[Piero] Partir, c'est mourir un peu

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Dès sa fondation par le dieu guerrier Sigmar, l'Empire a dû faire face aux invasions et aux guerres civiles. depuis plus de deux mille cinq cents ans, il survit néanmoins aux périodes de trouble et aux batailles grâce à la bravoure et à la discipline de ses armées

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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

Un sympathique établissement que ces Bras du Templier! Le décor n'était pas banal, alternant entre armes criardes et armure sur mannequin, tous frappés du loup de Middenheim, que la lumière de l'âtre faisait danser et rendait vivant. La clientèle pourtant était… Des plus normales. Quelques aventuriers de passage qui profitaient d'un bon verre et d'une chambre, des employés ou ouvriers cherchant à échapper à leurs épouses, des étudiants s'encanaillant auprès de filles de mauvaise vie qui leur promettaient monts et merveilles pour une pistole, puis les gardes du convoi profitant bien de leur permission pour se remplir la panse et s'anéantir le foie.

Puis vint Piero qui offrit à la taverne une petite balade calme et, pour le plus grand plaisir du patron Uli Breitner, gratuite. Le ton n'étant pas bien joyeux, pas plus que le rythme, une forme de silence religieux se fit avant les applaudissements, même si certains voyageurs finirent la soirée la tête dans le verre, à reconsidérer leurs choix de vie. Affichant une certaine fierté d'être les compagnons du musicien, les mercenaires invitèrent le tiléen à leur table pour parier leur solde avec des artisans locaux. Ils étaient cinq soldats en tout, cinq canailles que les hasards du destin avaient menés sur la voie de l'épée. Au cours de la partie de dés, un Ulr comme on disait dans le coin, le voyageur put en apprendre un peu plus sur ses compagnons. Ils se nommaient Kurt, Wilhem, Wilburg, Félix et Pieter, menés donc par le sergent Kalum. Contrairement à ce que Piero aurait pu penser, ils n'étaient pas juste des voyous passant dans le coin par hasard, mais d'authentiques mercenaires, assermentés par une guilde estalienne spécialisée et qui louait des mercenaires dans tous les royaumes du Sud et l'Empire. Wilburg commenta même:


-"Ouais c'est comme ça qu'suis devenu merc'. J'crevais la dalle dans les rues de Talabheim mais j'étais fort comme un boeuf, alors on m'a proposé le boulot. Ca paie pas trop mal et ça permet de voyager."

Reprit directement par Kurt:

-"Ouais totalement! Moi à la base j'suis d'un hameau au niveau de Wolfenburg, mon père était un marchand de vin, un gars bien lettré. Mon grand frère a récupéré la boutique et moi je m'suis engagé dans la Compagnie Léonora pour me faire un pécule avant d'me lancer aussi."

Wilhem et Pieter étaient plus discrets sur les raisons qui les avaient poussé à rejoindre la guilde, seul Félix répondit franchement, pendant que Piero gagnait deux pistoles:

-"Ah moi y'a une belle histoire, ça change. Y'a quelques années mon village a été attaqué par des bêtes, des saloperies. Des femmes se sont enfuies et une est tombée sur les mercenaires de la compagnie. Ils sont venus directement aider et n'ont rien demandé en échange! Du coup j'ai demandé à les rejoindre et ils ont dit oui."

En tout cas leur appartenance au même groupe expliquait leurs habits assez standardisés, bien différents des groupes habituels du Vieux Monde qui allaient au combat dans des tenues différentes sur lesquelles étaient placées un tabard unicolore pour se reconnaître facilement au combat. Mais la soirée avança et la bière faisant son office, Piero ne tarda pas à sortir pour aller faire ce que la nature avait prévu pour lui. C'est là qu'il devait rencontrer un obstacle derrière une ruelle noire...
Test d'Initiative de Piero: 14.
Occupé à vider sa vessie sur un mur jaunit par des générations d'ivrognes, l'aventurier n'était pour autant pas sans défense. L'œil toujours vif et habitué au danger, il surveillait son dos autant que son jet. Ce ne fût malheureusement pas suffisant. et alors qu'il remontait ses chausses, il sentit une petite lame dans son dos, puis deux voix qui discutaient avec un accent miteux:

-"C'est bien l'bourge qui a payé son canasson?"

-"Ouais j'reconnais l'chapeau. Allez le bourge, Tu fais pas le con et tu craches les couronnes. Tu dormiras bien mieux allégé, t'verras..."

