Informations générales sur le personnage :
| Nom et Prénom: | La Sire - Maria Lucini | |
| Age: | 26 ans | |
| Sexe: | Féminin | |
| Race: | Humain | |
| Carrière: | Amirauté | |
| Lieu/ville de départ: | Sartosa | |
| Fréquence de jeu: | Souvent | |
| MJ: | [MJ] Le Grand Duc |
| Nom de la ligne | FOR | END | HAB | CHAR | INT | INI | ATT | PAR | TIR | NA | PV |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Profil de départ (+4 PC initiaux) | 8 | 8 | 9 | 8 | 8 | 8 | 9 | 8 | 9 | 1 | 60/60 |
| Profil actuel | 8 | 8 | 9 | 8 | 8 | 8 | 9 | 8 | 10 | 1 | 60/60 |
| Améliorations restantes à acquérir pour level up (déjà acquis/à acquérir) | 0/1 | - | 0/1 | - | - | - | 0/1 | 0/1 | 1/1 | - | 0/5 |
| XP disponible: | 21 |
Description physique :
«La gamine ? Vous devriez la voir se battre avec sa mère, arharharh. Assez comique, comme scène, pour sûr. Ah, ma pauvre femme… Elle tente bien de lui inculper un semblant de savoir-vivre, comme font les roturières de l’Empire et les filles de bonne famille, mais c’est perdu d’avance. Je ne peux m’empêcher d’esquisser un léger sourire lorsque je la vois en train de tenter de peigner ses longs cheveux noirs comme le jais, devenus rêches par le sable et le sel. Et encore mieux, quand je l’observe essayer de lui faire passer une belle robe, toute en dentelle et soierie. Par ma barbe, voilà Maria qui se débat comme une diablesse dans tous les sens. « Ça sert à rien, ça m’entrave ! Comment veux-tu que je cours dans le gréement avec un truc pareil ! » Elle n’a pas tort, la petite, mais je doute que sa mère ait ce genre de visée en portant une robe de cet acabit. A elle de rétorquer, tout en maintenant la petite furie : «Ça sert surtout à t’habiller mieux que tu ne l’es d’ordinaire, Maria ! T’es-tu seulement un peu regardée dans la psyché ? On dirait une vraie souillonne, de la crasse sur le visage, la tunique à moitié déchirée, tes chausses d’homme, trop grandes pour toi, noires de cambouis et de goudron ! Une vraie sauvageonne, un vrai garçon manqué ! Régina Lucini, dis-lui, toi ! » Ah non, mais si ma propre femme me prend à partie dans cette histoire pour tenter de convaincre cette garçonette… Ça va tout de suite être moins marrant.»
Anecdote du capitaine Regina Lucini à propos de sa fille et de sa femme, dix ans plus tôt.
«La « Sire ». Ça en dit long sur son compte, non ? Je crois que le surnom est venu d’un de ses matelots qui officiaient sous ses ordres, en l’observant se comporter. C’était pas méchant, et il y avait un brin de vrai, là-dedans. L’on a beau être que de vulgaires pirates, libres comme le vent, aussi solidaires les uns avec les autres que l’on peut être exécrables avec ces puissants qui tentent d’opprimer les faibles, elle, elle semble parfois péter un peu plus haut que son cul, si vous voyez ce que je veux dire. Je ne crois pas me planter en affirmant que sa mère avait des origines bourgeoises, peut-être même bien nobles. Ben la gamine, elle aura tout hérité de cette première, au moins au niveau de son allure et son maintien. Et même de façon plus exacerbée encore. Enfin, a-t-elle véritablement le choix, en fin de compte ? J’imagine bien, avec un peu de recul, que travailler en compagnie d’hommes, et de marins qui plus est, vous oblige à vous affirmer, en tant que femme. Bref, elle a le regard qui ne cille que rarement, n’hésitant pas à vous regarder bien en face. Une fâcheuse tendance à bien se cambrer, aussi, et à rouler du cul –si si. C’est peut-être ça le pire, en fin de compte, surtout sur un navire. Genre le roulis et le ressac des vagues ne vous font pas déjà assez dandiner des hanches de façon naturelle, même pour un homme, qu’il faut qu’elle en rajoute encore ! M’enfin, ce n’est pas de l’arrogance, pour autant que je sache. Juste une façon d’être. Sans quoi n’hésitera-t-elle aucunement à se mouiller et à mettre la main à la patte aussi prestement que n’importe quel autre bougre sur le tillac. Elle n’a pas le choix. Ah, et quand bien même l’appelle-t-on « la Sire » et que sa mère serait noble… J’vous assure qu’il suffit de l’entendre jurer comme un charretier pour commencer à émettre des doutes sur son noble lignage.»
Jack la Lavandière, marin à bord de la Vivacia.
Description psychologique :
« … se porte beaucoup mieux. S’il demeure toujours aussi difficile de pouvoir lui faire porter une vêture de circonstance, notre petite Maria développe un esprit émerillonné, curieux et intelligent. J’ai tout d’abord eu du mal à lui enseigner quelques notions de couture et de ravaudage, avant de mettre en avant le fait que cela lui serait assurément utile sur un navire lorsque viendrait le temps de réparer les voiles. C’est une demi-victoire pour moi, car si Maria s’est effectivement pliée à la tâche, je crains que, à l’avenir, elle ne finisse par questionner l’utilité de toute connaissance à bord d’un vaisseau. Toutefois, je n’ai pas eu besoin d’affirmer ce genre d’argument en ce qui concerne la lecture ; elle a tout de suite compris, t’ayant vu à de nombreuses reprises écrire tes propres récits dans ton journal de bord, que demeurer analphabète la desservirait sûrement à l’avenir. Les premiers cours furent difficiles, mais, bientôt, son esprit aiguisé prit le dessus, évaltonnant sa soif de connaissances, et elle se précipita dans notre bibliothèque pour dévorer le moindre ouvrage qui lui tomba sous la main. Hélas, plutôt que de découvrir « L’Histoire de l’Empire » ou « Le Culte des Religions », elle préféra tourner une à une les pages de «A la Découvertes de l’Océan », ou encore des « Pirates de Légende ». »
Fragment d’une lettre déchirée, trouvée dans les écrits du capitaine Régina Lucini. Date inconnue.
«Elle est bien astrée, dit-on. Lorsqu’elle fait donner une manœuvre que la prudence ne préconiserait pas, par vent contraire, ce dernier semble soudain s’estomper pour laisser place à une mer bonace, une accalmie, et tout mauvais grain disparaît l’espace de quelques instants. Et vous appelez ça de la chance ? J’appelle ça de la sorcellerie. »
Ecob le Pragmatique, pirate émérite.
