[Surcouf] Avarie commune

Marienburg est le plus grand de tous les ports du Vieux Monde. Située à l’embouchure du fleuve, la ville est un énorme centre de commerce. Le Reik est ici un fleuve énorme, mesurant plus d’un kilomètre et demi d’une berge à l’autre. Marienburg est une cité indépendante (sans lien avec l’Empire), située au sein des Wastelands. c’est aussi le centre de l’activité religieuse du Culte de Manaan, le Dieu de la Mer.

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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

« Hmm, pour vingt jours ? »

Darri sembla étudier vraiment la question, si bien qu’il demeurât muet pendant quelques instants. Finalement, il hocha de la tête avec un air affirmé.

« Si c’est vingt jours mon bosco fera le taf’. Il a un sale tempérament, une teigne, mais il est loyal et il bosse bien. Et pas cher, vu qu’il fait pas partie d’une guilde.
C’est un ex-détenu, pour ça. Coups et blessures, je te rassure, il a jamais tué ou violé personne — je sais que t’as horreur des types comme ça, jamais je t’en foutrais un dans le dos. Mais voilà, c’est pour que tu l’aies à l’esprit.
Pour Hylke… Je te laisse faire ton recruteur. Comme dit, j’ai rien contre le fait qu’elle monte à bord. Y manquerait plus que ça, j’ai eu assez d’emmerdes à cause de mon accent pour trouve run équipage, pas pour faire la même aux autres… »


Il sembla approuver tout le reste que Dan abordait, puisqu’il hocha machinalement la tête trois ou quatre fois.

« Les pierriers ça fait pas beaucoup de dégât, mais on peut toujours compter sur un tir chanceux. Bon, on peut se le permettre car le chemin sera relativement court et tranquille — ça sera tout de même chaud quand on contournera la pointe du Nordland.
Si on poussait jusqu’à Erengrad, on risquerait de tomber sur du Norse, et alors là, faudrait tout de même préparer de l’artillerie. On fera bien avec ce qu’on a.
Tu sais ce qu’on devrait faire, toi et moi ? Aller à la bourse, comme de bons bourgeois ! Paraît qu’elle a perdu à cause de la guerre — les mecs des grandes maisons ils appellent ça des soldes. On trouvera bien une marchandise qui trouve pas preneur, si on se dépêche. »


Tout au bout du Suiddock, en passant les ponts de Draaienbrug et Niederbrug, se trouvait le bâtiment le plus important de la ville ; plus important que Rijker, que le Palais-Neuf ou que le Staadsrad, quoi que quiconque en dise. La bourse d’import-export de la République du Jutonesryk. Toutes les marchandises entrant dans Marienburg devant obligatoirement s’arrêter sur les quais du Suiddock (À moins de payer un type comme Surcouf), la bourse était l’endroit idéal où les marchands et leurs représentants pouvaient inspecter les cargaisons, la qualité des produits débouchant sur la plate-forme du commerce de tout le continent, et ensuite, en déterminer les prix grâce à des cours. Surcouf était déjà entré plusieurs fois dans la bourse : c’était un asile de Shallya, remplit de fous furieux en costume qui couraient dans tous les sens en hurlant qu’il fallait vendre ou acheter. Mais c’était l’endroit où on pouvait trouver absolument toutes les marchandises du Vieux Monde et d’au-delà : On y échangeait des chevaux de Couronne, des citrons de Verezzo, du fer des Absako, du thé de Cathay, du café d’Arabie, des arquebuses de Nuln et des fourrures de Praag. On y trouvait même des ressources venant du Nouveau-Monde, du chocolat, des tomates, du coton et des animaux exotiques. Un capharnaüm organisé géant.

Dan Surcouf était un criminel et un repris de justice, mais à Marienburg, même les criminels jouent selon les lois — c’était toute la folie de cette cité. Quelque part dans le bureau d’un scribe, il y avait son nom, bien officiel sur un papier, l’authentifiant comme un acheteur de la bourse autorisé à y faire des transactions. C’était un cadeau « très généreux » de Kuilboer (Encore que, comme d’habitude, il eût touché sa part), qui lui permettait d’accéder au lieu où circulent toutes les pièces de tous les royaumes humains, nains et elfes.

Peu importe ce que Dan voulait acheter, il était certain de le trouver — à condition de prendre un médicament avant, car il risquait d’en sortir avec une migraine et les oreilles qui bourdonnent, la faute au bruit et à l’agitation.
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par Dan Surcouf »

Surcouf hocha la tête.
-Bien, faisons comme ça. Je m'occupe d'Hylke et ensuite on file à la bourse.
Il tapota l'épaule de Darri, avant de se tourner vers Hylke.
-Eh, Hylke, ça te tente un job de clerc sur la Dame-Blanche?
Simple et direct, il n'y avait pas besoin de tourner trois ans autour du pot.
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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Darri toqua sur la table en guise d’acceptation, et se tourna sur son tabouret pour laisser son partenaire gérer.


Hylke, comme d’habitude, était en train de lire un journal — encore qu’aujourd’hui elle n’en avait qu’un devant elle, alors que Dan était toujours tombé sur elle avec trois ou quatre différents sous la main (« Faut écouter plusieurs sons de cloche pour bien tout comprendre ! », lui avait-elle expliqué plusieurs fois). En voyant le jeune matelot approcher, elle le ferma et le poussa un peu sur le comptoir, et se retourna sur son siège pour lui faire face ; ça permit à Dan de lire au moins le gros titre et découvrir la caricature sur la première page — apparemment, les Bretonniens seraient entrés dans le Val de la Veuve (Peu importe où c’était) et attaquaient très durement. La caricature représentait un duc de Parravon géant, au visage clairement aviné et arborant une immense moustache et des dents pointues, en train de piétiner tout un hameau sous les sabots de son cheval.

La jeune femme écouta la simple phrase de Dan, puis soudain, se mit à avoir un petit rire.

« Clerc ? Bon sang, Dan, en voilà une demande ! Bon sang… »

Elle sembla réfléchir un moment, et avec un grand sourire, elle se mit à aborder quelques idées.

« Mais enfin, comment vais-je t’être utile ? Oh je sais écrire, mais il y a beaucoup plus de clercs meilleurs que moi — je m’y connais un peu en droit, j’ai fait des études, mais enfin je n’ai jamais eu le diplôme… Et puis, tu penses que j’aurais le pied marin ? Ça serait un sacré changement pour moi…
Je suis certaine qu’il y a plus compétent que moi à engager, qui connaît le travail… »


Elle donnait des arguments pour ne pas être engagée — mais en réalité, elle n’avait pas dit « non ». Peut-être cherchait-elle à être convaincue ?
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par Dan Surcouf »

Surcouf la regarda d'un air impavide.
-Tu parle un bon paquet de langue, tu sais lire et écrire et tu es généralement très bien informé sur ce qu'il se passe. On se connait, contrairement au premier clerc venu, et on a déjà bossé ensemble. Et bon, les diplômes...
Ce n'était que des bouts de papier, pas forcément le reflet de la qualité d'une personne. Surcouf lui même n'était diplômé de rien du tout, mais il avait assez roulé sa bosse pour mériter son rang de capitaine.
-Et c'est quatre pistoles par jour et si tout se passe bien, on part dans 4 jours.
Il lui tendit la main.
-Cela te semble équitable?
Dan Surcouf, Contrebandier
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Hylke parut malgré tout hésitante.

