[Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Les troupes régulières d'Ostland sont parmi les plus robustes et les plus coriaces de l'Empire, d'où la tête de taureau qu'elles ont adoptée pour emblême. Depuis Wolfenburg, le Comte Valmir von Raukov tient les rennes de cette province du nord.

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Re: [Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Message par [MJ] Le Djinn » 31 juil. 2019, 21:52

Les coups de phalanges d'Hadler sur la porte firent l'effet d'une explosion aux alentours. Le son était comme amplifié, il résonnait puissamment et perça l'air ambiant. Rapidement de petits pas retentirent de l'intérieur et une main fatiguée ouvrit l'entrée de la demeure. La sorcière, toujours aussi laide et ridée, apparut alors. Le chat qui accompagnait Friedrich lui sauta dessus, la couvrant de ronronnement et de caresses. La vieille le pris dans ses bras, ravie.

-"Chester, je me demandais où tu avais filé! Tu étais parti embêter le soldat, petit sacripant! Allez va jouer à l'intérieur… Et bienvenue à vous soldat, entre je vous attendais."

Par un prodige quelconque elle était parvenue à reproduire dans cette maison nouvelle le même fatras que dans l'ancienne. On y retrouvait toujours ces effigies maléfiques vantant la puissance du Chaos qui copulaient avec des amulettes, grigris et autres chapelets en faveur de Sigmar, Ulric, Shallya et d'autres dieux du Bien. Elle offrit au sergent une chaise défoncée avant d'attraper un livre et de s'asseoir en face, se séparant de son invité par une table en bois gravée de symboles cabalistiques qui semblaient onduler en permanence. Le grimoire lui même n'était pas bien plus rassurant rien qu'à son apparence. Une couverture noire décorée d'un crâne rouge, des pages jaunes et sales couvertes d'inscriptions bizarres marquées à un encre brun pourri, peut-être même au sang...

-"Je désirais vous voir, soldat, à propos de ce dont nous discutions l'autre jour. Seriez-vous prêt à maudire votre lame pour vaincre votre ennemi?"

Un silence se fit. La mégère se rengorgea, sourit et relança:

-"Comme je le disais à Arianna, je peux poser sur votre arme une rune maudite, magique, volée par un serviteur des Ténèbres aux nains il y a des générations. Avec cette rune votre petite quincaillerie s'enflammera et vous brûlerez tous les ennemis que vous frapperez, plutôt pratique non?"

Elle haussa les épaules dans une fausse impuissance.

-"Je vous le ferai gratuitement, je vous redevable après tout, mais chaque chose a un prix, en dur ou en intangible. Ces runes sont totalement interdites dans l'Empire et le simple fait de la montrer peut vous amener à être dépossédé de votre arme et dans les pires cas de votre vie, même si vous concernant je ne m'inquiète nullement, on ne vous pensera pas coupable."

Elle tendit sa main à Hadler, un faible sourire aux lèvres.

-"C'est un lourd prix à payer mais cette arme vous offrirait de nouvelles perspectives. Alors, marché conclu?"
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Re: [Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Message par Friedrich Hadler » 03 août 2019, 12:52

La porte s’ouvrit, révélant un capharnaüm digne de celui de l’ancienne masure de la jeteuse de sorts. La vieille femme en elle-même paraissait fatiguée, ce qui n’était guère étonnant suite à la démonstration qu’elle avait produite deux nuits plus tôt. Cela dit, Friedrich avait appris à ne pas se fier uniquement aux apparentes, surtout en matière de magie. Si elle semblait faible, rien ne prouvait que la sorcière l’était réellement. Et même si c’était le cas, elle restait sans doute beaucoup plus forte que lui.

Dès que le panneau de bois fut ouvert, le chat noir qui suivait Friedrich depuis la nuit bondit et alla se blottir dans les bras de la vieille femme, sous le regard médusé de notre héros. Ainsi donc le chat se nommait Chester et appartenait à la sorcière ! Cette dernière invita le sergent à pénétrer dans son antre, ce qu’il fit non sans réticence. Le malaise du militaire ne fit que s’accroitre lorsqu’il vit la table et le livre utilisées par son hôtesse. Tout dans cet endroit suintait la magie. C’était effrayant. Il écouta malgré tout ce qu’elle avait à lui dire, à moitié pensif, à moitié tétanisé et sur le qui-vive.

Hadler était gêné. Il lui semblait qu’il devait prendre une décision sans avoir toutes les cartes en main. S’il avait été debout, il aurait dansé sur un pied puis sur l’autre, comme ces filles qui avaient envie d’aller se soulager mais ne le pouvaient pas. Après réflexion, il répondit d’une voix mal assurée :


–Je mourrais sans hésiter pour sauver n’importe lequel de ces gens que je protège. Dans les rares cas où la poursuite d’une cause Juste implique de commettre un acte illégal, l’acte illégal en lui-même ne me paraît pas blâmable, du moins moralement.

Il eut un sourire amer, et continua, sombre :

–Cependant, ma position ne me permet pas de foncer tête baissée. Je ne suis pas un justicier, mais un militaire. Je dois réfléchir en m’excluant de l’équation : mes préférences, les risques pour moi après le combat et mon avis personnel ne comptent pas. J’ai des responsabilités, et il est de mon devoir de les considérer, parce qu’elles représentent une chance d’accomplir quelque chose de bien plus grand que je ne pourrais jamais le faire seul.

Le revers de la médaille, c’est que cela implique un certain nombre de décisions difficiles. Comme envoyer d’autres personnes à la mort et survivre, ou encore réfléchir aux gains et risques qu’entraînerait pour nous tous la forge d’une rune interdite sur mon arme.


Dans sa tête, le problème était clair. Si cela ne concernait que lui, s’il avait été un justicier solitaire, il n’aurait pas hésité une seconde à prendre ce risque. Mais ici, plusieurs paramètres entraient en ligne de compte. Qu’arriverait-il si les nains voyaient l’arme avant ou pendant la bataille, à laquelle ils voudraient sûrement participer ? La puissance de frappe supplémentaire octroyée par la rune valait-elle plus que le risque de s’aliéner des alliés valeureux et réputés pour leur courage et leur efficacité ? Friedrich n’en était plus si sûr. Lui-même ne ferait pas la différence seul, quelle que soit son arme. D’un autre côté, il était mieux placé que quiconque pour savoir qu’une bataille pouvait parfois basculer sur des petits riens, et que cette rune serait peut-être ce petit rien. Tout était une histoire de pesée, d’estimation, de choix. Malheureusement, il connaissait mal ses ennemis, et n’était pas devin : il devrait donc choisir à l’aveuglette, sans savoir ce qui serait le mieux.

D’un côté, il y avait la certitude de gagner un petit avantage, petit car à échelle individuelle. De l’autre, il y avait la potentialité de perdre un soutien très précieux et important, celui des nains de la ville. Même en se désintéressant totalement de son propre sort ou celui de ses biens, c’est-à-dire en ignorant complètement les risques liés à lui-même ou à la perte de son arme, la décision n’était pas si facile à prendre.

Mais dans tous les cas, il y avait un autre paramètre que la sorcière semblait ne pas avoir pris en compte et qui réglait au moins provisoirement le dilemme. Le sergent s’accorda un sursis en mettant le doigt dessus :


–Cela dit, et dans tous les cas, le moment me semble on ne peut plus mal choisi pour forger une rune interdite. Demain, nous recevrons la visite de notre dirigeant en personne. Il est possible qu’il demande à voir mon épée, ou que j’aie à la lui présenter en signe d’allégeance. Je ne peux pas décemment forger cette rune aujourd’hui, c’est hors de question. Il y aurait beaucoup trop à perdre et rien à y gagner.

Mais, si vous comptiez la forger ultérieurement, alors je vous demanderai s’il est possible d’enchanter temporairement l’épée seulement. De manière à pouvoir effacer toute trace de la rune une fois la bataille finie, par exemple ? Et par ailleurs, quand vous dites que les humains seront trompés, mais que les nains pourront identifier la rune comme étant de facture humaine, pourriez-vous me préciser comment ? Directement même en la voyant de loin, ou bien s'ils sont à quelques mètres dans la mêlée d'un combat, ou s'ils l'examinent de près au calme seulement ? Tous les nains seront-ils capables de déterminer la contrefaçon, ou seulement les spécialistes, et si oui, lesquels ?


Ces questions pouvaient sembler anodines ou superfétatoires, mais elles étaient en réalité déterminantes. Les réponses qu'il aurait détermineraient son choix. Car s'il ne pouvait refuser un avantage même minime, il n'avait pas le droit de risquer trop gros pour l'obtenir. Il en allait non pas de lui seul, mais de la survie du village entier, et il ne jouerait pas le sort de Col-de-Ferlangen sur un coup de dé.
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• Sang-froid : Votre personnage a ce qu'on appelle des «nerfs d'acier». Il sait rester maître de lui-même dans les situations les plus dangereuses. Bonus de +1 sur n'importe laquelle de ses caractéristiques lors de la réalisation d'une action dans un climat de stress et de tension mentale.

• Coups puissants : augmente les dégâts occasionnés à ses adversaires de + 1D3 pts de dégâts.