« La Sire ? Un sacré bout de femme. J’en ai vu, des femmes prenant part à la piraterie, mais rarement des comme elles. Elle cherche à s’affirmer, alors que, bien souvent, elle l’est déjà au sein d’un équipage. Presque naturellement. Et c’est une sorte de compétition tacite qui s’installe avec elle et quelques autres marins, mais non pas dans la sale rivalité que l’on pourrait trouver à bord des navires de guerre, mais plutôt dans la franche camaraderie. Simplement pour se prouver, à elle comme aux autres, qu’elle vaut aussi bien qu’un homme. Ce qui, entre vous et moi, n’est pas forcément gagné, mais elle s’y accroche, la petite. Que ce soit pour lever le coude dans un concours de boisson, pour effectuer une manœuvre, pour être la première arrivée en haut des haubans, pour faire la plus belle prise lors d’un abordage, voire même pour éliminer le plus de militaire en face. Car, ouais, même au combat, elle sait y faire, la petiote. Elle a l’œil, que ce soit pour le tir au pistolet, dans la grande hune, ou pour se fendre en avant, perforant un cœur. En fait, alors qu’elle est capable de faire aussi bien que nous autres, il n’y a qu’un truc qu’on a pas encore réussi à lui faire faire, à bien y penser. Aller au bordel. Arharhah. »
Alignement : Neutre
Historique du personnage :
«Second, abordage par bâbord ! Canonnier, chargez la batterie bâbord à mitraille sans ouvrir les sabords ! »
Mes ordres retentirent haut et fort sur le gaillard arrière de la Vivacia, couvrant le bruit des voiles qui claquaient au vent, et furent repris tout aussi fermement sur le tillac, occultant les lourds clapotis des vagues heurtant les œuvres-vives.
«Préparez les grappins d’abordage sur bâbord, carguez et ferlez huniers, cacatois et perroquets. Que l’on distribue sabres et pistolets, et deux biscaïens aux moucheurs qui se posteront sur les gabies d’artimon et de misaine »
Je ne prêtais pas grande écoute aux ordres du second à l’équipage, concentrée que j’étais sur notre future prise. Ignorant le tohu-bohu qui s’étendait à mes pieds, tous ces marins qui s’activaient frénétiquement sur le pont, j’observai une dernière fois le lit du vent. Nous voguions au grand largue, vent d’Est en Ouest, et ce lourd navire estalien ne pourrait nous échapper. Mieux encore, aborder à bâbord faciliterait d’autant plus la tâche des canonniers, dont les boulets seraient légèrement portés par le vent, et celle du restant de l’équipage, dont les gréements ne se balanceraient que mieux encore en direction de l’ennemi lorsque serait donné l’abordage.
«Double charge ! Pointez à ricochet à trois-cents mètres, plein entrepont, gîte nulle !»
Le maître canonnier s’activait à son tour sur le pont-batterie, et je pouvais sentir les marins amarrer les canons pour les empêcher de reculer et de tout dévaster sur leur passage lors de la mise à feu, les boulets ronds, parfaits pour effectuer des ricochets sur l’eau par une mer bonace en cas de mauvaise estimation de distance, que l’on enfonçait dans les tubes à l’aide des refouloirs avant de régler la hauteur de la batterie à l’aide du coin de mire et l’anspect.
Là-bas, au loin, le navire ennemi nous avait enfin aperçus. La chasse avait été relativement aisée, quoique l’attente demeurait ce qu’il y avait de plus horrible dans la vie d’un pirate, rompu à l’action. La vigie avait repéré la bisquine la veille, dans la matinée, loin sur l’horizon, alors qu’elle voguait innocemment en tanguant çà et là, lourde de ses marchandises. Marchant au grand cargue, tout comme nous l’avions fait, nous étions situés à sa poupe, et elle ne semblait pas nous avoir remarqués. Aussi avais-je décidé d’attendre la nuit pour nous rapprocher, affalant toutes les voiles en amurant les bonnettes pour gagner de l’allure. Et alors que la bisquine naviguait tout fanaux allumés sans jamais changer son cap et que ses lueurs flamboyantes à l’horizon ne cessaient de grossir d’heure en heure, nous savions qu’elle ne nous savait toujours pas derrière elle alors que nous nous rapprochions inlassablement, nous qui louvoyons tout feu éteint. Au petit matin, alors que le soleil dardait ses premiers rayons sur une mer étincelante, cernée de quelques terres au climat presque tropical, la bisquine n’était plus qu’à quelques encablures de distance.
«Il change de cap !» gueula la vigie, relayée par les gabiers qui montaient à toute vitesse dans les gréements, évoluant sur les vergues et les haubans avec une aisance déconcertante. Je précisai mon regard en direction de la bisquine, observant la manœuvre, avant de porter la longue-vue à mon œil directeur. Effectivement, je voyais ses marins s’activer, larguant bouts et manœuvres vivantes, écoutes et amures. Abaissant l’outil, je vis de loin le navire qui affaissait certaines voiles comme il en remontait d’autres, et, aussi lentement que sûrement, l’énorme vaisseau commença à décrire une lente courbe, porté par le vent. Tanguant à tribord, son franc-bord diminua fortement comme l’eau venait lécher plus que de normal sa carène.
«Il fait davantage que changer de cap, murmurai-je, presque pour moi-même. Il fait carrément demi-tour. Serait-il fou ?!»
Le changement de bord, changement d’amure par vent devant, était une longue manœuvre qui nécessitait la cohésion de tout l’équipage, et qui pouvait prendre une dizaine de minutes, le temps que les amures fussent larguées et les voiles ferlées. Je devais avouer que ce changement d’attitude m’avait surprise, et je n’étais pas la seule à penser de même. Dans quelques minutes, il reviendrait vers nous, pour nous affronter, et son demi-tour avait été si long, comme il l’était d’ordinaire pour ce genre de manœuvre, qu’il se présenterait non pas à bâbord, tel que je l’avais originellement pensé, mais bien à tribord. Et rien n’était encore prêt.
«Second, inversez les bordées : abordage par tribord ! Canonnier, chargez bolas et boulets ramés, tir dans le gréement !»
Une fois de plus, mes ordres furent repris de manière plus détaillée par le second, s’adressant aux bordées d’équipage, et par le canonnier, s’adressant, de son côté, aux bordées d’artillerie. La situation se présentait sous un angle différent, alors que la bisquine voguait droit sur nous. Bien qu’ayant une allure au près du vent, sa vitesse demeurait encore importante, eu égard au bon rendement de ses voiles latines, et le différentiel de nos allures respectives, la bisquine allant dans un sens et nous dans l’autre, rendait l’abordage bien trop dangereux. La corde des grappins, attachée au bastingage et aux mâts, se romprait à coup sûr sous la tension soudaine de quelques milliers de tonnes, éclatant au visage des marins lorsqu’elle n’arracherait tout simplement pas la carène du navire. Mieux valait pointer le gréement afin d’en arracher les manœuvres et de tenter de le démâter, le ralentissant définitivement. Mieux encore, nombre de gabiers et autres matelots, chutant de plusieurs dizaines de mètres de haut, ou fauchés par les cordages, seraient autant moins d’adversaires à affronter. Là, alors, l’abordage serait une option tout à fait envisageable une fois la proie rattrapée.
