[Daine] Seuls les morts voient la fin de la guerre

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[MJ] Le Roi maudit
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Message par [MJ] Le Roi maudit »

Image Les Irranas. Spectaculaire paysage émergeant à l'horizon. Les forêts gagnaient du terrain sur les pâturages. Le temps était plus frais d'ailleurs. Par delà les premiers pics rocheux, invisibles encore à leurs yeux, les neiges avaient recouvert les vallées et les cols, assuraient les hommes. La forêt, le temps, presque un instant les lieux vous faisiez oublier que vous étiez au milieu de la Péninsule estalienne.
Magdalena flatta l'encolure d'Aube alors qu'on avait établis le campement dans une large vallée glaciaire couverte de pins rectilignes.
Les chevaux broutaient avidement l'herbe des alpages tandis que les hommes se dégourdissaient les jambes.

-Veux tou faire oune tour Daine ? Demanda la nomade en désignant d'un mouvement de bras les collines charnues et les bois qui les couvraient.
-Les ignorants pensent qué lé Joyau dé l'Estalie cé sont Magritta, Bilbali, Diamanterra...Non le Joyau est ici, sur ces terres.
Et la jeune femme de s'avancer en riant gaiement au milieu des prés.
Jet d'observation : 3 Réussite !
Cependant il y avait un détail dans ce paysage idyllique qui sauta aux iris grises du Nordique. Sur une crête rocheuse lointaine, quelque chose avait bougé. Une forme humanoïde. Une sentinelle.
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Daine
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Re: [Daine] Seuls les morts voient la fin de la guerre

Message par Daine »

Après être passé voir Don Emilio et s'être enquit de la marche à suivre, Daine était retourné dans sa charrette, proposant au passage à une Magdalena déçue qu'il ne profite pas de son corps à peu près en état pour chevaucher avec elle d'attendre la prochaine halte pour explorer les environs ensembles. Une fois seul, l'apprenti alchimiste sortit de sa sacoche toutes les herbes qu'il avait récupéré lors de ses escapades ainsi que son nécessaire d’apothicaire, et passa toute la journée à doser les essences des plantes pour préparer des poisons convenable. Cela faisait des mois qu'il n'en avait pas fait et les cahots de la route troublaient sa concentration et secouaient les fioles, mais la force de l'habitude repris et le jeune homme fut en mesure de préparer de nombreuses doses de ces poisons si dangereux.

A vrai dire, maintenant qu'il était confronté à ce monde si sauvage, Daine réfléchissait à améliorer ces poisons pour leur donner une forme plus offensive, en concentrant les toxines et en les appliquant sur sa lame ou ses carreaux. C'était pour l'instant hors de ses capacités, mais au fur et à mesure de tests et d'expériences... Le problème étant bien sûr de trouver des cobayes, il se refusait en effet à tester ces poisons sur des humains autres que ses ennemis, et travailler sur des animaux ou un nombre très réduit de cobayes humains n'allait pas l'aider à travailler très vite. Tiens, voilà que son insensibilité de chercheur revenait, c'était le problème d'être coupé trop longtemps d'autres êtres humains, mais cette aspect de sa personnalité l'aidait dans son travail. Pour l'instant il n'en était qu'aux prémices mais le jeune homme décida quand même qu'ils testerait la solution de sauge mortifère sur sa lame, pour voir si ses effets en entrant dans le système sanguin différaient de ses effets ingérés.

