[Snorri] La Cité du Torrent

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Les Montagnes sont depuis l'aube des temps le domaine des Nains : c'est là, parmi les pics colossaux et les précipices vertigineux, qu'ils bâtirent jadis d'immenses forteresses souterraines.

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[MJ] Le Djinn
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[Snorri] La Cité du Torrent

Message par [MJ] Le Djinn »

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Plusieurs semaines s'étaient écoulées depuis le départ de Nuln et l'abandon de la vie de jeune nain par Snorri Sturillson. Aux abords de la ville une caravane de commerçants du Petit Peuple rangeait ses affaires et s'apprêtait à repartir vers les montagnes avec la marchandise promise. Oh, ce n'était rien d'une valeur folle: du blé, du seigle, du froment, de l'épeautre, du vin bretonnien. La marchandise ne rapporterait pas un large pécule dans une contrée humaine, sauf peut-être en Ostland ou dans le Nordland que la famine frappait. En revanche dans une forteresse naine ne disposant que de peu de ressources alimentaires, la facture pouvait grimper!

On dénombrait six chariots à tentures, quatre avec la marchandise, les deux autres se partageant l'équipement civil, militaire, les comptes, la nourriture, la bière, les tentes etc. Chacun, d'ailleurs, était de fort belle taille car il ne fallait pas moins de deux boucs des montagnes pour le tirer! Des animaux aux longs poils blancs, d'une robustesse énorme et plus hauts qu'un nains au garrot. Des larges cornes en spirales venaient entourer des têtes placides et des bouches ruminants l'herbe des chemins. Ceux-là avaient vu du pays, pour sûr!
Pour encadrer ce petit convoi, treize nains et quatre naines, habillés des vêtements les plus sobres et les plus pratiques. Pas d'anciens ou de vieux là-dedans cela-dit, juste des hommes et femmes d'âges moyens à mûrs et parfaitement honnêtes. On pouvait notamment compter sur le chef de cette expédition, le robuste Fnorru Forge-Rubis pour mener la barque jusqu'à bon port! A soixante-dix-neuf-ans, ou bientôt quatre-vingt comme il aimait à le répéter, ce solide gaillard à la poivre blonde teintée de gris et riant encore de bon cœur faisait jouer de sa voix puissante et de ses muscles épais pour briser les douaniers et les monstres. Ancien ranger, reconverti dans le commerce suite au décès de son père il maniait à la perfection une arbalète personnalisée, améliorée par le Maître Fil-de-Foudre, un ingénieur de Karak-a-Kazak. La vitesse à laquelle le projectile pénétra le crâne d'un homme-bête un peu trop déterminé avait de quoi faire frémir: le crâne du monstre avait explosé à l'impact!

Et une fois que tout le monde était là, la route était lancée: Snorri comprit rapidement que son Père avait donné des sous à Fnorru pour qu'il le transporte en un seul morceau jusqu'à Zhufbarr, ce qui lui garantissait une certaine sécurité. En revanche une chose était claire: en cas d'attaque tout le monde participait, sans exception!
Un chroniqueur aurait menti pourtant en disant que les voyageurs s'étaient exposés à mille périls: le Wissenland en cette saison était relativement sûr, de plus l'armée impériale, alors en manœuvre dans la zone, dissuadait les pillards orcs et les bandits de s'aventurer trop près des routes. Même schéma en Averland où une coalition de nobles et de marchands locaux avaient montés une troupe de mercenaire pour sécuriser la voie. Evidemment ils ne pouvaient pas couvrir toute une région et par trois fois les caravanes en furent quitte pour une bonne frayeur quand de petites troupes de Sabots-Fourchus lancèrent des assauts. Peu nombreux et mal organisés ils ne firent heureusement pas le poids face à la fougue et la hargne des nains. Et le Mootland? Une partie de plaisir! Un pays de cocagne respirant la joie de vivre et où les habitants fêtaient joyeusement la vie en mangeant et en buvant à longueur de journée.

Mais… Il restait à présent un dernier obstacle: la route de la Sylvanie. Rien qu'en passant les bornes-frontières la sensation de passer dans un autre univers était là. La belle route avait cédé la place à une piste boueuse, les fleurs à des herbes folles et le beau ciel bleu à une couverture grisâtre. Les alignements de tombes et les baraques délabrées sur le chemin ne laissaient pas non plus indifférent, pas plus que les macchabées pendant aux branches d'arbres maudits et les forêts où, la nuit, hurlaient les loups…

La Sylvanie n'était pas une partie de plaisir, même pour une troupe de nains.
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Snorri Sturillson
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Re: [Snorri] La Cité du Torrent

Message par Snorri Sturillson »

23 Sigmarzeit 2529, Angestag, au matin - Jour du départ
Et donc... Nous y voilà.
La Voie Commerciale s'achève ici, devant la Porte Nord, et derrière, c'est la Vieille Route, que les Umgis appellent bêtement le Chemin du Moot. Je me demande à quoi est-ce que cela ressemble en vrai, une telle route... Bon, vu qu'on s'arrête alors qu'on est seulement devant l'ambassade "de la Sirène" du Pays Perdu, j'ai le temps de vérifier encore une fois si je n'oublie rien : mes livres d'histoire, quelques cartes générales, le livre de contremaître & bâtisseur, un carnet de papier grossier, des bouteilles d'encre avec un encrier portable, et la plume adéquate. Ensuite, le nécessaire : nourriture, eau, bière de marche, savon sec, peigne à barbe et racloir simple. Il me reste alors le cadeau d'Herr Yodel, ma hachette, le carnet en khazalid qu'on m'a offert, et quelques bricoles si je me scie la peau. Ah, je n'ai pas mes binocles-cylindres. Bon bah... Pas d'astronomie en plein air. Herr Hugelstein serait tout excité, s'il était à ma place. Bah, ce n'est pas grave. On devrait être bon avec tout ça. Et maintenant... On attend que tout ce monde ait passé la Porte du Griffon.

.
.
.

Elle a quand même une tronche bizarre, cet emblème. Ils auraient pu prendre autre chose qu'un poisson mutant comme créature fétiche, non ? Enfin, j'veux dire, ce n'est pas très crédible de se trimballer avec une demoiselle à écailles, sans jambes, qui barbote comme une carpe... Et qui est dénudée en plus. Pf, drôle de gens ces gars d'Marigobourg. Enfin bon, ça vaut pas forcément mieux qu'les tarés du Petit Sud qui s'esclaffent lourdement sur les mamelles de leur divinité martiale... Et c'est que cela n'avance pas, ces histoires de porte ! Bon sang, ils sont combien à vouloir débarrasser le pavé ce matin ! Magnez-vous !


23 Sigmarzeit 2529, au soir
Je n'arrive toujours pas à y croire. 5 heures pour déplacer un seul canasson teigneux. Un seul ! Tu m'étonnes que personne n'ait jamais entendu parler de cavalier Dawi, vu le tempérament de certaines bourriques ! Il y a de quoi vouloir embaucher un équarrisseur, et sans rire ! Enfin bref. On est enfin sur la route. D'après Fnorru, on arrivera à Averheim vers le 31 en journée. Juste assez pour prendre des nouvelles des routes, des campagnes en cours, et si besoin est, de changer l'itinéraire pour quelque temps. Ce n'est pas plus mal, j'aurais ainsi le temps d'errer un peu autour du relais et de prendre quelques croquis en ville... Enfin, j'dis ça, mais surtout parce que je n'ai pas vu grand-chose pour l'instant. Le seul détail intrigant de la journée, c'était cet homme étrangement barbu aux abords de la ville, et qui a bifurqué vers les Collines Boisées à peine une demi-lieue après avoir quitté les remparts. Il était tout ébouriffé, on aurait dit un de ces fous sauvages du Middenland, ou bien un allergique aux rasoirs... Peut-être qu'il y aura plus de matière à discuter durant les prochains jours.

Et il faut aussi que je comprenne comment fonctionne cet engin tout cuivré. Ce n'est pas normal un truc pareil. Enfin, j'veux dire, pas normal pour du travail Umgi...

31 Sigmarzeit 2529, au soir.
C'est donc ça, l'Averland ? Hmmm... C'est... Étrangement calme. Voilà 4 jours que l'on traverse la région, et on n'y voit que des vergers, des prairies vallonnées et du bétail. J'espère qu'ils les mangent au moins, ces bêtes, parce que vu la teigne des bestiaux, on ne doit pas pouvoir faire grand-chose d'autre avec ça... Enfin quand même, vous avez vu les cuissots que ça trimballe ! Il y a de quoi nourrir toute notre équipe avec deux pattes ! Enfin bon, si c'est ça le seul danger à venir, on devrait bien s'en sortir avec les caravanes. D'ailleurs, ils n'ont pas de couvre-feu ici ? Il va faire nuit dans moins d'une demi-heure, et les étalages au bout de la rue n'ont pas l'air de vouloir remballer. En plus ça ne m'arrange pas, je n'ai toujours pas trouvé l'axe de tir de cette bricole de fusil. Pas moyen de tomber sur le mécanisme d'allumage, ou sur un fût. S'il se trouve que ce machin n'est qu'une souffleuse, j'vais en faire des pinces... Ah, voilà Fnorru qui revient de chez les saliniers. Il a dû trouver un arrangement pour le ravitaillement.

- " Alors, ça a donné quoi ? On change d'itinéraire ?
- Non, on garde la Voie jusqu'à Eischeschatten et Haukern, puis on descendra, toujours par la grand-route. "


Bon, au moins, c'est un changement éventuel qui disparaît. Ah, le voilà qui vient vers moi.


- "Snorri, Hugnur, restez pas plantés là ! Allez vous dégourdir les pattes, on continue la route qu'au lever du jour !

