[Darn] Le monde perdu

Les Terres du Sud relient le sud et la terre des morts Khemri et sont principalement composées de marécages et de forêts tropicales. Les habitants des terres du sud sont les Hommes-lézards, les Orques sauvages et les gobelins des forets, et quelques tribus humaines qui sont appelé par les aventuriers hommes sombres, lesquelles vivent en paix avec la nature et semble protégés par les Hommes-lézards. On y retrouve également des colonies pygmées, et les légendaires Amazones.

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Message par [MJ] Le Djinn »

Aventure précédente: viewtopic.php?f=192&t=6710
Encore des mois de bateau, en pleine mer, à foncer droit devant soi sans réellement comprendre si le navigateur savait ce qu'il faisait ou si les navires partaient s'abimer dans le funeste océan, loin et oubliés de tous. Sur un ton plus positif le trajet s'était trouvé plus calme que sur sa première partie. Pas de monstre marin à l'horizon et les quelques navires aux formes effilées qui les avaient croisés n'avaient pas tentés un abordage. Pour un des vieux officiers du bord il n'y avait pas de doute: c'étaient des corsaires elfes noirs, une sale engeance qui pillait et capturait des convois entiers pour transformer leurs occupants en esclaves. Sans doute que le nombre de bateaux de l'expédition les avait dissuadés de lancer l'abordage, il y avait des proies moins coriaces après tout.

Il fallait dire que les douze bateaux, quoiqu'à l'équipage amoindri par la longue durée de la traversée et les dangers rencontrés, avaient de quoi terrifier même les assaillants les plus courageux. Six caravelles vives entourées de quatre galions plus solides et enfin deux lourdes frégates qui avaient bien du mal à suivre la cadence mais dont la puissance de feu ahurissante ferait frémir n'importe qui. Du côté des marins eux-mêmes, l'arrêt à la Forteresse de l'Aube avait permis de récupérer bien de la pitance, fort utile pour garder la bonne humeur des hommes. Bien sûr elle avait fondue comme neige au soleil et à présent un mois la troupe en était retournée à son quotidien de biscuits secs arrosé d'huile d'olive et encore pas tous les jours. L'ennui était revenu et même les parties de dés n'intéressaient plus grand-monde. Heureusement certains mercenaires avaient leur chic pour inventer et réinventer des jeux avec les mêmes outils, offrant quelques jours de distraction de temps à autre.

Autant dire que le soulagement fût immense quand, par un beau matin, les vigies de tous les navires hurlèrent à l'unisson:


-"TERRE EN VUE! TERRE EN VUE!"

A l'horion venait d'apparaître une terre verte surmontée d'une montagne solitaire qui se dessinait au loin. Tous les hommes s'étaient précipités sur le bastingage pour essayer de voir quelque chose, n'importe quoi qui puisse les sortir de leur quotidien. On s'interrogeait: était-ce l'objectif? Etaient-ils arrivés? Les officiers navigateurs de chaque navire attrapèrent leurs cartes, comparèrent les horaires et les tracés, la position du soleil et des lunes qui disparaissaient à l'horizon. Un après l'autre sortirent et annoncèrent: ils étaient arrivés!
Alors ce fût une effervescence, une joie immodérée et partagée par tous! Au diable les inimités qui naissaient dans le cloaque étroit d'un pont de bateau! On s'enlaçait, on s'embrassait, on dansait toutes les danses du monde connu! Seuls les plus vétérans des guerriers s'assombrissaient, car ils ne comprenaient que trop bien que la partie facile était terminée.
Si devant le convoi, au Nord, se dévoilait une île probablement gigantesque car on en voyait pas la fin à l'horizon, l'Est permettait également de distinguer des formations de moindre importance. Rien d'étonnant à vrai dire: les îles du Dragon étaient un archipel, comme le pluriel laissait le deviner, et beaucoup d'îlots plus ou moins permanents jaillissaient des flots même s'ils faisaient pâle figure devant les îles centrales, bien plus grandes. Pour autant la géographie du lieu était très mal connue, les expéditions s'étaient succédées sans jamais vraiment pouvoir s'installer. Ni les elfes, ni les nains, ni les hommes n'étaient parvenus à poser un pied durable sur ces îles, laissant vague le savoir qu'on avait rassemblé à leur sujet.

Cela dit aucune expédition non plus n'était arrivée avec une telle puissance. Car sur les deux mille marins et mercenaires présents au départ c'était tout de même mille quatre cent d'entre eux qui mettaient pied à terre sur une plage immense de sable fin. Les caisses de bois et de cordages allaient pouvoir servir et pour le moment les guerriers étaient mis à contribution pour sortir ce matériel de construction et commencer à bâtir le campement, qui aurait sans doute des allures d'immense forteresse. En un certain sens le lieu n'était pas très différent des Terres du Sud, mais sa jungle semblait plus agressive. La chose était dure à décrire mais les plantes s'entortillaient entre elles comme pour former une muraille, les arbres prenaient des postures hautes d'où émanaient des branches couvertes de pointes, des cris d'oiseaux émanaient de la forêt, entrecoupés par les grognements agressifs de larges animaux dont les pas résonnaient dans le lointain.

Après avoir donné un petit coup de main avec les autres ogres pour descendre du bois, Darn dû se rendre à l'évidence: il faisait faim par ici. Qu'allait-il faire pour inaugurer son arrivée? Être sage et aider à la construction du camp ou s'aventurer sur la plage ou dans la jungle, comme il avait pu le faire?
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Darn le Grossier
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Re: [Darn] Le monde perdu

Message par Darn le Grossier »

