[Piero] Partir, c'est mourir un peu

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Dès sa fondation par le dieu guerrier Sigmar, l'Empire a dû faire face aux invasions et aux guerres civiles. depuis plus de deux mille cinq cents ans, il survit néanmoins aux périodes de trouble et aux batailles grâce à la bravoure et à la discipline de ses armées

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[MJ] Le Djinn
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

Le troll au sol, le calme revenu, Kalum enjoignit ses compagnons d'armes à le repousser dans la cave puante qui lui servait de demeure et à refermer tout ça. Ce genre d'horreur était bien trop courante dans l'Empire et chaque village d'importance moyenne avait déjà reçu la visite d'un ou plusieurs trolls en vadrouille et à la recherche d'un bon repas. Ils étaient un fléau bien connu mais désespérément naturel, contre lequel rien n'avait de prise sous l'acier, la poudre et le courage des hommes.

A l'arrière, Pieter et Félix pensaient leurs plaies. Si le second était dans un bon état malgré quelques os fissurés, le premier souffrait à un niveau qu'il n'imaginait même pas. Outre le fabuleux coups de massue qui avait broyé son bras droit, les brûlures avaient de quoi terrifier un nurglite. Sa peau cloquait sous l'effet de l'acide qui la rongeait, des lambeaux de peaux entiers se détachaient alors qu'il enlevait ses vêtements en train de fondre, ses yeux étaient rendus aveugles par le liquide et il hurlait de souffrance plus qu'il ne parlait, respirant fort par un reste de nez. Plusieurs fois, Kalum tenta de le faire taire:


-"Ta gueule! Ta gueule putain de merde! Tu attirer toute la forêt espèce de veau!"

Pieter cessa de crier après une claque qu'il lui arracha une partie de la joue. A la place il essaya de parler, plusieurs fois, mais de sa gorge ne sortirent que des borborygmes. Les frères Jürker, qui se tenaient jusque là en rentrait de la laideur du moment, se tournèrent alors vers le grand brûlé et Léonard osa:

-"Il ne peut plus causer, peut-être?"

-"Possible."

Sans ménagement, le sergent d'armes ouvrit grand la bouche du blessé et l'inspecta comme on l'aurait fait d'un bétail douteux.

-"Ce con a bouffé du vomi."

Forts inquiets, Félix se traîna jusqu'à lui, de même que Kurt et Wilhem. La petite phrase de Kalum aurait prêtée à rire dans d'autres circonstances, on aurait dit le dialogue d'un inspecteur du Guet devant un poivrot. Nul ne rit cependant quand le sergent attrapa une dague à sa ceinture et la planta droit dans la carotide de Pieter. Le brûlé s'agita, protesta, son corps fût parcouru de spasmes et il tenta d'articuler un mot, peut-être un cri, l'espace de quelques secondes. Puis plus rien. Ses bras tombèrent inertèrent, heurtant le sol, un dernier soupir rauque s'échappa de la bouche et le coeur cessa de battre.

En tout oraison funèbre, Kalum attrapa le cadavre avec précaution et la balança dans la cave à la suite du troll.


-"Allez, on peut passer à table maintenant."

Un lourd silence s'était abattu sur le groupe et personne n'osait croiser les yeux du sergent. Tout le monde comprenait ses raisons: mieux valait mourir que de terminer sa vie comme aveugle et muet, mendiant sans espoir qui souffrirait de tout ce que l'Empire peut contenir de misère. Et puis, dans le sol gelé du dehors, creuser une tombe serait impossible, mais tout de même... Wilburg murmura sans s'adresser à personne qu'au fond l'enveloppe comptait peu, que tous revenaient à Morr à la fin. Cela ne rassura pas grand-monde.
Amputé d'un membre, le groupe passa une nuit tranquille malgré la puanteur, moins présente à l'étage cependant. Les rations de pains, de biscuits, de fruits secs et de viande salée ne manquaient pas, d'autant moins qu'il y avait moins de bouches à nourrir, mais elles eurent un goût amère, surtout pour Félix qui grinçait des dents à chaque effort du torse.

Au lendemain chacun se remit en route alors que la neige tombait. Furpoil attendait paisiblement sous son parapet, se délectant de perce-neiges. La bête semblait d'humeur joyeuse, peu concernée par le vacarme de la veille et davantage occupée à échapper aux aboiements intempestifs des clébards du chariot, qui furent sortis d'ailleurs. Il restait encore au moins quatorze jours avant l'arrivée à Altdorf avec une étape à mi-parcours, alors autant ne pas traîner. Et les trois jours suivants se déroulèrent sans réelle difficulté! La forêt était fidèle à elle-même: vide et endormie sous le manteau d'Ulric. Pas de bandit, pas de monstres, juste des arbres à perte de vue et des flaques de boue glacée à éviter, une roue voilée à réparer, un boeuf à laisser se reposer quelques mètres... Le genre d'ennuis qu'on est presque contents d'avoir tant ils rattachent à une forme de normalité.

A la nuit du quatrième jour, cependant, quelque chose de nouveau fût découvert par Kurt alors qu'il installait une tente en pied de colline. L'espèce de butte qu'il avait d'abord pris pour un simple talus révéla une forme étrange, très travaillée, trop propre pour être naturelle et s'achevant sur une sorte d'à-pic brutal au lieu de descendre doucement jusqu'au sol. En d'autres termes: il y avait là une porte. Si les employeurs n'éprouvèrent aucun intérêt pour la chose, le fait intrigua Kurt qui dit:


-"Ah c'est comme dans les légendes! Le coin caché que seul le coeur pur pourra révéler."

Il gratta un peu la neige avec la fusée de son épée, dévoilant après vingt bonnes minutes l'existence d'un trou qui semblait mener dans la colline.

-"Si tu te paumes là-dedans ce sera ta merde."

Le ton était plus que sec mais le sergent n'avait pas interdit l'exploration. Pour autant, on le lisait sur son visage, le jeune mercenaire n'était pas chaud pour y aller seul. Les autres ne semblaient pas particulièrement friand de la chose non plus, restait à Piero de décider s'il voulait faire parler sa fibre d'aventurier.
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Piero Orson
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

Les Hommes occupés à pousser le troll vers son ultime et méphitique demeure, Piero se tourna vers les deux autres combattants. Il réalisa alors à quel point la bile du troll avait attaqué les chairs du pauvre Impérial alors que celui-ci luttait contre sa propre liquéfaction. Il manqua de se faire renverser par Kalum qui manqua de l'achever. Cette brute n'était pas un meneur d'hommes mais un garde-chiourme. C'était là sa conviction. Les bruits horribles que rotait le mourant lui rappelèrent bien des souvenirs atroces. Lorsque la lame de Kalum se planta dans sa gorge ils revinrent comme des éclairs dans sa mémoire alors que son teint virait au blême.

