[Katja|Friedrich] La dernière marche des soldats ostlandais

Les troupes régulières d'Ostland sont parmi les plus robustes et les plus coriaces de l'Empire, d'où la tête de taureau qu'elles ont adoptée pour emblême. Depuis Wolfenburg, le Comte Valmir von Raukov tient les rennes de cette province du nord.

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Katja Endrafen
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Re: [Katja|Friedrich] La dernière marche des soldats ostland

Message par Katja Endrafen » 28 août 2015, 13:23

Ô joie. Vous savez ce qui est pire qu'on conducteur d'attelage borgne ? Un médecin avec de l'humour. Enfin, qui pense avoir de l'humour. J'étais sur le point de faire remarquer que quitte à mourir, autant décéder avec un corps qui ne ressemblerait pas à un gruau de framboises du Stirland - qui sait, ça comptait peut-être pour Morr ? Et le toubib de se fendre d'un éclat de rire, l'air très satisfait de lui-même... D'ailleurs, pour ce que je pouvais en juger, le prêtre semblait goûter la plaisanterie. Un curé complice d'une blague... J'aurais décidément tout vu aujourd'hui.

-"Je la fais à chaque fois et ça marche toujours! Allez, montrez moi vos plaies et déshabillez-vous. L'alcool, quelques potions et le tissu vous feront tenir debout comme des adole..."

Ah. Non. En fait, non. Ça ne va pas le faire. Ma couverture du soldat Katz avait été suffisamment mise à mal auprès de mes gradés, ce n'était certainement pas pour enfoncer le clou dans une église de Sigmar ! Et, une fois n'est pas coutume, c'est le capitaine qui vint me sauver la mise au travers d'un débarquement fébrile de sa personne qui n'était pas sans m'évoquer le naufrage d'un corbeau venant s'écraser par terre.

-"Hadler, Ertezi, Endrafen... C'est une catastrophe..."

Rien à foutre. Dégage de là. J'veux pas te voir.

-"Nos ordres étaient des faux, des faux... Les instructions officielles nous ordonnaient d'aller à la... La frontière bretonnienne aider à tenir un bourg disputé par un seigneur étranger... Un messager me l'a apporté... Il nous a cherché depuis notre départ de Salkaten... les ordres étaient faux... Nous devrions déjà être sur place... Par Sigmar, la ville est peut-être déjà perdue..."

Alors ça, c'est la meilleure. Je me retournais à moitié vers Steiner, retenant la montée d'acide qui manqua s'échapper de mes lèvres sous la forme d'un bouquet d'invectives des plus fleuries. Et bien alors, mon capitaine ? On n'est même pas foutu de suivre les bons ordres ? Elles vous servent à quoi, vos cartes et vos petites missives ? C'est bien la peine de savoir lire si c'est pour déchiffrer des conneries ! Et encore pire pour nous envoyer en plein dans la gueule du loup ! Tu appelles ça un officier ? C'est ce genre de loque débile qu'on est supposé suivre au combat ? Mais démissionne, mon vieux ! Prends ta retraite, ça t'évitera de causer plus de morts !

Et ce... ce... cet empaffé qui tombe dans les pommes. Abruti.
Je serrais les poings, avant de jeter par avance un regard noir aux deux caporaux - et ne me dites pas qu'ils ne l'avaient pas encore mérité, j'anticipais leur réaction. C'est à pas vifs, énervés, que je m'éloignais de l'autre rebouteux à l'humour plus que douteux pour venir m'accroupir auprès du capitaine. Comme il était tentant de lui en décoller une bonne dans les gencives... pour l'aider à se réveiller, bien entendu... certainement pas par vengeance personnelle, caprice ou simplement parce qu'il ne me revenait pas...

« Je vous assure qu'il est un peu lourd dans son genre, alors si vous voulez bien me donner un coup de main... » grinçai-je des dents à l'intention d'un des novices qui attendaient à quelques pas de là, l'air de ne pas trop savoir quoi faire. L'intéressé chercha la lumière divine du côté du prêtre, qui confirma d'un hochement de tête, et se décida enfin à venir m'épauler. A nous deux, nous traînâmes plus qu'autre chose l'Ostlandais et ses détestables galons jusqu'à l'un des bancs flanquant la nef : il pouvait bien y attendre un moment, le temps de se réveiller et que le médecin s'occupe d'empêcher Poigno de nous clamser entre les doigts. Une fois, ça suffisait.