• Autorité : bonus de +1 lorsque, confronté à des militaires, il essaye de faire prévaloir son autorité, ses ordres etc.,

• Arme de prédilection : épées à une main : Bonus de +1 en ATT lorsqu'il en utilise en combat. Par contre, lorsqu'il utilise une autre arme que son arme de prédilection, il reçoit un malus de -1 en ATT et en PAR pendant les 1D3 premiers combats qu'il livrera avec cette arme, le temps qu'il s'y adapte.

• Alphabétisation : Votre personnage est capable de lire et d'écrire les langages utilisant l'alphabet du vieux monde s'il comprend ce langage.

• Langage secret : jargon de bataille : Votre personnage sait parler le jargon des batailles.

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• Coriace : Diminue de 1D3 les dégâts subis (jusqu'à un minimum de 1).

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Equipement de combat : • Devoir (épée à une main) (18 +1D10, 12 Parade) Les morts-vivants, les démons etc… Que la lame touche subissent 1d6 dégâts de plus
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Re: [Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Message par [MJ] Le Djinn » 05 août 2019, 20:48

La sorcière se pinça l'arête du nez et hocha négativement de la tête en fronçant les sourcils. Les remarques de Friedrich sur sa capacité à se sacrifier pour n'importe qui qu'il serait chargé de protéger, même la sotte des femmes ou le plus corniaud des hommes.

-"Jeune soldat, cessez donc de vous parer du suicide protecteur comme si vous réclamiez votre propre mort. Votre vie vaut infiniment plus que celle de n'importe quel pécore que vous croiseriez en sortant d'ici! Les âmes, comme les vies, ne sont pas égales en elle, petit soldat, oh que non elle ne le sont pas, pas même pour les dieux, même les Sombres..."

Comme pour appuyer son propos elle se leva pour décrocher un collier coincé entre deux crochets de fer rouillé pendouillant du plafond. Elle l'amena devant elle et le laissa tomber devant ses yeux tout en tenant l'extrémité de lin entre ses vieux doigts griffus. Le pendentif affichait une forme que l'Hadler n'avait jamais vu. Il prenait la forme d'un X aux pointes partant en courts virage, de plus une barre horizontale fine était plantée au centre de la lettre et une autre, plus élevée, la soutenait. La vieille ricana méchamment en agitant le petit collier.

-"Par exemple, prenez ce dieu des guerriers et de la violence... Il appelle parfois la nuit, ils parlent à ses fidèles hommes-bêtes qui se rassemblent dans la forêt, il commande à son champion Bogoslav Tamas de marcher sur l'Ostland et de le détruire... Et il murmure à l'oreille des soldats sur les champs de bataille qu'il est le seul à pouvoir étancher leur soif de sang… Mais il ne parle pas à tous de la même façon. Je vous l'ai déjà dit petit soldat, les Dieux Noirs vous cherchent et parmi les cents guerriers présents ici vous êtes le seul dans lequel il voit un futur champion…""

Elle pointa un chaudron dont le liquide violacé affichait des volutes de couleurs changeants. Rien n'était stoïque et Friedrich aurait été incapable de dire quand le breuvage était liquide, gazeux ou solide, quand il bouillait ou se refroidissait...

-"Une vieille recette de grand-mère mais elle fonctionne… Très efficace pour entendre des voix démoniaques. Mais passons."

Pour finir elle attrapa un autre petit livret pour l'ouvrir à une page au hasard, semblait-il du moins.

-"Oh et ne me prenez pas pour une non-renseignée, j'étais au courant pour la venue du nobliau demain, je ne comptais pas prendre votre épée dès maintenant! Et je doute que les nains d'ici sachent la reconnaître, je fais du bon travail moi, on ne repère pas mes runes si aisément... Evitez tout de même de la mettre sous leur nez. Par contre impossible d'enchanter temporairement l'arme avec une rune, les deux se briseraient à l'unisson. Je pourrais l'enchanter, ce qui serait temporaire, mais votre esprit ne survivrait pas à son effet je le crains..."

Un sourire carnassier s'afficha sur ses lèvres défraichies et elle sortit d'horribles gencives dans son dernier sourire.

-"Vous vous pouvez bien des questions, bien trop pour votre propre bien. Mais maintenant vous savez tout."
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Re: [Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Message par Friedrich Hadler » 07 août 2019, 14:55

La sorcière n’avait visiblement pas la même conception que Friedrich de la valeur de la vie et par-dessus le marché, d’une âme. Pourtant, le militaire n’était pas convaincu par ce que la vieille femme lui disait. Qu’importait l’avis des dieux sombres sur la question ? Au contraire, tout être sain d’esprit devrait plutôt s’inscrire en faux de ces monstres. Tenter de les écouter et de les comprendre ne pouvait mener qu’à la corruption, car au petit jeu de la manipulation, ces divinités persifleuses, séduisantes par leurs mensonges et leurs promesses, étaient toujours les plus malines à la fin. Et il n’était de plus guère étonnant qu’un dieu de violence pure préfère le chef d’un groupe armé, combattant souvent de front contre ses ennemis, plutôt qu’un artisan potier par exemple. Par contre, cela était plutôt inquiétant de savoir qu’il avait le regard d’un des dieux sombres sur lui.

Quant à l’avis Hadler, pour sa part, la question ne se posait pas. En quoi, parce qu’il serait un soldat, sa vie vaudrait-elle plus que celle d’une ménagère élevant ses trois enfants, par exemple ? Ou d’un médecin travaillant à sauver des vies ? Ou d’un agriculteur ? Il avait certes un rôle plus mis en valeur, moins ingrat et plus dangereux que ces derniers, mais il avait la conviction de ne pas valoir fondamentalement plus qu’eux. C’était d’ailleurs l’une des raisons de son engagement en tant que soldat : protéger les faibles et les sans défenses contre le mal, et non pas les sacrifier en bouclier humain pour sauver sa propre vie. Actant ce désaccord, le sergent ne relança pas et se contenta de sourire.

Concernant la rune magique, les informations que lui transmit la sorcière étaient plutôt rassurantes. Ce qui était une bonne chose. Si les nains avaient été capables de reconnaître l’arme de l’autre bout du champ de bataille, il aurait sûrement refusé. Là, la magicienne semblait confiante en ses capacités de camouflage de la chose. A vrai dire, sur le fond, l’idée de rendre illégale « Devoir » ne plaisait pas à Friedrich. Mais comme il l’avait déjà dit, il était prêt à prendre des risques pour sauver des gens. Ce n’était peut-être pas légal, mais si ça pouvait l’aider à sauver des innocents et à remplir sa mission, c’était Juste, et la bonne chose à faire. Sinon, comment aurait-il fait, dans le cas contraire, pour se regarder dans une glace s’il perdait la bataille pour avoir négligé un petit détail comme celui-ci ? Du point de vue de n’importe quel habitant ou personne sensée dans le village, leur vie valait mille fois mieux que l’application stricte de la loi.

La dernière phrase de la propriétaire de Chester lui arracha un sourire. Ce n’était pas la première fois qu’on le lui disait, et c’était probablement vrai, mais qu’y pouvait-il ? Chassez le naturel, il revient au galop. C’est pourquoi le sergent répondit :


–Sans doute, mais que voulez-vous, je préfère essayer de comprendre ce qui m’entoure plutôt que d’en subir les conséquences sans savoir pourquoi elles surviennent.

Puis il reprit, après une courte pause durant laquelle il rassembla ses esprits et se prépara à prendre une dure décision :

–Je préfère porter sur mes épaules la responsabilité d’avoir fait forger une rune illégale, plutôt que celle de n’avoir pas été capable de faire le nécessaire pour sauver une ville entière. Vous forgerez cette rune.

Et, sur ces mots, le soldat remercia la sorcière, la salua et sortit.
On peut passer au J15 si tu veux. Je donnerai les instructions pour le début du J15 au prochain post.
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Re: [Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Message par [MJ] Le Djinn » 13 août 2019, 21:31

Début du jour 15.
Le soleil se levait comme chaque jour, laissant ses rayons bienfaisants sur les tentes des soldats et les cabanes délabrées de Col-de-Ferlangen. Quelques nuages blancs coupaient parfois cette sourcer de chaleur et laissaient un froid glacial planer sur les humains et les nains présents. Chacun se couvrait alors d'une couverture de fortune, trop bien conscients que la caresse du froid était annonciatrice de bien pire encore. Pourtant au premier regard de Friedrich, passé le petit déjeuner, rien d'étrange ne se déroulait. Les soldats comme les paysans commençaient les travaux de la journée et la garde de nuit partait se coucher.

C'est vers neuf heures du matin qu'un cavalier solitaire se présenta. Son cheval, droit, fin et fier ne l'était pourtant pas autant que son cavalier. L'homme, d'un âge respectable, était habillé à la mode la plus impériale qui soit: la culotte bouffante, le veston en cuir et en laine serré, bardé de ceintures, sacoches et autres anicroches, sans parler de son chapeau plat aux plumes colorées vissé sur son crâne. Seul détail insolite: en guise d'armes il avait deux pistolets ainsi qu'une hache à une main, arme peu courante parmi la noblesse de l'Empire. Il descendit de cheval le plus adroitement du monde, s'épousseta le corps avec les paumes et lança à la volée:


-"Qui est le chef de compagnie ici?"