Les deux hommes étaient dans son dos et sur sa droite, mais impossible de dire où précisément dans l'obscurité quasi-absolue du lieu. A cette heure tardive la rue était vide et on entendait que les rires provenant de la taverne ainsi que le bruit des pas sur du pavé lointain. Par chance et prudence, Piero avait gardé ses armes… Qu'allait-il faire?
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

Les applaudissements, la foule qui célèbre votre talent. Faut l'avouer, c'est grisant. Piero sourit aux spectateurs tout en traversant les tablées pour arriver jusqu'aux mercenaires.

-Oune partie de dé ? Toujours. Attention j'ai gagné une carte pour l'El dorado comme ça un jour !

Et c'est en faisant rouler les dés sur la table qu'il apprit à connaître ses compagnons de route. Des gens comme lui, sans direction, sans bagage. Des gens réunis par la violence. La vie avait cette étrange manie de vous projeter des reflets de la vôtre. Un crève-la-faim, un cadet, un type désireux d'aider. Tous devenus mercenaires, vendant leur talent à tuer et leur force pour de l'argent. Après tout, lui même n'avait-il pas fait usage de sa force, de ses talents, de toutes sortes de violences pour avoir de quoi manger ? De quoi vivre. La voix de Fantini résonnait toujours un peu dans son esprit perclus par la bière. Bah alors Orsonino. Tu réalises que tu ne seras jamais rien d'autre qu'une fripouille comme moi ? Porté par le vent. T'es pas de mon sang mais t'es de mon idée. Je t'ai fait gouté à l'amer fruit de la Liberté. Maintenant tu ne peux pas t'en passer. Vis mon Piero, vis.

Il venait d'emporter la main. Deux pistoles. Le début de la fortune. Il ria avant de déclarer à ses cinq compagnons :

-Moi même mes braves, ié bourlingué assez longtemps. Ma, la vie est ce qu'elle est. Ié retourne loin au Sud. Faire fortune ié né lé sais pas encore. Ce qué ié sais. C'est qu'il fera touiours moins froid qu'ici ! Sur ce messires. Ié besoin dé vidanger.

Rien qu'un homme, un homme libre...
Il soutenait son ami le borgne tout en sifflotant un air. Sa besogne achevée il commença à remonter son pantalon lorsque...C'est une Dague. Oui c'est une dague. Bien sûr que c'est une dague.

-"C'est bien l'bourge qui a payé son canasson?"

-"Ouais j'reconnais l'chapeau. Allez le bourge, Tu fais pas le con et tu craches les couronnes. Tu dormiras bien mieux allégé, t'verras..."

-Messieurs. Permettez d'abord à oune hombre que vous braquez dé remonter ses chausses. Voilà. Merci. Maintenant ié vais vous faire considérer quelques menus détails dans votre cervelet de coupe-jarret des bas-fonds. La première, c'est qué ié n'ai que deux pistoles dans ma bourse. La seconde c'est que j'ai sur moi, et je pose maintenant la main dessus. Là vous voyez ? Ce n'est pas ma bourse. C'est une bombe. Un explosif. Ié dé quoi faire sauter la rue et nous trois avec. Voulez-vous vraiment finir en pulpe grillée pour deux pistoles ?
Je tente le bluff afin de pouvoir dégainer mon pistolet tout en brandissant ma bombe dans l'autre main. Si ça échoue je hurle comme un goret en jetant ma bombe par terre (sans l'enclencher)
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

Test de CHAR, -1 dû à la crédibilité: 8, réussite.
Il ne s'agissait pas d'effrayer à mort les bandits mais simplement de gagner du temps, de profiter du doute pour prendre l'avantage. Dans une bataille le bluff et la surprise étaient deux leviers terriblement efficaces dont il fallait apprendre à user avec précision. En l'occurrence, la menace fit mouche et la lame de poignard dans le dos de Piero sembla se retirer l'espace d'une seconde. N'hésitant pas, le tiléen se saisit de son pistolet à silex et se retourna d'un bon, pointant le canon vers ses agresseurs, qui ne pouvaient que deviner l'arme à travers les rayons des deux lunes. Face à eux, l'explorateur enfin les voir distinctement: deux pauvres types, sec, aux habits passe-partout, un canif à la main pour chacun. Deux brutes de pacotille, deux minables. Celui derrière s'exclama:

-"Merde! On se tire!"

