[Darmalion] Gladiature

Norsca est un royaume inhospitalier composé de collines rocailleuses et de sombres forêts, hantées par les hivers interminables qui recouvrent le territoire de glace. Les dangers pour lesquels ce territoire est connu sont malheureusement bien réels. Les tribus de barbares et les adeptes du Chaos sont en effet nombreux au nord de la région, et attaquent fréquemment les régions sud de Norsca. Le plus grand des dangers reste malgré tout la présence des forces du Chaos en ces terres. Au nord, les serviteurs des pouvoirs dévastateurs ont rassemblé leurs hordes, composées de bêtes, de démons et d'Hommes du Nord. Ces ignobles armées se sont ensuite mises en route vers le sud, anéantissant au passage toutes les civilisations rencontrées sur leur chemin.

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[MJ] Le Grand Duc
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[Darmalion] Gladiature

Message par [MJ] Le Grand Duc »

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Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


« On doit laisser pousser ses ongles pendant quinze jours. Oh ! comme il est doux d’arracher brutalement de son lit un enfant qui n’a rien encore sur la lèvre supérieure, et, avec les yeux très-ouverts, de faire semblant de passer suavement la main sur son front, en inclinant en arrière ses beaux cheveux ! Puis, tout à coup, au moment où il s’y attend le moins, d’enfoncer les ongles longs dans sa poitrine molle, de façon qu’il ne meure pas ; car, s’il mourait, on n’aurait pas plus tard l’aspect de ses misères. Ensuite, on boit le sang en léchant les blessures ; et, pendant ce temps, qui devrait durer autant que l’éternité dure, l’enfant pleure. Rien n’est si bon que son sang, extrait comme je viens de le dire, et tout chaud encore, si ce ne sont ses larmes, amères comme le sel. Homme, n’as-tu jamais goûté de ton sang, quand par hasard tu t’es coupé le doigt ? Comme il est bon, n’est-ce pas ; car, il n’a aucun goût. En outre, ne te souviens-tu pas d’avoir un jour, dans tes réflexions lugubres, porté la main, creusée au fond, sur ta figure maladive mouillée par ce qui tombait des yeux ; laquelle main ensuite se dirigeait fatalement vers la bouche, qui puisait à longs traits, dans cette coupe, tremblante comme les dents de l’élève qui regarde obliquement celui qui est né pour l’oppresser, les larmes ? Comme elles sont bonnes, n’est-ce pas ; car, elles ont le goût du vinaigre. On dirait les larmes de celle qui aime le plus ; mais, les larmes de l’enfant sont meilleures au palais. Lui, ne trahit pas, ne connaissant pas encore le mal : celle qui aime le plus trahit tôt ou tard… »



– Le Comte de Lautréamont, « les Chants de Maldoror » ; Chevalier Bretonnien condamné pour sorcellerie.

Darmalion est maintenant à 34 PV.
Darmalion souffre de sepsis : Il écope d’un malus de -1 à toutes ses statistiques.
Huit jours.
Huit nuits.

Le calvaire de Darmalion recommençait, plus horrible encore que les quatre années de solitude passées dans son antre. Perdu dans les montagnes de la Norsca, il avait encore la possibilité de se déplacer aussi loin que ses chaînes lui permettaient, et lorsque son propriétaire le décidait, l’occasion lui était offerte de ravager, ravager de pauvres esclaves sur lesquels il s’élançait avec son fléau, semant le désordre et la violence sur des crânes et des corps dont il pouvait ensuite se repaître.
On lui avait retiré ce loisir. Perdu au fond d’un trou profond, peut-être de six bons mètres, les bras reliés par de longues menottes de fer contre son torse, ses sabots collés contre eux par des bracelets ferrés reliés par une chaîne bien courte, un alganon pendant le long de son cou l’empêchant de trop tourner la tête en haut, à droite ou à gauche. Le long de la paroi du trou qui lui servait d’habitation, une longue corde bien solide remontait vers un support en bois ; S’ils le souhaitaient, ses geôliers pouvaient avaler la corde avec un levier, afin de forcer Darmalion à tomber au sol, se racler le long du mur, et se retrouver ainsi pendu à l’envers, la tête en bas. Depuis sa rencontre avec le Jarl Baldr, la torture ne s'était pas reproduite. Il n’en était pas plus mobile pour autant : La corde lui laissait tout juste assez de lest pour rester couché au sol, les sabots collés contre la paroi. Il pouvait, au mieux, se replier sur lui-même pour se mettre à genoux. Mais sitôt qu’il tentait de se relever, et le voilà qui chutait, qui tombait le museau dans la terre, en s’écorchant les membres et en saignant des naseaux.

On le nourrissait. À intervalles réguliers, un maraudeur venait, et balançait, tantôt un seau d’eau, tantôt un seau de poissons : Tout tombait ou sur sa tête, ou au sol, et pour s’alimenter, Darmalion était contraint de ramper au sol, de lécher les flaques d’eaux mélangées à la terre, de gober le poisson cru en amenant sa bouche directement vers sa bouffe, sans pouvoir la saisir avec ses mains qui refusaient de s’écarter de son torse. Voir un minotaure se contorsionner ainsi provoquait les rires de ceux chargés de le surveiller. Quelques fois, il recevait un caillou balancé à la volée, et toutes ses réactions de colère et grognements de rage ne reçurent comme toute réponse que des sifflets et des langues tirées en guise de défi.

Il était seul. Humilié. Perdu. Sans aucun espoir.
Mais au moins, on le laissait tranquille. Lorsqu’il avait atterri dans ce trou, il était aux portes de la mort. Il saignait abondement. Huit jours et huit nuits ; Il était toujours blessé. Il était devenu fiévreux. Ses blessures s’étaient en fait infectées : Alors que son corps luttait contre des ennemis invisibles, voilà qu’il souffrait de la chaleur, et qu’en même temps, il frissonnait, tout son cuir traversé de chair de poule.
Un homme serait déjà depuis longtemps décédé.
Mais Darmalion était un minotaure. Une créature née pour la guerre. Forgée par Khorne lui-même dans les chairs ignobles de corps mutés. Tout ce qui lui fallait, c’était du temps. Du temps et de la bouffe – et visiblement, Baldr s’assurait bien à ce qu’il soit soigneusement nourrit tous les jours.

Si le Jarl était aussi généreux, c’était très certainement parce qu’il attendait quelque chose du monstre. Il lui serait tellement facile, à présent, de simplement le faire tuer. Il n’aurait même pas à trop se déranger : N’importe quel maraudeur pourrait approcher, viser avec un javelot, et transpercer le crâne de Darmalion sans qu’il ne puisse se défendre. Pour une raison ou pour une autre, ce n’était pas le choix qu’il avait pris.



Huit jours. Et une neuvième nuit.

Il était tard. Dans le ciel, la lune grise brillait avec une lune verte sous forme de croissant ; Elle n’était pas pleine, pas comme ces soirs où les Hardes se rassemblaient pour célébrer les Dieux dans une orgie de sang et de violence. Mais au moins, elle était là, avec sa teinte rassurante ; Peut-être que Khorne, lui, l'observait encore.
Peut-être que Darmalion essayait de dormir. Peut-être se contentait-il de rêvasser dans son coin. En tout cas, quelqu'un perturba le silence qu’il pouvait espérer. Au-dessus de sa tête, tout en haut du trou, deux gardes s’engueulaient dans leur insupportable langage d’humains. Une troisième personne s’était approchée, et, avec une voix très grave, les rouspétait. Visiblement, les trois ne semblaient pas trop d’accord sur quelque chose.
Il y eut alors un grognement qui mit fin à la dispute. Et un aboiement. Et Darmalion put entendre deux paires de pattes s’éloigner.

Au-dessus de lui, un homme qu’il ne reconnaissait pas se dressait.
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INT Darmalion : 4-1
Jet : 10, échec.

Il semblait gravement blessé. Sa jambe droite était recouverte d’une attelle de bois, et il se soutenait à l’aide d’une canne. Son œil gauche était manquant, recouvert par un cache-œil avec un étrange symbole dessus. Il avait autour du cou une grande écharpe, et sur ses épaules une épaisse peau de bête, alors que, pourtant, il était manifestement torse-nu dessous.

« Tu devrais être mort. »

Il semblait le connaître.

« T’es trop dangereux. T’as presque tué ma fille. Tu m’as presque tué moi.
Écoute-moi bien : T’as intérêt à te tenir à carreau. Si tu t’échappes à tes fers, si tu tentes de résister… Je te tuerai. Je te tuerai. »


Il serra bien fermement sa main gauche, en même temps que sa mâchoire. Et il menaçait Darmalion de son regard, droit dans les yeux.

« Ingjald ! »

Quelqu’un l’appelait. De nombreux bruits de pas : Une demi-douzaine d’humains. Le-dit Ingjald resta droit, tout droit. Au bout d’un moment, le Jarl Baldr Svensson se montrait. Il posa une main sur l’épaule d’Ingjald, et commença à lui parler en norse, un long moment. Ingjald pointa Darmalion du doigt, et dit quelque chose en foudroyant Baldr du regard. Regards en croix. Messes basses. Les deux hommes semblaient se regarder comme deux Bestigors qui vont se battre en duel pour prendre le contrôle de la Harde.
Au bout d’un moment, Ingjald cracha au sol, et s’éloigna. Qu’importe ce que Baldr avait dit, il semblait qu’il venait de vaincre.

Le Jarl s’approcha du bord du trou, afin de surveiller sa bête. Il lui offirt un petit sourire.

« Je suis un homme très occupé, mais t’inquiète pas, je t’oublie pas.
Tout va bien en bas ? On te traite bien, on te nourrit bien ? Personne ne t’embête trop j’espère ? »

Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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GLADIATURE



De nouveau sa solitude fut un enfer, tant par l’ennui que par les conditions dans lesquelles il était retenu. Darmalion avait souffert de quatre ans de silence, de siècles passés à ne voir que le gris des murs qui l’entouraient, d’hivers glaçants pénétrant sa peau et mordant sa chair, de folies personnelles semant la discorde dans son esprit. Mais au moins avait-il pu se défouler, tirer sur les chaînes, gratter le sol de ses sabots et frapper les murs, faisant résonner la fureur de ses poings. Dans sa nouvelle geôle, tout cela n’était plus possible. Il avait, impuissant, poussé de longs brames. Les sanglots qui habillaient le timbre de sa voix grotesque et chaude s’étiraient encore tel des échos dans le soir lorsque les ténèbres, assombrissant les cieux, s’étaient mariés à la pénombre de son trou.