Après avoir retrouvé et salué Friedrich d'une poignée de mains virile, le noble daigna se présenter, avec ce ton doucereux mêlé d'une pointe de supériorité que savaient manipuler les nobliaux de Sigmar.

-"Ravi, sergent Hadler. Un sergent en guise de dirigeant de campement? Les temps doivent être bien sombres pour en arriver là. Mais je vois que vous vous en tirez bien, c'est une grande nouvelle.

Trève de mondanités. Je suis le second chambellan de sa Majesté Valmir von Raukov et je viens vous avertir du protocole à suivre pour son arrivée, en début d'après-midi. Quand les premiers cavaliers arriveront, vous et vos hommes vous mettrez en rang face à la colline, là au Nord. Les armes devront être au clair et les rangs bien larges car Sa Majesté souhaite inspecter vos hommes. Il se présentera face à vous, sur son cheval. Vous mettrez genoux à terre et lui présenterez votre épée, qu'il jugera. Ensuite il mettra pied à terre et vous pourrez embrasser son anneau, après quoi il vous donnera solennellement . A partir de là vous pourrez ordonner à vos hommes de reprendre leurs activités. La troupe de Sa Majesté s'installera ensuite pour la nuit."


Et il resta ainsi, en attente d'éventuelles questions, trépignant d'impatience de remonter sur son cheval pour repartir vers son seigneur. Friedrich était maintenant au courant: il ne couperait pas à l'inspection!
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Re: [Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Message par Friedrich Hadler » 17 août 2019, 16:05

Le grand jour était arrivé. Dans quelques heures maintenant, le comte électeur Valmir von Raukov allait passer inspecter les défenses de Col-de-Ferlangen. Cette perspective était à la fois grisante et stressante pour Friedrich Hadler. En tant que commandant de la place, avec Poigno Ertezi qui n’était apparemment toujours pas rentré, il lui incombait de s’assurer que tout se passe pour le mieux cette journée.

Soit-dit en passant, Hadler trouvait que l’absence de son ami et compagnon d’arme sergent commençait à être longue. Il ignorait si cela était un bon signe ou non, même s’il y avait forcément une forme d’inquiétude dans cette incertitude totale. En tous cas, cette absence impliquait qu’il devrait s’occuper seul de la venue de leur hôte de marque, de la construction des infrastructures, du recrutement et des défenses de la ville. De bien lourdes tâches que notre héros se faisait un devoir d’assumer.

Concernant les tâches habituelles, autrement dit la supervision des constructions et recrutements du jour, Friedrich utilisa ses ressources pour obtenir un maximum de bois. Il fallait garnir de pieux la première moitié des fossés creusés les jours précédents, ce dont se chargeraient les ouvriers précédemment affectés aux ouvrages défensifs. Dans le même temps, la zone de formation des soldats serait agrandie de manière conséquente, en doublant l’espace dédié à l’entraînement des soldats de front et des arquebusiers. Ces aménagements permettraient prochainement de former un maximum de nouvelles recrues dans les meilleures conditions. Dans ce contexte de grands travaux, les trente nouveaux ouvriers ne seraient pas de trop. Quinze d’entre eux iraient au nouveau moulin flambant neuf, le sixième. Les quinze autres s’occuperaient d’aménager les deux nouveaux terrains d’entraînement des soldats et le nouveau pas de tir pour l’entraînement des arquebusiers.

Quinze jours écoulés depuis son arrivée ici, c’était aussi la mi-parcours avant la date fatidique de la nuit des bêtes, où tout se jouerait. En regardant derrière lui, Friedrich put constater qu’il y avait eu beaucoup de chemin parcouru ! Parti de rien ou presque, il se retrouvait avec une production importante, des infrastructures nombreuses et capables de soutenir un recrutement massif. Ne manquaient plus que des soldats supplémentaires ainsi que quelques défenses en plus, et tout serait prêt pour accueillir les assaillants.

Outre sa symbolique de mi-chemin et la gestion courante, c’était surtout la visite de Valmir von Raukov qui rendait remarquable et exceptionnel ce quinzième jour. A ce propos, Friedrich Hadler était heureux de ne pas avoir été dérangé par le chat de la sorcière, Chester, cette nuit là. Il aurait besoin de toute sa fraîcheur pour apparaître sous son meilleur jour. Et il n’eut pas beaucoup à attendre pour entrer dans le vif du sujet… L’arrivée d’un unique cavalier, tôt le matin, annonça le début des choses sérieuses.

Le personnage était un noble impérial, probablement un membre de la suite du Comte Electeur. Vêtu à la mode mondaine et non d’une armure, l’homme était pourtant lourdement armé. Deux redoutables pistolets et une hache de guerre constituaient son attirail offensif. Les présentations furent brèves. Le visiteur, mené directement vers le sergent qui l’accueillit sobrement, s’annonça comme étant le second chambellan de Valmir von Raukov. C’était donc bien un homme de cour, comme l’avait supposé Hadler au premier regard. Evidemment, le Comte Electeur étant un combattant dans une province en guerre, même ses nobles les moins guerriers se devaient probablement de savoir se défendre. Celui-ci, en tout cas, paraissait capable.

C’est avec un profond respect teinté d’une pointe d’appréhension que notre héros répondit à son interlocuteur :


–Bien, merci, c’est très clair. J’ignorais que sa majesté le Comte Electeur allait passer une nuit ici, mais je ferai le nécessaire pour qu’il dispose des meilleurs quartiers disponibles dans cette modeste bourgade.

J’aurais une seule question, concernant l’arrivée du Comte et le passage en revue : puis-je laisser au moins quelques hommes en sentinelle pour éviter que la ville soit totalement sans défense à ce moment, ou dois-je réunir la totalité de mes effectifs pour l’accueillir ?


Sur le plan militaire, Friedrich pensait à inspecter lui-même ses hommes durant la matinée, pour s’assurer que leur présentation soit convenable, leurs uniformes corrects et leurs armes et armures lustrées. Mais il ne négligeait pas pour autant les défenses du lieu. Les hommes-bêtes pouvaient attaquer à tout moment, et il n’était pas question qu’ils puissent profiter de l’arrivée du dirigeant de la Province pour lancer un assaut, d’où la question au chambellan.


Récapitulatif affectations, constructions et recrutements au jour 15.

Au jour 15 :
Affectation des nouveaux travailleurs :
=>15 nouveaux travailleurs pour faire tourner le nouveau moulin
=>5 nouveaux travailleurs à la construction d’un nouveau terrain d’arquebusiers (20 bois)
=>5 nouveaux travailleurs à la construction d’un nouveau terrain de soldats (10 bois)
=>5 nouveaux travailleurs à la construction d’un nouveau terrain de soldats (10 bois)

Constructions lancées avec les anciens travailleurs :
=>80 travailleurs pour garnir la première moitié des fossés d’épieux (160 bois)

Recrutements lancés (ils seront donc disponibles dans 3 jours) :
=>2 arquebusiers.
=>2 soldats épée bouclier.

Soit au total :
+ Dépenses construction :
200 bois soit 950 ravitaillements et 10 bois.
+ Dépenses recrutement :
60 PO soit 6 ravitaillements.
40 PO soit 4 ravitaillements.
=> soit en tout 960 ravitaillements utilisés.

Reste à la fin du jour 15 (avant récoltes du jour) :
0 bois.
79 ravitaillements.
25 pièces d’or.
Au matin du J16, en comptant comme toujours les consommations, j’aurai donc normalement :
10 bois,
739 ravitaillements,
25 pièces d’or.
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*: profil avec armure (bonus des compétences non inclus)

Compétences :
• Sang-froid : Votre personnage a ce qu'on appelle des «nerfs d'acier». Il sait rester maître de lui-même dans les situations les plus dangereuses. Bonus de +1 sur n'importe laquelle de ses caractéristiques lors de la réalisation d'une action dans un climat de stress et de tension mentale.

• Coups puissants : augmente les dégâts occasionnés à ses adversaires de + 1D3 pts de dégâts.

• Autorité : bonus de +1 lorsque, confronté à des militaires, il essaye de faire prévaloir son autorité, ses ordres etc.,

• Arme de prédilection : épées à une main : Bonus de +1 en ATT lorsqu'il en utilise en combat. Par contre, lorsqu'il utilise une autre arme que son arme de prédilection, il reçoit un malus de -1 en ATT et en PAR pendant les 1D3 premiers combats qu'il livrera avec cette arme, le temps qu'il s'y adapte.

• Alphabétisation : Votre personnage est capable de lire et d'écrire les langages utilisant l'alphabet du vieux monde s'il comprend ce langage.

• Langage secret : jargon de bataille : Votre personnage sait parler le jargon des batailles.

• Anticipation : Votre personnage, au combat, arrive à prévoir les réactions d'un ennemi. Pour analyser le style de combat de son adversaire direct, il lui faudra 2 rounds entiers. A partir du 3ème round, cette compétence lui permet d'avoir un bonus de +1 en ATT et en PAR contre ce seul adversaire. (Pour bénéficier de ce bonus contre un autre adversaire, il lui faudra l'avoir combattu pendant au moins 2 rounds)

• Adresse au tir (arcs) : +1 en TIR avec un arc.