Et les voilà qui détalaient dans la ruelle, disparaissant dans les ombres. Est-ce que tirer aurait été rendre service à l'Empire? Cette question tarauderait Piero encore quelques temps. Pour le moment il ne lui restait plus qu'à rentrer, finir sa partie de dés et aller se coucher. Félix était déjà parti dormir tout en prévenant qu'il se chargerait de clairon pour l'équipe le lendemain matin, histoire de ne pas partir en retard. Wilhem et Kurt approuvèrent du chef: il le ferait, il le faisait toujours.
Vers vingt-trois heures la soirée diminua en intensité. La poix coûtait cher à faire brûler et il fallait aller se coucher pour se lever tôt le lendemain. L'amusement laissa place au silence et la joie céda au calme paisible de la nuit. Les lits n'étaient pas mauvais, en plumes de canard sans doute inchangées depuis dix ans, avec un pucier de taille modeste sous les draps. Il y avait de quoi passer une bonne nuit.
Et comme convenu, Félix frappa à la porte à l'aube, tirant de son sommeil un Piero encore abruti par l'alcool. Au menu du petit-déjeuner: du pain frais tout juste sorti du four et soupe d'orties bien épaisse. D'humeur râleuse, Wilburg demanda s'il n'y avait pas un oignon pour donner du goût, ce que le patron lui apporta sans rechigner.
Enfin il était temps de quitter cette ville et de partir sur les routes! Au temple de Shallya, on se retrouva avec une certaine impatience mais aussi de la crainte: la partie suivante du voyage était de loin la plus dangereuse de toute et un simple manque de chance aurait des conséquences terribles. Aussi, le Jürker se trouvèrent très étonnés de la monture de Piero et lui expliquèrent aimablement mais fermement qu'ils ne paieraient pas sa nourriture. Les chiens dans leurs boites aboyèrent tout leur saoul sur Furpoil qui en retour leur opposa un silence polaire. Il n'y aurait pas d'amitié entre les bêtes durant ce voyage.

Au moment du départ le cadran solaire de la Porte Sud affichait huit heures et le froid glacial confirmait que le soleil était bien loin du zénith. Il avait neigé pendant la nuit et la couche paraissait quasiment immaculée et intouchée, ils seraient les premiers à y tracer un véritable sillon. Conscient que notre héros ne connaissait pas très bien la région, Félix lui expliqua, remettant sous son casque carré ses courts cheveux blonds:


-"Bon, on va passer temps dans la Drakwald quoi. J'crois que le trajet va durer… Quinze à vingt jours selon comment on avance. Par contre, la Drakwald c'est la pire forêt de l'Empire alors va falloir faire gaffe..."

Pour autant à première vue les bois n'étaient pas différents des autres: sombres, blanchis par le gel et terriblement silencieux. Même les chiens n'osaient plus se manifester et se tenaient dans leurs caisses, grelotant de froid et mourant d'envie de se dégourdir les jambes. Envieux, les gardes jetaient des coups d'œil à Piero qui se tenaient bon gré mal gré sur un Furpoil habitué à la route. Le trajet allait être long.
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

Faire face à des monstres, des mutants dégueulasses, des créatures échappées du fond des âges farouches ou de forêts magiques, c'est une chose. Qu'il ne savait pas réellement faire. Mais les Hommes, malheureusement pour eux, il avait géré ça toute sa vie. L'ancien bandit bluffa. Bluffa comme ce n'est pas permis. L'Homme de Tilée avait réussi à faire chanceler deux vide-poche. Sans violence si ce n'est ses propos. En se retournant flingue à la main il vit les deux loufiats. Peut être venaient-ils de réaliser que braquer un bandit de grand chemin n'était pas judicieux. Ils détalèrent comme la vermine qu'ils étaient. Et bouclant sa ceinture l'aventurier rentra à la taverne. Racontant sans exagération aucune la péripétie qui s'était déroulé dehors à ses camarades, il finit tranquillement la soirée avant de grimper dans la plus belle chambre qu'il avait vu depuis trois ou quatre comtés impériaux. Sa toilette achevée, Piero se glissa dans les draps, nu, détendu comme si il flottait. Une dernière bonne nuit de repos avant la route, à nouveau, toujours.

