[Scragga] Un château de cartes

La province du Nordland est peu peuplée et ses régiments passent l'essentiel de leur temps à patrouiller le long des côtes pour les protéger des pillards du nord. Le Comte Electeur Theodric Gausser siège à Salzenmund.

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[MJ] La Fée Enchanteresse
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[Scragga] Un château de cartes

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

« Je criais ma loyauté et il n’est pas, je crois, un seul des êtres que j’aie aimés que, pour finir, je n’aie aussi trahi »


– Albert Camus, poète Bretonnien



Braggit était certainement mort aujourd’hui.

Il y a treize jours, eul’ grand’chef d’la tribu des Rôdeurs des Branches était tombé dans une sordide embuscade tendue par les maigrichons de la forêt de la Lolorne. Une méthode guerrière lâche, sournoise, sans aucun honneur, comme les gobelins les répugnaient ; surtout quand c’étaient leurs adversaires qui agissaient ainsi… Il y avait eu des cris, des jets de flèche de part et d’autre, et des espèces d’arbres qui bougent qui se ruèrent sur les formations de gobbos pour les faire voler en l’air avec leurs gros poings d’if et de chêne. Depuis sa naissance, Scragga avait rodé sur des branches, selon l’usage éponyme de son clan, mais que faire quand les terribles adversaires qu’on affronte utilisent les branches comme une arme terrifiante ?

Ce n’était certainement pas la première raclée qui avait été infligée aux Rôdeurs des Branches. Personne ne gagne constamment. Y a un peu de défaites, un peu de raids qui se passent mal, des escarmouches qui tournent au vinaigre — l’important c’est de toujours savoir quand s’enfuir pour revenir mieux se battre le lendemain. C’est ça, la vie de Gobo. Pas se laisser abattre, au sens propre plutôt qu’au figuré.
Mais Braggit, c’était un grand sournois. C’était le vrai maître de la tribu. Personne n'osait s’en prendre à lui, personne ne l’aurait poignardé ; pas par amour ou loyoté, mais plutôt parce que tout le monde craignait d’être égorgé la seconde avant d’appliquer son plan. C’était l’chef. On pouvait encore avoir l’espoir qu’il revienne, comme les gobos étaient revenus au compte-goutte ces derniers jours. Mais treize… ça fait longtemps. Et il y a personne pour dire l’avoir vu une dernière fois. Les témoignages se contredisent. Rien n’est corroboré.

Braggit était certainement mort aujourd’hui.

Et pour piquer sa place, ça allait suriner putain de sévère.

Hiver de l’an 2529,
Sud des collines brumeuses.



L’Ambuskeur est fier de ses cachettes ; c’est Braggit qui lui a donné l’astuce. Il était malin, le Braggit. Peut-être trop pour son bien, d’ailleurs. Celle-ci se trouve à une bonne demi-journée de marche du camp actuel de sa tribu — actuel, parce que les Gobos des forêts sont pas sédentaires. Ils vont là où vont les Araignées, là où le Chamane pense qu’on les guide, là où les éclaireurs repèrent un bon coin à aller rapiner… Rester trop longtemps à un seul endroit, c’est risquer de se faire tuer. Mais partir trop souvent, c’est pas laisser aux spores le temps d’éclore, c’est cracher sur de nouveaux Gobos qui iraient renforcer la tribu. Savoir quand et où partir, c’est une décision à réfléchir, fort sensible, pour ça qu’il faut eul’ grand’chef pour la prendre. Sans l’grand chef, c’est la porte ouverte aux opinions de chacun. C’est les poignards dans le dos, ou pire, les traîtres qui partent avec les copains.
C’est dur de réfléchir dans ces cas-là. Depuis que Braggit est porté disparu, Scragga l’a senti : tous ses congénères se mettent à regarder par-dessus leurs épaules. Untel chuchote à Truc, Truc chuchote ensuite dans le dos à Untel pour atteindre l’oreille de Machin… Scragga le savait, alors même qu’il n’avait jamais connu une seule révolte ou changement de pouvoir de son existence. Comme si c’était inscrit dans sa peau verte, un réflexe pavlovien, la traîtrise un atavisme transmis de génération en génération à toute sa race maudite.

Au moins dans la cachette il pouvait réfléchir. Encore que ça allait faire parler, ça, sa soudaine absence. On le pointait du doigt, il était le coupable idéal, c’était lui qui avait provoqué la disparition du chef, qui avait fait capoter la chasse aux maigrichons. Pourquoi le Chamane avait choisi de le défendre ? Est-ce que c’était par honnêteté, ou pour forcer Scragga à lui être redevable ? C’était pas le Gobo le plus moisi de la tribu. Mais il était dans la position franchement pas sympathique d’être trop grand pour se fondre dans la masse, et trop petit pour être intouchable. La victime idéale. Oui, dans la cachette, au moins, il était en sécurité. Personne ne la connaissait cette cachette. Il avait vérifié les pièges installés sur le chemin, les petites branches laissées derrière pour qu’un pas imprudent les casses, révélant ainsi sa tentative de s'approcher trop près… On embusque pas un ambuskeur.
Réfléchir, donc. Seul. À quoi qu’il allait bien pouvoir foutre maintenant.

Le chamane pourrait prendre le contrôle de la tribu. Mais c’était pas certain. Assik l’Folaillon était peut-être un bon chamane, mais il n’était pas bon en quoi que ce soit d’autre. Il lui arrivait de s’endormir sans raison, de convulser au sol, d’être traversé de visions de la grande Régné qu’il avait du mal à interpréter lui-même… Il avait permis à Scragga d’obtenir un sursis, mais même lui n’était pas irremplaçable. Des chamanes ça se trouve dans la forêt. Il avait de jeunes novices autour de lui, qui pouvaient se sentir assez forts pour lui piquer sa place. C’était peut-être dans l’intérêt d'Assik lui-même de laisser un chef surgir.
Mais qui ? Qui ? Braggit avait toujours favorisé Scragga, lui avait offert des cachettes, avait répété qu’il était le meilleur, son remplaçant parfait… Mais si Braggit avait dit la même chose à d’autres Gobos ? S’il s’était amusé à sournoisement faire les mêmes cadeaux à tous les autres ?

Kazgi l’Snaïpeur c’est sans doute le pire. Du sommet de son araignée géante, il est en charge des archers de la tribu — le second couteau préféré de Braggit, trop indépendant, trop sûr de lui-même, il était toujours en tête pour lécher les fesses vertes du chef dès qu’il le pouvait. Mais c’était aussi toujours le premier à détaler, profitant de son rôle de tirailleur pour jamais rester en avant lorsqu’un combat tournait au vinaigre. « J’suis barré pour mieux viser ! » qu’il répétait quand on le rouspétait après coup. Était-il aujourd’hui assez courageux pour devenir l’chef ? Difficile à dire.

