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Domaine Von Kantzow

Posté : 06 mars 2013, 18:54
par [MJ] The Puppet Master
C'est avec une certaine appréhension que Stefan posa le pied sur ses terres car, alors qu'il se tenait face à la muraille défendant l'imposante demeure familiale, personne n'était là pour l'accueillir. En effet, son père ne viendrait plus l'étreindre avec tout l'amour qu'il lui portait. Il ne le verrait plus lui sourire ni montrer toute sa joie de le voir de retour. Le jeune homme eut soudain un pincement au coeur en repensant à sa dernière visite. Il ignorait alors qu'ils se voyaient pour la dernière fois. Il aurait tant voulu lui dire son amour et sa dévotion, il aurait tant voulu le serrer contre sa poitrine. Il n'en aurait plus jamais l'occasion.

Leonrod Von Kantzow n'étant plus, Stefan Von Kantzow était devenu le nouveau seigneur des terres qui s'étendaient jusque de l'autre côté de la rivière Sol sur plus de deux lieues. Il n'y avait pas encore songeait et n'en prenait réellement conscience qu'à cet instant où il faisait volte-face pour contempler le domaine qu'il avait si souvent parcouru étant enfant, chevauchant de concert avec son père.

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Au bas de la route qui serpentait depuis la demeure familiale se trouvaient les quelques chaumières du seul village sous son autorité : Serrig. Ce n'étaient que quelques paysans travaillant dur chaque jour pour tirer de la terre leur subsistance mais chacun possédait sa parcelle de terrain. Bien sûr, ils devaient également travailler deux ou trois jours par semaine dans les champs du seigneur et s'acquitter de leurs impôts mais, ils ne s'étaient que très rarement plaints. Dans le village se trouvait le moulin à eau du vieux Dieter qui faisait aussi office de taverne le soir venu. De l'autre côté du pont de pierre jeté sur la Sol se trouvait les prés communaux où paissaient les bêtes du printemps à l'automne, et la ferme de la famille Haügen. Enfin, à l'est jusque derrière la demeure Von Kantzow, s'étendait la forêt seigneuriale, domaine de chasse gardée du seigneur.

Tout était comme dans ses souvenirs hormis le fait que les champs et cultures que Stefan avait connus si fertiles n'étaient plus aujourd'hui que des champs de coupantes pierres bleutées. Là où les paysans devraient à cette heure fournir un dur labeur, il ne voyait personne et seule la fumée de quelques cheminées dans le village témoignaient d'une présence.


- Spectacle désolant n'est-ce pas ? Derrière lui, une voix familière tira le jeune noble de sa contemplation désabusée. Son maître d'arme lui faisait un sourire timide et compatissant mais même lui, à l'accoutumée si fier, droit et robuste n'était aujourd'hui que l'ombre de lui-même et ressemblait plus à un vieil homme fatigué qu'au valeureux bretteur qu'il avait été. Quel mal frappait donc ainsi le domaine Von Kantzow depuis la mort de son noble seigneur ?

- Les choses se sont dégradées très rapidement à la mort de votre père mais cette situation a débuté il y a déjà plusieurs semaines lorsque des chevaliers bretonniens sont venus lui rendre visite, Le maître d'arme se porta à la hauteur de son jeune seigneur et, à son tour, balaya du regard le domaine tout en poursuivant, J'ignore ce qui fut dit mais votre père en parut bien affecté. Il s'en fut immédiatement dans la forêt, seul, et ne reparut que dans la matinée le lendemain escorté par les mêmes chevaliers bretonniens. Ils demeurèrent sur le domaine toute une semaine, campant au pied du rempart, le vieil homme désigna, à quelques mètres d'eux, les restes d'un feu de camp abandonné depuis plusieurs jours, et faisant d'incessants aller-retour dans les bois. Votre père ne sortait plus de ses appartements où personne, mis à part un des chevaliers, ne pouvait lui rendre visite. Finalement, les chevaliers bretonniens repartirent un matin.

Le maître d'arme s'interrompit quelques secondes avant d'ajouter :

- Continuons cette conversation au coin du feu, si vous le voulez bien. Mes vieilles articulations me font atrocement souffrir lorsque le temps est humide comme aujourd'hui, et comme hier, et le jour d'avant... A bien y réfléchir, il pleut depuis le jour de la mort de votre père. Il semblerait que le ciel le pleure lui aussi.

Déjà, l'homme avait franchi la porte du mur d'enceinte et s'avançait en marmonnant vers les petites marches du perron de l'entrée.

Re: Domaine Von Kantzow

Posté : 06 mars 2013, 23:23
par Stefan Von Kantzow
La muraille qui entourait la demeure familiale était comme dans les souvenirs de Stefan. Imposante et inébranlable. Stefan resta devant la haute muraille pendant plusieurs minutes alors qu'une vague de souvenirs le submergeait. Il se souvint des longues chevauchées auxquelles il avait participé aux côté de son père, ils rentraient fourbus et épuisés mais satisfaits. Ils allaient ensuite se reposer dans la salle principale de la demeure, près du feu où ils discutaient pendant des heures à propos de la diplomatie dans l'empire et des moyens de renforcer la puissance du domaine.
Puis, il se souvint de la dernière fois qu’il avait passé ces murailles. C’était quand il était pour Nuln, il y a deux années de cela. Son père et lui ne s’était plus parlé depuis qu’il lui avait annoncé qu’il l’envoyait faire ses études dans la plus grande ville du Wissenland (et de l’Empire du point de vue de Stefan). La colère et l’amertume régnaient à ce moment là dans le cœur du jeune homme et il n’avait même pas dit au revoir à son père en partant. A ce moment là il n’aurait pût se douter que ce serait la dernière fois qu’il le voyait.