Au très petit matin, il s'étira en entendant la porte toquer, grognant un "I'arrive !" tout en se redressant. Toilette, rasage, habillage. Et hop en bas.
La tablée dégustait du pain chaud et de la soupe d'ortie. Entre deux bouchées de pain trempé dans la soupe Piero raconta avec un plaisir complice les dix meilleurs façons de différencier un Tiléen d'un Estalien, petit moment de trivialité avant la route.

Retrouvant sa dernière acquisition il lui tapota l'encolure, passa les doigts dans sa crinière. Bien sûr qu'il lui payerait de l'avoine, bah oui mon beau furpoil. Quelle belle bête ça oui.
Les papouilles effectuées, la bête colossale enfourchée, le convois lancé, neuf hommes, des chiens des bœufs et un cheval se lancèrent par la porte sud de Middenheim, pour traverser la forêt la plus crainte de l'Empire.

Dès les premiers instants depuis qu'ils avaient quitté les sécuritaires portes de la ville, il sentait que les lieux n'étaient pas domptés. Ce n'était pas une forêt où les hommes vivaient, ils étaient tout juste tolérés à y pénétrer, en ressortir était déjà une autre paire de manche. Se positionnant sur son cheval il regarda autour de lui les arbres déformés par le froid et quelques maléfices plus anciens. Ça allait être long.
Piero Orsone da Trantio, explorateur
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

Environ vingt jours de voyage, un peu moins peut-être si les conditions météorologiques le permettaient. Un véritable périple à travers la Drakwald qui, pourtant, était souvent entrepris durant la saison d'été si on en croyait Wilhem. Cela dit, fréquentation haute ou basse, la forêt restait un véritable nid à dangers, tenus tant bien que mal à distance par les Patrouilleurs avec une réussite au mieux mitigée. Qui pouvait leur en vouloir de toute façon? Ces pauvres bougres avaient également une femme et des enfants à nourrir, lesquels se retrouveraient seuls et sans le sou si l'homme de la maison venait à disparaître, boulotté par une créature quelconque. Dans ces conditions, il était bien rare de voir ces soldats de grand chemin mener des missions en force ou faire preuve d'une résistance héroïque: ils agissaient quand ils le pouvaient, ni plus, ni moins.
Environ toutes les deux heures, un relais coche s'élevait dans la forêt, semblable à une forteresse miniature comme la taverne vue par Piero, qui devait à la vérité en être un aussi. Ils appartenaient à trois catégories: les coches administratives, subventionnées par la noblesse locale, les relais du Loup Véloce et du ceux de Chateauroc, qui se faisaient concurrence. A vrai dire les trois étaient d'une qualité assez similaire: faible. En cette saison le peu de populace sur les routes transformait ces établissements en repaire de malfrats et d'exilés qui ne vendaient que du poisson séché, des racines d'hiver et du mauvais alcool. Au moins, pouvait-on dire qu'il était frais!

Après une demi-journée de marche les chiens se calmèrent enfin et cessèrent d'importuner Furpoil, pour le plus grand bonheur de Piero qui pouvait enfin s'acclimater correctement à son cheval. De temps à autre un des cabots relevait le museau ou tendait une oreille, mais sans aller plus loin. En tant normal les Jürker les auraient bien battus pour le boucan qu'ils avaient fait, mais dans la forêt leur odorat et leur ouïe étaient forts utiles. Ils en profitèrent même pour plaisanter:


-"Imagine quand les rebelles du Wissenland les verront arriver, Frederick! Ce sera glorieux!"

-"Je ne demande que ça, Léonard! Ils vont se faire charcuter les jambes et les couilles, ils ne vont même pas comprendre d'où ça vient!"

Leurs inquiétants sourires laissaient clairement entendre qu'ils ne plaisantaient qu'à moitié et qu'ils se délectaient réellement de ces idées d'horreur. Avec un haussement d'épaule, les mercenaires abandonnèrent d'écouter la conversation: ils étaient payés pour protéger, pas pour juger. Afin de passer le temps, Félix proposa un petit jeu, une pistole pour quelle créature ils combattraient en premier! Les frères jouèrent sur les bandits, tout comme Félix. Kalum paria sur un géant, Wilhem sur des hommes-boucs, Pieter et Wilburg sur des gobelins. Ne restait que Piero!

