[Erwan de la rivière] Celui qui chante

La Bretonnie, c'est aussi les villes de Parravon et Gisoreux, les cités portuaires de Bordeleaux et Brionne, Quenelles et ses nombreuses chapelles à la gloire de la Dame du Lac, mais aussi le Défilé de la Hache, le lieu de passage principal à travers les montagnes qui sépare l'Empire de la Bretonnie, les forêts de Chalons et d'Arden et, pour finir, les duchés de L'Anguille, la Lyonnesse, l'Artenois, la Bastogne, l'Aquilanie et la Gasconnie.

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[MJ] Le Roi maudit
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Re: [Erwan de la rivière] Celui qui chante

Message par [MJ] Le Roi maudit »

Les comparses levèrent leur verre en chœur, entrainés par le charme magnétique du jeune homme aussi flamboyant que sa chevelure. Les écuyers approfondirent les détails sur les péripéties qu'ils avaient rencontré en chemin tandis que les tables de la taverne s'emplirent de plus en plus.
Le soleil mourrait déjà dans les cimes des grands chênes lorsque Léonard s'excusa pour rejoindre le Castel où il était invité.

Le plat du soir était une potée de légumes au bouillon de volaille. Pas chère, nourrissant, le compromis idéal pour ce genre d'établissement. L'estomac plein et l'esprit apaisé par de grands verres de vin coupé, le client était au plus vulnérable pour les talents musicaux du musicien. Luçon et le Bougre terminaient d'éponger leur tranchoir afin d'en manger la mie. Il n'y avait plus qu'à se lancer face à un public rassasié de corps mais pas d'art.
Jet de réussite avec hab+cha/2 + bonus (donc sur 11) = 5, réussite !
C'était un franc succès. Les applaudissements et les vivats fondirent sur le ménestrel. Même les deux écuyers y mirent du leur en sifflant comme deux beaux diables depuis leur tablée. Il n'y avait qu'à circuler entre les rangées de voyageurs comblés pour récolter sous et deniers. Un total de huit sous pour un minimum d'effort. De quoi s'assurer plusieurs nuitées dans le confort de l'auberge et des repas de prince ici.

En parlant de prince, ses courtisanes s'étaient massées pour admirer l'artiste. Filles de riches paysans aux gueules bien faites et aux courbes noyées par leurs robes, c'était une gourmandise qu'il pouvait choisir de consommer. À moins qu'il avait peur de se faire surprendre la main dans le pot de miel.
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Entre autres la fameuse renaude.

Tu gagnes 8 pistoles dans le système de monnaie du warfo (j'ai changé les termes en rp pour correspondre)
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Erwan
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Re: [Erwan de la rivière] Celui qui chante

Message par Erwan »

Erwan écouta avec une attention un peu moins professionnelle les détails des écuyers, il avait déjà sa chanson en tête, tout du moins les accords au luth, et il se faisait confiance pour que les paroles viennent à lui au fur et à mesure car, après tout, la vie d'un ménestrel est faite d'improvisation. Non, en vérité son attention était autant accaparée par les détails énoncés par les écuyers que par les mignonnes aux autres tablées. Il leur offrit un sourire avenant, quelque peu charmeur, et fit une petite courbette à celle que fut nommé Renaude, Erwan se souvenant qu'il devait s'agir de la fille du tavernier. Mais en la voyant, il ne put s'empêchait d'être un peu triste, car elle même semblait l'être.

Erwan remercia le tavernier pour le souper, et avec ses deux camarades commença à dîner. Et il prit son temps pour plusieurs raisons. D'abord pour que la taverne se remplisse, elle était après tout la seule de cette magnifique ville, et la présence d'un ménestrel à la taverne ne manquerait pas de la remplir jusqu'au grenier. Deuxième raison était que les clients devaient avoir consommés avant de commencer la chansonnette. Un homme au ventre remplit et avec un ou deux godets de bon alcool Bastonnois dans le nez est un client enthousiaste, mais avec plus ils pouvaient commencer à casser la taverne, donc il fallait donc savoir quand précisément s'avancer pour chanter, ce qui constituait la troisième raison. Et la quatrième, que serait le pauvre Erwan s’il ne gratifiait toutes ces colombes de son sourire avenant, chaleureux et presque aussi brillant que ses cheveux qui faisaient toujours autant leur effet.