Le sourire naissant sur le visage de Stefan disparu aussi vite que la neige au soleil. La dure réalité rattrapa le jeune homme, jamais plus il ne verrait son père, jamais plus il ne chevaucherait ou ne discuterait avec lui. Jamais il ne pourrait lui dire l’amour et la fierté qu’il ressentait envers lui. Le jeune noble du lutter pour empêcher ses larmes de couler de son visage et il tourna la tête vers le reste de ses terres pour se changer les idées.

Il reconnut le village qui était sous l’autorité de sa famille, il n’avait pas vraiment changé, bien que Stefan put voir quelques chaumières de plus qu’il ne s’en souvenait. C’était plutôt bon signe. Il reconnut le moulin à eau du vieux Dieter qui faisait aussi office de taverne le soir. Kassarar se souvint y avoir passé sa première cuite, son père qui en avait eut vent l’avait alors sévèrement réprimandé, depuis ce jour il avait dû attendre jusqu’à son séjour à Nuln pour recommencer à boire comme il l’avait ce jour là, car son père lui avait alors interdit de se souler à nouveau. Il espérait que le vieil homme était aussi sympathique que dans ses souvenirs.

De l'autre côté du pont de pierre jeté sur la Sol se trouvait les prés communaux où paissaient les bêtes du printemps à l'automne. Stefan eut un sourire mélancolique en voyant la ferme de la famille Haügen. Il se souvint y avoir fait à plusieurs reprises des farces de mauvais gout en compagnie de sa sœur quand il avait six ans et elle huit. Leurs farces étaient innocentes mais agaçantes et les avaient bien fait rire… jusqu’au jour ou leur père les avaient prit en flagrant délit. Il s’était alors excusé envers la famille et avait raccompagné sa progéniture à la demeure familiale à pied, le dit pied étant occupé à botté le derrière de la dite progéniture.


*Rien, ou presque n’a changé.* Se dit Stefan en observant le petit village de Serrig.

Ce fut alors qu’il remarqua que les champs et cultures que Stefan avait connus si fertiles n'étaient plus aujourd'hui que des champs de coupantes pierres bleutées. A cette heure de la journée les paysans qui constituaient la majeure partie du village étaient censés travailler dans les champs, hors tout les champs étaient à l’abandon. Sans la fumée qui sortaient des cheminées il aurait crut que le village était abandonné.


-Par Sigmar, mais qu’est-ce que cela veut dire !
S’exclama le jeune homme d’une voix stupéfaite. Il observa le triste spectacle pendant plusieurs secondes avant qu’une voix agréablement familière le tire de sa contemplation désabusée.

- Spectacle désolant n'est-ce pas ?

-Talabam !
S’exclama joyeusement Stefan en se retournant. L’entrain du jeune homme mourut dès qu’il constata dans qu’elle état était le maitre d’arme. Il semblait… fatigué, âgé. Stefan s’était toujours souvenu de Talabam comme un homme robuste qui se tenait toujours droit et fièrement. Il ne s’était jamais rendu compte de l’âge véritable de son maitre d’arme. Son état semblait symbolique de celui du village.

- Les choses se sont dégradées très rapidement à la mort de votre père mais cette situation a débuté il y a déjà plusieurs semaines lorsque des chevaliers bretonniens sont venus lui rendre visite, Le maître d'arme se porta à la hauteur de son jeune seigneur et, à son tour, balaya du regard le domaine tout en poursuivant, J'ignore ce qui fut dit mais votre père en parut bien affecté. Il s'en fut immédiatement dans la forêt, seul, et ne reparut que dans la matinée le lendemain escorté par les mêmes chevaliers bretonniens. Ils demeurèrent sur le domaine toute une semaine, campant au pied du rempart,
le vieil homme désigna, à quelques mètres d'eux, les restes d'un feu de camp abandonné depuis plusieurs jours, et faisant d'incessants aller-retour dans les bois. Votre père ne sortait plus de ses appartements où personne, mis à part un des chevaliers, ne pouvait lui rendre visite. Finalement, les chevaliers bretonniens repartirent un matin.

Le maître d'arme s'interrompit quelques secondes avant d'ajouter :

- Continuons cette conversation au coin du feu, si vous le voulez bien. Mes vieilles articulations me font atrocement souffrir lorsque le temps est humide comme aujourd'hui, et comme hier, et le jour d'avant... A bien y réfléchir, il pleut depuis le jour de la mort de votre père. Il semblerait que le ciel le pleure lui aussi.


Stefan acquiesça, encore trop surpris pour répondre. Et suivit l'homme qui avait franchi la porte du mur d'enceinte et s'avançait en marmonnant vers les petites marches du perron de l'entrée. Puis il se ressaisit et finit par dire.


- Talabam, excuse-moi de commencer la conversation avant que nous ne nous soyons pas assis devant un bon feu mais… j’ai besoin de savoir. Comment mon père est-il mort ? Qu’est-ce qui est arrivé au village ? Et par Sigmar, qu’est que faisaient des bretonniens ici ?

Re: Domaine Von Kantzow

Posté : 07 mars 2013, 16:39
par [MJ] The Puppet Master
L'homme venait d'ouvrir la lourde porte d'entrée quand "LA" question tant redoutée tomba l'arrêtant net dans son élan. Il se tourna pour plonger son regard dans celui de son jeune seigneur. Le visage du maître d'arme s'était assombri subitement et il semblait encore plus vieux maintenant que les traits de la tristesse ridaient sa figure. Il savait pertinemment que Stefan allait poser cette question mais ne s'était pas préparé à y répondre. Alors, Talabam prit une profonde inspiration et insista :

- Entrons, nous serons mieux pour en parler.

