[Piero] Partir, c'est mourir un peu

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Dès sa fondation par le dieu guerrier Sigmar, l'Empire a dû faire face aux invasions et aux guerres civiles. depuis plus de deux mille cinq cents ans, il survit néanmoins aux périodes de trouble et aux batailles grâce à la bravoure et à la discipline de ses armées

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[MJ] Le Djinn
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

Avec une sacrée gueule de bois et un ventre rendu malade par l'ingestion rapide et accélérée d'un trop grand nombre de nourriture alors qu'il n'était plus habitué, Piero se réveilla. Les aboiements puissants des chiens avaient d'ailleurs aidé dans cette tâche, les canidés se trouvant de si bonne humeur que toute l'auberge affluait en même temps vers la salle principal, sortis du lit par le boucan. Les cernes sous les yeux des présents témoignaient d'un sommeil bien trop court à leur goût ainsi que la fatigue du voyage qui avait profité de la nuit pour remonter des jambes vers le crâne. Qu'importait, il fallait partir! On mangea de la soupe à l'oignon avec du pin et du vin si aigre qu'on aurait pu s'en servir pour préparer une salade. Le repas pris dans un calme relatif, il fallut se décider sur les groupes qui partiraient et de leur ordre.

Un observateur extérieur aurait pu s'étonner de l'entente qui régnait entre des voyageurs qui ne se connaissaient ni de Taal ni de Rhya, mais tout habitué des routes impériales savait que la proximité d'alliés était un corollaire à la survie. En effet, si les convois pouvaient ainsi doubler ou tripler de taille en une seule nuit par l'action de regroupement de différents groupes, ce ne serait pas le cas des potentiels assaillants. Il était chose connue que les bandits comme les bêtes ou les gobelins vivaient éparpillés dans les bois, chacun ayant son propre tronçon de route et n'aimant pas le partager avec les autres, de plus les alliances entre ces races étaient plus que rares voire inexistantes. En définitive, on risquait bien moins à marcher avec des inconnus nombreux qu'à tenter sa chance en petit comité.
Les patrouilleurs remonteraient donc vers Middenheim avec les maîtres-chiens et leur garde, accompagnés également des aventuriers, qui se sépareraient d'eux une fois à la Cité du Loup pour atteindre leur destination finale: Talabheim. D'ailleurs lorsque Piero demanda aux frères Jürker s'il pouvait les accompagner durant leur périple à travers l'Empire, ceux-ci ne firent pas les fines bouches:


-"Quoi? Un grand gaillard comme vous veut pas courir la route tout seul? Ahaha! Allez, on peut vous prendre, on a eu des gains, pas vrai Frederick?"

-"Mais oui Léonard! On vous paie le gîte et le couvert et vous aidez à défendre avec nos gars et surtout l'sergent Kalum qui vous expliquera! 'Scusez mais on peut pas faire tellement plus, on connait pas votre valeur..."

Un hochement de tête positif de Marsick confirma qu'il avait entendu et pris note de l'engagement. Même s'il était trop tôt pour dire qu'il s'était attaché à Piero, il semblait être le genre d'homme à se soucier réellement du bien-être des gens qu'il croisait et surtout qu'il sauvait. D'un autre côté, le chef des gardes Kalum semblait plus taciturne, plus dans le cliché du mercenaire qui se bat pour l'argent et qui ne fait pas grand cas du reste. Il menait sa petite troupe avec une voix autoritaire, mais avare de mots. Quand Piero vint le trouver, il se contenta de lui dire:

-"Ouais, ouais. Tu restes éloigné des chiens et tu gardes la main sur ta lame, ce sera tout."

Et ce fûrent les deux phrases les plus longues qu'il prononça dans toute la journée. Pendant ce temps les commerçants chargeaient les deux carioles tirées par des bœufs, une pour les chiens, une pour le matériel divers et le reste. Les aventuriers, avide de bonne action ou espérant quelques sous, aidèrent à la manœuvre, provoquant l'ire des chiens qui aboyaient tout leur soûl sur ces intrus qu'ils n'avaient jamais vus. Vers dix heures donc ce fût une forte troupe qui se mit en route pour un voyage de trois jours environ. Les jeunes héros, braillards et fêtards, riaient d'avance sur les exploits qu'ils allaient accomplir, les gens qu'ils allaient sauver et comment ils allaient s'en tirer à bon compte chez les marchands d'équipement. Les gardes, patrouilleurs comme caravaniers, les regardaient avec l'air désespéré des adultes envers les enfants turbulents.
La route se révéla sinon très morne et répétitive. Le nez absent de Finn produisait toujours sa mélopée de flûte quand il respirait, provoquant le seul bruit en dehors du pas des bêtes sur le sol gelée ou les claquements de dents des combattants refroidis. A ce rythme ils n'étaient pas prêt d'arriver, mais au moins à une vingtaine d'individus quasiment, il n'y aurait aucun risque.