Ce fut quand l'atmosphère était la plus parfaite qu'Erwan se leva, son luth en main. Il se déplaçait de ci, de là dans la taverne, faisant mine de chercher un bon coin, ou il restait planter à un endroit pour faire croire qu'il accordait son luth qu'il l'était déjà. En vérité, Erwan jouait avec son public. Il avait accaparé leur attention dès l'instant où il s'était levé, et presque tous s'étaient tus, et ils attendaient la musique. Mais Erwan sentait que les gens d'ici étaient assez heureux pour qu'il se permette ceci, alors à côté de cette table il dit : "- Oh non, trop d'hommes." A celle-ci, il dit : "- Pas assez de femmes." Il fit le tour de la taverne de cette façon, recevant beaucoup de rires, mais le public commençait à s'impatienter. Erwan pris donc place au comptoir du tavernier et accrocha quelques accords agréables pour que tous prêtent l'oreille car la chanson allait commencer.

"- Messieurs et gentes dames, vous tous ici êtes de fiers Bastonnois. Nous sommes tous, ici, le digne sang de Gilles. Alors tendez l'oreille, car cette chanson est sans pareille. Chevalier errant, notre sire Léonard de Banquètres, et c'est cet humble ménestrel qui va chanter ses hauts faits." Il prit une grande inspiration et commença à gratter quelques accords délicats.


"- Quand s'en vient le Sire de Banquètres, vous pouvez garder vos portes ouvertes,
Car en sa présence, nul ne viendra vous faire de mal, et surement pas ces maudits peaux-vertes.

Sire de Banquèstres, Écraseur de la vermine peaux-vertes en a éliminé plus d'un millier,
Sans une blessure, sans grande difficulté car il est un bon Bastonnais,
Son épopée que je vais vous conter,
Il y a de cela des années qu'elle a commençais."
Commença-t-il en se déplaçant gracieusement dans la foule, toujours en grattant son luth, et se dirigeant vers les deux écuyers.

"- Noble chevalier, brave cœur, doit toujours avoir son écuyer,
Et voici qu'il y est, qu'il apparaît,
Quel colosse cet homme, les bambins en sont effrayés,
Mais derrière ces muscles existe un homme bon et loyal, soyez rassurés."
Chanta-t-il à côté du Bougre. Puis il changea d'écuyer pour se mettre aux côtés de Luçon.

"- Et le deuxième, mais non des moindres, notre cher Luçon,
Pardonnez-moi, j'allais oublier le troisième, le fameux Jacot noir mouton.
Simple paysan, mais dont l'œil était aussi aiguisé qu'une épée,
Et dont les talents de pisteurs, le chemin de notre sire ont aiguillés."
Il quitta Luçon, ses accords devinrent un peu plus rapides, plus appuyés et il commença à traverser la salle et fit quelques cabrioles le reste de la chanson.

"- Sire Léonard fier Bastonnais, chevalier errant au cœur brave et méritant,
S'en alla sur les routes, sourire aux lèvres, cheveux et barbe au vent.

Voyageant à travers notre bon pays de Bastogne,
Il fit tâter à maints vilains la dureté de sa pogne.

Arpentant des chemins de montagne, les Nains guettant sous cette dernière,
Chevauchant sur ce chemin, il vit les forêts des fées, qui furent bientôt à son arrière.

C'est au bout de ce col que notre sire errant commença sa besogne,
D'immondes verts se mirent sur sa route, mais comme ils allaient le comprendre, il avait une bonne pogne.

Il trancha, il éviscéra et il éradiqua,
Aucun peaux-vertes ne lui résista,
Aucun peaux-vertes ne revint par-là,
Écraseur de la vermine verte on l'appela.

Traversant Gasconnie pour y trouver son second,
Ce dernier les guida jusqu'à Quenelles, comme s’il avait un don.

La vermine verte ne fut présente en ces lieux qu'un seul jour,
Mais notre sire errant avait maintenant à faire avec un nouveau tour,
Des brigands, vilains et marauds, pillaient, tués et pendaient court,
Notre sire, cœur brave et vaillant, s'en alla les confronter dans leur forêt alentour.

Quel noble que ce sire, offrant combat loyal à ces gredins,
Il se prit, en réponse, une flèche, mais jamais il ne s'en plaint,
En une journée, la forêt était purgée de ces malins,
Leur chef, aussi costaud que son premier, fut abattu par notre sire, de ses propres mains."
Erwan continua à gratter quelques accords, des accords lourds, sinistres et malveillants. La foule sentait que quelque chose de dangereux allait venir, et elle retint son souffle. Erwan s'approcha d'une serveuse, qui se trouva être Renaude.

"- Peaux-vertes, pièges et brigands,
Croyez bien que cela ne dura qu'un temps.

Comme pour le mettre à l'épreuve, La Dame mit obstacle,
Il était grand, immense, il était vert, puant, oui mes amis, un Troll.

Et pourtant sans peur et avec bravoure, notre sire le combattit avec ses écuyers,
Il fut tranché,
Il fut démembré,
Il fut assommé,
Mais le monstre, à la mort, se refusait,
Jusqu'à ce que son point faible fût révélé,
De nouveau tranché,
De nouveau démembré,
Et de nouveau assommé,
Cette fois il ne saurait se relever,
Car, voici son point faible, il fut brûlé.