- Ah, d'accord. Bon bah, si on me cherche, je suis à la vieille place... "


Allez, il y aura peut-être des choses intéressantes à voir. Et j'ai encore un peu de temps avant de devoir dessiner avec une bougie à mes côtés.
Voyons voir... Plenzer... Platz. C'est plutôt grand, même pour une place. Ils ont l'air d'adorer les grands espaces par ici : c'est au moins le dixième "platz", "garten" ou "square" que je traverse. On se croirait chez les Halfelins, avec toute cette verdure ! Quoique, je vais passer chez les Halfelins, donc j'ne sais pas si c'est vraiment la bonne comparaison. Ah, un muret libre, je vais pouvoir dessiner...

Et après, j'irais voir ce marchand de livres là-bas. Il a peut-être une trouvaille intéressante dans tout son fatras. Enfin.... Tsss, quelle indignité. Entasser autant d'ouvrages comme du foin...
3 Sommerzeit 2529, mi-journée.
Par les orbes de Grungni, qu'est-ce qu'ils sont énervants ces gens-là ! C'est le cinquième qui me baragouine pour du cidre ou des tourtes à la cerise ! Il faudrait déjà qu'ils apprennent à paver leurs rues, les cognards ! C'est peut-être apaisant pour les va-nu-pieds toute cette terre meuble et riche, mais pour les gens capables d'un soupçon de sérieux - et surtout d'enfiler des souliers - c'est agaçant ! Le cuir de botte, ça ne pousse pas sur les arbres qu-Attends. Avec tout le bétail que l'on a croisé avant d'arriver ici, ils devaient bien avoir un stock de ce genre, non ? Rah, c'est un peu tard, maintenant, tant pis. Et vu la tendance pédestre, je ne risque pas de trouver chaussure à mon pied ici, vu la pointure moyenne des habitants...
Et en plus de cela, je ne peux pas non plus me distraire avec la lecture ou le dessin, vu qu'il n'y a rien de correct à dessiner par ici, hormis des cages à lapins et des granges à tabac.
Ah, j'espère que l'on ne restera pas longtemps ici, ou bien, je vais jeter quelqu'un à l'eau !
Au moins à Averheim, si mal-lunés qu'ils étaient, ils avaient de quoi m'intriguer avec leurs docks délabrés et leur "Pilier de crânes" grobi !

9 Sommerzeit 2529, matin.
... On quitte définitivement les rives de l'Aver, ça y est. Plus aucun marmot à l'horizon, plus de sales lanceurs de noix, ... Pour compenser mes humeurs des derniers jours, j'ai essayé le cadeau de Herr Yodel dans un champ dégagé. Ehm... Comment dire...

Après-coup, je me dis que j'aurai dû les prévenir autrement qu'avec un simple "Je reviens, je vais marcher quelques minutes", au moment où on remettait l'un des bouquetins sous harnais. Déjà, je peux affirmer une chose : l'odeur de gaz-après-foudre provient bien du cylindre d'aération. Après chaque tir, les crépitements internes semblent dégager cette substance étrange, qui semble réagir avec l'air, ou bien être le résultat d'une transformation de l'air ambiant... Ensuite, deuxième constat : ça fait un drôle de bruit avant, pendant, et après le tir. Ça crépite, ça vibre, ça vrombit comme un gratte-pierre. J'ai failli me flamber une main en la collant au mauvais endroit pour tenir le fusil. Mais maintenant, je sais m'en servir. Il faut juste que je vérifie s'il n'y a pas d'autre moyen de recharge que ce moulinet métallique, et j'devrais être capable de manier ce truc.

Et il faut aussi que je leur explique comment et pourquoi j'ai fait ça. Hm. On va prendre son temps cette fois. Après tout, il reste encore bien une semaine de trajet, voir trois.

"Snorri, qu'est-ce que c'était que ce tonnerre ? C'était toi ?
- Alors, par ou commencer... Attendez, c'est quoi ce changement de tracé sur la route ?
- Ca, c'est la Sylvanie garçon. Un lieu d'misère et d'malheur. On f'ra qu'la traverser, mais j'te conseille d'ôter les mains d'tes poches à partir de maintenant. Si y'a du grabuge, on sait jamais c'qui peut arriver. T'pourrait t'faire exploser une cogneuse ou deux, si t'fais pas attention... Allez, en route tout l'monde !
"

La... Syl... Sylvanie.
Malheur de malheur, j'en ai trop lu sur cet endroit damné pour ne pas m'inquiéter. Et on n'a pas l'air de filer plein Sud, donc on va crapahuter là-dedans pour un bout de temps...
J'... J'vais garder ça près de moi. On sait jamais. Peut-être que ça se foudroie, les mauvais présages....
Snorri Sturillson
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"Vous n’avez pas le droit d’avoir votre opinion. Vous avez le droit d’avoir votre opinion renseignée.
Personne n’a le droit d’être ignare.
"
Snorri dans un univers parallèle très mignon et propre :
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[MJ] Le Djinn
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Re: [Snorri] La Cité du Torrent

Message par [MJ] Le Djinn »

La Sylvanie: ses forêts hantés, ses champs en friches, ses marais puants et ses routes cabossées. SI un voyageur aventureux devait compter cette nation au monde, c'est probablement les termes qui ressortiraient dans son discours. Il y avait d'ailleurs là une bonne partie de vrai: région maudite entre toute, constituée de lourds nuages noirs et d'une terre molle dans laquelle scintillait la malepierre, c'était encore sans compter sur les habitants méfiants et méchants dont la plupart présentaient d'infâmes difformités. Les ordres de la caravane étaient d'ailleurs très clairs: personne ne s'éloigne, on ne s'arrête pas au milieu des villages mais loin de ceux-ci, et encore les chariots se mettaient alors en cercle avec des rondes tous les quart d'heure. Un certain Korhund, marchand-guerrier de son état ayant largement crapahuté, ne tarissait pas d'histoires étranges sur l'endroit.

-"Et on dit même qu'une fois arrivé au village, les nains se sont retrouvés pris à parti par les habitants qui les accusaient de voler tout l'or du monde! Alors ils les ont chassés à coups de pierre et de bâtons. Et quand des guerriers nains sont revenus plus tard pour venger l'affronter, le village était vide, complètement vide, mais il y avait du sang partout..."

-"Une armée de squelettes vivants marchaient sur la forteresse de Karak Azgal, depuis les profondeurs! Les dawis ont juste eu le temps de s'organiser avant que le premier assaut n'arrive. Ils se sont battus dix jours et dix nuits durant, sans répit ni repos..."

-"Aucun des umgis qui était parti chercher la Hache du roi Horthar n'en est revenu! Une monstruosité énorme gardait le champ de bataille et les a tous dévorés sauf un survivant qui est revenu, à moitié-fou, tout raconter. Depuis les Tueurs y vont souvent, mais jusque là aucun n'a trompé sa destinée..."

Si cela faisait frissonner les plus jeunes des courtauds, les expérimentés affichaient une neutralité absolue. Les écrivains impériaux disaient souvent que, passé un certain âge, les vieux nains se solidifiaient aussi bien physiquement que mentalement, devenant de véritables murailles insensibles aussi bien aux lames qu'à la peur. Si les histoires étaient sans doute exagérées, Snorri devait constater qu'elles n'étaient pas totalement usurpées. Fnorri Forge-Rubis n'était pas le moins du monde effrayé par l'ambiance mortifère de la Sylvanie et défiait du regard le moindre monstre d'apparaître sous ses yeux. Il serait rapidement exaucé.
Il devenait clair après une semaine que le convoi était suivi: des formes sombres se rapprochaient à la nuit tombée et des silhouettes s'agitaient au loin, disparaissant quand un éclaireur équipé d'une lampe s'approchait. Les figures humanoïdes se faisaient de plus en plus nombreuses chaque nuit, peu enclines à déguerpir suite à des coups de semonce voire des tirs directs. La forteresse n'étant plus qu'à deux jours de voyage, les dawis ne s'inquiétaient pourtant pas trop: la sécurité était à portée de main. Sentant sans doute que la proie s'échappait, la horde qui les suivait se lança à l'assaut à minuit, alors que les deux lunes n'illuminaient rien, couvertes qu'elles étaient par un nuage si noir qu'on l'eut cru fait d'encre.

Elles apparurent dans le brouillard des marais, alors que le convoi dormait d'un œil. Des créatures de cauchemars constituées de corps décharnés et pourris, de squelettes pendouillant dans des armures d'un autre âge qui semblaient vouloir les quitter, des loups si maigres et au poil si rares qu'on aurait pu les confondre avec des rats géants… Ils entouraient complètement la caravane, d'un nombre proche de quatre-vingt sans doute. Autant dire que les dix-sept nains et naines faisaient pâle figure. D'ailleurs tout le monde, une fois réveillé par les appels à l'aide, s'était précipité entre les chariots pour tenir la position. Les lampes puissantes des nains avaient permis de prévoir l'avancée de l'ennemi à une trentaine de mètres des barricades: ils étaient nombreux mais lents et les dawis, bien que mal réveillés, étaient gagnés par la fureur de leurs ancêtres. Certes ils avaient peur, mais quelque chose en eux se réveillaient au moment de la bataille, un instinct enfuit, forgé par leurs créateurs lorsqu'ils étaient sortis de la pierre: une envie de se battre.

Fnorri ne tarda pas à ordonner:


-"Défendez la position! Pour les Ancêtres!"

Snorri arma son fusil de Herr Yodel. Il était temps de le tester en situation réelle.

Ca tire de partout et je vais te passer les combats à côté!

Il va falloir 3 tours aux zombies et squelettes pour te rejoindre (ils sont LENTS), aussi tu vas pouvoir faire trois tirs. Les deux premiers seront sur cibles uniques, le troisième sur cible multiple. Tu as 4 zombies et 3 squelettes comme adversaires.

Tour 1:

Snorri tire sur Zombie 1 (malus de -4): 5, réussite. Le Zombie 1 subit: 48 points de dégâts! Il en reste 14 au Zombie 1. Instabilité: 2, réussite.