Ozag Mange-Champis allait devoir lui aussi être surveillé. Lui et sa petite bande avaient rejoint Braggit il y a deux ans seulement, et il avait eu du mal à s’intégrer aux Rôdeurs des Branches au début. Trop fonceur. Il aime trop le vieux fer rouillé piqué aux zoms et pas assez les armes d’os qu’utilisent les Gobos d’la forêt. Un petit qui critiquait Braggit tout le temps, mais qui était, il fallait l’admettre, plutôt bon pour attaquer. Braggit le mettait toujours en première ligne, peut-être en espérant qu’il soit tué rapidement au front… Mais ce sale petit merdeux a survécu. Il n’est pas populaire dans la tribu, mais sa bonne vingtaine de Gobos survivants de son ancienne bande lui sont plutôt fidèles. Peut-être Scragga pouvait lui offrir une alliance… À moins qu’il n’ait déjà offert l’aide de ses surineurs à Kazgi…

Zosad Susse-Boules, comme d’habitude, s’était placé en retrait. En tant que petit protégé de Braggit, il avait certainement pris goût à ne jamais se mettre en avant, pour jeter toutes ses forces dès qu’il sentait qu’un gagnant allait émerger. Il attendait probablement de voir quel crétin allait avoir le plus de copain, pour immédiatement offrir ses forces et se faire passer pour le faiseur de chef. Malin de sa part. C’était sûr qu’il ne voulait pas être chef lui, pire encore que le Snaïpeur. Mais pour obtenir son amitié, il allait certainement réclamer de gros cadeaux…

Le quatrième et dernier lieutenant, c’était Scragga lui-même. Le faiseur d’embuscades. Le pisteur de bêtes. Le Gobo en charge des éclaireurs. Un rôle important, oui, mais comme tous les autres, il n’était pas irremplaçable. Il avait lui-même des petits capos qu’il devait diriger, mais ces capos étaient devenus bien silencieux lorsque Kazgi, Ozag et tous leurs gobos se sont mis à le pointer du doigt pour qu’il soit buté. Pas un seul ne l’a défendu. Pas sympa. Pas sympa du tout.

Sbrat l’Fut-fut, Skarny Tronche-de-Snotling, et Wololo. C’étaient eux ses trois petits sous-chefs, ceux qui devaient normalement lui obéir, transmettre ses ordres. Ils tenaient chacun une bonne douzaine de gobos près d’eux. Leurs petites troupes. Il fallait que Scragga aille s’assurer de leur loyoté. Ou bien, les tuer et les remplacer…

Ou alors il pouvait partir. Aller chercher l’aide d’un des deux autres chefs de la Confédération d’la Loyoté. Il connaissait les routes de la forêt par cœur, c’était un bon pisteur, les atteindre ne serait pas difficile. Trahir les Rôdeurs des Branches, devenir un transfuge (D’accord, le mot était peut-être trop compliqué pour lui…). C’était une décision comme une autre pour survivre, après tout.

En tout cas, il ne pouvait pas rester dans sa cachette éternellement. Il avait temporisé. S’était assuré une nuit de plus où il ne serait pas étouffé dans son sommeil. Mais chaque jour d’absence, hors de son camp, c’était un jour où les sales autres petits cons pouvaient lui piquer sa place. Et l’un d’eux pouvait se proclamer eul’ grand chef.


Jet d’intelligence de Scragga pour bien comprendre tout ce qui est en train de se passer : 7, réussite.

Jet de reconnaissance de Scragga : 12, échec.

Tu es tranquillement dans ta cachette pour l’instant. Comme dit par MP, je te laisse tranquillement la décrire, avec les environs — tu es pénard ici, et tu peux tranquillement préparer des armes, des plans, et même des poisons si tu vas chercher les plantes qu’il faut dans la forêt. À toi maintenant de réfléchir à ce que tu vas bien pouvoir aller faire bientôt…
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Scragga l'Ambuskeur
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Re: [Scragga] Un château de cartes

Message par Scragga l'Ambuskeur »

Scragga courait maintenant depuis un sacré long moment. Il ne se souvenait plus depuis quand cette course avait commencé. Quelques minutes ? Quelques heures ? Où étaient ses armes, ses compagnons ? Est-ce qu’il en avait eu ? En vérité, cela n'avait en fait guère d'importance, Scragga ne pouvait se permettre le luxe de pareilles interrogations. Chaque fibre, chaque neurone, chaque nerf de son être n'était dévoué qu'à un seul but : échapper à ses poursuivants, et ce serait « vraiment trop con » de crever pour avoir trop réfléchi.

Ce n'était pas la première fois que Scragga s'était retrouvé dans une situation pareille, ça non. L'ékléreur savait que trop bien comment la relation entre prédateur et proie pouvait se retourner en un éclair, ça arrivait aux plus expérimentés comme au plus préparés, et Scragga était loin d'avoir germé dès la dernière pluie, certainement pas. Mais contrairement aux autres fois, il n'y avait ni renforts dans les cimes des arbres, ni d'autres congénères à pousser par terre pour gagner du temps. Et dans ces cas-là, il fallait savoir trotter. Et pour ça, il trottait le Scragga. Ses jambes devenaient plus lourdes à chaque foulée, ses chevilles gonflées menaçaient de le lâcher à tout moment, sa gorge asséchée brûlait l'intérieur de sa bouche, son petit cœur battait férocement dans sa poitrine, comme si il cherchait à la percer pour pouvoir sortir et fuir encore plus vite que le vaisseau auquel il était attaché ne le pouvait. Et pourtant, il trottait le Scragga.

Mais ses efforts étaient vains, ses poursuivants semblaient toujours avoir une longueur d'avance sur lui. Il avait beau se démener comme un Gobbo sur qui eul’Chaman avait utilisé l’un de ses mauvais sort et sauter, grimper, glisser, cabrioler, rien n'y faisait. Ils finissaient inévitablement par apparaitre dans les coins du champ de vision de Scragga, tels des éclairs dans un firmament obscur. Ses poursuivants étaient indescriptibles pour lui, presque comme si ils changeaient de forme à chaque instant. La seule chose dont il était certain était leur teint blanchâtre, comme celui des dépôts de sel caractéristiques du Norldand, mais plus terne, voire même grisâtre, et surtout, très étrange, sans qu'il puisse décrire en quoi.

En fait, cette situation toute entière était étrange, les arbres étaient étranges, l'herbe était étrange, les roches étaient étranges. Même l'obscurité, source instinctive de protection et de sécurité pour tout Gobelin semblait étrangère à Scragga. C'était comme si la forêt toute entière avait été refaite de tout en comble sans qu'il s'en soit rendu compte jusque là. Ses impressions ne purent pas aller plus loin que cela avant que Scragga ne trébuche sur une racine dont il aurait juré qu'elle avait bougé toute seule. Décidément, c'était vraiment pas juste. Scragga eut à peine le temps de se retourner pour voir l'une des mains de ses poursuivants s’abattre sur son visage et la dernière chose qui passa dans son esprit avant que tout s’arrête était cette odeur, cette si étrange odeur qu’il avait dans le nez depuis le début de la poursuite…


« Nan… Nan… Nan nan… Me touchez pas, j’vous dit, NAN ! Hé, woah... AÏE  ! »

C’est alors que l’ékléreur rouvrit les yeux et se rendit compte que ce qui venait de ce passer n’était en fait qu’un mauvais songe et qu’il ne courrait aucun danger. Il était sain et sauf dans sa piaule secrète dans laquelle le plus grand danger qui pouvait l’atteindre était les colonies de fourmis mangeuses de chair, mais fort heureusement elles n’étaient généralement pas présentes pendant cette période de l’année.

« Un rêve ? C’était qu’un rêve ?! Oh, Mork soit loué. Ha, haha, oh mince… »

Scragga riait pour mieux réduire sa nervosité et cacher le son des battements de son palpitant. Il leva sa face et son corps du plancher mal équarri et se redressa pour jeter un regard sur le hamac en toile d’araignée qu’il avait accidentellement quitté tout en essayant de retirer les plus grosses échardes qui étaient venues s’incruster dans la peau suite à sa chute.
C’était toujours pareil, on avait beau lui dire de ne pas abuser de la bière de champi et de la viande de harpie faisandée avant d’aller pioncer, mais est-ce qu’il le faisait, non, bien sûr que non.
Et pourquoi est-ce qu’il le ferait d’abord, hein ? Si ses cauchemars les agaçaient à ce point, ils n’ont qu’à essayer d’en causer à Braggit et après ils verront ce qu’il va…
Ah ouais, c’est vrai…
Et Merde...