• Volonté de Fer : Votre personnage se révèle être particulièrement très résistants à la peur, aux attaques mentales et à tout ce qui pourrait tenter de briser sa volonté. Il obtient +1 aux tests pour résister à un contrôle mental, à la peur etc…

• Parade : Double les points de parade de l'arme ou du bouclier utilisé.

• Coriace : Diminue de 1D3 les dégâts subis (jusqu'à un minimum de 1).

•Réflexes éclairs : +1 aux test INI en réaction à la surprise.


Equipement de combat : • Devoir (épée à une main) (18 +1D10, 12 Parade) Les morts-vivants, les démons etc… Que la lame touche subissent 1d6 dégâts de plus
• Bouclier d'acier (6+1d6 dégâts, 16 parade)
• Epée à une main (16 +1D8, 12 Parade)
• Cotte de mailles (9 protection, tout sauf tête -1 HAB, ATT et PAR)
• Arc court (26+1D8, -2 TIR/16 m)

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[MJ] Le Djinn
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Re: [Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Message par [MJ] Le Djinn » 24 août 2019, 15:05

L'atmosphère était étrange cette mâtinée là. Les paysans bêchaient avec plus d'ardeur, les bûcherons frappaient avec davantage d'entrain, les moulins tournaient plus vite et les soldats essayaient de se rendre à peu près beau via toutes les méthodes possibles. Même les prostituées avaient fermées leurs portes pour faire une journée lessive avec les lavandières. La venue du Come-Electeur était connue et sa terrible réputation de meneur d'hommes impitoyable l'accompagnait, aussi personne ne voulait être pris en flagrant délit de manquement, réel ou injustifié, sous son regard. Les meules des forges naines tournaient à plein régime pour aiguiser les lames émoussées des soldats, des artisans au talent incertain recousaient ou retapaient les bottines et tenues militaires afin de donner une cohérence à leur livrée initialement noire et blanche mais devenue un mélange de gris et de brun avec les affrontements et la vie nomade.

Le chambellan, qui se nommait Heleim von Saltaken, comme il l'expliqua ensuite, valida la mise en place de sentinelles pendant l'inspection, même s'il se doutait qu'elles seraient inutiles grâce à l'escorte armée du dirigeant. L'inspection du matin se déroula en bon ordre cependant: les hommes étaient rasés pour la plupart, avaient fait leur possible pour être propres, pour laver leurs habits et somme toute être présentable.

Bien sûr comme dans chaque troupe il y avait des éléments perturbateurs. Michel et Thomas, inséparables têtes de pioches, étaient mal vêtus et faisaient les pitres durant le rassemblement, il fallut les calmer à grands coups de gueule sous le regarde inquisiteur du noble chambellan. Mis à part les handicapés lourds et cinq soldats en patrouille, tous étaient présents: La grande quinzaine de soldats réguliers, une vingtaine de miliciens et une dizaine d'arquebusiers, pisteurs et piquiers. Une petite force de frappe digne d'une unité et qui était en progression d'effectifs constante.

Les éclaireurs de la garde pointèrent vers midi. Bientôt ce fût une véritable armée qui descendit de la colline: des rangs de nobles chevaliers en armures grises bosselées, des chasseurs légers sur des étalons fins, arcs en bandouillères, des escadrons de soldats d'élites armées des fameuses lames à deux mains ainsi que de puissantes haches de guerre. Derrière eux une floppée semi-organisée de miliciens, de mercenaires et de soldats formaient une arrière-garde importante. Et en dernier un nombre conséquent de caravanes et de chariots fermaient la marche, protégés par des traqueurs à cheval, armés de lance et d'épées. A vrai dire ils avaient probablement plus que doublé le nombre d'habitants de Col-De-Ferlangen en y venant. Un peu après la première venait le Comte-Electeur et son escorte personnelle. Le soleil tenait son corps dans l'ombre. Il était grand, puissant et était juché sur un énorme destrier à l'allure redoutable et quasiment nordique.

Il s'arrêta à vingt mètres du sergent au garde-à-vous avec ses hommes. Il donna quelques ordres à la volées et toujours sur sa monture, avança vers notre héros. L'homme était immense, redoutable, vêtu d'une armure aux influences autant nordiste qu'impériales, faites de plaques lourdes et bien agencées aux robustes détails d'acier doré. De larges épaules complétaient l'armure corporelles, représentant des visages de taureaux rouges et noirs. Le plus intéressant cependant était son visage dont on voyait bien qu'il ne correspondait pas à l'ostlandais typique. Il était légèrement jaune, les yeux doucement dessinés en amande, des moustaches longues et tombantes telles que les occidentaux n'en avaient jamais, un nez aquilin et des petites oreilles cachées par un casque aux influences inconnues de Friedrich, tout en pointe et en fourrure, un crâne au-dessus du front indiquant la dimension impériale de son propriétaire.
A son flanc, fier et puissant, battait son épée légendaire: Fendeur de Cervelles, le Croc Runique, qui lui permettait mille miracles si on en croyait les légendes. Des pistolets de grande qualité paraient sa ceinture et un arc de qualité incroyable était accroché dans son dos, complétant l'arsenal du guerrier parfait.

Oui, noble, fier et puissant, tel était Valmir von Raukov, Comte-Electeur de l'Ostland.

Du pas lourd de son destrier, laissant sa garde personnelle observer de loin les événements, il s'approcha de Friedrich, le fixant d'un air aussi curieux qu'inquisiteur. Conformément au protocole, Hadler posa genou à terre et lui présenta son épée encore au fourreau. Le noble se pencha pour la récupérer, la sortit de sa prison de cuir et l'observa sous tous les angles avant de la rengainer et de la rendre à son légitime propriétaire. Sans aucun autre commentaire, il descendit de selle et présenta une bague d'or surmontée d'un rubis taillé au sergent, qui l'embrassa comme le voulait la tradition. Laconique et austère, la voix grave de Valmir ordonna:


-"Lève-toi, fils de l'Ostland."

Devant tous les hommes en rang et l'armée qui attendait derrière, von Raukov retira son gant droit et serra virilement le poignée d'Hadler. Le temps que l'ensemble dure des ouvriers avaient déjà installés une grande tente semblable à une yourte aux couleurs noire et blanche.

-"Venez, sergent d'armes, nous avons à parler."

Il donna quelques ordres brefs pour qu'on s'occupe de sa monture mais l'organisation militaire de son armée semblait tenir autant à la discipline qu'à l'habitude. Quelques secondes plus tard ils arrivèrent au centre de la tente royale où l'entrevue se tiendrait. Une simple chaise était posée car les serviteurs et soldats étaient encore en train d'apporter le mobilier, du vin et des vivres. Le Comte s'assit confortablement, laissant son vassal debout.

-"Je demande un rapport complet de la situation, vos estimations quant au nombre de vos hommes, de vos ennemis et les grands événements qui ont eu lieu depuis que vous êtes en poste. N'épargnez aucun détail."
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Re: [Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Message par Friedrich Hadler » 27 août 2019, 15:22

La visite du Comte Electeur de l’Ostland, grand prince d’Ostland, Margrave de la Marche Septentrionale, Marteau de l’Est… Rien que cela. C’était ce que vivait Friedrich Hadler, pourtant simple sergent de l’armée de la province. Pour se préparer à accueillir un tel visiteur, les formes avaient été mises. Bien souvent, l’aide du second chambellan Heleim von Saltaken se révéla précieuse, pour des questions de protocole ou d’organisation notamment. En effet, issu d’ascendance relativement aisée, mais du peuple, notre héros ne connaissait pas les règles de l’étiquette. Même s’il était vrai que la guerre assouplissait drastiquement les convenances et que Valmir von Raukov avait la réputation d’un homme qui aimait qu’on aille droit au but, il ne faudrait pas commettre d’impair. Surtout vis-à-vis aussi respecté et admiré par Friedrich.

L’excitation montait à mesure que les heures passaient. Chacun se préparait, sous la supervision énergique et de plus en plus vive du sergent, signe que l’appréhension montait en flèche chez lui. Tout devait être le plus parfait possible, il était hors de question de passer pour un rustre impoli, un malotru, ou, pire encore, pour un incompétent. Fort heureusement, l’écrasante majorité du village semblait partager ses vues. A Col-de-Ferlangen, tous se mettaient sur leur trente-et-un, et plus particulièrement les soldats. Seuls quelques éléments perturbateurs comme Thomas et Michel, prenaient la chose à la légère. C’était de bons gars, mais peu portés sur le sérieux et la rigueur, et si leur bonne humeur était en règle générale salutaire pour le moral dans ces temps noirs, là, elle risquait au contraire de leur attirer les foudres de leur commandant en chef et de jeter le discrédit sur l’unité entière. Une bonne engueulade bien sentie les remit dans le droit chemin, et pour bien faire les choses, ils furent collés à la garde : de cette manière, ils ne pourraient pas faire mauvaise impression.