Tour 2:

Snorri tire sur Squelette 2 (malus de -2): 7, réussite. Le Squelette 2 subit 54 points de dégâts. il carbonisé.

Tour 3:

Snorri tente un tir multiple (résultat unique qui touche tout le monde s'il est réussit et rate tout le monde s'il échoue): 8, réussite.

Snorri fait un tir multiple qui touche 5 cibles: Zombie 1, Zombie 2, Zombie 4, Squelette 2 et Squelette 3

Zombie 1 subit: 18 points de dégâts. Zombie 1 meurt.

Zombie 2 subit: 18 points de dégâts. Il en reste 42 à Zombie 2. Instabilité: 3, échec de 1. Perte de: 6 Pv. Il en reste 36.

Zombie 4 subit: 22 points de dégâts. Il en reste 38 à Zombie 4. Instabilité: 3, échec de 1. Perte de: 5 Pv. Il en reste 33.

Squelette 2 subit: 29 points de dégâts. Il en reste 21 à Squelette 2. Instabilité: 7, échec de 4. Perte de: 15 Pv. Il en reste 6.

Squelette 3 subit: 35 points de dégâts. Il en reste 15 à Squelette 3. Instabilité: 14, échec de 11. Perte de: 45 Pv. Squelette 3 s'effondre.

A toi de décider ce que tu fais pour le tour 4 sachant qu'ils vont arriver au contact.
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Snorri Sturillson
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Re: [Snorri] La Cité du Torrent

Message par Snorri Sturillson »

17 Sommerzeit 2529, soir
Raaaaah, il m'a bien embobiné l'autre caravanier, avec ses histoires de bête immense...
Ça y est, je sens qu'il m'a filé la guigne ! C'est pas comme si cet endroit était déjà pas assez troublant... Voilà 2 jours et demi qu'on crapahute ici,et pas un rayon de soleil ne passe sans obligatoirement prendre cette couleur et halo brumeux qui diffuse dans toutes les directions. Et puis avec tous ces talus et ces bricoles sur le chemin, on est brinquebalé dans tous les sens, au point d'avoir l'impression que le sol se meut sous nos pieds. Enfin, vu la tronche des environs, si le sol pouvait parler, il chercherait certainement à nous becter ! Quel merdier qu'cet endroit... Je m'demande si ça a toujours été comme ça par ici... J'en apprendrai peut-être plus à Zhufbar ou dans un avant-poste. Encore faudrait-il qu'il y ait un maître du savoir là-bas, et qu'on arrive tous entiers à l'avant-poste, hm ?! J'ai aperçu des gens au matin dernier, quand on est passé vers... Daganof ? Bogdanhof ? Bref, c'est pas ça l'important : Ils étaient pas même 20 dans leurs bâtisses toutes craquelées et toutes molles, et ils avaient la même humeur que leurs maisons... Celui-là était bossu, l'autre avait un gros œil laiteux qui suppurait du bleu, la femme avait les hanches rondes comme une tonnelle, mais des pattes toute frêles qui semblaient craquer à chaque pas, ... Brrr, et pis leur regard... Tout vide, tout affamé, suintant la décadence et la consanguinité... On se serait cru en Bretonnie une nuit d'hiver... Brrr.

Ça c'est des visages et des morphologies que j'oublierai pas de si tôt. Des vrais cas de laboratoire ceux-là, digne des ragots sur Wittgenstein. Si ça se trouve c'est ça la vraie histoire des Wittgenstein : Ils étaient pas au Reikland, mais d'ici... Bleh, tout l'endroit mériterait un bon coup d'goudron, et une lampée de magnésium, histoire d’être sûr. Même la soi-disant "Tour de Garde" était mal foutue et semblait se dresser au-dessus de nous comme l'Ombre de Drachenfels. Hm, Sierck paraît tout de suite moins original, quand on voit les modèles grandeur nature... Enfin, il serait peut-être temps de dormir. Il nous reste deux jours seulement avant les cols, et à partir de là cela devrait être plus tranquille... Deux jours...

...


C'était quoi ça ?

...

J'suis pas fou, ça a tremblé derrière la toile ? ... Sang de caillasse, j'y vois rien avec ses nuages... Il y a quelque chose dans l'air. On dirait... De l'ammoniac ? De... la poussière ? Non, c'est plus... On dirait une odeur sale, terne, rance, comme un c... Cimetière. Bonté de Valaya, pourquoi ça sent le cimetière ? C'est encore Hugnur qui a ses problèmes nocturnes ? Je suis sûr que c'est parce qu'il a du mal à ... Non, là c'est pas possible, je l'ai pas rêvé ce roulement de gravier. Vite, mon fusil. Maintenant, je mouline dou-ce-ment... Quelqu'un vient. Un... nain ?


- "Allez, debout là-d'dans, et magnez-vous ! Notre escorte cherche à nous rattraper...

- Notre... Escorte ?

- Lève-toi, marmot, et amène ton engin par là. Tu va comprendre."

Oh pétard, tout le monde s'est levé en un instant. Les caravanes ont étés agglutinés, les toiles déballées, les caissons entassés ou vidés pour fortifier l'endroit. On dirait une horloge qui se remonte toute seule, après des années d'attente dans un grenier à foin... J'entends presque le roulement des pendules : Tic-tac-tic-tac... Mais pourquoi il veut que je monte, on a pas fini de colmater les entre-charettes ...

...
...

Tonnerre des Monts...

...

Toute une nuée de dos bosselés, craquelés, raclant le sol avec leurs bras ballants décharnés, prêt à nous sauter au collet au moindre signe. On croirait voir la marée du Golfe... On va mouliner plus vite. Beaucoup plus vite.


- " Défendez la position ! Pour les Ancêtres!"

Oh vin de Mordrim, j'ai chaud d'un coup ! Oh bon sang, y'a plus de règle maintenant! On va y aller de façon arbitraire !

- DZZZZZZT -

Foudre de Grungni ! C'était pas lui que j'visais ! Herr Yodel, vous deviez être vraiment bigleux !Ça pour un travail arbitraire... Ils ont l'air d'en redemander. Comme si j'avais une gueule à donner en charité. Tiens, ça sonne bien ça. Charité... Bordel, on va tester l'autre décharné.

- DZZZZZT -

D'accord, les métaux ça amplifie le tout. Le fusil vibre quand l'éclair arrive au contact d'une pièce métallique... Mais il chauffe pas. Bon, au suivant !

-" Allez, venez, tas d'merdeux, y'en aura pour tout le monde ! J'vais tous vous r'dresser les vertèbres, mâche-têtards !"

Mais qu'est-ce que je raconte ?! Les seuls qui m'entendent, c'est les caravaniers ! Bordel, voilà que j'me mets à parler tout seul... Ce pays ne me fait vraiment pas du bien.. Quoique.
Ah, ça y est, le cliquetis que j'attendais ! Tonnerre de tonnerre, plus le temps de viser !


- DZZZZZT -

...
D'accord ! Ca sert à faire plusieurs éclairs d'un coup ! Et vu comme les arcs vrillent autour de moi... Faut que j'garde mes distances. Et galère, y'en a toujours autant... J'ai à peine deux pas en arrière avant de tomber au centre... Faudra faire avec. On recule et...


-" Un pas de coté, ou vous allez friser du menton ! "

...
J'ai crié beaucoup plus fort que je ne le pensais.... Tant mieux.
Par tous les secrets de Mordrim, faites que ça touche ceux qu'il faut...


- DZZZZT - [Un jour j'arrêterai ce genre de bruitages nuls. Un jour...]


Et maintenant, plus le choix. Un tel machin tout cuivré, ça peut pas se manier pour tabasser. On passe à ... la mêlée. Eh merde. J'vais encore me faire étripailler. Enfin bon, maintenant ou dans 15 minutes, planqué sous une cagette, ça change quoi? Au moins, Grimnir ne pourra pas se moquer de moi si je le rejoins dans l'au-delà. Il aura aucune raison de me jeter hors des Halls de Gazul.

Nom d'un canon, on tiens bien la hache, et on y va. J'ai quoi ? Deux pas à faire. Tant pis pour la modestie ou la Charité, c'est soit j'me fais étripailler, soit j'dézingue les caravaniers. A moins qu'il n'y ai eut du changement, j'dois aller au fourneau moi-même.

...
Qu'est-ce qu'ils ont dit les autres ?
Ah oui :

Khaaaazuk - Khazuk - Ha !
En résumé :

Vu qu'ils sont quasiment au contact au tour 4, je recule un peu histoire de grapiller encore 1 tir de "fusil made by Yodel" / "Charité" (nom encore incertain, j'y réfléchis avant de le graver sur la crosse)

Ensuite, parce que j'imagine qu'un seul tir ne va pas résoudre tout le combat, et qu'ils seront désormais trop près pour se la jouer western, bah... On range le fusil, on sort la hache, on l'agrippe bien, et on rejoins les caravaniers sur la barricade, histoire de mouliner un peu.

Si jamais y'a pas besoin de reculer pour tirer encore une fois... Je recule pas.

Ah, et parce que je suis un malade à qui ce n'est pas la première embrouille de tir "accidentel" : Mode de tir - multiple.
Snorri Sturillson
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[MJ] Le Djinn
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Re: [Snorri] La Cité du Torrent

Message par [MJ] Le Djinn »

Test d'HAB pour voir si tu peux gagner un tour en grimpant: 3, réussite.

Tu tires une dernière fois, en mode multiple:

Jet de TIR: 4, réussite.

Tu touches Zombie 1, Zombie 4, Squelette 1.

Squelette 1: Pas la peine de faire de jet, il est carbonisé sur place.

Zombie 2 subit: 22 dégâts. Il lui reste 14 Pvs.

Zombie 4 subit: 14 dégâts. Il lui reste 19 Pvs.