Il précéda Stefan dans le hall où trônait l'escalier en pierre de taille montant au premier étage. Au rez-de-chaussée, sur la gauche, se trouvaient les cuisines et, sur la droite, les appartements des domestiques s'étalaient le long d'un étroit corridor. Cependant que le jeune homme s'avançait instinctivement vers les premières marches, Talabam l'interrompit :

- Par ici, je vous prie, dit-il en lui ouvrant la porte des cuisines. Je crains que vos habitudes ne soient, quelque peu, bouleversées, Stefan. Malheureusement, il n'y a pas que pour le village que les choses ont changé.

Intrigué et passablement agacé, le jeune noble suivit son vieux maître d'arme dans les cuisines espérant recevoir, enfin, une réponse satisfaisante. La pièce était rectangulaire et les murs de grosses pierres étaient noircis par les années passées à subir les effluves épaisses et poisseuses de la préparation journalière des repas de la famille Von Kantzow. En son centre, et suivant la longueur de la pièce, se trouvait une épaisse table de bois brut flanquée de deux bancs de même caractère. Dans le fond de la cuisine, en enfilade au bas de trois petites marches, on pouvait apercevoir le garde-manger. Adossée au milieu du mur faisant face à l'embrasure de la porte dans laquelle était resté Stefan pour redécouvrir la pièce, il y avait l'imposante cheminée qui d'ordinaire accueillait les marmites de soupe et les gibiers à la broche. Devant l'âtre, Talabam, qui avait tiré deux tabourets, invita le jeune homme à venir s'asseoir à côté de lui.

- Je parlerai sans détour car c'est une affaire d'importance.

Le maître d'arme mit une bûche supplémentaire au feu, attisa les braises et presque immédiatement les flammes vinrent lécher avec gourmandise cette nouvelle offrande. Le vieil homme soupira et continua.

- Votre père est mort assassiné.

Cette annonce fit tressaillir Stefan de colère. Talabam, voyant cela, posa une main amicale et charitable sur son épaule.

- Mais laissez-moi vous raconter la totalité des évènements afin que vous sachiez à quoi vous en tenir. J'ai eu le temps de réfléchir ces derniers jours et j'ai compris, il me semble, plusieurs choses à propos des chevaliers bretonniens. Ils cherchaient une chose que détenait votre père ou, tout du moins, une chose dont il connaissait l'emplacement, et lorsqu'ils l'ont obtenue, ils sont partis. Leurs incessantes allées et venues dans la forêt montrent que ce qu'ils voulaient y était caché.
Voilà ma première conclusion.


Le vieil homme soupira puis reprit son récit.

A ce moment-là votre père était toujours en vie mais il était tellement retourné par cette histoire qu'il ne mangeait plus et restait prostré devant les fenêtres de la grande salle à regarder le domaine devenir ce qu'il est aujourd'hui. Il marmonnait sans cesse de manière inaudible et refusait de parler à quiconque, pas même à moi. Pourtant, quelques jours avant sa mort, alors que je le veillais avec anxiété, il a parlé dans son sommeil et pour la première fois j'ai pu comprendre ce qu'il disait. Il affirmait que tout était de sa faute et qu'il aurait mieux fait de mourir plutôt que de la trahir. Talabam fit une pause puis reprit presque en chuchotant bien que personne ne fut là pour entendre leur conversation. Les bretonniens cherchaient non pas quelque chose mais quelqu'un... une femme, pour être précis.
Voilà ma deuxième conclusion.

Re: Domaine Von Kantzow

Posté : 08 mars 2013, 11:55
par Stefan Von Kantzow
Il y eut un moment de silence tendu quand Stefan posa la question qui lui pesait tant sur le coeur. Talabam se retourna et Stefan tressaillit devant la tristesse marqué sur son visage. Stefan avait oublié depuis le temps la profonde amitié qui avait unie les deux hommes, toutes les années pendant lesquelles ils avaient guerroyés et soufferts ensembles.

*Il souffre autant que moi ! * Se dit Stefan alors que la honte le saisit. Depuis qu'il avait reçut le message de Talabam le jeune homme croyait qu'il était le seul à pleurer la mort de son père. Il comprenait maintenant à qu'elle point il s'était fourvoyé.

Le vieux maitre d'arme prit une profonde inspiration et finit par dire :

- Entrons, nous serons mieux pour en parler.

-Oui... oui, vous avez raison bien sur. Répondit Stefan.

Il suivit Talabam dans le hall où trônait l'escalier en pierre de taille montant au premier étage. Un flot de souvenir submergea de nouveau. Au rez-de-chaussée, sur la gauche, se trouvaient les cuisines où travaillaient les cuisiniers de la famille. Sur la droite, les appartements des domestiques s'étalaient le long d'un étroit corridor. C'était le terrain de jeux préféré de Stefan quand il était enfant, il adorait s'y cacher lors de partie de cache-cache avec sa soeur.
Alors que le jeune homme s'avançait instinctivement vers les premières marches, Talabam l'interrompit :



- Par ici, je vous prie, dit-il en lui ouvrant la porte des cuisines. Je crains que vos habitudes ne soient, quelque peu, bouleversées, Stefan. Malheureusement, il n'y a pas que pour le village que les choses ont changé
.

Stefan haussa un sourcil perplexe.

*Allons bon, que signifie cette extravagance ? * Se demanda Stefan agacé. Il était fatigué, en deuil et avait de nombreuses questions qui tourbillonnaient dans sa tête et il était impatient de connaitre les réponses et Talabam ne faisait qu'augmenter le nombre de question qui harcelait l'esprit du jeune homme et ne comprenait pas pourquoi Talabam voulait en parler dans la cuisine plutôt quand dans la salle principale de la demeure ou le bureau du père de Stefan (qui lui appartenait désormais, en toute logique). Ne voulant pas s'engager dans des délibérations inutiles il accepta néanmoins de suivre Talabam sans discuter.