Il avait tenté d’écarter les bras, comme s’il voulait exploser, mais ce faisant ses cicatrices n’avaient fait que se rouvrir sous la contraction et suintant de son propre sang, avaient attiré la maladie. Son esprit s’était embrumé et ses muscles parcourus de convulsions et de raideurs donnaient des sens contraires à l’atmosphère qui remplissait sa geôle. Il pouvait avoir froid quand il faisait chaud, avoir chaud quand il faisait froid ; et après des toux grasses, il avait laissé une écume saliveuse dépasser de ses babines bovines. Parfois de ses nasaux avait coulé du sang, alors qu’il ressassait dans sa tête les derniers moments où il s’était débattu sous le poids des Norses. Si seulement…

L’apparition du borgne rompît la monotonie douloureuse de son calvaire. Son esprit mit un certain temps à ressurgir, affaibli par les infections et la fièvre qui l’avaient gagné. Il écouta les menaces sans comprendre, conscient de toute la haine qui pouvait lui être destinée à juste raison. Il était trop différent de ces vermines. Du reste les propos de cet homme ne tombèrent pas dans l’oreille d’un sourd, aussi vrai que cet olibrius sut, par sa simple présence, attirer la présence du Jarl. Une bonne chose. Cela voulait dire qu’il était quelqu’un et que chez eux régnait la discorde. S’il avait été plus intelligent, il aurait tenté de manipuler Baldr ; mais crétin comme une chèvre, il ne parvint pas à saisir l’opportunité de faire danser le Jarl. Il toussota deux fois en écoutant ce dernier, venu à son secours, avant de lui répondre.

« Kof kof ! Toi foutre ma gueule. Nourriture pas bonne. Dégueulasse poisson. Chaînes trop serrées. Trou petit. Kof kof ! Moi gros. Voir trop d’humains pas pouvoir manger. Toi pas quelqu’un moi manger ? Toi pas vouloir Darmalion libre ? »

Sa demande, parfaitement insensée, était lancée comme un hameçon au milieu de la mer, avec le faux espoir que quelque chose morde. Mais ce n’était là qu’une tentative maladroite, fruit de son absence de solutions. Il voulut, dès lors, s’intéresser à l’homme qui venait de le menacer.

« Qui être avant ? Entendre aboiements et homme pas content. Lui parler langue moi. Moi vouloir lui dans trou. Lui dire moi devoir être mort. Mais Minotaure pas mourir. »

Il remua mais ses cordages l’empêchaient de se redresser. Impitoyable. Inconfortable. Les menottes et les chaînes qui le retenaient le mettaient au plus mal.

« Pas mourir tant que pas bouffer toi et Ohrein. »
Modifié en dernier par Darmalion le 30 mai 2020, 18:45, modifié 1 fois.
Darmalion, Voie du champion minotaure
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[MJ] Le Grand Duc
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Re: [Darmalion] Gladiature

Message par [MJ] Le Grand Duc »

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Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


Le Jarl laissa Darmalion se plaindre, avec son habituel sourire en coin. Il posa un genou à terre, au bord du trou, afin de pouvoir mieux communiquer avec le monstre avachi en dessous.

« Ce n’est pas ta langue, la vache. C’est l’Arcane des Dieux, la parole maléfique, celle qui permet de parler aux Élus, aux Démons, et à communiquer en comprenant des secrets qui peuvent corrompre une âme jusqu’à la folie.
Les paroles grognées et mâchées que tu sors de ta gueule ne sont qu’un abâtardissement d’un dialecte que les Dieux ont cru bon, dans une cruelle plaisanterie, de graver sur ta chair afin que les mots soient exhalés de tes poumons. J’ai passé six ans à m’écorcher la langue et à gratter ma cervelle de runes afin de pouvoir la manier. Crois-moi que j’aurais préféré avoir un autre interlocuteur que toi. »


Il y avait vraiment du fiel qui sortait de ses dents. Mais il se contenta bien vite de simplement sourire à pleines dents.

« Roh, je prends ça trop à cœur…
La personne que tu viens de croiser, tu la connais très bien. C’est le… L’homme-loup que t’as proprement massacré en débarquant de la colline.
J’aurais dû te remercier pour ça, d’ailleurs. Ingjald m’a toujours bien broyé les couilles depuis que je suis devenu Jarl. Il s’amuse à contester mon autorité, et étant donné qu’il sert à protéger mon domaine, il commençait à être véritablement angoissant.
Mais tu as prouvé à tout le monde qu’il n’était pas aussi puissant qu’il pensait. Ça a dû le rendre bien humble. Il souhaite que je te tue, et va chialer devant tous mes villageois pour leur dire que je mets en danger tout le monde en te gardant en vie.
Enfin, c’est encore moi qui décide. Et je trouve que ce serait un beau gâchis de te tuer. Tu peux toujours te rendre utile. »


Il marqua une petite pause, le temps de regarder sa bestiole des sabots jusqu’au museau. La menace de mort que Darmalion avait juré ne sembla pas le faire réagir autrement que par un grand sourire.

« C’est marrant que tu me parles d’Ohrein, d’ailleurs. J’ai des nouvelles d’elle. Ça peut peut-être t’intéresser. »

Il se taisait. Visiblement, il était très curieux d’observer la réaction de Darmalion.

« Elle s’est fait attaquer. Je t’avais pourtant dit que les maraudeurs de Norsca n’osaient pas s’en prendre à des prêtres comme elle lorsqu’ils se promènent sur les routes du royaume des Sarls, eh bien, il semblerait que j’avais tort !
Ce sont des serviteurs d’un monastère qui l’ont cueillie, des fidèles du Serpent-Assoiffé. Elle est parvenue à se réfugier dans un village dont le chef avait lié ses mains aux miennes et passé un serment d’obéissance il y a trois ans... Les serviteurs du Serpent-Assoiffé sont en train de l'assiéger. Le pauvre chef du village est bien embarrassé, comme tout bon Norse, il a peur tant de Khorne que de Slaanesh, et n'a pas envie de perdre sa tête en prenant parti pour l'un ou l'autre. Il m'appelle à l'aide.
C’est une situation merveilleuse. Les oracles de Dieux différents ont décidé de s’entre-tuer, cela montre véritablement le degré de désobéissance qui règne chez les Sarls. Il est vraiment temps que l’on désigne un Roi pour mettre fin à ce bordel. Heureusement que je suis un candidat tout trouvé. »


Il fit un clin d’œil à Darmalion.

« Ton offre tient toujours ? Si je t’amenais Ohrein, tu la dévorerais ? »

Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Re: [Darmalion] Gladiature

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Il n’était pas difficile de lire dans l’œil du monstre colossal qui gesticulait au fond de son trou à quel point il pouvait haïr les Maraudeurs Norses, le Jarl Baldr n’étant pas exempt à cette antipathie notoire. Le minotaure en dépit de tout ce qui avait bousculé ses certitudes et son esprit au cours des dernières années, plus récemment des derniers jours, n’avait rien oublié de ce que ses kidnappeurs lui avaient infligé. Il n’était pas question de torture physique, mais d’un isolement qui tentait depuis longtemps de semer la confusion dans son esprit déjà fort déséquilibré. Mais il résistait. Fort, robuste, et toujours dévoué au Seigneur des Crânes, il était parvenu en dépit de toutes les contraintes à ne pas se flétrir, à conserver l’aura de puissance et de férocité qui faisait la réputation des bêtes à cornes.

Mais ici, étant l’otage des Sarls au sein même de leur cité, il sentait ses plaies devenir les failles par lesquelles la Pestilence tentait de s’infiltrer en lui, comme pour le détourner de sa Foi, comme pour l’emmener vers des horizons plus sournois et vils, pernicieux. Mais ce n’était pas sa façon d’être. Fier, fort, Darmalion avait depuis sa tendre enfance, dans sa façon de penser et d’agir, prouvé qu’il ne pouvait en rien défaillir à sa prime allégeance. Pour la première fois, le doute était semé, et néanmoins il refusait d'y croire. Fatalité.

Pour la première fois, il tentait de se convaincre lui-même qu'il était bien la créature de Khornes. Mais à ce tourment intérieur, Baldr n'était pas la solution. Le Norse le remettait à sa place, lui reprochait de s'approprier ce qu'il assimilait à la langue des Bêtes, et qui était en réalité bel et bien une langue sacrée. En réponse il se contenta d'un râle. Mais le Jarl poursuivit, évoqua le Loup-Ecorcheur, puis Ohrein, affichant à l'infâme bovidé un sourire machiavélique. En réponse Darmalion se mit à se débattre davantage, comme s'il s'impatientait. La colère en lui montait, attisée entre autres par les chaînes qui lui ceignaient les membres, camisole de fer et de chanvre qui, à un moment ou un autre, provoquerait son déchaînement.

« Ingjald hein ? Lui fort mais moi plus fort ! Moi souvenir Homme-Loup. Devenir Homelette face au gros Darmalion. Lui rapide, lui griffer moi beaucoup. Moi blessé, à cause avant. Mais quand arme moi toucher lui, lui plus danser ! Homelette partir queue entre jambes. Toi vouloir moi manger Ingjald ? Si toi libérer moi, moi pouvoir tuer lui. Pour Molosse. Molosse être Massacreur. Pas content quand ennemi survivre. Pouvoir manger Ohrein aussi, oui. Manger Ingjald, manger Ohrein ! Mais moi conditions. »

Il tentait laborieusement de lever la tête pour trouver les yeux du Jarl. Le défaut, en étant si sot, était qu'il n'avait pas conscience d'être aussi sot. Il n'était plus qu'une bête captive, et pour peu on pouvait tout aussi bien le faire rôtir. Mais il se croyait, malgré les circonstances, encore supérieur, comme s'il avait encore des choix qu'en réalité il ne possédait plus depuis longtemps.