Et effectivement, le soir finit par venir et, les pieds endoloris, le convoi trouva refuge dans une petite clairière sur laquelle on établit rapidement un feu de camp. C'était une journée normale, classique, peut-être même trop. Ainsi, on commença à s'interroger sur ce que le jour réserverait...
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Piero Orson
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

Haaaaan...Pourquoi ça gueule aussi tôt un clebs ? Ça résonne plus fort que les cloches de Bilbali bon sang... Oh non, le guet ?! Dans un état comateux digne des soirées les plus orgiaques des grandes villes de ce monde, il tâtonna sur son matelas. Pas de jouvencelle pervertie, de fille de Graf ou de femme de marchand. Bon...Allez. Un...Dos...Tres...
Il grogna tout en s'asseyant sur le lit avant de s'étirer en baillant à s'en déboiter quelque chose. Virginale déesse, une nuit dans un matelas digne de ce nom ça manquait. Une brève toilette plus tard il descendit les marches en frisottant sa moustache. L'hétéroclite clientèle s'était rassemblée autour d'une tablée. Du vin, un peu de pain dur...Et de la soupe à l'oignon. Pourquoi dieux cruels pourquoi ?

-La soupe à l'oignon le vrai déjeuner des champions !

L'aventurier leva la tête de son bol pour lancer un regard noir comme une nuit sans lune à l'apprenti héros en face de lui. Jamais de sa courte vie n'avait-il eu l'envie si pressante de fracasser quelqu'un contre une table en bois d'aussi bon matin. Jamais.
La collation ingurgitée, les affaires préparées et les engagements engagés, il se retrouva face à l'avenant Kalum. Entre les mercenaires les gardiens de chenils et les patrouilleurs, l'Empire ne manquait décidément pas de brutes à la gueule en biseau.
Jamais bien loin de son sabre il suivit la procession toute la journée. Le paysage alternait entre sapins et bouleaux, chênes et épicés. De temps en temps il se tournait vers un des patrouilleurs dont la monture avançait au pas pour demander l'histoire de tel ou tel ruine bordant la route. Ici c'était une fermette teutogen, là un ancien relais brûlé par les troupes d'Archaon, un fortin abattu par les hommes-bêtes, un village dévoré par la corruption rampante. Le Middenland avait vraiment tout pour plaire.

Le problème quand vous voyagez sans embuche, c'est que c'est long. Piero essayait de trouver la mélodie en sifflotant pour sa prochaine idée de chanson. Sur un contrebandier et ses déboires avec la mer. Les grandes villes et leurs auberges seraient un bon moyen d'ajouter quelques sous dans son escarcelle avant de retourner sur des terres plus tylosi. Si jamais il décidait à rentrer pour de bon.
Lorsque le convoi s'arrêta pour la nuit cette pensée le tourmentait encore : Rentrer, mais où ? La Tilée était grande et grandes étaient ses villes. Et il était partit si longtemps qu'il reviendrait en étranger. En fils prodigue d'une nation qu'il avait fuit dès l'instant où son libre-arbitre se formait dans son esprit adolescent. L'Estalie ? Un père mis à part, et qu'est ce qu'un père tout compte fait lorsque l'on ne l'a jamais connu, il y était là aussi étranger. Certes les occasions ne manquaient pas. Il y avait là bas assez d'hommes prêts à partir pour le nouveau monde pour peupler deux Lustries, et assez d'hommes prêts à les remplacer auprès de leurs épouses laissées aux ports pour repeupler trois fois le pays. Mais il y avait la guerre, il y avait les rois fous de pouvoir ou plus littéralement fous. Les noblesses qui guettaient ça depuis leurs cours. Bref, Estalie, Empire, Tilée, cela restait des terres d'hommes et les hommes étaient faibles. Intrinsèquement. Lui même, il était faible. Mais si vous montre votre faiblesse vous ne passez pas la nuit. Comme les chiens de chasse des frères Jürker, si vous mettez un bichon, ils le bouffent, hommes ou chiens, ça ne change pas trop mis à part la pilosité et le nombre de pattes.
L'aventurier se proposa pour le premier quart. Le sol de la clairière sera moins confortable qu'un matelas.
Piero Orsone da Trantio, explorateur
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[MJ] Le Djinn
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

Les crépitations du feu de camp s'égrenait joyeusement dans la pénombre de l'hiver.

Devant ce feu, Piero pouvait réfléchir à sa vie, contempler ses œuvres, ses petites lâchetés, ses erreurs, ses compromis honteux qui revenaient nous hanter quand la tête tombait sur l'oreiller, le soir venu. Ces moments étaient les pires, peut-être, ceux où il n'y avait rien pour nous occuper l'esprit, rien pour nous divertir de l'instant présent. Alors les souvenirs enterrés revenaient à la charge, tels des cavaliers démoniaques venus briser le moral et la beauté du passé. Les moments les plus honteux se présentaient devant les yeux comme un théâtre vivant animé par quelque saltimbanque, les choses que l'ont souhaitait recommencer arrivait au grand galop avec leur suite de regrets.

Tel était l'effet de la nuit et du feu de camp, dans le domaine d'Ulric.

Et la forêt autour? Calme, bercée par le hululement des hiboux et les bruits de pas des daims dans la neige. Il y eut bien une fois ou deux où Piero put observer des formes à l'aspect haut et large bouger dans les frondaisons nues, mais aucune ne tenta de s'approcher. La stratégie du grand nombre faisait effet et aucun pillard ne tenterait sa chance avec un ratio des forces aussi désavantageux, même en comptant l'effet de surprise. Tels étaient les bandits et les bêtes: lâches et veules, sauf quand ils avaient l'avantage. Même les chiens, enfermés dans leurs cages mais l'oreille attentive, dormaient à poing fermé tant l'absence de danger était claire.
Au petit matin, les frères éleveurs profitèrent du petit déjeuner pour les promener sur la route, un par un et bien tenu en laisse! Les animaux, soi-disant meilleurs amis de l'homme, avaient plus de points communs avec un ours enragé qu'avec l'humanité, preuve s'il en fallait une que mauvais traitement et entrainement intensif leur avaient inculqué l'envie de tuer.