« C’est une paye pas trop mal… Mais je sais pas, la vie sur le navire, c’est sacrément rude, une autre ambiance. Y a une raison pour laquelle tu vois pas beaucoup de dames sur des ponts. »

Elle ricana, et sembla songeuse un petit instant.

« Pour quatre pistoles et huit sous par jour, je peux te servir. »

Comme quoi, à la fin, absolument tout était question d’argent.

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Une fois les négociations salariales terminées avec Hylke, acceptées ou non, Dan pouvait enfin quitter le Perchoir du Pélican. Darri se tenait juste devant la porte, une pipe à tabac à son bec. Il fit un signe de tête à son comparse, et les deux partenaires purent faire le chemin jusqu’à la Bourse — à pied.

Non pas qu’ils se faisaient piétons par pauvreté : Marienburg est une ville assez unique en son genre, ce n’est pas une cité, c’est un archipel, une quarantaine d’îles de toutes les tailles, au beau milieu d’un marais grouillant qui a été élagué et maîtrisé par l’ingénierie des Nains et des Elfes à l’époque où les races anciennes étaient unies — ici, il n’y a ni vraiment la place, ni l’utilité pour de grandes carrioles avec leurs attelages de quatre à huit chevaux, le genre de véhicule dans lequel se déplacent les grands aristocrates de l’Empire. Les hommes riches du Jutonesryk voyagent plutôt en barques et en gondoles décorées et magnifiées, de la taille de galères. C’était le genre de navires que Surcouf pouvait observer en regardant à sa gauche, le long du canal de la Bruynwater. Le duo passa devant quelques endroits marquants du quartier : L’orphelinat Sainte-Rutha qui accueillait des dizaines de gosses errants des rues, l’église de Saint-Olovald (Un saint de Manaan protecteur des Marienbourgeois, et, à en croire certain, une véritable divinité à part entière), et enfin, le poste de garde et la petite prison locale.

Le pont tournant du Draaienburg était leur prochaine destination : celui-ci se trouvait actuellement retourné pour ouvrir le chemin fluvial. Des charrettes à bras et quelques animaux qui servaient aux bateliers formaient un embouteillage monstre du côté du Suiddock. Dan et Darri n’eurent d’autre choix que de patienter comme tous les autres glandus, même si le Norse avait eut le bon goût de prévoir un jeu de carte pour tromper l’ennui.

« Un podestat, ça te dit ? »

Pendant une bonne vingtaine de minute, Dan pouvait jeter l’œil juste en contre-bas du parapet sur lequel le Norse posait ses cartes, afin d’étudier les navires de commerce qui passaient à travers les interstices du pont pour aller chercher un quai à occuper sur l’île du Luydenhoek. Un balai réglé comme une montre Naine se mit alors en place, entre les bateliers qui couraient dans tous les sens pour sauter sur les ponts des barques pour tirer des cordes et agiter des amarres, les contre-maîtres qui agitaient leurs mains et des drapeaux pour indiquer aux navigateurs de bien manier la barre ou de relever les rames, et les différents fonctionnaires et contrôleurs d’impôts qui écrivaient à toute vitesse dans leurs livres les pavillons et les noms des navires entrants, afin de pouvoir leur réserver une place et vite procéder à l’inspection de leur cargo à l’aide de la Garde du Fleuve, les militaires chargés de la douane.

Finalement, sitôt le trafic fluvial plus fluide, on entendit le son d’une sirène qui retentit, et une sorte de mécanisme invisible, quasi magique, provoqua un vacarme assourdissant — le pont tournant glissant sur des roulis de fer et des socles de pierres, de manière à joindre les deux rives de deux îles. Il fallait alors vite se presser, et tandis qu’une « Coiffe Noire » soufflait dans son sifflet au beau milieu du pont, voilà qu’une foule d’hommes, d’animaux et de véhicules traversaient à bon pas pressé pour atteindre ou quitter Luydenhoek.

Ici, Dan savait qu’il pouvait trouver le bâtiment de la guilde des Bateliers, et, plus inquiétant, un établissement qu’on nommait la « Maison des Rêves du Lotus d’Or », un repaire de Nipponais ou Cathayens, des hommes aux yeux bridés qui tenaient cette espèce de grosse fumerie de lotus noir à la réputation sulfureuse. Dan n’y était jamais entré, mais il n’ignorait pas que les rumeurs racontaient que de nombreux notables de Marienburg, y comprit des Directeurs, se rendaient habituellement dans ce lieu.
C’était aussi sur cette île qu’on trouvait la maison du directeur van Scheldt, un vieil enfoiré de quatre-vingt-ans qui tenait tous les pêcheurs du Suiddock et d’au-delà en otage par des emprunts financiers digne d’un usurier, richissime car il tenait une conserverie de poiscaille fort réputée qui vend jusqu’en Arabie. Dan n’avait jamais rencontré van Scheldt, puisque celui-ci résidait dans une véritable forteresse urbaine au milieu du bidonville, mais il connaissait de nombreux pêcheurs de haute-mer qui avaient eut leurs vies ruinées par ce cruel vieillard — lui-même aurait pu finir à leur place s’il avait décidé de faire un travail honnête et de convertir le Rouge-Gorge en chalutier de morue.
Enfin, plus loin vers l’ouest, il y avait les îles de Stoessel et Riddra — des lieux où on trouvait d’autres guildes, celles des Pilotes & Marins, et des Bateliers & Charretiers — mais aussi là où on pouvait découvrir le « Club des Gentilshommes de Marienburg », les locaux de la Ligue des criminels de Marienburg — un magnifique bâtiment où truands, escrocs, espions, trafiquants et receleurs en tout genre concluaient des affaires, et où Dan avait ses propres entrées, carrière oblige.

C’était ça, le Suiddock, un étrange mélange de toutes les classes sociales. Les petites baraques de pêcheurs côtoyaient les maisons mitoyennes de fonctionnaires, les quais hyper-actifs où se garaient six navires par jour à décharger étaient à cinq minutes de tripots dégénérés. On y voyait des gens de toutes les couleurs et parlant toutes les langues, on y mangeait de la bouffe des cuisines du monde entier, et pas seulement du Vieux Monde. Il y avait là des gens richissimes et des pauvres à faire pleurer Shallya. Des orphelins et des prostituées. Des aristocrates et des fils de chevaliers. Des roublards et des flics, qui avaient des accords de principe entre eux.


Après avoir traversé Luydenhoek, il y avait encore un pont à franchir : le Niederbrug, cette fois. C’était un pont fort différent des autres à Marienburg — il était totalement dégagé par les autorités, ni habitation de fortune ou stand de vendeur à la sauvette au-dessus, ni refuge de sans-abris ou bande de vauriens en dessous. Juste un tas de flics, et pas les plus agréables. Si les Coiffes Noires (Officiellement « l’Honorable Compagnie des Gardes et Lampistes ») formaient la milice urbaine, une constituée d’habitants des quartiers assez tranquilles et plus fidèles à leurs voisins que soumis aux grands officiers de la cité, ce n’était pas du tout la manière d’être des Gardes du Fleuve, le bras armé des contrôleurs d’impôts de la ville. Les Gardes du Fleuve étaient des rapaces et des vauriens, violents et tatillons, qui recevaient leurs ordres directement du Secrétariat à la Concurrence, des Directeurs et de l’Amirauté : bref, des élites. La juridiction de la Garde du Fleuve se bornait aux canaux et au Reik/Rijk, aussi, ils régnaient en maître autour de la bourse. Seul « bon point » pour Dan : leurs effectifs étaient largement constitués d’immigrants Bretonniens comme lui, ce qui n’aidait absolument pas à leur extrême impopularité à Marienburg.