Ah, si des inquisiteurs lui étaient tombés dessus durant ses études, il n'aurait sûrement pas fait long feu, et c'était pire ici. L'assassin se félicitait d'être arrivé dans un endroit qui en était dépourvu. Un arrêt brusque du chariot et les éclats de voix habituels signifiant la halte tirèrent Daine de son inquiétante rêverie, et ce dernier s'étira puis rangea bien tout à sa place avant de s'équiper, après tout ces terres étaient dangereuses et l'on ne savait jamais vraiment sur quoi on pouvait tomber, ça serait dommage qu'un monstre de légende tel qu'un dragon ou une manticore mette fin prématurément à cette aventure. C'est donc avec un sourire aux lèvres que le jeune homme sortit de sa tente, pour tomber nez à nez avec Magdalena qui l'attendait, tenant Aube par la bride et arborant elle aussi un large sourire de ses lèvres pulpeuses et délicates. Daine secoua mentalement la tête avant de lui répondre, un air espiègle sur le visage :

Alors, où est-ce qu'on va ? Tu me fais la visite ? Tu avais l'habitude de passer par là non ? Enfin avant...

Le jeune homme eut une petite grimace à cause de cette légère bourde, mais elle ne sembla pas s'en formaliser, laissant seulement passer un sourire triste sur son beau visage, avant qu'ils commencent leur balade au milieu des reliefs pour l'instant assez peu escarpés, le paysage des Irranas se dévoilant devant eux dans toute sa beauté sauvage. Ils eurent à peine fait une centaine de mètres, sa compagne lui vantant la beauté des monts alentours, que Daine repéra une forme sombre détonnant du paysage dans les sommets, ce qui lui fit plisser les yeux instantanément. C'était... un homme ? Mais oui, il y avait quelqu'un là-haut ! Sûrement une sentinelle. Continuant d'avancer tranquillement, le spadassin s'adressa à Magdalena d'un voix un peu plus basse que d'habitude, souhaitant lui faire sentir le danger tout de suite :

Attention, on nous observe. Sur le deuxième pic à gauche en face de nous, une forme humanoïde a bougé, je pense que c'est une sentinelle. Fais comme si tout allait bien, je vais entrer dans ce bosquet juste à côté puis j'irai le suivre, fait mine de m'attendre quelques minutes, et continue de guetter la sentinelle. Si elle n'est pas tombée au bout d'une demi-heure ou que je ne suis toujours pas revenu, préviens le camp. Je reviens, ne t'en fait pas.

Ceci dit, Daine la salua d'un grand geste avant de montrer le-dit bosquet, et de s'y engouffrer. Une fois à l'intérieur, il revêtit sa cape spéciale, prenant bien garde à cacher l'acier de ses armes, et commença à avancer dans la plus grande discrétion possible dans la direction de la sentinelle. Il allait tenter de l'intercepter avant qu'elle ait fait son rapport, et pourquoi pas lui soutirer des informations. Il devait juste se déplacer silencieusement et sans être vu sur quelques centaines de mètres. En somme, une tâche facile pour lui, n'est-ce pas ?
Modifié en dernier par [MJ] Le Roi maudit le 01 oct. 2020, 16:57, modifié 1 fois.
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Re: [Daine] Seuls les morts voient la fin de la guerre

Message par [MJ] Le Roi maudit »

La Nomade s'assit sur un tronc renversé en fixant le convoi et le Carroburger de ses yeux noirs :
-Sois prudent Norteño, tu étreins plus souvent Morr que les Mujeres.
Jet de discrétion : 9, réussi !
Entre l'aplomb rocheux et sa position, les pins à crochet offraient un couvert appréciable au déplacement du rôdeur. Le souffle du vent, les crissements des branches de conifères et le capharnaüm du convois étouffaient le bruit de ses mouvements. L'homme n'était plus visible sur sa crête.
Ses membres piaillaient leur mécontentement après les semaines de chariot et le passage d'un cheval de guerre tandis qu'il devait gravir les roches couvertes de mousse. Il arriva finalement en vue de leur observateur indésirable.

