[Piero] Partir, c'est mourir un peu

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Dès sa fondation par le dieu guerrier Sigmar, l'Empire a dû faire face aux invasions et aux guerres civiles. depuis plus de deux mille cinq cents ans, il survit néanmoins aux périodes de trouble et aux batailles grâce à la bravoure et à la discipline de ses armées

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[MJ] Le Djinn
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[Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

Suite au départ de Morwen, le RP en duo est interrompu et ce RP est considéré sa suite directe.

RP précédent ici: viewtopic.php?f=100&t=6315
L'ivresse avait pris le pas sur la mémoire.

Que ce soit la gnôle d'oignon, la violence des combats qui suivirent ou quelconque maléfice d'un chaman caché dans les bois, le résultat était là: Piero était seul, définitivement seul. Il errait depuis bientôt trois jours dans les bois, abandonné de tous. Boerich, Morwen, Fulgrad? Perdus de vue dans une escarmouche qui tournait mal. Puis l'ordre de fuite, de courir sans se retourner, vers la forêt endormie recouverte par le manteau d'Ulric. Il avait péniblement survécu en mangeant des fruits à coques au sol, des racines et les infinis oignons confiés par les villageois. Autant dire que l'estalo-tiléen n'était pas en grande forme quand il débarqua sur une route large et bien entretenue, même si couverte par une fine couche de poudreuse. La présence en plein milieu de bois gigantesques d'une voie pareille aurait eu de quoi surprendre un étranger complet, mais l'explorateur à la manche était déjà passé par ici à son arrivée dans la région: il s'agissait de la Grande Route du Nord qui reliait Talabheim à Marienburg en passant par Middenheim. Pour le moment il n'y avait personne en vue mais il était courant que des malle-poste, des convois de marchands ou de mercenaires ou plus simplement des pèlerins passe dans les environs.

Si c'était un bon début et une perspective pour ne plus se geler seul la nuit venue, cela ne répondait pas à la question principale: que faire?

Théoriquement il était toujours un fugitif recherché, même si son manque de portrait n'aiderait pas les autorités à lui mettre la main dessus. Ses compagnons d'infortunes ayant disparus et peut-être à jamais il était hors de question de retourner se perdre dans les forêts assoupies. Même si cela pouvait paraître lâche, il n'avait de toute manière aucun moyen de les retrouver et c'était un suicide assuré.

Ces considérations prises en compte, ne restait plus pour lui qu'à décider quoi faire de sa vie. Assis sur une souche au bord de la route, le soleil du matin frappant son chapeau à larges bords de la mode de Trantio, il ne pouvait plus que songer à l'avenir.
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Piero Orson
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

Avancer, toujours, avancer, tant que je ne suis pas mort. Avancer tant que l'on ne m'a pas tué. Et les Dieux savent combien de créatures, de choses innommables et de gens voulaient ma peau.

Il trottait comme un daim lors d'une chasse à courre. Branches qui craquaient, neige qui crissait. Dans la torpeur hivernale des forêts antiques du Nord, il faisait un ramdam digne d'un dragon-tonnerre. Mais il n'en avait cure, il courait. Ses poumons étaient pleins de givre et de glaire, de la vapeur s'échappait de sa bouche entrouverte et gercée au moindre souffle. Son ventre était tordu par la neige qu'il avait était contraint de lécher et par les oignons. Tous ces maudits oignons. Mais pourquoi ces putains d'oignons.

Les pensées se basculaient dans sa tête alors qu'il serpentait entre les sapins et les bouleaux. Quelle semaine ça avait été.

Herr da Trantio, qui nous vient du sud de l'Empire apparemment. Quelqu'un qui doit se racheter et qui a gracieusement accepté de mettre sa personne et sa lame au service de notre communauté.
Il était mort, mort dans une forêt sans âge et sans nom. Piero, lui, était bien vivant. Hâve, fiévreux, plus imbibé qu'un oignon confit, mais là. Pourquoi lui, pourquoi le gosse.

« Je m'appelle Morwen »
Elle.
« Du clan Nidariel. Mais ça ne vous dit rien. »

Il posa sa main endoloris par le froid contre le tronc d'un arbre. Il paraissait que les arbres parlaient, celui-là resta de marbre. Lui-même haletait comme un bœuf.