Les survivants que va combattre Snorri sont donc: Zombie 2 avec 14 Pvs, Zombie 3 avec 60 Pvs et Zombie 4 avec 19 Pvs.

C'est l'heure du combat!

Snorri passe un test de peur: 14, échec. Snorri va subit -1 ATT et -1 PAR pour tout le combat.

Tour 1:

Snorri attaque: 4, réussite. Parade du Zombie 2: 2, réussite. Zombie 2 perd 18 PVs. Zombie 2 meurt.

Zombie 3 attaque: 18, raté.

Zombie 4 attaque: 5, raté.

Tour 2:

Snorri attaque: 1, réussite critique! Zombie 4 est massacré.

Zombie 3 attaque: 16, échec.

Tour 3:

Snorri attaque: 19, échec.

Zombie 3 attaque: 12, échec.

Je vais te passer le 3 tours suivants.

Tour 4:

Snorri attaque: 3, réussite. Parade du Zombie 3: 15, échec. Zombie 3 subit 32 dégâts. Il en reste 28 à Zombie 3.

Zombie 3 attaque: 6, échec.

Tour 5:

Snorri attaque: 8, réussite. Parade de Zombie 3: 9, échec. Zombie 3 subit 29 dégâts. Il est mort!
Loin d'être un incapable de ses dix doigts potelés, Snorri montra qu'on pouvait être un nain érudit et efficace quand il s'agissait de combattre! Bon, évidemment les quelques morts-vivants qui avaient survécu à l'invention de Herr Yodel n'en menaient pas large et n'étaient déjà pas de toute première qualité. Néanmoins son habileté à cogner fût remarquée et lui valut quelques tapes dans le dos. Un rapide tour d'horizon permit de constater que la situation était plus ou moins la même sur tous les fronts et le morts étaient retournés à leur trépas sans qu'il n'y ait de véritable perte. Quelques blessures par-ci, par-là, une ou deux blessures de chair, pas beaucoup plus.

Pour autant les nains, loin d'être rassurés ou gagnés par une joie, remettaient tout dans les chariots en quatrième vitesse pendant que des sentinelles surveillaient l'horizon depuis le toit des caravanes.


-"Ca c'était l'avant-garde! On remballe et on file, au trot!"

Et effectivement bien leur en prit. A peine avaient-ils embarqués le dernier caisson que des formes fantômatiques et ténébreuses apparaissaient dans les lumières des braseros. Ce n'était plus d'idiots zombies ou des squelettes fragiles, mais des fantômes hurlants aux traits déformés ou des revenants chargés de lourdes armures d'acier. Inutile d'essayer de les affronter avec leur maigre troupe, les nains seraient écrasés sous le nombre. Les coups de fouet claquèrent sur le dos des boucs qui se mirent à galoper comme s'ils avaient la mort aux trousses. C'était d'ailleurs le cas en quelque sorte. L'affaire dura deux bonnes heures durant les passagers se retrouvèrent secoués comme des pruneaux sur les routes chaotiques de la Sylvanie. Enfin, quand il y eut certitude d'avoir échappé aux poursuivants, l'arrêt fût donné. En vérité si les chariots n'avaient pas été de facture naine ils n'auraient pas survécus à la course: même pour les oeuvres du Petit Peuple le passage avait été éprouvant. Certaines armatures étaient craquelées, une roue s'était voilée.

Il ne restait plus qu'à doubler la garde et finir la nuit dans un sommeil agité. Très vite Zhufbarr se présenterait à eux et ils pourraient respirer...
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Snorri Sturillson
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Re: [Snorri] La Cité du Torrent

Message par Snorri Sturillson »

Les phalanges blêmes, la gorge qui pulse, la mâchoire scellée, les premiers tremblements qui se transforment en cette étrange sensation de... chaleur ronde, âpre, qui grimpe les cuisses, et qui vient finalement se loger entre les omoplates... Ca y est. Cette fois, faut pas se louper. Si j'me fais griffer, c'est sans ordonnance pour la suite. Allez, on garde les bras dans le champ de visi-ooooooo- Gauche, le radius plongeaaaant - Aaaaaah, ils sont toujours plus nombreux que nous ! Merde, merde, merde, comment je m'en sors ? J'ai même pas de quoi me protéger le bras gauche. Fais suer,fais suer,fais suer ! Comment on achève un truc qu'a déjà l'air crevé ?! HEIN ?!

Reprenant grossièrement ses esprits et ses fonctions motrices, le jeune ingénieur observe, soucieux de son aptitude au combat, ou de celles de ses adversaires...

Là, il bouge plus, c'est le moment ! Une autre, on amène la deuxième main sur la poignée... Et un de moins ! Ah, bon sang, il n'était pas obligé de m'exposer ses entrailles le bougre... Ça dégueule comme un fut de Première Gorgée, sauf qu'un fut de bière, y a pas ce genre de tuyaux gonflés, irisés, ni tous ces caillots verts-violacés en plus... Recule, serre les dents... Garde tes 2 mains sur la poignée... Là, il a les deux bras au sol !

Il n'en faut pas plus à la simple hachette de bonne facture pour lacérer la chair tuméfiée, scinder les os, éclater les organes comme des fruits mûrs. Les deux... Trois... Quatre derniers coups n'étaient certainement pas nécessaires, tout comme ce maladroit coup de pied dans le buste, mais après tout, face à ce genre de choses... On est jamais trop sûr de soi.

Allez, plus qu'un ! Et j'sens de solide sur moi, donc c'est bon signe ! Allez ! ...
...
Meeeerde, lâche pas la poigne, bougre d'âne ! Ah bah voilà , le manche dégouline maintenant... Mais quel con de faire ça à un moment pareil... L'autre trépané continue ses mouvements hasardeux et amples, ça m'avantage fortement. On dirait qu'il ne me voit pas vraiment, comme s'il me sentait plus qu'il ne me percevait vraiment ... Amène ta tête, tache-buvard.... Ha !

...
Ca y e-Hééééé ?!
Comment ça, il bouge encore les bras avec une lame dans l'occiput ?! Qu'est-ce que c'est que ce guet-apens ?! Tout ça, c'est à cause de ce maudit pays, j'suis sûr... Encore des trucs de sorcellerie Umgi ou pire... Elgi...

Ah non, pas deux fois le coup des bras ballants ! Trogne-fût, il va finir par m'avoir à ce rythme ... J'imagine à peine toutes les saloperies qu'il trimballe dans son gosier... Peut-être que si j'y scinde le mou du col, il bougera plus.


Le dernier coup est hasardeux, l'impact se révélant plus thoracique que jugulaire. Quoiqu'il en soit, Snorri n'a pas besoin d'esquiver le dernier geste du macchabée, si ce n'est son râle nauséabond et plaintif...

... Pffff-Pffff-Pffff.... Et maintenant ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
...
Bon, personne n'est blessé ou mort, c'est déjà ça. Il me faudrait une serpe pour racler tout le revêtement que j'me suis chopé. Ça risque d'accrocher sévèrement si ça sèche tel quel... Pfiou, il fait une chaleur tout d'un coup ! J'en ai les poignets qui craquent, et comme un drôle de striction sur les genoux et les épaules... Et ma blessure des égouts ne s'est pas fait entendre cette fois. Voilà qui est bien. Il faut que je m'assoie un peu, pour comprendre ce qu'il se p-


- "... avant-garde ! On remballe et on file, au trot !"

Oh, vraiment ?! L'avant-garde ?! ... On va se dépêcher. Là, la caisse de pommes, puis les sacs de grain et de sciure... Et enfin, les paillasses du campement... Et moi, bien sûr ! Voyons voir, y'a pas un... Ah, voilà de quoi déblayer toute la crasse de mes habits. Mais d'abord... On va inspecter Charité, pour voir si rien ne cloche....

Charité.... Ce n'est pas un bon nom pour un truc comme ça. Ca irait mieux pour un explosif, ou un outil de comptable...
Tempérance, alors ? Équité ? Chance ? ... Non, je m'égare. On va garder "Cadeau de Herr Yodel" pour l'instant. On avisera si j'ai une meilleure idée...[/ii]

[...]

- " E-e-e-e-t s-s-i-i-non-on-on on va c-con-t-ti-nu-er c-com-b-bi-en de t-temps à cette-te al-l-l-lu-r-rh ? "
- Tant qu'on n'aura pas suffisamment devancé les affamés, on avancera comme ça. Et pose pas ta tête contre le renfort de toile, tu fais trembler ta machoire. Concentre toi sur ta bricole de foudre ! "

Il a raison. Si on se fait rattraper, je suis bon pour reprendre la fanfare avec mon fusil. Il faut vraiment que je trouve un truc pour mouliner plus vite. J'ai bien l'air fin avec ce grincement de fil... En plus ça fait une demi-heure que je ne vois plus rien d'autre que les deux lunes gibbeuses en fond de tableau, on devrait bientôt avoir fini de décaniller le pavé à toute allure, non ?!

[...]

Enfin le retour au calme. Par les rouages du Cor, j'ai les cuisses toutes acérées... Jusqu'au bas du dos ! Je mettrais une couverture ou un sac de toile la prochaine fois que je m’assiérai, je vais me broyer le postérieur à ce rythme-là... Et on remet le campement.


- "Snorri, reste éveillé quelque temps, veux-tu ? Et commence pas à t'assoupir sur ta pétoire du ciel. On reste attentif pour la nuit.


- Pour la nuit...


- Demande à être relevé si tu piques du nez. Et sonne l'alarme avant de défourailler quoi que ce soit... "

Bon, eh bien...
Voilà qui clôture la réflexion sur "Comment je vais faire pour me rendormir ?" ...
On va s'adosser de ce côté, dos aux lunes. Ce sera plus facile pour voir les affreux venir...