Image

Il s'était adossé au rocher, un peu plus loin un autre scrutait l'autre versant de la montagne. Il y avait plusieurs tapis en peau de mouton disposés autour du feu de camp. Qui étaient ces hommes ? Il ne portait pas d'armures, pas plus que de casques. Le seul détail sautant aux iris de l'assassin était l'un des boucliers : Peint à la hâte en orange, il était serti d'un blason noir : Une manticore.
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Re: [Daine] Seuls les morts voient la fin de la guerre

Message par Daine »

Argh, l'escalade, Daine avait l'impression que cela faisait des années qu'il ne s'y était pas essayé. Ses muscles endoloris lui faisaient savoir leur mécontentement après ces nombreux jours alités, sabotant sa progression, elle-même ralentie à cause de toutes les précautions qu'il devait prendre pour ne pas se faire remarquer. Grimaçant, le jeune homme continua son ascension, jusqu'à arriver enfin proche du sommet, où l'attendait comme il s'en doutait une sentinelle surveillant son armée. L'assassin s'accroupit dans un buisson proche, profitant du temps dont il avait besoin pour reprendre son souffle afin d'analyser le terrain, première étape nécessaire avant n'importe quelle action. Comment pourrait-il s'occuper de cet homme ? Il allait devoir y réfléchir longuement, pour maximiser ses chances de réussites, et ne pas rentrer bredouille chez Don Emilio...

Stop. Il y avait un deuxième homme derrière le rocher là. Merde, ça allait compliquer sa tâche. Daine fronça les sourcils : comment tuer deux hommes qui regardaient dans des directions différentes et étaient séparés par un obstacle naturel ? Il y avait des dizaines de façon de faire. Alors que son entrainement reprenait sa place dans ses pensées, l'assassin analysait chaque façon de faire différente. Empoisonner ce lapin au délicieux fumet qui cuisait sur une broche ? Trop long, et puis cela nécessitait de distraire l'homme qui se trouvait devant et le couvait des yeux d'un air affamé, quand il ne regardait pas la force armée qui s'approchait plus loin, en contrebas. Lui tirer un carreau en pleine gorge, le réduisant ainsi au silence rapidement, et définitivement ? Pourquoi pas, mais c'était trop risqué. Si Daine loupait son tir l'homme aurait le temps de crier, et puis même le bruit seul du carreau s'enfonçant dans son corps puis crissant sur la roche derrière risquait d'alerter son compagnon.

Tout cela était à la fois simple et compliqué. Une autre approche, plus brutale, consistait à contourner le regard de la sentinelle en grimpant le rocher derrière lui discrètement, puis de lui tomber dessus et de l'égorger. Sans un bruit si la manœuvre était couronnée de succès, et puis elle avait au moins l'avantage de mettre le spadassin dans une bonne position -en hauteur-, si elle échouait. De là, cribler de carreaux l'une de ses deux cibles et affronter l'autre avec cet avantage était tout à fait réalisable. Sauf qu'elle donnait à l'autre le temps de fuir, pour alerter sa bande, et le jeune homme n'était pas sûr de pouvoir le rattraper... Rah, l'indécision, son pire ennemie, alors même qu'il était en train de fomenter un meurtre. Une pointe de honte toucha Daine à cette pensée. Quand était-il devenu capable de préparer ce genre de choses froidement de cette façon ? Beaucoup trop tôt. C'était le monde qui l'avait conduit à devenir comme ça, qui l'avait forcé à tuer des hommes pour survivre.

Mais là, était-il obligé ? Non. Le jeune homme en tira de l'espoir, il pouvait choisir. Donc, garder ces hommes en vie, en plus de soulager sa conscience, cette méthode avait le bénéfice de leur fournir des informations à glaner, voir des nouvelles recrues dans le meilleur des cas. C'était sûrement trop optimiste, mais c'était mieux que des cadavres qui iraient hanter ses cauchemars. Sa décision était prise, encore qu'il lui restait un léger problème : faire ce qu'il avait à faire. Daine réfléchit encore quelques minutes, avant de prendre enfin sa décision : il allait utiliser le terrain à son avantage. L'homme tourné vers le nord serait sûrement le moins alerte, puisque ça faisait sûrement quelques heures qu'il attendait ici, sans rien voir d'intéressant. L'ennui, le pire ennemi des sentinelles, et donc le meilleur ami de ceux rôdant dans l'ombre. L'autre sentinelle serait d'autant plus sur ses gardes qu'elle observait l'incursion, c'était donc elle qu'il fallait réduire au silence en premier.