Le grand océan du sud. Région aussi peu explorée et autant hostile que le légendaire continent de Lustrie. La petite flotte qui conduisait la « Mission de Luccini » traversait un désert d’eau salée qui avait la réputation d’être le territoire de chasse favori des pirates et des esclavagistes de la pire espèces, c’était la mer aux tempêtes violentes et destructrices et la demeure de monstres marin plus grands qu’un navire de premier rang. Le voyage dura de longues semaines sans la moindre escale, ni le plus petit problème. Il y eut bien un jour ou le matelot en poste dans le nid de pie du bateau le plus avancé de l’expédition signala des voiles noires en approche. Une flottille de navires d’elfe noir approchait des bâtiments de guerre à une vitesse folle. L’intégralité des marins et des mercenaires se mirent instantanément en position sur les ponts, prêt à taillader, écraser, trouer, harponner et canonner, mais les vaisseaux aussi noir qu’une nuit sans astres changèrent de cap avant d’être à portée des canons et ils se contentèrent de longer, à bonne distance, la petite armada venue du vieux monde pour le plus grand soulagement des humains, des elfes et du halfelin, et au grand damne des nains et des ogres qui rêvaient de taper sur quelque chose.
Le reste du trajet fut d’un ennui mortel pour les voyageurs. Les jeux étaient répétitifs et lassants, malgré les nombreuses innovations que les plus imaginatifs pouvaient y apporter, les séances d’entraînements avaient été espacées à cause de la tension provoquée par le voyage qui grandissait chez les guerriers qui infligeaient des blessures de plus en plus graves à leurs camarades durant les séances qui ressemblaient plus à des bagarres violentes cas des vrais exercices, les discussions s’étaient arrêtées depuis bien longtemps et les chants ne soulageaient plus les cœurs. Même la boustifaille et la boisson ne faisaient qu’accentuer la frustration des passagers.
Les mois avaient pris la place des semaines et Darn commençait à ne plus supporter ce long trajet. Son caractère, toujours enjoué devant l’aventure et l’inconnue, avait disparu, effacé par la faim, la soif de combat et le regret d’avoir signé. Il avait fini par se dire, à longueur de journée, qu’il aurait peut-être mieux fait de rester dans l'empire et d'affronter la colère des chefs de gang et le jugement des autorités d’Altdorf plutôt que de moisir sur ce rafiot. Il ne supportait plus la plupart de ses camarades. Il continuait à parler et à s’entrainer avec ses deux frères ogres, avec les jumeaux impériaux et le gamin de bretonnie dont il s’était fait des amis, il lui arrivait même de supporter l’un des nains en armures lourde, un certain Gurthum, avec qui il sympathisa lors d’un entrainement musclé et il se fit une bonne pote de la femme rousse lorsque cette dernière sortie de son isolement habituel pour venir remercier le colosse de lui avoir sauvé la vie, mais tous les autres passagers le gonflai par leurs simples présence. Darn passait donc le plus clair de son temps dans la cale, seul avec son gnoblard, à faire remonter des souvenirs des terres qui l’avaient vue naître, ou de l’époque où il venait juste d’arriver dans le vieux monde. Il parlait souvent à son gnoblard et à ses gros camarades des chasses et des combats qu’il avait livré chez lui, des épreuves qu’il avait dû surmonter pour survivre et pour être reconnu comme un buffle adulte, en particulier la fois ou il avait étranglé à main nu un ours géant qui avait failli l’éventrer. Il se berçait dans une nostalgie apaisante, mais qui laissait toujours place à la déception et à une frustration amplifiée.

Finalement, le voyage arriva à son terme le jour ou un cri sorti de leurs songes les pauvres hères qui peuplaient les navires, des mots que tout le monde souhaitait entendre un jour sans réellement croire à son arriver.

TERRE EN VUE !

Il fallut que les guetteurs répètent ses mots plusieurs fois avant que les passagers ne les croient. Une foule s’agglutina rapidement sur les rebords des navires, tous cherchèrent des yeux cette terre promise qu’ils appelaient de leurs vœux et des hurlements de joie, des vivats et des hourras se firent entendre quand les fameuses îles apparurent au loin. Le bonheur éclata sur les bateaux, on y dansait, chantait et s’enlaçait en poussant des cris d’allégresse. Darn sautillait sur le point, reproduisant les pas d’une danse de chez lui en chantant une prière à son dieu. Il mettait tellement d’énergie dans ses mouvements et dans ses paroles que Volding dû s’accrocher comme un fou aux lanières de la plaque ventrale de son maître pour ne pas finir à la mer. L’espoir était de retour, mais certains ne semblaient pas avoir le cœur à faire la fête. Les vétérans et les officiers savaient très bien que des dangers inconnus les guettaient depuis l'immense forêt tropical qui recouvrait l'île et que leur enfer ne faisait que commencer.

Notre grand héros sortait de la mer avec difficulté. Les deux matelots qui l’avaient amené jusqu’à la plage étaient déjà en train de faire demi-tour avec leur barque pour poursuivre le rapatriement de la petite armée et du matériel nécessaire à sa survie. L’ogre rejoignit la petite centaine d’hommes qui étaient déjà sur place et qui commençaient à construire le camp. Les mercenaires s’agitaient dans toutes les directions pour installer le camp, ouvrant les caisses et les sacs de matériaux, installant les tentes qui étaient recouvertes de poussière et ils commençaient à abattre des arbres pour dégager le terrain et pour rassembler un stock suffisant de bois pour que des fortifications puissent être érigé rapidement, tout cela sous le regard attentif des officiers. Notre héros jeta son œil rapidement sur cette cohue et il se rendit compte que Rousbif n’avait pas encore mis pied à terre, il n’y avait que quelques ogres qui s’attelaient avec les humains et les nains qui étaient présents. Le Gueule-de-Givre s’éloigna de cette foule agitée. Ses nerfs, toujours à vif, palpitaient rien qu’à la vue de toute cette agitation, le bon sens voudrait qu’il aille les aider, mais à cet instant il préférait envoyer balader la raison et céder à ses pulsions. Il était ici pour explorer, pour sentir, goûter et voir des nouvelles choses, des choses que bien peu de personnes avaient eu la chance d’admirer et de survivre suffisamment longtemps pour s’en vanter. Il rejoignit la lisière de la jungle épaisse et sauvage, c'était un véritable mur d’arbres, de plantes grimpantes et de lianes qui semblaient impénétrable. Un petit groupe d’elfe l’avait devancé, trois oreilles pointues en armure et le danseur à moitié nu observaient le rempart végétal avec un regard attentif et perçant dans une immobilité et un silence quasi-total. Ils se contentèrent de regarder Darn pénétrer dans la végétation insondable pendant que son larbin essayait de lui faire changer d’avis.

C’est vraiment pas une bonne idée boss ! N’importe quoi peu nous attendre là-bas.

M’en fou ! J’ai b’soin d’m’isoler ! J’en peu plus de toutes ses têtes de cons !

Je n'veux pas crever ici boss ! S’te plait, fait d’mi-tour et pose-toi sur la plag…

La petite créature fut interrompue par une claque sur son visage.

Ta gueule ! J’ai envie d’écraser que’que chose et j'préfère qu'ce n'soit personne d'la troupe, alors ferme là si tu veux rester entier.

L’ogre continua son chemin avec difficulté pendant quelques minutes dans un silence qui se faisait grandissant à mesure qu’il s’éloignait de l’expédition. L'épaisseur de la végétation rendait la marche difficile et le colosse potelet dû briser un grand nombre de branches et arracher plusieurs lianes et il manqua de tomber à plusieurs reprises à cause ses pieds qui se faisaient piéger par des racines. Il regarda son gnoblard qui était toujours perché sur son épaule et il constata qu’elle était inquiète. Volding semblait prêt à bondir pour s'enfuir et se cacher, elle faisait clairement de gros efforts pour ne pas céder à son instinct de survie, mais il était clair qu'il ne faudrait pas grand-chose pour que sa volonté s'effondre.

T’inquiète, ont n'va pas loin. Planque-toi dans mon sac si ça t'rassure et souviens-toi qu'si tu t’éloignes d'moi sans permission, j'te foutrai une raclée comme tu n’en as jamais eu !