Je revins cahin-caha auprès d'un Friedrich qui, pour sa part, ne paraissait pas tellement avoir besoin d'un coup de fil et d'aiguille. En ce qui me concernait, après avoir vu la pince démesurée de celui qui s'affairait présentement auprès de l'Estalien, je pouvais affirmer que je ne sentais presque plus mes blessures. Non, vraiment.
Il était temps pour moi d'admettre que la nouvelle apportée par le capitaine était... mauvaise. Très mauvaise. Je ne me sentais pas une empathie débordante pour le bourg évoqué, menacé par quelque roitelet de Bretonnie qui s'était mis dans la tête l'idée saugrenue d'ajouter un village frontalier à la liste de ses biens ; malgré tout, un sentiment désabusé montait lentement en moi. Connards de nobles. Vous ne pouvez pas... laisser les gens du commun en paix ? Contentez-vous de vos tournois, de vos taxes et de votre vie de château agrémentée de danses et de ballades de ménestrels... laissez-nous tranquilles.

J'apposais la tempe contre la pierre froide d'une des arches de l'allée centrale, fermant brièvement les yeux. Je voulais oublier cette journée et tout ce qu'elle avait comporté ; malheureusement, je devais aussi l'oublier parce qu'il y avait plus urgent dont s'inquiéter. Notamment la raison pour laquelle on nous avait communiqué de faux ordres. Quelqu'un avait été ciblé... Alric, ou Friedrich ? Ce ne pouvait être qu'un des deux, voire l'un et l'autre. Quant au responsable de cette duperie, il n'y avait pas à chercher bien loin pour que le paternel Hadler ne vienne se présenter en tête de liste des suspects.

Un sourire de dérision égailla mes lèvres, comme je rouvrais les paupières pour observer mon caporal préféré en coin. Quelque chose me disait qu'il risquait de se sentir coupable des méfaits de sa famille, et je n'avais pas vraiment envie que-...

-"Allez, c'est à votre tour !"

Et le médecin, que je n'avais pas vu approcher, de me flanquer une bonne tape sur mon épaule indemne. Un : « Gniih ! » étouffé m'échappa alors que je me raidissais autant qu'une branche de bois mort, avant de poser sur l'intéressé un regard d'un froid souverain. Toi, mon gaillard...

« Nan. »
-"Allons, ne soyez pas timide, vous ne sentirez presque rien."
« J'ai dit : nan. »
-"Vous ne vous remettrez pas en deux jours si je ne m'occupe pas de vous. Vous ne voulez pas marcher avec votre régiment dans cet état, n'est-ce pas ? Et ôtez donc votre foulard."
« C'est nan, ou nan, que vous ne comprenez pas ? J'ai comme un doute... »
-"Enfin, vous êtes un grand garçon ! Faites comme votre camarade et déshabillez-vous, qu'on en finisse."
« Je... hum. » Il était temps de ruser. Clin d’œil vers mes caporaux. « Pas devant les autres. J'ai... des cicatrices de guerre, vous comprenez. Pour actes héroïques. Je leur ai sauvé la mise pas mal de fois, vous savez, et à leur vue ils pourraient se sentir coupables. En plus, je suis pudique. »
-"...je vois. Mon Père, vous n'y voyez pas d'inconvénient si...?"

Apparemment, non, si j'en jugeais au signe de dénégation qu'il fit de la tête. Quel que puisse être ce qui risquait de soulever un inconvénient.

-"Je vous remercie. Soldat, suivez-moi."
« Gnagnagna... »

C'est en rassemblant toute ma dignité froissée que j'emboîtais le pas au médecin, lequel se dirigeait en direction de ce qui ressemblait à s'y méprendre à une sorte de confessionnal. Une petite structure en essence de bois encastrée à l'écart dans un recoin de l'édifice, dont l'armature patinée et vernie me plaisait beaucoup ; je me serais bien imaginée habiter dans une demeure possédant quelques meubles de cet acabit. Nous nous cloîtrâmes ainsi à l'abri des regards, et je n'avais alors guère plus de raisons de renâcler. Du moins, pas de raison bien avouable.