Ce jeu innocent s'acheva sur le pari de Piero et sur la vue de la dernière coche de la journée. Il faisait en effet fort froid et l'obscurité tombait rapidement, hors marcher dans les bois la nuit était synonyme de peine de mort. En s'approchant, le convoi eut la surprise de ne pas être salué par une sentinelle perchée sur le mur de bois autour de la grande maison qui servait de relais: tout était vide. Plus près encore, ils constatèrent que la porte épaisse était brisée en morceaux. Kalum dégaina son épée et ordonna à Félix et Pieter de l'accompagner. Ils firent quelques mètres, inspectèrent les lieux d'un coup d'œil et revinrent.


-"C'est vide. On va entrer et passer la nuit, ça n'a pas l'air d'être occupé."

Peu rassurés, les marchands obtempérèrent néanmoins et on tenta de fermer la porte aussi bien que possible. Le relais était constitué d'une salle commune quasiment vide et d'un étage avec des chambres aux lits moisis. Une terrible odeur de charogne envahissait la demeure mais devenait supportable après quelques secondes. Wilburg entreprit de commencer un feu avec les morceaux de mobilier restant alors que Kalum réfléchissait au tour de gardes. Piero, indépendant de la Compagnie, restait bien seul, entouré de ces lames-à-louer. Allait-il prendre une initiative?
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

La forêt a quelque chose de glauque. D'inquiétant. De malsain. Un peu comme une ex. Avec les mêmes instincts meurtriers à votre égard. Peut être un peu moins de mousse dans la Drakwald.
Juché sur son mastodonte impassible, l'aventurier contre tout fourré regardait les sous-bois avec appréhension. Le Nordland lui avait montré à quel point une seconde d'inattention pouvait vous mettre face à une harde de créatures féroces. Et ils n'étaient plus la petite vingtaine de l'expédition jusqu'à Middenheim. Ils n'étaient que neuf. Et aucune histoire intéressante ne peut inclure neuf humains motivés par un attrait pécuniaire. Il se secoua les doigts engourdis par le gel malgré ses mitaines. Les phalanges gonflées comme ça il pouvait dire adieu aux anneaux.

Les arrêts salutaires à chaque relais rappelaient qu'au delà des étendues infinies d'arbres couverts de neige, la civilisation existait encore, sale et brutale, mais toujours là.
De l'avoine pour les bœufs et furpoil, un repos pour les jambes des mercenaires et aussi vite qu'on rentrait, on repartait.
Le peuple des relais lui rappelait celui des Montagnes et des collines. Forestiers, chasseurs, voyageurs douteux, petites frappes. Il se perdit dans ses pensées, imaginant huit voyageurs hauts en couleur coincés dans un relais en plein blizzard. Une histoire de vengeance, de paranoïa, un truc pas mal. Alors que les sinistres frangins déblatéraient sur les compétences de leurs protégés en terme d'arrachage de noix, il donna un rôle à chaque membre de l'expédition.

Tandis que la nuit tombait sur la forêt comme les emmerdes sur l'Ostland, ils se retrouvèrent à parier sur quelle saloperie allait essayer de leur boulotter le cul. Rejoignant Wilhelm sur les Hommes-bêtes qui hanteraient probablement ses cauchemars pour les années à venir, ils se retrouvèrent en vue d'un relais. Bien sûr, vide, bien sûr.

La puanteur à l'intérieur n'étais pas celle des vivres gâtés. Clairement les derniers occupants avaient dû passer un dernier quart d'heure désagréable.
Il souffla sur ses membres gelés. Les mercenaires et les marchands inspectaient déjà l'intérieur. Il se proposa de ressortir pour faire le tour des palissades. Déceler quelque chose qui n'allait pas, un trou, des restes de viande, quoi que ce soit.

Si rien ne clochait il rentrerait à la recherche d'une cave dissimulée. Il avait fait assez de braquages dans ce genre de relais plus jeunes pour savoir que les tauliers planquaient souvent un petit cellier sous leur établissement. L'odeur venait forcément de quelque part. Replaçant son chapeau sur le crâne, il s'avança. Sa petite plaisanterie imaginée tantôt commençait à se dessiner de façon bien trop réelle à son goût...
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par [MJ] Le Djinn »

L'extérieur du relais ne semblait pas problématique. Les murs, des pieux plantés verticalement, ne semblaient pas receler de passage secret, de trou pi de menace dans un coin quelconque. Il semblait tout simplement que les assaillants ayant pris le bâtiment principal se soient jetés sur la porte jusqu'à la briser et aient ensuite poursuivi jusqu'à massacrer les locaux. Théorie qui fût rapidement corroborée à la lueur du feu naissant dans l'âtre froid de la pièce principale: de nombreux signes de luttes, les murs percés ou crevés par des lames et des haches, du sang sec et brun un peu partout. Tout ce qui n'apparaissait pas à la pénombre se dévoilait à présent. Le résultat était bien peu rassurant.