Visiblement, les gardes du fleuve du Niederbrug avaient décidé d’être emmerdants. Quelque chose ne leur plut pas dans l’attitude, la manière de marcher ou les vêtements de Darri et Dan, car alors qu’ils étaient à la moitié du pont, un des militaires s’était levé de son poste et, la matraque déjà en main, voilà qu’il les sifflait pour les arrêter.

« Hého ! Vous vous croyez-vous vous deux ?!
Contrôle d’identité ! »


Darri pouffa de rire en ouvrant son manteau.

« T’y crois ça, Dan ? Y en a ils ont pas peur de perdre leur boulot !
– Qu’est-ce que t’as dit ?! »

Darri sortit de sa poche un vieux papier jaune froissé, et le tendit à bout de bras.

« On est immatriculés à la bourse, mon garçon. »

Le garde attrapa la paperasse de Darri. Il lit à toute vitesse, et soudain, ses yeux s’écarquillèrent, et il devint tout pâle. Il rendit le papier avec un air plus mou que la façon avec laquelle il s’en était saisi.

« Heu… Circulez siouplaît. »

Darri rigola à nouveau en continuant sa route.

« J’aime pas toujours bosser avec les riches. Mais faut admettre — c’est plaisant de pouvoir faire se chier dessus les condés. Ça change de ma vie d’avant.
Ça doit te changer aussi, non ? T’as souvent eu des problèmes avec des sergents de paix, toi ? »




Enfin, Dan était arrivé au cœur de la cité. N’en déplaise à certains, le pouvoir de Marienburg n’était pas au Palais-Neuf, un peu plus loin au nord d’ici, où siègent le Stathouder ainsi que les chambres du Parlement ; il n’était pas non plus à l’autre extrémité de la ville, au sein de la cathédrale de Manaan, le saint-siège du culte du Trident pour le continent tout entier ; il n’était même pas à Elfeville, le ghetto des Fées qui avaient noué des traités très avantageux, surtout pour eux, avec le Jutonesryk.

Le véritable pouvoir était là. La Haute Tour, c’était le cœur de la ville, là où on trouvait l’Amirauté et son tribunal, l’arsenal d’État avec ses vrais navires de haute-mer gigantesques, et surtout, sa Bourse, où on échangeait les biens du monde entier.

La bourse elle-même était un grand bâtiment de trois étages, étendu, à l’architecture moderne, car il n’arrêtait pas d’être rénové pour bien présenter sa richesse — d’ailleurs, la façade était aujourd’hui encore recouverte d’un échafaudage, car des ouvriers travaillaient à réparer l’horloge. Au sein de la bourse, on disait que les Directeurs se réunissaient pour discuter d’affaires à centaines de milliers de guilders, et on invitait régulièrement des ambassadeurs, des chefs d’entreprise et des banquiers fort lointains pour apposer des sceaux sur des contrats. Dan n’irait pas jusque-là. Dan irait dans la Corbeille, le préau qui servait de grande salle d’échange au milieu de la cour de la Bourse…
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Même à cette heure, le préau était plein à craquer. Une véritable marée humaine, faite d’hommes en costume et de très rares femmes qui passaient par là pour quelque raison. Sous les alcôves, on avait posé des tables, et des changeurs ou des scribes grattaient des papiers à toute vitesse. Des employés de banques préparaient les billets à ordre et sortaient les chèques. Les huissiers criaient pour se faire entendre, alors qu’ils exigeaient qu’on leur donne des adresses d’entrepôts où il fallait aller saisir des marchandises. On trouvait même quelques Nains et Elfes au milieu de cette folie.

Darri dût crier très fort pour se faire entendre, alors qu’il était juste à côté de Dan :

« Vaut mieux qu’on se sépare pour trouver les bonnes affaires ! Si on se perd — et obligé on va se perdre — on se donne rendez-vous dans une heure et demie à la buvette de la bourse ! D’ac ?! »

Il désigna la grande horloge et son cadran en rénovation au-dessus de leurs têtes. Et sur ce, les deux se séparaient pour essayer de chercher un filon intéressant.



Alors que Dan marchait au milieu de la foule, il essayait de comprendre ce qui se passait au milieu des cris paniqués, des donneurs d’ordre qui beuglaient comme des furieux « VENDS ! VENDS TOUT, VENDS TOUT ! » à leurs sous-fifres, et des courtiers de mesnies qui annonçaient les cotations d’une vive-voix de baryton, « FROMENT À DIX-NEUF PISTOLES LE SÉTIER, DERNIÈRE ESTIMATION ! ». Il lui fallait également se mêler à ce charivari infernal ; heureusement, le commerce, il connaissait. Au fond, la bourse, c’était pas si différent des quais de Bordeleaux, même s’ils étaient mieux habillés que les vendeurs de vin semi-truands de sa nation.

Il fallait commencer par alpaguer quelqu’un — sans aucune politesse, sans un « Bonjour monsieur excusez-moi s’il vous plaît- » : ça, c’était le meilleur moyen de se prendre un « j’ai pas le temps » agressif, ou bien être poussé franchement de côté par un garde-du-corps bien costaud. Non, ce n’est pas comme ça qu’on se démène dans la Corbeille, et d’ailleurs, on repère très vite les nouveaux arrivants trop timides, pas à leur place, bousculés au milieu de la marée humaine ; ce sont ceux qui se font vite escroquer par des négociants qui s’approchent d’eux avec des voix douces et des tons affables.
Non, au milieu de la bourse, on se place devant quelqu’un qui marche, et on lui crie dessus ce qu’on a besoin de savoir. « Hé ! Le vin d’Averland il est à combien ?! », ce à quoi le marchand, vexé, répondra sûrement en hurlant en retour : « J’ai une tête à acheter du vin Impérial moi ?! Va voir là-bas les types qui ont tellement pas de thunes ils prennent la queue à huit guilders ! »

Au fond, Dan était un négociant avisé et très fort pour écouter, parler, et tirer des conclusions. Il n’avait pas été élevé dans la clientèle d’un directeur, il n’avait pas été scribe d’un banquier ou comptable d’un commerçant — mais la vie des quais l’avait bien assez rodé, et il valait autant en perspicacité financière que les meilleurs de ces gens aux habits noirs et aux chapeaux pointus.




De fil en aiguille, Dan tomba sur une discussion entre un gros monsieur à l’accent Bretonnien, et un petit Marienbourgeois moustachu.