« Moi pas vouloir Ohrein venir moi. Moi vouloir aller Ohrein. Vouloir elle voir moi libre. Elle promettre libérer moi. Mais pas revenir, laisser gros Darmalion seul. Muuuuuuuuuh ! Laisser Darmalion seul ! Darmalion colère ! Molosse plus protéger elle ! Elle abandonner Darmalion, alors Darmalion réclamer vengeance ! Elle devoir croire Molosse comprendre Darmalion pour punir elle ! MMMUUUUUAAAAARH ! »

Peut-être était-ce cela, la réalité. Peut-être devait-il faire d'Ohrein un exemple pour tous les autres shamans tel que la Soigneuse qui croyaient être dignes de servir le Molosse. Mais pour lui c'était un mensonge à présent. Khornes était un tueur, une engeance du chaos qui ne se reposait pas sur la magie, mais la force. Seuls les forts, tel que lui, pouvaient prétendre lutter en son honneur.

Il le pensait. Mais ce qu'il y avait dans sa tête était fluctuant, incertain, changeait au jour le jour. Qui pouvait garantir que, rencontrant Ohrein, ses évidences ne changeraient pas de berge ? C'était là le défaut d'une bête qui à défaut de raison préférait se reposer sur ses instincts. Son subconscient parlerait. Le Seigneur des Crânes guiderait sa main, ferait parler son coeur.

« Mais pas tout. Moi tomber malade. Moi pas vouloir donner manger Mouche. Préférer Molosse. Toi guérir moi. Toi nourrir moi bien. Ensuite moi combattre pour toi. Muuuuuh ! Toi avoir gros Darmalion tuer pour toi ! »
Modifié en dernier par Darmalion le 30 mai 2020, 18:45, modifié 1 fois.
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[MJ] Le Grand Duc
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Re: [Darmalion] Gladiature

Message par [MJ] Le Grand Duc »

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Jet d’INT de Baldr :
Caché.

Baldr tourna la tête de côté en entendent Darmalion cracher tout son fiel envers Ohrein et Ingjald. Toujours aussi énigmatique, le Jarl considéra sa victime, avec une expression que le minotaure ne parvenait absolument pas à déchiffrer.
Avait-il suscité son intérêt ? Sa pitié ? Est-ce que le Jarl prenait la Bête au mot, ou bien était-il amusé de découvrir une grossière tentative de manipulation ?
Alors même que Darmalion était incapable de comprendre ses propres pensées, celles de Baldr demeuraient un mystère. Mais avec une toute petite voix rauque, il tendit son doigt, qu’il agita rapidement en l’air.

« Est-ce que tu es en train…
Est-ce que tu es en train de prêter un serment ? »


Il lécha sa lèvre inférieure, tout en reposant son bras sur son genou.

« J’ai ce qu’on appelle des Housecarles. Ils me jurent, sur leur honneur et sous les auspices des Dieux, de tuer pour moi, moi et moi seul ; Et en échange, je leur donne des terres, et des armes, et exige leur premier-né en otage dans ma demeure afin de m’assurer de leur loyauté.
C’est ce que tu es en train de me demander de ma part, pas vrai ? Je te soigne, je te nourris, et en échange, tu tues pour moi, et moi seul. Il est dommage que je n’aie pas un veau à te réclamer.
À moins qu’Ohrein n’attende un heureux événement... »


Il rit tout seul de sa propre plaisanterie grivoise. Il semblait que Baldr était bien assez aliéné mentalement pour s’amuser tout seul à tergiverser des heures durant avec un homme-bœuf, ce qui devait certainement être très reposant pour son épouse.

« Mais tu vois, c’est compliqué mon gros, parce que…
Bah parce que c’est bien joli de me dire ça alors que t’es bien tout faible, et ferré, et au fond de ton trou. Je suis pas totalement suicidaire non plus, tu sais. Si je me fous de ta gueule tout le temps, c’est parce que tu n’as absolument aucun moyen de me faire payer.
Dès que tu seras nourri, en forme, et juste devant moi… Qu’est-ce qui t’empêchera de me prendre avec tes grosses paluches et de m’éclater le crâne ? Hm ? Tu peux me dire ? C’est que, je tiens à ma tête ! J’ai de très grands projets, moi, et je n’ai aucune envie que mon histoire s’arrête à cause d’une vache-homme qui grogne plus qu'elle ne parle la Langue Noire ! »


Il feint la réflexion, en grattant sa barbe et en prenant un ton parfaitement sarcastique.

« Ah là là… Pas facile comme situation… Vraiment, vraiment pas facile. »

Il leva son doigt, comme s’il était soudain pris d’une idée de génie.

« J’ai peut-être une idée ! Oh oui ! Mais… Mais je me demande si ça n’est pas du gâchis, pour toi. C’est que tu vois, ça me demanderait beaucoup de ressources, et, eh bien… Je ne suis pas tellement sûr que ça te plaise. »

Il claqua dans ses mains.

« Tu sais ce qui me fait pitié avec les Bêtes ? C’est comment vous êtes jamais véritablement maîtres de votre destin. Vivre selon ses pulsions c’est pas la liberté. Vous agissez seulement selon votre intérêt immédiat. T’as faim ? Tu bouffes. Tu sens la Lune Verte ? Tu accours. Tu vois une Pierre des Hardes ? T’es capable de passer dix piges de toute ton existence à chier autour pour la garder des intrus. T’as aucun moyen de saisir ton destin dans ta poigne.
Ce que je peux t’offrir, c’est… ça en fait. Un choix. On va appeler ça une… Une expérience. J’ai ton attention ? Ouvre grand, grand tes oreilles. C’est bon ? »


Il s’assura de l’attention de Darmalion, avant de continuer.

« Je peux te placer dans une cage de fer. Te vendre à la famille de Hugleik. Tu seras débarrassé de moi. La famille de Hugleik, ils vont te nourrir avec de la bonne viande. Mais ils vont bien te garder prisonnier. Ils ont des arènes, un truc magnifique… Tu serais un concurrent merveilleux, je suis sûr. Ils vont te faire affronter des tas de merdes. Des guerriers, des loups, peut-être une manticore ! J’en sais rien, tout ce qu’ils arrivent à obtenir. Et tu vas y trouver la mort, dans ces arènes. T’auras peut-être un infime espoir de t’échapper, à un moment, après tout le destin est fluide, il n’est jamais gravé nulle part, pas même dans les trames de l’Autre-Côté, et si t’as réussi à te casser miraculeusement de mon antre qui te dit que tu renouvelleras pas l’exploit ? Mais de façon plus réaliste, et au risque de te décevoir, je pense que tu vas juste crever là-bas. Sans aucune considération de la part de personne. Loin d’une Harde. Loin de tes frères. Tu hurleras à la Lune. Tu sentiras les Vents, sans jamais pouvoir être ennivré de la beauté du Dhar… Mais c’est peut-être ça que tu veux, au fond de toi. Tu es une montagne de haine et de hargne. Tu trouveras la mort en écrasant tout ce qui te passera sous la main. Ce n’est pas une mort que tu choisiras, mais c’est une mort qui honorera le Khorne en qui tu es autant dévoué. Une mort de dévot.
Peut-être que tu attireras son attention. Rien qu’une seconde. Une toute petite, dernière, ultime seconde, où il en aura enfin quelque chose à faire de toi... »


Il maintint cette dernière phrase avec un effet d’annonce, comme un vieux Shaman qui raconte des histoires aux enfants Brays autour du feu.
Mais il pouffa bien vite de rire avant de taper dans ses mains.

« Même si en vrai je crois qu’il t’ignorera bien vite. Khorne a des milliers de guerriers. Des milliers de minotaures comme toi partout à travers tous les continents de cette Terre qu’il souhaite dévorer avec ses frères. Tout comme les Dieux ont abandonné les Fimirs, ils ignorent les tiens. C’est nous, les hommes, qui avons toute leur attention. On doit plus les amuser. Désolé.
Mais j’ai peut-être un second destin à te proposer. Une… Alternative. Que tu n’apprécieras peut-être pas. Au moins, j’espère que tu reconnais mon honnêteté : Tu peux me haïr avec tout ton cœur, je suis peut-être la seule créature que tu verras jamais, au cours de la totalité de ton passage à travers cette terre, à te poser cette question ; Et toi, tout au fond de toi, qu’est-ce que tu veux ? »


Il claqua des doigts.

« Écoute-moi. Écoute-moi très bien, très clairement.
J’ai de grands rêves. De grandes ambitions. Tu peux les partager. Tu peux m’aider en écrasant ce qui se trouvera sur mon passage. Mais je ne ferai pas confiance à ton instinct – Il est trop traître. Et trop pur. Je souhaite faire trembler la Norsca – Si tu voulais la faire trembler avec moi, il faudrait que tu lies ton destin au mien. Et ce n’est pas une chose que l’on prend à la légère.
Je veux enserrer ton crâne avec une grille de fer. Une grille que je fermerai par une clé sous la forme d’un sortilège. Je te contrôlerai par la gueule. Je ne parviendrai jamais à te domestiquer, c’est certain – Mais à défaut de parvenir à tel résultat, je peux au moins décider sur qui tu iras te repaître, sur qui tu te déchaîneras.
Je te donnerai les meilleures proies. La meilleure nourriture. Je te ferai de grands cadeaux. Je te donnerai des armes. Tu seras soigné à mes frais. Et tu m’aideras à faire trembler la Norsca toute entière.
Tout ceci, en échange d’un prix terrible : Ta soumission. Entière et absolue. »


Il marqua un silence. Un bien long silence.

« Je n’ai aucune envie de te prendre au dépourvu. Tu vois, moi, je ne fais pas des promesses qu’on ne tient pas.
Qu’est-ce que tu choisis ? C’est ce soir que tu décides du reste de ta vie. Alors répond-moi. »


Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Darmalion
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Re: [Darmalion] Gladiature

Message par Darmalion »

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GLADIATURE



Au fond de sa geôle, inhumain, le béotien continuait de se contorsionner. Sous la clarté des astres de la nuit, l’albe lumière jetait l’ombre de la silhouette du Jarl sur toute la paroi du minotaure, paroi sur laquelle la pénombre était reine et plongeait un peu plus bas la Bête dans des ténèbres étouffants. L’ombre se mélangeait harmonieusement à la noirceur de sa prison comme si le Jarl était l’extension de cet enfer. En levant le museau, mouvement difficile compte tenu de la présence de cet alganon qui lui ceignait la gorge au torse, il apparaissait au butor que l’homme était plus accessible que jadis. A portée de nasaux. A portée de sa gueule.