En premier lieu Karl, dans les tunnels du Nordland, le regard paniqué alors que la vie s'échappait de son corps à grand flot de sang noir. Il y eut aussi ce souvenir plus lointain, dans la Sierra Estalienne. Une espèce d'hacienda abandonnée. Ils s'étaient établis là. La poussière jaune des briques, le soleil cuisant dehors. Serena et sa fille, les membres du groupe qui dormaient après une nuit de garde. Et lui qui jouait aux dominos avec Rubio. Une journée normale. Il devait avoir vers les dix-huit berges. La plupart des grands étaient partis "pêcher" de quoi repartir de plus belle sur les routes de la Péninsule. Et la porte branlante s'ouvre d'un coup de pied. C'est Martello et derrière lui Fantini et Fabrizzio tiennent un gars blessé. Balayé les dominos, les cartes et les tasses. Ils l'allongent tout en s'engueulant. Le mec est dans un sale état. C'est Sanchez. Un des Jumeaux. Il tend une main. Trois doigts, plus de majeur et d'annulaire.
-Mais Bordel ! Je vous avais dit de tenir le cocher ! Gueule le chef.
"Je pensais pas qu'il planquait un Tromblon !" bredouille un autre. Son visage est flou, l'âge et l'alcool ont élimé ses neurones à Piero. Il se souvient surtout du corps criblé d'éclats, de la plaie dégueulasse sur la gorge, la peau qui pend avec la viande là où il ne faudrait pas. Le cris de désespoir de Ronaldo. C'est son frère qui se vide de son sang sur la table. Il est blanc comme un linge Sanchez, un linge de femme vu tout le rouge qui le macule. Il serre la main de Piero. Des gargouillis, sa tête retombe contre la table. Il serre. Il serre jusqu'à ce que les phalanges de Da Trantio soient aussi blanches que lui. Et avec une expression étrange il rejoint Morr, les Grands gueulent entre eux. Ronaldo pleure. Rideau.

"BONK" C'est le cadavre encore chaud de Pieter qui a rejoint la cave. Quand vous claquez vous n'êtes qu'un sac de viande. Un sac de viande pour les asticots, les flammes ou les charognards plus ou moins contrefaits. Y a-t-il des goules dans la Drakwald ? Parmi toutes les horreurs de ces bois. Les mercenaires sont aussi silencieux que lui. Mais ils ont perdu un frère d'arme. Un camarade. Piero lui, est seul. Un étranger dans une terre étrangère. Ni Impérial, ni Bretonnien, pas même vraiment Tiléen ni Estalien. Il est lui, et à ce moment là il a froid. Très froid.

Du repas de ce soir là aux retrouvailles avec Furpoil, l'Aventurier se tait. Il n'est pas d'humeur à discutailler avec les Mercenaires. Il n'est pas d'humeur à chanter, à siffler, pas même à ressasser ses démons et ses fantômes. Tout au plus il caresse son cheval durant les jours qui suivent. Il pisse seul, se couche seul. Mange seul. Son esprit vaque dans des lieux lointains, les murs de Trantio, les bras d'une mère. Une chevelure de feu, des tatouages qui dansent avec leur propriétaire. Le Marbre du palais de Los Cabos, les menuets avec Maria-Isadora.

Tout en installant le campement il lève la tête vers Kurt et sa découverte. Kalum le menace. Pour l'Estalo-Tiléen ça devient viscérale contre ce type. Mais il n'a pas tort.
-Ié laisse cé qui est sous terre aux Morts et aux Nains. Tou veux croiser un altro troll ?
Tout en posant la couverture sur Furpoil il ajoute : -Faudrait peut être même le garder...Si jamais quelque chose ramène son nez à cause du camp.
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"Ma qué ?!"

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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

Un peu déçu par la lâcheté de ses compagnons, ou plutôt leur manque de curiosité, Kurt n'insista pas davantage sur la porte de glace et se joignit au cercle qui se formait autour du feu. Passablement vexé, il ne prononça plus un mot de la soirée, sa soif d'aventure ayant été douchée par un accueil si froid qu'il était parvenu à faire diminuer la température ambiante, déjà glaciale. Les frères Jürker, soucieux de garder le moral de la troupe à un niveau acceptable, prirent la parole tout en faisant cuire des lentilles aux carottes dans une casserole de cuivre.

-"Demain midi nous arriverons à Delberz, nous ferons une halte pour l'après-midi."

-"Exactement! Et on vous y versera votre solde, bien sûr."

Et de quoi de plus positif pour un mercenaire que d'entendre qu'il va enfin recevoir le dû de son dur labeur? Wilhem et Wilburg affichèrent des mines heureuses alors qu'on crut percevoir un sourire sur le visage de Kalum. Chacun dormit dans la quiétude ce soir là et bien que les tours de garde s'enchaînèrent il n'y eut jamais l'ombre d'une apparition dans les bosquets et à la limite de la lumière du foyer. Les seuls monstres qui rôdaient venaient de l'imagination des hommes et des peurs que l'esprit créait. Un philosophe ou un poète doué pourrait écrire des textes entiers à ce sujet, sur l'ennemi intérieur et que le premier adversaire de l'Homme est lui-même.
La dernière demi-journée de marche se déroula elle aussi sans encombre. Petite touche de frustration: un kilomètre à peine après leur arrêt se dressait une auberge de relais, ouverte et accueillante. Mâchant leur barbe de rage, le groupe continua à marche forcée jusqu'à la communauté de Delberz, dernier véritable bastion de civilisation avant d'entrer dans la partie la plus longue, et la plus sombre, de la Drakwald. Félix, qui se remettait de sa blessure et qui connaissait l'endroit profita de l'occasion pour étaler sa connaissance.


-"Delberz? Ouais je connais j'y ai passé quelques mois après la guerre! C'est un joli coin en vrai, une bourgade marchande... Doit y avoir, j'sais pas moi... Trois ou quatre-cent foyers? Avec tous les réfugiés ça a dû augmenter. Faut juste éviter de passer trop par Nouvelle-Delberz et on s'ra bons."

