[Piero] Partir, c'est mourir un peu

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Dès sa fondation par le dieu guerrier Sigmar, l'Empire a dû faire face aux invasions et aux guerres civiles. depuis plus de deux mille cinq cents ans, il survit néanmoins aux périodes de trouble et aux batailles grâce à la bravoure et à la discipline de ses armées

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[MJ] Le Djinn
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

La neige fondait par petites étapes sur la route du Sud. Bénie par des températures un peu moins froides ces dernières semaines que sa voisine du Nord, la province du Reikland trempait à présent ses pieds dans une eau boueuse en lieu et place d'une neige épaisse! Une petite victoire si on en croyait les paysans et colporteurs divers qui parcouraient les multiples routes, de plus en plus nombreuses à mesure que la proximité avec la capitale de l'Empire s'agrandissait. Des patrouilles de soldats rencontrèrent même la caravane, preuve s'il en était que quand les impériaux voulaient y mettre les moyens ils savaient lever des troupes.
Il était aux environs de onze heures quand Furpoil plongea ses pattes dans la gadoue entourant la Porte Nord de la cité. Une longue file de péquenauds, traines-misère, clampins, pécores, canailles, gredins et autres arnaqueurs attendait patiemment devant le bien nommé Portail des Taxes. Là une petite garnison de scribes et pinailleurs officiels notait sur du parchemin toutes les marchandises entrantes dans les beaux murs de pierre d'Altdorf, qu'on disait par endroit épais de quasiment cinq mètres et haut de dix. Un ouvrage de nain, évidemment, qui avait donné à la ville une réputation d'invincibilité bien pratique pour gonfler sa population de fuyards, réfugiés et peureux de tout poil.
Deux plus tard à marcher avec de la crasse jusqu'aux genoux le convoi put grimper la petite pente qui grimpait jusqu'aux portes. Là des fonctionnaires à chemise grise et pantalons bouffants de la même couleur inspectèrent la cargaison sous les regards suspicieux des mercenaires comme des gardes civiles de la citadelle. En voulant noter les gabarits de chiens un de ces écrivaillons manqua de perdre un doigt entre deux crocs: seul Ranald lui permit de se retirer suffisamment vite. Les Jürker jubilèrent en silence et acquittèrent la taxe d'une pistole par jambe avec un sourire immense. Mais juste avant de rentrer, Piero put jeter un oeil au Reiksport, un petit port sur lequel étaient amarrés des navires immenses! Ces bâtiments étiaent en réalité des galères bretonniennes, des galions marienburgeois, des caravelles Sartosiennes! Ici ils mouillaient dans une eau profonde, hors des murs de la cité et leur simple vision, alors que notre héros franchissait les portes, lui offrit un goût d'aventure.

Pénétrer dans Altdorf, c'était entrer dans un autre monde, une autre réalité, plus cosmopolite, plus compacte. La capitale était un peu un monde miniature, la planète dans une bouteille. Juste à gauche en entrant, il y avait un monument tel qu'il fit sursauter les gardes non prévenus: la bâtisse était entourée d'une immense muraille, ne comprenant aucune meurtrière ou tour. Ces murs atteignaient presque vingt mètres de haut, dépassant tous les établissements commerçants environnants. Ils étaient faits de briques et la face extérieure était lustrée de vert. Des symboles ésotériques apparaissaient sur chaque brique: ici une spirale, là un triskèle, là-bas une feuille de chêne, etc. La muraille décrivait grossièrement un cercle, formant en réalité le tour extérieur d'une spirale se refermant dans le sens des aiguilles d'une horloge, d'environ deux cents mètres de circonférence. Plus informé que ses compagnons, Félix lâcha:


-"C'est un des Collèges! Celui là c'est... Les druides je crois? Ils font des trucs bizarres avec des racines. Si vous voulez mon avis ils se les fourrent dans l'oignon entre eux. C'est bien leur genre à ces sorciers!"

Même s'il connaissait déjà la ville, Piero put quand même faire un peu de tourisme en descendant la Königplatz du quartiers universitaire. A cette heure la place centrale, entourée de commerces et de petits hôtels particuliers, était en proie à la plus totale agitation. Des bourgeois et nobles dans des tenues délirantes de couleurs et tous plus importants et pressés les uns que les autres montaient et descendaient dans des coches, leurs valets flanquant coups et insultes aux êtres de plus basse extraction. Fait amusant pourtant: tous les styles se croisaient à Altdorf et surtout dans ce quartier. Des immeubles dans le style arabéens aux courbes subtiles côtoyaient en porte-à-porte des bâtiments en bois noir proche de ce qu'on voyait dans le Stirland, des briques blanches typées de Middenheim et même ces murs de calcaire d'un blanc absolu qu'on ne trouvait habituellement que dans les campagnes d'Estalie!
Laissant sur la Place des Voyageurs son équipage, le duo de frères, comme à son habitude, récupéra la cargaison, les boeufs,Furpoil et le sergent d'armes pour tenter de se trouver une place dans un lit douillet pendant que les autres dormiraient à un lieu-dit Le Vampire Noir. Une taverne qui faisait auberge et qui était constamment pleine de maçons, d'étudiants désoeuvrés, de menuisiers et autres ouvriers. Rien de très malfamé cela dit, une simple ambiance comme on les aimait dans l'Empire. Il était toutefois trop tôt pour se saouler au mauvais alcool, aussi chacun se perdit rapidement dans la foule. Piero entama quant à lui un aller simple vers l'Est et ce qui était le Quartier des Marchands, exactement comme n'importe qui pouvait l'imaginer d'ailleurs. Tout se vendait, tout s'achetait, surtout les idiots, entre ces échoppes colorées et bruyantes.

Souhaitant prendre un raccourci, le tiléen coupa sur une ruelle qui lui sembla sûre. Elle l'était d'ailleurs, aucun malfrat en vue, juste un dédale de couloirs sales et obscurs coincés entre des murs sans fenêtre. Rajustant son chapeau, il s'apprêta à prendre la tangente et arriver au beau milieu du marché, quand quatre silhouettes passèrent devant lui en courant. La première portait des vêtements proches de robes et des habits psychédéliques, les trois autres semblaient bien plus classiques dans le genre du tueur discret, avec leurs tenues noires et leurs longues capuches. Un cri suivi de vociférations se firent entendre:


-"A l'aide! Au tueur!"

Par l'Architecte, te tairas-tu donc?! REVIENS ICI!"