À ses mots, Volding sauta dans le sac de voyage de son maître et il se blottit contre la bannière sale et déchiré qui traînée dedans, il n’osait qu’à peine sortir la tête pour observer, d’un regard inquiet, ce nouveau monde qui n’attendait qu'à être exploré.
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Re: [Darn] Le monde perdu

Message par [MJ] Le Djinn »

En l'absence de matériel adapté, test de FOR pour pénétrer plus avant dans la jungle: 4, réussite.
Pullulantes et agressives, les lianes semblaient barrer volontairement le passage à l'ogre et son compagnon à longues oreilles. Passer n'était pas une mince affaire: chaque coup de poing terminait enchevêtré dans un tas de nœuds, chaque pas s'achevait dans un bourbier ou une flaque profonde. Même au niveau du ventre les plantes tropicales s'agglutinaient comme autant de bras souhaitant barrer le passage. Mais que pouvaient ces faibles végétaux devant la détermination et la violence des ogres? Darn arrachait à son passage les grimpantes et les fleurs qui tentaient vainement dans le retenir, le tout sous l'œil admiratif de Volding qui comprenait enfin la vraie puissance de son maître.

Après une progression lente et compliquée mais soupoudrée de violence gratute, le duo finit enfin par atterrir quelque part, enfin si on pouvait appeler cela quelque part: sur une clairière marécageuse dotée en son centre d'un petit édifice pyramidal d'environ cinq ou six mètres de haut. Sans escalier apparent il était doté au centre d'une ouverture partiellement cachée par des broussaille qui ne suffisaient pourtant pas à la cacher réellement. Dans les larges flaques autour du bâtiment grouillaient des petites sangsues noires dérivant paresseusement au gré de leur envie du moment.
N'écoutant que son courage et sa soif d'aventures, Darn chercha à pénétrer le lieu oublié, mais avant d'avancer dans le marécage...

Test d'HAB de Darn: 16, échec. Darn perd 4 Pvs. Il lui en reste 126.
Et ce fût pour le grand plaisir des sangsues qui se régalèrent de ses chairs fermes! Bien sûr elles ne purent pas pénétrer loin dans les mollets à cause du pantalon, mais en sortant de l'eau notre ogre fût forcé d'en arracher une paire. Ce désagrément terminé il put entrer. L'endroit avait dû être un fortin à une époque au vu de sa configuration étroite et anguleuse, très appréciée des militaires. Prendre ce bâtiment n'avait pas dû être une partie de plaisir pour les assaillants. Elle était constituée de deux couloirs qui se croisaient en croix et menaient tous au même escalier en colimaçon montant vers le haut de la pyramide à degrés. Le premier étage, quasi-entièrement troglodyte, ne laissait filtrer la lumière que via des minces meurtrières filtrant la luminosité déjà faible de la forêt. Darn devrait se fier à ses sens pour s'orienter.
Test d'HAB+INT de Darn: 19, échec.
Impossible de s'orienter dans ce fichu étage! Darn marchait sur des matières craquantes qui devaient être des os, mais impossible de trouver l'escalier pour monter au sommet ou quoi que ce soit d'utile. Fort déçu de sa découverte, notre énorme héros redescendit vers le rez-de-chaussée. C'est à la sortie que Valding remarqua quelque chose d'étrange. Une des statues en forme de lézard... N'était plus là!
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Re: [Darn] Le monde perdu

Message par Darn le Grossier »

Cette jungle était d’une grande beauté. Son aspect sauvage et primitif aurait pu inspirer bons nombres de peintres, de dessinateurs et de poètes et la grande variété de plantes, d’herbes et d’arbres inconnus aux formes, tailles et mélanges de couleurs originaux auraient rendus fous d’excitations les alchimistes, les herboristes et les passionnés de nature. Mais pour notre héros, toute cette verdure n’était rien d’autre qu’un obstacle à arracher et à piétiner. Son sale caractère, dû aux longs mois de voyage en mer, le poussait à avancer en ignorant les splendeurs qui l’entouraient. Ses envies étaient simples, s’éloigner de l’agitation du camp et trouver quelque chose sur lequel se défouler à grands coups de poings et de dents. Il fallait qu’il tue quelque chose qu’il puisse dévorer pour lui faire passer ce goût écœurant d’huile d’olive qu’il avait dans la bouche depuis des semaines et qui refusait de disparaître et pour combler le creux dans son estomac qui ne pouvait être combler par les rations insipides qu’il mangeait depuis trop longtemps.
Son esprit, embrumé par la faim et par la colère accumulée, lui avait fait perdre la notion du temps. Depuis combien de temps marchait-il ? Quelques minutes ? Quelques dizaines de minutes ? Une heure ? Il ne le savait pas et il s’en fichait bien. Seul l’arrachage des lianes et des branches, ainsi que le piétinement des racines et des plantes qui lui barraient le chemin était important, tout cela sous le regard impressionné et les applaudissements du gobelinoïde qui était toujours à moitié caché dans le sac de l’ogre.

Les deux compères finirent par arriver devant quelque chose d’assez surprenant. Un petit marais aux relents nauséabonds au milieu duquel se trouvait une haute bâtisse en pierre. La structure était très sobre, aucune forme de décoration était visible sur sa façade, les plantes grimpantes qui la recouvraient en partie et les hautes fougères qui avaient poussés sur les rares parties de terre meuble qui l’entourait laisser supposer que la petite pyramide était à l’abandon depuis de nombreuses décennies.
Darn s’approcha de la seule ouverture visible, à peine cachée par des fougères et gardée par deux statues impressionnantes. Ses dernières représentaient des créatures de grandes tailles que les experts en légendes et en monstres auraient qualifiés de petits dragons. Le mangeur-d’homme avait l’impression que les deux sentinelles l’observaient, qu’elles pourraient lui sauter dessus s’il s’approchait d’un peu trop, c’est donc avec prudence qu’il avançait vers elles, les poings serrés et le corps tendis, mais rien de fâcheux ne se passa et notre obèse aventurier arriva devant l’entrée sans peine. Il ressentait une drôle de sensation dans ses mollets, comme une sorte de pincement désagréable, et c’est en jetant un coup d’œil dessus qu’il vit deux vilaines sangsues accrochées à son pantalon rapiécé. Les bestioles s’étaient glissées entre les morceaux d’écailles, d’os et d’obsidiennes pour atteindre le cuir épais de l’ogre et elles étaient toutes les deux en train de se creuser un chemin vers la chair coriace, mais grasse, du gros. Ce dernier se débarrassa des parasites en râlant, puis il rentra son ventre et pénétra dans la construction à l’ouverture et aux couloirs étroits.