Enfin, ce fut le face-à-face, les deux navires présentant tous deux leurs flancs tribord, l’un voguant vers le nord, l’autre vers le sud. Je pus sentir chacun de mes matelots se crisper alors que je faisais de même, la flamme de l’éternelle attente brillant dans les prunelles. Un ordre éclata, venant de la part du canonnier, et ce fut l’enfer sur la mer. La première déflagration vint de notre côté, alors que les canons délivraient toute la puissance de feu. La Vivacia vibra de toutes ses pièces, cordages, carène, œuvres vives comme mortes, tressauta sur elle-même comme les batteries reculaient soudainement, tout juste retenues par les cordes qui les amarraient, et même la mer autour de nous se plissa de nouvelles vagues creusées par l’onde sonore. Celle-ci, assourdissante, oppressante même de par sa toute puissance, sembla déchirer le ciel et les tympans, et secoua les corps en manquant de peur de faire éclater les crânes. La poudre noire avait parlé, laissant dans son sillage une épaisse et opaque fumée, suintant de la gueule des canons. La purée de pois recouvrit tout notre champ de vision, barrant la ligne de mire entre notre navire et la bisquine d’un brouillard étouffant. Seul nous parvint, de l’autre côté, la réponse vengeresse et rancunière, à une encablure de là. J’eus tout juste le temps de me jeter à terre.
Au bruit si caractéristique, je reconnus la mitraille de plomb. Atténué par la carène de leur propre vaisseau, à moitié contenu par ses cales de bois, le bruit de leurs canons nous souffla malgré tout, comme le faisait tout autant des milliers de petites billes métalliques libérées de leurs sachets de toile cirée, éclatés puis projetés par la poudre. Ce fut des myriades de petits sifflements stridents, trop brefs pour être continus, si prompts que cela témoignait de leur vélocité ahurissante, que j’entendis autour de moi, balayant dans un large cône le tillac et les gaillards de mon bâtiment. Chacune de ces petites sphères mortelles rencontra le bois dans lequel elle interrompit sa course dans un bruit mat, ou qu’elle traversa de part en part dans une explosion d’échardes et d’éclisse, ajoutant à la fumée environnante une poussière plus ou moins fine de sciure capable de vous aveugler un homme. Aux stridulations déchirantes s’ajoutèrent bientôt le claquement sec des manœuvres qui se rompaient, et, surtout, les hurlements des hommes, fauchés comme les blés. Les sabords versèrent leurs premiers sanglots de sang, des traînées rougeâtres commencèrent à arpenter le pont, et des morceaux humains s’écrasèrent dans un bruit indescriptible, tombant des vergues brisées.
Et ce fut l’accalmie après la tempête, un silence de mort, seulement brisé de temps à autre par les gémissements des mourants, affalés contre le bastingage. Je me relevai tant bien que mal, vacillant sur mes jambes, des acouphènes aux oreilles qui me lancinaient la tête. Je n’en étais pas à ma première bordée, loin de là, mais cette situation-là me donnait toujours l’impression d’être une miraculée perdue au milieu d’un carnage. A vrai dire, le gaillard arrière représentait le meilleur endroit où se tenir, bien plus surélevé que les autres ponts, protégé en sus de cela par la lisse de couronnement qui agissait comme un garde-fou à l’encontre des vagues et des embruns, mais aussi des boulets et de la mitrailles tirés des entreponts. Cela ne m’empêcha pas de me frotter la joue, barbouillant ma paume de sang, tandis que des élancements douloureux me rappelaient que des éclisses fourbes et pointues, parfois grosses comme un poing, m’avaient écharpé le corps.
La mer calme témoignait d’un vent qui l’était pareillement, et la fumée mit du temps à se dissiper. Nous revenions presque hagards, comme brutalement réveillés après un doux rêve, à nos esprits, mais il ne nous suffit que d’un seul coup d’œil pour évaluer la situation. Nous avions essuyé des pertes, assurément, et nombre de manœuvres seraient à refaire, des voiles à raccommoder, et des voies d’eau à calfeutrer. Les maîtres voilier, calfat et charpentier auraient du pain sur la planche. Mais pas autant que nos adversaires.
Là-bas, ce n’était plus tant un navire qu’une presque-épave qui singeait de voguer à vitesse réduite en longeant les terres. Mes estimations avaient été bonnes ; nous disposions d’une puissance de feu bien supérieure à la leur, et nos batteries chargées de bolas et de boulets chaînés avaient ravagé son gréement. Vergues, bras, épars, drisses, haubans, poulies et palans pendaient lamentablement de leurs mâts, et il me semblait même, de loin, que leur mât de misaine avait été rompu juste sous le perroquet. La bisquine avait l’espoir de se traîner difficilement hors de notre portée, rampant sur les eaux comme une souris à la mort devant un chat joueur. Cela nous mit à tous du baume au cœur, en dépit des dernières pertes. Certes, après les échanges de bordées qui avaient eu lieu, après l’obligation d’attendre que la fumée se dissipât pour constater des dégâts, la bisquine se trouvait à plusieurs encablures de notre position, et il nous fallait encore virer de bord pour pouvoir la rattraper et l’aborder. Mais cela ne serait l’affaire que d’une demi-heure, ou une heure, tout au plus.
«Hauts-fonds droit devant ! Syrtes en approche !»
Mon sang ne fit qu’un tour à l’énonciation seule de ces quelques mots, lâchés par la vigie. Je m’emparai prestement de ma longue-vue, la pointant droit par-dessus la proue de la Vivacia. Que pour ne rien voir, mon angle de vision n’étant pas assez haut pour perforer les eaux. Et pendant ce temps-là, la vigie répétait inlassablement la même chose, la peur perçant dans sa voie.
«Hauts-fonds droit devant ! - Distance ? demandai-je aussitôt. -Une encablure et demie, peut-être deux ! - QUOI ?»
C’était un cri du cœur, un véritable hoquet de panique qui m’avait soudainement envahie. Et je compris brutalement, bien trop tard. La bisquine n’avait pas eu en tête de nous affronter, non pas. Simplement de virer de bord afin de tenter de nous échapper, plutôt que de se retrouver cernée par les hauts-fonds et ces bancs de sable, définitivement à notre merci. Et moi –nous, grisés par l’ardeur du combat et la promesse d’un butin qui nous tendait les bras, n’avions rien vu. Pire encore, après les déflagrations et les échanges de bordées, devant attendre que le chaos cédât la place à l’accalmie et que le vent chassât les fumées, nous nous retrouvions bien plus loin que ne l’avait été la bisquine lors de son virement de bord. Je gageai que la vigie n’avait repris son rôle que maintenant, après avoir contemplé que trop longtemps notre cible plutôt que les rivages et les autres menaces aux alentours. En vérité, ces trois-quatre cents mètres qui nous séparaient des syrtes ne nous laissaient aucune manœuvre possible, aucune échappatoire, et, d’un instant à l’autre, notre quille se briserait sur ces récifs immergés, accotant le navire.
«Second, canonnier, lâchez batteries, tous les hommes aux manœuvres ; on empenne, on empenne !»