La première voix était masculine et la deuxième également. Ils étaient partis un peu plus loin dans le labyrinthe... Piero oserait-il s'aventurer à l'intérieur ou laisserait il un inconnu à son triste sort?.
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Piero Orson
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

De la boue, de la merde et de la glace fondue. Les trois ressources les plus abondantes de l'Empire.
Juché sur son cheval, l'aventurier regardait la fange gluante qu'était devenu la route. Les milliers de pas à la périphérie de la Cité des Empereurs avaient transformé la zone en bourbier à en faire pâlir le Nordland. Ça grouille de monde, grouille, c'est le mot oui. Toute la basse populace attendait de rentrer. Au moins ici le prix de l'octroi était raisonnable. Tandis que les officiels et les Frangins géraient ça, l'aventurier laissa son regard se perdre sur le Reiksport.
Les belles histoires de sa mère, de Fantini, de Fabrizzio et de toutes sortes d'anonymes matelots dans les tavernes du vieux monde lui avaient fait rêver la vie sur les flots. Comme les corsaires redoutés sur tous les océans, les marins partant à la conquête du nouveau monde ou cherchant à joindre l'Orient.
Il paraissait même qu'un des membres de sa prolifique famille paternelle s'était égaré dans les jungles de Lustrie. Du moins c'est ce que ce vieux diestro ivre lui avait raconté. Sacré bougre ce...Fibonacci ? Ça devait être ça. Qu'importe. De toute façon il laissait les rêves d'épices et d'orient à d'autres, plus jeunes, plus motivés, plus chanceux aussi...

Un autre dépaysement arrivait. La capitale de l'Empire de Sigmar et d'Ulric. Probablement la plus grande ville du monde des Hommes. Mille nations se rassemblaient ici. À commencer par ces étranges prestidigitateurs. Des druides ? Que feraient des druides dans la plus grande et grouillante ville de l'Empire ? Alors que le moindre acre de terre était couvert par des forêts plus impénétrables que le con d'une sœur de Sigmar ? Ma foi.
Ici aussi ça grouillait de monde. Les bourgeois, les nobles, tout le monde était pressé dans la Ville de l'Empereur. Lui ? Il était tranquille. Tendant l'oreille, plissant les yeux il observait la petite bulle citadine avec sa curiosité d'enfant. Ici un jeune homme au catogan noir et aux beaux atours de noble discutait des affaires de son paternel. Là un gamin mendiant recevait l'aumône d'une belle bourgeoise aux cheveux de rouille. Elle lui souriait à pleine dents. Drôle d'alchimie.
Aussi bigarré que la foule étaient les bâtiments. Les Altdorfers avaient décidément l'ambition de reconstruire le monde à l'abri de leurs murailles. Il montra à son camarade le plus proche les hôtels particuliers et leurs inspirations, étalant sa culture avec un petit rire.

Son cheval confié aux bons soins des Jürker, il salua Felix et le reste de la troupe avant de s'éloigner vers l'Est. Il contourna trois chevaliers bretonniens, probablement une quête ? Qui sait. Sacrée chevelure le troisième n'empêche...
L'explorateur voulait acheter des rations. De quoi tenir le voyage lorsqu'il se séparerait des frères et des chiens. Du matos qui tient longtemps. Viande séchée, fruits secs. L'encas de tout bon voyageur. Sa bourse ayant été vidée par la douce Cunégonde et par son canasson affamé il n'irait pas plus loin dans ses achats. Si son sens de l'orientation ne l'avait pas trompé il n'avait qu'à couper à travers le dédale de petites rues pour se retrouver en plein quartier marchand. Dans son élément à lui.
Au milieu des venelles quatre grossiers individus manquèrent de le percuter. Ils semblaient courser le premier. Ah ces Impériaux, ils étaient toujours surprenants.
Continuant son chemin il se retrouva entre les étals d'un marchand arabéen vendant les vertus des poutres de son pays, devis sans supplément disponible, et celle d'un paysan gras et bonhomme qui vendait des porcelets encore remuants et dandinants. Les quartiers marchands d'Altdorf où Cathay et nordlander se côtoyaient. Dockers douteux et armateurs. Tout un beau monde. Il acheta ses rations à un Middenlander qui était vraisemblablement trappeur. Il lui rappela Boerich. Boerich...
Il s'assit un instant sur le bord des quais. Des Bordelais sur leur petit navire à un mat discutaient avec un grand rouquin mal vêtu et un petit gaillard à l'accent de Rémas qui devait pas aligner dix huit berges.
Notre Tiléen, de Trantio lui, une ville bien meilleure en tout points, se redressa en se demandant si la brave taverne qu'il avait fréquenté dans le temps existait toujours. Se faufilant entre la panse de quelques ogres dépêchés par quelque chef mercenaire il parcouru à grandes enjambées les docks, esquivant nains commerçants, noble au port altier et aux formes callipyges pour atterrir devant le lieu le plus saint aux foies et aux esprits du peuple tylosi.
La suite est rédigée avec les jets de Djinn lancés sur le discord.
Les Mamelles de Myrmidia. Une taverne qui avait une devanture à l'image de son nom. Il y avait du monde au balcon et c'était pas juste les marins et les diestros qu'on évoquait. L'enseigne représentait une dame aux cheveux noirs et au sourire énigmatique. Ses yeux semblaient vous suivre du regard. Mais la plupart des clients ne regardaient pas la demoiselle peinte dans les yeux. Ils admiraient sa gorge d'albâtre offerte à la vue de tous. Une gitane dansait pour amuser quelques mercenaires estaliens devant les portes. Piero inspira longuement puis rentra à l'intérieur.
On dit qu'il y a quelque part sur le monde votre sosie. Piero observait au moins une dizaine de ses semblables. À vrai dire, les serveuses mise à part, et encore pour la moins jolie de toutes c'était discutable, tout le monde arborait une moustache. Qu'elle soit cirée, brossée, laissé au naturel, épaisse ou fine, les bacchantes étaient à l'honneur ici. Noire ou grisonnante, à la Miraglianaise ou à la Galicéenne. Il y avait des Diestros, des marins, des aventuriers et des combattants. Des marchands aussi, à la panse rebondie et aux vestes colorées. Un bref aperçu dui pays natal. La puanteur du tabac, de la sueur et de l'alcool en prime. On riait grassement. Les accents de tout le sud du vieux monde se mélangeaient.
Il s'assit au comptoir près d'un marchand aux cheveux poivre et sel. Lorgnant sur la serveuse qui frayait son chemin à coup de hanches, il tourna la tête en direction dudit marchand. Il avait la tenue d'un propriétaire de bétail, un maquignon probablement.

-D'où arrives-tu hombre ?
-Du Nordland, n'y mettez jamais les pieds. J'ai cru y passer trois ou quatre fois rien qu'en allant pisser. L'Estalo-Tiléen commanda une bière.
-Oh. Je parlais d'avant...Vous avez un air familier. Vous ne viendriez pas de... Novosso ?
Manquant de s'étouffer le plus jeune se tapota la poitrine. -À vrai dire mon père vient de là bas. Enfin, c'est ce qu'on m'a dit.
L'homme rigola. Un rire étrange.
-Je connaissais un hombre de Novosso. Nous étions voisins à l'époque. Emilio Salvadore, Manicha Enrico de Riviera di Cruz ? Cela te dit quelque chose ? Il a troussé ma femme ce fils de chien !
Avant même d'avoir pu se justifier, le poing serré du maquignon arriva droit dans le visage de l'explorateur.
Piero Orsone da Trantio, explorateur
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

Test de parade de Piero: 18, échec.