L’exploration du bâtiment ne fut qu’une nouvelle source de frustration. L’intérieur était vide, aucun objet à piler, aucune gravure ou statue à admirer, pas même une colonie de rat ou d’autre rongeur à attraper et à dévorer. Pire encore, Darn se perdit dans l’étage, lui faisant perdre son temps et sa patiente. Ce fût avec grand-peine qu’il parvint à retrouver l’escalier en colimaçon qu’il avait emprunté et c’est en donnant des coups sur les murs et en grognant des injures qu’il ressortit. Son inspection lui avait donné à penser qu’il devait s’agir d’une sorte de caserne, peu étonnant qu’il n’y ait trouvé aucun objet de valeur, mais il avait espéré pouvoir y récupérer quelque chose de peu commun à ramener au camp, comme des armes, des pièces d’armures un peu exotique, ou au moins une statuette d’un dieu oublié, mais il n’y avait rien d’autre que des vieux os et de la poussière à l’intérieur. Il décida alors de s’en prendre à l’une des deux statues. Il voulait se défouler sur l’une d’entre elle, en faire du gravier et emporter la tête comme souvenir.

Une fois à l’air libre, Darn se tourna vers la représentation de créature reptilienne qui était à sa gauche. Il arma son poing, prêt à frapper, mais il fut interrompu par un cri de surprise et par les mots de Volding.


Boss ! Boss ! Regarde derrière toi ! Elle n’est plus là !

Darn avait complètement oublié la présence de son larbin. La petite créature l’avait tiré de ses pensées pour des broutilles et c’est pour cette raison qu’il allait la punir, mais il se ravisa quand il se retourna et qu’il vit que la deuxième statue avait disparu.

Par réflexe, le buffle se mit immédiatement sur ses gardes. Son œil inspectait le marais et la jungle qui l’entourait, guettant la moindre trace, le moindre mouvement, le moindre bruit. Il avait déjà entendu parler de monstre de pierre qui restait immobile pour leurrer leurs proies avant de les attaquer pour les dévorer. Les anciens et les aventuriers de sa tribu avaient une grande quantité d’histoires sur ses créatures et la morale était toujours la même : si ça ne se mange pas et que ça ne saigne pas, tire-toi ! Car les bêtes de pierre et les morts-vivants, eux, peuvent te becter.

Darn patienta quelques minutes, toujours à guetter les environs. La nature était silencieuse, seul le bruit du vent dans les branches se faisait entendre. Ce n’était pas une très bonne nouvelle pour notre bon-ogre, car cela si voulait généralement dire que la bête était encore dans les parages, certainement en train d’observer le gros qui avait osé entrer dans ce lieu interdit aux étrangers. Le Gueule-de-Givre devait faire quelque chose, il ne pouvait rester là à attendre son ennemie. Il inspecta le mur d’arbres et de lianes qui lui faisait face, cherchant le passage par où il était arrivé pour retourner auprès de la troupe de mercenaires et les prévenir de sa découverte. Une fois le chemin retrouvé, il comptait se précipiter en dehors du marais, à fin d’éviter que d’autres parasites ne s’accrochent à ses jambes, puis il avancerait d’un pas prudent jusqu’à la jungle en restant sur ses gardes et prêt à se défendre à la moindre attaque.

L’ogre ordonna à Volding de ne pas sortir du sac et il se lança alors que le gnoblard était maintenant totalement invisible, caché au beau milieu du bazar que son propriétaire avait accumulé.

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Darn le Grossier, Voie du Buffle Errant
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Re: [Darn] Le monde perdu

Message par [MJ] Le Djinn »

Test d'orientation de Darn: 6, réussite.
C'en était au temps pour le trésor du lieu! Dans l'esprit de Darn le but était clair: ficher le camp d'ici le plus vite possible et rejoindre la sécurité de la plage. Aussi forte que soit cette "statue", elle ne ferait pas le poids contre un millier de mercenaires fortement agacés par un long périple. En revanche la capacité d'orientation de l'ogre semblait supérieure à sa perception, car c'est sans mal qu'il retrouva le chemin par lequel il était arrivé. De mauvais esprits auraient fait remarquer que ne pas le voir aurait été plus complexe encore tant il avait écrasé de plantes et de branches sur sa route, mais tout de même.

Mais heureusement pour lui, il ne relâchait pas sa vigilance. La jungle se mouvait autour de sa route, les herbes ondulaient au rythme du passage d'animaux inconnus et les chants des oiseaux passaient de l'omniprésent au silence absolu selon l'instant. Quelque chose se tramait, tous ses sens le lui affirmaient. Quinze minutes qu'il marchait et quinze minutes que son œil valide passait d'un bout à l'autre de la piste, surveillant ses moindres recoins. Mais cela serait-il suffisant?

Test d'Ini de Darn: 10, échec.

Il prend une attaque gratuite:

??? attaque: Localisation: Bras gauche. La parade de Darn a réussi (2). Vous lui infligez 23 points de dégât. Il reste 103 Pvs à Darn.

Darn attaque: Votre attaque a réussie (8). Localisation: torse. La parade de ??? a réussi (8). Vous lui infligez une perte de 32 Pvs.

??? tente de s'enfuir, jets opposé d'INI: 6 vs 14. Il s'enfuit.
L'attaque surgie, vive comme l'éclair. La créature statufiée de tout à l'heure bondit d'un buisson, lacérant son bras gauche avec une hache en obsinite. La créature reptilienne s'était partiellement délavée, révélant des écailles vertes et éclatantes par endroit, cachées sous une large couche de poussière que Darn avait pris pour de la pierre. Ses yeux vides ne cillèrent pas quand le poing de l'ogre s'abattit sur son torse, le propulsant en arrière malgré une défense désespérée. Rapidement relevée, Darn put s'apercevoir que l'adversaire était somme toute plutôt grand: moins que lui mais plus qu'un humain et assez solidement bâti. Pour avoir encaissé sans ciller un poing ganté d'ogre il fallait une condition physique exceptionnelle dans tous les cas. Plus rapide que son obèse adversaire, le monstre détala dans les feuillages, laissant son ennemi coi et pantois: impossible de la rattraper dans ces buissons et ces branchages, c'était un coup à se rompre la nuque sur une chute.
Une heure supplémentaire fut nécessaire pour qu'enfin la lumière de la plage soit visible à travers les feuilles. Darn n'était pas arrivé bien loin du campement qui ne lui demanderait pas plus de cinq minutes à pied pour être rejoint. Les hommes travaillaient bien et quelques débuts de défenses, notamment des épieux montés et des prototypes de murs cernaient un assemblage hétéroclite de tentes. Les ogres, recrutés sur le tas, travaillaient d'arrache-pied à acheminer les lourdes caisses des navires vers le rivage. La tâche n'était pas aisée mais il s'en sortait bien.

Darn devait à présent décider quoi faire. Aider ses camarades ou les prévenir? Garder le secret du fortin découvert en vue d'une exploration future ou au contraire tout révéler et espérer leur aide? Ou encore autre chose d'ailleurs? Les ogres étaient imprévisibles!
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Re: [Darn] Le monde perdu

Message par Darn le Grossier »

La progression de notre balourd se faisait lentement. Le chemin du retour était déjà tracé par son premier passage et les lianes, les branches, les racines et les plantes géantes qui l’avaient gêné à l’aller ne lui opposaient plus de résistance étant donné qu’elles avaient déjà été arrachées et piétinées, mais l’ogre était sur ses gardes. Son corps était tendu, ses poings fermés étaient levés jusqu’à sa taille, prêt à parer tous assauts, et son œil ne cessait d’observer les moindres recoins de son environnement. Il savait qu'une menace le guettait dans l’océan végétal qui l’entourait. Il ne pouvait le voir, ni le sentir, ni l'entendre, mais il savait que le prédateur de rock le suivait et qu’il attendait une ouverture pour s’abattre sur lui. La vie continuait dans la jungle sauvage. Des cris d’animaux inconnus se faisaient entendre, tantôt lointain, tantôt proche, mais ce brouhaha était parfois interrompu par un silence assourdissant qui venait rendre l'atmosphère encore plus oppressante, faisant monter la tension de notre héros qui faisait grincer ses gantelets tellement ses mains étaient crispés.