Après une heure de promenade environ et une dizaine de mulots déterrés et dévorés vivants, le convoi put se remettre en route. La plupart des voyageurs avaient mal dormi sur le sol froid et les couvertures insuffisantes, mais il fallait s'y faire. Au moins un grand soleil éclairait la forêt pour ce deuxième jour de voyage et, à défaut de voir tous ses rayons traverser les branches, il avait au moins le mérite de mettre du baume au cœur. Cela dit, comme le précisa Marsick:


-"J'espère juste qu'il ne fera pas plus chaud. Manquerait plus qu'on fasse le voyage dans de la neige fondue et boueuse."

Et il était vrai qu'autant marcher sur ce lourd tapis était une chose, autant piétiner dans la boue en était une toute autre. Heureusement la chaleur se maintint à même niveau et le trajet put continuer sans encombre. Le seul événement intéressant de la journée fût la rencontre d'une cohorte d'environ cinquante flagellants. Ils battaient la route en hurlant à la victoire finale de Sigmar et que le Middenland devait abandonner les anciens dieux au plus vite sous peine des pires châtiments. Ils n'ennuyèrent pas le convoi longtemps, mais suffisamment tout de même pour que Piero puisse remarquer leurs plaies. Certains s'étaient plantés des clous sur le crâne qui leur faisait comme une crête grise, d'autres avaient plantés à grand coup de punaises des pages entières de livres saints tels que La Pérégrination ou Les Testaments sur leurs paumes, afin que chacun puisse lire la parole de Sigmar. D'autres se fouettaient tant et si bien que leur dos n'était plus qu'une crevasse rouge et brune alors que les plus inspirés se poignardaient littéralement dans les chairs en hurlant des priières.

Mais s'il y avait bien quelque chose que tous avaient en commun, c'étaient leurs yeux fous et leur impression de démence. Ce regard veiné de rouge et de bille jaune, les lèvres déformées par le froid et la douleur, car ils allaient presque nus dans la neige.

Quand on se posa dans une autre clairière le soi venu, plus personne ne souhaitait en reparler...
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Piero Orson
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

C'était l'hiver si loin au nord
Là où les chevelures sont d'or


Après une nuit guère confortable, le brigand des Appucinis était occupé à raser les poils durs qui s'entortillaient sur ses joues rougies et son menton.Torse nue, son miroir de poche posé contre une caisse du chariot, il essayait de trouver le tempo d'une nouvelle chanson. Une énième idée lui effleurant l'esprit comme le froid effleurait sa peau.

Et la neige recouvrait tout
J'étais si seul et sans le sou


Les gens déjeunaient du pain bis, des rations sèches et dures, comme les visages renfrognés des Mercenaires. Cochers, aventuriers, marchands, patrouilleurs. Une véritable bande comme au bon vieux temps. Ça sentait fort, ça fumait, ça crachait. Tout en renfilant sa chemise il se retrouva nez à truffe avec l'un des monstres qu'on appelait par politesse "chien". Ces saletés baveuses avec plus de crocs qu'un reptile des terres du Sud tiraient sur leurs laisses avec la férocité d'un Kislevite en manque de Kvas. Par Myrmidia il allait falloir se coltiner ça jusqu'au bout de l'Empire...Vogue la galère comme on disait à Luccini.

Les Middenlander s'occupaient de leurs chevaux. Ça au moins c'était un animal respectable. À moins d'être assez con pour se retrouver face à une charge de cavalerie ils ne veulent pas vous faire de mal. Pas vrai mon beau ? pensa l'aventurier en caressant l'encolure drue du trotteur.



Moi prince des Vauriens
Et dans ce glacial écrin
J'ai trouvé mieux que l'or
C'était une flamme au vent
Elle m'a consumé un instant


Et ils avaient repris la route. Le soleil donnait un peu de lumière au ciel pâle comme les yeux des Impériaux. Mis à part les bêtes et les reniflements il n'y avait pas de discussion. Après tout le seul mot d'ordre de cette étrange alliance était d'atteindre Middenheim.
Cependant l'air se chargea des bruits, le fracas assourdissant d'une cohue, comme si une armée avançait à leur rencontre. Et cette odeur. Des remugles. Il plaça son foulard sur son nez. Ça sentait comme les bas-fonds d'une ville, comme le charnier dans lesquels les chiens se disputent la viande avariée. Ça sentait la misère la plus crasse. Et il s'était pas trompé.
Les fanatiques n'avaient d'homme que l'apparence et même cette dernière était répugnante. Les chiens s'étaient hérissés dans leurs cages devant cette marée de débris religieux. Lui s'était rapproché du chariot de matériel pour être sûr de ne pas se prendre un coup inopportun de ces tarés.
Le Peuple de l'Empire quand il abandonne tout ses oripeaux...
Ils agitaient leurs mains aux doigts trop long et trop noueux, ces pages saintes brandies comme les étendards d'un ost de mercenaires...
Comment un tas d'affamés à moitié crevés par leurs blessures, le froid et la faim pouvaient continuer à avancer. Décidément l'Homme resterait un mystère. Ces pauvres hères fanatisées ne devaient plus rien avoir, si ce n'est leur foi et cette égoïste volonté de ne pas être seul.
Une fois loin de ces misérables, l'Estalo-Tiléen pouvait constater une chose : Même les Fils de l'Empire n'étaient pas bien en présence de ces fous. Sancta Myrmidia...