Le spadassin avait juste besoin d'une diversion pour s'approcher de sa cible, et pour cela cette position surélevée était parfaite, avec tous les rochers en équilibre plus ou moins instable. Aller, il était temps de s'y mettre. Faisant le moins de bruit possible, le jeune homme se mit à ramper en direction de la pente nord-est, afin d'y trouver un rocher prêt à être balancé dans le vide, droit sous les yeux de la sentinelle. Si ce n'était pas de la grosse diversion ! Si tout se passait comme prévu, l'autre irait voir ce qui pouvait faire autant de bruit en allant prêter main-forte à son compagnon, sauf que Daine serait là, en haut du rocher, où il serait monté entre-temps, pour l'intercepter. Il lui sautera dessus en utilisant son entraînement afin de le bâillonner, puis le menacera de sa main-gauche afin de le garder tranquille le temps de l'attacher en le bâillonnant pour de bon avec du tissu. Si il criait, tant pis pour lui, il finirait égorgé. Quant à ce que Daine fera au deuxième, il avait le temps d'y réfléchir.

Le plan était prêt, et si tout ce passait comme attendu, il était parfait. Sauf que les plans ne se passaient jamais comme prévu. Le jeune homme eut un léger soupir pour lui même. Il réfléchissait trop, il était temps d'agir.
Bon, je te fais un petit résumé ici des actions de Daine, qui s'étale beaucoup trop sur ce qu'il compte faire :D . Il rampe en silence vers un rocher plus ou moins instable du côté du garde au nord, pousse le rocher dans le vide, et pendant que ce dernier dégringole, il contourne l'autre sentinelle pour l'attaquer par derrière, et le bâillonne en lui faisant garder le silence de sa dague.
Modifié en dernier par [MJ] Le Roi maudit le 01 oct. 2020, 16:57, modifié 1 fois.
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Re: [Daine] Seuls les morts voient la fin de la guerre

Message par [MJ] Le Roi maudit »

Jet de discrétion de Daine : 16, échec, les sentinelles entendent du bruit
Jet pour basculer un rocher : 18, échec
Jet de compréhension des soldats : 20
En conséquence de l'échec critique le premier garde tire à la fronde sur Daine : 20, sa fronde pète
Daine tire en réponse : 16, échec
Le garde 2 attrape sa corne pour souffler dedans : 7, réussite
Daine tire sur le sonneur : 17, échec
Tout se passa en quelques instants. L'assassin s'avança à pas de loup pour faire sa diversion. Ce qu'il ne pouvait pas anticiper, ce natif des forêts et des plates étendues impériales, c'était à quel point la montagne pouvait être traîtresse. Il trébucha. Bêtement mais...bruyamment. II pouvait tenter le tout pour le coup en poussant le rocher à quelques pas de son bras. Mais en vain. Ce n'était qu'un affleurement de la roche mère.

-Ez mugitu !

En voyant l'arbalète de l'Impérial ils marquèrent un pas de recul mais le premier en profita pour attraper une fronde. Aucune parole de Daine ne sembla les atteindre, pire, elles semblèrent les énerver un peu plus. Par une chance inouïe le cuir de la fronde craqua lors du mouvement circulaire. Le montagnard pesta. Daine répliqua avec une arme de personne civilisée mais le stress montant l'empêcha de viser correctement. Le carreau fila à travers l'air de la montagne, manquant le visage de l'homme de trois bon pouces.

-IMPERIALO !

Image

L'autre, vêtu en peaux de moutons, attrapa une corne torsadée et souffla dedans. Un son grave et assourdissant résonna dans la vallée. Suivi d'un second, puis d'un troisième. Les échos cumulés donnèrent un concert funeste. Les Montagnes étaient alertées de la présence de Daine.
Les deux sentinelles attrapèrent leurs armes. Lance et épée courte.