Plutôt tenter l’empennage, mouvement ô combien dangereux, que de se laisser abattre. Ces hommes comptaient sur moi pour les tirer d’affaire. Les mourants furent totalement ignorés au profit du bien commun, et les pirates s’activèrent une fois de plus. Les manœuvres se teintèrent de rouge comme les blessés grimpaient aux haubans, mâchoire serrées, une oreille ou quelques doigts arrachés. L’on enjambait les corps suppliant, occultait des champs de vision cette main unique encore accroché à une cargue, cette jambe entortillée dans un marchepied de vergue sectionné, et l’on se focalisait uniquement sur ce vain empannage, qui consistait à effectuer un demi-tour en passant par le vent arrière tout en orientant le sens des voiles en conséquence. Aussi fallait-il, dans la précipitation, retirer toutes les manœuvres amurées d’un côté pour les fixer de l’autre, tout en agissant avec le vent de derrière qui cesserait d’agir. Conjugué le roulis de la mer et les courants sous-marins, les écoutes ne cesseraient de balloter d’un côté et de l’autre comme les voiles claqueraient si puissamment qu’elles seraient capables d’arracher le bras d’un homme agrippé aux cordages. Pire encore, le changement d’amure pouvait être parfois si brutal que la traction exercée par le vent, s’engouffrant subitement dans la voilure menaçait de faire démâter le navire. Aussi décidai-je d’agir à ma façon, tentant, une fois de plus, le tout pour le tout.
Je l’avais déjà fait. Faire souffler un léger aquilon, uniquement dans la voilure d’artimon et cela avec une incidence différente du lit du vent, afin de l’utiliser comme un gouvernail aérien. Les marins n’appréciaient guère cela, donnant une allure et un comportement presque mystifiant au navire ; c’était comme s’il était soudainement capable de pivoter sur lui-même, sur place, là où, d’ordinaire, n’importe quel navire tournait en arc-de-cercle sur la mer.
Je m’ouvris à cet espace inconnu que je percevais parfois en songe, à ces courants célestes, invisibles, semblables à leurs homologues marins, que je pressentais sans jamais véritablement les distinguer. Je m’emplis de leur souffle, respirant à plein poumons les embruns portés par le vent, déferlant par-dessus le gaillard arrière, et fermai les yeux, ressentant la pleine puissance de la vastité céleste. J’imaginai une légère brise sur les voiles qui faséyaient, leur donnant un second souffle, au propre comme au figuré, capable de faire pivoter le navire. Mais quelque chose m’échappa, comme si j’avais resserré la main trop tard sur ce courant d’air, avec une seconde de décalage pour pouvoir le capturer et le modeler à loisir. J’ouvris mes yeux avec effroi, devenus d’un bleu livide, transfigurés par cette énergie que je connaissais depuis ma plus tendre enfance mais dont je ne parvenais pas à comprendre l’essence profonde. Oui, il y eut bel et bien un courant d’air, mais il fut aussi puissant que soudain. Plutôt que de caresser la toile, il la frappa avec véhémence, de plein fouet. Les écoutes claquèrent, muées par une torsion subite, les bras de vergue pivotèrent soudainement, les drisses remontèrent avec fracas, envoyant au tapis quelques marins affairés à la tâche. La nef fit une violente embardée sur le côté, percutant droit devant les récifs immergés qui raclèrent les œuvres vives et la carène du bâtiment, mordant le bois de leurs saillis aiguisés. Et le vaisseau s’encastra en partie entre roches et sable, avant de s’immobiliser complètement, à moitié accoté. Certains de mes hommes qui avaient tenu bon, accrochés au gréement, furent de nouveau surpris, et chutèrent vers une mort assurée.
Et la bisquine estalienne en piteuse état continuait sa route, définitivement inattrapable comme notre vaisseau demeurait hors d’état de naviguer.
Sartosa, repaire de pirates, de brigands, de réfugiés, et de vieux loups de mer, était aussi ma patrie, ma seule nation. Ville de liberté, de toutes les opportunités, pour peu que l’on sût les saisir. Ce fut là que je naquis, fille d’une bourgeoise bretonnienne ravie par mon paternel, Regina Lucini au large de l’Aquitanie. En vrai gentilhomme, plutôt que de la partager à tout son équipage, il préféra lui conter fleurette, et la belle, après quelques moments passés en sa compagnie, fut toute ébaudie de la différence qui existait véritablement entre le portrait que l’on décrivait des pirates, et leur réalité. Je gage que, à ce moment-là, la seule différence qui exista véritablement fut qu’elle ne servit pas de passe-frustration pour chacun des pirates, mais, dans le fond, c’était bien vrai.
Les puissants aiment nous décrire comme des animaux sauvages n’ayant ni foi ni loi, ne respectant rien, saccageant tout sur le passage, et avides de sang. S’ils n’ont pas tort pour certaines choses, il faut remettre les pendules à l’heure ; nous sommes loin d’être sans foi ni loi. A vrai dire, ce serait même l’opposé ; là où l’Empire et la Bretonnie enclavent les petites gens, trop pauvres pour protester et se défendre, nous, nous autorisons tout à chacun à vivre sa vie comme il le souhaite, indépendamment de son rang, de sa race, de ses convictions, tant qu’elles respectent les nôtres et, surtout, notre liberté. C’est notre bien le plus précieux, et personne nous le retirera, surtout lorsque l’on sait que la plupart des hommes et des femmes ci-présents ont souffert à bord des navires de guerre armées par l’Empire, la Bretonnie, l’Estalie ou la Tilée. De véritables bagnes ambulants, voguant sur les flots, promesses de soumission et d’asservissement. Il suffit de comprendre la façon dont ils « recrutent » pour en être certains ; par la presse. Rafler les villages et leurs alentours pour enchrister les hommes et les obliger à travailler sous la contrainte, sur les ponts. Et, enfermés dans une immense carène de bois entourée par la vastité de l’océan, pendant plusieurs mois, il n’y a plus d’autre choix que « marche ou crève ».
Non, pour le meilleur comme pour le pire, nous sommes absolument affranchis des cabales des « puissants », et surtout, nous nous sommes suffisamment établis loin des Cités-Etats tiléennes pour éviter les intrigues politiques, que nous détestons par-dessus tout. Cela peut parfois tourner à l’anarchie généralisée, mais Sartosa, en sus d’être un terrain totalement neutre pour tout pirate mouillant dans sa crique, se conforme au code de la piraterie. Assez spécifique, je dois dire, et je l’ai parfois appris à mes dépends, lors de ma prime jeunesse. Mais, et je remercie ma mère défunte, j’ai appris à déchiffrer quelque écriture par l’intermédiaire de cette première, voyant que je développais un esprit aussi intrépide que curieux. Je n’excelle en rien là-dedans, mais cela m’a permis de me régaler des journaux de bord que me rapportait parfois mon géniteur, parfaisant mes connaissances aussi bien nautiques que géographiques. Car je trouve que la lecture apporte un véritable plus vis-à-vis de qui ne sait pas lire, et ce dernier vous paraît subitement plus lent d’esprit, plus mou. Plus co*.
Ce code de la piraterie est donc un ensemble de règles, parfois assez fort farfelue, qui peuvent toutefois être interprétée de différentes manière en les déformant à loisir, pour peu que l’on ait l’aisance nécessaire pour ce faire, et cela d’autant plus qu’elles ne sont pas écrites, mais passées à l’oral. Et il y a ce fameux bout de code que j’ai toujours dédaigné, et plus encore ceux qui osent me le jeter à la tronche par simple morgue de mon sexe. « Il est interdit de faire monter à bord une femme sous un déguisement. » Cornes du diable, et c’est que l’on me l’a prêchée plus d’une fois, celle-là ! Mais suis-je déguisée ? Non. M’a-t-on faite monter à bord, par un intermédiaire autre que ma volonté, ou quelque moyen détourné ? Non. Alors casse-toi.