Et à nouveau le camp fut installé. Une fois les préparatifs achevés et la popote en train de chauffer, le Trantien se posa avec quelques mercenaires pour jouer aux cartes. Les lourds accents se croisaient comme les cartes. Il cassait un peu la glace avec ceux qui étaient soudainement devenus ses collègues de route.
Plus tard dans la soirée, cherchant un coin tranquille, le fils du Sud trouva un bouleau sur lequel exercer ses propres interrogations religieuses. Prenant son arme il tailla un symbole simple sur l'écorce. Un trait vertical, la lance, un cercle en son milieu, le bouclier.
S'agenouillant dans la neige, retirant chapeau et cape, uniquement sa chemise, ses chausses et ses armes, il pria. Le poing contre le cœur, l'avant bras parallèle au sol. Ses paupières se fermèrent et il resta comme ça longuement.

-Oh Myrmidia, mère de Tylos. De Portigelle à Monte Castello tu nous guides. Myrmidia déesse des Batailles, je suis ton serviteur. Aujourd'hui comme depuis ma naissance. Aujourd'hui et jusqu'au jour où Morr ton père me rappellera dans son jardin. Oh Bellona Myrmidia, guides nous dans ces contrées si lointaines. Protèges ces fidèles des Anciens comme des Dieux nouveaux comme tu protèges tes enfants. Je te jure de ne croiser le fer qu'avec les ennemis de l'Humanité et les Hommes qui agissent de concert avec eux. Je te jure de faire face au Mal avec courage et abnégation. Je te donne encore une fois ma vie. Je te jure une nouvelle fois la Fidélité qui t'es due.

Réajustant sa couverture sur le sol, Piero s'allongea pour une nouvelle nuit de sommeil, dans sa tête éprouvée par une énième journée d'incertitude, il avait les dernières phrases de sa chanson qui doucement résonnaient à ses oreilles.

C'était une flamme au vent
J'aurais voulu qu'elle dure cent ans
Maintenant l'hiver est si froid
J'en suis encore transi d'effroi.
Car elle n'est plus là
Car elle n'est plus là...
Piero Orsone da Trantio, explorateur
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

Au troisième jour, après un repas de midi aussi peu copieux que les autres, la forêt sembla s'éclaircir, enfin. Au grand étonnement de Piero, cet éloignement accru entre les arbres n'était pas un motif de réconfort, de joie ou de sécurité, mais au contraire d'anxiété et de crainte. Quand la végétation cachait la vue, quand le bois était si dense qu'on ne voyait plus loin que sa longueur de bras, il y avait cet effet de barrière, de protection aussi physique que mentale. On pouvait ignorer l'au-dehors, on pouvait rationaliser et dire si l'on ne pouvait pas passer alors les monstres de nos cauchemars non plus. Mais alors que le vide se creusait, que la vue poussait plus loin l'horizon, alors la peur des ombres croissait. Chaque mouvement dans les branches devenait le meugle d'un homme-bête, chaque pomme de pin chutant au sol résonnait comme le pas d'un bandit. On ne vit jamais les sentinelles plus inquiètent que durant cette dernière partie du trajet qui, pourtant, devait être la plus sûre. L'esprit humain démontrait une nouvelle fois son irrationnalité aux yeux de tous…

Heureusement, la vue de Middenheim devait effacer les doutes et la peine du voyage. Ce roc construit sur une haute colline se voyait de loin, à travers même les branches des armes, alors que les oripeaux blancs et violets frappés du loup et du temple flottaient fièrement sur les hautes tours, souhaitant prévenir le voyageur qu'il était désormais sous la protection du Graf Toddbringer. Dès que l'orée du bois fût franchie pour céder la place à des champs de blés en jachère, toute la vérité de cette affirmation se révéla. Middenheim, Cité du Loup Blanc, était une réalisation titanesque, digne des légendes antiques qui colportaient des batailles gigantesques. Située sur un piton rocheux raide, la ville s'entourait de murs de pierres de plus de sept mètres de haut, parfaitement agencés, parcouru de nombreuses entailles et trous, preuves des combats passés.
Au bout du chemin, comme lui apprirent ses compagnons de voyage, il y avait la Porte Ouest qui donnait sur le quartier de Sudgarten, point de passage obligé à qui voulait pénétrer en ville. Une petite file de marchands et de paysans attendaient la fouille des gardes et le passage du percepteur de taxes pour pénétrer ces portes de bois couronnées d'acier forgé et flanquées de deux tours de douze mètres qui semblaient avoir connues des heures sombres. L'attente dans le froid débuta alors, rendue d'autant plus insupportable que la longue marche précédent le poireautage chauffait les corps et les esprits. Devoir se refroidir aussi métaphoriquement que physiquement en face même d'une citadelle, voilà qui était fort! Bien sûr la soldatesque d'astreinte au portillon ne comprenait pas ce problème, engoncée qu'étaient les hommes dans des armures de fourrures et la face rougie par l'alcool "à réchauffer" et le gel. Toutefois, il y eut finalement matière à échauffer les esprits: quand les hommes du guet, après avoir inspecté les possessions de chacun et la cargaison à poils, exigèrent une taxe de deux couronnes d'or par personne, une par jambe. Autant les frères Jürker s'y attendaient et avaient mis de côté une bourse spécifique à ces formalités administratives, autant les aventuriers furent… Surpris. S'ensuivit un long et houleux débat durant lequel les héros en devenir tentèrent de négocier un passage moins élevé, mais Piero n'assista jamais à la fin de la scène car il suivit le chariot et les patrouilleurs, exemptés eux, dans Middenheim.