Le Bretonnien : « …C’est un pays en guerre ! Les armes, ça se vend ! »
Le Marienbourgeois : « Oui, ça se vend, mais pas à n’importe quel prix non plus. »
Le Bretonnien : « Parce que quiconque ici propose des armes à meilleur prix ?! »
Le Marienbourgeois : « Rapport qualité-prix, je veux dire. De l’équipement pour équiper des Troupes d’État c’est contrôlé. En fait, vendre à n’importe quel militaire ça sera compliqué. J’achète du sérieux moi, j’ai une réputation à tenir. »
Le Bretonnien : « Ce sont d’excellents hauberts, flambant neufs, tous bien solides pour résister aux têtes de flèches et aux lames — et à un prix défiant toute concurrence ! »
Le Marienbourgeois : « Peut-être, mais c’est Bretonnien. Les armures Bretonniennes ont très mauvaise réputation ; les forgerons de votre pays ils sont forts pour produire à la pièce, pas en série. »
Le Bretonnien : « Là c’est différent ! Ça vient d’une fonderie de Montfort, tenue par des Impériaux émigrés de Wissenburg ! Produit avec du fer des Montagnes Grises, transformé en acier sur place ! La qualité d’une armure Nulner, au prix de la main d’œuvre Bretonnienne ! »
Le Marienbourgeois : « Ben voyons ! On me l’avait jamais sortie celle-là ! Je les débarque en Ostland, ils vont tirer à l’arc dedans, si les flèches transpercent, je suis humilié et j’aurai payé pour rien ! »
Le Bretonnien : « Je me porte garant de toutes ces armures — je ne suis pas un intermédiaire, mon père est contremaître à la fonderie ! »
Le Marienbourgeois : « Pfffff… Combien déjà ?! »
Le Bretonnien : « Je vends des épées de fantassins, des becs de faucons, des chapels de fer et des cottes de plates à armer ; En prix de gros, ça revient à huit guilders l'équipement de deux soldats en moyenne ! Vous débarquez tout ça en Ostland, vous allez vous faire sacré petit profit — surtout que je répète, c’est une province en guerre quoi ! Ils ont pas à faire les fines bouches ! »
Le Marienbourgeois : « Écoutez… Je suis ici jusqu’à quatre heures ! Repassez à trois, j’aurai une offre à vous faire, je vais consulter d’abord ! »

Les deux se serrèrent la main, tandis que dans leur dos, le scribe du Marienbourgeois avait griffonné les prix à toute vitesse sur un papier.
Il est vrai que les tarifs étaient intéressants. Trop beau pour être vrai, peut-être : c’étaient des baisses de prix généreuses. Il est vrai que le travail ne coûtait pas très cher en Bretonnie, et était pourtant d’une qualité bien supérieure à ce que ce cuistre Marienbourgeois imaginait.
Problème, pourtant : L’écu d’or frappé dans les ateliers de Couronne était une monnaie forte, bien plus forte que le standard de Nuln — c’est ce qui avait toujours désavantagé les exportations de biens manufacturés dans le pays de Louen. Les prix bradés de ce forgeron de Montfort rendaient vraiment l’offre trop belle pour être vraie. Si Dan souhaitait devenir un marchand d’armes, il valait tout de même mieux se renseigner auprès de ce forgeron avant…



Plus loin, un peu à l’écart du brouhaha, un Tiléen était en train de discuter à voix basse avec un autre marchand de Marienburg. Le Tiléen négociait à la Tiléenne : il était très tactile, proche de son partenaire commercial, et n’arrêtait pas de lever la main pour lui toucher l’épaule ou faire des gestes pour accompagner ses paroles.

Le Tiléen : « Ils ne se perdent pas parce qu’ils sont confits, voyons ! »
Le Marienbourgeois : « Et… ça se vend bien ? Sérieusement ? »
Le Tiléen : « Pas encore, non — mais c’est ça l’intérêt, Aandred ! Tu serais à l’origine d’une mode ! Tu définirais le bon goût ! C’est les premiers qui gagnent, voilà tout ! »
Le Marienbourgeois : « Je ne sais pas… »
Le Tiléen : « Aandred, Aandred, mon ami… Tu aimes le poisson, non ?! Hé bien, le citron, c’est délicieux avec du poisson ! »
Le Marienbourgeois : « Pas assez pour en acheter par bocaux entiers. Mais quelle cuisinière va vider autant d’agrumes en aussi peu de temps ? »
Le Tiléen : « Tu te rends pas compte des bienfaits de ces fruits ! Aandred, c’est délicieux, ça réveille les papilles ! »
Le Marienbourgeois : « C’est acide. Ça fait mal aux dents. Tu crois que des vieux grincheux du nord-Empire ou d’Erengrad ils vont acheter tes fruits tout jaunes ? »
Le Tiléen : « Ma ! C’est des marins, non ?! Hé bien, les citrons, c’est gorgé du soleil de ma Remas natale ! Écoute, quand les capitaines ils envoient des navires en Lustrie, ils font couler du jus de citron par gorgées dans les rations des matelots — et figure-toi qu’ils tombent jamais malades ! C’est un remède miracle, contre le scorbut et les miasmes ! »
Le Marienbourgeois : « Remède miracle, ben voyons, on me l’avait jamais sortie celle-là… Et ton remède miracle, il vaut… »
Le Tiléen : « Pour toi ? Quinze pistoles les dix bocaux ! »
Le Marienbourgeois : « Par Handrich. Verdomme. »
Le Tiléen : « Tu les vendras à trente dans les ports de l’Empire ! En plus on est au début du printemps, le moment où la famine rode ! Tu connais beaucoup de denrées qui se vendent au double de leur prix d’achat ? À part les épices, bien sûr ! »
Le Marienbourgeois : « Les épices la différence c’est que tout le monde en achète, même à Erengrad. Tes citrons, là, il faudrait non seulement que je les transporte, mais que j’en fasse la réclame aussi ? »
Le Tiléen : « Remède miracle contre le scorbut ! Assuré ! Demande à n’importe quel Tiléen ! »
Le Marienbourgeois : « Ouais… Désolé Vincenzo, sans moi. »
Le Tiléen : « Aandred ! Allez, allez Aandred ! Quatorze pistoles les dix bocaux ! Allez ! Aaah ! »

C’était trop tard : le triste Marienbourgeois s’éloignait en faisant des signes de main, alors que l’élégant Remassien le poursuivait en trottant.
Du citron contre le scorbut ? En voilà une idée originale. En tout cas, ses citrons coûtaient très cher. Mais c’était un produit très original, qui pouvait peut-être remporter un certain succès.



Assis sur une chaise installée au milieu du préau, un monsieur fort bien habillé, avec son costume noir cintré et son grand chapeau sur la tête, était en train d’avoir une discussion avec un plus jeune qui avait un genou à terre pour se mettre à sa hauteur.