Allez, plus qu'une journée et demie avant les Cols...
De toute façon, les voyages, c'est toujours long, mais surtout vers la fin.
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Re: [Snorri] La Cité du Torrent

Message par [MJ] Le Djinn »

Deux jours de plus passèrent à un rythme lent et chaotique, jusqu'à ce qu'enfin les premiers pics pointent à l'horizon.

La végétation s'était tarie, une fine couche de poudre recouvrais la terre sèche et craquelée de la Sylvanie. Les Collines Hurlantes laissaient derrière la piste suivie avaient cédé la place à des crocs de pierre surgissant du sol comme pour happer les voyageurs. Des acclamations de joie émergèrent parmi les membres du convoi: enfin la route s'achevait! Les Montagnes du Bord du Monde se dressaient à quelques heures de route à peine, puissantes, hautes et sévères. Au grand étonnement de Snorri la route percée et boueuse de la contrée maudite se retrouva remplacée au pied des monts par un chemin de piere taillée parfaitement agencée. Un panneau en khazalide indiquait sobrement que la suite de cette voie s'achevait sur Zhufbar, chose qui ravit plus que de raison les commerçants.
A partir de là le voyage se fit plus calme et tranquille. Régulièrement disposés sur le chemin, des avant-postes troglodytes aux défenses lourdes et préparées veillaient à la sécurité des voyageurs. Debout sur des promontoires, arbalète ou hache en main, l'œil alerte et le menton haut pour surveiller les environs. D'en bras, dans les gorges découpées qui servaient de route, ils étaient semblables à des statues gardiennes, des constructions de marbre et d'acier placées là par des bâtisseurs soucieux d'offrir un regard rassurant aux colporteurs et pèlerins. Une demi-journée à travers ces contreforts permit aux chariots d'avancer suffisamment pour percevoir la file de voyageurs qui attendait de passer la Porte du Torrent. Et quelle porte! D'une taille formidable, dépassant sans peine les trente mètres de haut, flanquées de deux visages de nains de la même hauteur et surmontée d'un longue-barbe en guerrier protecteur, percée de meurtrières et hérissée de canons aux allures antiques mais néanmoins redoutable. Des dizaines de guerriers dans des armoires d'acier bleuté parcouraient ses remparts, ses monts d'observation.


Image



Et en bas de ce défilé, face à ce qui devait être l'ouverture principale, des centaines de nains et de naines aux vêtements toujours simples mais variés et chatoyants, attendaient qu'on les fasse rentrer. Jamais Snorri n'avait vu autant de membre de sa race: il en venait de partout, avec les effigies de toutes les forteresses et de plus loin encore, ils arrivaient de nombreux sentiers défilant à travers les montagnes pour converger vers la citadelle. Des marchands, des forgerons, des soldats en visite, des médecins appelés, des apothicaires, des érudits, des ingénieurs. Toute la société naine représentée dans le microcosme d'une foule. Evidemment un grand nombre d'humains (et même quelques elfes) se pressait également, sans doute hâtif à l'idée des affaires qu'ils allaient pouvoir passer avec les Fils de la Pierre.
Manque de chance pour Snorri et sa troupe, la nuit tomba et les portes se refermèrent à quelques mètres d'eux. Ne voulant rien savoir des protestations même celles venant d'un homme richement habillé et accompagné de gardes aux épées longues et en armures de facture naine. Une place gigantesque avait été creusée une caverne concomitante à la forteresse, permettant aux différents groupes de passer la nuit au chaud et à l'abri. C'est aussi là que la première merveille d'ingénierie sauta aux yeux de Snorri: un réseau de tuyaux transportait une eau brûlante à travers ces tunnels d'occupation, procurant une chaleur bienvenue dans le froid glacial des sommets. Un tel réseau de réchaud (un nain expliqua que cela se nommait "chauffage central à l'eau") était du jamais vu, même dans la cité de Nuln et encore plus à cette échelle. La nuit fût donc douce et arrosée de bonne bière, comme le voulait la tradition.

A l'aube, toute l'équipée était devant la porte, parmi les premiers. Des nains en armes fouillaient scrupuleusement chaque charrette mais négligeait d'interroger les nains à l'exception des chefs de caravane ou des patriarches. Evidemment les umgis n'avaient pas droit à de tels égars et étaient tous rudement questionnés, quant aux elgis… Disons que c'en était à se demander si les soldats n'y prenaient pas un peu trop de plaisir. Les taxes réglées et les papiers en règle, on offrit au groupe d'avancer et de traverser l'étage des étrangers pour se rendre dans l'étage des marchands impériaux avant de passerà la cité proprement dite. L'étage, d'ailleurs, était particulièrement impressionnant: un agglomérat de véritables immeubles taillés dans la roche surmontaient des halles larges où s'aggloméraient de nombreux marchands. Des torches partout illuminaient la place et le brouhaha incessant parvenait même à surpasser un bruit de fond que Snorri ne savait pas identifier. On y faisait affaire de nombre de denrées et des sommes importantes changeaient de main quand des aventuriers apportaient des reliques tirées de quelque trésor de guerre. Le plus impressionnant restait pourtant à venir. Un ascenseur énorme actionné par des rouages dont le plus petit faisait la taille d'une roue de chariot permettait aux dawis, et seulement aux dawis, de descendre avec tout leur matériel. La plaque de pierre tenue par des chaînes plongeait droit vers les entrailles du monde, empêchant tout non-nain de voir la cité réelle. La troupe prit place et un garde en arme vérifia qu'aucun umgi ou elgi ne s'était introduit sous une tenture. Quand ce fût fait des barrières de protection furent déployées puis un signal retentit et les lourds rouages se mirent en branle, laissant l'ascenseur descendre.

Snorri comprit alors pourquoi Zhufbar était la Cité du Torrent.

La ville semblait tout droite sortie du rêve d'un fou. Située dans une caverne si grande qu'on l'eut crût à ciel ouvert, soutenue par des stalagmites sculptées comme des tours fantastiques. Six piliers d'eau géants chutaient vers d'immenses canaux dans un boucan infernal et chaque bassin comptait un bon nombre de roue à eau qui tournaient à vive allure, activant des mécanismes complexes qui se perdaient dans des ateliers aux proportions colossales. Aucune goutte n'était perdue, la ville aurait pu paraître flottante tant ses rues étaient zébrées de courants bleutés auxquels les ménages s'abreuvaient en tout. Même quand l'eau devait s'évacuer elle était récupérée dans des cuves énormes qui la conduisait par aqueduc à une forge hurlante qui la chauffait avant de la renvoyer par des tuyaux sous pression à toute la ville, assurant un chauffage constant. Depuis les hauteurs on voyait des outils impensables actionnés par la puissance hydraulique: presses géantes, marteaux automatiques, ascenseurs horizontaux, perceuses, soufflets. Le tout créé pour soutenir une cadence industrielle. Et encore! Qui savait ce qui se passait dans les mines où les dawis avaient bien besoin d'outils puissants et fiables? Partout des feux de forge, des gyrocoptères qui volaient en liberté dans la ville, des ingénieurs qui devisaient et parlaient science. A Zhufbar la science était reine, comme à Nuln pour l'Empire.
Et l'architecture n'était pas en reste! Les nains d'ici semblaient avoir maîtrisé l'art subtil de rendre utile ce qui est beau et beau ce qui est utile. Les allées pavées avec goût et amour regorgeaient de fresques murales et de frises sculptées de main de maître. Les canaux, non contents de servir la citadelle, dessinaient de véritables runes à taille géante entre les maisonnées, offrant la ville comme message vivant. Et les palais ou halls de guilde? Des chefs-d'oeuvres bâtis à la sueur du front et la puissance des bras! Capables de soutenir des sièges individuellement, disposant autant de balcons que de meurtrières, d'autant de marbre que d'acier.

A son plus haut niveau la ville avait compté cent vingt cinq mille nains, avait assuré un passant discutant avec un ami, aujourd'hui elle en comptait quatre-vingt mille environ mais de nouveaux nains arrivaient tous les jours; Snorri était l'un d'eux. Et sans doute eut-il un peu d'émotion quand, arrivé en bas, enfin, le chef de caravane lui remit un papier dans la main.


-"Allez petit, c'est ton heure. Prend ce papelard et va voir le copain de ton père, il m'a dit qu'il s'appelait Barundin Olarkson du clan des Brise-Étoiles. C'est un ingénieur et c'est dans leur guilde que tu le trouveras. Bon courage petit, tu vas en avoir besoin. Et adieu sans doute, je pense que nous ne nous reverrons pas avant quelques siècles!"

Et voilà Snorri lâché, avec les clés de son avenir, dans cette capitale des montagnes. Il était temps à présent de prendre son destin en main et d'avancer, après toutes les épreuves subies, il voyait enfin le bout.
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Re: [Snorri] La Cité du Torrent

Message par Snorri Sturillson »

20 Sommerzeit 2529, à la mi-journée

Ca y est. Je peux enfin le dire : on a décampé de ce maudit pays. Plus un seul affreux, plus une trace de terre gluante prête à vous agripper une botte ou un mollet, histoire de vous faire goûter l'assaisonnement local. On est donc... plus au Sud... Enfin, Sud-est, si j'en crois le changement d'orientation du Soleil. Il ne reste donc plus qu'à crapahuter sur les routes des Cols avant notre destination. Hm, vu l'état de l'endroit, ce ne sera pas si mal : fini les forêts grouillantes de canifs et canines, fini les souterrains régurgitant leur marée maladive, place à ....