Ce fut un peu après midi que le Grand Prince d’Ostland et sa garde arrivèrent. Et quelle garde ! Une véritable armée se déplaçait avec le Comte Electeur, confirmant sa réputation de guerrier. Allait-il lui-même participer à la bataille principale qui aurait lieu un peu plus au Nord, à Ferlangen ? C’était plus que probable, mais en attendant, il visitait les garnisons sécurisant les flancs de la grande ville, dont Col-de-Ferlangen.

Valmir von Raukov était un homme atypique et impressionnant physiquement, à la hauteur de sa réputation. Vêtu en combattant, il était l’image même que l’on se faisait d’un chef de guerre. Pour Friedrich Hadler, c’était un grand moment d’émotion que d’accueillir un héros de cette trempe. Ses origines n’étaient probablement pas toutes ostlandaises, peut-être y avait-il du sang de nomade kislévite ou d’au-delà dans les veines du Comte, mais son cœur, lui, était indéniablement acquis à sa province.

Friedrich Hadler tenait à ce que tout soit parfait, aussi respecta-t-il à la lettre le protocole que l’on lui avait enseigné, ainsi que les usages militaires en vigueur. Quelle fierté pour lui lorsque tout se déroula comme prévu ! Sans compter les mots élogieux du Comte Electeur à son égard, qui le touchaient droit au coeur ! Ce à quoi il ne s’était pas attendu, en revanche, c’était à la suite. Le sergent n’aurait pas imaginé pouvoir parler stratégie avec le dirigeant d’une province entière. Par rapport à la gestion de son simple village, qui lui paraissait déjà horriblement compliquée, Valmir von Raukov était dix niveaux au dessus de lui ! Il gérait l’équivalent d’un douzième de l’Empire, rien que cela, et ce douzième était de surcroît en grand danger, menacé tant par les chaotiques que par ses voisins. C’est dans une tente luxueuse qui tiendrait lieu de « conseil de guerre » que les discussions auraient lieu. Comme l’on apportait le mobilier petit à petit, le sergent exposerait la situation à son supérieur sans support, pas même une table avec une carte ou des documents à présenter.

Quoi qu’il en fut, bien que pris au dépourvu, notre héros avait de la ressource. En effet, bien organisé, il tenait un tableau qu’il annotait quotidiennement retraçant les évolutions de ses ressources, effectifs et infrastructures. Il l’avait consulté pas plus tard que le matin même, pour donner ses instructions aux travailleurs, comme il le faisait chaque jour. Cela l’aiderait grandement dans son exposé, d’autant plus que ces chiffres l’obnubilaient depuis un certain temps. Pas en tant que chiffres, mais pour ce qu’ils représentaient : des êtres humains, des problèmes, des solutions. Auraient-ils assez d’hommes pour tenir ? Les ressources seraient-elles suffisantes ? Il y avait beaucoup d’inconnues pour le sergent, mais si une chose ne lui était pas inconnue, c’était bien la connaissance de ses propres forces et faiblesses. Se connaître soi-même et son régiment, c’était déjà un grand avantage. De plus, il avait une vision claire et précise de là où il voulait aller, et de comment il comptait faire pour y parvenir.

C’est donc après une brève réflexion et non sans une once de fierté maîtrisée que le sergent Hadler répondit :


–Bien votre altesse.

Lorsque moi et mon camarade le sergent Poigno Ertezi sommes arrivés ici, il y a de cela quinze jours exactement, le 5ème régiment de la 3ème division d’infanterie comptait exactement trente soldats, tous des épéistes.

Le village était alors sous le commandement civil d’un répurgateur nommé Ornevin d'Oëstrof, qui commandait en tout et pour tout une quarantaine de miliciens. Quelques nains étaient -et sont encore d’ailleurs- toujours en ville, où ils tiennent une forge.

Nous avons décidé de nous concentrer sur notre mission principalement. Nous avons construit d’abord des bâtiments essentiels au recrutement, à l’équipement et à la formation de soldats. Mais il ne fallait pas négliger non plus le facteur moral qui était à l’époque très bas, ni, surtout, le problème du ravitaillement. C’est pourquoi nous avons bâti de nombreux moulins et édifices agricoles pour soutenir la population, ainsi que des bâtiments religieux et des baraquements en dur pour les soldats.

Au troisième jour je crois, avec deux soldats, j’ai décidé de me rendre au village voisin d’Astrona, où l’on trouvait des mines de fer. J’espérai pouvoir m’y procurer de la poudre noire en quantité, chose que nous n’avions pas à Col-de-Ferlangen. Nous avons été attaqués en chemin par des hommes d’un bandit d’origine kislévite se faisant appeler le Grand Bolstoï qui sévit dans la région. Nous avons pu avoir le dessus sur nos assaillants, et avons atteint Astrona, où la situation était critique, presque tous les mineurs du village ayant disparu. Avec l’aide d’un groupe disparate d’aventuriers que je recrutais, nous avons pu les secourir. Ils avaient été attaqués et capturés par un groupe de rats géants bipèdes qu’un nain du groupe semblait connaître et a appelé « skavens ». Il ne fut pas simple de les vaincre à cause de leur nombre, et malheureusement, je ne pouvais rester là-bas pour sécuriser la mine en oubliant ma mission. Les villageois d’Astrona, conscients de ne plus être en sécurité, ont donc décidé de me suivre.

La mine est donc fermée, mais j’espère que l’on pourra la rouvrir si nous survivons aux évènements de la Nuit des Bêtes. Quoi qu’il en soit, j’avais donc davantage d’hommes, de ressources et de main d’œuvre sous ma responsabilité. J’en profitais pour intensifier mon recrutement et mes constructions.

Suite à mon retour au village, au sixième jour, le camp de défrichage qui nous fournit du bois a été attaqué. Heureusement, nous avions prévu cette attaque et préparé un piège, qui nous a permis d’infliger d’avantage de pertes que nous en avons subi. Neuf gors ont trouvé la mort dans l’attaque, contre quatre bûcherons et deux soldats.

Au septième jour, hélas, nous apprîmes la mort du père d’Oëstrof. Celui-ci avait profité de mon absence quelques jours plus tôt pour lancer avec cinq de ses miliciens une opération en forêt sans attendre les pisteurs qui étaient en formation. Ils sont tombés dans une embuscade et sont tous morts.

Le moral du village ayant été fortement impacté suite à ces deux attaques coup sur coup, j’ai estimé urgent de réagir. Avec un forestier comme guide et quelques hommes d’élite, nous avons tenté une expédition punitive. L’objectif était surtout de remporter une victoire de prestige en terrain ennemi pour montrer à la population et aux hommes que rien n’était perdu, que nous pouvions gagner. L’opération s’est soldée par une belle réussite : huit ungors et deux gors tués, contre une seule perte de notre côté. Nous sommes ensuite rentrés en prenant le soin de commencer à poser des pièges dans la forêt pour tuer un maximum de ces bêtes sans avoir à les combattre. A partir de ce moment, le moral est remonté en flèche. Les gens croyaient de nouveau en nous, l’espoir renaissait, la victoire leur semblait possible.

Dans les jours qui ont suivi, nous avons terminé la grande phase de constructions civiles destinées à nous soutenir dans notre effort de guerre. Commerçant, pigeonnier, moulins, forges,… Une grande vague de recrutement d’ouvriers a accompagné cette montée en puissance de production.

Profitant de l’accalmie, mon camarade le sergent Poigno Ertezi, commandant avec moi le régiment, a pris avec lui cinq miliciens locaux et s’est lancé à la poursuite du Grand Bolstoï. Il estimait que sa capture serait un grand plus pour le moral, et pourrait sans doute même nous apporter plus, peut-être en termes de ressources ou d’équipement. Il est parti au neuvième jour. Trois jours plus tard, sans nouvelles de lui, et ne pouvant y aller moi-même en tant que seul dirigeant restant au village depuis la mort d’Ornevin, j’envoyais le groupe d’aventuriers à sa recherche. A ce jour, je n’ai aucune nouvelle d’eux, mais leur mission étant potentiellement longue, j’espère qu’il ne leur est rien arrivé.

La nuit précédant le douzième jour, alors que je pensais commencer à entrer dans une phase de développement militaire principalement, nous avons subi de la part des hommes-bêtes une attaque d’une ampleur inégalée jusqu’alors. Cinquante ungors, vingt gors, et quatre chiens du chaos. En tout, un effectif égal voire légèrement supérieur à la totalité de mes troupes.

Les combats furent âpres et très rudes, mais, Sigmar soit loué, grâce à la bravoure de nos combattants, nous avons pu vaincre au prix de nombreux morts et blessés. L’ennemi l’a payé encore plus chèrement. De notre côté, cinq soldats et six miliciens sont morts. Sept autres soldats ont été handicapés, ainsi que deux miliciens. Du côté ennemi, près de quarante morts, dont une bonne partie des gors.

Aujourd’hui, nous avons lancé une politique de recrutement militaire et de construction de défenses fixes sur le futur champ de bataille, cette large bande de terrain découvert entre la forêt et la ville.

Actuellement, je dispose de deux cent ouvriers, répartis de la manière suivante : 10 travaillent au camp de défrichage, 90 aux travaux agricoles pour nourrir tout le monde et produire un large excédent dont la vente est très utile et constitue notre ressource principale, et les 100 autres à la construction d’ouvrages défensifs ou de terrains d’entraînement militaires.