Cette philosophie de vie m’a occasionné de nombreuses rixes, et je dois dire que j’ai parfois bien mangé, mais toutes ces échauffourées forgent le caractère, et il n’y a que cela pour leur faire comprendre que je vaux au moins aussi bien qu’eux. Et, à force, je dois avouer que j’ai su faire mon petit bonhomme de chemin, jusqu’à posséder mon propre navire. Enfin, emprunter l’un de ceux que possède mon paternel. Mais il y a toujours d’indécrottables casse-couilles.
Le Terrier dans la Falaise, taverne hautement reconnue à Sartosa, enfoncée dans le flanc du mont Ertinia, volcan depuis bien longtemps endormi. Affalée dans un vieux fauteuil au lustre passé, à présent défoncé, je considérai d’un air mauvais le monde qui m’entourait, une bouteille de rhum à la main. Je croyais avoir l’air passablement dégueulasse, crasseuse, une peau neuve recouvrant doucement la morte au visage, aux bras, ventre et jambes, après avoir essuyé ces rafales d’échardes et d’éclisses lors des tirs de la bisquine, mais il y en avait toujours pour chercher de la compagnie féminine, surtout ceux qui étaient au moins aussi bourrés que je ne l’étais. Je les rembarrai vite fait, leur enjoignant d’aller voir du côté des soubrettes qui dansaient cul-nu sur les tables pour la plus grande joie des pirates assez sobres pour les avoir remarquées.
«Elles sucent pour deux pistoles », maugréai-je d’un air infâme. En vérité, je n’en savais foutrement rien, mais je n’étais plus à ça près pour tenter de les rabaisser plus bas encore que je n’avais d’estime pour moi-même. Levant la main, pointant haut un doigt vacillant vers le plafond noir de suif, je réclamai une deuxième bouteille, histoire de m’enfoncer une bonne fois pour toute. C’était que je l’avais vraiment mauvaise, cette non-prise de la bisquine. Et pire encore, après le décompte, j’avais perdu une dizaine d’hommes. La moitié sous les tirs de mitrailles, ce qui était parfaitement acceptable. Et l’autre moitié parce que j’avais chié dans la colle, manquant de noter la présence de hauts-fonds et échouant à me concentrer assez pour faire tourner le vent. Et, ça, c’était inacceptable.
L’on ne devient pas capitaine d’un navire pour rien, à Sartosa, et chez les pirates en général. Si tu l’es, c’est que tu le vaux bien, car les hommes ont voté pour toi. C’est ainsi que cela fonctionne. En vérité, nous sommes une démocratie avant l’heure. Ou une sorte de démocratie. Je dois l’avouer, avoir mon père en tant que paternel, un seigneur pirate ayant si bien réussi sa vie qu’il se permet de vivre reclus dans les hauteurs de l’Ertinia, ça aide pas mal, surtout lorsque l’on a hérité de son caractère bien trempé, prompt à la réaction. Mais…
Je l’avais lu dans le regard de chacun de mes hommes. Cette expression de surprise, mêlée à un certain doute. L’incompréhension de ce qu’il était arrivé, du pourquoi du comment. Comment diable une cible si facile, tellement offerte, nous était passée entre les doigts, comme ça ? Pourquoi avions-nous été projetés contre les récifs en tentant un empennage plutôt qu’un virement de bord ? Ils ne pouvaient pas comprendre ce qui m’avait forcée à agir de la sorte. Mais qu’importait. Certains des pirates avec lesquels j’avais déjà mainte fois navigué me prenaient, superstitieux qu’ils étaient, comme un porte-bonheur. La fille du capitaine Régina Lucini en personne, capable de faire fléchir le vent au moment le plus inopportun ! Oui, ils mettaient cela sur le compte de la chance –certains étaient de fervents zélotes de Ranald. D’autres, en revanche, me vouaient tout autant de respect qu’une certaine crainte, car il y voyait l’œuvre de la sorcellerie. Moi-même, je ne savais comment définir ce don que je possédais, mais, dans la mesure où il agissait sous l’effort de mon commandement, de ma volonté, je ne pouvais effectivement le définir comme étant de la chance pure et dure. Hélas. Sorcellerie était assurément ce qui s’en rapprochait le plus, mais je prenais bien soin de taire ces conjectures, haranguant plutôt les partisans de mon côté « chanceux ».
Mais là, lors de cette dernière action, j’avais si bien joué de défortune aux yeux de tous que, encore une fois, au propre comme au figuré, le vent avait tourné, emportant avec lui mon état de bien astrée. Nous, marins, sommes diablement sujets aux diverses croyances, plus improbables les unes que les autres. Un départ connaissant des difficultés, même surmontées, comme un récif que l’on n’avait pas vu ou le vent qui devient subitement contraire, c’est un signe funeste, notre moral partant en vrille pour le restant de la campagne, et chaque réussite devient un simple répit qui ne délaye qu’un peu plus la mort prochaine qui nous attend. A l’inverse, la chance qui nous sourit au moment de l’appareillage, c’est la réussite assurée de l’entreprise, et chaque difficulté rencontrée dissimule son lot de richesses à conquérir. C’est ainsi, et nous nous confortons dans cette facilité de la destinée.
Il nous avait fallu deux jours pour réparer la Vivacia et la retirer prudemment des récifs contre lesquels elle s’était encastrée. Je l’avais pressenti alors, sur le moment ; les maîtres charpentier, voilier et calfat auraient du pain sur la planche. Mais pas de la façon dont je l’avais imaginée. Les voies d’eau avaient été colmatées à l’étoupe, résidu de cordages parfois goudronnés que l’on insérait dans les interstices du bois, de longues voiles et bâches avaient été glissées le long de la coque du vaisseau, la pression de l’eau rentrant avait obstrué les trous les plus importants en l’attente de meilleures réparations, et l’on avait fait le tri entre les vivres avariées et celles toujours mangeables. Le moral était retombé en flèche alors que nous étions rentrés tête basse à Sartosa, à une allure plus que réduite, et j’avais dû faire face à de nombreuses tensions au sein de mon équipage. Enfin, une fois le navire parvenu au port, l’histoire avait rapidement fait le tour de l’île. Et chacun connaît la faculté des marins à déformer la moindre histoire qu’il a vécue.