Chantez, chantez mes amis, car dans notre bonne ville de Gîtes-au-Breton,
Se trouve Sire Léonard de Banquèstre, fier Bastonnais, et noble sang de Gilles le Breton."
Et il gratta sa dernière note, face à la foule.

Il savait garder les apparences, aussi seules quelques gouttes de sueur démontraient son épuisement, mais son cœur battait la chamade, et il reprenait difficilement son souffle. Sa chanson avait bien dû durer plusieurs dizaines de minutes, mais c'est toujours quand la chanson se finit qu'il est le plus anxieux. Mais il n'avait, semble-t-il, pas à l'être. La foule l'applaudissait, il fut sifflé, il fut acclamé. Et son sourire il affichait. Il s'inclina face à la foule joyeuse, et ricana en voyant que même Luçon et le Bougre se joignirent à la foule. Il fit passer son chapeau à plume à travers la foule, et fut ravis d'avoir récolté 8 sous, et il affichait un grand sourire, bien que dans sa tête il aurait aimé en avoir dix, pour remercier Ranald pour cette soirée fructueuse. Il mit ces sous dans sa bourse et avec son luth en main, pris le chemin de la porte. Il se tourna vers la foule et déclara :

"- Et c'est ainsi que le ménestrel vous quitta,
Car chez Hervé, maintenant, il s'en alla,
Une chambre à occupait, mais qui, avant le sommeil, le gagnera ?"


Il sourit en sortant de la taverne et se dirigea vers l'auberge, d'un pas un peu lent, laissant le temps à quelques dames de venir prendre son bras.
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Re: [Erwan de la rivière] Celui qui chante

Message par [MJ] Le Roi maudit »

Jet de charisme : 1 8)
Jets cachés
Ce n'est pas le bras que prirent les douces demoiselles de Bastogne, mais le musicien tout entier. Propulsé aux nues par une cohorte excitée et avinée de paysannes intenables le barde se fit littéralement porté par un troupeau d'admiratrices jusqu'à l'auberge. Les portes de l'établissement claquèrent tandis que les jouvencelles se précipitèrent vers une chambre. Il faisait chaud en cette nuit d'été, les rires et les soupirs se mêlèrent dans cette chambre tandis que les vêtements étaient tombés au sol. Les mains d'artiste et les mains calleuses des lavandières, des tisserandes ou de petites citadines sur des corps à nue, suants et pantelants.

Une nuit d'extase, sauf pour le voisin de chambré.

Au matin, le soleil pointait à travers les volets de bois. Délesté, vidé, satisfait, le musicien était à nouveau seul dans la chambre, sur un matelas de paille bien tassé par la nuit. Une voix familière résonna dans le couloir avant que la tête de Luçon n'apparaisse dans l'embrasure de la porte dégondée :

-Hey beau roux, t'as l'aubergiste qui réclame que tu payes les réparations de la porte. Ah et Léonard m'a dit d'te dire que t'étais invité au château ce soir.

L'archer s'éloignant, le bruit de ses pas cessa avant qu'il n'ajoute : Et descend vite on a de la soupe de pain pour le déjeuner.
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Erwan
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Re: [Erwan de la rivière] Celui qui chante

Message par Erwan »

En ralentissant ses pas, Erwan était serein car il avait réussi autre chose ce soir-là : Ne pas se faire jeter dehors comme le dernier des voyous. Il pensa également que, malgré le fait qu'il ne puisse offrir sa pièce à Ranald aujourd'hui, il se disait que ce dernier devait trouver au moins amusant le fait qu'un de ses enfants se trouve dans cette cité tellement dédiée à La Dame, sans que personne ne le remarque. Il pria alors Ranald en son for intérieur, et Ranald l'entendit.

Erwan n'eut même pas le temps de comprendre ce qu'il se passait, l'instant d'avant il était sur le plancher des vaches, l'instant suivant il était tiré par il ne savait combien de chevelures brunes, blondes, châtaines, toutes le menant en direction de l'auberge. A parti du moment où il était soulevé de terre et le moment où ses vêtements allaient être arrachés, il n'avait plus rien compris, juste qu'il allait passer une excellente soirée. Sentant une dizaine de mains sur ses vêtements, il les balaya de la main avant de retirer lui-même ses vêtements et de poser son luth quelque part. De un, ça coûtait cher, et de deux personnes ne fera du mal au Luth. A peine avait-il eu le temps de se retourner qu'il sentit le confort du lit, et cette nuit apporta un grand nombre d'autres conforts. Erwan eut tout de même un peu pitié pour le voisin de chambrée, pitié qui ne dura que les deux premières secondes de cette nuit.