Militairement, mes effectifs actuels sont exactement de 26 épéistes réguliers, dont 7 handicapés, 2 piquiers réguliers, 27 miliciens dont 2 handicapés, 7 pisteurs archers spécialisés dans les opérations en forêt, et deux arquebusiers fraîchement formés.

Toutefois, j’attire votre attention sur le fait que ces chiffres incluent les 5 miliciens actuellement partis avec le sergent Ertezi, mais pas le groupe d’aventuriers ou les quelques alliés annexes qui pourraient nous aider volontairement lors de la Nuit des Bêtes, comme par exemple les nains du village.

A cela s’ajoutent les soldats actuellement en cours de formation accélérée, à savoir 2 arquebusiers, 2 épéistes, 2 piquiers et 1 pisteur supplémentaire.

Nos capacités actuelles de formation nous permettent en moyenne de former et d’équiper 4 soldats réguliers, 2 arquebusiers et 1 pisteur en l’espace 3 jours. Mais d’ici deux jours, nous aurons doublé cette capacité.

D’ici la nuit des bêtes, si tout se passe comme prévu, nous aurons donc recruté en plus une cinquantaine de soldats réguliers supplémentaires, dont un peu moins de deux tiers d’épéistes et de piquiers, le reste d’arquebusiers et de pisteurs. A cela, il faut ajouter un recrutement ponctuel que je ferai au dernier moment, avec toutes les ressources qu’il me restera, pour faire venir des chevaliers et des joueurs d’épée.

Au total, notre production totale quotidienne actuelle est de 10 ou 11 troncs par jour et 990 rations de nourriture, notre consommation de nourriture étant actuellement de 326 rations par jour. Nous produisons donc en large excédent, ce qui est une bonne chose étant donné la pénurie globale de nourriture dans la région, nous permettant de vendre à prix d’or nos denrées et d’acquérir les ressources en bois et en or nécessaires au recrutement et à l’édification de défenses. Pour l’instant, la partie excédentaire peut vous paraître disproportionnée, mais soyez certain qu’elle est absolument indispensable si on regarde les projections.

Concernant mes défenses, je suis contraint par mes ressources et par le temps. Il me serait impossible de construire un mur, même sur une portion réduite du village, ça épuiserait toutes mes ressources. Je vais donc me contenter d’un réseau de fossés garnis d’épieux pour couper les charges de l’ennemi et le bloquer, avec des passages entre pour les canaliser et limiter leur éventuelle supériorité numérique. De plus, on pourra y enterrer de la poudre pour les piéger et faire tout sauter si nécessaire. Le tout sera couvert par quatre tours renforcées aux extrémités des deux fossés, d’où les tireurs avec les armes les plus puissantes à tir tendu, notamment les arquebusiers, pourront ouvrir le feu sur l’ennemi avec une bonne ligne de vue même une fois les armées engagés au corps à corps, et bénéficieront d’une protection maximale par rapport à ce que l’on peut leur offrir.

Ces défenses étant longues et coûteuses à préparer, à mesure qu’elles avanceront, je réaffecterai les ouvriers constructeurs surnuméraires à davantage de moulins et de tâches agricoles, de manière à pouvoir conserver un excédent et donc nourrir tous les nouveaux arrivants et garder un bénéfice le plus important possible pour embaucher un maximum de chevaliers et joueurs d’épée, ou à défaut de mercenaires, avant la bataille finale.

A titre d’information, je vous précise également que le groupe d’aventurier que j’ai recruté comporte une magicienne impériale, qui nous sera sans doute très utile notamment si l’ennemi dispose lui de chamans.

Voilà, j’ai essayé d’être le plus complet possible, mais si vous avez des questions, n’hésitez pas, votre altesse.


L’exposé avait été long, mais c’était normal et nécessaire. Friedrich avait essayé d’être précis, sans entrer trop dans des précisions inutiles, et avait volontairement, sans pour autant mentir, éludé certains points qu’il jugeait sans intérêt pour le Comte Electeur et dangereux pour lui.
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• Sang-froid : Votre personnage a ce qu'on appelle des «nerfs d'acier». Il sait rester maître de lui-même dans les situations les plus dangereuses. Bonus de +1 sur n'importe laquelle de ses caractéristiques lors de la réalisation d'une action dans un climat de stress et de tension mentale.

• Coups puissants : augmente les dégâts occasionnés à ses adversaires de + 1D3 pts de dégâts.

• Autorité : bonus de +1 lorsque, confronté à des militaires, il essaye de faire prévaloir son autorité, ses ordres etc.,

• Arme de prédilection : épées à une main : Bonus de +1 en ATT lorsqu'il en utilise en combat. Par contre, lorsqu'il utilise une autre arme que son arme de prédilection, il reçoit un malus de -1 en ATT et en PAR pendant les 1D3 premiers combats qu'il livrera avec cette arme, le temps qu'il s'y adapte.

• Alphabétisation : Votre personnage est capable de lire et d'écrire les langages utilisant l'alphabet du vieux monde s'il comprend ce langage.

• Langage secret : jargon de bataille : Votre personnage sait parler le jargon des batailles.

• Anticipation : Votre personnage, au combat, arrive à prévoir les réactions d'un ennemi. Pour analyser le style de combat de son adversaire direct, il lui faudra 2 rounds entiers. A partir du 3ème round, cette compétence lui permet d'avoir un bonus de +1 en ATT et en PAR contre ce seul adversaire. (Pour bénéficier de ce bonus contre un autre adversaire, il lui faudra l'avoir combattu pendant au moins 2 rounds)

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Equipement de combat : • Devoir (épée à une main) (18 +1D10, 12 Parade) Les morts-vivants, les démons etc… Que la lame touche subissent 1d6 dégâts de plus
• Bouclier d'acier (6+1d6 dégâts, 16 parade)
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Re: [Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Message par [MJ] Le Djinn » 29 août 2019, 20:18

Rapidement après le début du discours de Friedrich des servants apportèrent au noble une table et de quoi écrire, ce qui fût sans doute bien utile! Trempant la plume de cygne dans l'encre le comte prenait des notes sans lâcher pourtant le sergent de ses yeux mi-clos. Sa main transcrivait automatiquement ce qu'il entendait, permettant au supérieur hiérarchique d'interroger dans le même temps son subordonné sur un point de détail, de répéter un point, d'approfondir un passage. Il souhaitait tout savoir, jusqu'à la direction des épieux et l'état de santé des habitants locaux! Toujours son ton était grave et sa voix laconique. Les seules phrases qui s'échappaient de sa bouche étaient courtes, tranchantes comme des lames, n'admettant aucune remise en question. A la fin de l'exposé, alors qu'on le mobilier était pratiquement installé dans son ensemble et qu'une corbeille de viande fumée accompagnée de raisins verts trônait sur la table, il appela sa garde personnelle à l'extérieur de la tente.

-"Bien. DIETER! HEINRICH!"

Deux hommes se présentèrent dans la livrée noire et blanche de l'Ostland frappée d'un taureau rouge. Deux puissants gaillards aux teints tannés par le soleil, aux mines patibulaires mais aux protections de qualité naines, serrant dans leurs mains des hallebardes ouvragées. Sèchement, von Raukov pointa du doigt notre héros puis tourna son bras vers l'extérieur dans un geste violent.

-"Procédure habituelle."

Les hommes entourèrent rapidement le sergent. Le dénommé Dieter envoya:

-"Suivez-nous sans faire d'histoires."

En sortant Friedrich put constater qu'un véritablement camp s'était construit autour de lui en un temps record. Les tentes parsemaient la pleine et les nécessités communes étaient déjà prêtes à l'utilisation. Les deux soldats d'élite l'emmenèrent jusqu'à une petite tente très exiguë non loin, là il serait presque enfermé, la tente était clouée au sol.

-"Retournes-y, Heinrich, j'vais garder notre invité. Z'avez soif, sergent?"

Isolé dans sa cellule de toile, inconscient du monde extérieur dans l'obscurité du tissu, le seul sens sur lequel Hadler pouvait compter était son ouïe, ce qui ne l'aidait guère dans le brouhaha constant du campement qui finissait de s'assembler. Dieter revint quelques secondes plus tard un verre rempli de vin et un pichet qu'il déposa sur la terre meuble.

-"Z'inquiétez pas, ça va prendre une petite heure et on reviendra vous chercher. Le Comte veut vérifier quelque chose."

Effectivement une heure environ passa bien lentement dans cette prison improvisée. Rien de bien intéressant n'avait lieu à l'extérieur si ce n'est un cheval qui écrasait le pied d'un soldat ou un cuisinier qui hurlait après un rat chapardeur. Après cette interminable attente Heinrich et Dieter réapparurent à la "porte", se dépêchant de ramener notre héros dans la tente de commandement. Valmir n'était plus seul, un homme habillé à la dernière mode impériale et écrivant sur un bout de parchemin qu'il tenait plaqué contre la table se tenait à ses côtés. Le noble dégustait un grand vin dans une coupe en bronze et en acier.