Les réflexions du Jarl l’intriguaient. Le trouble fut jeté dans son esprit toujours en proie au doute, manquant de perspicacité, incapable de déceler le poison incolore et inodore instillé dans les mots bien choisis du Jarl. Il pouvait à son aise duper le minotaure, le manipuler pour l’enfoncer encore plus profondément dans ce sentiment épouvantablement exigu de la solitude et du désespoir carcéral. Mais contre toute attente, en dépit de sa stupidité, Darmalion avait su par les mots instiller à son tour un certain doute dans l’esprit de celui qui d’ordinaire était le plus à l’aise avec le verbe, même en langue noire. Cependant les convictions du fruste étaient si fortes qu’il parvenait à bousculer Baldr sur son propre terrain de prédilection.

C’est qu’il pouvait aller jusqu’au bout de sa connerie, le con de bovin, et cela le Jarl commençait à le sentir, à s’en imprégner et à pouvoir s’en servir comme d’une arme avec laquelle, battant l’enclume, il broyait tous les arguments de Darmalion. Mais de fait cette arme n’en devenait que plus attirante, aguicheuse, comme la promesse de pouvoir domestiquer même le plus terrible des Gors.

« Meuuuuuuh ! »

Après avoir encore remué tel un asticot, Darmalion se mit à répondre.

« Moi sentir humain dans esprit toi. Humains se poser trop questions. Moi libre tant que pouvoir tuer, manger, rire, boire, dormir. Moi libre même avec Molosse derrière moi. Molosse laisser moi abattre fléau sur créatures. Moi pas besoin plus. Mais rêver, oui, rêver parfois. Rêver parfois… Rêver que moi harde. Rêver grande guerre. Rêver avoir harde pour casser. Casser tout. Tout casser tout casser ! Mouuuuuuh ahahahah ! Tout casser tout détruire ! Bouffer vivants ! Peur partout quand entendre moi ! Croquer vous ! HAHAHAHA ! »

Le Jarl avait toutes les raisons de se méfier. Cette créature avait été enfanté par le chaos pour détruire, pour semer la discorde, non pour réfléchir. Les paroles de Baldr étaient juste, formidables de pertinence ; Darmalion était l’esclave de sa propre personne. Mais il était assez sot pour l’ignorer, pour se satisfaire du moment présent.
Son rire fut soudain interrompu pour son propre rugissement. Les secousses de son esclaffement cédèrent à un long grognement à gorge déployée, lorsque le plaisir d’un songe épouvantable fut noyé sous la colère d’une constatation qui ne lui plaisait guère.

« Moi pas vouloir arène. Vouloir vengeance. Mais toi garder sortilèges pour toi. Moi pouvoir promettre. Oui, promettre devant Molosse. Molosse être content tant que moi massacrer. Alors moi pouvoir… quoi dire déjà… serment, oui, serment ! Serment dans le sang devant Molosse ! Pas chaîne, pas sorcier. Mais promesse, oui, mais pas promesse comme Ohrein. Promesse devant Khornes. Promesse sacrée ! Khornes dire oui si promesse pour détruire. Moi promettre toi que pas tuer toi tant que les autres pas morts. Toi convenir ? Promettre que pas tuer tant que Ohrein et Ingjald pas morts. Pas tuer toi tant moi pas avoir croqué fille loup. Moi servir toi pour détruire, juste détruire. Toi pouvoir détruire tout ce que toi vouloir, surtout si être créatures comme toi, ou comme chien-chien Homelette. Moi promettre tout détruire pour toi, pas tuer toi tant que Ohrein et chien-chien pas mort. Et si toi obéir Molosse, peut-être… »

Il marqua une pause.

« Oui, peut-être moi tuer avec harde pour toi, si toi vouloir tout détruire. Molosse être content si toi tout gagner par force. Toi comprendre ? Moi pas compliqué être. Moi juste vouloir tuer, manger. Sans chaînes avoir. Sans sortilège. Toi quoi dire de ça ? »
Modifié en dernier par Darmalion le 30 mai 2020, 18:45, modifié 1 fois.
Darmalion, Voie du champion minotaure
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[MJ] Le Grand Duc
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Re: [Darmalion] Gladiature

Message par [MJ] Le Grand Duc »

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Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


Darmalion était parvenu à un miracle :

Il fit disparaître le sourire de Baldr.
Lui qui n’arrêtait pas d’avoir cette espèce d’immonde rictus d’illuminé, à chacune de ses plaisanteries grasses qui n’amusaient que lui, le voilà qui prenait un air circonspect. Fronçant les sourcils. Plus aucun sarcasme chez lui :
Il semblait véritablement considérer les paroles de la Bête. Il semblait leur prêter une certaine attention.

« Peut-être… Peut-être que tu as raison. »

Il serra ses dents, et tiqua au fond de sa gorge.

« Il y a de la pureté en toi. Je la prends pour de la bêtise. Mais c’est peut-être une erreur de jugement. Je m’attache trop au côté… Homme. J’ai envie de le déceler chez toi. J’ai envie d’ouvrir ton crâne pour y trouver l’âme que les Dieux ont entachée.
Mais peut-être est-ce moi qui ai tort. Nous tous, les Hommes. C’est tes tripes qui te guident. Si tu m’ouvrais le crâne, tu ne trouverais qu’un cerveau à dévorer. C’est presque admirable, la manière avec laquelle tu te bats, juste pour le plaisir et le service, sans arrières-pensées.
Si je n’étais pas Baldr, je voudrais être un minotaure. »


Il soupira, et se gratta la nuque.

« Mais je suis un lâche. Je suis un traître. Je suis petit et faible. Je ne peux pas t’égaler.
Je ne devrais pas le dire, au risque que tu te mettes à me désobéir, mais je vais le dire quand même : Tu me terrifies. Je suis désolé, il faut que tu comprennes, pas que tu me pardonnes mais juste que tu me comprennes – je reste persuadé que si je te libérais de tes chaînes, tu me tuerais dans la seconde.
Tu me demandes de compter sur ta foi. Mais je ne crois pas que ta foi soit plus forte que ton estomac. En ça, tu ressembles beaucoup à Ohrein. C’est l’ennui avec les serviteurs du Molosse, si tu veux mon avis. C’est un Dieu qui me terrifie, et j’ai du mal à le comprendre. »


Il se leva, et épousseta ses genoux pour en faire tomber la terre.

« Je ne te laisserai pas mourir comme un chien dans cette fosse. Je croyais que cela m’amuserait. Je tuais des petits animaux quand j’étais enfant, mais ils sont trop purs pour qu’il soit intéressant de leur faire du mal à présent que je suis adulte.
Mais je ne te libérerai pas non plus. Pas tout de suite. Ta haine peut toujours me servir pour l’instant.
Au moins, je respecte ta décision : Je ne t’enfermerai pas dans une arène. Et je ne te lierai pas par la magie non plus. Tu souhaites détruire, je vais te donner de quoi détruire. Fais-moi confiance, et je te donnerai toute la viande et tout le combat que tu souhaites.
Dors bien. Darmalion. »


Le Jarl s’éloigna. On entendit ses bruits de pas descendre, et finalement disparaître. Darmalion pouvait alors rester à nouveau seul, sous la lune grise, fiévreux et tremblant de douleur. Sans les mains d’Ohrein pour le recouvrir de cataplasmes et le soigner, il laissait ses blessures à vif, brûlantes et noircies par un début de gangrène.

Mais alors que le minotaure allait fermer les yeux, il entendit à nouveau des pas le déranger. Du sol qu’on racle. Une femme qui hurle. Qui hurle bien fort, strident, avec un écho. Au-dessus de lui, deux maraudeurs portaient une pauvre esclave chétive, âgée, les cheveux arrachés par poignées et vêtue seulement de haillons. En découvrant le minotaure au fond du trou, elle se mit à se débattre comme une folle dans tous les sens, en tentant vainement d’échapper à la solide poigne de deux gros gaillards bien plus grands et plus forts qu’elle.
L’un d’eux sorti un grand couteau, et, d’un seul mouvement qui fendit l’air, lui trancha net la gorge. Le deuxième la jeta bien vivement dans le trou. Elle s’écrasa tout en bas, rompant net son cou, et mettant ainsi fin à ses atroces gargouillis qui raclaient sa glotte.
Darmalion avait à manger. L’un des Norses cria quelque chose dans sa langue d’homme.

Il apprit donc que « Njóttu máltíðarinnar » voulait dire « bon appétit. »
Charisme Darmalion : 2
Bonus : +2 (Baldr attendri)
Malus : -1 (Sepsis)
Jet : 7, échec de 4.
Intelligence Baldr : 14
Malus : -4 (Baldr attendri)
Jet : 5, réussite de 5.

Baldr n’est pas convaincu d’effectuer un pacte de sang.

Darmalion est à 48 PV.
Il souffre toujours de sepsis.
INI+INT/2 Darmalion : 6
Malus : -1 (Sepsis)
Jet : 1, réussite critique.


