[Piero] Partir, c'est mourir un peu

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Dès sa fondation par le dieu guerrier Sigmar, l'Empire a dû faire face aux invasions et aux guerres civiles. depuis plus de deux mille cinq cents ans, il survit néanmoins aux périodes de trouble et aux batailles grâce à la bravoure et à la discipline de ses armées

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[MJ] Le Djinn
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

Un peu de musique:
Bien étonnant était le spectacle de ce relais de voyage littéralement envahi de pauvres bougres à la recherche d'un abri. On ne pouvait plus marcher sans écraser un pied ou une jambe, aller se soulager par dessus les remparts était une gageure terrible et seul le froid empêchait l'odeur pestilentielle d'excrément et d'urine d'envahir la cour bondée qui avait déjà fort à faire avec la crasse et la sueur. Petite chance dans ce malheur: la concentration humaine à cet endroit, bien que favorisant les maladies, augmentait aussi la chaleur dégagée, dans un effet involontaire de réchauffement collectif. En bref il y aurait de nombreux rhumes mais bien peu d'engelures.
De temps à autre les gardes de l'auberge, sans doute des mercenaires locaux à juger par leur accent, parcouraient le dédale de corps mouvant pour s'enquérir des potentiels blessés ou mourants et essayer de garder en éveil les hommes valides, surtout ceux avec des armes. A ce titre, l'expédition des frères Jürker fût souvent dérangée et Piero entendit un nombre incalculable de fois:


-"Surtout, tenez votre arme à portée, hein!"

Pourtant rien ne présageait quoique ce soit. Les chiens continuaient d'aboyer tout leur saoul, les gens jouaient aux dés et aux osselets ou bavardaient à voix basse. La nuit commençait à tomber réellement mais encore une fois aucun repos: les gardes réveillaient les hommes endormis, les maintenant entre deux états. Nerveusement les mercenaires observaient les nuages noirs qui dissimulaient toute lumière et les bois environnant. Dans l'auberge, les insomniaques priaient Morr en boucle et les moins pieux eux-mêmes murmuraient des incantations à destination du Grand Passeur. Ces paroles murmuraient ne suffisaient pas malgré tout à surpasser le silence irréel qui s'était emparé du lieu alors que minuit sonnait. Une chape de plomb avait chue sur le monde des vivants et même les chouettes, hiboux et autres nocturnes ne sifflaient plus. Ne survivait plus que le crépitement des nombreuses torches placées sur les murs ou dans des braseros, peinant à fournir une lueur plus forte que celle d'une bougie.

Et soudain des cris de terreur dans la nuit.

Venant de toute la forêt, parcourant les cieux noirs, des hurlements où se mêlaient la peur et la souffrance. Les dormeurs se réveillèrent en sursaut, les chiens jappèrent de panique, les chevaux hennissaient et tentaient de briser leurs cordes. Un garde sur le mur observa la nuit et lança au hasard une torche qui se planta dans la neige. Ses yeux s'exorbitèrent alors, une expression terrible s'empara de ses traits et il se retourna pour hurler:


-"A L'AIDE! NOUS SOMMES ATTAQUÉS!"

Les cris extérieurs amplifiaient et s'approchaient alors que les hommes valides montaient au créneau ou se massaient devant la porte. Piero, lui, attrapa pistolet et sabre pour se jeter sur les remparts et faire face aux horreurs qui arrivaient. Il n'était pas prêt.
Devant lui s'étendaient une mer de figures pâles, spectrales, flottant lentement avec des visages torturés vers les murs où la chaleur de la vie les attirait. Des formes fantomatiques, s'articulant en des angles impossibles, défiant toute logique dans leur déplacement. Une marée macabre qui avançait à basse vitesse, protégeant de leurs voiles translucides des horreurs bien plus physiques, comme ces cadavres ambulants qui boitaient les bras tendus vers les âmes des mortels.

Test de peur de Piero: 4, réussite.
Des esprits plus faibles auraient succombés à la vision de ce tableau d'horreur, mais pas Piero. Alors que sur les remparts des couards et des innocents lâchaient tout pour se réfugier dans des recoins ils pleureraient de terreur, mais pas lui. Pas aujourd'hui.

Il observa ses alentours et constata qu'il était séparé du groupe, ressentant soudain une immense solitude alors qu'il se tenait entouré d'une foule d'inconnus. Quelques flèches volaient déjà vers les rangs des morts, sans être capables de les arrêter à outre-mesure. Les spectres étaient traversés sans même devoir ralentir et les zombies encaissaient les chocs sans peine. Finalement la marée des morts parvint au bas des murs et des dizaines de mains cadavériques grattèrent le bois. Pendant un instant on souffla: ces bêtes étaient idiotes et même si elles cognaient dans la porte elles y laisseraient des membres. C'était sans compter les fantômes éthérés qui volèrent bientôt à la rencontre des défenseurs voire même traversèrent les défenses pour atteindre directement femmes et enfants, lesquelles hurlèrent de terreur en observant ces abominations émerger dans leur sûreté. C'est alors que Piero croisa les orbites vides d'un homme en haillons qui flottaient vers lui, la mâchoire brisée et les dents déchaussées, le nez absent et le tout dans un nuage bleu pâle écoeurant. Ce spectre venait pour lui, il venait le chercher.
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Piero Orson
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

C'était un véritable vivier humain. Oui, pensa l'aventurier en regardant la matière puante qui collait à ses bottes alors qu'il pataugeait entre les mercenaires et des monceaux de civils terrifiés. Ils n'avaient plus rien à envier aux écrevisses et aux anguilles des princes de Tilée qui remuent dans des bassins. La question était, à quelle sauce les mangeraient-on ?