La vie a l'air d'être bien douce de là où vous venez. Bien loin des malheurs et des menaces que nous autres impériaux avons à endurer, ici, dans nos contrées. Je vous envierai presque si je ne savais pas déjà que ma vie ayant commencé ici, elle devra visiblement s'y terminer tôt ou tard...
Petit merdeux plein d'aspirations, comme moi, il y a toute une vie. Elle s'est fini là ta vie. Elle s'est fini dans ces forêts horribles.

-Herrrrrr Garde, on né peut pas choisir là on nait, mais là où l'on meurt c'est bene plous faisable.

Moi et ma grande gueule putain...

« À quoi ressemble là d'où vous venez ? »

D'où venait-il ? D'un bordel, d'une prison, des bas-fonds, des bois. Comme la vermine il s'en sortait, rampant, trainant sa méprisable carcasse de Sartosa à L'Anguille, d'Inja au Kislev. Mais il venait de Trantio. Il venait de la cité au marbre rose et aux tours naines. La Rose, la Rose Blanche. La rose blanche ceignant l'entrée de ce bâtiment où il avait grandis. La Rose Blanche sous une Lanterne rouge.

Son cœur ayant arrêté de se fracasser contre ses côtes, il reprit son chemin, marchant, claudiquant même. Ses iris noires étaient sèches, les larmes avaient cessé de couler. Il avait sommeil. Un peu de repos. Mais les choses des bois le traquaient sûrement.

« Mais si vous voulez vous donner la chance de survivre c’est maintenant qu’il faut faire preuve d’un peu de courage. »

Un lâche, un veule, un cloporte à peine bon à ronger les oignons qu'on lui avait donné. C'était fini...FIni...

FINI !

Il avait gueulé au milieu d'une forêt. C'est clair, il débloquait complètement.

-Rien ne finit jamais Pierino.

C'était la gnôle, c'était le froid, par pitié dites moi que c'est la gnôle.

Pourtant il les voyait les murs de la prison de Rémas. La paille, les rats, et gisant contre le mur, Fantini dont les tempes grisonnantes n'altéraient en rien son éternel sourire narquois. Il se retrouvait à nouveau il y a cinq années.

-Pour moi il est un peu tard Pierino. Mais toi...T'as encore le temps de vivre.
Arrête, maintenant. Tu m'as dit ça y a cinq piges. J'aurais pu t'aider. Mais tu voulais partir comme tu avais vécu espèce de vieux fou idéaliste.

-C'était bien cette vie hein Orsonino ? C'était bien le temps que ça a duré. Toi, moi, les autres...J'espère qu'ils ont trouvé le temps de vivre eux aussi...
C'était Hélène Fantini...C'était Hélène. Je pouvais te sauver...

Il continua à parler, mais ce n'était plus sa voix, c'était celle d'une personne bien plus récente, mais aussi bien plus ancienne...

Les saisons passent, l'été s'en va, l'hiver vient. Il faut bien lui faire face et lui survivre. Jusqu'à ce que vienne le beau temps... et recommencer. »

Ses pas le menèrent péniblement jusqu'à une route...Une vraie route. Pas un sentier de chasseur, pas une virette de brigand. Pas une piste de belette. Une route. Le Trantien se retint d'embrasser le sol gelé. Il s'assit sur une souche. Le soleil se levait. Myrmidia...

Bon...On part où maintenant ?

Le soleil se levait à l'Est. Talabheim était à l'Est. Là bas il y avait le fleuve, des routes... Et après on improvisera. Après tout...

« On ne vit qu'une fois... et avec un peu de chance on ne meurt pas davantage ! »

Réajustant son chapeau, replaçant sa cape élimée sur son épaule, Piero Orsone Salvadore Manicha Enrico de Riviera di Cruz da Trantio se redressa. Fuyant passé et justice en direction du Levant.
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

Tel Sigmar, Piero avait pris la route de l'Est. Tel l'empereur devenu dieu il avançait vers un destin inconnu, déterminé à racheter son âme pour ses péchés et ses lâchetés, ses compromis et ses erreurs.