A trois heures de l'après-midi, la ville était pleine d'activité et clairement surpeuplée! On ne passait pas dans les rues sans bousculer et piétiner des passants et on se marchait dessus pour une morue salée ou un vêtement de tissus pas cher. Diverses odeurs parcouraient les moustaches du tilée, entre le pain qu'on faisait cuire pour la fin de la journée et les effluves puantes du cuir en cours de tannage dont la ville s'était faite une spécialité. En dehors de tout ça, il était venu le temps pour les patrouilleurs de se séparer des commerçants. Ces adieux furent fait devant le temple de Shallya, qui trônait à deux pas de la Porte Ouest et qui offrait un relatif îlot de tranquillité dans le vacarme de la citadelle étroite et bondée. Pendant que chacun sortait de la foule, Piero eut la chance d'observer cet édifice qui était un chef-d’œuvre d’architecture aux façades de marbre gravé, haut et beau, simple dans la classe et pourtant démesuré. Au temple même était rattaché un petit hôpital, entouré d’un jardin de plantes médicinales et duquel des sœurs en chasuble blanc sortaient.
Les coureurs des routes descendirent de cheval et serrèrent les mains des présents. Finalement, Marsick termina par notre héros:


-"Nos chemins se séparent et j'espère que vous n'aurez pas à prendre la route du Nord! Bon courage, Piero, et qu'Ulric vous guide dans l'hiver."

Vinrent s'ajouter à ça les encouragements de Karloman, Finn, Roth, Riand et Joachim. Après seulement ils se séparèrent et les gardes comme les frères furent seuls, avec leurs bêtes rendues folles par l'agitation et la profusion de sensations qui les attaquait.

-"Hé bien Frederick, nous n'avons plus qu'à trouver de la place dans une auberge!"

-"Tout à fait Léonard! Et je dirais même plus: nous devons trouver une taverne après l'auberge!"

Il fût convenu que le temple de Shallya servirait de point de ralliement, car les gardes allaient évidemment profiter de la seule nuit en ville. Piero était donc libre de ses petites affaires, à l'intérieur de la sobre et digne cité de Middenheim...
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

Étrange ces hommes de l'Empire. Alors qu'on était enfin sorti de cette jungle des glaces qu'ils appelaient poliment "Grande Forêt" comme si "Trou infect rempli de créatures anthropophages" était inadéquat, ils flippaient. Bon. C'est eux les experts. À Rémas fait comme les Rémains, au Middenland fait comme les bouffeurs d'oignons.

Lorsque le convoi de fortune arriva en périphérie de la Cité du Loup blanc, l'Estalo-tiléen ne put s'empêcher d'être impressionné. C'était une cité colossale. Le Nordland tout entier faisait peine à voir face à ce monstre de pierre et de bois. Les villes de son pays furent bâtis sur des ruines d'elfes, elles en épousaient les courbes gracieuses, l'esprit aérien, du moins dans ses palais. Là c'était humain, simplement et brutalement humain. Comme quoi, les Middenlanders et leur ville étaient sortis du même ventre, celui d'un même monde froid et dangereux.
En parlant de froid, la montée jusqu'à cet arrogant promontoire se solda par une attente bien fraîche. Tout ça pour des vendeurs de choux, des pécores, des pécores vendeurs de choux...
Lorsque les soudards qui avaient clairement pas des mines à avoir défendu le Rempart contre les Hordes du chaos en arrivèrent à eux, la sentence tomba comme un couperet. Deux couronnes l'entrée ?! À ce prix là le Graf me fait reluire l'engin, mon pistolet et la mandoline ? Cette région moisie est bonne qu'à engraisser des Minotaures et c'est DEUX COURONNES l'entrée ?! Bon sang !

Les aventuriers du Festag étaient en train de se plaindre du prix clairement excessif, s'apprêtant à les rejoindre pour protester contre ce traitement prohibitif et infâme, le Tiléen s'arrêta en entendant l'un des mercenaires l'interpeller. Les Jürker avaient payé son entrée. Tout en sifflotant il salua les gardes en relevant son chapeau, rentrant dans la cité d'Ulric bien plus guilleret. Ça grouillait de monde, d'odeurs, de bruits. Y a pas à dire ça faisait du bien après des mois dans des forêts et des villages gros comme un placard à balai du Palais de Trantio. Ces foules pressées de petits bourgeois, de simples citadins, d'éclopés de guerre quémandant un crouton de pain. Ces hommes en armes et ces prêtres qui l'étaient encore plus. C'était lui l'étranger, le métèque, l'Estalien dans la ville des Fils du Nord.

En parlant d'eux, les patrouilleurs l'interpellèrent. C'était la fin de ce petit bout de chemin avec ce ramassis de brutes au cœur d'or. Alors qu'ils serrèrent les mains des mercenaires, Mersick s'adressa à lui :

-"Nos chemins se séparent et j'espère que vous n'aurez pas à prendre la route du Nord! Bon courage, Piero, et qu'Ulric vous guide dans l'hiver."