Je me défis lentement de mes armes, dans la semi-obscurité de ce singulier refuge. L'homme s'était assis sur ce qui s'avérait être un banc fixé à même le mur et m'attendait patiemment. C'est ostensiblement que j'alignais chacun de mes couteaux à portée de main, avant de me débarrasser avec moins de cérémonie de mon épée, ma targe et mes bolas. Ma gorge se noua comme une tension certaine venait raidir mes épaules.

« Pas un mot. D'accord ? » chuchotai-je sur un ton mi-implorant, mi-menaçant. Je ne me faisais pas d'illusions quant au risque que je prenais, surtout dans un lieu pareil. Un peu trop de personnes étaient désormais au courant de la véritable identité du soldat Katz et la chose commençait à m'alarmer.
-"Montrez-moi simplement vos blessures."

Doucement, avec précaution - tant par méfiance et pudeur que douleur - j'entrepris de dénouer les lacets de ma veste de cuir, que je posai à côté de moi. C'est d'un geste agacé que je refusai l'aide qu'il me proposa, avant de tirer sur mon foulard pour qu'il suive le même chemin. J'ignore si c'est l'opacité ambiante, le fait qu'il s'attendait simplement à voir un jeune homme ou bien les deux ; mais il ne parut pas, alors, identifier la féminité de mes traits comme étant bien celle d'une femme. Je gardais la tête baissée, mes mèches d'ébène en bataille retombant de chaque côté de mon visage, et défis tout aussi prudemment les attaches de la chemise de lin que je portais plutôt lâche. C'est là que ses yeux s'arrondirent et que sa bouche béa.

« Pas-un-mot » sifflai-je une nouvelle fois entre mes dents, le fixant avec dureté. « Vous faites votre boulot, moi je fais le mien. »

Il pinça les lèvres, me dévisageant un instant avant d'acquiescer en silence. Tout aussi lentement que je m'étais déshabillée, il se livra à l'exercice de son savoir ; en palpant mon épaule, le regard fixé sur la plaie tandis que, gênée, je maintenais un pan de l'habit par-dessus mes seins. L'entraînement et la chère copieuse de l'armée avaient contribué à me remplumer, quand bien même mon corps émacié porterait encore longtemps les marques de l'errance et de la faim.

« Scch...! » Je plissais une paupière lorsque je sentis la morsure de l'aiguille sur les lèvres de l'estafilade. « 'pourriez y aller doucement... »
-"Douillette" marmonna-t-il en retour, s'attirant un regard mauvais de ma part.

Il ne lui fallut que quelques minutes pour me recoudre, non sans avoir d'abord nettoyé le sang maculant mon bras. Je m'étais déjà à moitié levée, guindée, lorsqu'il riva ses yeux aux miens en indiquant du doigt ma jambe. Avec un profond soupir, je me rassis en adoptant une expression qui n'était pas loin de la bouderie et pris d'abord le temps d'ajuster ma chemise avant de tirer sur mes braies, avec timidité.
Je n'étais pas spécialement pudibonde, du moins, je ne le pensais pas ainsi. Mais... c'était un moment particulier. Un moment où je me sentais vulnérable, mon secret dévoilé ; et pour une personne aussi adepte que moi des faux-semblants et de l'acte de donner le change, une telle intimité était dérangeante. En fait, je crispai le moindre de mes muscles lorsqu'il tâta ma cuisse violacée et mon genou. Je me sentais, de façon exagérée peut-être, comme un animal acculé qui attendait de voir si on allait le remettre en liberté ou s'il allait devoir mordre pour se la ré-approprier. Le toubib se contenta d'opiner pour lui-même, apparemment satisfait de son auscultation, et emmaillota tout le haut de ma jambe dans une étrange attelle de linges semi-rigides fleurant bon le lys des neiges ; il s'agissait d'une herbe opiniâtre que l'on trouvait souvent dans les hauteurs boisées de mon Ostermark natal, et nombre de guérisseurs s'en servaient pour soulager les petites douleurs dont bûcherons, maçons et autres ouvriers étaient régulièrement affligés.

-"Je pense que ça ira comme ça... soldat."
« Merci. » Je ramassais en hâte mes affaires après avoir remonté mes braies, avec des gestes un peu agités. « Je le pense... vraiment » murmurai-je en l'étudiant une seconde dans l'atmosphère sombre de cet abri à laquelle j'avais commencé à m'habituer ; puis, sans me retourner, je sortis de là non sans avoir dissimulé mon visage derrière l'étoffe de mon écharpe.