Le jeune : « On a pas tant un problème de stock que de débouché. Les parfums, les meilleurs, ils viennent d’Estalie, pas d’Aquitanie… »
Le vieux : « Cela ne va pas être aussi grave que ça, si ? Si ? »
Le jeune : « Nos bateliers se sont débinés. Faut en trouver d’autres… »
Le vieux : « Débinés ?! Ben voyons, on me l'avait jamais sortie celle-là ! »
Le jeune : « Hé bien je suppose qu’on a pas l’influence qu’ont les Dix ! Ils refusent de se faire pincer par les patrouilleurs fluviaux du Reikland, donc pour rejoindre Altdorf c’est foutu. »
Le vieux : « Et tu peux pas en trouver de nouveaux, de bateliers ?! »
Le jeune : « Si, mais faudra y mettre le prix. »
Le vieux : « On vit une époque remplie de branleurs. »
Le jeune : « Du calme, mon oncle… Des gants parfumés, ça se vend toujours partout. On peut ignorer l’Empire, en exporter ailleurs. »
Le vieux : « À qui ?! On va vendre du parfum à des putes, maintenant ?! Combien on en a sur les bras, qui devaient atteindre l’Empire ?! »
Le jeune : « Douze boîtes. »
Le vieux : « Pardon ? Répète plus fort ? »
Le jeune : « Douze boîtes. »

Là-dessus, le vieux sembla avoir une attaque d’apoplexie. Il devint sidéré sur sa chaise, au point où Dan put même hésiter à appeler une prêtresse de Shallya.

Le vieux : « Douze ?! Mais ! Mais c’est pas possible ! Faut buter Karl-Franz ! Ou von Jungfreud ou je ne sais pas ! Tout ça à cause d’un bled du fin fond du Reikland dont personne n’a rien à foutre !
Douze boîtes à cinquante guilders le prix de vente ! Je… Je… »

Le jeune : « On va trouver un acheteur, ça fait rien mon oncle… »
Le vieux : « Même si j’en vendais une paire à toutes les putes de cette ville j’y trouverais pas mon compte ! Vingt ans de partenariat commercial avec une maison fine d’Aquitanie — aux chiottes !
Laisse-moi ! Je… Laisse-moi ! »


Visiblement, la guerre faisait des heureux et de très malheureux. Les ordonnances de Karl-Franz interdisaient la vente de biens de luxe dans l’Empire, et ce pauvre vieux monsieur, peu importe qui il était, en faisait directement les frais.
Heureusement, Dan Surcouf s’en fichait royalement des ordonnances de Karl-Franz — c’était son gagne-pain, de contourner les lois. Il pouvait facilement obtenir un prix avec un magnifique rabais de la part de ce parfumeur aux abois.

Jet de négociation de Dan (Bonus : +3) : 15
Jet de négociation de Hylke : 8

Victoire de Hylke, demande d’un salaire supérieur


Jets de perception auditive/recherche d’opportunités de Dan (Sur INT, avec bonus de « Commerce ») : 9, 13, 5, que des réussites ! Dan il s’y connaît en affaires, bon sang.
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Dan Surcouf
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par Dan Surcouf »

Surcouf secoua la tête. C'était une sacrée somme et ça taillait méchamment dans le gras qu'il se faisait sur le salaire du bosco. Bien entendu, Surcouf n'était pas étranger aux principes de la négociations. On lançait toujours plus haut ou plus bas que ce qu'on voulait recevoir ou payer.
-Coupons la poire en deux. Quatre pistoles et quatre sous.
Il retendit sa main, comme pour attendre qu'Hylke la serre. Ce serait sa dernière offre.

Une fois les affaires réglées avec Hylke, lui et Darri repartiraient vers la très prestigieuse bourse de Marienburg. Sur le chemin, les deux hommes eurent tout le loisir d'apprécier la nature cosmopolite de la cité marchande. Marienburg était véritablement un endroit unique au monde. C'était un lieu d'opportunités dépourvu de filet de sécurité. Pour un novice, cette ville était un prédateur, suçant vos os jusqu'à la moelle, pour en tirer jusqu'au plus petit sous. Pour quelqu'un qui commençait à s'y connaître, c'était un endroit où il y avait toujours un marché à passer.

Il ne faisait pas bon vivre d'être pauvre à Marienburg, mais ça n'était pas foncièrement pire que ce qu'il y avait ailleurs dans le monde, en particulier en Bretonnie. Être riche était définitivement l'assurance d'une vie confortable et prospère. Mais l'un comme l'autre n'étaient pas figés dans le marbre. Il y avait un véritable escalier social ici. Bien sûr, cet escalier était quelque part un piège. Il était glissant et pentu. Mais il pouvait vous mener plus haut que n'importe quel escalier du vieux monde, ou vous renvoyer tout en bas en un clin d'œil.

Ses pensées furent interrompues par le pont tournant et la partie de carte de Darri. Surcouf n'avait jamais vraiment comprit grand chose aux règles du podestat et ça n'était pas la faute du pauvre Darri, qui chaque fois s'évertuait à lui réexpliquer les règles. Ce fut au bout de quelques manches que le capitaine de la Dame Blanche réussi à maîtriser sommairement le jeu. Pile au moment où la coiffe noire souffla dans son sifflet, signalant qu'ils pouvait traverser.

Ils continuèrent leurs périples à travers la cité archipel, passant devant la maison des rêves du lotus d'or et diverses chambres de guildes.

Voir le garde du fleuve tenter de les alpaguer fit monter le sang au visage du marin. Les gardes du fleuve et les contrebandiers, ce n'était pas le grand amour et, par ailleurs, c'était à cause de leur incompétence, qu'il y a cinq ans, il avait passé une année à Rikjer, après s'être pris une lance dans la jambe, suivi d'un bon bain glacés dans les eaux des canaux du Suiddock. Voir Darri clouer le bec de l'insolent lui procura une satisfaction qu'il ne put difficilement dissimuler.

-Ouais. C'est toujours marrant de voir l'effet qu'un simple papier peut avoir sur certaines personnes.
Il ricana, avant de poursuivre sa route.

Ils arrivèrent enfin à la bourse et s'y séparèrent rapidement. Ici, c'était peine perdue de rester grouper quand on voulait faire des affaires. Et Surcouf voulait faire des affaires. La première étape consistait à soigneusement laisser trainer ses oreilles et se renseigner. Il réussit à dégager trois offres très alléchantes.

Des armes dont le prix était à tomber par terre, des bocaux de citrons qui pourraient être très utiles pour nourrir son équipage et des boites de parfum à cinquante couronnes, qui se retrouvaient invendables.

Il lui fallait soigneusement peser le pour et le contre. Les armes se revendraient certainement le mieux, mais c'est ce qui prendrait le plus de place dans son navire déjà bien rempli. Le parfum était ce qui rapporterait le plus, par rapport à son volume, mais c'était se charger avec plus de contrebande, mais il était presque certain d'arriver à pouvoir revendre ça en passant par le prête nom du mulot. Les gens aimaient les produits de luxe et le cognac en était définitivement un. Alors pourquoi pas un peu de parfum? Les citrons, eux, étaient l'offre la moins rentable, d'après ses estimations, mais ils offraient une incroyable versatilité et seraient soumis à beaucoup moins de suspicion que le reste.

Voyant l'heure tourner, il décida de rejoindre Darri, pour lui faire part
de ses trouvailles. Il partirait bien sur le parfum.
Dan Surcouf, Contrebandier
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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

La buvette de la bourse était, en comparaison avec la Corbeille, un lieu beaucoup moins agité. Une sorte de bistrot au rez-de-chaussée, avec beaucoup de tables séparées par des paravents, c’était un endroit où on pouvait discuter d’affaires et signer des contrats autour d’un peu de bouffe et d’alcool sans se hurler dessus tels des Banshees — généralement après avoir alpagué quelqu’un au milieu du tumulte.