-Non daude orain zure jainkoak imperialo ?
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Re: [Daine] Seuls les morts voient la fin de la guerre

Message par Daine »

Un pas en avant, un pas sur la gauche, encore un pas en avant... Daine prenait toutes les précautions du monde pour ne pas faire de bruit n'exerçant qu'un léger appui sur chaque rocher qu'il foulait, car c'était sa vie qu'il jouait ici. Malheureusement, manque d'appui signifiait risque de glissade, et c'est exactement ce qui arriva au jeune homme, alors qu'il ne se trouvait qu'à quelques pas du bord. Écarquillant les yeux de terreur, l'assassin se vit glisser bruyamment en direction du vide, s'attendant déjà à passer par dessus bord, avec comme seuls témoins de sa fin les deux sentinelles qui ne pouvaient que l'avoir entendu se vautrer lamentablement. En jetant des coups d’œil affolés tout autour de lui, le spadassin remarqua enfin sa planche de salut : un rocher qui saillait au bord du vide, parfait pour l’arrêter dans sa chute, et avec un peu de chance, la diversion qu'il lui fallait.

Sauf que non. Le jeune homme s'y agrippa pour garder son équilibre, et avant que les estaliens ne tournent leurs regard vers lui, du moins l'espérait-il, il poussa de toute ses forces contre la pierre. Qui aurait pu être la montagne elle-même, au vu du résultat, au mieux pitoyable. La roche ne bougea pas d'un pouce, et Daine entendit des bruits de pas dans son dos, ce qui le poussa à faire volte-face le plus vite possible. Les deux hommes le regardaient d'un air ahuri, et ne tardèrent pas à l'invectiver dans un dialecte inconnu. Et merde... Espérons qu'ils le comprendraient quand même. Le loup du nord (ah, quelle blague, il était incapable de surprendre deux idiots ne regardant pas dans sa direction) pointa alors ses cibles de son arbalète de poing, avant de lancer, de la manière la plus convaincante et impérieuse qu'il pouvait trouver :

Holà, tous doux les gars ! Je vous propose un marché, j'ai l'arme qui tue de loin, et vous ne souhaitez pas mourir aujourd'hui, n'est-ce pas ? Donc, vous allez déposer gentiment vos armes, et vous laissez faire, je jure sur mon honneur et celui de mon seigneur qu'il ne vous sera fait aucun mal tant que vous ne tentez rien, d'accord ?

Ses opposants regardèrent d'abord l'arme avec méfiance, puis, à mesure qu'il parlait, leurs sourcils se fronçaient de plus en plus, jusqu'à ce qu'ils paraissent franchement agressifs. Ils ne comprenaient pas ce qu'il disait, n'est-ce pas ? Putain, Daine avait pensé que tous les hommes d'Estalie étaient aussi civilisés que Don Emilio et ses semblables, et le voilà confronté pour la première fois à des hommes indignes du mot civilisation. Et il s'en étonnait ! Quel idiot, il aurait dû déduire de leurs boucliers peinturlurés comme ceux de sauvages qu'ils n'étaient pas capable de le comprendre. Alors qu'il hésitait encore sur la marche à suivre, un des deux montagnards profita d'un instant d'inattention pour sortir sa fronde, laissant le jeune homme voir au ralenti l'arc de cercle qui risquait de provoquer sa fin.

Crac ! Ce n'était pas le crâne de l'impérial qui s'était brisé, mais bel et bien la lanière de cuir (sûrement de mauvaise qualité, ou mal entretenue) de l'arme rustique, laissant son porteur jurant et Daine abasourdi. Il n'allait pas laisser cela impuni ! Levant son arbalète de poing en un éclair, il ne prit pas le temps de viser dans l'urgence de la situation, et le carreau jaillit pour passer dans les airs près de l'homme sans lui provoquer aucun mal. Merde, maintenant ils avaient une raison de plus de se sentir en danger, et donc d'agir comme les bêtes sauvages acculés qu'ils étaient. Le deuxième sembla enfin se reprendre à son tour, prenant à sa ceinture un grand cor qui allait sûrement résonner dans toutes les montagnes avoisinantes. Et merde. L'homme porta le corps à ses lèvres beaucoup trop vite pour que Daine puisse réagir, et souffla dedans, réveillant l'esprit de la montagne lui-même.