Piero subit 9 dégâts. Il reste 61 Pvs à Piero!
Pris par surprise, incapable de prévoir l'attaque, Piero se retrouva projeté en arrière sous l'onde du coup de poing rageur, atterrissant dans les bras d'un homme à la moustache tombante et aux riches vêtements méridionaux. Un silence se fit dans la salle, on attendait, avant d'agir dans ce genre de choses, de connaître la réponse à la question:

-"Hombre! Tiléen ou Estalien?"

-"Tiléen..."

L'aisé leva les yeux vers le cogneur, un de ces commerçants gras qui gagnaient leur vie sur les routes, un peu comme les Jürker mais plus bronzé. Ses sourcils broussailleux jaugeaient la situation.

-"Et toi?"

-"Estalien, par Myrmidia. Et je pose une vendetta sur lui."

-"Alors c'est une affaire d'honneur.

¡Músico, comienza!"


Il y eut une exclamation de surprise dans la salle et un cercle se forma entre les deux participants, au point qu'on recula les tables, bien que les assis restèrent le cul sur la chaise. Le patron tenta bien d'intervenir, quoique mollement, avant d'être arrêté. Il le savait de toute façon: sa taverne était bien fréquentée par la pègre estalo-tiléenne et les bandits tenaient à ce que l'honneur soit absolument respecté. Trois musiciens avec mandolines, maracas et castagnettes préparèrent une musique digne de ce qui se préparait.
Des costauds dévêtirent Piero de sa cotte de mailles et de ses armes, de même pour son adversaire dont il connaissait désormais le nom: Antonio de Las Casas. Des encouragements pour l'un et l'autre émergeaient de la foule qui criait, huait et applaudissait. A travers les vivas on entendait les parieurs qui profitaient de l'aubaine:


-"Trois pistoles sur le gros!"

-"Quatre sur le diestro!"

-"L'honneur l'exige: un karl sur l'offensé!"

Les deux combattants, face à face, dans la lumière des fenêtres et des torches, passaient à l'action!
C'est l'heure du combat!

Musique pour aller avec:

La résolution du combat est à la fin!

Les adversaires se jaugèrent un moment. Antonio, plus âgé et sans doute habitué à une vie de ripailles de de voyages avait conservé un physique fort et épais malgré la couche de graisse qui recouvrait son ventre. A côté de lui, Piero semblait plus musclé mais sans doute moins résilient face aux coups, aussi l'affrontement paraissait équilibré. Ils levèrent en même temps leurs poings devant leur visage et se rapprochèrent pour verser le sang...

Piero débuta par deux manchettes rapides, de la droite, bien placée en direction du visage. Antonio, trop prudent pour se laisser avoir par de telles gamineries, recula d'un bon pas, échappant aux assauts! Il se rapprocha le poing levé avant d'être cueilli par une gauche en crochet qui fit changer d'angle à sa mâchoire, l'envoyant tourner sur lui même! Gros et fort, il en fallait toutefois bien plus pour mettre à bas ce colosse d'Antonio, qui repartit à l'assaut avec une dent déchaussée! Piero, en bon habitué des bagarres, l'attendit avec un poing dans l'estomac qui laissa l'aîné cracher un mélange de bille et de mauvaise alcool en se tenant les côtes. Un instant notre héros pensa avoir gagné, mais alors le marchand le surprit en attrapant ses tempes et en lui mettant un coup de boule dans le front qui fit s'envoler le chapeau et entendre le bruit de cassure de l'os nasal!
Cette fois c'était à son tour de reculer en se tenant un nez éclaté qui saignait abondamment. Dans un geste de vengeance il tenta un assaut à base de coups bas qui furent parés sans aucune difficulté par l'adversaire, lequel envoya une droite vers le torse de Piero, évitée encore une fois dans un geste plus causé par la douleur du visage que par un entraînement aux arts martiaux!

Antonio, toujours aussi furieux, repoussa l'estalo-tiléen pour le plaquer contre une poutre, provoquant un recul de la foule qui fit à l'unisson:


-"OLÉ!"

Placé contre la planche de bois verticale, l'aventurier vit venir de loin l'uppercut servit par un poing de forain et prit les devants dans un coup de genoux bien placé vers les testicules, qui coupèrent son adversaire en deux pendant que les hommes de la foule se tenaient les leurs, ressentant trop bien ce que cela faisait. Encore une fois Piero cria victoire trop tôt! Loin d'avoir abattu l'ennemi, cette souffrance amplifiait sa fureur et il se jeta sur lui avec un hurlement de rage. Deux puissants bras saisirent le voyageur et le portèrent en l'air, alors qu'il essayait en vain de se dégager! Antonio dépassa un petit groupe de serveuses qui crièrent en le voyant foncer sur elles! Mais sa cible n'était pas leurs miches: mais la table à côté sur laquelle jouaient jusque là aux cartes des parieurs habitués. Sans écouter son corps meurtri, le marchand attrapa Piero à deux mains et le souleva au-dessus de lui avec une force surhumaine avant de le jeter contre la table, faisant céder ses quatre pieds en même temps et brisant le socle, laissant Piero émerger, couvert de mauvais vin, de bière et entouré des cartes qui voltigeaient au-dessus de lui. Des applaudissements parcoururent la foule aux dépens des buveurs:

-"ES UNE HOMBRE! OLÉ"

Le dos meurtri et sans doute quelques muscles froissé, les yeux couverts par la boisson, c'est une ombre large et laide que notre héros au sol vit foncer face à lui et elle serait bientôt là! Ses instincts parlèrent alors, sa mémoire musculaire, comme dans ce bar à Bibaldi: un tacle dans le tibia, sévère et vif, qui balaya Antonio et l'envoya écraser son crâne dégarni juste à la droite des musiciens, dans un fût de vin rouge de Pavonna qui éclata sous le choc, lui laissant la tête coincée et en train de se noyer à demi! Amusés par cette tournure, les joueurs de musique redoublèrent d'intensité, impatients de voir la fin!

Et ils ne furent pas déçu: Antonio tenta bien de se dégager, mais quand il y arriva ce fût juste à temps pour voir le talon de Piero qui s'abattait sur son visage, le plaquant au sol dans un craquement écœurant et le laissant dans les bras de Morr, pour un temps du moins. Dans la salle, un tonnerre d'applaudissement éclata!


-"C'est l'infante del pais!"

-"Yé souis riche!"

-"Ma! Yé parie que cét tiléen a triché!"