Attrapant sa main Piero vint lui faire une accolade sincère et fraternelle tout en opinant :
-Et après l'hiver, le printemps advient. Que les Dieux veillent sur vous.

C'est avec les yeux presque humides qu'il se dirigea, avec l'aval de ses employeurs, dans les rues bondés de la Cité. La grande avenue à l'Est du temple de la Douce menait jusqu'à une impressionnante statue en bronze. Le rat écrasé par le colosse de métal lui rappela les épidémies qui affligeaient les villes de Tilée. Heureusement que les rats ne faisaient pas vingt livres de plus sinon ils domineraient le monde, c'était bien Albertus Henstein le penseur impérial qui le disait. Tournant plein sud, contournant les gens, les carrioles et les étals de vendeurs, l'explorateur se mit en tête sa liste d'emplettes :
Une tente, pour ne pas se les peler à chaque fois que le vent boréal souffle. Un cheval. Bah quoi ? Vous aussi si vous aviez perdu presque tout votre blé à cause d'un âne vous investiriez le reste dans un canasson. Et bien sûr fallait le reste, selle, harnais, rétroviseurs, clignotants...

Les marchands avaient pas des gueules de brocanteurs sartosiens en tout cas, c'était clairement pas tombé d'un galion ce matos. On aurait dit le rêve mouillé d'une inquisitrice, tant la seule chose qui manquait c'était des sceaux estampillés "Fabriqué dans l'Empire" sur chaque caisse. Il trouva facilement un vendeur à qui acheter une tente empaquetée. Peut être était il prompt à voir cet étranger décamper loin de sa ville bien aimée pour se faire grignoter le derche dans les bois, qui sait ce qui tourne dans la tête d'un Impérial. Bon, maintenant le canasson.

Interpellant assez de passants pour ressembler à un témoin de Myrmidia, on indiqua finalement à l'aventurier le chemin des écuries. Clairement, un canasson, c'était obligatoire. Traverser la moitié de l'empire et de la Tilée en simple piéton lui couterait plusieurs paires de bottes. Et détaler à pieds c'est pas vraiment optimal. Puis tout le monde a un cheval. Si à trente ans on n'a pas un cheval, c'est qu'on a quand même raté sa vie. Regardez les paysans bretonniens. Ses réflexions qui volaient aussi haut qu'une taupe s'estompèrent en arrivant devant. Allez, quand faut y aller faut y aller.
Piero Orsone da Trantio, explorateur
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

De bout en bout, les indications des passants conduisirent Piero jusqu'au quartier dit le Neumarkt et Osttor, que certains citoyens nommaient également le Nouveau Marché. Difficile de comprendre pourquoi en voyant ces bâtiments un peu vieillots et en se perdant dans des ruelles sombres où cent marchands vendaient leur camelote à des passants. Pour autant, il fallait reconnaître à la populace locale une certaine forme de dignité rustique. Sans doute plus riche qu'à Sudgarten, les habitants du Neumarkt portaient des habits épais et chauds dans des matériaux tels que de la laine ou du lin matelassé qui, à défaut d'être décorés, protégeaient bien des basses températures et indiquaient une certaine forme d'aisance ou du moins d'indépendance financière. La langue aussi changeait dans les tons et les mots: finies les expressions rurales, forestières et digne d'un charretier, ces gens discutaient correctement, avec cet accent dur caractéristique du Nord qu'on retrouvait également chez les patrouilleurs, en un peu plus prononcé.

Pour les odeurs en revanche, il n'y avait tout simplement pas pire que cet enchevêtrement de boutiques d'artisans. Entre les rues de Gerberbahn dédiées aux tanneurs et la zone de Topferplatz des potiers, sans parler du Schmiedstrasse des forgerons, tous les ingrédients étaient réunis pour créer un parfum aussi écoeurant que lucratif. C'était même pire que cela, car au lieu d'un simple mélange il semblait que les arômes de cuir humide, d'argile et de soufre se faisaient compétition pour dominer les narines des passants, semblant même parfois s'accoupler pour créer une nouvelle puanteur plus forte encore. Les habitués du lieu, marchands en premier, semblaient avoir eu l'odorat démoli car non seulement ils parlaient tous du nez mais en plus ils ne réagissaient pas même à des relents qui auraient poussés un adepte de Nurgle à prendre un bain.
Après plusieurs centaines d'allers-retours inutiles, Piero finit par émerger devant un beau bâtiment circulaire. Très impressionnant avec ses murs de marbre blanc accommodés de jaune et de bleu, l'ensemble présentait un dôme de tuiles rouges énorme et sublime, sans doute le plus grand jamais vu par le tiléen. Rien de plus n'indiquait la nature du monument ni de la place vide autour de lui, mais un passant indiqua qu'il s'agissait en fait de l'académie impériale de musique, qui faisait aussi opéra aussi bien pour la noblesse que la populace. Ces informations prisent, notre héros à moustache put reprendre la route vers le Sud et les écuries. Dans ce boulevard qui s'étalait devant ses yeux, il devint clair qu'il avait encore monté d'un cran dans la qualité de vie des habitants: les maisons étaient grandes, hautes et bien décorées. Quelques tavernes avaient pignon sur rue, ça et là, mais leur qualité paraissait de très bonne à moyenne. Juste à sa gauche, enfin, les Coches de Chateauroc! Plus loin des bâtiments carbonisés traînaient également, évités par les habitants, mais Piero n'allait pas jusque là-bas.