-"J'ai interrogé vos hommes sergents, ils m'ont dit bien des choses sur vous. Maintenant j'ai une autre question pour vous: quelle sera votre tactique durant la Nuit des Bêtes?"
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Re: [Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Message par Friedrich Hadler » 30 août 2019, 14:55

Tandis que le sergent Hadler développait son exposé, des serviteurs apportaient divers meubles, objets et autres denrées dans la tente seigneuriale. Cela était très perturbant, et il fallut un grand sang-froid à notre héros pour garder sa concentration et ne pas se perdre. De même, il était étrange pour Friedrich de voir ses propos religieusement écoutés et notés par quelqu’un d’aussi important que le Comte-Electeur Valmir von Raukov en personne. Cette pression était d’autant plus présente qu’il avait un grand respect pour son supérieur, l’un des plus éminents personnages de l’Empire, presque son chef suprême. Ledit chef se montra d’ailleurs très pertinent, bien que sans concession. Du point de vue de notre héros, un tel souci du détail prouvait que l’homme était un chef de guerre avisé. Von Raukov savait sans aucun doute possible que le diable se cachait dans les détails, et que la moindre chose négligée pouvait lui faire perdre la bataille... Et perdre Col-de-Ferlangen, au-delà de la ville en elle-même, c’était exposer les flancs de Ferlangen, lieu où se déroulerait l’affrontement principal. Il y avait probablement chez le Comte-Electeur la volonté de tester son subordonné, de voir s’il était compétent et s’il avait bien tout fait comme il le fallait. Bien sûr, Friedrich n’était pas parfait, il en avait lui-même conscience, mais il trouvait, à priori, qu’il s’en était somme toute plutôt bien tiré.

Finalement, l’épreuve terminée, le sergent se vit sèchement congédié par le Grand Prince d’Ostland. Encadré par Dieter et Heinrich, deux hallebardiers d’élite protégés par les fameuses armures de plates complètes naines, Friedrich se mit au garde à vous et salua son chef d’un « Votre altesse » respectueux, avant de sortir avec ses deux gardiens. Si le ton et la gestuelle de ce dernier avaient été violents, de même que le fait de se voir escorté par deux gardes intimidants et à l’air patibulaire pouvait être inquiétant, une chose, deux mots du Comte, rassurèrent grandement notre homme. « Procédure habituelle ». Habituelle. Ce n’était donc probablement pas une arrestation suite à une quelconque incompétence ou faute de sa part, simplement quelque chose de normal, d’habituel. C’était rassurant, même s’il restait toujours une pointe d’inquiétude.

En sortant avec Dieter et Heinrich, le sergent Hadler put constater que, comme l’intérieur de la tente princière qui s’était bien garni au cours de la dernière heure, l’armée du Comte n’avait pas chômé non plus à l’extérieur. Dans ce qui avait été quelques heures auparavant encore une vaste plaine, avaient poussé des dizaines, des centaines de tentes, sortant de nulle part comme des champignons ! Cet aperçu fut cependant fugace, il ne dura guère que le temps qu’on l’amène dans une petite tente fermée et totalement isolée du reste du monde, quelques mètres plus loin.

La tente était austère, sombre. Le tissu était épais, lourd et presque totalement opaque. Seuls les sons le traversaient, et encore, ils étaient atténués, modifiés. L’ambiance semblait presque conçue pour le mettre mal à l’aise. Et il y avait de quoi l’être ! Sur un simple ordre de Valmir von Raukov, Friedrich Hadler pourrait être dégradé, chassé de l’armée voire même exécuté ! Fort heureusement, le nommé Dieter se montra amical. Il était assez drôle de constater qu’un soldat d’exception comme lui, sans doute un maître dans le maniement des armes, n’était en fait qu’un soldat, d’un grade probablement inférieur au sien, à en juger par la manière dont il l’appelait. Mais Friedrich ne s’y trompait pas pour autant : tout sergent qu’il fût, ces deux militaires étaient sous les ordres directs du Comte-Electeur, et avaient probablement été triés sur le volet pour cette mission. Il n’aurait aucune autorité, aucun contrôle sur eux, et ne tenterait même pas de faire valoir ses prérogatives. On ne rigolait pas avec ces types, c’était du sérieux, du lourd.

Conscient de cela, c’est toutefois avec une reconnaissance non feinte que le sergent Hadler répondit à son désormais unique gardien, Dieter :


–Oui, très volontiers, merci. Ca n’est pas de refus, après avoir tant parlé, j’ai la gorge sèche.

Sans doute habitué à voir la peur ou le stress sur les visages de ceux qui se retrouvaient là, le garde d’élite rassura un peu Friedrich en lui expliquant ce qui allait se passer. C’était toujours bon de savoir ce qui se passait, car l’une des choses qui faisaient paniquer, qui provoquait la peur, c’était justement l’inconnu. Dès lors qu’il en savait un peu plus, la raison pouvait reprendre le dessus sur l’imagination, et rationaliser les peurs. C’est donc avec soulagement que notre héros remercia une nouvelle fois son geôlier temporaire pour ses informations.

L’attente fut longue. Au début, Friedrich resta debout, se servant une longue rasade de vin rouge qu’il avala d’un trait pour se calmer un peu. Le plus dur était fait, sa conscience était tranquille, se répétait-il sans cesse mentalement pour se rassurer. Malgré tout, il y avait pourtant au fond de lui cette insupportable pointe d’appréhension, cette peur d’avoir mal fait, d’être jugé négativement par son supérieur. Après cinq minutes environ, il se calma et décida de s’asseoir. Etre resté debout presque immobile durant son exposé avait été fatigant, plus mentalement que physiquement d’ailleurs. Il se resservit d’ailleurs, mais cette fois-ci, ce n’était plus dans le but d’étancher sa soif et de prendre un remontant. Non. De toute façon, pensa-t-il, il devrait attendre, et il ne pouvait rien y faire. Quitte à attendre, autant se mettre à l’aise –du moins autant que faire se pouvait dans une tente dépourvue de mobilier- et profiter du peu de confort qu’on lui avait accordé. Le temps était venu de tester ce petit vin rouge. Presque scientifiquement, comme le faisaient certains spécialistes dont il n’était pas, mais qu’il avait vu faire dans le commerce viticole, il commença par examiner le contenu de son verre sous tous les angles, autant que la faible luminosité le lui permettait. Après un certain temps, il le fit tourner dans son verre et approcha le breuvage de son visage afin d’essayer d’en saisir toutes les nuances olfactives. Puis, enfin, il en prit une petite gorgée, qu’il prit le temps de mâcher, pour que le nectar de vigne révèle toutes ses saveurs. Normalement, les gouteurs professionnels crachaient le vin après cela, mais Friedrich ne lui fit pas cette insulte. De toute façon, il n’avait pas de crachoir à disposition. Notre héros prit cependant soin de boire avec modération : il valait mieux ne pas être saoul ou même simplement éméché lorsqu’il devrait retourner devant le Comte.

Lorsque ce temps arriva, Valmir von Raukov n’était plus seul. Un autre noble était présent, écrivant quelque chose sur un parchemin. Contrairement au Comte Electeur, ce dernier était vêtu de manière mondaine. L’attention de Hadler se reporta bien vite sur son Grand Prince quand celui-ci lui indiqua avoir interrogé ses hommes. « Bigre ! » Pensa Friedrich. Qu’avaient-ils bien pu dire ? Il espérait que ce n’était pas trop négatif, même s’il ne voyait pas trop ce qu’il aurait à se reprocher là- dessus. Dans tous les cas, à titre personnel, il appréciait la démarche. Il aurait été facile à un commandant véreux ou mauvais de se faire passer pour un bon simplement en maîtrisant le verbe et l’art de la démonstration sans cela. Mais avec quelqu’un d’aussi méticuleux que Valmir von Raukov, impossible de bluffer. Qu’un dirigeant de province prenne le temps d’interroger personnellement les troupes de ses subordonnés était un signe de son implication totale pour sa province. Oui, sans doute, c’était un grand chef.

La question suivante portait sur la tactique qu’il envisageait en prévision de la Nuit des Bêtes. Bien sûr, il avait déjà réfléchi longuement à cela. A vrai dire, il ne pensait presque qu’à cela, toute la dimension stratégique de son projet tendait uniquement vers ce simple but : lui permettre de remporter cette bataille. Pour exposer plus clairement ses projets à son interlocuteur, le sergent demanda quelque chose pour y griffonner un plan schématique.

Schéma de Friedrich :
Image


Friedrich n’était pas un artiste, mais peu lui importait le réalisme ou le détail de son dessin. Ce qui comptait, c’était sa clarté. Il expliqua donc à son supérieur :

–Voilà votre altesse. L’une des premières choses auxquelles j’ai pensé en arrivant ici était, avant même de définir la tactique, de choisir quel serait le lieu de la bataille. Je ne voulais pas laisser ce choix à notre ennemi. Après mure réflexion, j’ai opté pour la solution la plus simple et la plus évidente, les grandes plaines entre la forêt et Col-de-Ferangen. Un kilomètre et demi de terrain découvert entre la ville et la lisière. Un champ de bataille dégagé, à priori sans surprise, parfait pour manœuvrer.