« Ne me regardez pas comme ça, mes caporaux. Vous auriez été jaloux de voir mon corps d'athlète, de toute façon... »
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« Mon irrévérence est ma liberté. »

Musical Theme
Katz, auxiliaire impériale (éclaireur)
Profil: For 8 | End 8 | Hab 9 | Cha 8 | Int 8 | Ini 9 | Att 10 | Par 10 | Tir 10 | NA 1 | PV 30/60 *

* 1 Fulguropoing de Troll à la jambe droite
* 1 toucher amical d'épée à l'épaule gauche

« Engagez-vous qu'i'disaient ! Engagez-vous !
Et la solde, elle s'engage QUAND ? »
Compétences :
¤ Adresse au tir
¤ Ambidextrie
¤ Camouflage rural
¤ Jonglerie
¤ Réflexes éclairs
¤ Tir à déclenchement rapide


Équipement :
¤ Épée à une main (16+1d8 dégâts / 12 parade)
¤ Veste de cuir (Torse, dos et bras / 5 )
¤ Targe d'acier (4+1d6 dégâts / 14 parade / Déstabilisant)
¤ 4 dagues de jet (12+1d6 dégâts / Malus de -2 TIR tous les 6 mètres)
¤ 2 Bolas (Malus de -2 TIR tous les 8 mètres / Immobilisant)

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Friedrich Hadler
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Re: [Katja|Friedrich] La dernière marche des soldats ostland

Message par Friedrich Hadler » 28 août 2015, 19:16

Friedrich remarqua la présence de Katja peu après être entré dans le bâtiment. Elle les y avait devancés, mais pour l’instant ne semblait pas avoir été accueillie par un prêtre, seulement par un novice. Après quelques secondes d’attente, le chef local du culte sigmarite apparut de derrière un rideau. Si la vue d’un sage et vénérable religieux, ou du moins de quelqu’un qui en avait l’air, était rassurante, ses paroles eurent le don d’irriter considérablement le caporal Hadler. L’homme connaissait déjà la nature des habitants du château. Il le savait et il n’avait rien dit. Lorsqu’ils étaient passés par Mierach à l’aller, le capitaine avait pris la peine de demander aux locaux ce qu’il en était, et ces derniers, visiblement, n’avaient pas jugé utile de les avertir du danger qu’ils avaient encouru.
Ils avaient pourtant partagé un repas avec les autochtones avant de partir en expédition. Le prêtre et ses acolytes étaient au courant de tout, et ils ne pouvaient ignorer le passage de leur régiment ni de leur objectif. Pourtant, et c’était inconcevable dans l’esprit de l’Ostlandais de Klirduc, ils n’avaient rien dit, rien, pas un mot, pas un avertissement. Ils n’avaient même pas pris la peine de se déplacer de quelques dizaines de mètres pour informer leurs propres compatriotes, leurs protecteurs, de loyaux soldats fidèles à leur province et à l’Empire…

Par leur faute, ou plutôt par leur abstention volontaire ce qui revenait exactement au même aux yeux du caporal Hadler, des camarades, des frères d’armes étaient morts, et Poigno Ertezi, Aldebert Steiner et Katja Endrafen étaient gravement blessés. Pire, tous culpabilisaient, et surtout son ami Poigno. Serrant les dents et les poings, Friedrich dût lutter pour ne pas empoigner le prêtre par le col de sa robe et lui hurler dessus. Il comprenait quelles étaient les motivations qui avaient pu mener les sigmarites à cette « omission » aux conséquences meurtrières. Ces prêtres semblaient, à juste titre d’ailleurs, vouloir se débarrasser des rebelles chaotiques, mais visiblement indistinctement en tuant tout le monde sans rechercher les vrais coupables des victimes forcées de servir leurs maîtres pour survivre. Pour détruire le château, ils étaient sûrement près à payer n’importe quel prix, quitte à envoyer un groupe de soldats réguliers se jeter dans la gueule du loup pour les forcer une fois sur place à se battre et à supprimer la menace. C’était une manœuvre aussi fourbe qu’habile, il fallait le reconnaître, car on ne pouvait rien leur reprocher légalement. Il était certain qu’une dénonciation auprès du Grand Duc Valmir von Raukov ou des autorités religieuse serait vouée à l’échec, puisqu’ils s’étaient contentés de ne rien faire. Pire encore, moralement parlant, certains sigmarites que Friedrich considérait comme des extrémistes cautionnerait leur action au prétexte fallacieux que « la fin justifie les moyens ».