La piaule était située en hauteur sur une branche solide d’un grand pin, la façade avait été soigneusement recouverte de pâte de feuilles et d’herbe broyées et de terre séchée de manière à ce que l’on ne puisse la distinguer du reste de la feuillure sans s’en approcher en y grimpant.
L’intérieur de la piaule, quant à elle, était frugale et spartiate au possible.
Le hamac était accroché entre deux murs dans un des coins de la pièce unique.
Des crochets pendaient aux coins sur lesquels l’on accrochait les prises, mortes ou vivantes en attendant de les préparer.
Sur l’un des murs trônait un motif grossier évoquant une toile d’araignée flanquée de part et d’autre de deux petites têtes d’Orques ainsi que plusieurs petit croissants de lunes, certains avec des yeux remplis de malice et des rangées de crocs effilés, la concentration de sang séchée sur le parquet devant la fresque indiquait clairement qu’il s’agissait d’un autel sacrificiel de fortune.
Une petite pile d’os se tenait dans un autre coin entourée de quelques coffres et de bocaux, attendant d’être taillés en pointe afin de servir d’armes de poing.
L’on aurait pu dire que l’endroit était étonnamment propre pour un repère de Gobelins, mais en vérité, même les plus indolentes des petites Peau-Vertes des bois connaissent la valeur d’une antre de chasseur comme celle-ci et aucune d’entre elles ne voudraient la mettre en péril en laissant les détritus et les immondices s’accumuler comme il est d’usage dans leurs véritables camps.

Après s’être ressaisi de son cauchemar, de sa chute, et de ses apitoiements, Scragga se mit à réfléchir à voix haute afin d’évaluer les options qui s’ouvraient à lui :

« Bon, au moins cette piaule m’servira à pioncer sans qu’j’risque d’me faire suriner pendant…
Mais faut qu’j’me magne, même un Gobbo aussi talenteux et intéligent qu’moi n’peut pas survivre tout seul. Faut qu’j’retrouve des gars, y’a pas d’aut’ choix. J’me d’mande combien d’temps chuis resté dans les vapes, maint’nant ça doit faire, quoi, une douzaine de lunes ? Est-ce qu’ces aut’ cons des Mille-Pattes et des Kass’Noix sont au courant de s’qui c’est passé aux Collines Brumeuses ? P’têt que je pourrais m’arranger avec eux, un mec comme moi qui connait bien les Rôdeurs leur s’ra bien utile, après tout…
Ah, qu’est-ce que j’raconte, chuis un Rôdeur des Branches à la vie, à la mort. Ces sales gus ingrats m’ont p’têt traité comme le dernier des tiots mais j’peux pas laisser la tribu s’faire embobiner par un raté comme Kazgi ! Si ce crétin arrive à rouler les aut’ crétins, il pourrait bien dev’nir Grand Chef. Et pire encore, y va tout m’mettre sur le dos ce salopard, tout, même les trucs qu’étaient pas ma faute. J’peux pas laisser faire ça, nan j’peux pas, y’faut j’revienne au bercail. Faut bien qu’y en ai un qui leur rappelle pourquoi Braggit s’est brisé eul’cul à faire c’te alliance…

OH, ZOG ! J’ai complètement oublié l’Alliance, comment est-ce qu’elle va tenir sans Braggit  ?! Elle doit perdurer, surtout après qu’les Maigrichons nous ont attaqué au-delà d’leur territoire. Faut qu’j’me grouille, ou qu’j’me magne, c’est l’quel l’plus rapide déjà… Oh, c’est pas important ! Faut qu’je bouge plutôt que d’rester ici à parler tout seul ! »


Et donc, suite à cette introspection intense, Scragga se mit à chercher quelque chose à se mettre sous la dent avant de partir sur les routes, ou plutôt les branches dans son cas. Le garde manger était encore bien approvisionné, le Gobelin en sortit huit œufs de pie, cinq noix, et un mollet de Harpie, Un petit déjeuner qui croustillait et craquait sous la dent, juste comme il les aimait. Puis, une fois avoir pris son équipement, l'ékléreur compte jeter un dernier coup d’oeil aux pièges qu’il a installé avant d’aller retrouver les siens.
Scragga l'Ambuskeur, Voie du monteur gobelin
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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Scragga] Un château de cartes

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

De la forêt : on aurait dit que l’Empire de Sigmar ce n’était que ça, de la forêt. Du pin, du hêtre, du frêne qui obscurcissaient la terre sur toutes les montagnes, tous les talus, au-dessus de tous les cours d’eaux qui irriguaient la sauvagerie. Rien n’avait jamais été défriché ici : ni les Hommes, ni les Elfes avant eux, n’avaient été capables de totalement maîtriser cette nature omniprésente.
Le seul moyen de survivre dans les forêts de l’Empire, c’était d’accepter qu’elles étaient éternelles. Et de se plier à leurs lois. À leur façon, les Gobelins avaient suivi ces directives.



Scragga se retrouvait dans le froid. Il faisait jour, une bonne matinée au ciel dégagé, tout juste quelques nuages qu’il percevait à travers les branchages nus des arbres. Il y avait un beau soleil, mais ça ne suffisait pas à réellement réchauffer l’atmosphère. Très vite, le Gobo se mit à un peu grelotter, de la buée s’échappait de ses petits naseaux à chacune de ses expirations, et ses joues verdâtres picotèrent bien désagréablement. Pour vite retrouver une température corporelle normale, il lui fallait sautiller sur ses toutes petites pattes, et trottiner sur le sol légèrement enneigé — quelques flocons étaient tombés la nuit dernière, mais le manteau blanc se transformait déjà en boue marron et collante, qui se glissait entre les orteils nus de l’Ambuskeur.
L’hiver est une saison à la fois terrible et faste, tout dépend du point de vue. C’est une époque où la végétation dort, où on ne trouve plus autant de baies, de champis, où les feuilles sont presque toutes tombées, ce qui limite les possibilités de se faire de jolis costumes et de se nourrir de végétaux. Il n’y a plus d’oiseaux dans le ciel, et les villages des zoms sont bien fermés, et bien gardés.
Mais d’un autre côté, c’est l’époque où les animaux ont le poil le plus long, leurs corps tout prêts à hiverner et à supporter des températures bien difficiles. Les grosses bêtes dangereuses, comme les ours, sont occupées à s’enfermer dans des terriers, aussi, les Gobos ont l’initiative de la chasse. Il suffit juste d’être un peu plus fourbe que tous les autres habitants des bois, et l’on peut aisément survivre de viande. À condition d’aller la trouver.