«Tiens donc, la Sire, en train d’astiquer le goulot d’une bouteille de Rhum plutôt que… - Ta gueule. »
Je préférais couper court à sa future obscénité, quand bien même me qualifiait-on d’esprit curieux. Je louchai sur le côté, observant du coin de l’œil le type qui approchait de mon fauteuil. J’avais beau être des plus imbriaques, je voyais encore assez clair pour discerner de qui il s’agissait. En fait, il suffisait de lorgner du côté de son nez, une prothèse toute dorée, pour repérer Donato Buccina. Il se donnait une allure respectable, ou presque, avec sa vêture de gentilhomme, à cela près qu’elle était aussi sale que l’était ma tunique déchirée, et qu’il n’était en rien le genre qu’il voulait emprunter. Il n’était pas autre que le propriétaire, en quelque sorte, des docks de l’Homme Mort, ce qui donnait l’envergure du personnage. S’il fallait décerner la médaille du pire mouillage de tout Sartosa, elle revenait assurément à celui de l’Homme Mort. Un repère de pirates au sein même d’une île de pirates. La réunion des pires capitaines de navire, les plus méprisés, les plus méprisables, les plus misérables. S’y comptaient également quelques pêcheurs, tous plus pauvres les uns que les autres, des vieillards édentés, des putains pas chère –que j’estimais encore moins que ces soubrettes qui dansaient sur ces tables, là-bas, le tout vivant dans une crasse et une peur éternelles, Donato Buccina venant personnellement en rosser quelques-uns avec sa clique, de façon tout à fait gratuite et cordiale, afin d’assurer son autorité sur les lieux. Même Sartosa, ville de liberté, avait ses travers.
«Tu partages pas ta place ?, lança le bouledogue d’un air faussement quémandeur. - Non. - T’as peut-être plus trop les moyens, je comprends. »
Il cherchait la Merd*, ça se voyait à sa gueule et à ses petits yeux qui furetaient partout, guettant le moindre signe d’énervement que trahirait mon visage. Je ne répondis pas, feintant de l’ignorer, déglutissant une gorgée de cette bouteille nouvellement entamée. Mes évagations de l’âme, le fil de mes pensées m’avaient coupée dans ma beuverie, et Donato Buccina, par sa simple présence, venait de me le rappeler. Mais loin de lui l’idée de s’en aller.
«Ouais, j’ai entendu ce qu’il s’est passé. Ca dégoise pas mal à ton sujet, la Sire, ou devrais-je dire Maria Lucini. J’ai quand même du mal à saisir comment tout cela a pu arriver. » Il s’approcha que plus encore, singeant un air dubitatif, presque complaisant de compassion alors qu’il me regardait, une expression désolée peinte sur sa trogne de porc. Le même nez qu’un porc, ouais, à cela près que les porcs ne l’avaient pas en or.
«Une bisquine démâtée, au gréement arraché, aux manœuvres sectionnées, qui parvient tout de même à éviter les récifs sur lequel ton navire… Enfin, celui de ton père, finira par s’écraser… - La faute à pas d’chance. »
Il eut ce sourire mesquin, alors même qu’il se penchait vers moi pour mieux me susurrer :
«La faute à pas de chance ? Ou bien est-ce simplement ce qui arrive quand une femme prend la barre, quand un vaisseau est emprunté à beau-papa et que sa fifille adorée joue les capitaines dilettantes ? - Mmh… J’t’emmerde. »
Mon ton avait été aussi sec que le rhum que je buvais, aussi claquant qu’une écoute de grand-voile qui se rompt par tempête. Je n’étais clairement pas d’humeur, et il le savait. Tout comme il savait qu’il avait gagné à son petit jeu de co*. Mais je m’en contrefoutais, et cela d’autant plus que je ne pouvais ignorer cette lueur amusée qui dansait aux fonds de ses prunelles de fouine. Je me jetai sur lui, toute griffe dehors.
Bien que Donato l’espérât, il ne s’y attendait sûrement pas aussi rapidement et brusquement. Je le projetai en arrière contre une table qui s’effondra, emportant avec elle une soubrette et deux marins à la main baladeuse qui poussèrent une exclamation surprise puis endêvée. Je n’en avais cure, usant de ma position pour coller deux baignes dans la tronche de Donato, visant plus particulièrement son nez. J’espérais que son membre coupé lui fît encore bien mal, surtout en rencontrant mes phalanges qui s’écorchèrent au contact du métal. Il grogna de douleur, ce qui me contenta au plus profond de moi-même. Mais le molosse n’avait pas dit son dernier mot ; bien plus costaud que je ne l’étais, il prit sur lui, ignorant mon troisième coup, et, m’attrapant au niveau des épaules, me balança son front sur mon nez et mes lèvres. Je n’y voyais déjà pas bien clair, mais la douleur qui irradia ma mâchoire ainsi que la giclée de sang extirpée de ma bouche explosée m’aveuglèrent que plus encore, et je collais de bonnes droites bien senties, peut-être sur l’ossature de son visage, peut-être sur le dossier d’une chaise, peut-être même à même le sol, avant de me sentir subitement projetée en arrière. Et ce fut à mon tour d’aller embrasser chaises et tablées de mon dos, envoyant tout balader.
Dans la taverne, le vieil homme aveugle qui jouait d’ordinaire de l’orgue de barbarie avait interrompu sa musique depuis longtemps, les marins les plus souls avaient à-demi décuvé, les mousses avaient jeté leurs cartes et leurs dés, et les soubrettes, fidèles à elles-mêmes, s’étaient barrées en courant. Des exclamations et des harangues retentirent comme je me relevais piteusement, lèvres tuméfiées mais tremblantes de rage. En face, Donato fit de même, avant de s’emparer d’un morceau de table brisée pour me la balancer dessus. J’esquivai difficilement, et l’embardée que j’effectuai me fit perdre l’équilibre, trébuchant sur les jambes d’un marin complètement groggy qui ne s’était rendu compte de rien. Me rattrapant à moitié, le plus maladroitement possible là où je le pouvais, je fonçai de nouveau sur mon adversaire, et mes genoux comme mes poings atteignirent bien leur cible. Le plus drôle, dans l’histoire, c’est que nous avions tous les deux une ou deux dagues dissimulées çà et là dans nos bottes ou enfilées à notre ceinture, en sus de quelques pistolets, et que ni lui, ni moi n’avions même songé à les tirer. Ça ne se faisait pas.
La foule s’était décomposée en deux groupes ; ceux qui tapaient des pieds et des mains, en cercle autour de nous, nous balançant dans les bras de l’autre dès qu’un de nous rompait les rangs, et l’autre groupe, qui, bientôt, parvint à nous séparer pour de bon.
«Au feu ! La taverne brûle ! »
Yeux et joues gonflés, crachant du sang, avec un horrible goût de dégueuli de rhum au fond de la gorge, mes molaires baignant dans l’alcool, je jurai comme un charretier. Les accalmies, ces temps-ci, ne duraient jamais bien longtemps. Mais c’était vrai ; ça puait encore plus le cramé que d’ordinaire, et la lourde fumée qui hantait les lieux ne faisaient que s’épaissir à chaque seconde. Durant notre pugilat, nous avions probablement dû faire tomber une ou deux torches, lesquelles avaient enflammé cette vieille paille sèche qui jonchait le sol, servant à épancher l’alcool renversé. Dommage que ce dernier brûlât aussi bien que la paille en elle-même.
Ce fut çà un sauve-qui peut, là une chaîne qui se forma pour tenter de vaincre l’incendie qui s’était déclaré. Mais le feu était fort vorace, prenant de l’ampleur à chaque flambée, et, la taverne étant ce qu’elle était, une grotte, l’air devint très rapidement irrespirable au sein même de ses boyaux torturés, forçant les pirates à faire demi-tour la queue entre les jambes. L’on réalisa tous, mais un peu tard, que la taverne était perdue, ainsi que toutes ses marchandises.