Et il ne mentait pas. La ville devait compter effectivement deux gros milliers d'habitants dans l'enceinte principale, de beau bois dressé et renforcé de tours parcourues par des archers sur lesquels on greffait une sorte de taudis géant de la même taille que la ville. Cette Nouvelle-Delberz, qui accueillait les réfugiés arrivés durant et après la Tempête, terminait au pied des Collines Hurlantes et plus précisément à proximité du Räuberthal, le pays des bandits. Kurt envoya:

-"Alors c'est ça le Räuberthal? Je le voyais plus haut! Parait que c'est un état dans l'état ce truc."

Quelques voyageurs et commerçants faisaient la queue pour entrer dans la ville, contrôlée par des guetteurs en armes. Piero eut donc tout le temps d'apprécier ces fameuses "Collines Hurlantes" qu'on voyait au loin: une chaine de pics escarpée et battue par les vents qui dépassait de la forêt, formant comme des rangées de crocs brisés qui s'élevaient presque à la verticale. Entre chaque pics des collines faisaient office de vallée, comme celle où Nouvelle-Delberz se trouvait. Une rivière séparait la cité-franche (car c'en était une) de son campement de réfugié et si elle n'avait été gelée elle aurait pu être empruntée pour rejoindre cet objectif depuis Middenheim. A remarquer, comme un pèlerin le dit bien, que cette rivière expliquait à elle seule la rareté des auberges de relais dans la Drakwald et leur faible entretien.
Une heure plus tard les chiens aboyaient sur tous les passants en entrant dans la ville, toujours coincés dans leurs caisses. Les bêtes étaient folles de voir autant de monde et éprouvaient sans doute un besoin impérieux de se défouler! Plusieurs auberges formaient un grillage à travers les quartiers rendus peu actifs par la faible intensité du commerce en cette saison, autant dire que les patrons seraient heureux de recevoir de la clientèle. Comme à Middenheim on plaça les gardes avec Piero dans "La Porte de l'Ouest", un établissement dont le nom voulait tout dire et qui était un lieu de seconde zone. Pendant ce temps là, Kalum et les Jürker se prendraient un bon repas au "Sigmarite couronné", lieu tenant de l'hôtel même si loin du luxe des grands palais.

Seule ombre au tableau: à peine étaient-ils installés qu'un convoi de morriens chantant des psaumes traversa la place accompagnés d'une foule de curieux: ils transportaient un corps égorgé, exsangue, figé dans une posture terrifiée. Wilburg lâcha:


-"Si ça s'égorge dans les rues, faudra se méfier ce soir..."

Le défunt n'avait même pas l'air si riche que ça, il s'agissait juste d'un citadin des plus classiques, ni plus ni moins. C'était bien triste. Pour le lendemain il fût décidé qu'avant de partir chacun irait assister aux rituels du temple d'Ulric qui donnerait la vigueur nécessaire pour affronter la route. En passant près d'une caserne Piero avait aussi vu un petit temple dédié à Myrmidia, mais y aller serait-il au goût de ses alliés?
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Piero Orson
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

Tout en léchant le jus des lentilles sur ses bacchantes drues, l'Estalien écouta avec un regain d'intérêt les deux frères. Un retour parmi le monde des Hommes, même pour une seule journée était une nouvelle alléchante. Entendre autre chose que les reniflements, les sabots et les aboiements, c'est inestimable.

Le cavalier partagea l'abattement de ses camarades en apercevant l'auberge. Entre un talus pourri plein d'os rongés par le temps, le froid qui te prenait des orteils jusqu'au nez et une auberge... Felix et Kurt enchaînèrent sur le bourg qui était aussi remarquable qu'inconnu pour son cœur sudiste.

-"Alors c'est ça le Räuberthal? Je le voyais plus haut! Parait que c'est un état dans l'état ce truc."

-C'est quoi précisément ? Une sorte dé région sans loi ?

En Tilée la loi s'arrêtait au delà de la portée d'une arbalète depuis les remparts les plus proches. En Estalie elle s'arrêtait lorsque aucun officiel n'était présent.
Dans les Principautés et Sartosa la Loi était une notion aussi vague que la pudeur d'une Slaaneshie. Comme quoi il fallait être con à bouffer du gravier pour imaginer que l'Unité Impériale changeait grand chose. Mis à part l'octroi pour rentrer à Middenheim. Souvenez-vous. Quel bande de vide-bourses ceux là aussi...

Le lieu était pittoresque en effet. Une ville somnolente, sa rivière, son camp de réfugiés. Les mercenaires et la brochure ne mentaient pas. Il y avait même un petit autel dressé à la Fière. Même aux confins du Nord il restait quelqu'un pour honorer Myrmidia, même dans la gueule du loup blanc.
Alors qu'il attachait Furpoil à coté du chariot et des ruminants, les Morriens passèrent.
La mort c'est inévitable. Sauf à Los Cabos et en Sylvanie mais passons. Les villes offraient un spectacle quotidien de cet état de fait naturel. Des pendus aux miséreux morts de faim, malades ou malchanceux, depuis aussi longtemps qu'il se souvienne la mort était indissociable de Trantio. Des Apuccinis aux Irranas, de Fantini à Hélène. De Karl à Pieter. Peut être même les singulières personnes qui avaient accompagné son errance dans le Nordland. La mort vous rappelle toujours qu'elle n'est pas loin.

Quoi qu'il en soit l'aventuria chercha le préposé de la Porte de l'Ouest afin d'acheter un picotin d'avoine pour ce brave balourd. Furpoil nourri il avança dans les rues enneigées, croisant tout aussi bien teutogen emmitouflé dans sa veste d'hiver que déshérité de l'Ostland ou d'ailleurs encore. Si le camp était énorme sur la rive droite de la Delb, un local attentionné lui expliqua que la ville avait fait en sorte de rendre leur vie moins pénible. Entre espoir de retour au pays ou résignation, l'humeur de ces malheureux était aussi changeante que le ciel du Nord. Piero se dirigea vers l'oratoire myrmidien. C'est avec déférence qu'il s'agenouilla pour prier. Il jeta une poignée de sous en offrande tout en cherchant si un ecclésiastique se trouvait à proximité. C'était la fin de l'après-midi et l'endroit était vide. Haussant les épaules il s'en retourna à la Porte pour se réchauffer et décrasser ses affaires de la neige et de la terre.