Merde... Merde. Merde ! Putain, il n'aurait pu faire plus indiscret. L'avantage était qu'au moins Don Emilio et ses gens aussi étaient avertis, mais maintenant il n'existait plus aucune discrétion dans son opération. Mais le pire était la situation de Daine, qui se retrouvait seul face à deux montagnards endurcis, armes sortis, et qui l'invectivaient de leurs charabia incompréhensible, si ce n'était le "impérialo", qui ne devait sûrement pas être un compliment de leur part. Son deuxième tir ayant échoué aussi, la pression montante l’empêchant de se concentrer, le dit impérial se retrouvait bien démuni, ayant planifié toute l'heure passée. Ça lui apprendrait à faire des projets sur la comète, maintenant, il n'avait plus que deux solutions : le combat ou la fuite. Et quelles solutions ! Un combat en deux contre un ou une fuite sur un terrain connu de ses adversaires.

De toute façon cette fois-ci le jeune homme n'avait pas le temps de réfléchir, et il choisit donc la fuite en un éclair, ses récentes blessures se rappelant assez à son esprit pour qu'il n'ait aucune envie d'en subir de nouvelles, ou pire. Il allait courir jusqu'à les semer, toujours dans la direction de son armée, et en espérant ne pas se casser une cheville. Il avait échoué, hors de question d'empirer la situation en continuant d'essayer.
Modifié en dernier par [MJ] Le Roi maudit le 01 oct. 2020, 16:58, modifié 1 fois.
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Re: [Daine] Seuls les morts voient la fin de la guerre

Message par [MJ] Le Roi maudit »

Jet d'endurance de Daine pour descendre la pente en détalant : 5, réussite
Le garde tire dans ta fuite : 2, tu perds 14 pv
C'était extrêmement risqué de dévaler la pente caillouteuse. Les pierres roulaient sans amasser mousse sous les pieds de l'Impérial. Derrière lui les Sentinelles gueulaient dans leur langue barbare des mots qui ne nécessitaient pas d’interprète tant ils résonnaient d'hostilité.
Une flèche siffla, puis une autre, la troisième érafla la cuisse droite du spadassin légèrement en guigne mais la gravité l'aida à arriver jusqu'à Magdalena.
La Nomade n'eut pas à demander deux fois ce qui se passait.

-Des montañeses ! Au camp !

Elle l'accompagna prestement vers les chariots et les hommes, sans manquer de commenter :

-Et tou as réoussis à encore te blesser !

Le camp était en ébullition. Les cors de guerre ne laissaient aucun doute. On chargeait les armes à poudre, on montait les piques et les épées sortaient de leurs fourreaux. Les combattants se tenaient prêts.
Don Emilio était dans tous ses états, il expliqua à Daine le pourquoi du comment tout en essuyant la lame de son sabre.
-Les montañeses né sont pas comé nous. Cé sont des peuples rudes, belliqueux. Un peuple dé chasseurs et dé rôdeurs. Si ils nous sont hostiles...Soit l'Hiver est déià roude dans les Montagnes soit...Peut être ont ils été engagés. Tenez vous prêts. Quoi qu'il advienne.