Mais je l’avais peut-être deviné un peu plus tôt que les autres, aussi m’étais-je plus ou moins discrètement esbignée loin de toute cette agitation. Je ne savais pas qui l’on jugerait coupable, au sein de toute cette affaire, parmi le Conseil, mais c’était assurément entre Donato et moi-même. Sauf que j’avais bu, plus que de raison. Sauf que j’avais porté le premier coup. Sauf que je revenais d’une sale histoire, après avoir défoncé la Vivacia, qui ne m’appartenait même pas. Les pirates étant si prompts à juger, surtout celles ou cesses qui étaient entrés en disgrâce auprès de la chance, j’en conclus rapidement que j’étais cuite. Qu’ils aillent tous se faire foutre.
Ce fut presque naturellement que mes pas me conduisirent jusqu’aux docks, dans la grande baie ombragée par l’altitude du volcan. Me mâchant la lèvre intérieure, presque avec une nonchalance que j’étais bien loin de ressentir, je réfléchis à la direction à prendre. La Vivavia n’était pas loin, dormant calmement aux docks du Flétan Noir, bercée par le doux ressac de la mer. J’avais toujours aimé ce navire ; c’était le premier sur lequel j’avais fait mes premières passes de navigation, son gréement avait été le premier que je n’eusse jamais grimpé, et c’était également sur son tillac que j’avais livré mon premier combat, mon premier abordage. J’aimais à simplement mener sa barre, m’allonger sur son bout-dehors par temps calme et regarder l’horizon, la Vivacia, sirène représentant sa figure de proue veillant sur moi, ou tout simplement naviguer et piller à son bord. Toutes ces remembrances surgirent d’un lointain passé alors même que l’inéluctable me heurtait de plein fouet ; il me fallait l’abandonner sans même lui dire adieu, alors que je l’avais laissée en piteux état. Ses voiles déchirées, ses trous d’eau à peine calfeutrés obligeant l’équipage à écoper en permanence, son gréement arraché, rendaient son assiette des plus incertaines. Elle voguait sur les flots avec autant de grâce que je caracolais sur la terre après avoir vidé une bouteille et demi de rhum. En chancelant, en tanguant, en vacillant, en oscillant d’un bord vers l’autre. Aussi gracieusement que j’évoluais actuellement. Je ressentais une vive envie de prendre la fuite, mais c’eût été signer mon arrêt de mort, ou ma condamnation future, que de tenter le diable à bord d’un navire aussi mal en point. Rattrapé aussi vite qu’il avait quitté la anse.
Ma seule option résidait dans ces docks miteux qui se découpaient sombrement sur les eaux noires. Les docks de l’Homme Mort. Je retins de justesse un éclat de rire sans joie à l’encontre du destin, de la chance, ou des dieux, que savais-je encore, si joueurs et ironiques. Car si ces quais appartenaient à Donato Buccina, car si ces quais étaient le refuge des individus les plus durs ou les plus désespérés, c’était également là que l’on pouvait le plus facilement trouver du travail dans tout Sartosa. Mieux encore, les capitaines pirates qui créchaient là-bas étaient toujours à l’affût des de recrues potentielles, et il n’était pas rare que de voir passer leurs groupes de rabatteurs en maraude. Leur façon à eux d’user de la presse pour compléter leur équipage, à l’instar des navires de guerre des grandes puissances qui écumaient les villages en bord de mer.
Il me fallait un navire qui appareillerait dans la nuit, le plus tôt possible. Qu’importait l’équipage, qu’importait le capitaine, qu’importaient même sa mission et l’état du rafiot, j’avais en tête de décamper d’ici le plus rapidement possible. Je fis rapidement le tour des quelques vaisseaux pour le moment amarrés. L’on ne me rejeta pas, en dépit de mon état plus que bancal ; les marins, pirates et corsaires le savaient que trop bien, ce n’était qu’un état passager, et les capacités de l’homme –ou de la femme, reviendrait aussi vite que partirait la gueule de bois. D’une toute autre façon, j’étais toujours une potentielle recrue qui, contrairement aux autres, ne serait pas forcée pour embarquer. Non pas ; j’étais volontaire, et, plus encore, l’on me connaissait relativement bien, comme l’on connaissait plus ou moins la plupart des résidents de notre petite communauté interlope. Aussi ne fis-je pas la difficile, « signant » sans même recevoir les détails auprès d’une nef dont j’ignorai même le nom. Je ne prêtai pas non plus attention au petit sourire du maître d’équipage, certain qu’il pensait se jouer de moi en se disant que, une fois sobre, et une fois au large des côtes, je regretterai amèrement mon choix sans rien pouvoir y faire. Peut-être, mais mieux valait cela plutôt que ce qui aurait pu m’attendre en demeurant à Sartosa.
Compétences :
• Adresse au tir : Votre personnage se révèle être particulièrement adroit au tir avec un type d'arme précis (pistolet) et gagne un bonus de +1 à tous les tests de tir avec des armes de ce type.
• Alphabétisation : Votre personnage est capable de lire et d'écrire les langages utilisant l'alphabet du vieux monde (Bretonnien, Tiléen, Estalien, etc.,). Dans le RP, pour des raisons purement pratiques on considère que l'occidental est le langage partagé par toutes les races, mais dans certaines situations, le MJ pourra tenir compte de ces différences de langage.
• Incantation : Votre personnage sait utiliser et plier la magie selon sa forme particulière relative au domaine choisit. En terme de règles, il: - gagne 7 points dans la caractéristique Magie si il n'en a pas déjà - peut effectuer les actions “incanter” et “dissiper” sous cette caractéristique Magie - peut dépenser des points d’expérience magique pour apprendre des sorts du domaine choisit et du domaine commun (Magie primaire).
• Navigation maritime : Votre personnage est capable de naviguer à travers les mers et océans du monde entier. Il connait les principes de navigation, les courants, les fonds marins, les ports et toutes les réglementations liées à la navigation. Il sait autant naviguer sur des petits bateaux que sur des gros, effectuer du transport de personnes que de marchandises et ajoute un bonus de +1 sur tous ses test de navigation (sans la compétence, le test se fait sur HAB/2). (La compétence «canotage» ne permet de naviguer que des petites embarcations. Celle-ci permet à votre personnage de naviguer les gros bâtiments.)
• Astronomie : Votre personnage est familiarisé avec les cieux et les cycles des corps célestes. Il sait reconnaître les constellations, les différentes planètes et différencier les corps inhabituels tels que les comètes, les novæ, etc., Sur un test réussi, il arrive à se repérer et guider son voyage (sur terre comme sur mer) à l'aide des étoiles avec une précision raisonnable (laissée à la discrétion du MJ selon la réussite du test). Il peut aussi prédire certains événements astraux et cycliques tels que les éclipses et chutes de météores.
• Résistance accrue : Votre personnage est particulièrement résistant et robuste. Il peut ajouter un bonus de +1 sur tous ses tests d'endurance. Cette compétence peut faire l’objet d’une ou plusieurs spécialisations parmi les suivantes : à la chaleur, à l’alcool, à la fatigue, au froid, aux drogues, à la torture.