Ce dernier installa deux tabourets prêt de l’âtre et invita Steffan à s'assoir d'un geste en direction d'un tabouret. Le jeune homme s'installa et attendit que le maitre d'arme commence la conversation.


- Je parlerai sans détour car c'est une affaire d'importance.

-Je l'ai remarqué, en effet. Répondit Stefan le visage sombre.

Le maître d'arme mit une bûche supplémentaire au feu avant de soupirer, puis il finit par répondre à la terrible question de Stefan.

- Votre père est mort assassiné.

Stefan serra les poings si forts que ses os blanchirent et ses dents crissèrent sous la pression exercé par le jeune homme. Il le savait... mais cela faisait mal de se l'entendre confirmé. Comme si il avait gardé une lueur d'espoir qui venait d'être soufflé.


-Je le tuerai... Je jure que qui qu'il soit je le tuerai... Murmura le jeune noble. Tout son corps tremblait d'une rage à peine contenu.

Il sentit alors une main se poser sur son épaule et il releva la tête pour voir Talabam qui le regardait avec un regard amicale et charitable. Cela calma Stefan qui écouta alors les parole du vieux maitre d'arme.


- Mais laissez-moi vous raconter la totalité des évènements afin que vous sachiez à quoi vous en tenir. J'ai eu le temps de réfléchir ces derniers jours et j'ai compris, il me semble, plusieurs choses à propos des chevaliers bretonniens. Ils cherchaient une chose que détenait votre père ou, tout du moins, une chose dont il connaissait l'emplacement, et lorsqu'ils l'ont obtenue, ils sont partis. Leurs incessantes allées et venues dans la forêt montrent que ce qu'ils voulaient y était caché.


L'attention de Stefan était toute entière concentré sur son interlocuteur, buvant chacune de ses paroles. Ce dernier soupira puis reprit son récit.


A ce moment-là votre père était toujours en vie mais il était tellement retourné par cette histoire qu'il ne mangeait plus et restait prostré devant les fenêtres de la grande salle à regarder le domaine devenir ce qu'il est aujourd'hui. Il marmonnait sans cesse de manière inaudible et refusait de parler à quiconque, pas même à moi. Pourtant, quelques jours avant sa mort, alors que je le veillais avec anxiété, il a parlé dans son sommeil et pour la première fois j'ai pu comprendre ce qu'il disait. Il affirmait que tout était de sa faute et qu'il aurait mieux fait de mourir plutôt que de la trahir. Talabam fit une pause puis reprit presque en chuchotant bien que personne ne fut là pour entendre leur conversation. Les bretonniens cherchaient non pas quelque chose mais quelqu'un... une femme, pour être précis.
Voilà ma deuxième conclusion.


Quelques secondes s'écoulèrent alors que Stefan avalait toutes les informations que lui avait transmis le maitre d'arme, son cerveau fonctionnait à plein régime pour essayer de résoudre les nouvelles interrogations que l'histoire de Talabam venait de soulever. Qui était cette femme ? Son père ne lui avait jamais dit qu'il avait une amante, depuis la mort de la mère de Stefan il n'avait jamais été vu avec une autre femme, et n'avait jamais tenté de se remarier. Alors qu'elle était ses liens avec son père? Et pourquoi les bretonniens s'était-ils intéressés à elle ? Et en quoi cela avait influencé sur l'état du domaine ?
Il finit par faire part de ses doutes au vieux maitre d'arme.


-Je vois... mais cela ne m'explique par comment mon père est mort, ni par qui. D'après t'es dire mon père était encore en vie quand les brettonniens sont partis. Cela ne peut donc pas être eux. Et pourquoi le domaine est-il dans un si triste état ? Les chevaliers se sont-ils montré violents envers mes gens ?


Stefan prit quelques secondes pour réorganiser ses idées puis continua.

-Dit moi, as-tu une idée de qui est cette femme et sa relation avec mon père ? A aucun moment il ne m'a dit dans ses lettres qu'il avait une amante. Et pourquoi les bretonniens étaient-ils intéressés par elle par Sigmar ! Si ils ont fait le voyage jusque dans les terres de l'Empire c'est qu'elle doit avoir de l'importance
!

Les yeux de Stefan étaient fixé sur Talabam. Le jeune homme était désespérément assoiffé de réponses et il espérait que le maitre d'arme pourrait l'abreuver, ne serais-ce qu'un peut
.

Re: Domaine Von Kantzow

Posté : 08 mars 2013, 14:46
par [MJ] The Puppet Master
- Une amante ? Le vieil homme partit en un grand éclat de rire avant de reprendre fermement : Impossible, jeune Von Kantzow. Son amour pour votre mère a été le seul et unique qu'il ait donné à une femme.

Talabam s'accouda sur ses genoux joignant ses mains et regardant fixement le sol. L'expression de son visage était dure et, l'espace d'un instant, Stefan retrouva son vieux maître d'arme.

- Ce ne sont que des suppositions mais je suis sûr de mon fait, répondit-il. Une fois les chevaliers partis, l'état de votre père s'est rapidement dégradé, de même que celui du domaine. Ce qui porte à croire que tout ceci est lié à ce que les bretonniens ont emporté. Quoi ou qui que ce fut, c'était inséparable du domaine ainsi que de votre père. Le maître d'arme fit une pause et leva les yeux vers Stefan. Ces chevaliers ont tué Leonrod Von Kantzow à petit feu en lui prenant ce qu'il cachait.
Voilà ma dernière conclusion.


Talabam se leva de son tabouret et attisa de nouveau les braises qui crépitèrent, indomptables et libres, en voletant dans la cheminée.