L’attaque fût aussi rapide qu’un éclair. Notre héros fût totalement pris par surprise et il ne put que lever son bras pour parer la lame noire qui filait droit vers lui. Le coup fût violent, la pierre vint cabosser un peu plus le gantelet d'acier, avant qu’elle ne dérape et qu’elle vienne entailler le cuir épais du gros. La blessure était superficielle, mais elle déclencha un grognement chez l’ogre qui riposta en envoyant son autre poing droit vers le torse de son adversaire. Ce dernier para l'attaque en mettant son arme entre lui et le coup du mangeur-d’homme, mais le choc fût suffisamment puissant pour envoyer la longue épée couleur d’ébène se fracasser contre la poitrine de son propriétaire qui alla s’écraser contre un tronc avant de s’affaler sur le sol.
Darn profita des quelques secondes de répit qui lui était offert pour observer la statue vivante et il remarqua qu’elle n’en était pas une. Le corps écailleux de la bête était recouvert d’une épaisse couche de poussière collante qui s’envolait en petits nuages bruns au moindre mouvement de la créature et son masque, qui représentait une tête de dragon, laissait apercevoir des yeux jaunes quand les rares rayons de soleil qui arrivaient à percer la couche épaisse de feuille et de branche venaient éclairer son visage. Il s’agissait d’une créature vivante et non d’une représentation d’un dieu, d’un démon, ou d’un monstre mythique issu de légendes anciennes et oubliées. Le Gueule-de-Givre venait à peine de se rendre compte de cela que sa mine inquiète et tendue se changea en une expression carnassière. Il avait enfin trouvé quelque chose sur lequel taper et qu’il allait pouvoir dévorer. Pour lui, son adversaire n’était plus rien d’autre qu’un tas de viande à attendrir et à déchiqueter avec les dents pour en découvrir toutes les saveurs qu’il pouvait avoir.

Étais-se à cause du coup que le gros lui avait porté, ou peut-être parce qu’elle avait espéré terrasser l’intrus d’un seul coup de son épais de pierre, ou alors, c’était le regard affamé et le sourire de psychopathe qui se dessinait sur le visage de son adversaire, mais le reptile humanoïde sauta sur ses deux jambes, puis il courut se cacher derrière une fougère. Notre jeune héros se précipita à sa suite, il arracha la plante derrière laquelle son petit déjeuner sur patte s'était caché et il se rendit compte qu’elle avait disparu sans laisser la moindre trace. Le Grossier resta sur place, totalement dépourvu et partagé entre la frustration d’avoir laissé s’échapper son repas et l’admiration devant l’agilité presque elfique de cette bête qui était pourtant aussi grande qu’un humain qui porterait un nain sur ses épaules.

C’est d'la magie boss ! C’est comme les nelfes des arbres !

Darn ne pouvait qu’approuver la théorie de Volding, dont la voix trahissait une peur retenue, il lui répondit en lui faisant des grattouilles sur la tête pour le rassurer.


Ouaip, mais c'n’est pas parc'qu’elle peut s'transformer en statue, ou disparaît'e en passant derrière d'la verdure qu’elle m’échapp'ra. TU MA ENTENDU L'LÉZARD ? BOUFFE D'L’AIL ET DU PERSIL, CAR J'VIENS T'FAIRE RÔTIR !

Sur ses mots sages et poétiques, notre bon-ogre reprit le chemin du retour d’un bon pied. Après une heure de traverser, il arriva enfin à destination et il remarqua que le campement commençait à ressembler à quelque chose. Il traversa la foule en pleine activité pour chercher son tyran, mais il tomba en premier sur son camarade de tente. Al-Sharuk était en train de ramener des caisses depuis la plage qu’il déposait sans le moindre soin à côté d’autres caisses que des mercenaires ouvraient et vidaient à une vitesse étonnante. L’ogre barbu repéra rapidement son ami dégarni et il le rejoignit, son expression affichait de la colère et il était clair que le gros en robe voulait lui passer un savon.

T'étais ou bordel ? Ont ta cherché partout ! Rousbif t'cherche encore et y va t'mettre une branlée si tu n'vas pas l'voir tout d'suite ! Et j'te rappelle qu'c’est toi qui à not'e tente !

Darn s’excusa sans réelle conviction auprès de son ami à l'accent oriental forcé, lui promettant qu’il monterait la tente dès qu’il aurait trouvé Rousbif pour lui parler de sa trouvaille et de sa rencontre, dont il fit un bref résumé à son camarade. Ce dernier semblait légèrement se calmer, il réfléchit quelques instants en se grattant sa barbe pleine de miettes, puis il reprit la parole.

Tu l'trouv'ras dans not'e camp, il s’assure qu'les gros n'tirent pas au flanc. Tu as p't-être une chance d'rester entier si t'as trouvé un trésor, mais va vite l'voir. Sinon y va t’arracher un bras et t'cogner avec avant d'le bouffer.

Le Gueule-de-Givre remercia son camarade en robe, puis il prit la direction que ce dernier lui indiqua. Il ne lui fallut pas longtemps pour trouver le tyran. Ce dernier était au milieu du camp des ogres, à donner des ordres aux gros et aux gnoblards en les menaçant, en leurs lançant des piques et des insultes et en riant. L’ogre pirate était dans son élément et il prenait plaisir à organiser les siens et à donner des remontrances à ceux qui prenaient un peu trop leur temps dans les taches qui leurs étaient confiées. Le gros aux mains d’acier s’avança vers son chef d’un pas assuré, il se doutait qu’il allait se faire engueuler, mais il espérait que ça découverte change l’humeur de son supérieur. Il lui en parlera dans les moindres détails et il lui racontera sa rencontre avec le lézard à deux pattes. Il y aura de l’exagération, bien sûr, mais il sera également honnête, puis il installerait sa tente et il participerait à l’installation du campement en attendant qu’une expédition soit envoyée vers la construction du marais.
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Re: [Darn] Le monde perdu

Message par [MJ] Le Djinn »

Avançant dans le camp, Darn et Volding purent tranquillement constater l'avancée des travaux. Les ogres ne travaillaient pas très bien de leurs mains en général, aussi leur force était davantage mise à contribution que leur habileté. La grosse vingtaine d'obèses s'acharnait à descendre les stocks de poutres, de cordes et de tissus à un rythme effréné. Leur agitation était d'ailleurs surprenante: qu'est-ce qui pouvait pousser des gros-bras affamés à travailler aussi vite? On se serait au contraire attendu à ce qu'ils trainent la patte ou qu'ils demandent à la myriade de gnoblards les accompagnant de s'occuper du sale boulot pour eux. Au milieu des tentes en train d'être montées, Darn put sentir une main ferme (et quelque peu fâchée) sur son épaule. C'était Rousbif dit Le Marsouin qui l'avait trouvé en premier. Le ton de sa voix montait à chaque mot, de la simple parole au hurlement pur et dur.