On tirait sur sa corde. Au-dessus de lui, le fouet claquait, et rythmés par des « hue ! » réguliers, des esclaves tiraient sur une large poulie. Darmalion put hurler ou se débattre, autant qu’il voulait, voilà que sa tête s’écrasait contre la paroi de terre du trou, et qu’on raclait son museau tout le long alors qu’il était ramené jusqu’à la surface.
Sitôt tout en haut, et suspendu dans le vide, des maraudeurs se jetèrent sur lui. Deux portaient de grandes lances dont ils collaient les pointes tout près du cou du monstre, tandis que deux autres le tiraient par le cuir, afin de le faire chuter sur terre. Il fallait y aller à plusieurs pour le maîtriser, et à entendre leurs paroles grognées entre eux, dans leur insupportable langue d’hommes, il leur fallait y mettre tout leur courage et leur valeur tous ensemble pour maintenir un minotaure à terre. Heureusement pour eux que le Minotaure était une bête blessée. Heureusement qu’il était ligoté aux chevilles et aux bras. Heureusement, surtout, que le peuple Norse était fait de fiers bonhommes entraînés à lutter face à une faune et une flore qui souhaitait tout faire pour les exterminer.
Pour la première fois depuis des jours, Darmalion pouvait voir où il avait atterri : C’était le petit village qu’il souhaitait attaquer. Il n’avait pas été déplacé bien loin. Quelques dizaines de maisons, des navires. La mer. Le ciel. Des poules et des chèvres. Et beaucoup de femmes et d’enfants. C’était ça la chose la plus étonnante à observer ; Parmi toutes ces personnes en peaux de loups et d’ours qui observaient, à bonne distance de sécurité, ce formidable spectacle, beaucoup avaient les cheveux longs et des frimousses féminines, ou bien étaient hauts comme trois pommes. Les deux maraudeurs qui le gardaient en respect par des lances apparaissaient également être des femelles.

Dans une Harde, les femelles sont protégées par les mâles. Elles ne vont pas sur les sentiers de la guerre, elles ne se mêlent pas des duels atroces et des orgies sanglantes dans lesquelles les mâles se jettent. Naturellement plus calmes, et plus en retrait, elles peuvent à l’occasion servir d’intermédiaires lorsque deux Bestigors beaucoup trop fiers pour le bien de la tribu mettent en danger la survie de toutes les Bêtes en sortant les haches et en s’entre-dévorant ; Mais la plupart du temps, elles restent bien cachées dans les forêts, à s’occuper des petits et des tâches qui n’impliquent pas de se salir les pattes.
Bien qu’il soit une grosse vache meurtrière, même Darmalion n’était pas tout à fait ingénu. Chez les hommes, on trouve normalement à peu près autant de femelles que de mâles ; La disproportion était ici plus flagrante. C’était à se demander si tous les hommes n’avaient pas été fauchés en suivant Archaon lors de son grand Déluge. Peut-être y avait-il des conclusions à tirer sur la situation de la tribu de Baldr.

Enfin, c’était avant qu’une de ces faibles femelles ne lui donne un énorme coup de semelle directement sur son front, avec une puissance bien suffisante pour le rendre groggy. On lui lia des cordes autour de chaque épaule et on le traîna sur le sol, quatre esclaves se collant à la tâche, jusqu’à une charrette toute ferrée.


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La charrette était tout juste assez grande pour ses mensurations généreuses. Il se retrouvait recroquevillé sur lui-même, tassé dans un coin, sous le regard de deux dames au visage couvert de tatouages et de cicatrices, qui pointaient bien leurs lances, prêtes à aller le larder de coups à travers les interstices de métal s’il s’avérait que le minotaure s’agite trop.
Tout le monde piaillait. Mais piaillait en norse. Darmalion ne comprit rien. Il ne pouvait qu’observer, tandis que les villageois le regardaient en le pointant du doigt, et en se répandant en murmures.
Un peu au loin, il reconnut Baldr, les bras croisés, qui discutait avec un Ingjald qui cracha à terre, et avec une femme qui portait une cotte de maille, une peau de loup blanc autour du cou, et une magnifique épée au pommeau brillant et décoré par un émeraude : Qui qu’elle fût, elle devait être importante.
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Ils discutaient tous les trois un long moment. Puis, la femme tapota l’épaule de Baldr, tandis que Ingjald la salua en lui tapant dans la main. La dame s’éloigna vers le village, tandis que le Jarl et l’Homme-Loup retournaient près de la charrette ferrée. Baldr siffla, hurla quelques ordres, et tout une escorte se mit en branle.

D’après ce qu’il pouvait voir autour de lui, il y avait huit maraudeurs, femmes et hommes, qui semblaient armés de lances, de boucliers ronds, de quelques javelots et de simples fourrures pour toute protection. Mais il y avait également deux bonhommes bien plus armurés, couverts de fer, et aux magnifiques épées décorées : Il lesavait déjà croisé la première fois que Baldr était venu lui parler. Avec leurs barbes fleuries et nouées, et leurs regards noirs, ils semblaient bien plus vétérans que les maraudeurs qui avaient encore un aspect assez juvénile.

Sur tous les boucliers ronds de ces Norses, Darmalion put découvrir quel était le symbole de la harde humaine de Baldr : Une espèce de sombre corbeau noir, aux yeux rouges, s’apprêtant à charger sur ses ennemis.
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Exemple d’un Maraudeur Norse : Simples vêtements, ou armures de cuir. Équipement léger. Le grand bouclier rond est leur armement le plus caractéristique.

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Exemple d’un Housecarl Norse : Broignes, mailles, très bon équipement, toujours des hommes assez âgés.


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Le symbole que Darmalion observe sur tous les boucliers que portent les Norses.


La charrette commença un lent roulis. Elle tremblotait, craquant un peu sous le poids de Darmalion. Mais le bois d’oeuvre était solide. Le minotaure se retrouvait légèrement chahuté, par des cailloux ou des sentiers accidentés qu’empruntait le véhicule.
Et il ne put qu’attendre. Attendre. Tout le long de la marche, les maraudeurs Norses suivaient derrière, en parlant entre eux, riant parfois, en s’échangeant tout un tas de mots incompréhensibles. De véritables moulins à parole. Ingjald ou Baldr, eux, se faisaient entendre derrière les oreilles du monstre : Ils étaient tous les deux assis à côté du conducteur de la charrette, et discutaient à voix basse de tout un tas de choses incompréhensibles.

Une seule fois, la charrette s’arrêta pour que Baldr puisse se détendre les jambes et s’étirer, tandis que tout le monde but une rasade d’eau ou s’échangea de la viande froide à manger. Le soleil était alors à son zénith, et Darmalion crevait de chaud avec sa fièvre qui le faisait trembloter. Ingjald en profita pour s’éloigner un peu avec un Housecarl, et les deux allèrent se soulager près d’un chêne. Personne ne se soucia trop de Darmalion. Seulement lorsque tout le monde se releva pour partir, Baldr attrapa un morceau de viande salée qu’il balança à l’intérieur du coffre de fer afin de remplir le ventre de son monstre.

Enfin, après presque toute une journée passée sur les routes, le soleil commençait tout juste à se coucher. Il y avait de l’herbe grasse, quelques arbres, et la charrette s’arrêta tandis que tous les maraudeurs cessaient de rire ou de plaisanter, pour se mettre en rang et, soudain alertes, tendre des boucliers droit devant eux.
La charrette se tourna, et Darmalion put voir quel obstacle se dressait devant la troupe.
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Contrairement au tout petit village dans lequel il avait été enfermé, ce territoire Norse semblait, à défaut d’être grand, au moins mieux défendu. Une puissante palissade de fer le ceinturait, et dans des tours tout autour, on y découvrait quelques Norses portant des arcs qui guettaient la route.
Ingjald grogna alors un mot que Darmalion reconnut au milieu du dialecte humain :

« Slaanesh. »

Quelques maraudeurs attendaient près de feux de camp, avec des tentes en peaux humaines bien dressées. Ils faisaient rôtir de la bonne viande et buvaient tranquillement depuis de grands tonneaux d’ale. Alors que les guerriers sur les palissades observaient avec inquiétude, ceux qui restaient devant ne semblaient pas du tout mener un siège : Ils ripaillaient en fait avec joie, l’un d’eux grattait quelques accords avec un instrument de musique, tandis que deux autres dansaient ensemble torses-nus, le corps peinturluré de runes inquiétantes.
Ces guerriers-là ressemblaient assez à ceux de Baldr, à la différence notable qu’ils étaient couverts de dorures, de soieries teintes en violet, de colliers d’or et de plumes d’oiseaux exotiques. Ils avaient, de plus, quantité de chiens au pelage blanc, accrochés par des chaînes liées autour de piquets. En voyant les hommes de Baldr approcher, ces chiens s’étaient mis à aboyer à tue-tête, en tirant autant que possible sur leurs liens de fer pour tenter d’aller croquer les intrus.
En ça, ils ressemblaient beaucoup à Darmalion.

Tout cet effectif n’était pas bien nombreux. Ils devaient être dix, douze, quelque chose comme ça. Mais c’était une présence suffisamment inquiétante pour que les palissades du village soient bien fermées et que les sentinelles surveillent. Sûrement que le symbole de Slaanesh gravé au fer rouge sur la peau humaine qui servait de toile signifiait le sort qui les attendait.

Ingjald et Baldr sautèrent à terre. Une sorte de No Man’s Land s’était formé entre les tentes et les feux de camp des Slaaneshi, et le convoi avec sa charrette de fer. Vers cet espace vide d’herbe grasse, Baldr s’approcha, seul, en faisant vingt grands pas. En face, certains maraudeurs violacés et luxueux s’étaient levés, et s’étaient emparés de lances et de haches ; Du moins, quatre seulement, les autres étaient trop occupés à danser comme des fous ou à jeter leurs couverts dans la viande en train de cuire. Un homme s’avança, également seul, dans l’espace créé entre les deux groupes. Il salua Baldr. Et les deux commencèrent à parler.
Longtemps.

Ils étaient suffisamment éloignés de Darmalion pour que le minotaure ne puisse entendre que leurs murmures. Il ne les aurait pas compris de toute façon. Baldr restait bien droit, les mains sur les hanches. En face de lui, le Slaaneshi semblait plus expressif : Il n’arrêtait pas de marcher, de gauche à droite, en tournant sa tête dans tous les sens, comme pour observer le Jarl sous tous les angles. Un instant, il posa une main sur la joue de Baldr. Le Jarl se figea, stoïque, tandis que Ingjald et tous les guerriers au corbeau noir se mirent en posture bien défensive, prêts à courir les vingt pas qui les séparaient de leur chef. Mais le Jarl ne réagit pas, laissant son interlocuteur être aussi tactile qui le souhaitait.
Puis, Darmalion entendit Baldr soudain changer de dialecte :

« Tes guerriers, ils parlent la Langue Noire ? »

Le Slaaneshi sourit. Il mit un long moment à répondre, avec un sourire encore plus grand et plus carnassier que ceux que Baldr affichait pour se moquer du minotaure.