-"Yé souis ruiné!"

-"Hombre, hombre!"

-"La dette est payée! L'honneur est sauf!"

L'homme qui avait causé cet affrontement apporta lui-même son chapeau et ses affaires à Piero. A bien l'y regarder, avec son sourire farceur sous ses poils noirs, on dirait qu'il y avait pris bien trop de plaisir! A la surprise de Piero, il y avait un peu d'argent dans le chapeau: quinze pistoles précisément. Le résultat des paris menés sur lui et dont il avait droit à une juste part? Peut-être, même si les bourses qui s'échangeaient avaient l'air bien plus rondes que ça.
Des videurs évacuaient le corps assoupi d'Antonio et quelques donzelles lâches criaient à la garde, bien que ça ne semblait pas effrayer les habitués qui riaient fort en entendant ça! Mouillé et collant par l'alcool, le nez en sang et le dos dans un sale état, Piero allait-il continuer sa petite fête ou choisir une voie plus sûre?

Piero est toujours plus rapide.

Tour 1:

Piero attaque Votre attaque a réussi (6). La parade de votre adversaire échoué (17). Vous infligez 15 points de dégâts.

Antonio attaque: Votre attaque a échoué (13).

Tour 2:

Piero attaque: Votre attaque a réussi (5). La parade de votre adversaire a échoué (20), échec critique, pas de conséquence car Antonio n'a pas d'armes.Vous lui infligez une perte de 12 PV.

Antonio attaque: Votre attaque a réussi (3). La parade de votre adversaire a échoué (13).Vous lui infligez une perte de 11 PV. Il reste 50 Pvs à Piero.

Tour 3:

Piero attaque: Votre attaque a échoué (15).

Antonio attaque: Votre attaque a échoué (13).

Tour 4:

Piero attaque: Votre attaque a réussi (6). La parade de votre adversaire a échoué (10).Vous lui infligez une perte de 19 PV.

Antonio tente de saisir Piero: Forces comparées: 2 vs 11, Antonio gagne, il s'empare de Piero!

Tour 5:

Piero tente de se dégager: 19, échec!

Antonio tente d'éclater Piero sur une table: 2, réussite! Piero subit 16 points de dégâts! Il reste 34 Pvs à Piero!

Tour 6:

Piero attaque: Votre attaque a réussi (4). Pas de parade ce tour. Vous lui infligez une perte de 12 PV.

Antonio s'empare d'un tabouret et attaque: Votre attaque a échoué (20), échec critique, il ne pourra pas attaquer au prochain tour.

Tour 7:

Piero attaque: Votre attaque a réussi (7). La parade de votre adversaire a échoué (17).Vous lui infligez une perte de 18 PV. Antonio est KO!
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

Figlio della grande puta ! À deux doigts de rencontrer les divines mamelles en personne l'aventurier déglutit sa dernière gorgée de bière devenue glaireuse et sanguinolente. Encore une fois je dois payer les conneries de ce vieux libidineux... Piero se redressa, foudroyant Antonio de Las Casas.

-"Alors c'est une affaire d'honneur."

Tout est affaire d'honneur hombre. Maintenant donnons au peuple le sang dont il est si avide.

On lui retira maille, armes et veste. En Camicia bien sûr. On règle les affronts au puño. Plissant le regard il ne s'attardait plus que sur Antonio. Les clients impatients n'étaient plus que des ombres, des masses informes aux contours floués. Il n'y avait qu'un cocu et le fils de l'amant volage. Un pugilat pour l'honneur. Un pugilat pour ce coup de poing en traître.

Allez recule mon gros. Tu te crois rapide. Bien sûr oui, avvicina ! Il déplia son bras gauche pour le frapper avec une rage non contenue. Comme à la foire ! Et un coup dans les tripes pour te renvoyer dans les jupons de ta ribaude.
Des mains de maçons attrapèrent son visage. Sans même avoir le temps de finir son "Ma qu-" son nez lui fit atrocement mal. Le sang morveux imbiba sa moustache, tombant en grosses gouttes noires sur sa chemise et son torse. Désorienté il tenta de frapper. En vain. Ce mufle avait la force d'un buffle bon sang. Emporté comme une poupée de son l'aventurier cracha son soûl alors que ses vertèbres percutèrent le chêne de la poutre. NOCCIOLE ! Une fois encore la plus vieille technique de ruffian marcha à merveille. Un bruit mou sonna le glas des bourses d'Antonio. C'est pour mon dos et mon pif Bastardo !

Se décollant avec douleur de la poutre il leva les poings comme un lutteur sartosien prêt à encaisser les attaques du corniaud. Ce qui arriva par contre c'est son esprit qui eut du mal à l'encaisser. Antonio se rua sur lui pour le décoller du sol. Mais bordel il est increvable le bestiau !
Il se tortilla pour essayer de sortir de son étreinte mais il quitta les bras poilus de Las Casa pour l'étreinte douloureuse d'une table. Il sentit les échardes et les éclats de cruchons fichés dans sa peau. C'en était trop. Il avait mal dans tout le corps. Ce n'était même pas pour lui qu'il se battait. C'était pour un sombre inconnu qui ne lui avait laissé que des noms, un chapeau et une montagne de maris cocufiés. Mais se laisser abattre était indigne de lui. Il avait survécu à des guerres, des embuscades, des représentants de la loi, à un goéland et à une pelletée d'autres saloperies impliquant des amantes, des hommes-bêtes et la nourriture nordlandaise. Un maquignon gras comme une entrecôte n'aurait pas raison de lui.
Piero Orsone da Trantio, fils de Emilio Salvadore Manicha Enrico de Riviera di Cruz envoya son pied dans la jambe du mastodonte, l'envoyant bouler dans un fut de vin. Sanguinolent, dégoulinant de vinasse, les cheveux gluants laissés libre et la chemise déchirée, l'Estalo-Tiléen se redressa pour envoyer sa botte écraser le groin vulgaire d'Antonio. L'envoyer cette fois ci au tapis.

-Normalement, on prend aux bêtes à cornes vaincues la queue et les oreilles. Mais je suis un gentilhomme et je te les laisse. Ta femme est déjà assez nostalgique de celle de mon padre pour la priver encore plus. Va bene Antonio. Et que Myrmidia te guide.