Et l'on attendit. Le chirurgien posa un bandage sur la cuisse de Daine. Magdalena l'attendit derrière la mince barricade qu'offrait les provisions. Un cercle de chariots, le pâle soleil hivernal et l'arrivée imminente d'une bande de sauvages. L'Estalie lointaine, sauvage et exotique à n'en pas douter.
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Re: [Daine] Seuls les morts voient la fin de la guerre

Message par Daine »

Courir, quelle merveille. On ne se sentait jamais plus vivant que lorsque ses talons heurtaient brusquement le sol, ses genoux supportaient les chocs, ses cuisses étaient tendues au maximum, son coeur battait follement dans sa cage thoracique à vous en faire vomir vos tripes, sa tête privée d'oxygène commençait à tourner, et que sa vision brouillée montrait le terrain plus qu'accidenté dans lequel on était dans un tel état. Si l'on rajoutait à ça les deux montagnards enragés qui voulaient sa peau derrière lui, les flèches voulant autour de son corps, les pierres instables roulant sous ses pieds, le matériel fragile et lourd qu'il transportait, et le fait qu'il avait déjà glissé sur ce même terrain il y avait même pas deux minutes, Daine passait vraiment le meilleur moment de sa vie.

Et pourtant, il tenait bon. Certes, la descente n'était pas parfaite, et le jeune homme passa bien près de tomber pour une chute définitive à de nombreuses occurrences, mais il était toujours debout sur ses deux jambes et indemne à la moitié de la pente, un véritable exploit vu ses performances précédentes. Il commençait d'ailleurs presque à en prendre du plaisir. Un sourire d'idiot aux lèvres, Daine continuait de dévaler la pente, oubliant son échec, oubliant la mort qui le frôlait de si près ces derniers temps, oubliant les problèmes qui l'avaient poussé à s'exiler, oubliant même les meurtres qu'il avait commis. Il était juste là, à risquer sa vie de façon stupide dans une terre inconnue et magnifique, échappant à une chute pouvant se révéler fatale à chaque seconde, dansant presque au dessus de la montagne traîtresse. Il se sentait invincible. Et bien sûr, il ne l'était pas.

Une vive douleur à la cuisse le rappela à la réalité, manquant de le faire tomber, et le spadassin vit du coin de l’œil la flèche qui l'avait entaillé. Faisant un brusque écart, il parvient de justesse à reprendre son équilibre, glissant quand même quelques mètres sur des pierres qui s'étaient détachés à son passage. Pfiou, c'était pas passé loin, et cette blessure à la cuisse bien qu'assez peu profonde lui faisait un mal de chien. C'est donc en serrant les dents et toute son euphorie passagère envolée que le jeune homme termina sa folle descente, sa concentration retrouvée le gardant sur ses deux pieds jusqu'en bas, où l'attendait Magdalena. Daine n'avait pas vérifié si les sentinelles l'avaient poursuivi, mais d'après le cri de Magdalena, ils avaient dû au moins faire une partie de la descente, espérant peut-être garder leur proie, qui aurait dû être le chasseur. Hors d'haleine, le jeune homme hocha la tête autant qu'il le pouvait sans vomir, avant de rajouter, sifflant :

Oui... rah... deux éclaireurs... m'ont repérés... pfff, vont sûrement alerter les autres... peut-être pour nous attaquer directement... Quels salauds.

Le jeune homme se laissa donc raccompagner par sa compagne tout en essayant de reprendre son souffle, tandis que celle-ci, excédée, remarquait sa blessure et ne se passait pas de commentaires pour faire éloge de son talent incroyable à s'en faire de nouvelles. Il était vrai qu'à peine remis sur pieds, il se faisait de nouveau blesser, mais cette fois-ci, c'était son orgueil qui avait le plus mal. Il se prenait pour un sauveur, un combattant qui certes manquait d'expérience, mais était naturellement doué, il avait en réalité encore tout à apprendre, et Magdalena était là pour le lui rappeler. Daine sourit, en réalité elle lui faisait plus que du bien en lui rappelant qu'il n'était pas invincible et en détournant son esprit de ses problèmes.