« Certains. Pourquoi ? Souhaites-tu me faire des confidences ?
– Tu dis représenter le Monastère. Mais en réalité, je pense que c’est surtout toi-même qui est impliqué dans cette histoire.
– Tu m’accuses de quelque chose, Baldr. Je n’apprécie pas ça. Tu devrais faire très attention, en parlant à un Vitki du Prince.
– Écoute, arrête ces conneries ; Elles ne m’impressionnent pas. Les saloperies entre toi et Ohrein, c’est une chose, mais là, tu marches sur mes plates-bandes. Je ne tolérerai pas ça. Et je suis pas sûr que le Monastère le tolérerait non plus, s’ils apprenaient ce que t’es en train de foutre.
On peut négocier une sortie de crise, toi et moi. J’ai des prix à te proposer. Je peux acheter ton départ.

– Mon cher Baldr, je ne comprends vraiment pas pourquoi tu t’acharnes à vouloir sauver la peau de la sanglante. J’ai des choses très intéressantes à te raconter sur elle. Elle ne t’est pas aussi fidèle que tu le penses…
– Je sais parfaitement ce qu’Ohrein manigance. Il ne suffit pas de murmurer des choses à mon oreille pour que je ferme des yeux la nuit.
– Si je lui transperce le cuir, tu n’auras plus ce problème sur les bras. Tu devrais même me remercier d’accomplir cette basse œuvre ; Le sang ne coulerait pas sur tes mains à toi. Je te rendrais un fier service...
– Tu ne sais pas comment on joue à ce jeu. On ne s’allie pas aux plus forts, on s’allie aux plus faibles. Je n’ai aucune envie d’avoir une dette envers toi, vois-tu.
– Dans ce cas, il va falloir m’arracher la tête. Mais je ne crois pas que tes hommes aient envie de salir leurs lames avec mon sang à moi.
– Mes hommes, non. C’est pour ça que j’ai ramené cette chose qui t’interpellait. »

Baldr s’écarta et pointa du doigt la charrette couverte de fer. Le Slaaneshi la considéra de loin, en penchant la tête.

« Il a été marqué par le Molosse. Il est en rogne. Affamé. Il doit trépigner dans sa cellule. Dès qu’il sera libéré, il se jettera sur toi et te massacrera, sans sentiments. »

Mais contre toute attente, le Slaaneshi, bien peu impressionné, décida de s’approcher, tout droit vers les lignes ennemies. Baldr fit un signe à ses hommes, et Ingjald, comme tous les maraudeurs, baissèrent leurs pointes de lances et s’écartèrent du chemin.
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Une espèce d’aura malsaine entourait l’homme. Ses yeux brillaient, la rétine disparue. Des sortes de craquelures violacées traversaient sa peau et son visage. En même temps qu’il était élégamment vêtu de beaux pourpoints de velours, une sorte d’odeur enivrante émanait de lui. Il sentait un délicieux parfum sucré, comme des fruits de printemps, mais avec une présence si forte qu’elle donnait mal au crâne à en perdre la raison. Même le gros minotaure qu’était Darmalion se sentait légèrement tourner de l’œil lorsque la fragrance atteint son museau.

Le Slaaneshi considéra Darmalion de la tête aux pieds. Avant de sourire.

« Tu bluffes, Baldr. Cette chose répugnante te hait.
Si tu la libères, elle tentera de te massacrer toi avant tous les autres. »


Il posa ses mains sur la barrière de fer, et approcha son visage pour murmurer au Minotaure. Alors, par ce qui devait être un étrange sortilège, sa voix retentit dans un écho soufflé, seulement pour ses oreilles à lui ; c’était une magnifique voix cristalline, qui l’apaisa.

« Dis-moi la vérité…
Tu hais celui qui t’as enfermé ? Moi, je ne t’ai jamais vu, jamais croisé…
Tu n’as pas de raisons de me faire du mal. »
CHAR Baldr : 13
Jet : 20, échec critique.
INT du Slaaneshi : 12
Jet : 11, réussite de 1.

END+INT/2 : 8
Malus : -1 (Sepsis)
Jet : 15, échec de 8. Darmalion est étrangement bercé et charmé par la voix et l’odeur du Slaaneshi. Il reste néanmoins maître de ses actions.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Re: [Darmalion] Gladiature

Message par Darmalion »

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GLADIATURE



Miracle. Revirement de situation. L’étrange manège qu’avait bâti son persécuteur s’était mis à danser en sens inverse, permettant au minotaure de le prendre en cours de route et de rattraper tout le temps perdu à voir les autres choisir leur assise. Il avait su lire, dans les paroles du Jarl, comme un soupçon de solennité. S’attendre à ce qu’un Norse fusse décontenancé par les dires décousus d’un tel animal relevait à l’apparence d’une farce ; mais une farce que Baldr savait prendre au jeu tout en saisissant sa profondeur. Il sembla alors mesurer toute l’ampleur de la situation et, fort avisé, doué d’une intelligence qu’il semblait capable de déceler même une forme de leçon dans la stupidité d’une créature dominée seulement par ses pulsions, il parut s’arrêter sur cet instant pour reconsidérer la suite équivoque de ses ambitions. Il se livra à la colossale aberration ligotée au fond de son trou, transparent comme l’eau claire d’une fontaine. En même temps, il comprit ce qu’il avait cru savoir auparavant.

Les mots ne sortaient pas de cette gueule abjecte par hasard. Ils obéissaient à une volonté qu’il pouvait, à condition de trouver la méthode, domestiquer pour son propre compte ; quel ne serait, alors, le poids de ses menaces contre les autres Sarls, armé d’une si terrible créature ? Devenir celui qui dompte les minotaures… un titre qui redorerait son blason à n’en point douter. Il avait longtemps cru savoir comment manipuler ces monstres. Mais il avait sous-estimé, peut-être, sa propre capacité de persuasion. En ce jour, Darmalion semblait prêt à s’offrir à lui ; le doute toutefois à son égard demeurait persistant et pour une très juste raison. Il suffisait de voir Ingjald pour le comprendre. Et il avait pu le voir de ses propres yeux lors de la mort d’Hugleik.

Pour le bestial, la tourmente était tout autre. Suite à sa conversation avec le Jarl, son ventre criait famine. Il était las d’attendre de pouvoir massacrer de pieuses personnes, et de les dévorer par la tête. Mais une surprise l’attendait. Une surprise digne de ce nom.

La femme qui tomba dans sa geôle après avoir été égorgée dans des cris d’horreur était propédeutique d’un meilleur destin et symbolique de la réussite du dévot de sang. Ne sachant qu’en penser, il décida de croire à une sorte d’offrande bien méritée pour la patience qu’il avait eu jusque-là ainsi que pour ce qu’il était capable de promettre. Il en croqua chaque morceau, en pulvérisant les os avec ses larges molaires et en la mâchant sans se préoccuper de ce qui passait dans sa gorge. D’entre toutes ses parties, il préféra ses fesses. Dans son esprit, toutes ses préoccupations disparurent à chaque mouvement de mâchoire. Il tenta de se remémorer ce qu’il venait de dire et d’apprendre. Cet homme était plein d’ambitions. Mais ce n’était qu’un homme. Quel goût pouvait-il avoir ?

Il n’eut qu’à peine le temps de terminer son festin qu’il se sentît happé et traîné par la patte. Sa gueule immonde râcla la paroi de sa prison en remontant, si bien que son cuir en fut presque arraché ; il y perdît aussi des touffes de poil. Manifeste réaction de sa part, des rugissements chantèrent sa surprise et sa délectation du grand air, mais des moments d’hésitations marquèrent malgré tout les craintes et les doutes qu’il pouvait avoir sur l’intention en fond de toile qui justifiait cette sortie. Malgré son évidente puanteur, les hommes se jetèrent sur lui ; il se débattît, mais en vain.
On lui donnait une nouvelle raison d’être. Il n’en comprenait pas le sens, mais il le sentait : quelque chose allait se produire, bousculer tous les scénarios et être décisif dans son parcours de vie.

« RRUUUUAAAAH – AAARGGG ! »

Une fois contrôlé, traîné en labourant la terre et remis en cage, il se débattît comme un fauve toujours en proie à une rage sanguinaire. En se remuant, il tenta de pousser sur ses barreaux et de faire poids pour les briser, mais encore une fois ses efforts furent voués à l’échec. Il s’apaisa en réalisant qu’il ne saurait sortir de cette nouvelle prison. Une fois plus calme, il parvint péniblement à s’asseoir mais d’une façon toujours précaire, car ses jambes étaient encore liées et son alganon ne lui autorisait pas beaucoup de liberté de mouvements, en plus d’être dans une cage exigüe ; il se concentra dès lors sur ce qu’il y avait autour de lui pour le peu qu’il pouvait en voir. Des femmes, beaucoup de femmes. Une surveillance proche, particulièrement oppressante. Des guerrières armées de pointes. Ingjald, Baldr, une autre combattante. Il reconnut le village où il avait failli déverser toute sa haine, si seulement ce Loup-Ecorcheur ne l’avait pas stoppé. Il repensa à sa fille, et l’idée lui vint de la croquer devant lui. Autour, il attirait naturellement le regard de tous les villageois. Magnétique et mystique, comme un rêve bien présent. Le minotaure. Le monstre qui avait failli tuer Ingjald et qui était parvenu à briser par sa seule force les chaînes de son antre. Plus proche que jamais. Ils ne l’avaient vu qu’en grimpant sur des falaises escarpées. A présent qu’ils étaient à hauteur, ils se rendaient compte de sa dangerosité.

Libéré, il pourrait leur courir après et déverser tout un flot de colère et de haine, les dévorer un par un, semer le chaos dans leur village, enlever leurs enfants, leur tendre des embuscades, désarticuler leur squelette, rompre leur nuque à la main, broyer leur crâne, bouffer leurs chèvres, briser leurs maisons et les faire rôtir sur la place centrale. Il était noir. Noir comme le chaos qui l’avait enfanté.