Pourtant cette belle détermination n'offrait pas de réconfort à la solitude, terrible sur cette route vide, entre des arbres nus drapés de blanc. Ca et là, pourtant, quelques oiseaux attardés dans ces terres du Nord ou égarés dans leur route vers le Sud chantonnaient dans l'espoir d'attirer un compagnon d'infortune ou de créer la réaction chez des souris, des mulots. Ils s'envolaient pourtant au passage du tiléen, l'abandonnant à son sort. La traversée du désert de glace continua durant deux heures environ, aux alentours de midi, où trois panneaux parallèles indiquaient un semblant de direction. Un, frappé d'un bateau, indiquait Marienburg à laquelle Piero tournait le dos. Les deux autres montraient un cerf et un loup, accompagnés d'une distance que l'explorateur ne sut pas lire.

Ainsi la chose était actée: il irait à Middenheim et même à Talabheim. En chemin il devrait songer à ce qu'il souhaitait faire de sa vie et comment mener une vie meilleure, exempte des couardises et des erreurs de l'ancienne. Pour le moment, il restait à déjeuner et il ne lui restait plus en repas qu'un gros oignon blanc qui devrait faire l'affaire. C'est à la fin d'un repas acide et puant que le salut arriva, enfin! Même si "salut" était un bien grand mot en l'état: il s'agissait ni plus ni moins que d'un groupe de patrouilleurs à cheval qui revenait du côté de Middenheim, faisant sans doute partie des professionnels payés pour assurer la sécurité sur cet axe commercial important.
Six cavaliers, donc, vêtus d'armures de mailles et de cuir rudimentaires, de casques trop gros pour eux et de massues lestées de ferrailles ainsi que d'arcs, entourèrent Piero sans se faire annoncer. Ils avaient des trognes terribles, ravagées par le gel, la fatigue et les combats. A l'un il manquait une oreille, à l'autre quelques doigts, au dernier il manquait son nez. De lourds manteaux de fourrures cernaient leurs épaules sans parvenir à les réchauffer et ils claquaient des dents à l'unisson avec leurs montures. Celui qui devait être le chef, un vétéran calvitié et avec tellement de cicatrices qu'on ne savait plus les distinguer de ses traits de visage, prit la parole, rauque et direct, avec cet accent rocailleux du Nord:


-"Alors le voyageur, on s'promène seul en c'te saison? On peut savoir où qu'tu vas comme ça? S'balader dans l'coin c'pas bien malin, hein, à part quand on est un bandit..."

Son ton laissait s'égrener quelques soupçons quant à la nature réelle de Piero. En l'occurrence il avait eu le nez creux, à défaut de son camarade qui n'en avait plus du tout. Mais ce serait stupide d'avoir échappé à des monstres pour finir pendu par ses coreligionnaires!
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

J'étais sur la route toute la sainte journée...

Il avait froid. L'Hiver durait-il des années dans cette terre abandonnée par les Dieux civilisés au profit du Loup ? À croire que oui...
Le vent du Nord ne charriait que les soupirs des fantômes et les siens. La route avait ce mérite d'offrir un peu de répit à ses pieds après l'irrégularité de la forêt.
L'aventurier regarda le ciel dans la brèche que la route créait entre les cimes des arbres. Le ciel du Nord, bleu pâle comme la Turquoise. Avec de la chance il ne se prendrait une nouvelle chute de neige. Avec de la Chance. Mais Ranald était changeant comme l'humeur des êtres de la forêt ou des hommes ivres.

Des panneaux... L’illettré s'avança, claudiquant comme un diablotin arraché à sa boite. Un bateau... Un loup, un cerf. Cela voulait dire qu'il devait être avant Middenheim. Sûrement. Il effleura le loup peint. Fulgrad, lui aussi ne voulait que défendre les siens. D'un air dépité il finit par croquer dans son dernier oignon. Le légume était dur, sec, acide. Comme le cœur des Hommes de l'Empire.