Une rai de lumière qui passait à travers le volet de bois réveilla Erwan avec la douceur d'une mère, si bien qu'il s'étira mollement en baillant. Ses yeux papillotèrent quand il entendit des bruits de pas et la voix de Luçon qui lui parlait. Encore des bruits de pas, puis là Erwan compris qu'il parlait de déjeuner.

"- J'arrive, Luçon, j'arrive..." Répondit-il en baillant, mais en restant encore un peu au lit. Quelques instants plus tard, il écarquilla les yeux. Il venait de retrouver ses sens, et son cerveau venait de se mettre en marche. Il était invité au château ! Il bondit du lit, enfila ses vêtements quatre à quatre, saisi son Luth et dévala les escaliers. Il rejoignit rapidement Luçon, et peut être même le Borgne puisque ces deux-là ne devaient surement pas se quitter d'une semelle. Il s'assit à la table, le sourire aux lèvres, les cheveux complètement en bataille, mais avec la tête de ceux qui ont passés une excellente nuit.

"- Aubergiste, combien que j'te dois pour c'te porte ? T'sais, j'l'ai même pas toucher c'te celle-là, mais bon... D'jà bien content du lit, du r'pas, et pis tiens vais ! Dis-moi le prix qu'il est juste, et j'te donne une pièce en plus. Pacque t'es un gars bon." Dit Erwan avec un verbe bien moins gracieux que la veille. Semblant se rendre compte de ce qu'il vient de dire, il but rapidement un peu de sa soupe, et repris d'une meilleure voix. "- Désolé. Disais-je, combien vous dois-je, aubergiste ? Donnez-moi un prix juste, et j'alourdirai votre bourse d'une pièce en plus, car vous êtes un homme bon, dans une bonne ville, mon ami." Repris Erwan avec un sourire honnête et franc, une main dans sa première bourse, celle contenant son argent.
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Re: [Erwan de la rivière] Celui qui chante

Message par [MJ] Le Roi maudit »

L'agencement de l'auberge était différent de l'autre établissement du bourg. Il y avait un grand âtre éteint bordé par des sofas et des fauteuils rembourrés. Moins de tablées que dans la taverne et il n'y avait pas de comptoir. Cependant, les deux écuyers n'étaient pas durs à rater même en chemise et pieds nus autour de leur table. Une marmite de potage était posée sur la table, non loin d'un Jacquot le noir occupé à manger des croutons. Luçon et le Bougre buvaient de bruyantes gorgées de soupe de pain. Des couverts avaient été placé pour le rouquin afin de pouvoir se sustenter.

L'aubergiste avait un air de ressemblance plus que troublante avec le tavernier si ce n'est qu'il avait troqué la moustache pour d'épais favoris. Tout en déplaçant des ballots de couvertures propres il maugréa en regardant le jeune barde aux conquêtes si...Inoubliables. Les excuses d'Erwan entendues il répondit avec flegme.

-Bah, la porte, la chambrée, le repas, les clients indignés, ça nous f'ra bin cinq sous bien ronds. Ah et un d'plus pour garder l'silence. Faudrait pas que ce bon Hubert sachoisse que la Renaude a passé la moitié d'la nuitée à piailler dans ton pieu.

Luçon manqua de s'étouffer avec son pain avant de lever ses boucles noires pour observer le chantage. Si il semblait prêt à en découdre avec le propriétaire des lieux, il fallait la jouer fine pour le ménestrel. Après tout ce soir il était invité au château. Par la jeune femme aux cheveux corbeau peut-être ?
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Re: [Erwan de la rivière] Celui qui chante

Message par Erwan »

Erwan regarda l'aubergiste dans les yeux quand il lui annonça le prix. Erwan pris une grande inspiration et, à la surprise surement générale, il se mit à rire de bon coeur. Un rire clair et cristallin, honnête et qui pouvait être entendu loin sans pour autant agresser les oreilles. Il ricanait encore en fouillant dans sa bourse et posa les six sous demandés.

"- Tenez, mon ami. Je pense que je l'ai mérité. Et comme promis, voici un petit plus." Dit-il en déposant un septième sous sur la table. "- Pour le dérangement de la moitié de la nuit."

Erwan était pris d'un véritable rire, proche du fou rire. Il s'imaginait sans peine la nuit qu'il avait passé, et il avait encore moins de mal à imaginer que d'autres clients avaient dû repartir avec des cernes sous les yeux à cause du bruit ambiant dans sa chambre. Il se sentait un peu triste pour tout ce petit monde, mais il préférait grandement en rire, il était ainsi. Même si pères et maris l'auraient pris en chasse, il sourirait dans cette situation. Une tornade rousse presque insouciante. Presque, parce qu'il était invité au château ce soir et qu'il devait se montrer présentable pour ces sangs bleus.
Il lança un regard vers Luçon, qui avait failli s'étouffer avec sa soupe et ricana en lui tapotant l'épaule.