Larges et bien entretenue, les écuries et les coches ne faisaient aucun doute de leurs origines bretonniennes. Il suffisait de voir la belle coupe d'or qui trônait, royale, au-dessus de l'entrée pour s'en convaincre. Les cochers, écuyers, travailleurs et surveillants étaient en revanche bien impériaux et c'est à eux, dans son reikspiel chantant, que l'étranger s'adressa. On l'orienta vite vers le maître des écuries, homme aux longs cheveux, fière allure et un accent qui sentait la noblesse déchue.


-"Ah bon messire, ça va vous coûter un bras! Harnais, selle, cheval... De tête... Vous allez en avoir pour vingt couronnes... J'peux pas descendre beaucoup plus bas."

Il allait donc falloir convaincre ce brave commerçant de lâcher un peu de lest, ou trouver une monnaie de troc pour le convaincre. La tâche ne serait pas évidente étant donnée la prestance du lieu, peu propice aux petits marchandages de gagne-petit. Les canassons, quant à eux, du destrier au simple cheval de malle-poste, broutaient tranquillement leur foin, impatients d'aller se dégourdir les jambes.
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

Les Coches de Chateauroc, plus bretonnien que ça c'est une demoiselle du Graal qui se tape un hippogriffe.

L'aventurier rentra dans le bâtiment richement décoré pour une écurie. Force de constater qu'il n'y avait pas plus impérial que le personnel. Bientôt les restaurants tiléens seront tenus par des Cathayens vous verrez ! Pauvre de nous.
Il prit le temps d'observer les bêtes. Des lourdes montures de guerre dont le garrot dépassait sa propre taille aux poneys élancés qui servaient à la noblesse teutogen pour former leur marmaille à la monte, il y avait tout ce dont un hippophile pouvait rêver.
Le Maître était un homme soigné et respectable. Digne du célèbre Diego Hermandez le propriétaire des écuries d'Alquezaro. Le prix arriva, formel : Vingt couronnes. ll n'en avait que dix-neuf. Et une pièce d'argent. Il en regretta même d'avoir acheté la tente. Si près, si loin. Gratter une pistole était à la portée du premier abruti venu. On apprenait ça en même temps qu'on prenait le sein en Tilée. Neuf pistoles par contre...
Il regarda les bêtes, le maître. Les bêtes, le maître. Allez, action maestro.

-Messire, messire, messire. La question séra vite répondue. J'ai à vous donner Dix-neuf couronnes d'or. Et oune pistole. Ié né vous férais pas la honte d'aborder la question des sous, nous sommes dans oune écurie pas au fripier. Mais sur mon honneur ié né pourrais vous demander d'abaisser votre prix. Néanmoins, un troc honnête pourrait-il arrondir les quelques pistoles qui me manque ?

Attrapant sa sacoche il en sortit un rectangle long comme le doigt et épais comme deux, un rectangle de papier épais servant à emballer pâtes de fruits et caramels dont la gent halfelin était tant friande.

-Du véritable chocolat dé Lustrie. Ramené depuis ces colonies lointaines par les plus grands galions du Vieux monde. Un homme dé votre acabit sait que le luxe est facile à effleurer, difficile à embrasser. Vous avez bien une compagne, voir même quelques bambini. Voilà une friandise que l'on ne retrouve pas au premier marché de campagne.

De son autre main il tendit sa bourse. Inclinant la tête sur le coté il attendit la réaction de son interlocuteur.
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

Test de charisme de Piero: 7, réussite.
L'air interloqué du maître des écuries céda bien vite la place à une certaine curiosité. Bien entendu il empocha la bourse avec une avidité toute commerciale avant de se tourner vers ce morceau de chocolat, comme disait cet individu à moustache et au faciès buriné. L'homme se saisit de la friandise et l'huma bruyamment, cherchant les effluves sucrées à travers la puanteur des bêtes et des humains. Trois secondes très exactement suffirent à ça et le marchand releva la tête, tendant la main et prononçant un seul mot.

-"Vendu."

Ainsi Piero était délesté de son or, allégé de ses moyens, il était pour ainsi dire devenu pauvre. Mais cela son interlocuteur ne le savait pas et n'en avait cure, ce qui l'importait était désormais de donner à cet étranger du Sud le bien que l'or et la nourriture avaient payé. D'une voix forte deux écuyers se retrouvèrent à tirer de son coin un bel animal qui devait atteindre le mètre soixante-dix au garrot et faire bien ses sept cent cents kilos. D'une robe brune et légèrement noire par endroit, les dents propres la crinière en bonne état, l'animal paraissait être l'objet d'une vente parfaitement honnête.

-"Je vous présente Furpoil, c'est un Trait de Bordeleaux* hongre. Un cheval de diligence, habituel dans nos écuries. Il a trois ans et n'a pas beaucoup marché depuis la dernière guerre, il vous servira bien. Il risque juste de coûter cher en fourrage selon où vous vous trouvez. Attention par contre, Furpoil est plutôt habitué à être en attelage et pas monté, je vous conseille d'y aller doucement avec lui au début."