Et quand on parlait des impériaux...Il n'avait pas encore envoyé sa dernière bouchée de bulbe qu'une patrouille approcha. Ces estafettes bruyantes ressemblaient en tous points aux brutes qui écumaient les routes d'Estalie. Le plus charmant des six s'adressa à lui. Ce n'était pas le moment de faire le malin. Ces soudards le pendraient avec autant d'état d'âme que s'ils devaient cuisiner un lièvre. Mettant ses mains en évidence, l'Estalo-Tiléen parla clairement dans un nuage de vapeur. Toute sa vie il avait dû baratiner. Une fois de plus.
J'utilise ma compétence Narration pour raconter mon histoire aux braves patrouilleurs
-Par lé Loup blanc, vous mé sauvez la vie braves Hommes de l'Empire... Notre convoi a été attaqué par des Hommes-bêtes. Ma maîtresse, Johanna de Magritta, une diplomate, elle...Elle a été tué. Ils ont mit notre escorte en pièce. Des Hommes comme vous, des fils du nord. Tués par des Gors. Ils ont même éventré nos chevaux. Il ne restait plus que Karl, notre guide...Et moi. On a recousu nos blessures comme on a pu... Et de là de montrer la plaie sur sa joue et le bandage sale enserrant son bras. -Mais, la fièvre a emporté ce garçon. Hier ou la veille encore...
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

Test de charisme: 5, réussite.
Les visages s'adoucirent et quelques massues retournèrent sagement aux ceintures dont elles étaient issues. Des expressions graves marquaient toutefois les traits tirés des soldats. L'un d'eux poussa un long soupir et celui sans nez souffla par ses deux trous restants, provoquant un bruit de mirliton. C'était une histoire courante, en réalité. Une histoire que ces hommes, ces fils de l'Empire et de Sigmar, avaient déjà trop entendu. De guerre lasse, celui qui devait être le sergent d'armes reprit:

-"Ouais... Ouais je vois. Désolé. C'est toujours la merde en cette saison, y'a que l'été qui est pire. On enverra des gars un peu plus tard pour voir si on peut retrouver votre convoi."

Il souleva son casque pour passer une main dans des cheveux coupés à ras. Une large cicatrice causée par une arme tranchante semblait lui faire comme une deuxième raie capitaine.

-"Nous ne pouvons rien faire de plus pour le moment. Sinon, montez, y'a une auberge à une heure de cheval vers le Nord-Est, vous pourrez vous y reposer. Finn, Roth, Riand, Joachim, vous continuez la patrouille. Karloman, tu viens avec moi. Tactique habituelle les gars: en sous-nombre, vous dégagez."

Un "oui sergent!" accueillit la décision et les cavaliers désignés reprirent la route comme si de rien n'était. Karloman, celui qui avait une oreille en moins, surveillait les arbres pendant que le sergent faisait monter Piero en croupe. Au petit trot les deux chevaux marquèrent la neige de leur pas, direction Middenheim.

-"Vous avez eu de la chance qu'on vous retrouve. Les saloperies des bois sont agitées en ce moment. Il se passe des trucs pas naturels là-dedans, j'vous le dis. Quelle merde. Sinon, vous avez pas l'accent du coin, messire. C'est quoi votre nom et vous venez d'où? At et lui c'est Karloman! Moi je suis Marsick, le sergent Marsick."

Encore une fois le ton avait changé, plus badin, moins affecté, même si les mines étaient basses. Peut-être que le sergent connaissait son affaire et qu'il souhaitait embrayer sur des choses plus positives? La mélancolie était un problème récurrent dans l'armée après tout. Les hommes avaient appris à la combattre!
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

Ça...Ça a marché ? Mais oui ! Par les mamelles de Myrmidia, oh bon sang de bon sang. Bon allez...Maestro.

Il souffla sur ses mains endolories, avant d'accepter la proposition du patrouilleur. Après des jours à braver l'hiver nordlander un cheval ressemblait à un feu de camp avec des sabots et une crinière. La fièvre commençait à l'atteindre...

Merci...Merci encore. Vous qui connaissez bien ces routés...Combien i'a d'heures dé marche entre l'Auberge et Middenheim ?

Juché sur un de ces massifs chevaux du Nord, l'aventurier regarda les forêts avec un air méfiant. Ses bobards n'étaient pas non plus si éloignés de la vérité. Et recroiser un Minotaure ne faisait pas partie de ses envies les plus pressantes. Aux questions du Sergent Marsick il répondit avec sobriété. :

-Piero. Iouste Piero. Ié viens d'Estalie, loin au sud d'ici...Long soupir, -Nous avons aussi des problèmes avec les Hommes-bêtes...Ma pas comme ça. Aussi nombreux...