Il nettoya son pistolet avec précaution. Un mouvement d'un badaud un peu maladroit et son arme finirait dans la fange, foutue. Le pistolet chargée, le sabre astiqué, l'Estalo-Tiléen n'avait plus qu'à attendre. Il n'osa pas proposer une chanson tant le vent de panique qui flottait au dessus du relais privait la grouille humaine de toute retenue. Il attendrait en silence, pressé contre des corps moites d'inconnus jusqu'à ce l'année nouvelle arrive. Le fameux réveillon de la nuit des sorcières.

Il était épuisé, ses sens mis à rude épreuve dans ce bourbier de chair, de merde et de sueur. S'assoir le cul au sec était un privilège dont il ne bénéficiait pas. Ses mollets s'étaient tétanisés. Mais ils ne seraient pas les seuls. Un garde hurla, déchirant le silence de la nuit.

Les bêtes réagirent. Bœufs, chevaux, chiens, hommes. Tous paniquaient. Les morts, les morts sans repos marchaient sur le relais. Peu de choses terrifiaient plus notre voyageur à la moustache cirée que les macchabées disjoints s'aventurant loin des tombes. Il s'aventura au rempart, pistolet en l'air. Pourquoi y aller ? Pourquoi choisir la voie de la bravoure alors qu'il avait toujours survécu en rampant et en se faufilant comme le dernier des filous des rues ?
Il y avait trop de fois où sa couardise avait couté la vie à des proches, à des amis, à des compagnons d'armes. Trop de fois où il s'était débiné. Il croisa une colonne de gaillards plus forts, plus grands, mieux armés, mais ils courraient dans la direction inverse à la sienne. Eux fuyaient la vision des morts. Piero lui, montait au rempart. Il s'était débiné face à la justice, aux rois, aux dieux et aux hommes-bêtes. Ce soir il n'avait pas de chemin de traverse, pas d'échappatoire. Le ventre tordu et les viscères nouées il claqua les pans de sa cape en braquant son pistolet en contrebas. Les morts étaient-là. Là pour lui et pour toutes les personnes de l'auberge. Des courageux tiraient sur les pantins décharnés qui trainaient leurs guenilles dans la neige sale. Mais face au sudiste, il n'y avait que ce spectre. Cet esprit sans repos. Ses mains figées en serres squelettiques et couvertes de croûtes. Un fantôme.
Ses dents claquèrent. Il ne connaissait qu'une seule prière au Père des rêveurs. Tout en prenant une teinte crayeuse il déclara avec solennité :

Ô Mórr, Toi qui règne sur le Royaume d’en bas
Sur les caveaux d’insondable mystère
Où l’horizon morne et plombé s’étire
Ô Mórr, Toi qui surveille l’esprit des défunts
Quand le temps s’arrête
Et que la pénombre se fait nuit


Il déglutit, face à cet inconnu mort depuis des siècles ou mort depuis une nuit. Qu'en savait-il, il priait malgré tout en pointant son pistolet sur sa face intangible :

Seigneur de la Mort qui demeure en toute chose
Seigneur des Rêves
Roi du calme et du silence
Humblement, nous te mandons de recevoir et d’accueillir,
De conduire en ton Royaume, éternellement, cet esprit au repos troublé.
Vois venir à Toi ce défunt
Ouvres tes portes,
Qu’un rai de lumière jaillisse !
Nous entendons ton pas lourd et mesuré
Nous entendons ton pas pour l’accompagner !


Il sentit ses chausses se réchauffer alors que la flotte qu'il avait ingurgité tantôt s'échappait de sa vessie.

Ô Mórr, nous t’adressons d’ici
Notre reconnaissance infinie
D’avoir recueilli en ton Royaume, à jamais, ce fils de l'Empire au repos troublé.
Qu’il en soit ainsi !
Piero Orsone da Trantio, explorateur
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[MJ] Le Djinn
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

C'est donc l'heure de se battre!

Piero vs l'Esprit: Piero est toujours plus rapide.

Tour 1:

Piero tire à quasi portant (+8 au TIR), réussite sur 8 ou moins car chances de toucher divisées par deux contre Immatériel: 9, raté.

Esprit attaque: 10, échec.

Tour 2:

Piero attaque: 14, échec.

Esprit attaque: 16, échec.

Tour 3:

Piero attaque: 16, échec.

Esprit attaque: 9, échec.

Tour 4:

Piero attaque: 19, échec.

Esprit attaque: 19, échec.

Tour 5:

Piero attaque: 3, réussite (ENFIN!). Esquive de l'esprit: 5. Réussite de 1 pour Piero: Piero inflige 9 points de dégâts.

Esprit attaque: 15, échec.

Instabilité aetheryque de l'Esprit: 5, réussite.

Tour 6:

Piero attaque: 14, échec.

Esprit attaque: 20, échec critique. Pas d'attaque au prochain tour.

Tour 7:

Piero attaque: 16, échec.

Tour 8:

Piero attaque: 5, échec.

Esprit attaque: 11, échec.

Tour 9:

Piero attaque: 2, réussite. Esquive de l'Esprit: 13, échec. Piero inflige 5 points de dégâts au Spectre

Esprit attaque: 10, échec.