Depuis la mort de votre père, les terres arables et jusqu'ici si fertiles que vous avez connues ne sont plus que des champs de silex. Les paysans croient à une malédiction et ne sortent plus de chez eux. Certains ont même fui le village. Pour ne rien arranger, la petite troupe de mercenaires qu'entretenait votre père pour défendre le domaine s'est empressée de se rebeller, espérant sans doute récupérer le fief à leur compte. Heureusement, votre soeur et son époux qui étaient présents lors de l'inhumation de votre père, étaient accompagnés d'une solide escorte qui parvint sans mal à maintenir ces maudites crapules éloignées de votre demeure, les obligeant à battre en retraite jusqu'au village. Malencontreusement, les scélérats s'en sont pris aux paysans, attaquant et pillant Serrig. Et maintenant que Heuffen et votre soeur s'en sont retournés, je crains qu'Ernst et sa bande reviennent à la charge.

Le maître d'arme, tison à la main, se retourna et Stefan put voir deux larmes couler le long de ses joues. Aussi incroyable que ça puisse paraître, il paraissait encore plus vieux à cet instant. On aurait presque dit un cadavre tant son teint blafard et ses traits creusés faisaient peur à voir.
Il reprit d'une voix faible :


- Face à tant de malheurs, vos gens s'en sont tous allés. Il ne reste plus que moi. La maison Von Kantzow se meurt, Stefan. Votre héritage disparaît à vue d'oeil.

Talabam trifouilla dans sa poche et en sortit une enveloppe froissée qu'il tendit, la main tremblante, à son jeune seigneur :

- Avant de partir, votre soeur a laissé une lettre à votre attention.

Stefan déchira l'enveloppe, déplia la lettre et lut.

Mon cher Stefan,

C'est le coeur serré que je t'écris car j'aurai mille fois mieux aimé me tenir en face de toi, te serrer dans mes bras, t'embrasser, sécher tes larmes et te consoler.
Mon chagrin d'avoir perdu notre père est accentué par ton absence en ces minutes si tristes. Je sais que trop bien qu'il en va de même pour toi et je suis d'autant plus attristée.
Mon époux ne peut se permettre de demeurer plus longtemps éloigné de ses affaires et il refuse catégoriquement de me laisser seule ici à attendre ton arrivée, car tu vas venir, j'en suis sûre.
Ainsi, même si je ne puis rester, j'ai prié ce brave Talabam de ne point quitter le domaine sans t'avoir vu. Il sera mon messager. Lui seul reste digne de confiance en ces heures troublées.
La situation sur le domaine est accablante mais je ne peux me résoudre à croire que ce soit la fin. Il va te falloir ardeur et persévérance pour remettre les choses en état mais la maison Von Kantzow ne doit pas s'éteindre et notre domaine ne doit pas péricliter.
Sur la tombe de notre bien-aimé père, fais-en la promesse.
Je t'en prie, écris-moi ou mieux viens nous voir.

Je t'aime, Stefan.

Anne.

Re: Domaine Von Kantzow

Posté : 08 mars 2013, 20:32
par Stefan Von Kantzow
- Une amante ? Le vieil homme partit en un grand éclat de rire avant de reprendre fermement : Impossible, jeune Von Kantzow. Son amour pour votre mère a été le seul et unique qu'il ait donné à une femme.

*L'amoure peut-être, mais il était un homme lui aussi.* Se dit Stefan, mais il préféra garder ses réflexions pour lui. Après tout cela n'avait au fond que peut d'importance. L'importance était de savoir pourquoi elle était si importante pour le domaine et son père. Rien permettait toutefois d'élucider cette question maintenant.

L'expression de Talabame se fit plus dure et, l'espace d'un instant, Stefan retrouva son vieux maître d'arme.

-Ce ne sont que des suppositions mais je suis sûr de mon fait, répondit-il. Une fois les chevaliers partis, l'état de votre père s'est rapidement dégradé, de même que celui du domaine. Ce qui porte à croire que tout ceci est lié à ce que les bretonniens ont emporté. Quoi ou qui que ce fut, c'était inséparable du domaine ainsi que de votre père. Le maître d'arme fit une pause et leva les yeux vers Stefan. Ces chevaliers ont tué Leonrod Von Kantzow à petit feu en lui prenant ce qu'il cachait.
Voilà ma dernière conclusion.


Stefan réfléchit aux paroles de Talabam, qu'elle pouvait donc être cette fameuse chose ou personne qui avait tant affecté son père et le domaine et si important pour que des chevaliers bretonniens viennent jusqu'ici pour s'en emparer ? Son incapacité à résoudre ce mystère le frustrait et l'énervait. Il se leva pour commencer à faire les cent pas dans la pièce, c'était inutile mais cela lui donnait l'impression de faire quelque chose et cela le calmait.

-Depuis la mort de votre père, les terres arables et jusqu'ici si fertiles que vous avez connues ne sont plus que des champs de silex. Les paysans croient à une malédiction et ne sortent plus de chez eux. Certains ont même fui le village. Pour ne rien arranger, la petite troupe de mercenaires qu'entretenait votre père pour défendre le domaine s'est empressée de se rebeller, espérant sans doute récupérer le fief à leur compte. Heureusement, votre soeur et son époux qui étaient présents lors de l'inhumation de votre père, étaient accompagnés d'une solide escorte qui parvint sans mal à maintenir ces maudites crapules éloignées de votre demeure, les obligeant à battre en retraite jusqu'au village. Malencontreusement, les scélérats s'en sont pris aux paysans, attaquant et pillant Serrig. Et maintenant que Heuffen et votre soeur s'en sont retournés, je crains qu'Ernst et sa bande reviennent à la charge.