Essayant de retrouver la sensibilité de ses doigts, l'explorateur épuisé resta taiseux durant le reste du trajet. Ce n'est qu'en vue de l'auberge qu'avec du baume au cœur et un demi-rictus comme sourire Piero s'adressa à Karloman :

-Mes braves, permettez moi dé vous remercier comme il sé doit. La première consommation sera pour moi.
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

La réponse tomba, lourde comme un couperet.

-"Middenheim? Vous en avez pour deux bons jours de marche forcée, trois jours de marche normale. Et je vous déconseille d'y aller seul, entre les bandits, les maraudeurs et les gobelins, vous n'en sortirez pas vivant."

Heureusement la proposition de Piero à propos de payer une tournée sembla trouver de l'écho aux oreilles des deux militaires, et surtout à celle de Karloman qui afficha derechef un sourire joyeux.

-"On dit jamais non à un petit bock! Et puis ça réchauffera le ventre, avec ce froid… P'têt même bien que le patron nous donnera de son tord-boyau maison."

Marsick eut un rire gras et s'exclama:

-"Son Élixir de Poudre Noire? Il nous tuera un jour, plus que tous les désastres de ce pays!"

L'atmosphère se détendit et bientôt on entendit plus que le trot des chevaux sur la terre. Après un long moment de silence le sergent reprit la parole, soudainement mélancolique.

-"Espérons juste que l'hiver ne dure pas trop longtemps..."

Quelques minutes plus tard, un bâtiment fortifié apparaissait à l'horizon. Plus proche du bastion que de la taverne, il se composait d'un haut mur d'enceinte de bois renforcé de fer liant de lourds troncs de chêne entre eux. Un véritable petit corps de garde s'étendait sur sa hauteur, permettant à une sentinelle bien cachée dans une tour d'angle d'observer les alentours. Le guetteur, aux allures de paysan bigot, leva la main pour saluer les patrouilleurs.

-"Bouarf! M'alors les gars, on rent' d'jà aux bercailles?"

-"On ramène un client, ouvre!"

Le gardien descendit quatre à quatre et ouvrit une très lourde porte à la force de ses bras. Son physique était large et gras, mais indéniablement musclé. Il devait manger plus qu'à sa faim ici, chose bien rare par ailleurs. Les chevaux pénétrèrent l'enceinte pour tomber presque directement sur l'auberge proprement dite, un lourd bloc de pierre et de chaume aux fenêtres si fines qu'elles prenaient des allures de meurtrières. Des traces de lames et de tirs ornaient les murs et une guirlande d'armes sales, d'armures trouées et de cornes de bouc tombait du toit pour terminer devant la porte d'entrée.
Une série de lourds aboiements manquèrent de faire cabrer les canassons! Dans des caisses fermées par des barreaux, des chiens de diverses races aboyaient tout leur saoul sur ces intrus impudents. Karloman pensa à voix haute:


-"Etrange, ils n'étaient pas là tout à l'heure."

Marsick haussa les épaules et laissa ses bêtes au guetteur avant de pénétrer avec Piero dans l'établissement. Rustique aurait été le mot parfait pour le décrire: tout était en bois, traité ou non, dans une austérité spartiate comme l'aimait les Nordlanders. Il y avait dedans assez de place pour asseoir une trentaine de personnes, même si la salle n'était qu'à moitié remplie. Un type sec avec une dégaine de chirurgien-barbier reiklandais était occupé à nourrir le feu qui dévorait des bûches dans l'âtre. Le sergent l'appela.

-"Hé Marvolain, on s'installe, tu viens nous servir quand t'as fini? Trois bières j'te prie."