"- Détends toi, Luçon. Ce n'est pas la première fois qu'on me fais payer un peu plus pour ma nuit, et personnellement entre payer un sou de plus ou me faire courser comme un lièvre en pleine saison de chasse, mon choix est rapidement fait. De toute façon, tu as bien vu comment je m'en sortais, hier soir. Ce n'est pas ce sous là qui va me manquer." Puis il prit un air sérieux. "- Est-ce que tu connais quelqu'un capable de recoudre mes vêtements, Luçon ? J'ai de la chance de ne pas avoir été blessé, promis que certaines avaient des serres à la place des ongles. J'ai également besoin de prendre un bain, et de préférence dans un point d'eau, les bains sont... restrictifs. Tu connais un petit point d'eau pas loin ? Je dois me montrer présentable pour ces nobles et leurs... charmantes compagnes et jeunes filles." Il commença à boire sa soupe avec la tranquillité d'un ruisseau en reportant son attention sur le Bougre. "- Et toi, le Bougre ? Comment a été ta nuit ?"
Jusqu'à preuve du contraire, je suis immortel. Quand on me prouvera le contraire, ce ne sera plus mon problème.

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Re: [Erwan de la rivière] Celui qui chante

Message par [MJ] Le Roi maudit »

L'intéressé posa son bol avant de s'essuyer la bouche avec la manche.
-Elle était bien la nuit-da. C'était pas difficile de suivre ta route-da.

Luçon ricana avant de se resservir une louche de soupe. -L'Bougre devrait pouvoir t'récoudre ça. Pour ta flotte. Y a moyen de trouver ça quand on aura fini la graille.

Le repas engloutie et les atours du roux confiés aux doigts de fée de l'écuyer, le ménestrel fut convié à suivre Luçon. Dehors de solides gaillards installaient les tréteaux, les comptoirs et toute l'infrastructure temporaire pour le marché à venir. Quelques cavalières de la veille jetèrent un regard empourpré à Erwan mais deux grandes blondes qui avaient tout l'air d'une paire de jumelles soufflèrent des baisers à l'archer et son inséparable mouton.
Dès que l'on sortait du minuscule "centre-ville" les maisons en bois s'espaçaient pour accueillir champs, vergers ou prés à bestiaux. Le gras bétail bretonnien paissait tranquillement en regardant passer les deux loustics.

En dépassant des bocages ils arrivèrent à un petit étang à l'eau presque clair qui devait servir aux fermes environnantes pour abreuver les bêtes. Mais aucun animal en vue ils n'étaient que eux deux. Lâchant ses fringues le brave gasconnais se glissa dans l'eau.

-Elle est fraîche, c'est parfait.

La chaleur écrasante de l'été était d'autant plus savoureuse lorsqu'on plongeait son corps dans l'ondée fraiche. Le bassin était assez profond pour s'immerger jusqu'au torse sans s'allonger et assez étendu pour quelques menues baignades.

-Si jamais la Dame se ramène je te laisse le coup Erwan.
L'archer rit à nouveau avant de plonger pour profiter de cette délicieuse sensation, nager, se laisser porter par l'eau.

Après de bons instants à se vider la tête en natation, le soleil au plus haut dans le ciel, le brun reprit un ton sérieux.
-M'sire Léonard viendra te chercher dans la fin d'l'après-midi. Là je crois qu'il part galoper avec les m'sires du château. Les trucs d'nobilité quoi.

Le temps fila tranquillement entre baignade et discussion jusqu'à l'après-midi. De retour au village Erwan put récupérer ses vêtements reprisés avec soin par le colosse et il eut largement le temps de se préparer, voir même de faire un tour dans le village avant le retour de Léonard.

Lorsque ce dernier arriva en vue de l'auberge juché sur un destrier Bai il salua allègrement le roturier musicien.

-Que la Dame soit sur vous Erwan ! Regardez vous, lumineux comme une pièce neuve. Vous avez fait forte impression sur les basses gens hier soir il parait. À vous de faire la même au château alors !

Il fallait environ vingt minutes pour atteindre Castel-Gite. Le paysage bastonnois, le plus beau du monde de façon parfaitement objective, s'offrait à la vue du cavalier marchand au pas et du ménestrel.

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Comme il est de coutume dans le Royaume de la Dame, le château était un énorme ouvrage de tours, de remparts et de merlons d'une belle pierre blanche.
Sur l'enceinte extérieure un troupeau d'hommes en arme similaires à ceux qu'il avait rencontré la veille guettait les faits et gestes des paysans, domestiques, artisans, et ici le chevalier Léonard de Banquèstre et Erwan de la Rivière.