Instabilité aetheryque: 2, réussite.

Tour 10:

Piero attaque: 13, échec.

Esprit attaque: 18, échec.

Tour 11:

Piero attaque: 16, échec.

Esprit attaque: 4, réussite. Parade de Piero: 20, échec critique sur un rempart! Piero va-t-il choir? 2, réussite! Il perd son pistolet! Piero subit 24 points de dégâts. Il reste 44 Pvs à Piero.

Tour 12:

Esprit attaque: 11, échec.

Tour 13:

Piero attaque: 20, échec critique! Pas d'attaque au prochain tour.

Esprit attaque: 14, échec.

Tour 14:

Esprit attaque: 3, réussite. Parade de Piero: 4, réussite... Inutile, l'attaque passe au travers. Piero perd 24 points de vie. Il reste 20 Pvs à Piero.

Tour 15:

Piero attaque: 4, réussite. Esquive de l'Esprit: 19, échec. Esprit subit 9 points de dégâts.

Esprit attaque: 7, réussite. Esquive de Piero: 3, réussite de justesse!

Instabilité de l'Esprit: 10, échec de deux. L'Esprit perd 11 Pvs. L'Esprit se désagrège!

A savoir que j'ai coupé au moins 5 tours.
Le combat était acharné de part et d'autres, les morts et les vivants redoublaient d'ardeur, de peur ou de haine pour le camp d'en face, donnant tout pour la survie ou l'assouvissement de la Faim Sans Nom. Pris à partie par un redoutable esprit, Piero constata avec un déplaisir certain la balle de son pistolet partir, éclater la silhouette transparente du monstre puis disparaître derrière ce qui semblait être de la fumée tandis que l'ectoplasme reprenait sa place comme de rien n'était. Un long râle furieux jaillit de la gorge morte de ce qui fût un homme et dont les yeux vides de toute chaleur se posait à présent sur cet impudent vivant.

Les passes s'engagèrent alors, dans une défiance mutuelle. Le froid de l'acier repoussait tant bien que mal les assauts de la créature qui enveloppait Piero de son étreinte, tentant de l'agripper de nombreuses fois, toujours repoussée au dernier moment, ou presque... Le Tiléen crut avoir l'avantage, au départ, quand la morsure glaciale du métal fit vaciller l'ombre à deux reprises, brisant son équilibre et la laissant impuissante à pousser des gémissements infernaux. La joie fût de courte durée: les mains de l'esprit vengeur s'abattirent sur Piero, leur possesseur déterminé à dévorer cette étincelle de vie et assouvir son appétit d'âme. Le résultat fût cruel car nulle maille ne pouvait protéger des doigts squelettiques d'un fantôme, la seule défense contre eux étant la force de l'esprit et du corps... Au contact de la chair chaude, les appendices devinrent longues griffes qui lacérèrent peau et viande avec délectation, jouant avec les nerfs et les tendons, cherchant les organes. Le héros en devenir n'eut que le temps d'hurler de douleur alors que le froid et la mort envahissaient son corps. Il manqua de trébucher et de s'écraser en bas sous les hurlements des mères et des enfants, mais tint bon au dernier moment, laissant une pierre détachée s'écraser près du pistolet tombé au sol et d'un marmot trop curieux qui recula, hurlant de frayeur.
Ses cris ne dépareillèrent pas dans le chahut ambiant, où les spectres prenaient d'assaut les fortifications et où les hommes luttaient tant bien que mal, la peur au ventre et les armes inefficaces, contre ces menaces fantômes.

Pas le temps de réfléchir cependant, car encore une fois les longs doigts blancs et osseux trouvèrent la faille dans la cuirasse de Piero et ses hanches se recouvrirent comme par malédiction d'une série de lacération rouges saignant abondamment, le laissant à genoux, la vision obscurcit par le voile de la mort qui s'approchait. Un dernier coup de sabre rageur acheva de dissiper ce résidu d'humanité, renvoyant aux tourments éternels l'âme d'un malheureux. Avec grand peine, le bandit se releva et observa les alentours: en bas la porte commençait à céder et des vagues de mains mortes cherchaient désespérément des proies à tuer. De son côté, sur les fortifications, les derniers hommes debout luttaient pied à pied contre des esprits bien moins nombreux mais encore menaçant. Par terre des corps exsangues, aux expressions terrifiées. Dans la confusion Piero ne reconnaissait plus les visages, ne distinguait plus les hommes derrière les voix hurlantes du champ de bataille. Son nouveau dilemme arrivait: se cacher comme un blessé et un lâche ou jouer le héros contre des fantômes ou des morts-qui-marchent?
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Piero Orson
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

Comment tuer l'intangible ? Comment tuer un être éthéré, déjà mort depuis un temps incalculable ? Piero n'en savait rien. Il savait juste que c'était lui ou l'esprit. Et Piero tira.

Visiblement le plomb n'arrêtait pas l’intangible. Bon. Il était temps de tenir son froc à une main et de se battre avec l'autre. Il fallait espérer que l'acier soit plus efficace.
Il frappait, tranchait, cisaillait à travers l'ectoplasme en autant de coups inutiles. L'Estalien était terrifié. Il ne pouvait se douter que la suite serait pire. Les serres fantomatiques le déchirèrent comme on vide un hareng. Éviscéré, Il poussa un beuglement de douleur, tombant lourdement sur ses rotules. Son esprit gela comme si le Nordland tout entier s'était précipité entre ses deux oreilles.
Le Nordland et ses occupants aussi éthérés que l'esprit qui était en train de lui ôter la vie.