Le trio s'installa à une table rectangulaire assez longue, pouvant accueillir sans doute le double de clients. Dans la salle quelques groupes discutaient séparément: deux éleveurs de chiens et quelques gardes de convoi, une équipe de mercenaires aux armoiries de Marienburg ainsi que cinq de ce qu'il convenait d'appeler des "aventuriers", des baroudeurs de passage qui vendraient leurs lames et leurs savoirs au plus offrants. Il ne restait plus qu'à se reposer...
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

Piero réajusta son foulard. La route de Middenheim ne serait pas de tout repos. Les patrouilleurs étaient des gars du cru. Rustres, agressifs envers l'inconnu certes, mais ils n'avaient aucune raison de lui mentir. Il ne pourrait pas y aller seul. Tout en dévisageant les bois qui avaient bien failli prendre sa vie après celle de Karl et de tant d'autres anonymes, il envisagea de demander aux patrouilleurs. Avant de se raviser derechef. Ils avaient fait l'effort de sauver sa carcasse pathétique alors qu'ils auraient tout aussi bien pu le pendre. Quand on tire trop sur la corde elle cède.

L'édifice lui rappela brièvement Odafen ... Bordel à ogres. Myrmidia sainte myrmidia qu'ils ne servent pas que de l'oignon.
Les lieux avaient surement vécu plus de batailles que Piero avait de printemps. Un costaud à tête de lard, des chiens excités...Ça rappelait presque les boucheries de Trantio au soudainement mélancolique Estalien. Mais avant tout...La chaleur.
Comme un poisson retournant dans l'eau, il essuya la poudreuse de ses affaires avant de savourer la douce sensation des températures positives.

-I a pas à dire...On est meilleur dedans qu'dehors.

Tout en regardant le dénommé Marvolain, il retira ses gants, posa son chapeau entre ses jambes et remua les doigts pour y faire circuler le sang à nouveau. Il en avait presque les larmes aux yeux. Une bière, des mecs aussi subtils qu'un chariot à bœufs, il manquait plus qu'une tavernière rebondie là où il fallait et ce serait la Sinécure. Bon... Pas de serveuse. Tant pis on fera avec.
L'aventurier leva son bock aux deux patrouilleurs et articula clairement :

-À la votre les gars. Je vous dois ma vità... C'est quoi votre programme après ?
Et Karloman et Mersick de se perdre en explications de patrouilleurs. Ingrat boulot consistant à sauver les miches de gens qui ne connaitront jamais leur nom,faisant face aux bandits, aux hommes bêtes voir à pire encore. Les évocations de quelques restes des armées de l’Élu du Chaos vagabondant dans les forêts fit couler le long de sa nuque une sueur plus glacée que l'air du Nord.

S'excusant auprès de ses délicats sauveurs, il se redressa après avoir suffisamment lorgné sur les autres clients du lieu. Ces mercenaires peut-être ? Patibulaires mais presque, de beaux garçons épais comme les murs de l'Auberge. Où vous rendez vous ? Marienburg. Bon, merci au r'voir.
La Mer ça a quelques inconvénients. Finir esclave d'une belle blonde c'est marrant à vingt-quatre ans, il faut savoir se calmer maintenant qu'il entrait dans l'âge de raison.
Il y avait ce groupe là aussi, une demi-dizaine de loustics. Ils parlaient de Talabheim...Ah ! Mais ils avaient un entrain certains. Leurs yeux luisaient d'une fougue que ses orbites de jais avaient depuis longtemps perdu. Ces baroudeurs avaient la vocation d'aider un quelconque répurgateur dans le Taalbastion. Ils avaient un peu les traits de ce pauvre Karl. De tous ces jeunes gens pleins d'idées qui avaient senti le gout métallique de la réalité. Ces gamins que Fantini et les autres engageaient comme d'autant de nouveaux criminels en devenir. C'était son cas après tout. J'espère qu'ils vont trouver le temps de vivre eux aussi...

Il secoua la tête et s'en retourna vers les deux patrouilleurs. Un peu plus de bière. Un peu moins de fantômes. Eux là. Moches, puant le chien et la vie rude. Parfait. Ce ne fut pas difficile de savoir. Ils allaient jusqu'au Wissenland si lointain, par les routes et le Fleuve. Pas de rêves, pas de sauvetage du monde, que des brutes dont l'argent était le seul facteur de motivation. Parfait. Parfait. Il demanda si ils engageaient un garde. Pas de grosses revendications, la plus petite paye. Juste une place au chaud et le voyage jusqu'au bout de l'Empire.
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