En pénétrant la basse-cour des maisons d'artisans s'empilaient sous l'ombre des murailles, tout le personnel subvenant aux besoins des châtelains. Devant le donjon principal, trois hommes attendaient, impassibles. Ils étaient d'âge mûr. Sérieux. Celui au centre se présenta.

-Bonjour à vous ménestrel, je suis l'Intendant de Castel-Gîte, Hugues. Le bon seigneur de Bouvrois est absent et je suis en charge de la forteresse durant ce temps.

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Il avait un ton poli et lissé. Probablement un de ces bourgeois qui à défaut de ne jamais gouter le fruit de la nobilité en prenait l'arôme.
-Le salon est par là. Dame Mathilde vous recevra rapidement.

Avec un Léonard toujours aussi souriant il entra dans les couloirs de pierre de Castel-gîte.
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Erwan
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Re: [Erwan de la rivière] Celui qui chante

Message par Erwan »

Le visage d'Erwan s'éclaira d'un nouveau sourire quand Luçon lui appris les talents du Bougre, et lui confia ses vêtements en toute confiance, et remercia ce dernier d'accepter cette tâche. Une fois le déjeuner terminé, Erwan fit quelques étirements avant d'expliquer ses habituels entraînements matinaux à Luçon et le Bougre, causant au moins un rire retenu de la part du premier.

Une fois la porte passée, qui devait vraiment être réparée, Erwan scruta chaque rue et était prêt à détaler, mais rapidement il comprit qu'il était hors de danger, et sa démarche se fit souple, délicate et enjouée. Il regarda également les habitants, chacun s'attelant au mieux pour le grand marché dans quelques jours, et cela fit sourire Erwan. L'affluence future et croissante de la ville lui assurerait la pitance, et cette même affluence assurerait des nuits chahuteuses. Mais il souriant également de voir son pays en paix. Peu pouvaient s'en vantaient, mais Bastogne était sans nul doute le plus beau et le plus calme des duchés de Bretonnie, et surement l'un des endroits où il faisait le plus bon vivre. Et chaque visage qu'il voyait le lui confirmait, et cela le faisait vraiment sourire. Quand le regard d'Erwan croisa celui de quelques jouvencelles dont le visage prenait des teintes vermeilles, il fit mine de les saluer de son chapeau, même s’il avait laissé ce dernier à l'auberge. Quand deux jumelles blondes se démarquèrent pour saluer Luçon, Erwan rigola et plaisanta avec Luçon.

En sortant de la ville à proprement parlé pour atterrir petit à petit dans les champs, le regard d'Erwan se fit plus lointain, son sourire plus nostalgique. Cela lui arrivait quelques fois, quand le paysage était aussi beau et qu'il s'étendait devant lui. Des souvenirs de rires, de pleurs, de courses et de repas en compagnie de ceux qui, il y a quelques années, faisaient partis de la troupe qu'il avait rejoint. En cet instant, il aurait donné cher pour retourner à ces jours, mais il secoua sa tête d'un sourire assuré en se disant qu'il fallait laisser le passé où il était, et qu'il chérirait ces souvenirs jusqu'à ce qu’il les rejoigne.
En arrivant devant le ruisseau, Erwan ne se gêna pas pour commencer à se dévêtir, ne se souciant absolument pas de la présence éventuelle de quelqu'un d'autre. Il ria en entendant la blague de Luçon, et répliqua :

"- Mon cher Luçon, je vais t'apprendre une chose. Ce n'est jamais moi qui touche les femmes, ce sont les femmes qui me touchent. Aussi, je ne prendrai pas le coup avec La Dame, c'est elle qui viendra le prendre."

Erwan passa les deux premières heures à se nettoyer proprement et intégralement. Certes il avait pris son temps, mais du temps il en avait. Il écoutait Luçon, mais il écoutait également la nature et ne put s'empêcher de chanter quelques vers pendant les heures qu'ils passèrent dans le lac. Des vers doux, que l'eau portait comme elle portait le vent, des vers emprunts de nostalgie, de rire, et d'amour. Le reste du temps, Erwan le passa dans l'eau alternant entre les moments de silence paisibles et les vers que lui inspiraient l'endroit.