Débraillé, endoloris, Piero récupéra son chapeau et une coquette somme. Quinze pistoles pour avoir combattu. Quinze pistoles pour avoir fracassé un homme qui pouvait être son paternel. Il les glissa dans sa bourse avant de demander un pichet d'eau et une éponge au tavernier. Il allait se rincer la gueule, les bras et le torse. Après ça il partirait en quête d'une chemise neuve en ville. Son nez lui faisait un mal de chien. Les chiens se battaient entre eux, les hommes aussi. C'était une journée normale dans la cité des Empereurs après tout.
Piero Orsone da Trantio, explorateur
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

[Riche de quinze pistoles supplémentaires, notre estalo-tiléen put se remettre au comptoir et vider un vin de rouge pavonnais offert par la maison. Proche de son lieu d'origine, la boisson se révélait bonne au goût, mais sèche et brutale, sans grande finesse mais avec cette puissance typique du Sud, accompagnée d'une pointe d'olive qui roulait dans la gorge comme l'huile du même légume sur le cochonillo de la Sante Myrmidia. Un verre, deux verres, trois verres sous les applaudissements, les tapes dans le dos et les insultes aux soldats qui furent arrêtés à la porte par des visages sombres, des regards perçants et des dagues à moitié sorties de leur fourreau. Les bons vivants des deux terres du Sud s'entendaient mal sauf quand il s'agissait de menacer ou d'attaquer leurs voisins du Nord; en ce cas ils se montraient d'une fraternité remarquable et d'une loyauté plus dure que le gromril.

Au troisième vin fort englouti, Piero se décida à bouger avant de tomber raide sur le comptoir, récoltant quelques derniers vivas alors qu'il poussait la petite foule qui échangeait en parlant fort dans et autour des Mamelles de Myrmidia. Ce n'était pas tout ça mais il fallait à présenter changer de chemise, la sienne ayant été ruiné par un mélange d'alcool et de sang qui ne partirait jamais au lavage. En l'état sa tenue valait à peine mieux que celle d'un pauvre hère voire d'un mendiant... Un mendiant exotique, disons. Heureusement à côté du Universität District se trouvaient les rues commerçantes du Bankbezirk District. L'appellation aurait pu sembler innocente et nombreux étaient les badauds qui se contentaient d'appeler l'endroit "le Quartier du Commerce" voire "Le Quartier des Voleurs" si leurs idées politiques étaient, disons, plus nouvelles. Dans tous les cas, aucun ne pouvait nier que les inégalités de richesses d'Altdorf se matérialisaient là dans leur expression la plus pure. Oui on pouvait dire que le Grand Temple de Sigmar étalait un luxe de marbre et d'or indécent, oui on pouvait vilipender les empereurs successifs pour la création de ce palais gigantesque aux tours tutoyant le ciel, bâtiment inutilement impressionnant et qui coûtait l'équivalent d'une armée en campagne à l'Empire en entretien annuel. Mais ces tours d'orgueil étaient loin, entourées de lieux aussi riches qu'elles, que le chaland ne pourrait jamais contempler à part furtivement, lors des messes populaires, et encore! En d'autres termes, le peuple ne le voyait pas et ce qu'il ignorait ne le dérangeait pas.

Les banques ne s'encombraient pas d'un quelconque principe de discrétion, elles.

Il y avait comme une coupure dans le Bankbezirk, sans qu'aucun mur ou barrière ne vienne la matérialiser. Aux échoppes pauvres ou moyennes des petits commerçants et des artisans se succédaient de gigantesques hôtels abritant des fourmilières de petits employés laborieux. Telle était l'évolution de la société impériale qui s'encroûtait dans ces larges villes: la sueur, le travail de la terre, de ses mains, de sa santé... Tout cela ne payait plus! L'avenir n'était pas de ressembler à des ancêtres glorieux, forts et vaillants, le dos courbé par le labeur mais toujours droit devant l'adversité et la cruauté du monde. Il fallait devenir un rat, un rongeur perdu le nez dans les papiers, se ruinant la vue sur des petits caractères d'imprimerie, faisant disparaitre avec avidité et convoitise la bourse du pauvre peuple ne demandant qu'un peu d'aide pour assurer une bonne récolte. Être droit devant l'indécis, l'humble, le profane et courbé devant le gras, le riche, l'incapable. Et pour abriter cette faune aux faces longues, à la peau pâles et aux dents coupantes à force de les avoir usées sur le dos des pauvres gens, des hôtels riches et décorés où chaque gravure coûtait le mois de salaire d'un ouvrier, les visites des médecins les plus réputés, l'augmentation artificielle de l'inflation, les crises économiques volontaires ou non, l'entretien de la misère...

Mais pour Piero, tout cela était un monde à part. Lui ne désirait qu'acheter une chemise d'un blanc cassé, qu'il trouva en lin et neuve pour cinq pistoles. Une forte somme pour un impérial, mais il était courant chez les roturiers de n'avoir qu'un ou deux vêtements, qu'ils échangeaient un jour sur deux. L'achat terminé, notre héros retourna vers son dortoir du jour.
Le Vampire Noir était l’un des nombreux établissements de la célèbre Rue des Tavernes d’Altdorf. La taverne étant toujours bourrée de monde, même en pleine journée. La grande salle commune était coupée en deux par un comptoir rectangulaire en bois sombre de la Drakwald, poli jusqu’à obtenir un beau brillant. Le comptoir constituait un véritable petit îlot au milieu des tables en chêne et des bancs sur lesquels les serveurs délivraient bières et alcools divers à la foule d’assoiffés présente. Les mercenaires bas-du-front étaient déjà attablés, sirotant une bonne bière et dégustant une perche pêchée du jour et cuisinée aux échalottes et au saindoux. Le plat valait son pesant de pistoles mais en se le partageant il devenait très abordable. Chacun y alla de sa petite jour. Félix par exemple commenta:


-"J'ai été voir les filles dans la maison en haut de la rue! Bien sympathiques et pas malades... Franchement j'y reviendrais"

Kurt, plus réservé, avoua:

-"Avec Wilburg on a été prier Morr pour Pieter... Qu'il repose en paix..."

Un silence gêné passé... Brisé par Wilhem qui donna une tape dans le dos de Piero, réveillant un hématome.

-"Et toi Piero? T'as une sale gueule! Qu'est-ce qu'il t'est arrivé donc?"

Tout le monde regardait son nez cassé sans oser en parler. Autour d'eux la taverne était remplie et le début de soirée battait son plein...
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

Le vin engourdissait la douleur comme l'étreinte d'une mère jadis. La fée thanol et ses capiteux parfums quand sa robe carmine tombait dans votre gorge. Douce compagne qui réchauffait les entrailles et libérait l'esprit. L’œil brillant l'explorateur posa le verre vide tout en déclamant l'index en l'air :
-Messieurs, mesdames, Femmes respectables et Hommes honorables. Il est temps pour moi de vous laisser. Il y a des impératifs dans la vie de tout hombre. Et le premier est d'être décemment vêtu.