Ils arrivèrent donc au camp ainsi, le jeune homme ayant enfin plus ou moins repris son souffle, pour alerter tout le monde du danger qui planait sur la compagnie. Tandis que les hommes se rassemblaient et préparaient leurs armes, le duo alla directement jusqu'à Don Emilio, qui écouta le récit de Daine avant de confirmer ses dires, il ne s'agissait pas ici du même type d'hommes, et sans l'attachement de ceux étant nés et ayant grandis au même endroit, les combats seront encore plus sanglants. Grimaçant, le blessé alla rejoindre la tente du chirurgien, qui lui donna les premiers soins et lui fit un bandage de fortune, puis se plaça au milieu du cercle, de là où il aurait la meilleure vue sur ce qui se préparait. Et là, il commença à attendre, à l’affût du moindre son, du moindre mouvement qui signifierait une attaque imminente, sa main tenant celle de sa compagne. Ils étaient près à affronter une épreuve de plus, ensemble.
Modifié en dernier par [MJ] Le Roi maudit le 01 oct. 2020, 16:59, modifié 2 fois.
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Daine BlauesHerz, Voie du meurtre
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[MJ] Le Roi maudit
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Re: [Daine] Seuls les morts voient la fin de la guerre

Message par [MJ] Le Roi maudit »

Le vent montagnard insaisissable et glaciale fit claquer les vestes les capes et les oriflammes. Les plumes des chapeaux bruissèrent. Les Hommes attendaient l'inéluctable charge. En vain.

Oui. Après de longues minutes, cramponnés à leurs armes, les mercenaires commencèrent à s'impatienter. Attendre la trouille au ventre qu'un ennemi vous tombe dessus l'épée au clair c'est une chose, mais si l'ennemi ne se ramenait pas où allait le monde. Pire que du travail de Tiléen. En dehors du camp il n'y avait plus un bruit si ce n'est le sifflement des branches de pins et l'occasionnel chuintement d’une hulotte.

Certains, la voix un peu hésitante, proposèrent de lever le camp avant de se faire rabrouer par d'autres, rappelant que les Montagnards n'attendraient que ça pour frapper. Pourtant il fallu se rendre à l'évidence qu'il était plus probable qu'ils prennent racine, événement déjà survenu en 2504 à une armée Nordlander malheureuse, que de se faire attaquer ce jour-là. Don Emilio et Pedro secouèrent la tête et annoncèrent la levée du camp. Les préparatifs furent extrêmement long car la plupart des combattants restèrent à surveiller qu'aucune armée ne fonde sur eux.

Les chariots prêts à partir, quelques hommes inspectèrent la lisière avant que le convois ne se remette en branle. Magdalena ne lâcha pas la main de Daine.
Les jours s’égrainèrent, patiemment. Le moral de la troupe lui, était moulu comme du froment. On redoutait les embuscades, les tactiques de sabotage, la fameuse Guérilla. La plupart des hommes n'osait même plus pisser trop loin du couvert protecteur des torches le soir venu. Chaque traversée de col était susceptible de donner une crise d'apoplexie aux cochers, surtout lorsque les bœufs forçaient pour avancer. La seule trace des Montagnards étaient les idoles païennes dressées le long des routes, couvert de libations frugales comme des fromages secs ou du petit gibier, ainsi que les villages abandonnés que repéraient les éclaireurs. Des petits villages de pierres aux toits d'ardoises totalement désertés, vivres et bêtes comprises. Avec l'hyperbole typique de la gent estalienne, on disait que même les souris des greniers avaient disparus. Pourtant malgré le confort qu'aurait apporté ces abris avec le vent glacial et les chutes de neige occasionnelles, personne ne se risqua à proposer de camper dans l'un des hameaux. Comme le reflux de la marée les montagnards s'étaient retirés, mais les pessimistes s'accordaient à dire que ce n'était que pour mieux frapper au moment opportun.

Les collines laissèrent la place aux véritables sommets couverts de neige et les trois dernières vallées qu'ils avaient traversé étaient pleinement prises dans l'écrin de glace. Ce paysage et ce froid rappelaient au Middenlander son pays natal désormais si loin. Et comme dans l'empire, on craignait ici autant les forêts que ce qui pourrait en sortir.
La gloire...Le pouvoir...La Légende...L'Estalie ! À tout prix...

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