Quand ils furent rentrés de leur baignade, Erwan paraissait encore plus séduisant. Ses cheveux rouges ardents avaient maintenant la couleur d'un crépuscule que l'on admire au loin, son corps respirait la fraîcheur, ses mouvements étaient encore plus déliés si bien qu'il s'autorisa quelques cabrioles pour éviter des travailleurs qui ne l'avaient pas vu. Parés de ses vêtements simples et le corps encore un peu humide, il lança quelques regards dans la foule de demoiselle, ce genre de regard qui en a fait tomber plus d'une, et qui invité clairement à revenir si elles osaient. En entrant dans l'auberge, Erwan sauta littéralement au cou du Bougre et le gratifia d'une accolade quand ce dernier lui présenta ses vêtements très bien recousus. Les pauvres en avaient bien besoin, et même si Erwan savait les raccommoder comme il pouvait, le Bougre avait fait un travail plus qu'admirable. Remontant dans sa chambre, Erwan finit de se préparer. Il s'habilla et se peigna, faisant que sa chevelure luisait désormais tel un jeune soleil matinal, et son sourire semblait en être les rayons. Se sachant pleinement prêt physiquement, il prit alors son luth et ressorti pour aller se mettre en vadrouille dans cette magnifique ville.

Là où il passait, tous pouvaient entendre les accords de son luth ou son chant, ou les deux, mais Erwan ne s'arrêtait pas vraiment. Non, en ce moment il ne faisait pas son numéro pour récupérer quelques sous, mais il se préparait mentalement et musicalement pour aller au château. Il finit cependant par s'arrêter non loin de l'auberge, trouva quelques petites caisses vide qu'il empila et sur lesquelles il s'assit, et se mit à jouer en attendant Sire Léonard, faisant ainsi naître quelques sourire sur le visage des hommes, car rien n'est plus agréable que le labeur en entendant une bonne musique, et sans vraiment regarder Erwan savait que sa seule présence faisait rougir les demoiselles, et que malgré ce que les hommes pensent, les femmes aiment parler entre elles.
Quand Sire Léonard se présenta, Erwan accorda quelques notes supplémentaires avant de se lever et de faire une révérence au chevalier.

"- Qu'elle soit sur vous également, Messire Léonard. En effet, à défaut d'avoir le feu sur mon crâne, j'en ai allumé plusieurs dans le cœur de beaucoup de gens autour de nous, certains plus ardents et passionnels que d'autres. Je tâcherai toutefois de ne pas commencer un feu de joie au château." Dit-il en ricanant et en suivant le chevalier.

De retour devant le paysage de Bastogne, Erwan retourna une nouvelle fois dans ses souvenirs, mais cette fois-ci il lâcha de grands fou rires et refréna quelques blasphèmes hilares en repensant à quelques situations dans laquelle sa troupe l'avait mis, ou dans quelle situation lui avait mis la troupe. Ce n'est cependant qu'après avoir passé les herses qu'un souvenir particulier revint. Celui d'une femme, un soir, qui lui avait remis son plus beau trésor. Cette flûte minuscule en argent, qu'il arborait avec une très grande fierté en ce jour, accrochée sur son veston et que tous pouvaient voir.
Quand ils arrivèrent devant le donjon principal et que l'intendant Hugues se présenta, Erwan lui offris une révérence juste, gracieuse et sans dérapage. Il revint à sa position de départ et retira son chapeau à plume avec grâce d'une main.

"- Bonjour à vous, Messire Intendant. C'est un honneur pour le simple ménestrel que je suis de me trouver en un tel lieu, à la fois magnifique et sain." Dit-il d'un ton gracieux et courtois, autant que réservé. Cet homme était l'intendant du seigneur, même s’il n'est peut-être pas de la noblesse, il reste un proche du seigneur, aussi Erwan savais qu'il devait lui montrer de la déférence. Il suivit donc l'intendant dans le château, son sourire s'étant cependant fait plus petit pour convenir au château, même si intérieurement, il exultait.
Jusqu'à preuve du contraire, je suis immortel. Quand on me prouvera le contraire, ce ne sera plus mon problème.

Erwan de la rivière, Voie du conteur
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[MJ] Le Roi maudit
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Re: [Erwan de la rivière] Celui qui chante

Message par [MJ] Le Roi maudit »

À l'inverse de nombre de fiefs bretonniens, les couloirs de Castel-Gîte étaient richement décorés. De volumineux tableaux tiléens aux cadres argentés occupaient les murs, représentant des paysages bucoliques, des chevaliers galopant dans de vastes pâturages et même des galions bien loin de l'océan.
Des armes arabéennes accrochées près d'étendards capturés au combat témoignaient de l'histoire glorieuse de la famille de Bouvrois. Des nues de marbre aux oreilles pointues remémoraient l'illustre civilisation qui avait autrefois foulé le sol bretonnien des millénaires avant les Hommes.
Pourtant la plus belle œuvre d'art du Salon n'était pas les armures bilbaliennes ou les tapisseries à la gloire des ducs fondateurs, c'était la jeune femme aux cheveux sombres et aux yeux safre. Elle se leva d'une banquette impériale et salua ses invités.

-Messire Léonard...Hugues. Et le musicien. Son visage compassé s'adoucit. Erwan c'est cela ?