Débraillé, il replaça son chapeau tout en saluant le guet d'un Signore. distingué avant d'avancer dans la moiteur étrange d'Altdorf, cité des empereurs.
C'était surtout la cité du commerce. Des accointances et de la négoce, des brocanteurs et des échoppes douteuses. Tout le vieux monde y vomissait le fruit de la terre, le travail de ses artisans. La commotion et le vin aidant, la seconde plus belle moustache de la ville après Volkmar avait une sensation vertigineuse. Emporté par l'ivresse commerciale. Des produits inutiles et donc indispensables s’amoncelaient sous son regard vineux. Soies de Cathay, pierreries des terres du sud, crânes ouvragés du Nouveau Monde. Une splendide statuette en ivoire d'Inja pour "Siloument oune couronne missié" ou même des fourrures de l'Oblast. Mais trêve de frénésie marchande. Sa bourse était plus serrée que l'entrefesse d'une préceptrice sigmarite. Il lui fallait une chemise. En effet quelques dames de haut lignage poussèrent des petits bruits de protestation en croisant la silhouette dégingandée et velue de l'Estalo-Tiléen.
Mais le spectacle impudique ne dura que le temps que l'aventurier légèrement bleui par le froid altdorfer ne trouve l'échoppe d'un tailleur. Quelques ajustements aux épaules et aux bras, une observation fugace devant une plaque de métal poli et enfilée c'est acheté. Cinq pistoles la chemise c'était certes plus cher que de la voler sur un étendage mais qu'est ce qu'on se sentait mieux dans du linge neuf et propre.

Il renfila son veston et sa chemise de maille, son foulard, ses holsters et sa cape et retourna en direction du vampire noir. Quelle idée ça aussi, un vampire noir. Les lahmianes avaient le teint du lait frais, ça il pouvait le confirmer. Un vampire noir. Saugrenu ces impériaux.

Dans l'établissement aussi vaste que le palais royal de bien des villes d'Estalie, il retrouva sans grande difficulté ses turbulents camarades. Félix était allé faire la basse besogne. En même temps la vie sur les routes ça change de trousser la même fille de ferme dans laquelle tout le village a craché.
À la mention de Pieter l'aventurier marmonna un Qu'il repose en paix à la suite.

Il réprima un hurlement de douleur lorsque la palme de Wilhem manqua de lui déplacer deux vertèbres.
-Ouch, aaah. Oui ? Alors moué bah. Je suis allé à la taverne la plus reconnue d'Altdorf pour les Hombres comme moué. Et de mimer d'une façon subtile et délicate les attributs de la déesse. -Les Mamelles de Myrmidia ! Bien entendu ié à peine lé tempo dé finir une cerveza qu'un type me dévisage. S'avérait que mon padre avait troussé sa bourgeoise comme la poularde de Mitterherbst. Donc ça a finit en pugilat. Vous inquiétez pas, ce bon vieux Piero a gagné. Ça oui. J'ai plus morflé contre un maquignon que contre la bande à Tal...Tal le quoi déjà ?
Et de là il acheva l'histoire en montrant sa splendide chemise neuve.
Les anecdotes fusèrent pour une soirée de plus. Une soirée dans la Cité des Empereurs.
Bien entendu il y avait un impératif à respecter pour Piero Orsone. L'appel de la musique.
Il se leva en grognant doucement. Son corps était encore sous les affres du duel avec Las Casas. Pas d'emportement ce soir, pas de chanson endiablée narrant la vie amoureuse de quelque diestro haut en couleur. Une chanson plus douce. Plus mélancolique. Une chanson sur la mer pour ceux qui ont le vague à l'âme. Oui.

Quelques frottements de cordes et...
Sur l'port de Tobaro j'vends du rêve j'vends du rêve
Des bouteilles qui au fil de l'eau
Sont venues s'échouer sur la grève.
Sur l'port de Tobaro j'vends du rêve j'vends du rêve
Tous les messages qui filent sur l'eau
Finissent un jour dans mon chapeau.


La cape en calicot sur les épaules, un pied sur le banc d'assise, c'était un homme de spectacle. Et quel plus grand spectacle que sa propre vie ?

J'vends du rêve à des artistes
Dépourvus d'inspiration.
À des bonshommes moroses et tristes
Qui n'ont plus d'imagination.
À des jeunes à des p'tits vieux
En éternel manque d'appétit
Qui n'ont pas au fond de leurs yeux
L’espoir de vivre une autre vie.
Ils viennent des quatre coins du monde
Pour s'arracher mes bouts de papier.
Ils viennent des quatre coins du monde
Pour trouver matière à rêver.


Petit passage à la mandoline uniquement, la pause dramatique avant de reprendre de plus belle.

J'suis un voleur de p'tits secrets
De bouteilles jetées à la mer
Qui voguent contre vents et marées
Sur l'océan des grands mystères.
J'récupère des messages d'amour
Des vœux de souhaits et des prières
Parfois des appels au secours
Qui viennent tout droit de la misère
Ils viennent des quatre coins du monde
Ces messages ces bouts de papier
Ils viennent des quatre coins du monde
Pour donner matière à rêver.


Il ferma les yeux, se jetant pleinement dans les bras fantomatiques de ses muses. Qu'elles aient les yeux émeraudes et une chevelure d'or. Ou bien une crinière de feu. Elles étaient là quand il baissait ses paupières. Les déesses d'une nuit.

Sur l'port de Tobaro j'vends du rêve
De belles histoires et des voyages
Des lectures qui laissent sur les lèvres
Le p'tit goût salé du grand large.
J'vends du rêve et d'l'authentique
À toutes les sauces à volonté
Changez l'image et la musique
Venez donc vous laisser tenter.
Sur l'port de Tobaro j'vends du rêve
Parce qu'il en manque autour de moi
Parce que j'vois trop d'personnes qui crèvent
En ayant eu des rêves en bois.
Parce que sur d'autres coins d'la Terre
Certains n'ont peut-être pas le choix
Que d'vivre de rêves et de chimères
Dans la détresse du monde d'en bas.


Et le dernier refrain. Celui qui doit fendre les cœurs avinés du public.

Sur l'port de Tobaro j'vends du rêve j'vends du rêve
Des bouteilles qui au fil de l'eau
Sont venues s'échouer sur la grève.
Sur l'port de Tobaro j'vends du rêve j'vends du rêve
Tous les messages qui filent sur l'eau
Finissent un jour dans mon chapeau.