Il les écouta sans les comprendre, prenant son mal patience, obéissant aux secousses de la charrette en route. Il prit le temps de s’imprégner de leur présence et de graver leur apparence dans sa mémoire, notamment ce corbeau noir aux yeux rouges. Un symbole. Il en avait vu aussi, sur les Pierres de Hardes ; des signes d’appartenances, des arcanes cabalistiques.

On l’emmena sous une chaleur accablante, son corps convulsant à cause de la maladie, ses membres raides, son esprit embrumé ; autour, le paysage dessinait autant d’horizons possibles une fois qu’il serait libre. Il regretta de ne pas avoir fui. Il avait obéi à ses instincts, bigot du Seigneur des Crânes. Comme l’avait dit Baldr, il n’était qu’un pantin défiguré par la haine, se croyant libre mais bel et bien otage de la volonté de son dieu sombre.

Le jour commença à descendre quand enfin il cessa d’entendre les roues glisser sur le sol. Les vibrations sous sa peau cessèrent. Il eut l’impression de pouvoir enfin s’octroyer une trêve. Mais tel n’était pas le cas. En remuant, il tenta de chasser des insectes qui cherchaient à profiter de ses plaies. Les autres se déplacèrent autour de lui, mais il ne s’en préoccupa qu’à peine, tout concentré qu’il était sur son propre pelage.

Hideuse et nauséabonde, la créature attendît qu’on s’intéresse à elle. On tourna sa charrette et il entendît le nom du Serpent. Les Norses parlèrent entre eux. Il les ignora. Il ne savait ce que signifiait, chez ces êtres-là, la rencontre de deux Hardes. Allaient-ils se déchirer pour décider d’un chef ?

Il ne leur prêta une oreille qu’à partir de l’instant où il reconnut la langue des Bêtes. La Langue Noire que le Jarl disait sacrée. L’autre souriait. Baldr, lui, semblait plus sérieux que naguère. Darmalion retint que l’autre était le Vikti du Prince. Qu’il fut question d’argent, et d’Ohrein. Était-elle ici ? Baldr la voulait. L’autre aussi. Et Baldr ne tarda pas à vouloir utiliser Darmalion comme une menace.

Le minotaure eut un rire rauque. Comme des secousses lourdes et graves qui firent trémousser sa poitrine, obéissant à ce réflexe de plaisir. Le Jarl voulait jouer de sa présence. L’autre ne semblait pas décontenancé pour autant. Il fut partagé entre deux sentiments. D’un côté, il voulait faire payer à Baldr le prix de sa prétention. Le Serment n’avait pas eu lieu. L’Homme-Bête ne lui devait rien. De l’autre, il voulait apprendre à ce Vikti qu’il valait mieux le craindre.

Lorsqu’il s’approcha, le béotien se sentît conquis par une étrange ivresse. L’homme lui parla. Il lui parla comme le Serpent l’aurait fait. Darmalion détestait cela. Cela faisait trop de ces créatures qui tentaient de le corrompre. Ohrein, Baldr, et maintenant lui, le Vikti. Il hurla en tentant d’approcher sa gueule du Slaneeshi, comme s’il voulait le dévorer. Dans ses yeux injectés de sang brûlait une férocité sans bornes, une soif de sang meurtrière.

Bestial.

« RRRRRRRUUUUUUUOOOOOAAAAAAAR ! TOI CREVER ! MOI MANGER TOI MANGER LUI MANGER TOUS ! MOOOOOOOOOOAAARRRH ! »

Il se dandinait comme un fauve en cage, cognait contre ses barreaux.

« MOI DETESTER LUI, OUI ! DETESTER TOI AUSSI, ET OHREIN AUSSI ! VOUS DETESTER TOUS ! MOI VOULOIR MANGER, DETRUIRE ! MOI PLUS VOULOIR PRISON ! KOOOOOAAAAAAAR ! »

La charrette remuait en grinçant au rythme de ses gesticulations grossières et colossales.

« MAIS MOI, OUI, MOI RESPECTER SERMENT SI SERMENT ! MAIS LUI PAS SERMENT ! SERMENT LIBERER MOI, OUI, LIBERER MOI POUR DETRUIRE ! DETRUIRE TOUT AVANT, LUI A LA FIN ! BOUFFER CHIEN-CHIEN INGJALD ET OHREIN AVANT LUI ! CHIEN-CHIEN LA-BAS OUI ! BOUFFER LUI, ET TOI AUSSSI, TOUT LE MONDE AVANT JARL ! MAIS JARL PAS PROMESSE RESPECTER ! ALORS MOI VOUS BOUFFER TOUS ! »

Le charme avait opéré, et n’avait dès lors fait que déchaîner sa colère.
Darmalion, Voie du champion minotaure
Profil: For 12 | End 10 | Hab 5 | Cha 2 | Int 4 | Ini 8 | Att 14 | Par 7 | Tir 5 | Foi 0 | Mag | NA 1 | PV 48/120
Lien Fiche personnage: wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_darmalion

Compétences
  • Coups puissants (B)
  • Force accrue (B)
  • Violence forcenée (B)
  • Survie en milieu hostile (B)
  • Coriace (B)
  • Désarmement (B)
  • Coups précis (1) (B)

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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Darmalion] Gladiature

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Il hurla. Il hurla toute sa haine et tout son fiel. Comme un diable qu’on avait enfermé dans une boîte, il ne lui restait plus qu’à se déchaîner. Il était suicidaire d'entraver un minotaure. Pendant quatre ans où il s'était trouvé ligoté dans son antre, ses cris de colère, ses mouvements brusques, ses menaces, n’étaient reçus qu’avec des rires, des plaisanteries et des langues tirées de la part d'enfants. Le voir proclamer haut et fort sa haine et ses appétits de meurtre sans pouvoir les assouvir devait être une torture amusante pour eux. La preuve de la supériorité de l’Homme sur la Bête.

Tout avait basculé, en un instant.

Peut-être parce que Darmalion était trop proche d’eux. Peut-être parce que la charrette ferrée dans laquelle on le séquestrait ne semblait pas assez solide. Peut-être parce que, blessé, fiévreux, humilié, il était encore plus enragé qu’à l’ordinaire.
Mais lorsque Darmalion haleta après avoir gesticulé dans tous les sens, il put regarder, un par un, les yeux de tous les Norses qui l’entouraient.

Les Housecarls le foudroyaient du regard et avaient porté leurs mains aux haches sur leurs ceintures.
Ingjald avait fait un pas en arrière, et affichait ses crocs acérés dans un début de grognement.
Les Maraudeurs avaient des pupilles écarquillées, et certains de leurs beaux boucliers ronds tremblotaient discrètement au bout de leurs bras.
Baldr, lui qui était toujours si fier, et si imbu de lui-même, il s’était figé sur place, et avait un peu entrouvert la bouche.
À une trentaine de pas de là, les Slaaneshi avaient arrêté de danser, de boire et de chanter. Interpellés par le boucan du minotaure, ils s’étaient soudain relevés, avaient saisis leurs armes, et se mettaient maintenant à attendre, aux aguets, tout prêts pour le combat.

Il n’y en avait qu’un pour ne pas être impressionné par la diatribe du minotaure. Le Vitki, le serviteur du Serpent, il était resté là, tout droit, en tenant fermement les barres du chariot. Ses yeux argentés, brillants, continuaient de darder une espèce d’aura malsaine vers le regard de Darmalion. Quand le calme commença à revenir, il prit une longue inspiration nasale en se redressant.
Il tourna sa tête à droite, par-dessus son épaule.

« Tu sais, Baldr… Je t’ai toujours trouvé très brillant. Travailleur. Curieux. C’est admirable. »

Le pauvre Jarl regarda le Vitki qui lui parlait avec un petit laps de latence. Il semblait véritablement terrifié à la vue du minotaure qui avait juré en Langue Noire la mort et la souffrance pour tous les humains autour de lui.

« Mais t’as toujours été trop imbu de toi-même. Trop sûr de toi. »

Et là, Baldr sembla se douter de quelque chose. Parce qu’il se mit à s’agiter, et à pointer du doigt le Vitki, avant de lui crier dessus avec une voix cassante, un peu aiguë, rien à voir avec le ton si apprêté qu’il n’arrêtait pas d’utiliser – Il avait une voix de chochotte.

« Éloigne-toi de la cage !
– Tu joues avec le feu. Et je ne t’en veux pas pour ça, ne va pas croire, je comprends, c’est très tentant de-
– Éloigne-toi, je te dis ! »

Des poils apparaissaient sur les joues d’Ingjald, et le loup-écorcheur claqua des dents devant le visage du Slaaneshi, qui fit un rapide pas en arrière.

« ...
...Il est temps de te rendre un peu plus humble. »


Baldr ouvrit la bouche. Peut-être espérait-il à nouveau défendre au Vitki de rester poche de Darmalion.
Il aurait dû regarder derrière lui.

Tout alla très vite. Darmalion n’aperçut pas ce qui provoqua directement la rixe. Peut-être était-ce un signe du Slaaneshi, peut-être une parole, un geste ; Mais en tout cas, ses sbires un peu plus loin dégainèrent des javelines qu’ils jetèrent adroitement sur les Norses du clan de Baldr. Trois projectiles rapides, précis, qui fendirent l’air, et vinrent se figer dans trois maraudeurs qui jusqu’ici s'étaient bornés à les regarder en chiens de faïence.
Les trois levèrent leurs boucliers ronds. L’un d’entre eux parvint à encaisser et briser la javeline dans la foulée. Les deux autres reçurent les pointes directement dans leur corps. On entendit des aboiements de chiens, vifs, successifs ; Les Slaaneshi avaient lâché leur meute. Les chiens au pelage blanc chargèrent, plus rapidement que leurs maîtres, et sautèrent avec leurs crocs directement sur leurs adversaires. Certains reçurent des coups de poings et volèrent dans le ciel. Un autre molosse parvint à se saisir de la main d’un des guerriers pour lui broyer les doigts et le forcer à aller à terre.

En une seconde, sans prévenir, le chaos de la bataille avait débuté. Dans tous les sens, les Norses hurlaient, dégainaient leurs armes, accouraient pour aller se battre.