Les habitués des lieux se plaignaient des meurtres. Une lame frappant au hasard, riche ou pauvre, local ou réfugié. Qu'est ce qui pouvait bien motiver une telle barbarie, ça le Tiléen ne pouvait pas répondre, seulement acquiescer et sortir de classiques "Bien dit." aux piliers de la taverne.
Ce fut avec un plaisir non dissimulé qu'il retrouva Kurt, Wilhem, Wilburg et Félix pour une soirée à raconter d'interminables histoires au son des chopes et de la nourriture bon marché. Guerres, clients, histoires de cœurs et de fesses. On trinqua à Pieter avec le respect dû à un compagnon laissé là-bas. D'une voix gorgée d'alcool et de chagrin, enrouée par le froid et réchauffée par l'instant, cinq hommes chantèrent un hommage à un frère :

J'avais un camarade,
De meilleur il n'en est pas ;
Dans la paix et dans la guerre
Nous allions comme des frères
Marchant d'un même pas...


La soirée s'étira un bon moment. Le moment opportun, l'aventurier se redressa en replaçant son chapeau sur le crâne. Tout en empoignant sa mandoline il s'excusa auprès des Mercenaires : Excusez moi messires, un Hombre doit gagner de quoi entretenir son épouse, son château et son cheval, heureusement je n'ai que le dernier.

Quelques accords, un air appliqué, de belles paroles et on pouvait séduire les cœurs et les esprits avinés.

La cape sur l'épaule, chantant avec la passion qu'on lui avait inculqué dès qu'il avait pu jouer correctement, il déambulait entre les tables, tel un ménestrel de châtelain, le lit de plume en moins.

-Et ils dansent à faire tourner leur chance, à faire tourner les heures, à faire tourner leur cœur,
Et la valse s’élance en guinguette,
Et ils tournent au rythme d’une chanson, bercés par le son d’un accordéon,
Et la valse jamais ne s’arrête.

Note finale, salut au public chapeau en main. La vie, comme un spectacle, doit continuer...
Piero Orsone da Trantio, explorateur
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

Test de charisme: 1, réussite critique!

Tu gagnes 11 pistoles.

Réactions de Piero récupérées sur Discord.
Au départ le brouhaha de l'auberge où se réunissaient ouvriers désœuvrés et artisans bloqua la voix de Piero sur un mur de bruits de quelques mètres. Rapidement pourtant le volume général baissa alors que la mandoline tiléenne berçait l'assemblée. On se tût pour écouter cet étranger à l'accent chaud raconter sa petite histoire au coin du feu. L'aubergiste, occupé à sécher des verres à bière fraichement lavés, ne put réprimer un sourire. Habituellement c'était à lui de payer pour que des artistes viennent se produire dans son modeste établissement et pour une fois un d'entre eux venait gratuitement! Et la foule, loin d'être ingrate, couvrit le chanteur de viva et d'encore tout en donnant généreusement dans le chapeau innocemment tendu. Evidemment les compagnons de caravane ne furent pas en reste et Piero put voir du coin de l'oeil Kurt et Wilhem encourager les applaudissements et donner des coups de coude entendus à ceux qui avaient des aiguilles dans la bourse.

Onze pistoles en une soirée! Une jolie somme qui prouvait qu'au fond il valait mieux taxer les pauvres que les riches: certes individuellement ils ont peu, mais ils sont si nombreux...! Avec cette somme il allait pouvoir acheter de quoi payer sa chambre, la bière et les bons repas, un peu de provision et surtout le fourrager pour Furpoil, qui en aurait grandement besoin! Et il lui en resterait plus qu'assez pour arriver à Altdorf! C'est ce qu'il croyait, du moins, jusqu'à recevoir sur ses genoux une blonde pulpeuse comme seules les régions du Nord savent en tailler. Des cuisses à briser le crâne d'un orc, des seins lourds et rembourré par la consommation de fromage gras commun en hiver, une chevelure dorée légèrement brune, deux grands yeux verts et des tâches de rousseur sur un visage certes pas des plus gracieux mais qui promettait une certaine expertise. En réalité elle faisait davantage penser à une paysanne qu'à une prostituée et sans l'était-elle en réalité. Alors que notre héros à moustache rangeait sa bourse, notre belle se saisit des siennes.


-"Dis-moi beau brun, tu penses que tu pourrais m'apprendre à chanter à moi aussi? Pour quatre pistoles tu pourras me faire leçon toute la nuit..."

La scène fit éclater de rire les caravaniers qui riaient grassement entre eux sur l'impudeur des locales et les tactiques déloyales des bonnes femmes pour se faire trousser par les temps qui courraient. Quelques gueuses ayant flairé le filon (ou ayant été informée de la remise de la solde tantôt) vinrent également tenter leur chance avec eux. Le résultat final étant que chacun trouverait chausson pour prendre son pied ce soir.

Epuisé par la nuit mais requinqué, Piero se releva de sa couche de paille pour constater la présence de la belle, nue comme à son premier jour. Son nom de Cunégonde (dite Cuné) désormais gravé dans la mémoire de l'aventurier, il put la mettre à la porte pour se préparer au départ: c'est qu'il se faisait tard et qu'il y avait des emplettes à faire avant de partir, sans quoi Furpoil allait râler! Celui-ci avait d'ailleurs profité de la nuit également pour aller manger dans l'auge de ses voisins équins. Telle bête, tel maître.
Laissant Félix et Wilburg saluer leur compagnie de la nuit, le reste de l'équipage se rendit à l'Est pour rejoindre Kalum et les Jürker qui sortaient justement les chiens. N'ayant plus rien à faire à Delberz, le convoi se mit en route avec quelques pèlerins sigmarites qui les dépassèrent bientôt. On reprenait le trajet habituel: route, forêt, auberge.

Les relais, cette fois, étaient plus présents et mieux entretenus mais surprenant bien plus barricadés que leurs homologues plus aux Nord, ce qui était étrange: le Sud étant supposément plus sûr. La première nuit dans une de ces tavernes offrit la raison de la bouche d'un chasseur local: entre Middenheim et Delberz les hommes-bêtes régnaient et habituellement ils se contentaient d'attaquer sans grande stratégie et se repliaient vite en cas de débâcle, mais après Delberz on entrait sur le territoire où les bandits humains et les gobelins étaient majoritaires. Et ces deux groupes, plus désespérés que les sabots-fourchus, n'hésitaient pas à lancer des attaques suicidaires avec une violence inouïe.