• Cartographie : Votre personnage est familiarisé avec la conception et la fabrication des cartes. Il sait lire les cartes même si elles sont tracées de façon archaïques ou non-conventionnelles, ou encore dépeignant une région qu'il ne connait pas. Il peut aussi reconnaître des côtes ou autres éléments géographiques, même déformés, mal dessinés ou présentés d'une manière camouflée. En utilisant un plan, il peut ajouter un bonus de +1 (en tenant compte de modificateurs selon la difficulté) sur ses test d'orientation pour se diriger, conduire d'autres personnes à un endroit précis, suivre une certaine direction, se rappeler des directions et des points de repères pour retrouver son chemin et retourner à un endroit précis.
• Entrainement à la poudre : Un entrainement long et rigoureux permet à un utilisateur d'arme à poudre de mieux gérer le rechargement de son arme, limitant ainsi les chances d'erreur durant cette opération et les désagréments que l'on connait. Il s'agit également d'un apprentissage permettant de mieux savoir comment correctement conserver la poudre au sec. Cela se traduit par la diminution des change d'échec lié à la caractéristique “arme à poudre” (diminue de 1 les chances d'échecs critique lié à cette caractéristique). Peut être acheté deux fois, ce qui annule totalement l'effet de la caractéristique.
• Natation : Votre personnage sait nager et bénéficie d'un bonus de +1 lors de toute action en milieu aquatique. (Le MJ peut tenir compte de certaines conditions et appliquer des modificateurs aux tests)
• Géographie (Sartosa et Mer de Tilée) : Votre personnage a une connaissance considérable de la géographie de sa région natale et une bonne idée de la géographie des parties connues du monde (rivière, montagne, ville etc.,) Un jet de connaissance réussi lui permet d'établir avec précision des connaissances géographiques d'une région particulière (avec un bonus pour sa région natale et un malus pour les terres moins connues. Le MJ décide du bonus, du malus et de la précision des renseignements obtenues.)
• Jeu : Votre personnage est un statisticien accomplis doublé d'un joueur expérimenté. Il connait les astuces et autres techniques gagnantes. Il bénéficie donc d'un bonus de +1 lorsqu'il joue à n'importe quel style de jeu.
• Météorologie : Votre personnage a appris à reconnaître tous les signes positifs de changement climatique (orage, tornade, pluie ou grosse sècheresse). Sur un test réussi de prévision, il arrive à déterminer quelles seront les conditions climatiques dans les heures, voire les jours qui viennent. (Le niveau de sureté de sa prévision dépend de l'importance de sa réussite au test.)
Inventaires et biens du personnage:
| Bourse: | 5 couronnes d'or, 9 pistoles d'argent, 7 sous de cuivre |
| Inventaire | |||
|---|---|---|---|
| | L'Estrella | Navire de type Caraque | Détails dans la Forêt |
| | Pistolet | 50+1d8 dégâts | Percutante et perforante (4), Un tir par NA max, prend 1 NA à recharger. Malus de -2 TIR tous les 8 mètres |
| | Rapière | 14+1d8 dégâts / 12 PAR | Rapide |
| | Outils d’artisan (navigateur) | Longue-vue, cartes, astrolabe, scie, clous, marteau, et autres instruments ésothériques | |
| | Flasque en métal ; alcool | ||
| | Nécessaire de cartographie | ||
| | Paquet de cartes | ||
| | Dés en os | ||
| | Journal de bord de l'Estrella | ||
| | Document officiel | Ce contrat, passé entre le Grand Conseil Royal de Magritta et l'émir Hisham Ibn Abd al-Malik de Maharek, consent à des accords d'exclusivité de la part des magrittains contre la garantie de la désaffectation des corsaires de Maharek à leur encontre | |
| | Carte des Mers du Sud | Très approximative, elle n'indique que la ligne des côtes et les principales villes portuaires du littoral | |
| | Carte de la baie de Maharek | Précise, elle indique l'emplacement des haut-fonds et des bancs de sable ainsi que les récifs qui se trouvent dans la baie | |
| XXXXX | XXXXX | XXXXX | XXXXX |
| Grimoire | |
|---|---|
| Sort | Description |
| Domaine de la Magie Céleste | |
| Sorts Mineurs | |
| | Portée : 48m Durée : Instantané Ingrédient : une plume d'albatros Effet : Une brise froidureuse provenant du nord se lève sous la volonté du magicien céleste et souffle modérément selon ses envies. Le vent ainsi levé est capable de faire de menues tâches, telles que faire glisser sur le sol des objets relativement légers, jouer sur la portée de flèches alliées, de haler le vent, de faséyer une voile, etc. |
| | Portée : 12m Durée : 1+1d6 tours Ingrédient : une poignée de cendres Effet : Un mur d’air de 3 mètres de haut et autant de large se dresse, Il ne peut être franchi que sur un test de FOR très difficile (malus de -3). De plus, le mur stoppe tous les projectiles comme les flèches à la manière un véritable mur. Néanmoins, il reste bien sur contournable. Le mur est invisible disparaît subitement lorsque le sort prend fin. |
| Domaine de la Magie Primaire | |
| Sorts Mineurs | |
| | Portée : Personnel Durée : Immédiat Ingrédient : un poisson ouvert Effet : le temps à venir se dévoile devant les yeux du sorcier. Le temps météorologique des trois prochains jours se dévoile devant les yeux du sorcier. Un échec lors du lancement du sort lui fait croire à une prévision fausse, voire fantaisiste. Le jet est effectué par le MJ qui garde le résultat caché. Ce sort ne peut être lancé qu'une seule fois par jour. |
| | Portée : Contact Durée : Jusqu'au réveil Ingrédient : une plume d'oie Effet : Le Sorcier garantit à lui-même ou à une personne de son entourage un sommeil reposant et sans cauchemars. Le Sorcier, lance ce sort sur une personne qui va s’endormir ou sur lui-même juste avant de dormir. Cela garantit un sommeil sans cauchemar ni insomnie à la personne visée par le sort. Le sommeil ainsi obtenu est reposant et réparateur, permettant de se ressourcer. Ce n’est toutefois pas un sort de sommeil. Il est impossible d’endormir une personne contre son gré, et des actions bruyantes ou agitées (cris, alarmes,…) réveilleront le dormeur de la même façon qu’une personne non ciblée par le sort. Le sort termine son effet dès que la personne s’éveille (quelle que soit la raison de l’éveil).Le sort peut offrir une protection contre les insomnies ou cauchemars d’origines magiques ou démoniaques en confrontant les degrés de réussite des sorts opposés. |
| | Portée : Contact Durée : Immédiat Ingrédient : - Effet : Une fois le sort lancé, l’eau sort à gros bouillon de l’objet visé. Le Sorcier chasse l’humidité d’un vêtement ou d’un objet de dimensions générales équivalentes. Ne peut pas être tenté sur un organisme vivant. |
Parcours
Quêtes accomplies
L'Estrella 196xps
Classes acquises
-
Carrière et classe en cours d'apprentissage
Carrière : Amirauté
Classe actuelle : Second