Qu'est-ce qui vous pousse au combat, vous ? Après tout, le garde qui était responsable de votre détention est mort.

Tous...morts. Lui aussi, après tout n'était-il pas un mort en sursis ? Insolent survivant à sa bande, à la justice, à ses frères et sœurs d'armes de l'Empire et d'ailleurs ? Tel ces géants, être le dernier de son espèce n'avait rien de plaisant. Piero Orsone da Trantio, dernier bandit, dernier déserteur, lâche devant la mort comme durant la vie. Une fois arrachée de son tas de viande et d'os, son âme rejoindrait-elle celle de ces spectres dans leur errance troublée ? Pourtant, quelque chose glissa de sa ceinture. Il le sentit. C'était la preuve qu'il était encore vivant. Ses sens, engourdis par la douleur, lui criaient pourtant "TU ES EN VIE CABRÓN ! Puta, relève toi, avance, vit !"
Et il les écouta en sentant son pistolet choir dans la fosse en contrebas. Foi de Salvadore, il ne laisserait pas un objet aussi précieux reposer loin de sa carcasse. Avec un effort surhumain, ses muscles lacérés hurlant à chaque mouvement, il balaya sa lame dans l'esprit. Et il disparut dans la même fumée qui le composait, implosant comme un astre. Reprenant son souffle, Piero cracha un glaire carmin. Il était maculé de son propre sang. Bien la peine de racheter une chemise tiens. Ses genoux couinèrent lorsqu'il se redressa. Premier objectif, récupérer le pistolet. Second objectif. Improviser.
Il posa son regard de jais sur les horreurs de la nuit des sorcières. Les défenseurs n'en menaient plus très large. Entre ceux qui avaient fui et ceux qui gisaient dans la merde boueuse, il ne restait qu'une poignée de braves. Pour un nombre incalculable de mains croûteuses et glacées agitant des doigts brisés à travers la porte, pour les spectres tournoyant comme des freux au dessus de leurs têtes. L'homme blessé se dirigea vers la cour, pour récupérer son pistolet. Le pistolet oui. La paire de pistolet de Pavona. Hélène. Toujours Hélène.
Après ça ce serait le baroud d'honneur aux portes. Si elles cédaient ils étaient tous morts. Il fallait trancher la question dans le vif, enfin, le non-mort.
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

La cour était dans un état de panique terrible. Les gens courraient en tous sens, on se bousculait pour entrer dans l'auberge fortifiait alors que les premières mains squelettiques brisaient le bois des portes. Dans ces moments-là le danger ne résidait même pas nécessairement dans l’arrivée de la horde ennemie mais dans la pure stupidité humaine. Piero assista par exemple à la mort d'une vieille femme, piétinée par la foule terrifiée qui bouchait l'entrée et cherchait activement à entrer, pendant que l’aubergiste, lui, aidé par des lâches, cherchait à fermer les portes de l’établissement, aggravant encore le carambolage.
Devant les murs, Piero retrouva Félix qui, plus pâle qu’un spectre, attendait en troisième ligne, une épée à la main, que la structure cède. On entendit la voix de Kalum hurler un ordre rendu inaudible par le brouhaha ambiant et une plainte douloureuse dont notre héros aurait pu jurer que son lanceur était Kurt. Le statu quo n’évoluait pourtant pas : la porte tenait bon et les morts peinaient à réellement la faire chuter. Sur les remparts les derniers défenseurs, rejoins par quelques couards qui voulaient profiter de la gloire de la victoire alors que les risques étaient minimaux, dissipaient les derniers esprits malins survivants.
Le changement vint quand un fou ou un brave s’élança en avant et, sous les yeux incrédules des premiers défenseurs, dégagea la poutre de bois qui bloquait encore l’ouverture!


-"Y fout quoi c'lui là?!"

-"Arrêtez-le!"

-"L'est taré!"

Les portes s’ouvrirent en grand en un clin d’œil, déversant une marée imposante de cadavres en fureur sur les survivants. Des dizaines de mains mortes attrapaient les vêtements, les armes et les cheveux, des coups violents de dents et de poings faisaient chuter les fils de l'Empire. Les coups ne paraissaient pas les arrêter, ils supportaient des blessures fatales sans faillir. Mais l'obstination et l'acier de l'humanité remirent bien vite de l'équilibre dans la balance après l'effet de surprise et si la première ligne était en train de tomber, la deuxième en renfort repoussait les défunts vers leur tombe. Il y en eut même quelques eux sur la troisième et dernière ligne, celle de Piero, pour crier victoire. Un sourire d'ailleurs éclaircissait le visage sale et inquiet de Kurt. Jusqu'à ce qu'un cri retentisse à l'arrière, venant de l'auberge:

-"LES MORTS REVIENNENT!!"

Un regard en arrière suffit à comprendre. Les défenseurs tombés, notamment sur les remparts, se relevaient de la mort pour détruire les vivants! Beaucoup des mercenaires, guerriers et miliciens ayant chût contre les ectoplasmes se remettaient sur pied, les yeux vides et les mouvements erratiques, pour retourner vers les vivants...
Les morts reviennent à la vie dans votre dos. Ils ne sont pas nombreux mais ils sont proches.