Les dieux semblaient pourtant être avec les frères éleveurs et leurs compagnons car à part quelques animaux sauvages il n'y eut aucun adversaire sur les cinq jours qu'Ulric fit. C'est au déjeuner du sixième jour, seulement, que quelque chose clocha. Le sol se mit à vibrer, les cailloux sautaient sur places, la forêt fit silence. Isolés sur la route, tout le monde s'entre-regarda, sans doute inquiet de la consommation d'alcool qui donnait de telles visions. Bien vite on se rendit compte que la boisson n'y était pour rien car apparut au-dessus des arbres, à une dizaine de mètres: une tête. Une grosse tête laide à l'air idiot et à la mâchoire pendante, juchée sur un corps énorme, grand et avec des membres fins mais démesurément longs. Des vêtements rudimentaires, des cerfs et sangliers ainsi que des cadavres humains à la ceinture et sur le pagne, un tronc arraché en main...

Pas de doute... C'était un géant!
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

 ! Message de : Un Piero Orsone prévoyant
Le post suivant contient des passages impliquant une femme et un Estalien dans leur plus simple appareil cherchant à enfiler autre chose que des colliers de perles. Si vous êtes sensible à ce genre de contenu, si vous êtes mineur ou si vous êtes un nain qui n'a pas repris Karak aux huit pics comme cadeau de mariage, ne lisez pas ce qui va suivre.
À mes parents sans qui, si ils n'avaient pas écouté le même instinct ne m'auraient jamais engendré. Image
C'était sous les ovations de la clientèle que votre serviteur ramassait cuivrées et pistoles. Serpentant avec un chapeau gonflé par le poids des piécettes.
Posant son séant sur son tabouret, ce fut avec une surprise non déplaisante qu'un autre, bien plus rembourré, se posa sur ses genoux.
Par les sirènes de Tobaro, elle est mieux roulée qu'une génoise. Et presque aussi crémeuse.
En effet, alors qu'elle s'était agrippé à ses bijoux de famille comme un percepteur des impôts marienburger aux bas-de-laine d'une veuve, les joues déjà colorées par l'alcool de l'Estalien prirent la couleur de sa cape.

-"Dis-moi beau brun, tu penses que tu pourrais m'apprendre à chanter à moi aussi ? Pour quatre pistoles tu pourras me faire leçon toute la nuit..."

Il laissa glisser sa main le long de sa nuque, caressant ses flancs avant de se perdre dans ses hanches moelleuses.
-Pour quatre pistoles tou pourras mé manier le manche comme si tu jouais pour l'Orchestre de Magritta ma beauté.

Ses ardeurs montant comme le lait sur le feu il vint lui embrasser le cou, son autre main se lovant dans son corsage. Elle est garnie comme un banquet royale la gueuse.
Sous les rires gras de ses compagnon il décolla la charmante blonde d'une sonore claque au fessier pour disparaitre avec elle à l'étage. Non sans un dernier salut au public avec son couvre-chef fétiche.
Le Tiléen n'eut même pas le temps d'ouvrir la porte qu'une bouche aussi pulpeuse que sa propriétaire se colla à ses pileuses lippes. Ses mains empoignèrent sa taille. Elle empauma la poignée de porte. Il n'y avait plus qu'elle et lui. Et un instinct aussi primale qu'appréciable.
Elle dénoua sa chemise, les prunelles brillant d'envie tandis qu'il s'affairait sur son corsage. Lorsque leurs visages se détachèrent ce fut pour quelques gloussements amusés pour l'une, quelques mots bateaux et clichés pour l'autre. Un petit "Ce soir tou es ma reine." ou un "Tu es la meilleure chose qui me soit tombé dessus depuis mon arrivée dans l'Empire." pour assaisonner une scène qui avait déjà de quoi faire fondre la glace de la Delb.
Dans une tenue aussi élaborée que celle de Taal et Rhya, nos deux amants d'un soir s'étreignirent tout en se précipitant sur le lit. Tel deux aveugles ils laissaient leurs mains découvrir le corps de l'autre. Des mains baladeuses aux doigts polissons allant se perdre dans quelques lieux que le soleil n'atteignait jamais.
Le lit était à peine plus confortable que celui de l'auberge où les patrouilleurs l'avaient conduit mais qu'importe en si gracieuse compagnie.
Son visage s'était déjà fourré dans les mamelles de la Cunégonde. La fille loin d'être pudibonde s'était assise sur lui. Tandis qu'elle se redressait et que son nez quittait à regret son bustier, Piero se cramponna à deux mains sur son assise rebondi. Elle serait la cavalière, lui serait le canasson. Un jeu qui se poursuivit un bon moment dans des râles gutturaux et un changement de position rendant hommage à son pays de naissance. En effet le Trantien finit par trousser Cuné sa blonde a pecorina.

Le soleil matinal dardait ses rayons dans les failles du volet. Sous les épaisses couvertures et les draperies, deux corps chauds s'étaient blottis l'un contre l'autre. Pour ces sourires que je n'ai point oublié...
L'aventurier sourit en regardant sa douce, lové contre lui. D'un petit geste il lui caressa son petit nez retroussé et ses taches de son. Elle entrouvrit les yeux. Un baiser. Comme il aurait voulu que ce moment dure une éternité. Lui en elle. Elle à ses côtés. Il sentait sa poitrine se gonfler et se creuser au rythme de sa respiration. Cunégonde bredouilla quelque chose. Il lui pinça le joufflu. À défaut de décrocher la Lune il pouvait encore l'effleurer. Elle répondit par un camouflet léger. Les deux rirent à l'unisson. Ces soupirs glissés au creux de l'oreiller.

Elle finit par se lever pour prendre sa toilette avec un pichet d'eau et une plaque de métal pour réfléchir son portrait que tout peintre de Tilée aurait voulu immortaliser tant il mêlait malice et innocence pastorale. Piero admira la vue jusqu'à ce que la belle rhabillée lui offre un dernier câlin avant de sortir.Quelques baisers sur mes joues brunies, de beaux minois qui se sont évanouis.
Sa propre toilette accomplie et ses joues rasées, il termina de se préparer avant de sortir de la chambre qui semblait si accueillante. La vie reprenait.
Le fourrage acheté, l'équipe de choc retrouvé, les regards complices échangés, ils reprirent leur route vers la Cité des Unberogens. Son quotidien ne changea guère. Forêts lugubres, froid intense à en perdre quelques bouts, auberges sentant les braies et l'alcool frelaté. La vie de bohème quoi. Mais un jour alors qu'il mangeait sa cuillerée de lentilles, l'Estalo-Tiléen manqua d'avaler de travers. La terre tremblait. Son visage passa d'un beige caramélisé à un blanc de bidet en porcelaine en apercevant le monstrueux géant. Le combattre était un suicide certains. Leurs lames et son pistolet ne seraient que piqure de vermine pour un colosse aussi contrefait. À voix basse et à grand renfort de gestuelle il incita les autres membres du groupe à s'abriter sous le couvert des arbres. Il fallait prier tous les dieux des Hommes pour que la brute titanesque s'éloigne de leur position. Le feu. Il fallait éteindre à grand renfort de neige le foyer de cuisson. Il pria et attrapa un morceau de neige aplatie par les passages répétés pour le jeter dans le foyer.
Piero Orsone da Trantio, explorateur
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