Dan trouva Darri assis sur un tabouret, avec un verre de jus de fruit devant lui ; visiblement, lui n’avait pas envie de siroter un peu de vin en pleine après-midi. Le norse salua son camarade, et attendit qu’il s’asseye et présente ce qu’il avait réussi à trouver pour ensuite donner son avis :

« Intéressantes, ces trois affaires.
Je comprends pourquoi t’en pinces pour le parfum — on contrebande déjà du cognac, on va croiser des aristocrates, autant leur en vendre à eux aussi. Pis si le mec est aux abois, j'imagine le gros profit qu'on peut se faire…
Pourtant… J’sais pas si c’est une idée à toute épreuve. J’veux dire… Si j’ai bien compris, ton plan est d’écouler tout le cognac à Salzenmund, et pas aller plus loin vers l’Ostland ? Dans ce cas, on pourra certes choper une bonne clientèle, les aristos rebelles de Gausser et consorts, mais même pour des seigneurs comme eux, leur budget « trucs de gros riches plein de thunes », il doit atteindre ses limites. Le Nordland est en guerre, en vraie guerre civile, ça aide pas à vendre du luxe.
Les armes, en revanche, ça va vendre, et sacrément. Je pense, on pourrait même carrément s’débarrasser de la laine et du grain que Kuilboer nous a promis — en partie au moins — et avec l’argent qu’on gratte, acquérir autant de casques et de vouges que possible. Pas comme si les militaires Nordlander allaient nous arrêter ou nous trouver suspects ; mon avis qu’ils nous accueilleraient même à bras ouverts. La guerre c’est bon pour vendre des armes.
Quant aux citrons… Franchement, faut p’têt pas sous-estimer. Ça prend pas beaucoup de place. Mouais. Tu sais bien vendre, toi ? Je me débrouille, on peut s’amuser à faire de la réclame aux matelots de la mer des Griffes, c’est des gens comme nous, on s’en sortira mieux qu’un Tiléen. »


Il sirota son jus, et reprit.

« J’vais quand même te dire ce que ma chasse à moi a donné :
Du fer, des monts Abaskos. J’ai discuté avec un Estalien un peu pingre, il est prêt à me vendre soixante-dix couronnes les cent livres — on prend la quantité qu’on veut là-dedans. C’est bon à tout faire le métal, et c’est de qualité. Rien de très original, on se fera pas un gros profit là-dessus… Mais bon, parfois c’est bien les affaires sans risques.
Qu’est-ce que t’en penses ? »
Hylke accepte ton marché - elle sera présente sur ton navire et est maintenant sous tes ordres.

Jets d'opportunités commerciales de Darri : 15 et 3, il est moins fort que toi.

Si tu as la moindre question sur les prix et l'encombrement, je peux tout te répondre par MP, évidemment - ce sont des conseils que Kuilboer et Darri pourraient te donner, puisque les deux t'ont proposé et ont pas d'intérêt à t'arnaquer vu que t'es leur partenaire :orque:
T'es évidemment le boss et c'est toi qui a le mot final sur ce que tu embarqueras - tu es le skipper
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Dan Surcouf
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par Dan Surcouf »

Après avoir passé plusieurs instants à soigneusement peser le pour et le contre, il finit par se décider.
-Très bien. On charge autant d'arme que possibles. On achètera aussi quelques citrons en bocal, mais juste à titre de provision pour l'équipage.
Avec tout ça, ils devraient être bon.
Dan Surcouf, Contrebandier
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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Décisions données par MP. Vu que t’as la flemme (Et tu as raison, t’es pas obligé de tout faire), Darri va s’occuper de négocier avec le Bretonnien.


Il trouve l’offre du Bretonnien à 8 Go les 10 points d’encombrement. Il inspecte la cargaison lui-même ;
Résultat — le Bretonnien est legit, les armes sont de qualité très moyenne/médiocre, mais tant que tu le vends pas comme des équipements d’exception aux Nordlander, tu n’auras pas de soucis à les revendre.

Le Bretonnien a 110 PE à vendre.

Avec 48 Go, Darri achète 60 PE d’équipement. Il lui en reste 2.

Il vend tout le grain et toute la laine : +50 Go

Il achète 50 PE supplémentaires : Il lui reste 12 Go

Le navire est devenu un vrai poids plume — il y a de la place maintenant qu’il n’y a plus un tas de sacs de grain et de laine.


Avec les 12 Go restants, Darri achète juste :
– 1 Go pour un tas de citrons de Verezzo (Invendable — garde l’équipage du scorbut) et des provisions de meilleure qualité — l’équipage ne tombera pas malade à cause de la nourriture.

Il te reste 11 Go pour recruter un équipage et assurer les dépenses courantes.
« Très bien alors. Je vais voir ce marchand et arranger le chargement avec la Dame-Blanche.
Mieux vaut que j’y aille tout de suite pour vider son stock. On se revoit un autre jour ? »


Et ayant dit ça, il tapa dans la main de Surcouf et quitta la buvette.




Il n’y avait plus rien à faire pour aujourd’hui. Surcouf était libre de quitter la bourse, de retraverser la succession de ponts et écluses en tout genre pour regagner à pied le Suiddock, et vers la caserne locale des Coiffes Noires. C’est en contournant ses hauts murs de pierre qu’il trouva une ruelle boueuse, où un muret avait une grille en fonte ; il en possédait la clé à son trousseau.

Une petite arrière-cour un peu coquette, avec des fleurs et des buissons. Il y avait là une cabine de toilettes sèches, et des cordages sur lesquels on profitait des rayons de soleil pour faire sécher du linge. Au fond, une masure plutôt élégante, une maison à colombage recouvert de plâtre, un peu penchée mais pas insalubre.

Alors qu’il passa par la porte le plus furtivement possible, et qu’il tentait d’atteindre l’escalier qui le mènerait vers sa chambre, il eut la mégarde de se trouver pile dans l’entrebâillement de la cuisine. Et sa propriétaire le héla :

« Hé bien hé bien, sir Surcouf ! Vous débauchez déjà à cette heure ?
Sacrés horaires d’être marin ! »


Maintenant, par politesse, il devait entrer dans la cuisine pour voir la vieille dame. Elle était assise sur sa chaise, en train de faire un point-de-croix.