Parmi les groupes présents, celui qui attira l'attention de Piero se trouva être celui des éleveurs de chiens. les frères Jürker, comme ils disaient s'appelaient. Deux frangins ayant hérité de l'emploi de leur père et d'un commun accord décidé de continuer la boutique. C'est que le commerce de canidé était loin d'être dégradant ou peu rentable: les nobles étaient friands du meilleur ami de l'homme, que ça soit pour la chasse ou l'apparat. On disait que le Comte-Electeur Todbringer avait par exemple une cinquantaine de molosses terribles qu'il emmenait avec lui dans ses chasses à l'homme-bête, tandis que la Comtesse Emmanuelle collectionnait les petits chiens d'allure aussi mignonne qu'inoffensive.

-"Bon, on va pas se mentir, Frederick et moi on est pas dans l'bichon sartosien ou l'altdorfois de salon, hein. Nous on fait dans l'animal de chasse, le tueur-né quoi."

-"Bien vrai Léonard! On a du mastiff norse, du lévrier ostlandais, même un chien à ours des montagnes naines! Une sacrée saloperie celui-d'ailleurs, on l'a vue égorger un de ces boucs à deux pattes l'autre jour, pendant la sortie quotidienne... On va en tirer un très bon prix..."

Et de fait, leur tenue n'était pas des plus pauvres et affichait même une certaine aisance. Des tuniques et des pantalons bouffants gris et vert d'une qualité acceptable, tissés de lin, une compagnie de huit gardes de convoi bien nourri, avec des lames en bon acier brillant et des gambisons ainsi que des casques éprouvés. Bien sûr nous n'étions pas au niveau d'un prince-marchand de Marienburg ou de Trantio, mais ces deux hommes semblaient avoir tiré les marrons du feu avec leur activité. A côté de ça ils avaient des trognes de brigands et ils puaient le chien mouillé, déplaisir du métier. Comme quoi l'argent n'avait vraiment pas d'odeur.
Leur destination fût connue de Piero en deux questions: le Wissenland, notamment car il se disait qu'un dangereux séditieux commençait à faire parler de lui dans l'Est de la région et que des chiens de chasse seraient parfaits pour débusquer les rebelles et leurs acolytes. Ils passeraient par le bien nommé Couloir de la Drawald qui faisait le lien entre Middenheim et Altdorf, avant de prendre le bateau vers Nuln où ils aviseraient.

La chose étant dite, Piero put retrouver sa table où Mersick vidait son verre. Quelques minutes plus tard la porte s'ouvrit en grand et le reste des patrouilleurs entra, intacts. Leur rapport fût court: "On a rien vu de spécial". A l'exception des amis du tiléen il semblait que la forêt se soit montrée clémente en ce jour. On discuta un peu et on commanda à manger. Le Nordland n'étant pas connu pour son commerce incroyable ou sa production alimentaire faramineuse, c'est tout naturellement qu'il fût servi à chacun un grand bol de lentille avec un peu de sel et de jus de choux pour donner du goût. Un plat simple et pas cher, très pratique. Alors qu'il prenait une cuillerée, le sergent d'armes demanda à Piero:


-"Les gars et moi on va sans doute remonter vers nos villages un peu plus à l'Est, voire pousser jusqu'à Middenheim pour changer les chevaux. J'pense qu'on partira en même temps qu'les deux groupes là-derrière. Mais vous, messire Piero, que comptez-vous faire une fois à la capitale? J'entends votre accent, hein, et il me fait dire que vous êtes bien loin de chez vous encore."

La question n'était pas posée avec malice, au contraire. Le crépitement du feu et sa douce chaleur contribuait à calmer les esprits et rendre la scène agréable à vivre. Une bonne soirée, la première depuis longtemps.
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Piero Orson
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

Délicatesse, subtilité, raffinement, tels n'étaient pas les adjectifs qu'utiliserait Piero pour décrire Léonard et Frederick. Des brutes aux beaux atours, un peu comme une garde royale. L'odeur des chiens en plus.

-Pour soûr, c'est pas des bestioles pour les bourgeoises. Puis avec le flaire ils doivent sentir oune homme-bête à deux lieues non ?