Test d'INI pour se cacher: 4, réussite.
Il y eut un court mais intense moment de flottement avant que Piero et Furpoil ne se carapatent dans la forêt, suivis directement par les autres humains! Le chariot seul, avec sa cargaison étonnamment silencieuse, resta au milieu de la route à attendre sa mort prochaine. Le géant se gratta la tête en observant les bois, dans une parodie de chasse à la courre. Accompagné de air idiot, son regard passa d'un arbre à l'autre, puis, déçu, il partit pour se retourner dans la direction des caravaniers! Une ombre bougea alors à l'orée de sa vision, lui faisant tourner la tête avec un hurlement d'impatience. Il se lança à la poursuite de la chose mouvante qu'il rattrapa en quelques enjambées, jetant à terres quelques frêles sapins et ifs, avant de la battre au sol avec sa massue rudimentaire, créant de véritables remous sismiques! Impossible depuis le point de vue de Piero de voir qui était le malheureux qui finissait en crêpe mais les brames de peur et de souffrance ne laissaient que très peu de doute sur le sujet. Pourtant ce cri avait quelque chose d'humain, de trop humain. La peur, la douleur, notre héros les avaient déjà entendus chez les Sabots-Fourchus qu'il avait tué, mais jamais si expressifs: la terreur pure.

Une poignée de secondes suffit à tuer la pauvre bête qui fût ensuite récupérée par le géant qui la mâchonna en s'éloignant, produisant d'horribles bruits de bouche et de mastication qui s'entendait à des dizaines de mètres à la ronde. Finalement il rota bruyamment et balança les restes du cadavres en arrières, qui tombèrent non loin du chariot, entre deux branches d'arbres: un bouc de tronc sans tête avec des moignons de membres. Après un petit moment et un vomi de Wilhem, l'ensemble se remit en route. Les chiens, toujours tétanisés, ne produisirent pas un son pendant des heures, ce qui calma d'ailleurs les nerfs d'un Furpoil déjà bien mis à l'épreuve.
Heureusement le voyage touchait à son but! D'après les frères, qui reconnaissaient le coin, il ne restait plus que six jours de voyage: on touchait au but! Et les quatre suivants furent d'ailleurs bien plus positifs que d'autres: le chariot rencontra un nombre assez significatif d'autres voyageurs qui se rendaient vers Delberz ou au contraire migraient vers Altdorf pour travailler dans les ateliers jusqu'à la fin de l'hiver, qui viendrait vite. Souvent des gens à moitié honnête d'ailleurs, ou des pauvres à la recherche d'une vie meilleure qui n'osèrent pas trop s'approcher de ces mercenaires décidément bien trop armés à leur goût. Sans doute parmi cette cohorte de civils trouverait-on, en cherchant bien, quelques gibiers de potence... Mais qui allait vérifier? Malchance toutefois: à cause d'un rythme mal calculé le groupe se trouva plusieurs fois forcé à dormir à la belle étoile, ce qui fût l'occasion pour chacun de parler un peu au coin du feu avant de se rendormir, en espérant garder tous leurs orteils durant la nuit. Ils étaient au Reikland à présent et plus rien ne pouvait leur faire peur!

C'est au moment du départ alors qu'il ne restait que deux jours que devait se produire l'accident destiné à les détromper, ces malchanceux. Alors que les hommes traversaient un énième bosquet boisé comme ils avaient pu en voir des centaines durant ces quinze derniers jours, ils trouvèrent un quatuor d'hommes sur la route. Ils étaient mal vêtus, mais toujours plus richement que les hères de Middenheim, armés de gourdins et de coutelas, l'air patibulaire de celui qui veut absolument avoir l'air menaçant. Au-devant un gaillard un peu plus costaud avec des habits pas plus riches mais parcouru de poches et de ceintures d'où émergeaient des poignards. Il s'exprima fort et clair:


-"Hola, voyageurs! Vous entrez sur mon domaine et il va vous falloir vous acquitter d'une taxe! Je suis Tal le Bourreau, craint jusqu'à la cour impériale, et j'exige de vous dix couronnes par tête!"

Il laissa les mercenaires dégainer leurs armes en riant de manière sonore pendant que les frères s'étouffaient d'une telle somme: absolument énorme!

Test de perception de Piero: 1, réussite critique.
Un coup d'oeil rapide vers les arbres nus confirma à Piero que trois autres bandits, armés d'arcs ceux-là, attendaient sur le bord de la route, prêts à frapper. Que pouvait-il faire dans cette situation?
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

Comme le prince-marchand au palais assiégé par une foule enragé brisant porte après porte, comme le yeoman bretonnien attendant la charge fatidique des orques, Piero ne pouvait penser qu'à une chose : Jusqu'ici, tout va bien. Jusqu'ici tout va bien.

Pratiquement en apnée, les mains tremblantes, il observa les autres caravaniers. C'était parmi les plus longues minutes de toute son existence. Et pourtant il avait dû faire tenir un œuf sur son nez pour gagner une brioche aux raisins un jour. Il tourna la tête avec un regard fou en entendant les hurlements s'échapper des fourrés au loin. Le géant avait trouvé une autre cible. Une cible contrefaite, velue, mais visiblement à son goût. Ces rugissements, ces brames. Des lucioles s'agitèrent devant ses yeux. Le Nordland, les sacrifices. Ses genoux dansèrent la tarentelle.
Une masse tomba, brisant les branches pour exploser mollement dans un bruit mou. Un gor mastiqué à moitié par une brute de dix mètres de haut. Il en fallu de peu que l'aventurier rende ses trois derniers repas. Wilhelm n'en eut pas pour si bon compte. Piero lui tapota le dos avant de récupérer un Furpoil aussi nerveux que son maître.