L’Ambuskeur souhaitait inspecter ses pièges. S’il pouvait ramener quelques gros lièvres au camp, il pourrait aisément les échanger contre des pointes de flèche métalliques (Un luxe rare en forêt), ou bien des cordages, voire-même des petites amulettes que vendait le Chamane pour porter chance et devenir très malin. Il pouvait aussi en offrir quelques-uns à ses capos : ces trois petites andouilles qui étaient censées lui obéir pouvaient bien être confortés par la carotte plutôt que le bâton. Tout ce qu’il fallait espérer, c’est que la fortune ait été de son côté…

Il savait très bien où se cachaient ses pièges. Pour pas se faire avoir tout seul, il avait discrètement marqué un tronc d’arbre de deux traits — un truc que Braggit lui avait appris. En se baissant sur ses genoux, il inspecta derrière un buisson, un petit mécanisme fort primitif constitué d’une corde et de deux bouts de bois, pour piéger les lapins par les pattes. Chou blanc : Celui-là n’avait pas bougé. Il marcha à nouveau dix minutes à travers son petit sentier forestier pour aller au suivant ; et patatras, à nouveau, rien à se mettre sous la dent.
Il y avait de quoi maudire les lièvres qui étaient trop intelligents pour se faire prendre. Rapides et trop rusés, un peu comme ces maigrichons si terrifiants…

Au bout du troisième piège qui n’avait pas été enclenché, il fallait que Scragga se rende à l’évidence : Il n’avait pas été assez malin pour bien les positionner.
Ou alors, c’était la faute d’autre chose que de lui. Sûrement un méchant Gobelin qui avait fait peur aux pseudo-lapins. C’était sûr que c’était quelque chose comme ça, l’explication.

Tant pis. Avec strictement rien sur le dos, et une forêt absolument morte, sans même un cri d’oiseau pour lui tenir compagnie (Pour une raison inconnue, ils étaient partis vers le sud), l’heure était venue pour l’Ambuskeur déçu de retourner jusqu’au camp de ses pairs.
Gibecière au flanc, arc sur le dos, il retrouva vite le chemin qui menait jusqu’au repaire de nomades des Rôdeurs des Branches. Tout un petit village juché dans des cabanes sur des toits — c’était plus-ou-moins bien camouflé, mais de toute façon, des rondes d’éklaireurs s’arrangeraient pour faire déguerpir tout le monde des fois que des Truks Cornus ou des Zoms un peu trop nombreux patrouillaient dans la zone. Peut-être que l’heure du déménagement était pour bientôt, ça dépendrait uniquement de qui gagne le contrôle de la tribu.

Alors que Scragga complotait un peu dans sa petite tête, son œil fort exercé ne put s’empêcher de noter un petit souci dans le décor, un détail minuscule qui lui sautait aux yeux :
Une brindille éclatée par terre.
Avec son pas exercé, il aurait été au courant s’il avait cassé un petit bout de bois sur son passage. Non : ça, c’était l’œuvre d’autre chose.

Il se baissa pour inspecter. S’agenouilla et, comme une grenouille, fit quelques pas derrière un arbre pour observer un petit trou dans la terre, qu’il effleura des doigts.
Un cerf. Ou une biche. Ça datait d’un petit moment quand même, mais les traces étaient encore visibles, donc pas plus de quelques heures.
Il y avait un gros animal quadrupède avec plein de viande et de fourrure sur lui. Si c’était un cerf, ça allait être coton : ils savent se défendre ces gros tas avec leurs bois… Mais si c’était un petit faon, il pouvait se frotter les mains d’avance.

Est-ce que cela risquait le coût de perdre une heure à s’enfoncer dans la forêt pour rechercher la biche, ou devait-il retourner au camp tout de suite ? Ça, c’était un dilemme auquel songer. Et puis-

-et puis Scragga eut une mauvaise sensation. Une sorte de petit instinct primal qui se tapissait dans son esprit. Très discrètement, il se leva. Mais il ne se retourna pas tout de suite — c’était la chose bête à faire. Le réflexe de quelqu’un pas entraîné.
Non. Il fit nonchalamment le tour de l’arbre, en faisant semblant de chercher des traces. Et il ne jeta à l’horizon, à travers les feuillages et les buissons, qu’un regard distrait.

Il y avait quelqu’un qui le regardait.
Il jurait d’avoir vu une toute petite figure verte cachée derrière un tronc.

Un Gobo était en train de l’espionner. Il ne devait pas encore savoir que Scragga savait… Mais Scragga savait, à condition maintenant, de s’assurer qu’il ne sache pas que Scragga sait, même si lui pouvait essayer de savoir si lui savait qu’il sait…


Jets d’installation de trois petits pièges : 13, 13, et 14. Scragga n’obtient absolument rien.

Jet de pistage (Bonus : +1, pistage) : 9, réussite.
Jet de sixième sens (Malus : -6, pas de compétence) : 2, réussite quand même, jet dévoilé.
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Scragga l'Ambuskeur
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Re: [Scragga] Un château de cartes

Message par Scragga l'Ambuskeur »

C’était un Hiver du Nordland comme tous les autres, vraiment la saison la moins favorable aux descendants du premier peuple des forêts.
Il y avait le froid, bien évidemment, mais la physiologie des Gobelins leur permettait de le supporter sans trop de risques importants et bien que les proies se faisaient plus rares désormais, beaucoup de prédateurs rivaux s’étaient eux aussi retirés des bois et attendaient la fin du grand froid dans leurs tanières.

Non le vrai danger résidait dans le fait que cette saison faisait perdre les quelques avantages qui avaient permis à leur race de, si non prospérer, tout du moins survivre au cours des siècles.

Le teint de leur derme qui leur permettait habituellement de si facilement se cacher dans les feuillages et les buissons alentour faisait tache désormais dans la tassée blanche et le dénument qui frappait la plupart des arbres n’était pas pour les aider.

De plus, le soleil était bien présent dans un ciel dégagé aujourd’hui ; bien que la plupart de Gobelins des Forêts n’ont guère de problèmes avec l’astre lumineux, ils préfèrent plutôt de déplacer dans la sécurité que leur offre l’obscurité de la nuit, surtout lorsque leur astre porte-bonheur, la Mauvais’ Lune est bien visible.

Mais Scragga n’avait pas le luxe d’attendre un moment plus propice, il devait rejoindre la tribu aussi rapidement que possible afin de sauver ses congénères d’eux-mêmes.
Il sortit donc de sa piaule et descendit jusqu’à la terre ferme d’une manière rapide et efficace, signe d’une habitude certaine, bien que l’atterrissage ne fût pas tout à fait à son goût.

« Par les huit zyeux du Dévoreur, qu’est-c’qui caille ! Pourquoi j’ai pas ram’né mes chauff’-petons en fourrure eud’loup quand j’me suis barré du camp ?!
Faut qu’j’en touche quelque mots avec les trois gus qui sont sensés être sous mes ordres, voir si ils les ont pas perdus, ou pire, si l’un d’entre eux me les a pas chourés…
Mais bon, pour le moment, faut j’aille voir si mes p’tis pièges n’ont pas attrapé un ou deux lièvres.
Ha ! J’peux déjà imaginer la tronche des autres Gob’ qui m’verraient arriver avec des lièvres sur les épaules. »


Malheureusement pour Scragga, il n’eut guère de chance cette fois-ci, ses trois pièges étaient vides.
Il savait bien qu’ils n’étaient pas bien positionnés, mais il ne pouvait pas vraiment faire mieux, vu les circonstances. Il ne pouvait pas trop les exposer à l’air libre à cause des risques que posaient les éléments, et il n’avait pas d’appâts à disposition. Il n’y avait rien à faire.
C’est ce qu’il essaya de se dire, mais il ne pouvait pas s’empêcher d’avoir un mauvais pressentiment à propos de cette journée, tout d’abord le cauchemar qui l’avait abruptement réveillé, et maintenant la chance d’apaiser ses terribles divinités s’était complètement évanouie.
Il fallait qu’il consulte Assik, il saurait probablement quoi faire.
Et sur ce, il se remit en route, préférant les branchages aux sentiers lorsque ce fût possible.