Ces boules d'amours et de crocs pointus devaient être aussi compétents que les gardes des deux marchands dans l'art de tuer. Un bon point pour eux.

S'en retournant vers ses nouveaux amis gardiens de la paix sur les routes du Nord, il fut surpris par le tour des quatre patrouilleurs. Mais tandis que son esprit se délitait un peu sous la fatigue et la faim, un fumet, une odeur, un parfum monta jusqu'aux sinus surplombant sa moustache si orgueilleuse. De-la-nou-rri-tu-re. Prêt à vendre son droit d'ainesse pour un bol de lentilles, l'homme affamé se jeta sur sa portion dès que toute la tablée fut servie. Après trois jours d'oignons et de bois mort, des lentilles salées étaient un délice à en verser une larme. Triste image d'un homme si coloré dévorant sa cuillerée de graines comme un mendiant des quais. Lorsque Mersick l'interpella il leva la tête avec un "hoooum ?" sonore. Sa mine changea alors en un profond doute : Que faire après ça ?

Partir vers le Lointain Orient et ses contrées mystérieuses ? Bon...C'est risqué. Et mortel, et en plus la langue...L'Empire ? La moitié est en ruine, l'autre va partir en guerre pour récupérer les restes. La Bretonnie ? Tiens, en option. Tilée ? Peut être. Peut être faire face. Maintenant...

-Ié pense...Ié pense qué ié vais rentrer à la maison. Les fratelli Jürker là. Leur trajet me rapproche dé chez moi. Ensouite, j'aviserai. Un ami à moi disait...La vie c'est comme un immense Sommerzeit, vous né savez iamais sur quoi vous tomberez...
Avant d'ajouter sur un ton plus léger :
-Et parfois, la beauté masquée, bah elle a une barbe !

Et la soirée de filer doucement, les rires tonitruants et gras des soudards et de l'aventurier, les bières épaisses et mousseuses du Nord. Pour honorer ses compagnons de route, l'Estalien de Tilée se laissa même aller à une chanson accompagnée de sa fidèle mandoline :

Quand j'étais jeune et malicieux
Et que je voulais me rincer les yeux
Je connaissais toutes les venelles
Qui mènent aux bains des demoiselles

Une virginale beauté se frottait le corps
Sous l'eau glacée avec sa chevelure d'or
Nous derrière la clôture, infâmes vauriens
Nous extasions sur la rondeur de ses seins.

Pour toutes les filles que j'ai aimé jadis
Que j'ai connu dans toute leur splendeur
Leurs douces paroles que je buvais au calice
Elles qui me donnaient une once de bonheur

Pour ces sourires que je n'ai point oublié
Ces soupirs glissés au creux de l'oreiller
Quelques baisers sur mes joues brunies
De beaux minois qui se sont évanouis.

Quand j'étais plus grand et desperados
J'aimais le bon alcool et les filles de p'tite noce
Mariées pour la nuit avec un parfum de rose
Le forfait accompli on était en osmose

Les coincés parlent de catins
Mais les filles de joie
Au contraire de ces puritains
Ne cancanent pas comme des oies

Pour toutes les filles que j'ai aimé jadis
Que j'ai connu dans toute leur splendeur
Leurs douces paroles que je buvais au calice
Elles qui me donnaient une once de bonheur

Pour ces sourires que je n'ai point oublié
Ces soupirs glissés au creux de l'oreiller
Quelques baisers sur mes joues brunies
De beaux minois qui se sont évanouis.


Et c'est totalement épuisé, le ventre plein, les joues rouges et la tête plus légère que le Fils de Trantio se hissa jusqu'à sa chambre. Modeste pièce dont il fit le tour en l'espace de trois pas. Mais c'était assez pour retirer ses vêtements usés par le trajet forcé, avant de se laisser glisser dans des draps aussi chauds que grattants. Sur son matelas de paille, il pensa un instant à ces minois qu'il n'avait pas oublié. Ces yeux bruns, verts, bleus, ces iris couleur noisette, et les yeux noirs autour desquels ondulaient des tatouages bleus sur une peau d'opale. Ce visage là surtout. Et il se retourna sur le flanc pour trouver le sommeil dont il avait tant besoin.
Piero Orsone da Trantio, explorateur
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"Ma qué ?!"

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