Juste devant la cage de Darmalion, Ingjald comprit vite que le Vitki était un danger. Il commença à se transformer. Sa gueule se déchira pour afficher un air canin. Ses oreilles s’allongèrent. Ses griffes s’agrandirent pour prendre une taille démesurément aiguisée.
Mais ce fut l’homme devant lui qui eut la transformation la plus abjecte. En ouvrant sa bouche, bien grand, sa langue se déroula, longue, chutant au sol, se décuplant jusqu’à tomber à ses pieds. Il projeta l'organe à la face d’Ingjald. Celui-ci n’eut pas le temps de se changer en loup ; La langue tournoya autour de son cou comme la corde autour d’un pendu, elle glissa à l’entrée d'une oreille, sorti par sa bouche à lui, avant de remonter sur son visage pour chatouiller du bout l’autre lobe. Ingjald s’effondra à terre, dans des cris étouffés, son corps traversé de convulsions de tous ses membres. Le Vitki se rapprocha, se jeta sur lui, et lui arracha sa chemise afin de dénuder son torse.

En voyant ça, Baldr eut le réflexe le plus humain que l’on pouvait avoir en étant confronté à un spectacle aussi odieux.
Il tourna le dos à la mêlée générale dans laquelle se jetaient ses housecarles et ses hommes.
Et il courut à toute vitesse dans l’autre direction, comme s’il avait le feu aux fesses.


Le Vitki ravala sa langue. Ingjald gémissait en tremblant dans tous les sens. Le Slaaneshi s’approcha de la grille de fer de Darmalion, et, à travers les trous, il lança aux pieds de Darmalion la chose qu’il attendait depuis si longtemps :
Un trousseau de clés.

« Tu n’auras aucun ordre de ma part, minotaure !
Juste : Amuse-toi ! »


Et avec un grand sourire, il se retourna, ouvrit grand sa main qui se mit à pulser des tourbillonnements de la magie noire, et se jeta au milieu des hommes qui commençaient à trancher des têtes et des gorges dans tous les sens.




Tentative d’intimidation de Darmalion : (FOR+CHAR)/2 : 7
Bonus : +2 (Créature terrifiante)
Jet : 5, réussite de 4

Jets de résistance mentale pour les trois personnes capables de comprendre Darmalion :

Jet de résistance mentale de Baldr : 18, échec. Il subit -1 à toutes ses caractéristiques en lançant un jet.
Jet de résistance mentale d’Ingjald : 14, échec. Il subit -1 à toutes ses caractéristiques en lançant un jet.
Jet de résistance mentale du Vitki : 11, réussite de justesse.

Trois guerriers de Slaanesh lancent simultanément trois javelots. Ils visent chacun un maraudeur qui peut parer avec son bouclier.

TIR des 3 guerriers : 6, 9, 6, trois réussites.
PAR des 3 Maraudeurs : 1, 5, 7 ; Comme c’est une parade à distance, donc /2, seule la réussite critique passe.
Le Marauder 1 ne subit aucun dégât. Il parvient à briser la javeline et ne subit aucun dégât ni malus.
Le Marauder 2 absorbe les dégâts mais subit 1 dégât symbolique. Il lui reste 59 PV.
Le Marauder 3 subit 3 dégâts. Il lui reste 57 PV.

Le Vitki lance un sortilège sur Ingjald.

Je suis dans une situation bien gênante qui est qu’il n’y a pas de domaine de magie de Slaanesh sur le forum ; Au départ, je comptais donner au Vitki un mélange de sorts de magie noire et du domaine de Tzeentch où j’aurais juste changé les noms des sorts, mais Faust m’a envoyé son ébauche de projet de nouveau domaine sur lequel il est en train de travailler. Le Vitki va l’utiliser.
C’est donc un domaine en alpha-test qui n’a pas été validé, et qui comme tous les patchs peuvent faire des bugs ; s’il y a des soucis ou des déséquilibrages manifestes, il est possible que je fasse un Deus Ex Machina pour régler le problème, à ton avantage évidemment.


Lancement du sort « Langue Cinglante »

MAG du Vitki : 13
Lancement d’un sort supérieur ; Malus corrigé par les 2 points en Maîtrise de l’Aethyr.
Jet : 12, réussite.

Ingjald subit 30 + 2d10 (=16) – (END : 14) = 32 dégâts perdus.
Il reste 27 PV à Ingjald.

Ingjald tente un test d’Endurance pour résister à la douleur :
14 ;
Malus : -1 (Terrifié)
Malus : -2 (Maîtrise de l’Aethyr du Vitki)
Jet : 12, raté de un.

Ingjald s’effondre au sol et est paralysé par la douleur pendant tout un round.


Quatre chiens se ruent sur les ennemis et attaquent quatre des huit maraudeurs.

Jets : 6, 16, 13, 17 ; Un seul parvient à accrocher un maraudeur.
Jet de FOR+END/2 du maraudeur 1 pour se dégager : 14, échec. Il est forcé à tomber au sol, sa main est broyée, il subit 5 PV de dégâts.
Jets d’attaques sur les chiens des trois maraudeurs : 17, 6, 17 ; Deux échecs. L’un d’entre eux pulvérise le chien qui passe de 35 à 24 PV.

Baldr tente un jet pour s’enfuir courageusement :
Jet : 9, réussite. Il se casse en prenant les jambes à son cou à toute vitesse.




Darmalion reçoit la clé de la part du Vitki. Il lui faudra faire un voire des jets pour réussir à se détacher, pendant lesquels les Norses vont se bastonner comme des fous furieux. Dans ta réponse, contente-toi de me dire si tu tentes effectivement de t’enfuir – et si tu parvenais à t’enfuir, quelle est la première personne que tu tenteras de massacrer.
« Le premier qui me passe sous la main peu importe qui » est une réponse valable.

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Darmalion
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Re: [Darmalion] Gladiature

Message par Darmalion »

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GLADIATURE



De la commissure de ses babines coulait une bave épaisse et gluante qui en glissant sur son museau velu se mélangeait aux mèches de sa barbe crasseuse. En s’agitant, il faillit coincer ses énormes cornes entre les barreaux de sa petite prison ; si bien qu’avec une telle rage et une si grande force dans son odieuse frénésie, peut-être aurait-il été capable de se rompre la nuque par accident. Par chance cela n’arriva pas et tandis qu’il vociférait toute sa haine, l’atmosphère autour d’eux prit une teinte plus rouge de promesses ; rêve rubicond d’un fleuve de sang.

Lorsqu’il fut un tantinet apaisé, il découvrit avec la plus parfaite stupeur que l’homme qui l’envoûtait n’était pas de ceux qui, naguère, s’étaient amusés à promettre à tout va. Très loin de là. Le Slaaneshi, lui, passa directement à l’action. Alors qu’Ingjald se métamorphosait en se montrant tout aussi agressif dans sa façon d’être que pouvait l’être le béotien dans sa furie monstrueuse, le Vikti riposta en laissant apparaître une abjecte longue qui attaque directement le cortex de son assaillant et le laissa derechef à l’état de chair convulsive, charogne épileptique, carcasse secouée d’atroces frissons de douleur et d’épouvante. L’Homme-Bête, assistant à ce spectacle singulier, mit lui-même ses mains sur ses oreilles en meuglant.

« MOOOOOOOOOH ! »

Et puis il se mit à se secouer, comme s’il voulait bondir, repliant et dépliant ses jambes à l’image d’une rainette, excité et assoiffé, jusqu’à ce qu’il voit le Vikiti déchirer la chemise du Loup-Ecorcheur à l’agonie pour lui offrir les clés de la liberté. Ebahissement. Pas de paroles en l’air, pas de négoce, pas de menaces. Rien que des clés pour libérer sa fureur. Quelle ne fut sa surprise en constatant, au milieu d’un chaos déchaîné, que les horizons tendaient à se libérer avec ce simple jeu de petites clés, médiocres en apparence, mais lourdes de sens.

Il se jeta dessus en criant, jubilant, ne faisant pas même attention aux chiens qui fonçaient sur les Maraudeurs, aux javelines qui s’écrasaient sur les boucliers ou à Baldr qui prenait la poudre d’escampette.

« TOUS LES TUER ! MOOOOOOAAAARAHAHAHAHAHA ! TOUS LES TUER TOUS LES TUER ! CHIEN-CHIEN ! MANGER CHIEN-CHIEN ! MANGER JARL ! MANGER TOUS ! HAHAHAHA ! VIKTI ÊTRE BON, TRES BON ! »

Il rampa comme un asticot, se contorsionna pour espérer saisir les clés. Mais sa silhouette colossale était ici en l’occurrence sa pire ennemie car en dépit d’être formidablement puissante, elle empêchait de pouvoir profiter d’une motricité fine qui en l’état lui aurait été salutaire ; alors, pataud, il tenta de s’emparer de ce reliquat du dernier espoir.

La scène était magnétique. Au milieu des Norses qui s’écorchaient vifs, le monstre tentait de récupérer sa liberté, augurant une fureur destructrice. Ils le savaient. Il se déchaînerait. Il broierait les crânes, achèverait les agonisants, dévorerait vifs la veuve et l’orphelin. La fin d’un monde semblait descendre du ciel ; un autre, vermeil comme le sang, était en train de naître.

« BAAAAAAAALDR ! CHIEN-CHIEN ! OHREIN ET TOUS LES AUTRES ! DARMALION ARRIIIIIVEEEER ! MOUUUUAAAAAAAAAH ! MOOOOAAAHAHAHAHA ! ARRIVER BOUFFER VOUS ! DECHIRER VOUS VIVANTS ! »

La charrette dansait sur place, grinçant sous le poids du gros Darmalion.
Modifié en dernier par [MJ] La Fée Enchanteresse le 01 juin 2020, 22:27, modifié 1 fois.
Raison : +4 XP / Total : 28 (Récapitulatif des gains précédents
Darmalion, Voie du champion minotaure
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Lien Fiche personnage: wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_darmalion

Compétences
  • Coups puissants (B)
  • Force accrue (B)
  • Violence forcenée (B)
  • Survie en milieu hostile (B)
  • Coriace (B)
  • Désarmement (B)
  • Coups précis (1) (B)

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