d’ignorer les hurlements de souffrances des coqs en train de se tuer, pour plutôt discuter avec son patron :

« Sacré endroit…
Tu viens ici par nostalgie ? Ça te manque, ton pays ? »


Elle déploya la gazette qu’elle avait achetée plus tôt, et commença à le lire, tout en écoutant la réponse de Surcouf.

Peu de gens défendaient les habitants du Sac-à-Vin, oui, mais il y en avait tout de même quelques-uns. Il y avait des rumeurs. On racontait que des agents du Secret du Roy, les services-secrets de Louen, avaient élu domicile aussi. Et puis, Surcouf connaissait certaines personnes, de loin…
Il savait que le Sac-à-Vin était sous la férule d’un ribaud, un vieux racketteur de quartier qu’on appelait « Saint-Räzell ». Un type violent, mais intelligent, qui était, en l’absence d’un prévôt ou d’un conseil de quartier légal, la chose la plus proche que les Bretonniens émigrés pouvaient reconnaître comme un protecteur.
Saint-Räzell bossait avec des passeurs, et il négociait avec des industriels de Marienburg, et même du reste de l’Empire, pour leur refiler de la main d’œuvre. Il avait en fait transformé les serfs enfuis en ses propres esclaves qui lui devaient tout. Sans doute que la guerre avec l’Empire le mettait dans une position fort inconfortable…

2 sous de cuivre retirés pour acheter ton transport en barque.

Jet d’évaluation : 17
Jet de commerce de Surcouf vs le tanneur ; 12v6

Jet de connaissances générales : 19
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Dan Surcouf
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par Dan Surcouf »

Surcouf ne voulait pas d'un hoqueton, mais d'un gambison. Il avait eu, à une époque, une veste en cuir. L'eau de mer avait absolument détruit celle-ci. Un gambison était un choix bien plus pragmatique. C'était moins cher, bien plus discret et ça pouvait servir de manteau pour se protéger le froid. Le tanneur n'avait malheureusement rien de tout cela. C'était un tanneur après tout. Sa matière était le cuir et non le tissu.

Fort heureusement, les artisans ne manquaient pas dans le quartier. Après quelques minutes passées à chercher, Surcouf trouva finalement une boutique correspondant plus à sa recherche. Dix-sept pistoles plus tard et il repartait, avec un nouveau gambison, en direction du sac-à-vin. Surcouf avait déjà eu l'occasion d'y venir, par le passé. En tant que contrebandier Bretonnien, il avait été un passeur de choix pour quelques serfs en cavale et chevaliers errants en mal d'aventure.

C'était un quartier minable, suintant la misère et l'échec. Il était peuplé de pauvre gens, échangeant une vie de misérable servitude pour une autre. L'impitoyable face cachée de Marienbourg. Pour un homme comme Surcouf, qui avait su tirer son épingle du jeux, dix autres finissaient au Sac-à-vin à curer la merde des canaux et à se faire tabasser pour avoir l'outrecuidance d'être bretonnien.

Il se tourna vers Hylke, avant de siroter son vin.

-C'est un rappel...
Le rappel qu'à chaque instant, il pouvait finir comme tout ces miséreux.
-Et une opportunité.
Il lui coula un regard.
-Imagine ce qu'on pourrait faire ici. C'est pratiquement un canevas. Avec cette guerre, on peut se faire beaucoup de guilder. Le cognac et autres produits de luxe sont déjà un axe intéressant. Et si il y a un endroit où l'on peut trouver ou construire ce genre de réseaux à Marienburg, c'est sans doute ici.
Dan Surcouf, Contrebandier
Profil: For 9 | End 9 | Hab 11 | Cha 11 | Int 12 | Ini 9 | Att 9 | Par 9 | Tir 9 | Foi | Mag | NA 1 | PV 70/70
Lien Fiche personnage: wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_dan_surcouf

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