À quoi en fait ? Le paysage n'est pas vraiment expressif en fait. C'est... Gris. Tout est abrupt, rocailleux, sec, comme si l'eau et la terre ferme s'était enhardie au fil des siècles. Et pour sûr que ça ne s'est pas réchauffé ! On voit d'ici les apics étincelants, clairs comme du linge de Loin-Est, et sans doute aussi éloigné de nous. De ce côté, c'est la montée. La route prend une tournure malingre, acérée, et pourtant bien plus rassurante que les centaines de mille cahoteuses que l'on a déjà parcourus. Ici, la roche semble imperturbable, inébranlable, malgré la finesse des tracés. On la croirait ainsi, seule spectatrice imperturbable des alentours, si... Si les rochers pouvaient parler, ils se moqueraient sans doute de nous. Combien de gens sont déjà passés ici, hm ? Des centaines ? Des milliers ? Plus encore ? Et pourtant, la roche tient bon, le pavé ne flanche pas, et la neige ne s'en va pas. Sans doute, la Mort elle-même pourrait rôder en ces lieux que l'on n'y verrait aucune trace, aucun indice de sa présence...

...
Hm.

Il est vrai que l'endroit n'est pas vraiment rassurant, une fois que l'on a jeté l'œil vers la vallée. La pente est certes rude, mais hors des sentiers, c'est encore pire. Si votre pied s'égare, rien ne peut vous y reprendre, et c'est une demi-mille de pente lisse et vertigineuse qui vous attend, menant sans doute à quelque gueule acérée, crevassée et ... inévitable.

Brrr, et dire que tout cela est sensé être notre foyer d'origine, à nous les Nains...

23 Sommerzeit 2529, soir
Un petit visuel : Image
Il semblerait que l'on en ait fini avec les passes de chèvres. L'ascension continue, mais l'on est arrivé à un "étage" de ... Plateaux, à priori. Les environs sont plus plats, plus broussailleux, et l'on ne voit presque plus le passage utilisé à notre début d'ascension. Toute la caravane est reposée à présent, et mes quelques voisins de chambrée m'aident à reprendre le Khazalid. Je parle de manière trop lente et saccadée, d'après eux. Et moi qui pensais que j'avais un accent Sigmarite, eh bien... Il semblerait que non. M'enfin, cela prendra du temps, j'imagine. J'ai l'impression que les gens d'ici, que ce soit de la caravane ou des différents postes de relais que nous avons croisés, ont une intonation différente de Père ou de Mère. Comme s'ils avaient un... Je ne sais pas, un maxillaire boiteux, ou un problème d'élocution minime.

Cela leur donne un air assez intrigant, il est vrai. Je dirais bien "étranger", m'enfin ici... C'est moi le véritable "étranger". Après tout, une fois arrivé à la Cité-Forteresse, je ne serai qu'un marmot bricoleur dans une Montagne-état débordante d'ingéniosité et de savoirs bien plus impressionnants. J'espère quand même qu'il fait un peu plus chaud dans les Grand Halls qu'ici-"bas", parce que bon sang, qu'est-ce que ça caille ! Autant Nuln est un véritable calvaire pour les sens, autant là, j'en découvre un autre et pas des moindres : le froid ! Heureusement qu'on est en été, parce que sinon, j'aurais certainement crampé mes bottes ou mes arpions ! Eh, mais qu'est-ce que...

Ah, voilà le prochain poste-relais, on va pouvoir s'arrêter. Décidément, on n'est pas chez les Umgis ici. Même un tout petit bâtiment comme celui-ci est encastré dans le granit, dissimulé dans la topographie naturelle, taillé à même le dur, et équipé pour...

...

Pour quoi, en fait ? Vu les alentours, ce n'est pas un glissement de terrain ou une avalanche qui va les mettre en danger, ni une quelconque averse... En tout cas, quoiqu'il y ait de si dangereux par ici, il ou ils n'ont pas montré leur museau depuis qu'on est là. C'est... Tant mieux, j'imagine ? Vu la solidité du poste de veille, j'ose à peine imaginer la taille ou la puissance nécessaire pour que l'assaillant arrive à s'en approcher. Par les orbes de Valaya, que ces choses-là restent loin de moi encore quelque temps...

Cependant, qui dit arrêt nocturne, dit repas. Iglin va peut-être - que dis-je, enfin - pouvoir me faire goûter ce qu'il me vend depuis 3 jours : du vin troglodyte. D'après lui, c'est fait à base de champignons spéciaux, qui donnent un breuvage équivalent à du raisin fermenté. Hm. Dommage pour lui, je n'ai jamais goûté les douzaines de corsé ou de sec tiléen que Père recevait du Petit Sud. Je vais donc comparer cela à... Rien.

Diantre, que j'ai hâte...
26 Sommerzeit 2529, matin
Par tous les Ancêtres, on... On y est. On y est, bon sang ! Le passage des plateaux n'aura duré qu'une journée en réalité, la route reprenant le tracé à flanc de falaise par la suite. Mais alors, quelle suite ! Voilà deux jours que l'on avance en contournant encore et toujours une immense étendue d'eau, et ce qui me paraissait alors comme une cascade naturelle... Oui, paraissait, oui.

Maintenant que j'ai les orbites correctement placées, et que l'on est arrivé à un immense terrassement (qui ne peut être qu'artificiel, vu comme c'est lisse), j'ai pu voir... Eh bien... Le Torrent. Je ne sais pas vraiment tout de cette construction, mais quel chef-d’œuvre !

Imaginons que tout ce flux balance des milliers, voire des millions de litres de flotte en contrebas. On a donc toute une masse liquide, en chute libre, qui accumule donc toute l'inertie et la force qu'elle veut bien, avant d'arriver en bas. Et les gens d'ici ont donc taillé à travers le roc humide, je-ne-sais-d'oû ni comment, afin de placer une myriades de mécanismes inaccessibles de l'extérieur, afin d'extraire toute cette force aquat... Hydro... Hydrolique, et de l'amener... Vers le Fort, j'imagine ?

Vu la hauteur du versant, il faut de sacrés rouages pour contenir et maintenir le tout. Les roues à aubes doivent prendre une tannée constante et franchement peu agréable pour le métal, à moins que... Non, c'est impossible que le tout soit en pierre, ce serait délirant vis-à-vis de l'érosion et des fragmentations... Et à côté de tout cela, comme si c'était normal de faire une telle chose à une telle altitude, voilà qu'ils ont placés un immense tissu, de plusieurs dizaines de pieds de long et de large, juxtaposé à la Chute et aux mécanismes. Juste pour dire aux arrivants et autres visiteurs :

Image


"Bienvenue à Zhufbar les mioches. Ici, on pose des étendards grands comme des baraques, à flanc de falaise, juste parce qu'on peut le faire."


Et après cela, il y a bien sûr la Porte Extérieure. Mais là, bon, la description s'effare toute seule. Je m'essayerais bien d'en faire un croquis simplifié, mais je ne sais même pas par où commencer. L'immense terrassement sur lequel on est stationné s'engouffre vers la Porte, comme un entonnoir, et ce sont deux immenses visages de barbus ternes, austères et inquisiteurs, qui vous guettent depuis les contreforts. Chaque barbu recèle de postes de visée et d'observation depuis leurs "yeux" et "nez", mais aussi d'une porte renforcée, afin d'évacuer dans les deux sens s'il y a du grabuge à proximité. Au-delà de ça, la Porte semble faire une bonne dizaine de coudées d'épaisseur, et facilement cent pieds de haut. Le tout est droit, uniforme, propre. On voit bien des traces d'échauffourées ou de batailles antérieures, mais elles semblent avoir été laissées pour compte, simplement afin de dissuader les nouveaux-venus. On a évidemment des renforts, une ou deux palissades extérieures, des espèces de semi-tours de renfort, qui doivent certainement être des points de bombarde ou des postes de liaison avec le Fort lui-même.

Cela fait bien deux heures que l'on poireaute ici, sans bouger, et pourtant, je n'ai toujours pas fini d'observer ou de noter des choses sur les environs. Il y en a partout.

Eh, mais...
...
On dirait que des choses ont été gravées sur les murs et décorations... On dirait des... Gravures ? Comme si quelqu'un avait essayé - et réussi - à noter quelque chose sur les parois. Quoi qu'il a eut à écrire, cela devait être un laïus assez imposant, vu le nombre de ... Caractères ... Que cela représente. Et cela semble être quasi-symétrique, d'un côté comme de l'autre... Ah voilà qu'on avance, on va peut-être pouvoir entrer...


- " Hættu. Leit ökutækja. Stíga út. "

...

Ouf, ce n'est pas pour nous. C'est pour les Umgis juste devant. Vu la voix, les gardes ont l'air un peu soupe-au-lait ... Et vu l'équipement, j'ai bien envie de les voir à l’œuvre, mais... de loin, hm ? Voilà que l'on décale leur carriole, et qu'on nous donne la place libre. Et ben, je ne sais pas ce qu'ils ont fait les moustachus, mais ça n'a pas dû plaire...


- "Halte. Ici. Arrivage ? Origine ? Ordre d'entrée ?
- Caravane marchande. Nuln, Wissenland, Empire Umgi de Sigmar. L'ordre d'entrée et de cargaison est ici. "

Sainte-barbe, le regard qu'ils nous lancent...

- "Bien. Avancez. Bienvenue chez vous, ami."

Et... c'est tout ?[/align]

26 Sommerzeit 2529, soir

Je
...
Je vais sans doute devoir arrêter d'écrire dans ce carnet, vu que... je n'ai pas de mots pour ce qu'il y a autour de moi.

Le bruit, l'odeur, le paysage, la chaleur, les gens... Tout est... Tout est délirant. Je n'ai absolument aucune idée de comment quoi-que-ce-soit fonctionne, tellement tout est ahurissant niveau technique. L'eau coule depuis des dizaines d'effluves vertigineuses, s'engouffre dans des roues à entretoises de toutes tailles, puis dans autant de canaux en queue d'arronde, qui ne sont même pas ensevelis sous le sol, mais tracés là, à même le pavé battu ! Et personne ne s'engouffre un soulier dedans par mégarde, alors que pourtant, il n'y a aucune barrière ou revêtement solide pour vous en empêcher ! Et ensuite, tous ces affluents se regroupent dans un autre canal, qui emmène le tout vers d'immenses cylindres arrondis qui... Crachent vapeurs et flammes par intermittence.