Deux zombies vont attaquer Piero, celui-ci a l'occasion de tirer de près.

Tir de Piero: 1, réussite critique. Zombie subit 100 points de dégâts. Il est re-mort.

Un second zombie arrivera au prochain tour.

Tour 1:

Piero attaque le zombie: 16, échec.

Zombie attaque Piero: 16, échec.

Tour 2:

Piero attaque le zombie: 10, échec.

Zombie attaque Piero: 13, échec.

Tour 3:

Piero attaque le zombie: 7, réussite. Parade du zombie: 16, échec. Perte de 23 Pvs.

Zombie attaque Piero: 11, échec.

Zombie a infligé moins de dégâts que Piero, il subit donc une instabilité: 2, réussite.

Tour 4:

Piero attaque le zombie: 2, réussite. Parade du zombie: 2, réussite. Perte de 21 Pvs.

Zombie attaque Piero: 2, échec. Parade Piero: 18, échec. Perte de 7 Pvs. Il reste 13 Pvs à Piero.

Zombie a infligé moins de dégâts que Piero, il subit donc une instabilité: 7, échec. Perte de 24 Pvs. Zombie est mort
Un autre combat, une autre victoire. Le premier défunt à se relever, un gosse de quinze and au ventre ouvert, s'effondra à peine avait-il montré la tête, qui éclata sous l'impact d'une balle. Le second opposant se révéla d'un peu plus forte partie, un accompagnateur de convoi comme il y en avait tant sur les routes, qui tenait encore dans sa main la dague dont il s'était servi pour se défendre contre les fantômes. Sa mâchoire du bas avait été arrachée et il eut le temps de couper Piero au bras avant de repartir dans l'au-delà pour se reposer, avec un dernier gargouillis. Piero, fatigué, épuisé, fuit jusqu'à un coin sûr, dans un angle près des chevaux. De là il observa un Félix cadavérique affronter un Kurt éploré dont les larmes coulaient à gros flots sur ses joues. Le vivant l'emporta aisément mais sembla ployer sous l'effort et disparut derrière ce qui devait être un vieux soldat qui luttai pied-à-pied contre deux squelettes couverts de boue. Parmi les civils qui se bousculaient encore à l'entrée, les morts écrasés saisissaient les jambes, mordaient et déchiraient la chair dans un concert de douleur et de terreur.

Piero ferma les yeux et attendit. Le monde redevint calme.

Les morts le resteraient une fois de plus et les vivants étaient victorieux, d'une certaine façon. Alors que l'aube pointait, on cherchait sa famille, on buvait pour oublier, on essuyait son équipement. Ceux à l'esprit le plus dur scrutaient encore les environs à la recherche d'une cible qui se serait échappée, les autres vomissaient leurs tripes. Bientôt la silhouette de Kalum se dessina alors qu'il réunissait les frères Jürker avec un Kurt parcouru de contusions, au regard absent, un Wilburg trop propre pour être honnête et des un boeuf terrorisé. Le sergent aperçut Piero prostré du coin de l'oeil et alla le trouver, sans un sourire:


-"La bonne année. Prends tes affaires, on va s'casser avant que les charognards se mettent au boulot."
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

Là oui, encore un peu de boue, juste là...

Tout en essuyant la glaise de son arme avec la chemise d'un macchabée, l'Estalo-tiléen accroupi ne pouvait qu'observer la débâcle terrible qu'essuyait les rangs des vivants. Devant ses yeux noirs, une foule impersonnelle, un troupeau humain en vestes de voyages et en bottes sales, forçait contre les portes de l'auberge. Une malheureuse chut. Piétinée. Une mort ignoble et guère enviable. Comme celle de ces malheureux que les spectres avaient changé en bidoche tiède.
Se redressant dans un douloureux mouvement, il rechargea son arme, sortit son sabre et regarda la porte. Les Impériaux donnaient de la hache, ces fils du Nord vaillants, ou tenant à leur peau, tranchaient les membres décharnés pointant entre les rondins et les planches. Autour de lui un bataillon informe. Félix. Il le salua du chef. -Tenons iousqu'au bout mon frère. Tenons.
Dans sa voix nulle conviction, juste une volonté d'adoucir leur peur puante et primale. Son instinct de survie lui implorait de courir dans la taverne, de frayer son chemin à travers ces masses sans visages ni noms. Mais non, on resterait là, hardis, héroïques, Attendez il fait quoi ce con ?

Puta di madre ! Gueula-t-il lorsque les portes s'ouvrirent comme les cuisses d'une putain à qui on jette une couronne.
Les lames et les ongles s'entrechoquèrent. Ses jambes ne le portaient même plus tant les hommes s'étaient resserrés pour forcer contre la vague de morts-vivants. Il n'y avait plus Félix, Kalum, Kurt, quiconque, il n'y avait que lui. Que lui entre des corps puant la peur et la pisse. Et le moustachu trouillotait tout autant voir plus.
Pourtant les hommes tenaient bon, comme dans les légendes du passé, la guerre du sang dans la paternelle péninsule, les guerres vampiriques qui avaient écumé l'Empire. Ils tenaient bon. ON TENAIT BON !

-"LES MORTS REVIENNENT!!"