-"Ah! Si c'est pas not' baroudeur qui r'vient aux bercailles! Alors Darn on s'est cru en vacances? On est parti faire DU TOURISME?! Tu vas aller décharger la cargaison avec les autres ET QUE CA SAUTE!"

Inutile d'essayer de lui parler du fortin dans la forêt ou de l'attaque orchestrée par un lézard: le tyran ne voulait rien entendre, furieux qu'il était. Notre héros se retrouva à vider des caisses avec les autres, pendant encore au moins une à deux heures. A la nuit tombée, par contre, la situation se calma et la majorité du camp était en place. Quelques torches s'allumaient déjà et une véritable ville s'était bâtie sur la plage de sable fin. On aurait dit une forteresse miniature, grâce notamment aux longs murs de bois qui s'étaient érigés en priorité, en même temps que des tours de garde improvisées. Des sentinelles humains armées de torches scrutaient la forêt, impassible. Quelques observateurs avaient notés des mouvements dans les bois mais personne n'avait pas établir s'ils étaient dû au vent, à des animaux sauvages ou à autre chose.

L'Île du Dragon regorgeait de mystères et de nombreuses légendes courraient sur son compte. On parlait de lézards géants, de dragons vieux de milliers d'années, de trésors infinis enfouis sous terre et de cités merveilleuses laissées à l'abandon. Mais quand la nuit tombait, l'imaginaire sombre des hommes reprenait le dessus et on parlait de mauvais esprits, de démons, d'âmes en peine et de spectres d'aventuriers perdus. On jouait à se faire peur autour du feu de camp et on s'endormait l'épée en main, en tentant de se convaincre qu'il ne s'agissait que d'histoires.
Evidemment les ogres n'avaient pas vraiment ce problème. Rien ne faisait peur aux mangeurs-d'hommes, convaincus qu'ils étaient d'avoir tout vu et tout fait. Et puis dans les Montagnes de l'Est les dangers n'étaient pas des légendes, mais des réalités tangibles qui vous mettaient en pièces si vous n'y preniez pas garde!

La troupe complète de gros-gens s'était rassemblée autour d'un pot-au-feu aux racines et aux fruits cueillies non-loin. Ce n'était pas bon, ce n'était pas de la viande, mais ça ferait illusion pour la soirée. Et puis on était tellement heureux d'être enfin arrivé… Le moral était remonté à bloc et il était peut-être temps pour Darn de prendre enfin la parole...
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Re: [Darn] Le monde perdu

Message par Darn le Grossier »

Darn s’attendait à recevoir une remontrance de la part de l’ogre pirate, il s’y était préparé, mais elle fut moins violente que ce qu’il s’était imaginé. Rousbif venait de lui crier dessus et il voulut prendre la parole, lui raconter ça découverte, mais il renonça vite lorsqu’il vit le tyran retrousser ses lèvres pour révéler ses dents alors qu’il avait à peine ouvert la bouche. Notre héros ravala donc ses mots et il se mit au travail sous la surveillance étroite de son chef.

La journée fut particulièrement chargée. Le travail ne manquait pas dans ce campement en construction. Il y avait des caisses à décharger des barques qui faisaient la navette et à transporter jusqu’aux ingénieurs et aux ouvriers qui abattaient des arbres pour ériger la palissade qui entourerait les tentes, pour installer des pieux durcis au feu et des chausse-trappes pour contrer toutes attaques éventuelles et pour installer des tourelles tout le long des défenses pour pouvoir surveiller la forêt luxuriante qui faisait face aux hommes, hommes qui ne pouvaient s’empêcher de jeter des regardes inquiet dans sa direction. Il fallait aussi construire les structures en bois qui accueilleront les officiers de la troupe. Il fallait monter toutes les tentes, rassembler et ranger les réserves de poudre, de balle, de boulet, les armes et les pièces d'armure en surplus, et etc. Occuper dans toutes ses tâches et le cœur plus léger après sa petite balade, notre baroudeur ne vit pas le temps passer et il remarqua à peine le soleil couchant et la pénombre qui grandissait.

La nuit était bien avancée lorsque l’installation du camp prit fin et que Darn rejoignit ses camarades pour le repas du soir, si on peut appeler un bol de ragoût infecte ainsi, et l’atmosphère devint très vite légère. Les gros avaient enfin le temps de fêter leur arriver sur l’île et des rires, des chants paillards et des insultes amicales volèrent dans toutes les directions. La petite fête pris de l’ampleur lorsque Rousbif revint de la tente des officiers avec un tonneau de gniole coupé à l’eau sous le bras et que chacun des colosses reçut un verre du précieux breuvage. La vingtaine d'ogres n’avaient pas grand-chose, mais ils étaient heureux d’être à nouveau réunis et de ne plus avoir à dormir entasser dans une salle étroite et humide et tout le monde était impatient d’affronter les dangers de ses terres exotiques.

Darn profita de ce moment de repos et d’insouciance pour rejoindre son tyran pour lui parler. Ce dernier était en pleine discussion avec Thorgut et Al-Sharuk et il semblait de bien meilleure humeur maintenant qu’il avait une chope dans la main, mais son sourire s’effaça et ses yeux se plissèrent lorsque le Grossier s’approcha de lui. Il était clair de Rousbif était encore fâché contre son aventureux et indiscipliné guerrier. Le mangeur-d’homme hésita un instant devant le regard perçant et insistant de son supérieur, puis il commença à lui parler.


Heu… Chef… J'voulais t'dire que j'm’étais barré parc'que j'n’avais pas envie d'buter un camarade. Y fallait que j'tape sur que'que chose et y valait mieux qu'ça n'tombe pas sur un humain d'l’armée. J’ai fait une découverte pendant ma balade, ça devrait t'plaire, car y a d'la viande sur patte à attendrir et peut-être plein d'pépètes à ram'ner au camp !