Dernier accord. Et un salut au public bien bas, chapeau dans la main gauche. Son dos et ses côtes lui faisaient un mal de chien. Mais au moins Piero vendait un peu d'rêve.
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

Réussite de la chanson: 13, pas génial du tout!
S'il y eut bien quelques applaudissements polis, la plupart des habitués de la taverne ne parurent pas porter attention à cet étranger à l'étonnante moustache. Au final la récolte, maigre, ne donna qu'une petite pistole d'argent et des "ce sera mieux la prochaine fois". Sans doute quelques uns penseraient-ils, en s'endormant ce soir, à des plages lointaines et des mers infinies... Mais ils ne seraient pas nombreux!
Quelques godets plus tard et une bouille de blé offerte par le patron, qui n'était finalement pas un si mauvais bougre, il était l'heure de se coucher. Une nuit normale, sur un lit de paille remplacée de frais, presque agréable au toucher. Au matin, en ouvrant sa fenêtre, Piero constata qu'il avait neigé un demi-pied, au point de geler la pisse et les excréments que des badauds pressés avaient laissés sur les murs de l'établissement. Rien que du très classique dans le Vieux Monde où nettoyer la merde constituait l'activité du matin de n'importe quel tenancier et surtout ce celui qui ne faisait pas de ristourne aux "vieux copains qui passent tout le temps".
Le loir de la journée se trouva être Félix, qui avait tenu à essayer un vin tiléen, plus fort que ce à quoi il s'attendait. Après avoir manqué de défoncer la porte à coup de pieds, Wilhem parvint à le faire descendre pour partager un pain frais de plusieurs livres, parfait à se partager. C'était l'avantage de la vie de mercenaire: elle était parfois courte, certes, mais au moins elle payait de quoi ne pas mourir de faim. Au-dehors des employés municipaux déblayaient les rues à la pelle comme ils le pouvaient, aidés en ça par des nains locaux qui n'appréciaient pas de respirer de la poudre à chaque respiration. Quelques blagues grasses et obscures sortirent sur la tendance des elfes à le faire durant leurs fêtes, ce qui fit rire les barbus.

Sur la Place des Voyageurs, qui s'emplissait à cette heure d'hommes importants partant en visite officielle ou de gros notables à la recherche d'une bonne affaire, on se bousculait avec la faune ouvrière et paysanne. Dans ce désordre, les seuls à assurer un semblant de cohésion étaient les valets roturiers de ces grands seigneurs qui distribuaient coups de fouet, de matraque et de pied à qui s'avançait un peu trop vers le carrosse de leur maître sans avoir des habits équivalent à un an de salaire artisan. Avec difficulté, le groupe de mercenaires retrouva Kalum et les frères Jürker, qui avaient ramassé de nouveaux chiens, lesquels aboyaient toujours plus fort. Furpoil de son côté n'en semblait pas plus chagriné que ça et ronchonnait plutôt de ne pas trouver d'herbe à manger sous cette boue salie et battue par des pieds humains.
Pour ne pas avoir à traverser la ville qui chaque matin se transformait en l'équivalent urbain d'une constipation, il fût décidé à l'unanimité de contourner la capitale par les remparts, chose rendue possible par la présence de quelques ponts-levants sur le Reik et le Talabec. La chose fût faite sans souci, la majorité de la population travaillant à l'intérieur de murs.

On en aurait pour environ trois semaines pour rejoindre Nuln: la chose pouvait paraître étonnante quand on regardait les cartes, après tout Nuln était bien plus proche que Middenheim à vol d'oiseau et le Reik y allait presque directement. Seulement voilà, le Reik était gelé et impraticable et la route forestière était sinueuse et irrégulière, allongeant considérablement le temps de trajet; la route de la Drakwald ayant l'avantage d'être droite. Cela étant dès les premiers lieux il apparut clairement que le niveau de richesse et de protection dont le Reikland disposait était de très loin supérieur aux moyens possédés par les institutions de son voisin nordique: des équipes de patrouilleurs se tenaient sur les routes, nombreux et déterminés, vêtus de leurs armures blanches et noires quasiment standardisées, ce qui constituait un petit exploit dans le Vieux Monde. A pieds ou montés sur des chevaux fins et rapides, affichant des trognes encore plus patibulaires que Kalum et Wilburg, il ne fallait pas rire avec eux. Les trois premiers jours, ainsi, se passèrent correctement: la route était fréquentée par des marchands partageant la même destination, les relais étaient nombreux et bien défendus, les menaces peu présentes si près d'Altdorf. Il n'y avait pas à se plaindre, pour le moment...
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

Comme dans les plaines lointaines d'Estalie, l'on pouvait se coucher roi un soir pour s'endormir mendiant la semaine d'après. Quelques pièces de cuivre. Bah, Altdorf était une si grande ville. Ses maigres talents d'artiste touchaient bien plus le campagnard fatigué et non-habitué que les citadins.

La pitance était correcte, le lit confortable. Et personne pour lui casser la gueule. C'était ce qui approchait le mieux d'une bonne nuit. Et surtout la ville était bien moins glacial que les relais pleins de vermines de la Drakwald.

Au petit matin, la toilette effectuée et le manque d'hygiène effarant des pratiques impériales constaté, il salua les mercenaires tandis que le brave Wilhelm s'acharnait sur la porte de Félix. Il se permit une remarque narquoise : Ces impériaux alors !

Tout en rompant le pain, l'aventurier parla d'une spécialité du Wissenland qu'il espérait bien retrouver au bout du voyage, le pain à la farine de châtaigne.
Entre deux banalités le bruit de mastication des soudards était couvert par les plaisanteries naines au dehors. Et chacun de commenter la pertinence de cet humour en appréciant bien de ne pas avoir les rotules dans la neige et une pelle dans les mains.

Les retrouvailles avec Furpoil furent accompagné de grattouilles sur le museau du placide animal. Quel adorable boule de poils de trois-quarts de tonne. Oui ça c'est un bon Furpoil. Il déglutit en regardant les nouvelles trouvailles de ces deux brigands de Jürker. Le commerce de chiens de guerre était-vraiment aussi rentable ?

Tout en s'interrogeant sur la question, qui était loin d'être répondue, le convoi s'orienta vers la sortie de la ville. Adieu universités, temples, palais et tavernes à thèmes. On retournait à un quotidien de forêts, de discussions au coin du feu et d'aboiements. Les patrouilles qu'ils croisaient fréquemment donnaient une sensation sécuritaire que n'avait pas le Middenland. Plus de monde, moins de saloperies indicibles cachées dans les sous-bois. Plus de bandit ceci dit. Là où la bête était repoussée, les hommes prenaient sa place. Chassez les loups et ce seront les hommes qui se mordront entre eux.
Occasionnellement Piero levait les yeux vers le ciel. Il faisait bien gris l'hiver dans l'Empire. Le Dieu-loup était descendu du Nordland jusqu'ici.
Le Dieu-loup et lui même. En ne laissant que des carcasses dans un recoin froid du Nord. Des carcasses, des remords et des regrets.
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

L'hiver avançait silencieusement, couvrant de son manteau les routes endormies du Reikland. Rassurante pourtant était la forêt traversée par le convoi, parcourue de pèlerins et de patrouilleurs. Loin des enchevêtrement sauvages des arbres du Middenland, les ifs, chênes et autres bouleaux locaux paraissaient calmes, apaisés, laissant passer de larges raies de lumière entre leurs branches dégarnies. En d'autres temps on aurait même pu trouver apaisant les hurlements des loups ou les grognements indistincts de quelque ours troublé dans son hibernation. La première nuit dehors fût presque reposante, au milieu d'un campement de voyageurs comme eux, large et bien protégé car doté d'un certain nombre d'aventuriers et mercenaires engagés en escorte. Rien de bien passionnant ne se produisit, à tel point que même les terribles histoires sur les bandits de grands chemins harcelant les voyageurs ne firent peur à personne.