...

C'est mirifique.
Fantasmagorique.
J'en ai des soufflées dans tout le corps.

Et encore, ça, ce n'est rien ! Après tout, avec autant d'eau et de vapeur qui circule en environnement "clos", on pourrait se dire que tout se trempe... Mais non.

L'endroit.
Est.
Sec.

Avec sans doute des millions de gallons d'eau en mouvement turbulent, toutes les parois des bâtiments, des meubles, des charrettes, et même les vêtements... Tout est sec. L'humidité est juste absente de l'environnement, comme si on l'avait supprimée, extirpée de toute sa présence habituelle. Il ne fait ni chaud, ni froid, et tout est sec, sans pour autant être désagréable. Nom d'un canon, qu'est ce que c'est beau... Je pourrais rester là une heure encor, planté au milieu de la voierie, que rien n'y changerait.

N'importe quel Umgi m'enverrait à l'hospice de Shallya, s'il m'écoutait lui décrire ce que je vois actuellement. Et, en vérité, il n'aura sans doute pas tort, vu l'envergure des environs. Toute la logique de construction Umgi, qui était soi-disant si ardue pour eux, si contraignante et pourtant "nécessaire"... Tout est mis à bas. Rasé, démoli, écroulé.

Sans un seul mot, sans une seule explication préalable... Toute la théorie Umgi, toutes les pratiques hasardeuses, les savoirs de compagnonnage, les us et coutumes, les règles de bases, ... Tout est balancé à l'eau, comme un nouveau-né de la Geheimnisnacht. Que Grungni me garde de cette réplique, mais je me permets de citer les parieurs Halfelins là-dessus : "Rien ne va plus."

Je sais que je devrais être avec Barudin du clan Brise-Etoiles à l'heure qu'il est, mais je ne peux gâcher ces instants. Tout est à refaire. Tout est à ré-apprendre correctement. J'ai tout à voir, tout à comprendre, tout à faire....

...

Je crois que je vais reprendre du vin troglodyte. J'en ai besoin pour encaisser tout ça. Et d'un repas copieux aussi. J'aviserai ensuite.
29 Sommerzeit 2529, matin

Bon, aujourd'hui, c'est le grand jour. Après deux journées passées à m'imprégner des lieux, à retenir les noms des échoppes, des voies, à noter l'emplacement des offices, des ateliers, et aussi à placer sur papier les passages vers les autres souterrains ... Me voilà prêt. J'ai corrigé mon accent autant que possible, même si mon voisin d'étage à l'auberge m'a sans doute pris pour un délié, à m'entendre répéter du Khazalid avec l'intonation d'ici.

Alors, l'office de la Guilde... C'est vers la paroi des cuves. Bien, en route.
Snorri Sturillson
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"Vous n’avez pas le droit d’avoir votre opinion. Vous avez le droit d’avoir votre opinion renseignée.
Personne n’a le droit d’être ignare.
"
Snorri dans un univers parallèle très mignon et propre :
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[MJ] Le Djinn
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Re: [Snorri] La Cité du Torrent

Message par [MJ] Le Djinn »

C'était le moment, enfin! Le pas mal assuré, Snorri s'engagea dans le dédale des ponts, rues et canaux de Zhufbar à la recherche du Hall des Ingénieurs qu'il avait vu plus tôt dans la semaine. Sa lettre en main, ses affaires aux poches et le fusil dans le dos il parcourait cette citadelle merveilleuse où mille trésors venaient ravir son intelligence à chaque mouvement de tête. Il attira d'ailleurs les œillades de quelques nains de bonne famille en furetant un peu trop près des roues à aube ou en s'attardant trop sous une cascade artificielle qui composait à toute heure un arc-en-ciel virevoltant. De nombreuses heures de calcul avaient dû être nécessaires pour obtenir un tel résultat.

Un peu à l'écart du centre, dans un quartier vide de ses habitants, s'établissait le Khaz-Endrinkuli, littéralement "la citadelle des ingénieurs". Et que le lieu était impressionnant: un ensemble de bâtiments rectangulaires finement maçonnés dans de savants mélanges et avec une grâce certaine, offrant un spectacle brutal, lisse et pourtant agréable à l'œil. Une observation supplémentaire derrière lui un véritable champ plat avait été creusé et rempli de sable. Entouré par un muret ce champ de tir accueillait des dizaines de dawis en train d'expérimenter des canons et des arquebuses, voire d'autres armes plus exotiques que Snorri ne reconnut pas. Il était de toute façon temps de les laisser s'entraîner et de pénétrer dans le hall, histoire de retrouver son contact.
L'entrée se constituait d'un court mais large couloir vide sur les murs duquel, illuminés par d'immenses braseros, des fous avaient gravés des représentations sculpturales sur du granit des dawikul: les arts libéraux nains.

La première œuvre représentait l'arithmétique: un nain, plume et encrier à la main, écrivait sur une feuille de papier stylisées des équations, certes simples, mais indispensables aux savoirs plus avancés.
La deuxième était la géométrie, corollaire de la première: cette fois un dawi soucieux portait l'équerre et le compas.
La troisième se trouvait être la maîtrise de la maçonnerie, le courte-barbe portant marteau et burin le montrait.
Le quatrième était l'art du métal cette fois montré par un vieillard transportant une représentation alambiquée de l'élément Fer.
Le cinquième étant étonnamment l'alchimie, avec un dawi en tablier regardant une fiole.
Le sixième était l'art de la machine avec ses rouages et ses écrous soulevant un ingénieur.
Le septième était l'art de la guerre, figurant l'artilleur regardant fièrement son canon.
Et enfin le huitième était le savoir de l'eau, représenté par un nain en belle tenue songeant sous une cascade.

Et en face de Snorri, au bout de cette antichambre, sur le mur au-dessus de l'entrée dans la guilde proprement dite, un visage en relief de Morgrim, ancêtre des Ingénieurs, observait le visiteur. Son regard creusé semblait percer l'âme avec une forme de hauteur à la fois sage et un peu arrogante, comme s'il disait à travers ses lèvres de pierre: "Qui es-tu, jeune dawi, pour poser le pied dans le temple du savoir"? Oui, sa face ne laissait aucun doute: seuls ceux qui pouvaient maîtriser ces huit disciplines prendraient le nom d'ingénieur. Les autres resteraient dans leur rôle bas et moins honorable, pour toujours.
Bien vite tiré de sa rêverie par d'autres dawis qui souhaitaient passer, Snorri fût presque contraint de rentrer, découvrant un labyrinthe de pièces, couloirs, escaliers et dortoirs où on travaillait sur des inventions éprouvées ou farfelues et ce dans toutes les disciplines susnommées. Demandant son chemin, un habitué au teint grisâtre lui pointa du doigt l'escalier: il lui faudrait descendre de six étages et aller tout droit puis à gauche, son contact y serait.

La forteresse semblait constituée en dix niveaux représentant chacun l'art correspondant puis pour les deux derniers des niveaux d'intendance. Cinq puissants ascenseurs similaires à celui qu'il avait vu à l'entrée permettaient de faire le lien entre eux et la surface, bien pratique pour transporter les canons ou armes lourdes. Telle était sans doute la tradition.
Le fameux étage des machines était plus semblable à un atelier de bricolage géant à compartiments séparés qu'à autre chose. Un dawi si jeune qu'il n'avait quasiment pas de barbe, le nez plongé dans ses plans, le renseigna sur la position du maître: il était dans la pièce d'à côté, fort occupé. Une lourde porte de bois séparait le couloir du bureau du maestro, mais elle était entrouverte, laissant l'opportunité à Snorri de toquer et de l'entrouvrir. Devant lui, assis sur un haut tabouret, penché au-dessus d'un bureau en bois et en métal, se trouvait l'ancien Barudin Olarkson du clan des Brise-Étoilés. Il travaillait sur une montre à goussets aux dix milles engrenages, avec deux pinces fines il était en train de la réparer, s'aidant pour voir les défauts d'un monocle-loupe attaque à ses lunettes. Sa voix ferme et rocailleuse aboya:


-"ENTREZ! Et ne faites pas de bruit!"

Le ton était sans appel et c'est un Snorri mi-figue mi-raisin qui pénétra le saint des saints. La pièce, spacieuse d'environ quarante mètres carrés, devaient aussi servir de chambre, le lit étant visible. L'ensemble était fort sobre et se composait surtout de sculptures murales représentant des scènes de vie quotidienne ou d'étagères sur lesquelles s'accumulaient livres, antiquités et outils de travail. Après cinq minutes, le vieux nain se décida en grognant à se détourner de son travail et, sans plus de cérémonie, maugréa:

-"Qu'est-ce que tu m'veux, courte-barbe?"

La lettre lui fût tendue. Il jeta une œillade soupçonneuse à son interlocuteur, sembla reconnaître le sceau avec surprise et la pris entre ses mains énormes et calleuses avant de la lire. Perplexe, ses yeux passèrent de l'écrit à Snorri, puis de Snorri à l'écrit. Soudainement adoucit, il posa le parchemin sur son bureau, non loin de la montre, et joignit ses mains avant de murmurer dans sa barbe.

-"Sturill, j(t'ai fait un serment, j'le tiendrai."

Il se leva. Il était de la même taille que Snorri, mais sa barbe presque blanche et nouée de partout était infiniment plus longue.

-"Bien Snorri. Ton père m'a demandé de faire de toi un véritable Endrinkuli et j'ai bien l'intention d'le faire. Alors on va commencer: pour toi j'suis Maître Olarkon et ce jusqu'à ce que tes poils touchent le plancher, c'est clair petit? Bien. Ici on va t'apprendre tout ce qu'il faut savoir, tout ce que tu dois connaître pour être un vrai ing... Mais qu'est-ce que tu as dans le dos?"