On ne tenait plus bon ! Son corps tordu par l'adrénaline et la peur, l'aventurier se retourna et tira. C'était un mort qui marchait heureusement, pas un frère d'arme. Un pauvre mioche au nez morveux réexpédié chez Morr le père par un pruneau en plomb. Putain de putain de foutre, son pote se ramenait sur lui. Le bec arraché comme l'on faisait aux diffamateurs en Tilée. Il frappait à travers la viande et les os comme si il tranchait un jambon de pays. Avant de retomber dans la fange cette saloperie s'accorda le droit de lui entailler le bras.

Piero était à bout. Sa vision devenait floue. Il avança à tâtons, les bottes engluées de merde, de boue et de tout ce qui pouvait sortir d'un cadavre. L'écurie. Tout son corps ploya contre le bois et la chaume. Pourquoi Félix et Kurt se battaient...Sa tête tournait alors qu'il était immobile. Putain c'était comme ça qu'on mourrait ? Il faisait tellement froid. Il n'y avait personne. Pas d'elfe, pas d'amis, de frères, de père, de mère. Lui uniquement. Le gel impérial engourdissait son corps et ses blessures. La boue pleine de paille lui gelait les miches. Il était seul, absent. Sa tête se vida. -Hey Piero, t'as pas l'air très bien. Fait un somme. Nous on prie Myrmidia, le soleil. Attends l'aube mon petit, attends l'aube.
Lourdes comme le plomb, ses paupières se fermèrent. Rideau.

Le soleil hivernal était aussi décevant qu'une pinte en Bretonnie. La bonne année avait des relents de gerbe, de mort et de sueur. Kalum s'approcha de lui. Sale, blessé, exténué, l'explorateur se leva loin de son accueillant angle de mur pour récupérer son cheval. Sa cape rouge avait pris une teinte bien sépia.
Félix était mort. Mort comme Pieter, comme tout le monde. Pas de funérailles pour lui non plus. Leur petit groupe se réduisait comme peau de chagrin. Kurt avait la couleur d'une aubergine et autant de vitalité qu'un os à moelle. Wilburg, ce petit fumier avait dû se planquer dans la cave comme le dernier des chiards.
Tout en détachant Furpoil, aussi agité que le bœuf, les chiens et les hommes il demanda d'un ton creux :
-Il est où Wilhelm ?
Modifié en dernier par [MJ] Le Djinn le 11 oct. 2020, 19:14, modifié 1 fois.
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

-Il est où Wilhelm ?

-"Ici..."

La voix portant loin, le mercenaire avait interpellé Piero depuis l'autre bout de l'auberge et tentait tant bien que mal de se frayer un chemin parmi les veuves éplorées, les hommes endeuillés et les enfants orphelins. Il n'était pas dans un meilleur état que le reste de son équipe à l'exception de cette enflure de Wilburg, évidemment. Pour autant le plus étonnant ne résidait pas dans le nombre de ses blessures mais dans leur qualité: les frappes paraissaient précises, trop même pour avoir été causées par un mort-vivant. Une phrase suffit à faire comprendre:

-"Un putain de coupe-jarret a esssayé d'profiter d'l'occaz pour m'sécher... J'dois ma survie à la maille..."

Kalum ne dit rien et les frères Jürker déglutirent. Un petit dialogue s'ensuivit dans la fratrie:

-"Franchement Frederick, c'est honteux de faire ça, on l'aurait pas fait!"

-"Tout à fait Léonard! Sauf un coup de surin ou deux, juste pour goûter..."

Deux rires sournois éclatèrent alors pendant que le sergent mercenaire, levant les yeux au ciel, les laissait ça pour récupérer le chariot et les chiens qui jappaient encore, terrorisés. Au moins, se rassura Léonard à haute voix, cela les formerait à voir des choses horribles! Ils pourraient les vendre encore plus cher...
En l'état le seul à peu près calme se trouvait être le boeuf, dont l'œil vide ne laissait transparaître aucune forme de crainte, pas plus que d'intelligence d'ailleurs. Chacun put reprendre sa place et avancer, lentement, vers la prochaine destination: Grinssenwald, capitale de l'Enclave de Kemperbad, importante zone tampon entre Nuln et Altdorf. De là il ne resterait plus qu'à faire la dernière partie du chemin, théoriquement la plus sûre, jusqu'à la capitale du Wissenland. Une fois arrivé là-bas Piero pourrait se séparer de la troupe et chercher un équipage différent pour continuer sa route vers les Voûtes.

Mais il n'y était pas encore et les bois contenaient en leur sein un nombre inquiétant de monstruosités cruelles qui n'attendaient qu'une faiblesse de la part de notre héros pour le briser en morceaux. Les ombres s'agitaient dans les bois partiellement enneigés et la charrette, quelques heures à peine après le départ, avait déjà du mal à progresser dans la boue froide qui couvrait la route. Sur cinq jours de voyage, quatre se passèrent sans le moindre problème: la nouvelle année semblait avoir dissuadé les monstres des bois de sortir de leur terrier et seuls les chants lointains des morriens résonnait avec la symphonie du vent dans les branches.
S'enchainèrent alors les nuits entre les auberges dévastées par la veille et la belle étoile, dans l'herbe gelée. La température diminua encore de quelques degrés ces soir-là et certains se levèrent avec les pieds quasiment gelés. Dans la journée du dernier jour, à quelques heures seulement de Grissenwald, quelque chose d'étrange se passa. Au lieu de la route, nette bien que couverte, il n'y avait plus rien: juste des arbres, comme s'ils avaient poussés pendant la nuit. La charrette s'arrêta et Kalum observa les environs puis ses hommes. Son regard dur et sa voix toujours autoritaire, il pointa Piero:


-"Le Tiléen, tu passes devant et tu vois ce qu'il se passe."
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

Secouant la tête, il termina de détacher Furpoil pour l'emmener près du chariot. Regardant l'état déplorable du pauvre Wilhelm il commenta :

-Il t'as pas raté l'enfoiré. I'espère qué tou loui as fait la peau... S'en prendre aux vivants cette nuit là. Y en a qui ont encore moins d'dignité qu'un usurier sartosien.