Darn raconta sa petite aventure dans la jungle dans les moindres détails. Il lui parla du bâtiment gardé par des sangsues, de la créature qui se faisait passer pour une statue, en insistant bien sûr le fait qu’elle était très rapide et suffisamment résistant pour encaisser un poing cuirassé d’ogre sans broncher.
Modifié en dernier par Darn le Grossier le 07 juin 2020, 15:27, modifié 1 fois.
Darn le Grossier, Voie du Buffle Errant
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Re: [Darn] Le monde perdu

Message par [MJ] Le Djinn »

Prenant son temps mais se pressant quand Rousbif s'impatientait, Darn conta ses péripéties d'aventurier. Au passage il remarqua le gnoblard déguisé en perroquet qui ornait l'épaule du Grand Dévoreur: il était sûr et certain que celui-ci avait changé de taille et de posture comparé au moment du départ, mais sans perdre cet air pitoyable et désespéré qu'il affichait en permanence. Le gobelinoïde lâcha d'ailleurs un soupir de lassitude quand son maitre tenta de lui fourrer pour la quatrième fois un biscuit sec dans la bouche.
Le récit laissa le gros-gens pensif. Il souleva son tricorne de pirate et gratta son crâne qu'il avait chauve avant de répondre.


-"Bizarre, bizarre… Ca avait une tronche de reptile et des écailles tu m'as dit, hein? Hm. J'ai croisé le même genre de saloperie en Lustrie y'a bien des années! On appelait ça des "écailleux". Ca parle pas, ça couine pas quand on le tape, ça fait qu'se battre. J'vais aller voir l'patron. Si t'en as vu un, maigrichon, c'est qu'y en a d'autres pas loin."

Il interrompit là la conversation, lançant quelques ordres aux ogres présents autour de lui, finissant de décharger la cargaison. Il faudrait aider les humains à monter le camp et se grouiller pour le faire, la nuit n'allait pas tarder à tomber. Le travail serait difficile mais la récompense serait au bout du chemin: des groupes de pécheurs s'étaient déjà constitués partis les matelots désormais inutiles et il y aurait sans doute du poisson au menu pour le soir.

-"Reste sur tes gardes ce soir. Ca va castagner sec j'crois bien."

C'est sans surprise que la soirée de Volding et Darn se constitua de pose de rondins de bois et de planches au milieu des gnoblards et des humains. Trois heures plus tard, quand la nuit tombait enfin, le campement ressemblait à quelque chose! Il se constituait d'une enceinte de vingt mètres de rayon couvrant un arc de cercle parfait commençant et finissant dans l'eau. Deux minuscules plateformes en hauteur permettaient à des vigies d'observer les environs et les canons des navires étaient pointés vers la forêt, en cas de problème. Il était vingt heures quand les marins revinrent à bon port avec leurs barques et plusieurs kilos de poissons sauvages associés au thon rouge. Les ogres notamment furent grassement servis et même si les portions n'étaient pas de taille à calmer tous les appétits elles permettraient au moins de passer la nuit sans grognement d'estomac. C'était l'occasion pour tout à chacun de raconter la journée, exprimer sa joie d'être enfin arrivé. La taille du campement ainsi créé ne permettait évidemment pas de loger tout le monde et la majorité des mercenaire créchait encore dans les galions, mais au moins désormais y avait-il un espace plus ouvert et détendu où se regrouper!

La nuit, conformément aux pensées de Rousbif, ne fût pas des plus tranquilles. A plusieurs reprises les sentinelles jurèrent avoir aperçu des formes noires bouger dans la jungle et un des canons ouvrit même le feu, mais sans rien faucher si ce n'était un palmier. Superstitieux, ogres et humains murmurèrent des prières à leurs dieux, espérant qu'il ne s'agissait pas d'esprits malins venus les tourmenter! Quelques appels au calme et à la tempérance des officiers suffirent à mettre tout le monde au lit, mais plus d'un guerrier brave dormit ce soir là avec un collier à l'effigie de Myrmidia ou Sigmar.

Au lendemain matin il fût décider par l'amirauté qu'une moitié des hommes continuerait à défendre le camp alors que l'autre moitié se diviserait en trente colonnes de vingt guerriers pour s'engouffrer dans les profondeurs de la forêt tropicale. Rousbif intervint alors pour placer Darn comme chef de file d'une de ces expéditions: sa découverte d'hier le plaçait en effet comme "l'expert" des lieux.

Darn devait donc à présent choisir les soldats qui l'accompagneraient et décider de la suite: retourner vers la pyramide vide? Explorer plus loin ou ailleurs? Changer complètement de plan et fomenter une rébellion? On disait souvent les ogres trop stupides pour juste y penser...

Tu peux donc choisir 19 soldats pour t'accompagner! Je précise qu'un ogre équivaut à 3 soldats et que tu peux utiliser ou inventer des personnages, dans une certaine mesure évidemment. Genre pas de super-guerrier!
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Re: [Darn] Le monde perdu

Message par Darn le Grossier »

Darn était couché dans sa tente et il prenait un repos bien mérité après cette journée remplie d’émotion et de charges lourdes à trimbaler à travers tout le camp, qui ressemblait enfin à quelque chose. Les ronflements de son camarade de tente dans le lit voisin et ceux de Volding qui était lové sur son ventre nu le berçaient et le plongeaient lentement dans le sommeil profond et réparateur que lui réclamaient ses muscles endoloris. Alors que sa paupière se faisait de plus en plus lourde, notre héros repensait à la rencontre qu’il avait faite dans la matinée et à ce que Rousbif lui avait dit sur les « écailleux », ses créatures capables de se battre sans craindre la douleur ou la mort et qui semblaient être des adversaires redoutables. Des combats violents et épiques l’attendaient, combats qui aboutiraient à des festins de viandes fraîches et à des montagnes de trophées. Le jeune Gueule-de-Givre se réjouissait intérieurement des affrontements à venir, mais le sommeil avait fini par l’emporter et les pensées se transformèrent en rêves sans qu’il ne se rende compte qu’il s’était assoupi.


Darn fut réveillé par Al-Sharuk. Le gros à la barbe grasse le secouait avec force, ce qui déclencha des grognements de protestations chez notre héros.



Réveille-toi gamin ! L’boss veut voir tout l’monde, j’crois qu'on part en balade.

Lentement, notre héros se redressa, faisant tomber Volding de son ventre qui alla se cogner le nez sur le sol, le réveillant en sursaut et en râlant. Darn ne tint pas compte des protestations de son larbin, il remit sa plaque ventrale qui était posé au pied de son lit, puis son sac, et il termina en attrapant le gobelinoïde qu’il posa sur son épaule avant de rejoindre son compagnon de tente qui le mena jusqu’au point de rassemblement, au milieu des tentes des gros.
La compagnie appelée « les Mâcheurs-Blancs » était réuni autour du foyer remplis de cendre qui avait accueilli le feu du camp ogre la veille au soir, une table improvisée, faite de planches fixées entre eux par de solides cordes et posé sur plusieurs gros tonneaux remplis de sables, avait été installé juste à côté du tas de bois calciné et Rousbif était en train de grimper dessus, aidé par Thorgut et ses gnoblard, en faisant grincer le bois qui agonisait de devoir supporter une telle charge. Une fois debout sur le meuble bricolé, le Tyran leva les bras pour réclamer le silence et il commença son discours.


Les gars ! L’patron a décidé d’envoyer une partie de l’troupe s’balader dans c’tte foutue jungle. La moitié des zhommes, des nabots et des nelfes vont rester ici avec que’ques gros. J’vais en choisir deux ou trois pour garder les tentes et les autres iront s’trouver une bande à accompagner. DAAAAARN !!!