« Vos affaires sont en train de sécher devant — un beau jeune homme comme vous, vous aurez l’air mieux avec des vêtements propres ! Mais vous savez, j’ai le fils d’une cousine qui est tailleur de l’autre côté du Rijk, je peux vous donner son adresse, des fois que vous auriez besoin d’un beau costume…
Vous prendrez bien un café, n’est-ce pas ? »




Le lendemain, à dix heures, Darri et Dan étaient sur les quais du Suiddock. Cartes en main, ils rejouaient un podestat, tandis que le second confiait à son capitaine comment les affaires s’étaient passées — il avait obtenu un grand tas d’armement pour pas cher, de qualité très moyenne, voire médiocre ; pourtant, le Norse demeurait confiant. Selon lui, le Nordland était une province pauvre, isolée géographiquement, encerclée par trop d’ennemis — ils ne feraient pas la fine bouche et achèteraient ce qu’on leur donnerait, y comprit pour un prix qui serait quasiment du vol.
Mais c’était le propre de Darri que d’être toujours trop confiant. Vendre à des militaires représentait toujours un risque, et Surcouf avait vu assez de chevaliers Bretonniens pour savoir que trop tester leur patience pouvait mal finir ; toute la cargaison pouvait être réquisitionnée avec peu ou pas de dédommagement, par exemple. Les nobles de l’Empire ne devaient pas être si différents des nobles de la Bretonnie…

Le spectacle était beau. Sur le Rijk, ils voyaient arriver ici non pas les petites galères et chaloupes, les nefs de marchands et les barges de bateliers, mais les vrais navires. Les immenses galéasses Tilléennes, les bateaux-longs à cent rameurs de Norsca, les frégates du culte de Manaan qui défendaient la ville…
Et au milieu de tous ces beaux navires, Surcouf fut forcé de se frotter les yeux, car il était certain d’en reconnaître un.
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Une grosse caraque de guerre, à 96 pièces — dont 22 anti-navires. Un bâtiment lourd, épais, et qui pourtant semblait agile comme tout, avec sa carène parfaitement taillée et ses mâts flambants neufs. Le pavillon flottant montrait, en parti, deux blasons différents ; celui de la Marine Royale de Bretonnie avec ses lys, et le Trident de Manaan, le symbole de son pays natal.
Ce navire, c’était la « Belle Agnès », l’un des vaisseaux de ligne de son altesse Albéric de Bordeleaux. Plus de deux cents matelots d’équipage, il pouvait embarquer autant d’hommes pour une opération amphibie — moins si c’étaient des chevaliers avec leurs montures et bagages. Aux côtés des petites chaloupes et galères de la police fluviale, l’Agnès avait des proportions démesurées.

La majeure partie des navires de la Royale était constituée de vaisseaux commerciaux, réquisitionnés ponctuellement lorsque le roy souhaitait une opération maritime. Mais la Belle Agnès était le genre de navire pensé, financé, construit et mit à flot uniquement pour les opérations militaires : blocus, bombardement, chasse. Jamais le duc Albéric ne s’abaisserait à l’utiliser pour transporter du cognac ou des vivres pour de l’argent — tout au plus porterait-elle du ravitaillement pour soulager une ville assiégée.
Alors, qu’est-ce que l’un de ses navires préférés faisait ici, à Marienburg ? Visiblement, Agnès se dirigeait vers l’île du Palais, où l’on trouvait le Parlement et le siège du gouvernement.



Un peu plus tard, Kuilboer arriva. Le mulot avait une caissette sous le bras, et des lunettes au nez. Il était entouré de deux armoires à glace qui servaient de gardes du corps. Sans s’arrêter, il continua son chemin, s’annonçant juste à voix haute :

« Capitaine Surcouf, maître Emundsson ;
Allons-y, vous le voulez bien ? »


Les deux purent ranger leurs cartes et rattraper leur financeur. Ensemble, ils se dirigeaient vers un petit entrepôt, devant lequel une foule de personnes faisaient la queue.
On n’avait vraiment pas perdu de temps — Kuilboer devait juste avoir placardé l’avis de recherche de salariés hier soir, et déjà aujourd’hui, un nombre conséquent de rats du Suiddock se portaient volontaires pour servir. C’était tant mieux ; ça allait laisser du choix à Surcouf pour recruter.

Une fois à l’intérieur, ils trouvaient une grande table, avec des chaises. Hylke Geest était déjà assise derrière, avec de la paperasse. Elle fit un grand sourire à Surcouf et Darri — sourire qu’elle dissipa bien vite en voyant arriver le mulot.

Kuilboer s’installa en tirant une chaise au bout de la table — on laissait évidemment les deux du milieu au capitaine et son second. Le mulot ouvrit sa caisse : elle regorgeait d’espèces sonnantes et trébuchantes. On comprenait mieux pourquoi il était venu entouré de ses immenses gardes du corps.

« Hé, au fait : le bosco que je veux te présenter passera avant midi. Tu lui feras son entretien personnellement — des fois que t’as des questions à lui poser. »

Surcouf avait bien quelques minutes pour discuter avec ses collègues.

Mais une fois qu'il était prêt, Kuilboer leva la main et fit un signe à l’un de ses sbires.

« Fais-les entrer.
Capitaine, à vous l’honneur. »

L’entrepôt fut alors envahi de monde. Que des hommes, mais de tous les âges. La plupart mal habillés, beaucoup de crânes chauves (La mode des matelots était de se recouvrir le scalp de goudron) et de tatouages, surtout chez ceux plus âgés. L’un d’eux fumait la pipe, et se fit vertement engueuler par le garde-du-corps pour qu’il l’éteigne. Ils formèrent bien vite une sorte de ligne, sur deux rangs. Ils devaient être une trentaine.

Ils allaient tous passer un par un pour répondre rapidement à des questions des quatre personnes derrière : Surcouf, Emundsson, Geest et Kuilboer. Il y allait en avoir pour la journée, probablement, le temps de retenir ceux qui semblaient les plus solides. À voix basse, Darri pensa tout de même à voir quelle stratégie ils allaient employer :

« Tu veux faire le bon recruteur ou le méchant recruteur ? »

En attendant, c’était à Surcouf d’ouvrir les hostilités : Il devait faire un discours rapide, où il présentait les règles sur son navire, les qualités exigées pour monter à bord, et ce qu’il attendrait d’eux. Après les Dieux eux-mêmes, un capitaine est considéré comme le maître absolu du bâtiment, d’où l’importance de bien mettre les choses au clair dès maintenant.
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Dan Surcouf
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Re: [Surcouf] Avarie commune

Message par Dan Surcouf »

Surcouf était assez content des affaires réalisées à la bourse. Darri était peut-être un peu trop confiant, vu la qualité assez médiocre de l'équipement acheté, mais il devait reconnaître qu'un pays en guerre était un pays qui ne ferait pas la fine bouche. Par ailleurs, au delà des ost et forces armées régulières, qui n'était pas aussi scrupuleuses sur l'équipement qu'on pouvait le croire, il y avait encore les mercenaires et aventuriers en tout genre, attirés par la guerre et la perspective d'un profit rapide. Une très grande variété de client donc.

Darri avait fait du bon travail. Les deux hommes se séparèrent donc pour la journée et Surcouf retourna dans la loge qu'il occupait, en face de la caserne des coiffes noires. Bien qu'il ait tenté de se faire discret, il n'échappa pas à l'œil attentif de sa logeuse. Se composant un visage avenant et poli, le contrebandier pénétra dans la cuisine.

Au commentaire sur ses horaires, Surcouf ricana. Il n'était pas vraiment un pêcheur endetté jusqu'à la moelle, qui devait passer sa vie en mer pour pêcher assez de poisson pour ne pas crever de faim et payer ses créanciers. De fait, Surcouf était officiellement un marchand. Un très honnête marchand qui mettait du beurre dans ses épinard en oubliant, maladroitement, de noter avec précision le contenu de sa cale... ou en transportant des marchandises prohibées que personne ne voulait transporter. Naturellement, ses horaires étaient différents.

-Vous savez, les horaires d'un marin raccourcissent quand le navire est en cale sèche.
Il était capitaine, pas charpentier. Après tout, quand son navire n'était pas à l'eau, il n'y avait pas grand chose à faire.