Passablement énervé par la découverte de la « trahison », à ses yeux, des représentants du culte sigmarite du cru, le cadet des Hadler savait pourtant qu’il ne pouvait rien faire sans risquer lui-même une punition, ce qui était un comble. Les prêtres avaient trop bien joué leur coup de manipulation par l’abstention d’informer. Et de toute façon ils étaient en position de force puisque les militaires avaient besoin d’eux. Au prix d’un effort de volonté, Friedrich afficha un sourire crispé absolument pas naturel, tandis que ces yeux lançaient des éclairs glaciaux aux sigmarites pendant qu’ils allaient chercher un médecin.
*Rira bien qui rira le dernier, messieurs les prêtres. Dame Véréna la Juste sait tout ce que vous avez faits et elle vous jugera en temps voulu.*

Le docteur débarqua bientôt dans le lieu sacré, apportant avec lui tout un attirail d’objets à l’apparence inquiétante. Le bonhomme cherchait à détendre l’atmosphère par des plaisanteries, mais Friedrich n’avait pas l’impression que cela avait porté ses fruits, au vu des réactions de Poigno et « Katz ». Pour sa part, l’ostlandais n’avait qu’une vilaine bosse sur le haut du crâne, rien de grave en somme : un simple bandage serait largement suffisant. Il ne s’en faisait donc pas pour lui. En revanche, les blessures de ses compagnons étaient plus vilaines et nécessiteraient à coup sûr une intervention.

C’est alors que soudain, les portes s’ouvrirent en claquant et le capitaine Steiner, l’air affolé, déboula dans le temple, une lettre entre les mains. Ce qu’il annonça ensuite ne fut pas une surprise pour le cadet des Hadler, qui depuis leur arrivée à Mierach avait soupçonné un piège, une contrefaçon. Aucun noble, aucun gradé documenté n’aurait pu comme lui oublier qu’il n’y avait pas de nains dans les Monts du Milieu et commettre une telle erreur. C’était donc bien un acte intentionnel, dont l’identité de l’auteur ne laissait guère de doutes. Berner un petit régiment d’infanterie était une chose, mais tromper les Loft en était une autre. Sir Alric et sa famille s’étaient également jetés dans le piège, ce qui prouvait dans tous les cas que celui qui avait réalisé le faux était très doué ou avait des contacts très haut placé, et probablement les deux à la fois. Quant au bourg qu’ils étaient censés protéger contre les ambitions d’un seigneur étranger, cette sinistre nouvelle ne tira du militaire de Klirduc qu’un sourire ironique. Décidément le sort semblait vraiment se jouer d’eux. C’était tellement injuste, tellement pitoyable que ça en devait risible. Tout ça par la faute de quelqu’un qui se fichait complètement de la vie des innocents, quelqu’un qui se jouait d’eux depuis le départ, quelqu’un d’assez fou pour vouloir libérer un shaggoth. Et le pire pour Friedrich, c’était que ce quelqu’un portait le même nom que lui : Hadler. Il n’était autre que son propre père, le héros de son enfance qui s’était révélé être un monstre sans cœur, cela ne faisait aucun doute dans son esprit.

Tandis que le capitaine s’évanouissait, Friedrich ne put retenir un petit rire nerveux, qui lui donna un peu l’air d’un fou. La journée avait été dure et le sacrifice des soldats et de Sir Alric avait été vain, puisqu’ils avaient manipulés sur toute la ligne, pour un résultat nul ou presque. Les seules choses qu’ils avaient gagnées dans ce château de la mort n’étaient autres qu’une lampe arabéenne, une épée maudite et quelques babioles. Comment expliquer aux familles des défunts que leurs morts avaient été inutiles, et qu’ils avaient même dû abandonner leurs corps à l’appétit d’un troll. Sans aucune hésitation, notre héros aurait donné tout ce qu’il possédait, échangé cinquante fois la valeur des biens de la salle aux trésors contre la vie de ses camarades. Il se sentait mal, et au final se réjouissait de ne pas avoir emporté de butin autre que la lampe mystérieuse. Tous ces métaux rares, toutes ces pierres précieuses étaient entachés du sang de ses frères d’armes, et jamais il n’aurait pu dépenser le moindre sou de cuivre provenant de la vente de ces objets avec la conscience tranquille. Cet or devait revenir aux familles des victimes, selon lui, et encore, il était peu probable qu’elles acceptent. La vie d’un membre de sa famille, ça valait bien plus que tout l’or du monde, se dit-il en pensant à sa mère Elena.