Stefan s'arrêta net à cette information et blêmit. La situation était encore pire que ce qu'il croyait. Ils avaient eut de la chance que Heuffen soit venu avec une solide escorte, mais désormais Stefan et Talbam étaient les seuls à avoir réellement une formation dans les arts de la guerre. Et lui même était inexpérimenté alors que Heuffen était vieux et fatigué. Stefan maudit le mercenaire. Il avait toujours pensé que qu'on ne pouvait pas faire confiance aux mercenaires, ils étaient utiles quand on avait rien d'autre sous la main mais après il fallait s'en débarrasser le plus vite possible pour les remplacer par des hommes loyaux à sa cause. La situation actuelle le démontrait. Il avait toujours voulu que la maison Kantzow ai ses propres forces armées. Même de simples miliciens auraient suffit, il avait eut l'intention de se lancer dans cette entreprise dès qu'il serait rentré au domaine, mais il n'aurait jamais pensé qu'il doive le faire dans ces conditions. Dans la situation présente il y avait tout à penser que les villageois seraient tellement effrayés qu'ils n'oseraient même pas prendre les armes pour se défendre. Et Stefan ne pouvait pas vraiment les en blâmer, c'était le devoir de leurs maitres normalement.


- Face à tant de malheurs, vos gens s'en sont tous allés. Il ne reste plus que moi. La maison Von Kantzow se meurt, Stefan. Votre héritage disparaît à vue d'oeil.
Ajouta le vieux maitre d'arme.

-Non ? Sans rire ?
Je n'avais pas remarqué. Répondit froidement et ironiquement le jeune homme excédé par cette afflux de mauvaises nouvelles.

Talabam fit comme si il n'avait rien entendu et tendit une enveloppe froissé au jeune seigneur.


-Qu'est-ce ?
Demanda Stefan avec un sourcils de perplexité en prenant la lettre.

- Avant de partir, votre soeur a laissé une lettre à votre attention. répondit le vieux maitre d'arme.

*Ma soeur ?*

Stefan déchira prestement l'enveloppe et se mit à lire avidement la lettre. Quelque secondes plus tard il plia la lettre pour la rangée avec délicatesse dans une de ses poches. Ses traits s'étaient adoucis, il se sentait davantage en paix maintenant qu'il se rendait compte qu'il n'était pas seul au milieu de la tourmente.
Son visage se fit déterminer et il serra l'épaule de Talabam comme le faisait son père de son vivant avec lui et son fils quand il voulait montrer qu'il leurs faisaient confiance ou son affection.


-Merci Talabam. Ta présence et ton aide sont un honneur pour moi. Aller, haut les cœurs ! La situation est grave c'est vrai mais nous sommes toujours là, nous allons éclaircir cette sinistre affaire de chevalier et montrer à Ernst et son ramassis de brigand ce qu'il en coute de s'en prendre aux Von Kantzow !


Il lâcha l'épaule de son vieux maitre d'arme pour rassoir puis il poursuivit.

-Tout d'abord nous devons régler le problème de ce chien de Ernst. Même si cela me coute de le dire, c'est le problème le plus important dans l'immédiat. Cela ne sert à rien de chercher à comprendre ce qui a put tuer ainsi mon père si c'est pour retrouver tout le domaine en cendre et dépeuplé de ses habitants à mon retour. Ce bâtard doit payer pour les crimes commit contre mes gens, mais nous n'y arriverons pas à nous deux uniquement.
Tout d'abord je dois savoir, où se trouve-t-ils lui et sa bande ? Et a tu une idée de combien ils sont ? Ensuite il faudrait que nous ayons de l'aide pour les débusquer suivant leurs nombres.
Je vais envoyer une lettre à mon beau frère pour le prier de me prêter quelques combattants, mais en attendant leurs arrivées nous ne pourrons compter que sur nous. Il nous faut convaincre les paysans de prendre les armes contre Errick et sa bande, il faudrait au moins que nous puissions instaurer une milice qui tienne debout. Nous pourrions aussi engager d'autres mercenaires mais je n'ai pas confiance en eux, ils seraient capable de rejoindre Erick si ils pensent pouvoir faire meilleur affaire avec lui. Il faut aussi convaincre les paysans de retourner au travail, chasser Erick et ses sbires ne servira à rien si tout le monde meurs de fin après.


Il fit une pause dans ses réflexion et ajouta :

-Qu'en penses-tu ? Si tu as des conseils je t'en prie n'hésite pas à me les donner.

Re: Domaine Von Kantzow

Posté : 09 mars 2013, 12:19
par [MJ] The Puppet Master
Le vieux Talabam sourit, heureux de voir tant de détermination transpirer de chaque pore de la peau de son jeune seigneur.

- De ce que j'ai pu entendre, Ernst et sa bande ont investi le moulin du vieux Dieter pour en faire leur quartier général. Ils ne sont guère nombreux, une douzaine tout au plus, mais c'est bien suffisant pour terroriser le domaine. Au combat, un mercenaire vaut mieux que dix paysans vous le savez bien.

Dans l'âtre, les flammes commençaient à atteindre une hauteur impressionnante et le maître d'arme se hâta d'éparpiller les bûches pour éviter qu'elles n'embrasent toute la cheminée.

- Quant à demander de l'aide à Heuffen, c'est une idée mais comment lui faire parvenir votre courrier ? Aucun villageois ne pourra quitter Serrig sans attirer l'attention. Et puis, le temps que ses hommes reviennent, il sera peut-être trop tard. Wusterburg est à deux jours de cheval.
J'ai quelques contacts à Kreutzhofen, au pied de la Passe de Montdidier. En chevauchant bon train, je pourrai faire l'aller-retour en moins de deux jours et ramener quelques renforts.
Néanmoins, un problème demeure : en attendant, qu'allez-vous faire, seul face à eux, s'ils décident de revenir à la charge ?