Il accepta volontiers le café que lui proposa sa logeuse. C'était une bien étrange boisson, venant de terres lointaines. Des graines que l'on meulait comme du blé. Mais la farine obtenue, noire comme de la suie, était ensuite infusée comme une tisane. L'ensemble donnait une étrange boisson chaude, au goût assez particulier, pas forcément agréable. Mais quelque chose dans cette substance revigorait celui qui la consommait et c'était là le principal attrait.

Il accepta également l'adresse du fils de la cousine de sa logeuse. Un tailleur, c'était toujours utile. Il avait besoin d'une nouvelle veste en cuir, l'ancienne ayant rendu l'âme après des années d'exposition aux éléments. Le soleil et l'eau de mer ne sont pas bon pour ce type de vêtement. Par ailleurs, avoir des vêtement un peu plus chic serait sans doute un bon moyen d'éviter le zèle des coiffes noires et de la garde du fleuve. Autant voir Darri les rembarrer avec une feuille de papier était quelque chose de particulièrement amusant, autant se faire stopper tout les quatre matins pouvait devenir très vite ennuyant. La veste en cuir serait une priorité. Les tenues plus formelles attendraient leur retour.

Le lendemain matin, l'arrivée de la Belle Agnès fut une surprise de taille. Un véritable titan des mers, qu'il n'avait pas vu depuis près de 5 ans, depuis qu'il avait quitté Bordeleaux. Si le bon duc Albéric lui avait fait prendre la mer, ce n'était pas pour épater la galerie. Restait à savoir ce que cela cachait. Future opération bretonnienne, transport de marchandise ou d'individu de haute valeur, augmentation de la protection face à la recrudescence de la guerre de course? Il y avait beaucoup de possibilité. Était-ce le signe que la guerre avait bel et bien rattrapé Marienburg? L'avenir le dirait, si Hylke ne le faisait pas avant.

Il fut interrompu dans ses songes et sa désastreuse partie de carte par le mulot. Les affaires pouvaient commencer. Darri, Hylke, le mulot, ses armoires à glace et Surcouf furent donc installés dans cet entrepôt. Le capitaine prit bien note de ce que Darri lui dit au sujet du bosco.

-Oui, on fait comme ça.
Le bosco était un personnage très important sur un navire. Le capitaine décidait, le second s'occupait de faire en sorte que ces décisions soient appliquées et le bosco, lui, s'occupait du détails de la manœuvre. C'était lui qui gérait les gabiers, leur ordonnant, à coup de sifflet, comment devait être disposée la voilure. C'était aussi lui qui s'assurait de la discipline à bord, en l'absence d'un maître d'arme, de part sa position en tant que matelot de haut rang. Le capitaine et le second ne devait vraiment mettre le nez dans ces histoires qu'en cas de faute extrêmement grave. Cela valait donc le coup d'avoir un entretient plus poussé.

Alors que les candidats s'alignaient, Darri lui demanda quelle stratégie ils comptaient employer. Surcouf tira un sous de sa poche. Face il jouait le méchant, pile il jouait le bon. Il jeta la pièce en l'air et la rattrapa. Dépliant les doigts, il révéla le côté face de la pièce.

-Je joue le méchant cette fois. Tu fais le bon.
L'idée restait surtout de bien comprendre les motivations des candidats. L'argent était la plus courante, mais il y avait une différence entre quelqu'un qui cherchait de l'argent pour éponger ses dettes de jeu, et quelqu'un qui cherchait de l'argent pour vivre sa vie de tout les jours. Quelqu'un qui avait trop de casseroles aux fesses, c'était un risque considérable. Il en était de même pour le caractère. Quelqu'un de colérique, qui avait des problèmes avec l'autorité, ce n'était pas vraiment ce que Surcouf cherchait.


Surcouf une fois ces menus détails réglés, se leva de sa chaise.
-Messieurs, bonjour. Je suis le capitaine Surcouf, commandant de la dame blanche.
Il désigna Darri.
-Mon lieutenant, monsieur Darri Emundsson.
Il désigna Kuilboer.
-Monsieur Roel Kuilboer, représentant de nos sponsors et actionnaires.
Il désigna Hylke.
-Mon clerc, madame Hylke Geest.
Il s'éclaircit la gorge, marquant une légère pause, son regard balayant la marée de candidat.
-Tout d'abord, bienvenue et merci à vous de vous présenter en ces lieux. Nous recherchons environs une dizaine de marins, de spécialités et niveau de compétence diverses, pour une mission d'une vingtaine de jours, à bord d'un brick-goélette. Pour ceux qui se montreraient à la hauteur et qui le désirerait, il y aurait potentiellement un emploi à long terme.
Il marqua une nouvelle pause.
-Avant de commencer, j'aimerai établir quelques règles de base. Si je ne demande pas l'élite de la marine marchande marienbourgeoise, j'exigerai de chacun d'entre vous de faire votre travail et d'y mettre de la volonté. Les tires au flanc qui s'imaginent pouvoir glander aux frais de la princesse, vous pouvez déjà sortir. J'invite également à les suivre tout ceux dont les pratiques religieuses pourraient être classés comme hérétique. Quiconque sera surpris sur mon navire, à effectuer quoi que ce soit d'hérétique, sera exécuté puis jeté à la mer sans aucune forme de procès.
Il s'interrompit, dévisageant autant de candidat que possible pendant quelques secondes, pour que cette information soit solidement imprimée dans leurs esprits. Pas question de gérer une saloperie chaotique. Il avait déjà donnée une fois et c'était bien assez. Entre les cultistes et les répurgateurs lancés à leurs trousses, c'était bien trop d'ennui.
-Il en va de même pour les esclavagistes, les kidnappeurs et autres trafiquant d'être humain, ainsi que les violeurs. Si vous devez vous vider les couilles, vous allez le faire au bordel et vous avez intérêt à correctement traiter et payer ces dames. Tout contrevenant sera abandonné à son sort.
Il marqua une nouvelle pause. Cela variait d'un bordel à l'autre, mais, en général, quand on avait pas d'option pour rapidement mettre les voiles, mieux valait éviter de déconner avec eux. Les maquereaux et autres gérant n'aimaient pas qu'on maltraite leurs filles et encore moins qu'on ne paye pas. Les contrevenant étaient généralement poursuivit dans toute la ville par de solides gaillards, qui aimaient bien casser des rotules, quand ça n'était pas les bijoux de famille.
-Mettez vous aussi bien dans le crâne que tuer est mauvais pour les affaires. C'est un ultime recours. La violence sera donc à utiliser avec parcimonie. Je n'irai pas courir les rues d'un bled paumé, pour vous trouver un avoué, parce que vous avez buté un type qui vous a renversé votre chope à la taverne locale.
Il fit claquer ses mains.
-Sinon, pour le reste, vous connaissez la musique: je suis le seul maître à bord après Manaan. Si je suis prêt à vous écouter, n'oubliez jamais que la décision finale, pour tout sujet, me reviendra. Faites attention à la bôme, honorez Manaan comme il se doit et n'oubliez jamais que c'est l'unité qui fait la force d'un équipage.
Il remercia l'assemblée d'un signe de tête, avant de lancer les auditions et de se rasseoir.
Dan Surcouf, Contrebandier
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