En outre, le caporal Hadler remarqua que son supérieur avait laissé son épée prise sur le champion chaotique dans ses quartiers. Sans doute ne voulait-il pas que les prêtres de Sigmar l’examinent. Une mauvaise décision selon lui, même s’il y avait un risque pour que les prêtres le privent de son arme magique, ils auraient au moins pu déterminer s’il représentait un risque pour son porteur. D’ailleurs, pendant que Poigno, puis Katja passaient sous les mains du médecin –non sans défendre son secret pour cette dernière-, il s’adressa au vieux religieux en lui présentant sa lampe à huile :


-Dites-moi, mon père, j’ai ici un objet à faire examiner. Je désirerai savoir s’il présente un risque selon vous. Faites très attention en la manipulant, il ne faut surtout pas la faire sonner.

Mais au final il s’avéra que l’objet n’était pas contaminé par le chaos, bien que le prêtre n’exclut pas qu’il puisse être magique et donc dangereux tout de même. Friedrich Hadler remercia l’homme pour son expertise et quitta le temple pour rejoindre ses quartiers dès que Katja eut fini de se faire soigner. Poigno lui avait déjà été traité, et l’ostlandais lui avait conseillé d’aller prendre du repos dans sa tente. Pendant les deux jours qui seraient nécessaires au rétablissement des blessés, le caporal Hadler, seul gradé encore intact ou presque, comptait bien assumer son rôle auprès de la troupe. Pas question qu’il oblige le capitaine ou son homologue Ertezi à travailler par son incapacité : ils avaient besoin de repos, et donc pour maintenir l’ordre il lui faudrait être exemplaire, encore plus que d’habitude.

En rentrant au camp Friedrich fit signe à Katja qu’elle pouvait rentrer et l’attendre dans sa chambre à la caserne locale, si elle désirait parler. Il avait quant à lui un détour à faire, vers l’autel de Morr, près du cimetière. Il n’aimait guère le dieu de la mort qui lui rappelait trop de mauvais souvenir, mais il reconnaissait que ce dieu, le mari de Véréna et le père de Myrmidia, deux des déesses les plus importantes pour lui, était juste, car il protégeait les âmes des défunts à la fois de l’influence du chaos et de la nécromancie. Là-bas, il demanda au prêtre du dieu de la mort s’il pouvait organiser une petite cérémonie funèbre pour honorer la mémoire des soldats et du baron morts durant la journée. Il demandait quelque chose de très simple, de sobre. Evidemment, le prêtre dont c’était le travail ne refusa pas, et le rendez-vous fut fixé dans l’après-midi du lendemain, pour laisser le temps de faire les préparatifs. Le prix de l’office fut fixé à une couronne d’or, que le caporal paya rubis sur l’ongle.

Ceci-fait, il réunit tous les soldats valides, les mit en rang au garde à vous et leur fit un bref compte-rendu :


- Cinquième régiment de la troisième division d’infanterie de l’Ostland, à mon commandement… Garde à vous !

Soldats, j’ai bien conscience que la journée ne s’est pas passée comme prévu. Vous serez sûrement ravis d’apprendre que le soldat Katz, le caporal Ertezi et le capitaine Steiner vont s’en sortir, même s’ils auront besoin de repos pendant deux jours. En conséquence je vais prendre le relais. Demain, nous nous entraîneront le matin pour garder la forme, de dix heures à midi. Quartiers libres le reste de la journée, avec interdiction de s’éloigner dans la montagne ou de prendre des risques inconsidérés : nous sommes en campagne je vous le rappelle. J’ai confiance en vous pour faire honneur à votre uniforme, même période en repos. Il faut donner une bonne image de nous aux civils.
Enfin, et surtout, vous l’avez remarqué, plusieurs de nos frères d’armes sont tombés aujourd’hui au champ d’honneur, en affrontant vaillamment un troll.
Abélard Kiehlmütt. Jourden Halmar. Jens Parstein. Baron Alric Loft.
C’étaient des soldats, des vrais, et de bons camarades. Ils ont fait le sacrifice de leurs vies pour l’Ostland et pour l’Empire.
Souvenons-nous de leurs noms, et honorons-les. Puisse Morr les accueillir dans son royaume.