On retourna heureusement bien vite à la monotonie du voyage. Lentilles, routes, auberges, nuits à la belle étoile lui ayant confirmé l'utilité d'une tente. La présence accrue de voyageurs lui rappela avec un certains réconfort qu'il restait un monde en dehors des quelques points retranchés de civilisation. Après plusieurs semaines dans l'hiver ulricain, la simple vue des bûcherons avait quelque chose de jouissif. La vie reprenait, le printemps succèderait à l'hiver comme le disait morouène...

Plus que deux jours semblait-il. Deux jours avant Altdorf la grande, les régions civilisés. Plus que quelques semaines et par chance il atteindrait la Tilée. Après ça se serait ce serait le premier printemps du reste de sa vie.

Par les bourses de Ranald.

Tant de fois en dix ans il avait été à la place de ces gens. De ces ruffians crasseux aux sourires dix carats. C'était un automatisme. Ils n'étaient que cinq. En comptant les frères Jürker ils étaient huit. Aucun bandit n'attaque en sous-nombre. Ils sont, nous sommes, une bande de charognards.
Piero tourna la tête, plissant les yeux. Droite, gauche. Fourrés. Bingo. Archers.
Bon. Vite. Bien. Technique dangereuse... Prions.

Il attrapa sa grenade et son pistolet. Jetant la première sur les archers avant de tirer sur le plus proche. L'Estalo-Tiléen gueula : Lâchez les chiens ! Ils ont des archers !
Par Myrmidia. La boucherie pouvait commencer.
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

Le cri de Piero surprit tout le monde, mais pas de la même manière. Là où les mercenaires se tinrent sur leurs gardes es brigands des bois, surpris d'avoir été repéré aussi facilement, se penchèrent un peu pour voir qui était ce fin limier à l'oeil si aiguisé! C'était l'opportunité attendue par Piero pour en cueillir un au pistolet!
Jet de grenade sur les archers: 5 dégâts à deux archers.

Tir en direction d'Archer 1 (malus de -2): 7, réussite de justesse!

Archer 1 subit: 49 points de dégâts. Il lui reste 6 Pvs. Localisation: Tête. Il est sonné.

Les archers décochent sur les mercenaires, une réussite sur Wilhem.
Le projectile fit mouche, droit dans la tête du bandit dont il arracha la joue et une partie de la mâchoire. Un cri terrifiant s'échappa de la gorge du malheureux qui tomba à genou dans une neige tapissée de rouge et trouée de bouts de chair. Le criminel le plus proche de lui tenta de voler à son secours mais se ravisa vite, conscient de la menace que représentaient les mercenaires! Piero profita de leur doute pour descendre à cheval et charger ces tireurs qui le mettaient en joue! Devant lui, Kalum, Kurt, Félix et Wilburg s'avançaient, l'arme en main et l'air féroce, prêts à en découdre, pendant que Léonard Jürker sautait du chariot pour récupérer un ou deux gros molosses. Frédérick, moins actif, se contenta d'attraper une lourde matraque et de se placer défensivement près du chariot. Wilhem, blessé par la flèche à la jambe gauche, cassa la hampe du projectile dans un râle de douleur:

-"Bordel ça m'troue!"

Serrant les dents, dégainant une épée qui criait sa soif de sang, il s'élança à la suite d'un Piero descendu de cheval. La bataille entre Tal et Kalum débuta alors que les archers tiraient en direction de leurs assaillants directs. Un combat s'engagerait ensuite.
Tour 0:

Archer 2 tire sur Piero: 8, réussite. Localisation: bras droit. Piero subit 14 points de dégâts. Il reste 51 Pvs à Piero.
Archer 3 tire sur Wilhem: 18, échec.

Tour 1:

Ordre de combat: Wilhem - Archer 1 - Archer 2 - Archer 3 - Piero

Wilhem attaque Archer 1: 6, réussite. Parade d'Archer 1: 5, réussite. Archer 1 subit 13 points de dégâts. Archer 1 est mort.

Archer 2 attaque Wilhem: 14, échec.

Archer 3 attaque Piero: 9, échec.

Piero attaque Archer 3: 3, réussite. Parade d'Archer 3: 9, échec. Archer 3 subit 28 points de dégâts. Il reste 27 Pvs à Archer 3.

Tour 2:

Wilhem attaque Archer 2: 10, réussite. Parade de Archer 2: 20, échec critique, il perd son arme. Archer 2 subit 34 points de dégâts. Il reste 26 Pvs à Archer 2. Test de courage: 20, échec critique. Il s'enfuit en hurlant...

Archer 3 attaque Piero: 12, échec.

Piero attaque Archer 3: 16, échec.

Tour 3:

Wilhem attaque Archer 3: 19, échec.

Archer 3 attaque Piero: 8, réussite. Parade Piero: 1, réussite critique, dégâts annulés.

Piero attaque Archer 3: 3, réussite. Parade d'Archer 3: 9, réchec. Archer 3 subit 31 Pvs. Archer 3 est mort.
Vite fait, bien fait, net et sans bavure! A eux deux Wilhem et Piero avaient montré à ces vauriens la valeur des caravaniers impériaux! Deux corps gisaient dans la glace écarlate et le troisième, largement blessé, irait crever à l'ombre d'un arbre endormi, indifférent à son malheur. En bas, quand on constata la débâcle des archers, le dénommé Tal ordonna la retraite. Avant de partir, toutefois, il lança à Kalum un bon coup de hache qui lui perça l'armure, lançant une gerbe de sang dans l'air. Le sergent d'armes tomba à genoux, blessé et la main sur la plaie mais bien vivant. Les molosses lâchés furent lancés à la poursuite des brigands et finirent même par en attraper et égorger un droit au sol alors que les autres filaient dans les bois.

Les mercenaires n'étaient pas dans un si mauvais état en réalité. Ces brigands étaient mal formés et mal équipés, ne pouvant rivaliser avec l'entrainement sérieux et la qualité d'acier des lames-à-louer. De même ils n'avaient pas été assez nombre pour représenter une véritable menace, comptant sans doute sur l'effet de surprise de leurs tireurs pour prendre l'avantage en cas de combat. A une observation près cette bataille aurait pu être bien différente.