L’ékléreur se mouvait dans les branchages d’une façon presque gracieuse, chaque geste était réfléchi, pas un mouvement était inutile. Il sautait de branche à branche sans hésitations, laissant ses bras noueux agripper solidement au vol celles trop hautes pour servir de perchoir avant de lâcher prise au dernier moment pour aller se retrouver sur une autre.
Les Rôdeurs des Branches se sentaient toujours plus à l’aise en altitude que sur la terre ferme.
La plupart de leurs congénères auraient perdu leur sang-froid à la seule idée de reproduire de pareilles cascades, mais pas eux.
Ils étaient les terreurs des cimes, les voltigeurs du carnage, la mort par en-haut.
C’était à cause d’eux que les mercenaires ‘umains les plus expérimentés préféraient garder l’œil sur les arbres plutôt que sur leur chemin lorsqu’ils arpentaient la route qui reliait Salzenmund à Middenheim.

Sa propre aisance le surprenait, il se sentait tout faiblard après avoir repris ses esprits après la grande débandade ; les autres gobs lui avaient dit qu’il avait passé « plein-plein-plein » de jours dans les vapes, ce qui correspondait plus ou moins à deux semaines, c’est à peine si il arrivait à se tenir debout lorsqu’il avait repris ses esprits, et maintenant le voilà qui filait à travers l’air comme si le jour d’avant n’était qu’un mauvais souvenir. Son infection au pied droit qui l’avait forcé à piocher dans sa réserve de bière de champignons pour atténuer la douleur et atteindre sa piaule sans boiter le tourmentait à peine aujourd’hui.

Scragga se disait que sa récupération s’agissait d’une clémence des Dieux. C’est ce qu’il voulait croire. Mais au fond de lui, il sentait l’hésitation, la réflexion après chaque saut, chaque réception, chaque mouvement. La vérité étant qu’il se ménageait, et le fait de ne pas trouver guère de signes de vie sur son chemin ne lui déplaisait guère.

Lorsqu’il commença à reconnaitre les parages familiers qui marquaient l’entrée dans le territoire des Rodeurs. Il se mit à réfléchir à une stratégie d’approche. En vérité, il n’avait guère envie d’attirer toute l’attention sur lui du moins, pas pour le moment. Non, il espérait surtout tomber sur l’un de ses gars, Sbrat, Skarny ou Wololo, ou en tout cas une patrouille de leurs gars. Il n’avait peut-être pas de chair fraiche sur lui pour les amadouer, mais il restait leur chef à tous. Si le plaisir de son retour était insuffisant, l’Ambuskeur n’hésitera pas pas à leur montrer un peu d’amour vache.

Mais alors que le Gobelin commençait à s’engaillardir, quelque chose au sol attira son attention.
Une brindille brisée en deux, comme si quelque chose avait marché dessus. Un traqueur avec moins d’expérience n’aurait vu qu’un bout de bois, une parmi tant d’autres branche morte, mais l’instinct de Scragga lui faisait sentir que c’était le début d’une piste. Il descendit de son perchoir pour en avoir le cœur net. Peut-être qu’il ne reviendrait pas parmi les siens les mains vides – une deuxième fois.

Il s’accroupit devant le morceau de bois brisé et scrutait le sol à la recherche d’une piste. Rapidement ses yeux éprouvés identifièrent un motif, une suite de points dans la poudreuse une ligne. Son sang ne fit qu’un tour avant qu’il ne se penche et se mette à retirer la couche de neige fraiche avec ses ongles aussi délicatement qu’il pouvait le faire. Ses efforts furent récompensés par l’empreinte caractéristique d’un cerf. Le Gobelin se permit un large sourire. Les Dieux avaient empêché qu’il capture des lièvres car ils voulaient lui offrir une bien meilleure prise. Tout s’expliquait !

Maintenant, tout ce qui lui restait à faire était de suivre la piste jusqu’à la proie. Cerf ou biche, ça lui était bien égal, les cornes n’avaient aucune chance de l’atteindre une fois sur les branches. Non, le plus gros risque, c’était bien qu’il ait la trouille et qu’il se tire. Il n’aurait aucune chance de les rattraper après ça. En plus, il faudrait qu’il reste au sol à suivre la piste, pas la meilleure position à avoir. Mais d’un autre côté, il pouvait gagner gros sur ce coup-ci ; peut-être que cette piste le mènerait jusqu’à une petite famille. Tuer un cerf adulte en solitaire était certes une tâche ardue, mais des tiots ? Les doigts dans l’nez ! Ou encore mieux, il pouvait capturer un tiot vivant et le faire braire, comme ça d’autres cerfs viendraient et comme ça…

Et c’est alors qu’il la sentit. Une sorte d’inquiétude pesante mais soudaine qui venait d’arrêter le déroulement de ses plans dans sa tête en un clin d’œil.

Il était épié.

Il se releva et fit quelques pas en faisant mine de chercher quelques traces de plus, sans rien laisser paraitre avant d’entrapercevoir une masse verte essayant de se faire petite derrière un tronc. Décidément, l’hiver n’était pas la saison des Gobelins des Forêts. Heureusement, sa toque cachait ses oreilles, un mouvement trop brusque et il aurait pu se trahir.

Ce gars devait être de la tribu et savoir qui il était, c’était sûr. Le fait qu’il essaye de cacher sa présence est donc immédiatement suspect. Un assassin potentiel ? Possible, mais c’était plus probablement un espion, un Sal’gus à la solde de Kazgi, ou celle d’Ozag, ou encore celle de Zosad, à l’affût du retour de l’Ambuskeur parmi les siens et chargé d’épier ses moindres faits et gestes pour le compte de son minable de maitre. Ou peut-être était-ce l’un de ses propres gars, un qu’il ne reconnaissait pas et qui avait peur de l’aborder directement…. ou qui roulait pour l’un des autres. Ou juste un autre chasseur qui était tombé sur la même piste que lui…

Scragga devait prendre une décision rapidement. Il ne pouvait pas laisser un mouchard lui coller au derche, mais en même temps, il n’avait aucune envie de risquer sa peau pour si peu. Il résolut alors de remonter à l’arbre le plus proche et de s’éloigner de la zone comme si de rien n’était. Si il s’agissait bien d’un espion, Scragga comptait bien voir si il avait l’endurance nécessaire pour suivre l’ékléreur en chef des Rôdeurs des Branches.
Scragga l'Ambuskeur, Voie du monteur gobelin
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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Scragga] Un château de cartes

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Nonchalamment, Scragga grimpa à un arbre pour commencer sa traque. Mais il gardait ses oreilles bien attentives, à présent qu’il se sentait bien poursuivi…
Ce qui suivit fut un bon moyen pour le Gobo de savoir s’il s’était rouillé avec l’hiver — par fortune, ce n’était pas le cas. Avec adresse et agilité, et sans même devoir avoir recourt à sa corde, il grimpa sur des prises qu’il trouvait depuis un gros arbre aux branches nues. Il trotta, et sautilla jusqu’à la prochaine, avec un petit élan. Son poids plume lui permettait de se mouvoir en hauteur, avec une habilité insoupçonnée pour une créature si rabougrie qu’elle.

Malheureusement, l’autre salopard suivait derrière.

Ce n’était pas ses yeux qui l’avaient mis en garde, mais bien son ouïe. Il entendait la même branche un petit peu se plier sous un poids léger. Un sale enfoiré prenait les mêmes prises que lui, et sautait sur les mêmes branchages. L’aise avec laquelle l’espion le traquait ne laissait pas trop de doute sur son espèce. Il n’était pas juste vert — c’était un pur Gobo.

Plutôt que de se retourner, Scragga décida de le semer. De le perdre, afin d’avoir l’ascendant sur lui. À toute vitesse, il fit comme s’il se préparait à tuer le cerf. Il s’agita comme un petit singe (Si seulement les Impériaux savaient ce qu’était un singe), fit un long tour près d’un sapin, et partit soudain dans une direction opposée, où il n’aurait plus qu’à attendre.