Par ailleurs, pour ceux qui le voudront, demain, une cérémonie religieuse sera tenue en fin d’après-midi pour leur rendre un dernier hommage, après quoi je vous proposerais de manger tous ensemble en leur souvenir.

Pour ce soir, quartiers libres, aux conditions que je viens de rappeler.

Cinquième régiment de la troisième division d’infanterie de l’Ostland, à mon commandement… Rompez les rangs !


Il salua puis rejoignit sa chambre où il pourrait enfin poser son barda, et peut-être retrouver Katja Endrafen…
Modifié en dernier par [MJ] Le Djinn le 03 sept. 2015, 20:06, modifié 1 fois.
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Lien fiche wiki : http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... ich_hadler

Profil : FOR 10 / END 11 / HAB 10 (9*) / CHAR 10 / INT 10 / INI 10 / ATT 14 (13*) / PAR 14 (13*) / TIR 11 / NA 3 / PV 85/85
*: profil avec armure (bonus des compétences non inclus)

Compétences :
• Sang-froid : Votre personnage a ce qu'on appelle des «nerfs d'acier». Il sait rester maître de lui-même dans les situations les plus dangereuses. Bonus de +1 sur n'importe laquelle de ses caractéristiques lors de la réalisation d'une action dans un climat de stress et de tension mentale.

• Coups puissants : augmente les dégâts occasionnés à ses adversaires de + 1D3 pts de dégâts.

• Autorité : bonus de +1 lorsque, confronté à des militaires, il essaye de faire prévaloir son autorité, ses ordres etc.,

• Arme de prédilection : épées à une main : Bonus de +1 en ATT lorsqu'il en utilise en combat. Par contre, lorsqu'il utilise une autre arme que son arme de prédilection, il reçoit un malus de -1 en ATT et en PAR pendant les 1D3 premiers combats qu'il livrera avec cette arme, le temps qu'il s'y adapte.

• Alphabétisation : Votre personnage est capable de lire et d'écrire les langages utilisant l'alphabet du vieux monde s'il comprend ce langage.

• Langage secret : jargon de bataille : Votre personnage sait parler le jargon des batailles.

• Anticipation : Votre personnage, au combat, arrive à prévoir les réactions d'un ennemi. Pour analyser le style de combat de son adversaire direct, il lui faudra 2 rounds entiers. A partir du 3ème round, cette compétence lui permet d'avoir un bonus de +1 en ATT et en PAR contre ce seul adversaire. (Pour bénéficier de ce bonus contre un autre adversaire, il lui faudra l'avoir combattu pendant au moins 2 rounds)

• Adresse au tir (arcs) : +1 en TIR avec un arc.

• Volonté de Fer : Votre personnage se révèle être particulièrement très résistants à la peur, aux attaques mentales et à tout ce qui pourrait tenter de briser sa volonté. Il obtient +1 aux tests pour résister à un contrôle mental, à la peur etc…

• Parade : Double les points de parade de l'arme ou du bouclier utilisé.

• Coriace : Diminue de 1D3 les dégâts subis (jusqu'à un minimum de 1).

•Réflexes éclairs : +1 aux test INI en réaction à la surprise.


Equipement de combat : • Devoir (épée à une main) (18 +1D10, 12 Parade) Les morts-vivants, les démons etc… Que la lame touche subissent 1d6 dégâts de plus
• Bouclier d'acier (6+1d6 dégâts, 16 parade)
• Epée à une main (16 +1D8, 12 Parade)
• Cotte de mailles (9 protection, tout sauf tête -1 HAB, ATT et PAR)
• Arc court (26+1D8, -2 TIR/16 m)

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Profil : FOR / END / HAB / CHAR / INT / INI / ATT / PAR / TIR / NA / PV (bonus inclus)
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Re: [Katja|Friedrich] La dernière marche des soldats ostland

Message par [MJ] Le Djinn » 03 sept. 2015, 14:14

Félicitations, vous avez survécu au scénario! Les modifs de profil, d'inventaire et le décompte des XPs arriveront bientôt!

Suite ici: http://warforum-jdr.com/phpBB3/viewtopi ... 435#p97435
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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