Plus fin peut-être que les gardes, Piero laissa ses compagnons à leurs tâches pour se diriger vers le cellier où il espérait trouver une cave ou quelque chose d'approchant. Ces mercenaires n'étaient pas de mauvais bougres et ils avaient même plutôt l'air de connaître leur métier mais leur passé avait dû être moins criminel ou du moins lié à la pègre que celui du Tiléen. Ils ne connaissaient pas les bonnes astuces, les petites cachotteries partagées par les professions de la nuit, les secrets toujours cachés aux mêmes endroits.
Ainsi Piero pénétra dans le cellier du relais: vide, comme tout le reste. Des étagères qui avaient dû déborder de vivres et d'alcools trônaient à présent, désespérément vides quand elles n'étaient pas carrément au sol, éclatées contre la pierre du plancher. Un véritable gâchis. Du côté des bonnes nouvelles, le bandit avait eu le nez creux car il ne fallut pas longtemps pour trouver dans ce fatras sombre illuminé par un bout de bois dont le bout était enflammé, une poignée de trappe, étonnamment large. La tirer demanda peu d'effort et la trappe s'ouvrit comme s'il n'y avait jamais eu de crasse pour la maintenir. Un courant d'air immonde frappa les poumons de l'aventurier et il dû se retenir de toutes ses forces pour ne pas vomir: l'odeur de charogne venait de là à n'en pas douter. A pas de loups il descendit le long escalier droit de pierre qui menait au sous-sol et entendit un bruit de fond, comme un murmure, ou plutôt un ronflement...

Test de discrétion: 5, réussite.
Très rapidement, la lueur de la torche improvisée permis à Piero de comprendre qu'il marchait entre des bouts de chair et des ossements brisés. Des flaques de sang caillé coulaient entre ses bottes et c'est avec précaution qu'il dû avancer pour ne pas tomber sur un os. Bien vite la lumière éclaira une forme inquiétante. C'était un monstre recroquevillé sur lui-même, en train de dormir. Il devait faire deux fois la taille d'un homme, les membres maigres, longs et fins. La chose semblait avoir une peau écailleuse bleue, de grandes oreilles et être armée d'un énorme gourdin qui attendait à ses côtés qu'on s'en serve, le marteau primitif étant parsemé de tas d'armes de fer brisées par des coups violents.

Il devait y avoir quatre mètres entre Piero et la sortie et un peu moins entre lui et la chose. Il devait d'ailleurs faire vite: à la voir s'agiter et bouger dans son sommeil, elle ne devait pas être très loin du réveil...
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Re: [Piero] Partir, c'est mourir un peu

Message par Piero Orson »

Les aubergistes sont tous les mêmes. Des voûtes à Praag, ils planquent toujours un truc. Avec un léger sourire narquois contrit par l'odeur et l'inquiétude vis à vis de ce qui avait bien pu massacrer les occupants du relais, le Tiléen descendit dans l'escalier de la cave. Ces miasmes étaient irrespirables, le sol jonché de restes et...

Mais comment il a pu rentrer là par Myrmidia ?!

L'aventurier était devenu aussi pâle que le joufflu d'une sœur de Sigmar en voyant la masse écailleuse qu'était le troll enfler et dégonfler au rythme de ses respirations. Il attrapa machinalement son pistolet. Il n'avait que quelques secondes, penser ,vite, agir, vite, survivre, toujours. Les mercenaires étaient en haut. Il allait falloir courir. Vite. Le feu. Ces bourrus de mercenaires avaient allumé un feu. Sa petite torche n'était rien mais ils leur faudrait le feu. Sinon les chairs du monstre allaient se régénérer plus vite qu'il ne fallait de temps pour le dire.
Piero cibla le monstre. De ses doigts à peine remis du froid de l'hiver impérial il appuya sur la détente. À l'instant où la balle fusa hors de son canon il se retourna et détala en direction de la porte de la cave, criant à destination de ses collègues :
-DU FEU ! DU FEU ! UN TROLL !
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