Il pouvait compter dans sa tête. Quand il arriva à trente, un Gobo perdu passa sur la branche sur laquelle il avait été. Il regarda dans tous les sens, incapable de savoir où Scragga était passé. Inquiet, il glissa au sol, et observa dans de la neige à moitié fondue s’il pouvait trouver une trace.

Perché au-dessus de sa tête, sa proie était devenue son prédateur. Armé de son arc, profitant de la surprise et de la hauteur, l’Embuskeur avait tous les avantages pour lui. Il ne restait plus qu’à découvrir quel impoli le talonnait ainsi de bon matin…

C’était Sbrat l’Fut-Fut. Un gars de sa tribu, et un des capos censé être sous ses ordres. Un petit chasseur, plutôt du genre fourbe et indépendant. Qu’est-ce qu’il foutait ici ? Est-ce qu’il suivait Scragga dans l’espoir de pouvoir le tuer ? Il était lui aussi armé d’un arc, mais ça ne voulait pas forcément dire quelque chose — tous les Gobos des Bois ont des arcs sur eux. Alors quoi ? Est-ce qu’il l’espionnait pour le compte de quelqu’un d’autre ? Pour obtenir la localisation de sa cachette ?

En tout cas, juste sous ses pattes, Sbrat marchait à petits pas, courbé, à la recherche de son chef.

Jet d’escalade de Scragga : 3, très large réussite.
Jet d’escalade du vaurien qui ose suivre : 9, réussite, mais bien plus légère — il talonne Scragga, mais il se trouve être trop lent. Scragga parvient à le semer et à le regarder à partir d’une autre position.

Jet de camouflage : 3, réussite. Le Gobo ne te repère pas, ce qui te permet de bien le voir et de découvrir qui ose te coller aux basques.
Jet d’intelligence : 18. Pas d’informations supplémentaires offertes.
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Scragga l'Ambuskeur
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Re: [Scragga] Un château de cartes

Message par Scragga l'Ambuskeur »

Sa décision prise Scragga se mit à grimper à l’arbre le plus proche pour prendre de la hauteur et continuer dans la direction des traces de cerf comme si de rien n'était.

L’ouïe du chef-ékléreur ne tarda pas à confirmer ses suspicions. C’était bien un Gobo qui était après lui et pas le plus mauvais grimpeur non plus. L’autre gus semblait satisfait de lui coller aux basques tout en gardant ses distances. De toute évidence ce gars n’était pas là pour le zigouiller, ou bien il était simplement trop intimidé pour oser s’en prendre à lui, même de dos.

Ça se pouvait, hein.

Maintenant que Scragga s’était assuré de la nature de son poursuivant, il ne lui restait plus qu’à semer ce cave, ou encore mieux, essayer de le choper à son tour. Le Gobelin repéra un grand sapin bien feuillu dans la distance qui semblait parfait pour ce qu'il avait en tête.

Il se mit en route du conifère à toute allure, il n’avait plus besoin de jouer au naïf. Il avait bien envie de voir ce que ce minable avait dans le ventre, dans tous les sens du terme.

Loin d’être inquiet, il se sentait maintenant ragaillardi. Il sautait de branche à branches et d’arbre à arbre sans réfléchir, par pur instinct. L’adrénaline lui avait donné un coup de fouet dont il avait bien besoin après la matinée qu'il avait eut.

Il pris la décision de bien remercier ce naze avant de lui couper le nez et les oreilles. C’était la moindre des choses après qu’il lui ait rendu un tel service.

Une fois arrivé au sapin, Scragga prétendit se diriger dans une direction pour aller à l’opposé, une feinte classique, mais toujours efficace. Il se mit en position, puis attendit de voir si l'autre raté tomberait dans le panneau.

L’autre zéro mit beaucoup de temps à atteindre le sapin. Scragga commençait à craindre qu’il l’avait perdu, mais non, la branche sur laquelle l’autre tache devait l’avoir vu pour la dernière fois finit par émettre un gémissement plaintif à cause de la soudaine apparition d’un nouveau poids.

L’ékléreur ne bougea pas d’un pouce, il voulait pas courir le risque que l’autre crétin le repère et perdre ainsi l’élément de la surprise. Il attendit de voir, ou plutôt d’entendre, ce que l’autre idiot allait faire.

Un son sourd en contrebas lui indiqua que l’autre pouilleux était descendu du sapin, sans doute pour voir si Scragga n’avait pas laissé de traces. Une erreur de débutant qui allait lui coûter cher.

Le Gobelin eut enfin l’occasion de voir la sale gueule de la pourriture qui avait cru qu’il pouvait ambusker l’Ambuskeur. Il fut contrarié, mais en fait peu surpris, de voir qu’il s’agissait d’un de ses propres gars ; Sbrat, le prétendu futé n’était clairement pas aussi malin qu’on le croyait.

Il aurait pu le laisser partir, le suivre à son tour pour voir ce que son loyal lieutenant allait faire, à qui appartenait le derche qu’il irait baisoter…

Mais Scragga sut qu'il avait encore quelques leçons importantes à transmettre à son protégé, comme toujours se préparer à une attaque aérienne par exemple. Aussi, il se munit de la corde qu’il avait sur lui et sauta du haut de la branche sur laquelle il se tenait de manière à atterrir directement sur son imprévoyant larbin.

Qui sait, selon ce que Sbrat lui apprendrait, peut-être lui permettra-t-il racheter sa traitrise en l’aidant avec son petit problème de gibier.

Il avait toujours voulu savoir si le dicton disait vrai, si les traitres avaient bien meilleur goût lorsqu’il fait froid.
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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Scragga] Un château de cartes

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Perché au bout de son arbre, Scragga se préparait à humilier ce petit con de Sbrat. Paré sur sa branche, il attendit calmement que son subalterne passe sous lui, trop bête qu’il était d’avoir l’astuce d’observer juste au-dessus de sa tête.
Et, au moment opportun, l’Embuskeur embuské se lança dans les airs pour atterrir les deux pieds joints directement sur la sale trogne à cet apprenti félon.

Vol plané.

Sbrat lève les yeux au ciel, et, par pur instinct, fait un simple pas de côté.

CRAC

Scragga s’étale à terre. Il a gros bobo. Peut-être aurait-il dû acheter un grigri au Chamane pour l’aider à contrôler sa chute. Car voilà que le Gobelin sentait une immense douleur dans ses chevilles.
Sbrat, tout surpris, tenta de faire… Quelque chose. Il leva avec maladresse le petit arc qu’il tenait à la main, mais le fit tomber à terre. Scragga tenta vite de reprendre une posture malgré l’atroce douleur, malheureusement, il fut un tout petit peu plus lent à la détente.

Sbrat se relève avec une flèche collée à son arc. Scragga ne pouvait plus que se figer, en regardant droit dans les yeux fort cruels du Fut’-Fut’.

Il ne décochait pas. Mais à la place, la trouille commençait à quitter ses prunelles pour se mettre à briller d’une lueur cruelle. Il dévoila ses dents dans un immense sourire carnassier, et sa voix nasillarde de Gobo se mit à pérorer.

« Héhéhéhé ! Chef !
Zavé glissé, chef ?! »


Il regarde de côté. Sa flèche ne vise pas tout à fait Scragga. La pointe est dirigée vers le sol. Et le voilà qui fait un tout petit pas très lent sur le côté, comme un chat qui se sent observé. Peut-être attend-il un signe d’hostilité de la part de l’Embuskeur pour tenter de le tuer. Ou peut-être pas. Très difficile à dire.