Sans crier gare il saisit l'arme qu'il arracha au corps de notre héros, manquant de le faire chuter au passage. Il saisit le fusil de Yodel et l'observa sous tous les angles avec une expression ahurie. Son œil gauche cillait et il était clair que ce n'était pas par plaisir. L'arme se faisait malmener dans tous les sens sous les grandes paluches et ont eu dit qu'il allait la briser comme une brindille. Sa voix était devenue blanche et ses yeux écarquillés de stupeur quand il reparla:

-"C'est toi qui a fait cette horreur, mon garçon?"
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Snorri Sturillson
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Re: [Snorri] La Cité du Torrent

Message par Snorri Sturillson »

Alors... La Guilde des Ingénieurs, c'est ...

C'est quand même une drôle d'idée de tout mettre à ciel ouvert comme ça. Ils ont jamais eu d'Umgi par ici ? ...
...

En fait, c'est certainement le cas. Aucun bonhomme de plus de 5 pieds de haut dans le coin. Et puis bon, ciel ouvert, ciel ouvert... S'il n'y avait pas toutes ces pierres-lumières dans le plafond rocheux, on ne s'y verrait pas tant que ça ici. C'est quand même bien pratique ces rochers blancs phosphorescents. Je m'demande si la Guilde en utilise pour ses torches ou ses incendiaires. Après tout, une fois en poudre, un tel minerai doit certainement produire une réaction comme le phosphore ou le sulfure, non ? Peut-être que c'était ça, ces fichues grenades des brises-fers...

Ah tiens, en parlant de brises-fers, en voilà une demi-douzaine qu... qui n'ont pas l'air en forme. Tonnerre, qu'est-ce qu'ils ont pris ?! Sang-de-mitre, en voilà un qu'on ramène calanché... Ce n'est peut-être pas une bonne idée de quitter ce Hall... Et ils ramènent aussi deux-trois gus en veston et encapuchonnés. On dirait... des bûcherons. Des soldats-bûcherons. Attends... Des soldats-bucherons Nains ?! Mais... Quoi ?!

...

Ferme-la Snorri. Le temps n'est pas à la diatribe ou aux questions. Des Dawi sont morts... Au moins ceux-là ont atteint leur dernier foyer. Gazul leur soit clément, ceux-là ne sont pas morts avec la panse pleine ou les bras mous.

...

Aucun bruit, aucun son, aucun piaillement ne viennent troubler leur marche funèbre. Juste le bruit de leurs bottes et de leurs ceintures, qui résonnent à l'unisson, au pas de trois-quarts. Aucune fleur, aucun sanglot, aucun proche inconsolable. Ceux-là s'en vont vers le Souterre, armes en main, devoir accompli. Pourrais-je un jour en dire autant ? ...

Brrr.
Si je dois mourir arme en main, autant que ce soit à l’extérieur. Je préfère que mon dernier souvenir soit d'une pluie battante ou d'une nuit striée du Nord, que d'une gerbe de suif dans la trachée, au milieu des gravats à mille lieues sous le sol. Enfin bref, voilà. Ceux-là s'en vont, et moi, j'arrive... Quel bel échange, n'est-ce pas ? Même si sur le long-terme cela leur sera plus favorable, je ne compte pas mourir ici. J'ai envie de voir le monde, de l'éplucher, d'en extraire tout le jus, et de le boire dans une grande coupe... Mais il faut d'abord la mériter, cette coupe. Allez, au boulot.

[...]

C'est... Étrangement simpliste comme architecture... Enfin, simpliste... Pas au sens "facile à construire", mais "facile à comprendre et observer". C'est très... Froid, austère, sobre. Déjà que l'École d'Artillerie avait une gueule de caserne endimanchée, alors celle-là... Ah tiens, aucune pierre-lumière ici, que des flambeaux. Étrange, pour un établissement avec une réputation si illustre... Mais, qu'à cela n'tienne, ils se sont quand même bien lâché sur les gravures : grès colorés, marbre strié ET marbre-noble, granit noir et granit bleu... Et cette pierre-là, je ne la connais pas. Sûrement un minerai d'ici. Un rejet feldspathique ou autre, j'imagine, ou bien une sous-classe rare de gabbro ou diorite... Hm. Soit.

Et donc, on a ... 8 plans de reliefs. Tous uniques, et tous parachevés par des écritures en surplomb.
A...r... Arithmét... c'est écrit serré ! Ah, ils ont fait des économies sur la calligraphie, les malins !
Arithmétique.
Gé...om...étrie... J'imagine que celui-là c'est la maçonnerie ou l'ouvrage de sculpture... Oui, maçonnerie, c'est mieux. L'art, c'est pour les moustachus écervelés de Baraggio ou Verezzo.
Et donc ensuite, plus classiques et plus visuels, on a : Forge - Alchimie Générale - Mécanique et ... Hydraulique. Bien.

De base, avec mes savoirs de l'Université, j'en ai donc.... Deux... Trois, peut-être. Et bah, ce n'est pas gagné d'avance ces histoires... Je suis ici pour un moment, et pas qu'un peu.

Bon, j'avance, sinon on va me balancer à l'eau dans la minute. Surtout qu'en face, c'est le grand Patron qui me guette, donc j'ai pas intérêt à froisser qui que ce soit d'entrée.

[...]

Donc c'est là. Maitre Barudin Olarkson, du clan Brise-Etoiles. Il a pas l'air commode, avec son attirail. Et...
...
Il ne l'est pas. Gé-nial. Bon, procédure habit-
...
Procédure habituelle. On ferme sa gueule et on répond que si on m'demande.
On va tendre la lettre sans broncher, et rester neutre.
On recule d'un pas, pour éviter les coups de compas ou de pince à rouages.
Et on attend.
.
.
.
Et on attend.
.
.
.
S'il continue de lire aussi près du papier, il va aspirer l'encre par le nez. Mais j'crois qu'il en est conscient.
...
Qu'est qu'il a à me reg-Hé! Mon fus-ooooh !!!!

- "H..."

Ferme là, andouille ! Si tu dis que c'est à toi, t'es bon pour les latrines ou une taloche de maçon, ou pire, un demi-cadeau de Herr Yodel en vrac. Boucle-la.
...
Bon, il va pas falloir vriller ou flancher sur les paroles. Allez, la voix forte mais mesurée, le ton poli et assertif.


- "Pour être tout à fait honnête avec vous, Maitre Olarkon, ce que vous tenez entre vos mains n'est pas de moi. C'est un cadeau que l'on m'a fait, mais je n'ai pas fabriqué une telle chose.
Comme Père vous l'aura certainement signalé, j'ai vécu à Nuln jusqu'à présent, avec Umgi et Dawi. Ainsi, lors de mon départ annoncé pour la Cité-Forteresse de Zhufbar, Père ainsi que d'autres ont jugé bon de me laisser quelque-chose en souvenir, quelque chose de matériel, afin que je n'oublie pas mes origines ou ma communauté. Quoi qu'il en soit, voilà ce que mon Père m'a légué, cette chose fragile que vous tenez entre vos mains expertes. Je sais que cet objet n'a pas bonne mine, ni l'air très robuste ou bien conçu - et il ne l'est sans doute pas, comparé à tout ce que j'ai pu voir ici-même - mais cela reste ce que c'est : un souvenir, un cadeau, et malgré l'horrible aspect, cela reste un gage de mon appartenance, tant à ma famille qu'à mon clan. Cet objet dans son état actuel est ainsi, à sa manière, une preuve que je suis bien Snorri Sturillson, du clan Durazbak de Karak Hirn, descendant de Mereana Juste-Marteau. Et rien d'autre.

Je conçois bien qu'un véritable objet de forge ou d'orfèvrerie aurait été plus logique, et certainement plus appréciable à vos yeux, mais c'est ainsi qu'il en a été décidé pour moi. Étant donné la qualité médiocre des travaux de Nuln en comparaison à ceux d'ici, je m'excuse si la vue d'un tel objet vous dérange, et j'irai de ce pas le ranger loin d'ici.

Néanmoins, je sais, tout comme vous, qu'il aurait été honteux de ma part de refuser tout objet légué par mon clan et mon paternel. J'ai ainsi préféré et je préférerais garder une telle horreur dans son état actuel, puisque c'est un cadeau que je ne saurais conserver autrement... "


... Et par "état actuel", j'entends la même chose que tout le monde, c'est-à-dire entier, intact et fonctionnel, hm ?...

- " ...Quitte à la laisser dans une armoire, un coffre ou un sac, comme un simple colifichet, le temps que j'apprenne... Tout ce dont vous avez à m'apprendre. Et je conçois que j'ai bien des choses à apprendre, Maitre Olarkon."

Et maintenant, seulement maintenant, je m'avance en le regardant lui, et pas la création de Herr Yodel. Comme ça, il a tout à penser que ce n'est qu'une babiole infâme, inutile et qui me sert de "rappel à l'ordre" lorsque j'oublie mes origines et mon appartenance. Un objet sentimental, en quelque sorte. Aucun Nain n'oserait réfuter cela, je le sais, puisque ni Père, ni les juges ou quiconque du Mighdal-Bar, ni moi-même n'avons osé le faire. Aucun Nain doté de logique et de conscience ne réfute ses origines ou son clan, quel qu'il soit. Notre loi est ainsi faite - Non, notre âme est ainsi fait.

Et je suis aussi assez proche pour attraper l'engin si Maitre Olarkon souhaite la jeter par terre, sur moi ou sur son genou. Je n'ai nullement menti dans mes propos, donc une telle réaction de ma part serait légitime et justifiée.

Qui plus est, c'est bien tout ce qu'il me reste provenant de Nuln et de Père, puisque j'ai délaissé mon chasuble et la plupart des ouvrages de mon foyer...
Snorri Sturillson
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"Vous n’avez pas le droit d’avoir votre opinion. Vous avez le droit d’avoir votre opinion renseignée.
Personne n’a le droit d’être ignare.
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Snorri dans un univers parallèle très mignon et propre :
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