Sans manquer de foudroyer Wilburg du regard et de tapoter l'épaule de Kurt en lâchant un faible "Courage mon frère." il vit s'installer sur le volumineux canasson, non sans s'y reprendre à deux fois tant son corps tout entier hurlait de douleur et de fatigue.
L'erreur serait de croire qu'il pourrait se reposer sur l'échine chaleureuse de sa monture. Lorsque ses yeux se fermait un peu trop longtemps il pouvait sentir l'étreinte glaciale de l'esprit ou voir flotter devant lui les corps éventrés des morts-vivants. Ce cirque dura plusieurs jours. Toute la troupe reprenait des forces à la vitesse d'un moineau malade. Il faisait froid, la neige fondue avait de quoi scier les nerfs du plus calme voyageur. Les auberges et les hameaux s'enchaînaient, dévastés par les morts. Loin des murs de pierre des cités impériales ou myrmidéennes la nouvelle année avait prit son tribut d'innocents.

Paraissait qu'ils étaient bientôt arrivés à une grande ville. Alors ça ne se voyait pas. Les bois étaient plus touffus qu'un con magrittain. Une fois qu'ils seraient à Nuln, à la toute fin de cette sombre expédition, il devrait trouver un nouveau groupe. Mais on était encore loin de Nuln pensa-t-il en s'allongeant dans sa tente pour une énième nuit de cauchemar.

Le lendemain, maussades, malades, pressés de se perdre dans l'éphémère délice d'une nuit dans une auberge à Grissenwald, le cavalier ne put que connement constater avec ses comparses que la route avait disparu.
Bien sûr cette crevure de Kalum l'envoya lui pour inspecter. Bien sûr. Bien sûr. Envoyez le tiléen d'abord. Bastardi..

Le pistolet en main, l'autre tenant les rènes de Furpoil, l'aventurier approcha à pas de cheval pour inspecter cette étrange apparition forestière.
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

Test de perception de Piero: 20, échec critique.

Test caché.
Etonnant cet arbre ayant poussé au centre de la route! Vu de côté il paraissait encore plus imposant, plus robuste malgré l'hiver, la neige et les branches dégarnie. Le tronc, lourd et robuste, paraissait pouvoir encaisser mille chocs et une petite étendue autour de lui, comme s'il avait dégagé le reste de la végétation à la force de ses racines. Derrière lui, sans problème, la route continuait comme si de rien n'était. Furpoil avançait prudemment, levant haut le sabot et évitant les pièges arboricoles les plus évidents, préservant par la même son cavalier d'une chute qui eut été fatale. Inquiet mais toujours aux aguets, Piero balaya les bois de son regard inquisiteur et du canon de son pistolet. Rien. Juste le vent et le froid.

Puis une forme se mouvant à travers les branches, une silhouette frêle mais solide, celle d'un homme ayant passé sa vie dans la nature, à respecter Taal et Rhya, à leur rendre hommage. Une coiffe de cerf ornée de lierre, un vêtement de fourrure d'ours et de loups, des sandales pour marcher presque pieds nus dans la neige. Des traits sans âges, des bras enlacés de feuilles rouges sur un corps voûté. Un vieux sage des temps immémoriaux, un druide, un ovate. Positionné sur le flanc de Piero, il déclara:


-"Je te salue, fils de la Déesse-Matern..."

Il s'effondra, le crâne éclaté par une balle. le tiléo-estalien, dans un instant de panique dû à la surprise et au stress, lui avait décalquer un crachat de plomb dans le front. Ainsi s'achevait la vie d'un ermite savant, protecteur des bois du Wissenland: dans la neige et la boue, tué par un passant. Mais telle était la dure loi de la vie et de toute façon les humains n'entendaient pas les lamentations des bois qui venaient de perdre leur ami. A la place il n'y eut que les beugles de Kalum:

-"Orsone, c'est quoi cette merde?"

Ses yeux s'écarquillèrent en voyant le cadavre du vieillard à terre. Son cou se tourna alors vers le tireur, puis vers le défunt, puis à nouveau vers le cavalier.

-"T'as que ça à foutre de déquiller des vieux moisis dans la forêt toi? Allez, on avance."

C'est comme ça qu'ils quittèrent l'endroit, alors que les boeufs et les roues de chariot écrasaient le corps de l'ancien qui se trouvait sur le seul chemin praticable. Les chiens à l'arrière s'agitèrent quelque peu devant les chants mystiques des arbres avant de comprendre qu'il ne servait à rien de continuer et qu'ils se calmèrent.

Restait après encore quelques temps de voyage une dernière nuit de repos dans une auberge de relais, celle-là forte et vaillante, sans heurt aux murs et avec des gardes bien portants sur lesquels on voyait le tabard du lion à la balance d'or, symbole de Nuln.


-"Enfin du repos dans un bel endroit, ras-le-cul de dormir à la belle étoile..."