Notre héros sursauta en entendant son nom, l’entendre prononcer par le tyran sur le ton ferme qu’il employait avait sonné comme un claquement de fouet dans l’air.

J’suis là, chef !

Parfait ! J’ai une nouvelle qui est bonne pour toi. T’es nommé « expert d’la jungle », tu vas commander l’un des groupes et retournes explorer l’truc qu’t'as trouvé, p’is tu continueras à reconnaitre la forêt ! Prends deux gros avec toi et rassemble des gars, tu peux choisir qui tu veux ! Un conseil, n’prend pas trop d’nabots et d’nelfes avec toi, y peuvent pas s’blairer.

Darn n’en cru pas ses oreilles, son tyran venait de lui confier la tête d’une colonne. Il lui fallut un peu de temps avant de réaliser qu’il avait reçu une promotion, heureusement que son ami barbu était à côté de lui pour le ramener à la réalité à l’aide d’un coup de poing sur l’épaule.

Bravo gamin ! Dit-il avec son accent oriental. J’espère qu’ta tête n’va pas gonfler autant qu’ton bide ahah.

J’te laisserai m’la dégonfler si ça arrive, car tu viens avec moi ! J’te laisse trouver le deuxième buffle pendant que j’rassemble les aut’es bras cassés. On s’retrouve à l’entrée du camp !


Darn se hâta de quitter son camarade qui le regardai s’éloigner avec un grand sourire, pendant que Rousbif braillait les noms des ogres qui seraient de corvée de garde. Il arriva rapidement à la lisière du camp des ogres ou il marqua une pause. Il attrapa son gnoblard qu’il déposa sur le sol et il commença à lui donner des instructions.

T’vas m’être enfin utile ! Tu vas aller chercher les jumeaux impériaux, le gamin de bretonnie, la rouquine et les trois nains qui étaient avec nous sur l’bateau ! Dit leurs qu’ils partent avec moi dans la jungle et qu’y doivent m’attendre à l’entrée du campement ! Dit aux zhumains de prendre des cordes et des torches avec eux ! Pigé ?

Yep boss ! J’ai pigé ! J’me grouille d’aller t’les chercher. Répondit la petite créature avec son habituel ton amère avant de courir accomplir son office.

Darn regarda Volding filer comme le vent, puis il partit à son tour en quête de combattants assez braves, ou assez fous, pour le suivre dans les terres inconnues qui les attendaient. Il se creusa la tête un long moment, il cherchait les personnes qu’il connaissait et qu’il savait douer pour le combat et il finit par trouver son bonheur en croisant quatre humains avec qui il avait parcouru la grande mer et au côté desquels il avait affronté les épreuves qui s’étaient dressé contre eux. Deux fusiliers estaliens, Marcio et Dantae et deux fantassins, Castel d’estalie et Kenzo de tilée, furent embauché par notre colossal héros. Darn ne les connaissaient qu’assez peu, mais il les savait braves et suffisamment doués pour savoir se servir de leurs armes. L’ogre acheva sa recherche dans le camp des elfes, où il fut accueilli froidement par les habitants qui n’avaient pas l’habitude de voir une créature aussi imposante, aussi malodorante et aussi balourde qu’un fils de la gueule venir se promener chez eux. Il y chercha les elfes aux côtés desquels il avait combattu quelques dizaines de sauvages lors d’une halte de l’expédition, mais il n’y trouva que le sylvain qui était venu lui demander son aide pour sauver les oreilles pointues qui étaient presque débordées par les indigènes. Ce dernier accepta volontiers de suivre le Grossier en payement de sa dette, à condition que la seule autre elfe des bois de l’expédition les accompagne. C’est ainsi que Darn parvint à rassembler son équipe. Il prit la route de l’entrée du camp fortifié, accompagné de son ancien frère d’arme, qui répondait au nom de Harmarïl Dewasnas, et d’une deuxième elfe, nommé Eldihin Melweï, qui était armée d’une courte lance finement sculptée et gravée de dessins représentant un lierre enroulé autour du manche et de la lame de l’arme.

L’ogre admira la troupe hétéroclite qu’il avait réuni avec l’aide de Volding et d’Al-Sharuk. Ce dernier était en train de parler des spécialités culinaires de l'Arabie avec Tag Grosse-Baffe, un ogre de petite taille avec qui Darn avait sympathisé en tilée, mais qu’il n’avait pas revu depuis l’embarquement des troupes, la veille du départ de la flotte. Derrière eux, Alfrick, Heddrick et Michel semblaient blaguer sur la composition de la colonne, principalement sur le fait qu’un ogre allait mener des nains et des elfes. Ceux-là étaient plongés dans le mutisme et ils se contentaient de se jeter des regards de travers tout en restant à bonne distance. Kassandre, la rouquine solitaire à la rapière et à l'armure en cuir, gardait la même attitude qu'à son habitude ; ne parler à personne et rester à plus d’un pied des autres. Quant aux estaliens et au tiléen, ils fixaient Darn qui passait rapidement en revue ses hommes, et femmes. Le Gueule-de-Givre salua ses amis et compagnons de voyage, puis il fit réunir tout le monde devant lui avant de prendre la parole.

Bon ! On va aller vadrouiller là-d’dans ! Dit-il en pointant la jungle du doigt. Faut aller jusqu’à une baraque qu’j’ai trouvée hier pour la fouiller un peu. Si on n’y trouve rien, on continue not’e ch’min jusqu’à trouver que’que chose ! Faite bien gaffe en crapahutant dans la jungle, car y a des écailleux qui peuvent nous tomber d’ssus n’importe quand, alors on n’traîne pas et on garde les armes dans les mains ! Al et Tag, vous fermez la marche ! Les nelfes et moi, on passe d’vant ! Les autres, restez bien entre les gros et nous ! Sinon ça va barder !

Darn fit une pause dans son discours pour regarder le visage de son public qui ne semblaient pas convaincu par la menace qui venait d’être lancé, l’ogre barbu et les jumeaux impériaux se permirent même de brandir un grand sourire moqueur. Notre héros était exaspéré par leur réaction et c’est sans délicatesse qu’il attrapa son gnoblard qui était à ses pieds pour le poser sur son épaule avant de reprendre.

J’vous ai choisi parc’que j’vous aime bien et parc’que j’sais qu’vous êtes bon pour la baston. J’ai confiance en la moitié d’entre vous et j’fais presque confiance à l’aut’e moitié, alors faite moi confiance ! Faites c’que j’vous dis et on bouff’ra du lézard c’soir !

Darn appuya sa dernière phrase en levant son poing en l’air en espérant qu’il sera rejoint par les quinze braves qu’il avait enrôlés, en espérant qu’il avait réussi à les convaincre par son discours simple, mais sincère et autoritaire.
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Modifié en dernier par Darn le Grossier le 07 juin 2020, 15:30, modifié 1 fois.
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