J’avais aussi un temps pensé à nous défendre à un autre lieu, à bâtir un fort où tous nous réfugier ou encore à combattre dans la ville en faisant de chaque rue, chaque maison une forteresse. Mais la population en souffrirait, car dans tous les cas, ce seraient leurs maisons, leurs commerces qui seraient pillés, brûlés, même s’ils seraient potentiellement saufs en cas de victoire, ils auraient tout perdu. De plus, à part la dernière, de telles options auraient demandé une prise de risques pour forcer l’ennemi à attaquer là où nous le voulions.

Voilà pourquoi j’ai choisi cet endroit : c’est un lieu de passage obligé pour arriver au village, et nous pourrons y stopper l’ennemi avant qu’il n’atteigne les habitations. Ainsi, en cas de victoire, les infrastructures seront préservées. Maintenant, venons-en à la tactique elle-même.

Comme vous l’avez constaté, j’ai fait creuser deux longues tranchées garnies de pieux, avec un espace d’environ 25 à 30 mètres entre elles. A chaque extrémité de tranchée, je ferai construire une tour renforcée prochainement. Il y en aura donc quatre en tout, elles seront aussi solides que possible. J’y placerai mes tireurs les plus redoutables, mes arquebusiers, qui de là haut auront une vue globale et une capacité de tir sur n’importe quel endroit du champ de bataille à portée. La position surélevée leur permettra de tirer dans les rangs adverses sans risquer de toucher les nôtres ou d’être gênés par des obstacles dans leur ligne de mire. De plus, ils bénéficieront du bon couvert offert par les créneaux, tandis que les éventuels tireurs ennemis, eux, seront totalement à découvert sur la plaine.

Evidemment, le tir ne sera pas tout. Il faudra surtout défendre la ligne. Les tranchées sont profondes et dangereuses. Les franchir frontalement serait très couteux pour l’ennemi. Elles sont étendues, donc presque impossible à contourner, du moins pas sans nous prêter le flanc ce faisant durant toute la manœuvre, et devraient logiquement canaliser l’adversaire vers le centre du dispositif, volontairement laissé ouvert.

C’est là, au centre, que ce produira le plus gros des assauts. C’est là qu’aura lieu le combat décisif, c’est là qu’il faudra à tout prix tenir. J’y concentrerai donc mes forces d’élite d’infanterie. Les ailes, couvertes par les tranchées, seront défendues par des soldats efficaces, prêts à porter secours au centre si l’ennemi choisi de ne même pas essayer de traverser les tranchées, ou sur les côtés si un détachement tente un contournement.

Je disposerai de piquiers pour arrêter les charges, repousser les monstres et en tout état de cause abattre les monstres en contrebas dans les tranchées. Des hommes armés d’épées et de boucliers, solides, se chargeront des combats d’infanterie pure où ils pourront tirer leur épingle du jeu. J’espère également pouvoir disposer d’un carré de joueurs d’épée pour tenir le centre au cas où l’ennemi nous sorte quelque surprise un peu plus coriace que prévu que mes arquebusiers, mes piquiers et mes épéistes auraient du mal à gérer seuls.

Disposées sur les flancs, en retrait, deux unités de cavalerie lourde couvriront mes ailes, et me permettront normalement de flanquer l’ennemi dans une contre-attaque fulgurante. Si les hommes-bêtes sont assez idiots pour avoir laissé leurs tireurs sans protection derrière leurs troupes, nous les cueillerons avant de nous tourner vers l’arrière des troupes adverses engagées au corps-à-corps. S’ils ont des unités de garde du corps trop nombreuses, alors la cavalerie chargera plutôt dans les flancs et les arrières du corps-à-corps directement.

L’on m’a dit qu’ils auraient aussi des pistolets, ce qui sera parfait pour harceler l’ennemi de tirs mortels de dos, et se replier dans un cycle infernal de tir, charge, dégagement et de nouveau tir, charge, dégagement. Evidemment, l’ennemi aura peut-être lui-même une cavalerie, auquel cas il y aura affrontement. Je doute que les hommes-bêtes aient quelque chose d’aussi lourd et efficace que notre cavalerie lourde de chevaliers en armure, je pense donc que nous aurons le dessus sur ce point là. Au pire, les tireurs des tours extérieures, ainsi que des piétons positionnés sur les ailes, pourront leur prêter main forte et constituer des points de repli.

Enfin, -et bien que je déteste avoir à envisager cette possibilité, il est de mon devoir de le faire,- si nous sommes contournés ou que nous avons besoins de renforts, ou que la ligne cède, nous aurons besoin de réserves dans la ville. C’est pourquoi j’armerai les ouvriers pour qu’ils puissent se défendre si besoin est. Théoriquement, nous ne devrions pas les utiliser de quelque manière que ce soit, mais si par malheur nos lignes étaient franchies par un petit groupe rapide, au moins les villageois auront-ils de quoi se défendre.


Décidément emporté par l’enthousiasme, Friedrich en avait presque oublié de mentionner un détail auquel il pensait pourtant depuis le premier jour. En plus de la tactique, il comptait bien jouer sur la ruse, en réservant quelques surprises aux hommes-bêtes. Ainsi il ajouta :

–Ah, et j’allais presque oublier, votre altesse. Je pense que l’ennemi sera nombreux et puissant. C’est pourquoi, en plus de la tactique, j’envisage une petite ruse pour rendre le combat plus facile. Enterrés en avant du centre de mes lignes, à l’endroit où l’ennemi devrait être compact et nombreux, des explosifs seront enterrés sous terre. Nous les ferrons sauter au moment propice, probablement après l’assaut, après le début des corps-à-corps pour massacrer l’ennemi, briser son élan et désorganiser ses lignes. En effet, les rangs intermédiaires seront fauchés, isolant momentanément ceux de devant contre nous. Si l’on ajoute contre eux l’effet de surprise que cela créera, nous pourrons les massacrer tranquillement avant de s’occuper des rangs arrières. Il y probablement aura aussi quelques autres pièges disséminés sur le terrain, pour éliminer un maximum de ses monstres avant le combat.

En bon disciple de Myrmidia, le sergent Hadler s’était surpris à vraiment apprécier ce genre de planification tactique. Peut-être même un peu trop. Quoi qu’il en fût, il attendit, plutôt fier de lui, comme un élève attend la réponse du maître à une production qu’il estimait réussie.
Modifié en dernier par [MJ] Le Djinn le 31 août 2019, 00:08, modifié 1 fois.
Raison : MAJ XPS! +115 xps / XPS actuels: 182 XPS
Lien fiche wiki : http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... ich_hadler

Profil : FOR 10 / END 11 / HAB 10 (9*) / CHAR 10 / INT 10 / INI 10 / ATT 14 (13*) / PAR 14 (13*) / TIR 11 / NA 3 / PV 85/85
*: profil avec armure (bonus des compétences non inclus)

Compétences :
• Sang-froid : Votre personnage a ce qu'on appelle des «nerfs d'acier». Il sait rester maître de lui-même dans les situations les plus dangereuses. Bonus de +1 sur n'importe laquelle de ses caractéristiques lors de la réalisation d'une action dans un climat de stress et de tension mentale.

• Coups puissants : augmente les dégâts occasionnés à ses adversaires de + 1D3 pts de dégâts.

• Autorité : bonus de +1 lorsque, confronté à des militaires, il essaye de faire prévaloir son autorité, ses ordres etc.,

• Arme de prédilection : épées à une main : Bonus de +1 en ATT lorsqu'il en utilise en combat. Par contre, lorsqu'il utilise une autre arme que son arme de prédilection, il reçoit un malus de -1 en ATT et en PAR pendant les 1D3 premiers combats qu'il livrera avec cette arme, le temps qu'il s'y adapte.

• Alphabétisation : Votre personnage est capable de lire et d'écrire les langages utilisant l'alphabet du vieux monde s'il comprend ce langage.

• Langage secret : jargon de bataille : Votre personnage sait parler le jargon des batailles.

• Anticipation : Votre personnage, au combat, arrive à prévoir les réactions d'un ennemi. Pour analyser le style de combat de son adversaire direct, il lui faudra 2 rounds entiers. A partir du 3ème round, cette compétence lui permet d'avoir un bonus de +1 en ATT et en PAR contre ce seul adversaire. (Pour bénéficier de ce bonus contre un autre adversaire, il lui faudra l'avoir combattu pendant au moins 2 rounds)

• Adresse au tir (arcs) : +1 en TIR avec un arc.

• Volonté de Fer : Votre personnage se révèle être particulièrement très résistants à la peur, aux attaques mentales et à tout ce qui pourrait tenter de briser sa volonté. Il obtient +1 aux tests pour résister à un contrôle mental, à la peur etc…

• Parade : Double les points de parade de l'arme ou du bouclier utilisé.

• Coriace : Diminue de 1D3 les dégâts subis (jusqu'à un minimum de 1).

•Réflexes éclairs : +1 aux test INI en réaction à la surprise.


Equipement de combat : • Devoir (épée à une main) (18 +1D10, 12 Parade) Les morts-vivants, les démons etc… Que la lame touche subissent 1d6 dégâts de plus
• Bouclier d'acier (6+1d6 dégâts, 16 parade)
• Epée à une main (16 +1D8, 12 Parade)
• Cotte de mailles (9 protection, tout sauf tête -1 HAB, ATT et PAR)
• Arc court (26+1D8, -2 TIR/16 m)

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