La plaie de Wilhem s'était améliorée mais elle paraissait infectée et très douloureuse. Personne n'y pouvait rien en l'état et il faudrait attendre l'arrivée à la grande ville pour avoir droit à un médecin digne de ce nom. Dans l'auberge bien chauffée, avec une foule accueillante et une nourriture chaude il reprenait pourtant des couleurs et oubliait sa peine en compagnie d'une bouteille de vin. Quelques filles encore faisaient le tour des arrivants pour savoir qui voudrait une bouillotte humaine pour la nuit, moyennement piécette. A la surprise générale, Kalum en prit une même si elle se renfrogna un peu devant sa sale gueule. Wilburg, sans aucune honte, voulu lancer la conversation:

-"Ah ben les voyages et les combats ça fait réfléchir hein... Ca donne pas envie d'aller encore plus loin, tout ça? Découvrir de nouvelles choses?"
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

Juché sur son canasson, transi par le froid, l'aventurier comprit alors à quel point le boulot de patrouilleur était ingrat. Écumer les campagnes et les bois par pluie, tempête ou neige, une pétoire en main, pour affronter toutes les saloperies terrées dans les sous-bois que l'Empire ne savait déboiser.
Il plissa les yeux, renifla. Un bruit. Une silhouette efflanquée. Par toutes les véroles des lupanars de Rémas. Un macchabée rescapé du nouvel an. Sans réfléchir plus loin, Piero tira.

Ce n'était pas un mort qui marche. Ce n'était qu'un homme. C'était un homme. C'était surtout un homme sur qui il avait tiré. Abattu. Net. Son sang se glaça plus vite qu'un fondement d'godspodar. Il avait tué un homme comme si il n'avait jamais manié de pistolet de sa pauvre vie. Livide, il regarda la tache s'agrandir autour de la carcasse chaude tandis que l'hémoglobine s'oxydait, noire comme l'écorce des arbres orphelins.
Piero eut un haut-le-cœur. Ses tripes étaient nouées. Kalum guidait le chariot, imperturbable, écrasant ce pauvre vieux comme des fruits trop mûrs sur une route de campagne. Il n'avait plus envie de parler. Plus envie de regarder en face les mercenaires restants.
Le remord c'est un poison qui coule avec le fiel, ça vous ronge.
Pourquoi cet idiot n'avait pas manifesté sa présence avant ? Ce n'était qu'un vieillard. Puis c'était quoi ? Une sorte de paysan-savant ? De rebouteux ? Il était mort dans la neige. Impossible d'offrir une sépulture avec ce temps. Ce serait le festin des freux et des renards. Entre les regards pourrissants des morts, et lui. Il était parti pour de nouveaux cauchemars. Un vrai lit, un peu de bouffe chaude. Il avait besoin de décompresser comme disait l'autre.
Oublier un peu tout ce merdier qui s'accumulait dans sa sautoir.
Peut-être pour ça que la plupart des hommes se finissent à la bouteille. C'est vrai qu'il avait soif, terriblement soif.

Leur route les mena à une auberge. Une belle, intacte, pas de morts, de réfugiés terrifiés. Pas de fantômes. Pas de fantômes ni de vieillards.
Une fois posé dans la grande salle, c'était comme respirer à nouveau après une plongée dans l'eau glacée. Un peu de vin.
Wilhelm était en train d'éponger sa peine à ses côtés. Kurt était toujours absent lui aussi. Kalum lui était allé se perdre dans les délices de la compagnie féminine. Pourtant une ombre noircissait son tableau. Wilburg venait lui parler. Cet espèce de lâche sans scrupule venait perturber sa paix retrouvée comme si ils avaient des comptes à rendre. Le seul compte qu'il avait à rendre c'était à ses frères d'armes qu'il avait laissé en plan. Même un pleutre sans honneur ni dignité comme votre serviteur n'avait qu'un mépris tangible pour le petit talabheimer devant lui. Il termina son vin avant de se lever, ne répondant à la tentative de socialisation qu'avec un acide "Ié n'en sais rien, démande à Félix."

Se dirigeant vers les béguineuses qui constituaient son univers à lui, il posa le regard sur une jeunette. Deux dents en avant donnait à son visage anguleux un air de petite souris. De gros yeux d'un bleu délavé, des cheveux d'un blond sombre, comme le miel cuit. Elle vint lui tourner autour, tachant de jouer son rôle d'épouse d'un soir. Il sourit sous sa moustache touffue avant de lui envoyer la pièce d'argent. -Ton petit nom Rubia ?
-Vanessa jolie cœur...

Les jeux de séduction n'avaient pas leur place lorsque l'amour se monnayait. Dans une chambre confortable sans fioriture, une femme, un homme, deux inconnus liés par une pastille d'argent, s'enlaçaient dans un lit de paille. Après tout la petite Vanessa avec ses dents et son regard avait des airs de bergère bien plus innocente qu'elle ne l'était réellement. Mais ça, l'aventurier n'en avait cure tandis qu'elle caressait son visage de brute méridionale en passant la main dans ses cheveux. Cette nuit-là ils n'eurent pas froid, trompant la solitude et les angoisses avec la plus ancienne activité au monde.
Cette nuit-là il oublia pour un temps éphémère mais si agréable tout ce qui le tracassait tandis qu'il se blottissait contre sa bergère nulner.
Bientôt la fin du voyage...
Piero Orsone da Trantio, explorateur
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