Re: Domaine Von Kantzow

Posté : 10 mars 2013, 00:28
par Stefan Von Kantzow
- De ce que j'ai pu entendre, Ernst et sa bande ont investi le moulin du vieux Dieter pour en faire leur quartier général. Ils ne sont guère nombreux, une douzaine tout au plus, mais c'est bien suffisant pour terroriser le domaine. Au combat, un mercenaire vaut mieux que dix paysans vous le savez bien.

Stefan grimaça. En effet, il le savait, les paysans étaient des gens habitués à s'occuper de leurs animaux et à travailler la terre et qui n'avaient aucune expérience militaire et n'avaient de toute manière aucun armement digne de ce nom. Les mercenaires eux, malgré toutes leurs tares étaient bien souvent des combattants expérimentés et qui possédaient un équipement valable pour des guerriers. On ne pouvait donc pas reprocher cela aux paysans d'avoir courber l'échine. Sans équipements, ni formations militaires et sans organisations il ne faisait aucun doute que si ils avaient tentés de s'opposer ils se seraient rapidement fait massacrer.

- Quant à demander de l'aide à Heuffen, c'est une idée mais comment lui faire parvenir votre courrier ? Aucun villageois ne pourra quitter Serrig sans attirer l'attention. Et puis, le temps que ses hommes reviennent, il sera peut-être trop tard. Wusterburg est à deux jours de cheval.
J'ai quelques contacts à Kreutzhofen, au pied de la Passe de Montdidier. En chevauchant bon train, je pourrai faire l'aller-retour en moins de deux jours et ramener quelques renforts.
Néanmoins, un problème demeure : en attendant, qu'allez-vous faire, seul face à eux, s'ils décident de revenir à la charge ?


Stefan réfléchit quelques instants en prenant son menton entre ses doigts, de toutes manières il ne voyait pas vraiment d'autre solutions. Talabam était certes un bon guerrier mais il n'était plus tout jeune, et même dans ce cas cela n'aurait pas fait une grande différence. Deux hommes ne pouvaient efficacement lutter contre une douzaine d'adversaire. Quand à se barricader en attendant les renforts, cela ne changerait pas grand chose si les mercenaires étaient vraiment décidés. Il ne ferait que gagner un peut de temps avant de tomber sous le nombre.
Finalement, il se redressa et lâcha son menton avant de dire :


-Nous n'avons pas le choix. Rester là à attendre signerait notre perte à coup sur, même à deux nous ne tiendrons pas longtemps face à une douzaine de maercenaires. Voilà ce que je propose faire, dès ce soir tu partiras avec un cheval le plus vite possible a la Passe de Montdidier chercher du renfort. De mon côté je vais essayer de me faufiler au village pour ramener le plus de villageois possible à l'intérieur du domaine. J'espère que les mercenaires seront trop occupé à boire la nuit pour organiser une garde très fiable. Une fois à l'intérieur je leurs fournirai autant d'armes que je peux trouver dans l'armurerie, puis nous nous barricaderons en attendant ton retour. Avec un peut de chance, les mercenaires n'oseront pas attaquer si ils voient que le domaine défendu.


Stefan attendit la réponse et l'avis du maitre d'arme. C'était un plan risquer, il en avait conscience mais cela valait mieux qu'attendre qu'Ereck et ses hommes en ai assez de patienter et se décident à attaquer. Mais si Talabam lui proposait un meilleur plan il était preneur.

Re: Domaine Von Kantzow

Posté : 10 mars 2013, 11:27
par [MJ] The Puppet Master
Talabam se mit à marcher de long en large dans la cuisine les mains croisées dans le dos à la recherche d'une option à laquelle ni Stefan ni lui n'avait encore pensé mais il du se résoudre à l'idée que leur marge d'action était trop réduite pour pouvoir envisager quoi que ce soit sans renfort.
Il soupira bruyamment et s'adressa à son jeune seigneur :


- Je crains que nous n'ayons guère le choix, mon seigneur. Je pars sur l'heure à Kreutzhofen. Il vous faudra agir prudemment, les bougres ne sont pas malins mais ils ont de l'expérience et sont organisés. Il ne faut surtout pas qu'ils sachent que personne ne protège votre demeure sans quoi, ils n'hésiteront pas à donner l'assaut.

Le vieil homme se rapprocha de Stefan et le prit par les épaules.

- Je vous en conjure, par Sigmar, au moindre danger : fuyez. Ce n'est pas faire preuve de lâcheté que de rester en vie quand rien d'autre n'est possible. J'espère être de retour demain avant le crépuscule.

Talabam étreignit son jeune seigneur et sortit de la cuisine en direction des écuries.
Quelques minutes pus tard il partait à brides abattues vers l'ouest en direction des Montagnes Grises.

Stefan Von Katzow, jeune noble, seigneur de Serrig, demeurait seul face à l'adversité.

_______________
Lorsque les ombres des montagnes s'étirèrent jusque sur son domaine quelques minutes avant le crépuscule, Stefan mit son plan à exécution et s'avança prudemment en direction du village. Seule la moitié des chaumières témoignait d'une activité : de faibles lueurs aux fenêtres et une fumée grise s'élevant en légères volutes au-dessus des toits. Le reste du village semblait abandonné. Le silence ambiant pesait d'une chape de plomb sur tout le domaine à l'exception des éclats de voix provenant du moulin à eau. Ernst et ses hommes s'amusaient, riaient et chantaient leur domination sur le village. Ils étaient les maîtres des lieux malgré la présence d'un Von Kantzow de retour sur ses terres.