Et c'était bien normal! Personne ne craindrait des bandits à ce moment de la saison... Car après tout, on était le trente-deux de Vorhexen... Bientôt le Nouvel An arriverait et personne ne voulait être dehors à ce moment là, oh non! Même les criminels les plus rudes se cachaient à présent dans des refuges souterrains ou des lieux défendables où ils attendraient, recroquevillés comme des enfants, qu'une aube se lève sur la nouvelle année. Les frères Jürker comme les compagnons de route de Piero baissèrent instinctivement la tête et chacun jura de se hâter jusqu'à un relais de voyage où ils passeraient cette fête maudite: la Hexennacht.
Au réveil du lendemain, le sergent Kalum imposa à ses employeurs comme à ses subalternes:


-"Aujourd'hui c'est marche forcée et on s'arrête au premier endroit peuplé qu'on croise. Pas de discussion."

Léonard Jürker tenta bien de s'opposer en arguant qu'il était le client, mais son frère l'en empêcha. La chose était trop grave, trop dangereuse et le rôle des mercenaires restait de les protéger jusqu'à bon port. Rien que la journée suffit à faire cesser tous les doutes du contestataire. Quelque chose avait changé dans le vent, dans l'air: une puanteur acide s'élevait de la terre gelée et des relents âcres descendaient des cieux. Même le bleu du ciel paraissait plus sombre, moins net et de gros nuages noirs envahissaient l'horizon. Plusieurs fois les impériaux et le tiléen tombèrent sur des cadavres humains ou animaux, congelés et décomposés à la fois, abandonnés au bord du chemin. Furpoil, que son instinct animal prévenir, hennissait de crainte et manqua plus d'une fois de jeter au sol son cavalier inexpérimenté.
Aux alentours de midi, enfin, la silhouette carrée d'un auberge routière passa l'orée. Le lieu était à moitié bondé et des voyageurs apeurés se pressaient aussi vite que leurs jambes leur permettaient, bousculant même les soldats en poste qui tentaient désespérément de donner un peu d'ordre à cette foule de craintifs. Perché sur son canasson, Piero dominait la situation et échappait au gros se la cohue, Furpoil mordant ou bousculant avec humeur les nigauds qui tentaient de pousser une créature vingt fois plus lourde qu'eux. Il eut ainsi tout le loisir d'observer les hauts murs de bois et de pierre ainsi que le bâtiment central semblable à une vaste grange réaménagée en auberge, dont les dépendances formaient les écuries. Plus problématique en revanche: l'intérieur se remplissait à vue d'oeil et on ne tarderait pas à se marcher dessus, contraignant le patron local à fermer les portes peu après le passage de la caravane aux chiens de guerre. Une trentaine de voyageurs en larmes implorèrent la garde de les laisser entrer, en vain.

Il fallait à présent tuer le temps jusqu'à la nuit et prier les dieux, Morr notamment, que rien n'arrive aux murs jusque là...
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

Quatrième nuit dans les forêts du Reikland. Une nuit singulière. Tout un campement de voyageurs. Une ville éphémère qui disparaitrait à l'aube. Nous quittons une décennie demain soir, pensa l'aventurier en dressant sa tente. Une nuit d'horreur, faisant trembler les vivants et tressaillir les morts. Après demain le siècle aurait trente ans. Et lui trente-et-un. Se promenant entre les voyageurs recroquevillés, les mercenaires avinés contant leurs faits d'armes variés et les chevaux somnolents, Piero alla se poser autour d'un feu de camp, égarant son esprit dans les récits des conteurs improvisés.

Mêlant ses souvenirs aux créations spontanées de sa cervelle, tour à tour les bandits de grand chemin prenaient les traits de Fantini, Rubio, Maria ou même de Serena. Les pisteurs des forêts devenaient Boerich ou Karl. La beauté sauvage devenait Hélène ou Morouène.

Lorsqu'il s'allongea enfin dans ses draps, il profita de la dernière nuit de repos avant la Hexennacht et ses songes angoissants.
Le lendemain, dès l'aube, à l'heure où la forêt irisée par la buée et les cristaux de givre scintillait à la lumière, la douce voix et le caractère agréable de Kalum tira l'Estalien de son sommeil.

Quelque chose avait changé. Les relents méphitiques, les animaux étaient agités. Et surtout, aucun son ne résonnait dans les bois. Le royaume d'Ulric s'était tut.
Les rebords de la route étaient souvent maculés de débris et de carcasses. Certains survivaient uniquement en dépouillant les déchets laissés par les innombrables voyageurs, il en savait quelque chose. Mais les mains séchées émergeant de la neige sale, les Transis aux orbites noires... Replaçant son écharpe autour de son visage, Piero frissonna. Il se souvint des champs de bataille. Des charniers répugnants où flottait la mort et les nuées de corneilles.
Sans un déjeuner aussi frugale il aurait sûrement rendu ses tripes.

Lorsqu'ils arrivèrent en vue de l'auberge fortifiée, le tiléen comprit rapidement le soucis qui déboulait gros comme un rhinox : Les lieux s'emplissaient comme un bordel un angestag. Il essaya de diriger son canasson mais dans cette marée humaine dense comme de la mélasse, il surveilla en priorité ses affaires. Par un instinct de conservation digne d'un courtier nain Furpoil fendait la foule en direction des écuries. Ne se préoccupant pas des autres membres de la troupe, c'est des mercenaires pas des enfants de quatre ans, il attacha son cheval, défaisant son harnachement. Les palefreniers débordés suivirent les gardes. Piero déglutit. Les portes se fermaient. Laissant des dizaines de malheureux dehors. La culpabilité lui tordit les boyaux. Cette nuit maudite, dehors, entre la neige et les morts. Si ils étaient lucide les voyageurs chercheraient un autre abris, un relais, plus loin. Sinon ils serviraient de rempart de viande aux horreurs qui s'approcheraient de l'auberge. Il blêmit.
Dès lors il ne restait qu'à attendre. L'aube. Les plus longues heures à passer. Les lieux étaient surpeuplé et il se décida à rester près de son cheval. La chaleur des bêtes était un maigre palliatif à l'âtre de l'Auberge mais la perspective d'être entassé entre des impériaux ivres et des mercenaires belliqueux ne l'enchantait pas. Néanmoins il guetta les visages familiers des mercenaires ou des Jürker. Si l'un était à portée il l'interpellerait. Histoire de perdre quelques minutes en discussion. L'attente allait être longue.
Piero Orsone da Trantio, explorateur
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