Piero reçut sur lui le regard issu de deux grands yeux noirs et interrogatif. Qui était-donc cet individu qui venait le sortir de son quotidien? Dans tous les cas, c'est sur une monture que Piero sortit après une dernière salutation du patron, sous les yeux étonnés de la foule qui voyait un homme sale et mal vêtu sur un canasson.
La tente achetée, il ne restait plus qu'à retourner devant le temple de Shallya et retrouver le reste de la troupe. En territoire connu, Furpoil ne montra pas de signe de nervosité même si sa tête hochait de droite à gauche à la recherche de compagnons équins. En désespoir de cause, il se mit à flâner quelque peu et dégusta de très belles tulipes et rose qui parsemaient les jardins extérieurs de l'église de la déesse de la santé, pour le plus grand malheur des sœurs qui ne tardèrent pas à le rabrouer ainsi que son propriétaire. Quelques minutes plus tard, Kalum le chef des gardes retrouva le tiléen et, toujours aussi peu aimable, lança:


-"Les patrons ont trouvé un coin où nous caser. Par contre j'tiens à t'prévenir, y'aura pas de supplément de leur poche pour nourrir ton balourd poilu."

Pour toute réponse du concerné il n'obtint qu'un meugle indifférent.

Etonnamment il y aurait tout de même un peu de qualité pour le lieu de vie des mercenaires. Alors que les frères Jürker avaient trouvé une belle place à La Lune Rouge, superbe établissement d'un luxe presque indécent, les gardes seraient logés à l'auberge Les Bras du Templier, un établissement à deux étages de qualité moyenne, tenu par Uli Breitner et 3 employés. Un endroit simple mais gai, surtout qu'au-dessus de la porte pend un bouclier orné d’un Templier en Armure de l’Ordre du Loup Blanc sur un cheval entièrement caparaçonné du plus bel effet. Seul Kalum serait autorisé à dormir avec ses maîtres pour garantir leur sécurité ainsi que celle de la marchandise.

Piero pouvait maintenant tranquillement organiser sa soirée dans la salle commune à moitié remplie par une clientèle d'ouvriers qualifiés ou de contremaîtres, des gens pourtant assez ruraux malgré leur allure citadine. C'était ainsi au Middenland, la vie du dehors était partout présente, comme l'hiver.

*Cleveland Bay
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

Suite à un pari à la con impliquant des personnes dont je tairais le nom mais que vous devinerez facilement, le post qui arrive sera intégralement en rimes. Si vous me cherchez après ça je fuis les Nécrotitans que m'aura envoyé mon mj, bonne lecture.
Piero n'en croyait pas ses yeux
Il s'en était fallu de peu
Mais le maître des écuries
Le chocolat avait choisi.

Le voilà donc propriétaire
D'un hongre à la robe alezane
Pour compenser la perte de son âne
Qui s'était caracolé dans la bruyère.

Et sur les routes de la ville
Les habitants ébahis
Voyaient passer un homme si vile
Sur une monture à si fort prix.

Oh certes l'assise était maladroite
Il fallait bien au nouveau cavalier
Apprendre sur le tas l'art de monter
Avec des allures d'étrange acrobate.

Piero songeait sans temps perdu
Comment regagner quelques écus
Car il n'aurait assez de son salaire
Pour nourrir furpoil et payer sa bière

Au temple arrivé
Attendant les Jûrker
Il se fit rabroué
Par quelques unes des sœurs

Sa possession à sabot
Avait profité de son repos
Pour déguster les fleurs
Des jardins de Celle qui pleure

Les excuses bredouillés
Et Kalum expédié
C'est sous l'enseigne du templier
Qu'il devait passer sa nuitée.

Tablées et comptoir
Tabourets et accoudoirs
C'était dans ce tripot
Qu'il allait jouer un morceau.

L'accord demandé à Breitner
Il se posa près d'un angle
Avant de dénouer sa langue
Et de faire sonner quelques airs.

Sa guitare bien en mains
Il entama ce refrain.
Une chanson de pauvre hère
Parti loin de ses pairs :


Il rêvait d'une terre étrangère
Une vie loin des filles et du jeux
Il voulait vivre d'autres manières
Dans un autre milieu

Il rêvait dans sa cellule de pierres
"Je partirai demain, si je veux
J'ai la force qu'il faut pour le faire
Et j'irai trouver mieux"

Il voulait trouver mieux
Que sa cité en guerre
Que ses bordels miteux
Trouver mieux que ses remords ses misères

Dans l'ombre de son père
Et la troupe entière de ses aïeux
Le soleil et la lance si fières
Il voulait trouver mieux

Il a fait tout le tour de la terre
Il a même demandé aux Dieux
Il a fait tout l'amour de la terre
Il n'a pas trouvé mieux

Il a croisé les rois de naguère
Tout drapés de diamants et de feu
Mais dans les châteaux des rois de naguère
Il n'a pas trouvé mieux

Il n'a pas trouvé mieux
Que sa nation en guerre
Que tous ses lupanars miteux
La Déesse au soleil si fière

Il n'a pas retrouvé son père
Ni la troupe entière de ses aïeux
Les souvenirs sous la poussière
Il n'a pas trouvé mieux

Il a dit "Je retourne en arrière
Je n'ai pas trouvé ce que je veux"
Il a dit "Je retourne en arrière"
Il s'est brûlé les yeux

Il s'est brûlé les yeux
Sur sa cité en guerre
Sur les murs des bordels miteux
La voix de sa mère près du feu

Qui lui parlait parfois de son père
Et de la troupe entière de ses aïeux
Piero Orsone da Trantio, explorateur
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