Re: Domaine Von Kantzow

Posté : 10 mars 2013, 23:51
par Stefan Von Kantzow
Talabam imita le comportement qu'avait eut Stefan il y avait à peine quelques instants en faisant à son tour les cent pas à la recherche d'une solution. Finalement il finit par s'arrêter et soupira avant de répondre

- Je crains que nous n'ayons guère le choix, mon seigneur. Je pars sur l'heure à Kreutzhofen. Il vous faudra agir prudemment, les bougres ne sont pas malins mais ils ont de l'expérience et sont organisés. Il ne faut surtout pas qu'ils sachent que personne ne protège votre demeure sans quoi, ils n'hésiteront pas à donner l'assaut.


Le vieil homme se rapprocha de Stefan et le prit par les épaules.

- Je vous en conjure, par Sigmar, au moindre danger : fuyez. Ce n'est pas faire preuve de lâcheté que de rester en vie quand rien d'autre n'est possible. J'espère être de retour demain avant le crépuscule.


Alors que Stefan allait répondre Talabam le prit dans ses bras ce qui coupa littéralement le sifflet au jeune noble qui ne s'attendait pas à cette marque d'affection. Avant qu'il ne puisse répondre quoi que ce soit le vieux maitre d'arme alla à l'écurie et partit au grand galop.


-Bonne chance... mon ami. Murmura Stefan. Il ne souvenait pas que son père l'ai jamais enlacé ainsi.

Une fois le fidèle Talabm partit Stefan se prépara et attendit son heure. Il réfléchit à comment il devait procéder pour sa mission. Il décida qu'il irait tout d'abord à la chaumière la plus proche. Non seulement il pourrait y recruter facilement les premiers défenseurs du domaine, mais en plus il pourrait s’enquérir de la situation à Serrig. Il saurait ainsi où étaient les gardes d'Ereck et comment les mercenaires se comportaient avec ses gens, bien qu'il se doutat que la collaboration forcé avec la bande de chiens sans honneur qui avait servit de gardes à son père pendant une longue période ne devait pas être facile à vivre pour les pauvres paysans. Stefan espérait tout de même qu'Ereck et ses hommes ne les avaient pas trop violentés.

Il se posa ensuite la question de l'équipement qu'il devait emporter. Il hésitait à prendre son pistolet et sa chemise de maille. Le pistolet était une arme puissante et mortelle mais aussi très bruyante. Il était impossible de s'en servir pour se débarrasser de quelqu'un silencieusement, s'il venait à l'utiliser la détonation avertirait tout le village, et par conséquent les mercenaires, de sa présence. Le rechargement d'un pistolet était également assez long et si il était pris en chasse il n'aurait pas la possibilité de recharger suffisamment vite son arme pour abattre un autre adversaire. De plus, au vu de ses capacités actuelles avec cette arme, rien ne laissait présager qu'il serait capable de toucher quelqu'un. Stefan n'avait rien d'un tireur d'élite.

Quand à sa chemise de maille elle offrait certes une bonne protection face aux lames adverses, mais en contrepartie les bruits de maille rendait toute infiltration plus risqué. Hors la vitesse et la discrétions étaient indispensables pour la réussite de la mission. Et Stefan n'avait jamais été vraiment discret, en tant que noble il n'était pas censé avoir un jour à se déplacer furtivement comme un voleur.

Finalement il se décida à prendre son pistolet et sa chemise de maille. Si les choses se compliquaient et qu'il devait partir en catastrophe une armure et une puissance de feu supplémentaire pourraient lui sauver la vie. Et même si Stefan ne voulait pas l'admettre, il était plus rassuré en sentant leurs poids sur ses épaules. Quand les ombres des montagnes s'étirèrent jusque sur son domaine quelques minutes avant le crépuscule, Stefan sut qu'il était temps pour lui de mettre son plan à exécution. Il quitta prudemment son domaine et s'avança en direction du village. En s'approchant il remarqua que seul la moitié des chaumières semblaient habités. Il déglutit péniblement en espérant que leurs habitants n'aient pas été tués. Il avait l'impression d'avoir une boule dans le ventre, il ne voulait pas l'admettre mais il avait peur. Et si il faisait une erreur ? Et si par ses actes il condamnait toute la famille des Von Kantzow et le village de Serrig ? Il suffisait d'une seul erreur... un seul imprévu pour que tout son plan tombe à l'eau. Le silence de plomb qui semblait régner au village ne faisait rien pour détendre les nerfs à vif du jeune homme.

Alors qu'il s'approchait il entendit des éclats de voix provenant du moulin à eau. Ernst et ses hommes s'amusaient, riaient et chantaient. Ils fêtaient leur domination sur le village. L'écoute de ces voix le remplir d'une féroce colère qui chassa sa peur. Ces porcs fêtaient leurs dominations sur SON domaine,au détriment de SES gens ! Le jeune homme bouillonnait de rage.


*Je vais vous faire payer tout cela. Dès que Talabam sera revenu avec des renforts je vous ferai tous pendre pour vos crimes et là nous verrons qui rira à ce moment là.*
Se dit le jeune homme avec hargne.

Observant avec attention le village pour voir si il pouvait voir des gardes qui pourraient l'empêcher d'accèder à Serrig. Puis, il alla comme il l'avait prévu à la plus proche chaumière aussi vite et discrètement que possible. Il se mit alors à frapper à la porte et ajouta en essayant de ne pas parler trop fort, mais assez pour que les occupants de la petite demeure l'entendent.


-Ouvrez ! C'est moi, Stefan Von Kantzow ! Le fils du seigneur Leonrod, je suis venu vous aidez face à Ereck et ses sbires mais hâtez vous de m'ouvrir, je ne pourrais pas vous venir en aide si ces chiens me font la peau.

Il espérait que les habitants allaient le laisser rentrer, il ne devait pas s'attarder trop longtemps sous peine d'attirer l'attention.