Les deux autres hommes qui suivaient Hugues, le chevalier et le rouquin s'éclipsèrent, tirés à quatre épingles.
-Vous pouvez accompagner Lambert et Ronçard, Hugues, il faut s'assurer que l'Aspic de Lamproie soit prêt pour le diner.
-Dame Mathilde je...
-Ce n'était pas une suggestion. Sans hausser le ton elle passa une main dans ses boucles noires. L'intendant s'avoua vaincu et s'en alla. Il ne restait plus que Léonard, la dame et notre musicien dans la pièce. Une fenêtre donnait sur un jardin, amenant des fragrances fleuries. Des plantes vivaces et grimpantes déployaient de nombreuses fleurs blanches en étoile.

-Connaissez vous cette plante voyageurs ? Les Injanais l'appellent chambeli, les Arabéens disent yasemin. Elle apporte un peu d'ailleurs dans ce lieu bien trop familier. Et un jour peut être que les fleurs recouvreront ces sinistres remparts.
Elle soupira avant de réaliser son manque à l'étiquette devant de parfaits inconnus. Reprenant un ton et une expression plus conforme elle demanda au manant :

-D'où venez vous Erwan, nous avons tout le temps du monde avant le repas. Mais votre légende ne vous précède pas encore. Du moins en dehors de l'auberge de ce bon Hervé.

Un petit rire amusé, un regard. Pourtant elle n'était pas là la veille.
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Erwan
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Re: [Erwan de la rivière] Celui qui chante

Message par Erwan »

Pendant qu'on le conduisait en lieu et place, Erwan regardait d'un air volontairement désintéressé la décoration, faisant même mine de ne pas vraiment comprendre certaines œuvres, armes ou étendards. En revanche, une partie de son cerveau était totalement concentré sur une activité moins honorable, et essayait de voir les issues, les passages et tentait d'estimer le poids de telle ou telle chose, et comme personne ne le regardait vraiment, il laissa apparaître sur son visage un rictus de contrariété. Oh il ne serait pas désolé si... quelques objets venaient à manquer. Il n'avait, pour l'heure, aucune attache en cette ville si magnifique soit elle. Et un petit vol n'a jamais fait de mal à personne, et puis ça aidait les gardes d'une certaine façon. En un sens, il leur rendrait presque service à voler quelque chose. Mais... pour Erwan, le meurtre est un grave crime, et le vol est juste derrière. Il secoua sa tête en se disant qu'il ferait son opinion en rencontrant les seigneurs de ce château.
En entrant dans le salon, Erwan avait réussi par miracle à garder son plus grand calme, et un air décontracté bien que respectueux en utilisant une astuce aussi simple qu'efficace. Il avait remarqué il y a longtemps que les gens crispent leurs mains ou leur cou quand ils essaient de se retenir. Réaction stupide car elle était facile à voir. Erwan avait donc pris l'habitude de contracter ses orteils, ces derniers totalement dissimulés, ne pouvant donc montrer qu'il était fasciné par cette jeune femme aux cheveux noirs. Et ces yeux... Son esprit de poète revint à lui quand il se rendit compte qu'il ne restait plus que lui et Léonard. Il eut juste le temps d'entendre la belle jeune femme parlait, puis lui poser une question. Et son masque tomba légèrement pour laisser apparaître son sourire aussi brillant que ses cheveux.

"- Je vois ici des tapisseries venues des tableaux venus de la Tilée. Je vois là des drapeaux, venus des contrées de la lointaine Arabie. Je vois des tableaux illustrant l'océan, ainsi que des formes et des bustes d'une civilisation qui appartient au passé de ces terres. J'entends une dame parler de la lointaine Inja, et je l'entends parler avec connaissance." Dit-il en marchant dans la pièce, d'un pas lent, regardant la jeune femme dans le coin de l’œil.
"- J'entends la plainte d'un rossignol en cage, et mon cœur se serre à ce son. La question que vous me posez est simple, car je viens de chez Hervé. Je viens également de Gasconnie, mais est-ce suffisant pour alléger la complainte du rossignol ? Le pauvre chante encore son désespoir. Alors, pour essayer de le calmer, je lui répondrais également que j'ai vu, vécu et fait des choses que les tableaux ne sauraient détailler." Il fait une petite pause, et après un simple ricanement intérieur pour lui-même, il regarde la jeune femme, droit dans les yeux, et elle peut mille vies passées dans le regard d'Erwan.

"- Mais pour faire simple, je suis Erwan de la rivière. Ménestrel ambulant, et voyageur du monde. Et c'est un profond honneur que de vous voir et de pouvoir vous parler, Dame Mathilde." Dit-il en s'approchant de la jeune femme, en tendant une main vers elle et un genou en terre pour lui faire un baise-main.
Jusqu'à preuve du contraire, je suis immortel. Quand on me prouvera le contraire, ce ne sera plus mon problème.

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