On se remit alors en route, bandant les blessures comme on le pouvait. Bientôt viendrait Altdorf et avec elle de vrais soins...
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

Quelque part aux alentours de Pavona, 2514

Le soleil abêtissait les Hommes et les chevaux. Une longue journée de route avant la vue salutaire des murailles pavonaises. Le cocher regarda tour à tour les cavaliers de l'escorte. Ce n'était pas des gaillards très causants. Des brutes du Nord, Impériaux peut-être. Kislevite à l'odeur, faut dire que les canassons ça le connaissait. Mais ce vieux Simone était aussi sûr d'autre chose. Les bois qui bordaient la cité aux ponts grouillaient de nuisibles.

Allongés dans l'humus, les deux jeunots observaient la route au travers des buissons de laurier.
Entre leurs deux corps à peine pubère se tenait sur un genou leur infatigable mentor. Fantini s'était barbouillé de suie avant de laisser ses apprentis en faire de même. Son plan devait se dérouler à la perfection. Rodé comme une machinerie de Léonardo di Miragliano.
-Observez bien, Hélène, Piero...Et vous n'agissez que quand je vous en donne l'ordre.
Un gamin maigrichon à la longue crinière noire opina du chef. Déjà les deux diligences et leur escorte émergeaient dans son champs de vision. Le convoi fit halte. Un chariot de paille à l'essieu brisé sur leur route. Deux paysans. Mais les soldats ne peuvent savoir que c'est Rubio et Tonio Martello. Tout se passe bien. Deux soldats grognent lorsque le cocher les envoie soulever le chariot avec les paysans. Dans le bosquet d'en face ça s'agite aussi. Et la curée va pouvoir commencer. Des fourrés les flèches fusent sur les gardes. Les moins chanceux tombent sur le sol en beuglant.

Les montures s'agitent. Les bandits se jettent comme des loups affamés. Pedro de Novosso enfonce son épée dans le torse de l'officier. Fantini fait un geste. Hélène et Piero hurlent en tapant sur des casseroles. Les mercenaires se démènent pour calmer leurs chevaux. Les Grands frappent. Les Jumeaux sont déjà en train de braquer la porte de la première diligence avec leurs espingoles. Dedans ces nobles tant honnis par le chef de la bande doivent paniquer. L'embuscade marche. Simone a attrapé son tromblon pour un dernier baroud d'honneur, mais, il sent une vive douleur dans la gorge. Il sent sa trachée se remplir de sang. Ses doigts s'engourdissent. Son arme tombe. La flèche tirée par Fantini vient de l'envoyer auprès de Morr au prix d'une longue agonie.
Les bandits achèvent les gardes blessés, les deux adolescents se ruent sur le second véhicule. La gamine châtain sourit à pleine dents un peu tordue en retirant l'attache. Un butin. Un butin comme aucun enfant des rues de Trantio ne pouvait imaginer. Ils se précipitent avec leurs doigts fébriles pour empocher les pièces d'or et d'argent.

Fabrizzio les fait dégager comme une nuée d'oiseaux dans son champs. Non sans soupirer en les voyant déguerpir avec une cassette en bois précieux.
Fascinés, indifférents aux Grands qui dépouillent les morts et les chariots, Piero et Hélène ouvrent la boite. Deux pistolets de duel sont disposés dans l'écrin. Deux armes ouvragées, à la crosse en ivoire. Tandis qu'on charge les chevaux du magot dérobé au prix du fer, ils se regardent. Chacun empoigne un pistolet avec un regard de défi. Comme deux faces d'une seule pièce. Devant le noble et sa famille agenouillés, une Serena exaltée déclamait leur sentence imminente. Car la seule chose pire que des bandits étaient des bandits se parant d'une mission. Hélène et Piero n'en avaient cure. Ils observaient leur dernière acquisition tout en laissant leurs mains libres s'entremêler.

Partie méridionale de la Drakwald, de nos jours

La grenade explosa dans les fourrés. Comme un hidalgo bilbalien ou un pistolier reiklander, l'aventurier à chapeau brandit son arme en direction du méprisable faquin. Quelques instants pour ajuster sa visée et il tire. Le plomb lui emporte un bout du visage. Déchaîné, l'Estalien ne se préoccupe plus que de ces trois-là. Un instinct sauvage s'est emparé de lui. Il bondit, sabre au clair. Et il se rua sur eux. Une flèche lui érafla le bras, emportant une partie de sa manche avec la plaie sanglante qui s'empressa de dégueuler sur le coton gris de sa chemise. Dépassant un Wilhelm blessé, Piero se précipita à la rencontre d'un des archers. Il ne lui rappelle que trop bien le faciès de tous les brigands qu'il avait connu. Cette face lorsque votre plan se plante lamentablement. Comme une panne au bordel, comme une mer sans vent, comme une prière sans foi.
Il frappa. Son sabre déchira le cuir, le tissu et la viande. Wilhelm acheva prestement le plus blessé de la brochette d'archers. Le visage de son adversaire se déforma de douleur. Pour seul réponse il avait le regard fou de l'homme au chapeau à plumes.
Les lames se croisèrent, s'entrechoquèrent. Wilhelm mit en déroute l'autre bandit. Une frappe verticale du dernier archer manqua de fendre le crâne de notre méridionale préféré. Maisdu plat de son sabre il dévia le coup. Sa botte décolla en direction de l'entrejambe de l'archer. Il se plia en deux sous la douleur, donnant l'angle parfait au Diestro pour enfoncer son sabre au travers de sa glotte.

Tout en retirant sa lame du corps encore chaud du brigand, le brigand repentis se tourna vers Wilhelm. Leurs blessures respectives étaient douloureuse mais des soins dignes de ce nom les remettraient d'aplomb. Il tendit sa flasque d'alcool fort. De quoi célébrer leur coup d'éclat. Au loin un bandit hurlait à la mort tandis que les chiens lui déchiraient les membres. Ce soir là tous les bandits de la Drakwald réfléchiraient à deux fois avant d'attaquer des vendeurs de molosses.
Les blessures bandées. Il ne restait plus qu'à filer droit vers la Cité des Empereurs. L'adrénaline retombant, le Sudiste resta silencieux pour la soirée. Sa propre aisance à la violence le terrifiait encore, même après tout ce temps, même après tout ces cadavres sur le bas-côté des routes du vieux monde.
Modifié en dernier par [MJ] Le Djinn le 17 juil. 2020, 11:59, modifié 1 fois.
Raison : MAJ XPS! +80 Xps
Piero Orsone da Trantio, explorateur
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Avec modifications : For 10 | End 9 | Hab 7 | Cha 9 | Int 8 | Ini 9 | Att 8 | Par 7 | Tir 9 | Foi 0 | Mag 0 | NA 1 | PV 21/70
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