« Fô fère gaf’, chef… Zavez d’la chance k’là toute la neige sur l’sol, ç’a r’morti vot’ vol. »

Petit signe de tête de sa part.

« P’tit moment qu’on vous a pô r’vu au camp… Zavez oublié où kil é ? »

Il se moquait éhonteusement de son boss. Mais il semblait préférer causer plutôt que d’attaquer. Est-ce que c’était pour l’amadouer ? Le provoquer ?
Est-ce que Scragga devait jouer à son petit jeu, ou profiter qu’il soit trop imbu de lui-même pour lever son arc à lui et lui lancer une pointe en plein dans son sale crâne ?

Jet d’habilité de Scragga (Bonus : +4, grâce à la surprise et l’ascendant que t’as conservé) : 17. Non.

Jet d’initiative opposé.
Scragga : 17, échec de 7
Sbrat : 14, échec de 4.

Sbrat est plus rapide que Scragga.
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Re: [Scragga] Un château de cartes

Message par Scragga l'Ambuskeur »

J’pouvais voir qu’Sbrat commençait sérieusement à paniquer, il arrêtait pas d’regarder à gauche à droite comme un fouettard à qui s’était fé piqué l’goûter pendant qu’il roupillait, c’était fendard comme tout. Oh, y d’vait s’demander ou k’il été passé le Scragga, hein ? Comment esskil a pu se volitivolatali - se barrer d’là sans laisser d’traces ! C’t idiot était tellement idiot k’il pensait pas à r’garder en l’air, comme si il n’savait pas qu’il fallait toujours garder un œil dans les airs. Le gus qui l’avait entréné avait vraiment fait du sal’ boulot.

Bon, fini d’rire. J’ai juste à me décaler encore un peu et je s’rais en parfaite situation pour lui tomber sur la gueule. Allez, c’est là bonne… Ah merde il a bougé, bon juste un peu... Aller... aller…

MAINT-

Tout est blanc. Mon corps tout entier semble hurler. J’reprends mes esprits juste assez pour rel’ver ma tête de la couche de neige. J’vois quelques traces rouge sur le sol, du sang, mon sang, et quelques branches aussi, faut croire qu’elles ont amorti ma chute. Je sens même plus mes jambes, j’espère qu’elles sont pas cassées, sinon j’aurais aucune chance de retrouver la tribu...

Nan, nan, c’est pas important tout ça, c’qui est important, c’est Sbrat. Mon arc ! Putain, pourvu qu’y soit pas cassé, sinon c’est fini. Ah, ouf, le voilà. Où sont mes flèches, merde. J’crois qu’elles sont tombées pendant la chute. Y’en à là, attends voir, cassée, cassée, ah enfin...

J’ai à peine fini de mettre la flèche que je tombe sur Sbrat, arc à la main lui aussi, plus aucune chance de le prendre par surprise maint’nant. J’ai pu voir sa sale tronche passer d’une tête d’ahuri à celle d’un chasseur d’vant une proie dans un pièj’. Y fallait qu’je fasse kékchoz pour lui rapp’ler qui était l’chef, et que j’le fasse tout d’suite. J’peux pas laisser un d’mes larbins croire qu’il s’rait mieux qu’moi, pas maint’nant.

Cet’ crapule s’permet d’me narguer, j’réponds pô à sa première provocation, continuant d’le fixer droit dans les yeux. À la deuxième, j’sens ma face se crisper, laissant mes kenottes exposées, sansk’j’puisse y faire kekchoz’. Il d’vait adorer c’k’il voyait, ce con. À la troisième, j’en pouvé plus.

« Arrête de t'foutre de ma gueule, face d'étron ! Dis-moi tout d'suite pourquoi tu me matais et m'collais au train comme un lapin ! »
Test d'intimidation demandé à la Fée par message privé sur Discord : 20, échec critique.
Là, son rire de débile a bien disparu et il é bien fâché. Non pas k’ce soit une mauvaiz’ choz, mé là maint’nant, y c’met à m’viser avant mêm’ k’j’le voi v’nir.

« Oh-là, héhé, du kalm', boss... Du kalm'... Pas b'soin d'vous énervé… Zavez pô répondu, boss. T'é perdu ? »

Y savé vraimen’ ki été en pozission d’force, l’salaud. Mé j’avé encore un dernié tour dan’ mon sac.

« Chais parfaiteman ouké eul'putin d'kamp... J'voulé tomber sur toi, Sbrat avant d'aller retrouver tous les aut' gus... L'problèm', cé k'la branche cé kassée just' avant... »


J’lâche la corde de mon arc, afin k’l’aut’ gus baisse un peu sa garde, et j’me sers d’ma main libre pour tenir larbre pendant k’j’me lève douss’man.

« Tu vois, Sbrat, Y fallait k’j’te dise kekchoz, kekchoz d’important… Cé k’en fait, té pa si Fut-fut ke tu l’kroi… Paske tu sais, Skarny et Wololo, kontrairman à toi, ben, y zont réussi à trouvé ma plank…

Oué, oué, sa m’a surpri aussi, mais y m’on ossi di k’t’été d’venu kopain avec c’t’enflure de Kazgi et k’t’avé pa arrété d’lui raconté d’la merde pendan k’j’été pas là ; komman ke j’m’été vanté d’avoir suriné Braggit pendan la Bataill’ des Collines Brumeuz, komman ke j’lui avé piqué sa régné et komman ke j’traficoté avec lé Mil’ Pattes é lé Kass’Noix pour k’ils exigent ke j’devienn’ eul’nouvo Chef des Rôdeurs… T’as pa perdu d’temps, hein…

Y m’on aussi di k’t’esseré de m’voir rev’nir pour m’espioné et puis pour tout cafté à Kazgi, cé pour sa k’on a mijoté un plan tou lé trois, pour t’rap’lé cé ki l’chef. Cé pour sa ke j’voulais k’tu m’suives. J’m’attendais pas à ke tu sois aussi kon pour dessendre par contre, é… Fô croire k’ta bétise é contagieuz’ paske j’me suis ramassé kom un snot.
Mais cé pa important, paske Skarny et Wololo et tous leurs gars sont venus là pendant k’on kausé toi et moi…

CHOPPPÉ LE, LÉ GARS !!! »


Allé, allé, tombe dans l’piège, charogne. juste un moment cé tout s’k’il me fô...
Si le baratin semble distraire Sbrat, Scragga va essayer de courir se servir du tronc d'arbe comme couverture avant d'essayer de tirer sur Sbrat. Son objectif est d'essayer de le blesser Sbrat jusqu'à ce qu'il se rende ou qu'il ne puisse plus continuer à se battre, pas de le tuer, mais si ça doit arriver, ça doit arriver.

Si cela ne marche pas, Scragga n'esseyera rien de tout ça.
Modifié en dernier par [MJ] La Fée Enchanteresse le 23 juil. 2021, 21:42, modifié 1 fois.
Raison : 24 XP gagnés (Fin du RP)
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Re: [Scragga] Un château de cartes

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

C’était risqué, d’ainsi se découvrir en jouant tout au bluff. Risqué, mais le risque, des fois, pouvait être payant. Gratter une seconde d’hésitation, un battement de doute, rien qu’un espace fugace, ça pouvait faire toute la différence entre la victoire et la défaite. Il fallait juste jouer sur la paranoïa naturelle qui traversait toutes les Peaux-Vertes.

Sbrat laissa bien parler Scragga. Le regarda de côté tandis qu’il piaillait. Jusqu’à ce que Scragga hurle, en annonçant qu’il avait des renforts surgissant pour venir l’aider.

Scragga bondit.
Sbrat poussa sur son arc et tira la corde contre sa mâchoire. Et, ne tombant absolument pas dans le piège de son supérieur, il décocha une flèche qui vola en l’air, et se planta dans la rotule gauche de sa cible.

L’Ambuskeur hurla de douleur. Fit le tour de l’arbre, et tira une flèche à son tour en riposte. Mais Sbrat bondit de côté, et le projectile alla se ficher dans un buisson environnant.
Le subalterne jeta son arme à terre, et dégaina une grosse matraque en bois à la tête renforcée par un caillou. Il cria quelque chose d’incompréhensible comme cri de guerre, et couru à toute vitesse dans la neige. Loin de s’enfuir pour chercher une couverture, lui était bien déterminé à massacrer.

Scragga accepta son challenge. Laissant tomber son arc, il prépara sa lance, et donna un gros coup en se penchant à côté de l’arbre pour tenter de l’empaler dessus.

Et alors il y eut un combat. Un violent échange de coups, de cris, d’insultes. De glissement de pieds, de ripostes et de contres. Sbrat, bête et méchant, était absolument incapable de toucher son chef qui fuyait gracieusement devant chaque coup. La lance acérée du Gobo plongea dans son bras gauche. Du sang coula sur la pointe. Sbrat recula, en criant.
Il devrait logiquement s’enfuir. Ou se mettre à pleurer par terre.

Mais non… Il était comme drogué aux champis. Au lieu d’utiliser une fourberie digne de Mork, il semblait être insufflé d’une colère digne de Gork.

« RAAAAH ! J’vé t’démolir corrèk’tment, moi ! »

Il frappa à nouveau, dans une pluie de coups, trahissant son impatience comme son manque d’intelligence. Trop lent, avec un bras trop petit, il était un adversaire parfaitement ridicule.
Jusqu’a moment où il fut chanceux.

Il tapa dans la lance de Scragga, brisa la distance entre eux, et frappa dans son torse. L’Ambuskeur senti toute la violence du coup dans son tronc ; ça résonnait, et pulsait en vagues à travers tout le corps. Il en eut de la gerbe qui remonta jusqu’à sa gorge. Par réflexe, il glissa sur le sol en arrière, et arma à nouveau sa lance, obligeant un Sbrat essoufflé, le bras dégoulinant de sang, à enfin reculer et s’effondrer sur le tronc d’arbre.

Pendant quelques instants, le temps sembla ralentir. Et les deux Gobos amochés, transis d’excitation comme de peur, se regardèrent l’un et l’autre en haletant, attendant l’attaque de l’autre.

Jet de bluff de Scragga (Bonus : +3, parce que… Parce que je suis sympa) : 11, échec de 1. Même en étant gentil ça marche pas.

LET’S GOOOOO

Sbrat a l’initiative sur Scragga grâce au 20 de tout à l’heure et l’échec de bluff. Scragga n’a pas le temps de passer derrière l’arbre avant que Sbrat ne décoche.
Mais, comme je suis un MJ super sympa, je ne donne aucun bonus à l’assaillant non plus, même s’il est quasiment à bout portant.
Jet : 5. Malgré le manque de précision légendaire des Gobos, ça passe.

Localisation : 10, jambe gauche
Résolution : [26 + (1d8 : 2)] – (END : 7) = 21. Il reste 29 PV à Scragga.

Scragga fait le tour de l’arbre et décoche à son tour.

Jet : 12, échec du tir.

Jet de courage de Sbrat pour voir s’il fait une manœuvre Goboesque (C’est-à-dire : Foutre le camp en vitesse) ou s’il décide de jouer : 3, ça passe large.

Échange d’initiative ; c’est maintenant à Scragga de reprendre la main.

Scragga encoche une nouvelle flèche (Mineure) et décoche (Majeure) : 10, échec.

Sbrat jette son arc et dégaine une lame (Mineure) et charge vers l’arbre (Majeure). Je considère que l’arbre est une couverture, donc il n’a pas le droit d’attaquer tout de suite ni de profiter du +2.

Nouveau tour.

Vu avec Scragga en discord ; plutôt que de décocher sur le taré qui le charge et risquer de se trouver sans arme, il se débarrasse de son arc, prend sa lance, et se prépare à l’accueillir comme il faut.
Jet d’habilité pour voir s’il le fait assez rapidement ou si ça sacrifie sa mineure : 1, réussite critique, aucun doute là-dessus, non seulement c’est cadeau, mais en plus, Scragga va attaquer en premier.

Jet d’attaque de Scragga : 10.

Jet d’attaque de Sbrat : 13.

Combat d’infirmes. Ça durera pas éternellement, les Gobos sont tout de même des lâches…

Jet d’attaque de Scragga : 18

Jet d’attaque de Sbrat : 8. Échec (Merci l’attribut « long » de la lance qui aide quand même un max)

Encore un tour pour rien.

Jet d’attaque de Scragga : 19, échec.

Jet d’attaque de Sbrat : 5. Cette fois, ça passe.
Vu avec Scragga par discord : Il trouve que l’esquive est plus costaud que la parade. Let’s go !
Esquive : 4, c’est large, dégâts évités.

Encore un tour pour rien.

Jet d’attaque de Scragga : 6, ça passe.
Jet de parade de Sbrat : 5, ça passe de justesse.
Localisation : 6 (bras gauche)

Résolution : [(22) + (1d6 : 6, le max)] – [(END : 6) + (Parade : 7)] = 15, il lui reste 35 PV. Pas encore assez pour le convaincre de reculer.

Jet d’attaque de Sbrat : 10, échec.

Nouveau tour.

Jet d’attaque de Scragga : 13, échec.

Jet d’attaque de Sbrat : 6, ça passe miraculeusement.
Jet d’esquive de Scragga : 1, réussite critique. Scragga gagne une attaque d’opportunité gratuite.

Jet : 11, ça passe pas, malheureusement.

Nouveau tour.

Jet d’attaque de Scragga : 15, échec

Jet d’attaque de Sbrat : 6, encore. Décidément.
Jet d’esquive de Scragga : 1, réussite critique, encore. Je ne me suis pas trompé j’ai bien revérifié.

Jet : 18, opportunité non-confirmée.

Nouveau tour.

Jet d’attaque de Scragga : 3, ça passe.
Jet de parade de Sbrat : 5, mais lui aussi ça passe.
Localisation : 19, en plein corps.

Résolution : [(22+(5)] – (END+Parade) = 14. Il lui reste 21 PV. Cette fois il doit rouler un jet de mental.
Jet : 2. Vainquant toutes les logiques de la race Goblinoïde, Sbrat décide de se battre comme un fou furieux au lieu d’implorer pitié.

Jet d’attaque de Sbrat : 4, ça passe.
Jet d’esquive de Scragga : 9, réussite de 2. Parce que la règle de l’esquive est égalité = victoire de l’esquive, hé bien, Scragga ne subit aucun dégât.

Nouveau tour.

Jet d’attaque de Scragga : 14, échec.

Jet d’attaque de Sbrat : 16, échec.

Nouveau tour.

Jet d’attaque de Scragga : 14 encore, Jodri adore retirer les mêmes jets bordel.

Jet d’attaque de Sbrat : 5
Esquive : 18. AH ! Ça ne passe plus !
Localisation : 18, le corps

Résolution : [(14)+(2d8 : 3 et 1, 4)] – (END Scragga : 7) = 11, reste 18 PV à Scragga.

J’arrête le combat maintenant. À toi de tenter le diable et d’achever le combat, ou de t’enfuir, ou de faire autre chose.
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