[Armand de Lyrie] Maman

La Bretonnie, c'est aussi les villes de Parravon et Gisoreux, les cités portuaires de Bordeleaux et Brionne, Quenelles et ses nombreuses chapelles à la gloire de la Dame du Lac, mais aussi le Défilé de la Hache, le lieu de passage principal à travers les montagnes qui sépare l'Empire de la Bretonnie, les forêts de Chalons et d'Arden et, pour finir, les duchés de L'Anguille, la Lyonnesse, l'Artenois, la Bastogne, l'Aquilanie et la Gasconnie.

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[MJ] Katarin
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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par [MJ] Katarin »

Constance ne répondit pas à Armand. Sans le lâcher, elle leva sa main droite pour poser son index devant ses lèvres, intimant au chevalier de rester silencieux. D'un mouvement de tête vers l'escalier en bois au nord, elle lui fit comprendre qu'elle désirait l'amener au rez-de-chaussée.
Armand se laissa emporter, choisissant de faire confiance à sa compagne d'infortune malgré son état de choc, alors même que la direction qu'elle désirait prendre les rapprochait des déréliches. Après les premiers mètres à le guider et voyant qu'il lui emboîtait le pas, elle lâcha sa main, pour raffermir sa prise sur sa lance. Si sa progression dans l'escalier était silencieuse, il en allait autrement des pas lourds de l'homme en armure, dont les solerets frappaient le bois qui résonnait dans la chapelle : sa cheville blessée et l'alcool dans son sang ne l'aidaient assurément pas à maintenir une démarche contrôlée.

Lorqu'ils arrivèrent en bas, les trois corps inanimés n'avaient pourtant pas bougé. Mais à peine Constance avança vers l'ouest qu'un bruit croissant parvint à leurs oreilles : les pleurs d'un bébé. Loin des pathétiques gémissements qui avaient précédé, les cris du petit Armand étaient cette fois-ci particulièrement vigoureux et vindicatifs.

La lancière ne laissa pas le temps à son compagnon d'hésiter : revenant vers lui, elle secoua la tête pour le décourager de faire quoi que ce soit d'irréfléchi, puis le saisit à nouveau par la main pour le traîner vers la grande porte la plus proche, au nord de la pièce. Pressant son épaule contre le bois, elle poussa la porte grinçante qui racla le sol de pierre pour s'entrouvrir légèrement. Armand et Constance sortirent en vitesse par l'embrasure, puis s'y mirent à deux pour refermer cet accès, s'assurant que la déréliche ne puisse les suivre si tant est qu'elle le pouvait. Jusqu'à ce que cette sortie soit close, ils purent entendre les hurlements énergiques du petit enfant.

Derrière le château de Lyrie, entouré par une clôture en fer forgé de deux mètres de haut, se situait le cimetière privatif de la noblesse. Auparavant entretenu par un fossoyeur et régulièrement béni par un prêtre de Morr, il servait à la famille d'Armand pour séparer même dans la mort la noblesse et la paysannerie. Ici n'étaient enterrés que trois types d'individus : les chevaliers de la maison de Lyrie, les serviteurs ayant prouvé une dévotion exceptionnelle à leurs maîtres, et les lévriers d'Anne de Lanneray qui disposaient de leur fosse commune dédiée. Au nord-est se dressait le majestueux mausolée d'Armand de Lyrie premier du nom. Au-dessus de la grande porte en marbre blanc permettant d'y entrer, dans laquelle était gravée le nom d'Armand, les deux inquiétantes gargouilles argentées de guivres scrutaient les intrus depuis leur toit en pierre. Elles faisaient déjà froid dans le dos quand Armand était jeune, et cela semblait pire encore aujourd'hui, alors que le château était désert, et que le mausolée semblait terriblement sinistre sous la lueur de Morrslieb.

- Ici on pourra discuter, prononça Constance à voix basse, comme pour respecter les morts enterrés ici.

Elle évitait le regard d'Armand, et déjà elle commençait à montrer des signes évidents de nervosité.

- La potion dont tu parlais, j'ai déjà vu ce souvenir aussi, et il se trouve en effet dans ta chambre. Mais je... écoute Armand, je ne pense pas que tu devrais aller là-bas. Tu te souviens quand j'ai parlé des crises de colère d'Anne, de ce qu'elle te faisait par l'intermédiaire des déréliches ? Et bien l'épicentre... c'est cette pièce. Il y a... il y a... enfin toi... et puis ta mère... enfin pas toi, toi, c'est toi adolescent comme tu as dit, et... et Anne elle... elle... enfin, je, j'ai pas regardé, enfin pas trop, mais vous... le lit, et... disons que vous... tu vois. C'est... c'est vraiment quelque chose comment vous... c'est très long. Et puis, quand vous avez fini, elle te fait boire une fiole, qui t'endort, et elle, elle... elle... la rapière elle la dégaine, commence à prononcer des mots dans une langue étrange, la fumée noire apparaît et... quand ça va, elle s'interrompt, la rengaine et elle pleure avant de disparaître, mais quand ça ne va pas, elle te... par les larmes de Shallya, ça saigne tellement. Tellement. Et tu ne te réveilles pas alors qu'elle hurle encore et encore, et te découpe encore et encore. Le bruit, et le sang, et sa colère, et... tu... tu devrais pas y aller Armand. Vraiment pas. Si tu y vas, je crains qu'elle ne veuille... substituer l'illusion avec le vrai. Anne elle... elle te laissera plus partir. Et je sais vraiment pas si c'est pour te garder, te protéger ou... te torturer. Son fantôme, il est jamais dans la chambre, c'est juste là-bas qu'elle possède le plus souvent des déréliches pour altérer des souvenirs. La vraie, elle... elle est sur le toit. Elle ne le quitte jamais.

Silence de mort. Constance semblait se retenir pour ne pas s'enfuir à travers le cimetière, escalader le mausolée et sauter de l'autre côté pour déguerpir hors de vue. Mais finalement, un esprit de rébellion sembla se substituer à ses craintes, et c'est d'une voix aiguë et colérique qu'elle poursuivit :

- Mais ce n'est pas à moi de te dire quoi faire ! Va la voir si tu veux, c'est ton passé, pas le mien ! Je ne suis qu'une... qu'une voyeuse, qui a épié la vie de gens qu'elle ne connaissait pas. Une paysanne, qui a bravé la quarantaine du duc pour fouiner dans un château hanté, et tu es un chevalier de la Dame, qui doit protéger le royaume, et les gens comme moi ! Ma mère... ce sont ses erreurs que d'avoir servi quelqu'un comme Anne. Je n'ai rien à voir avec ça, je ne veux pas porter le fardeau de... de...

Alors qu'elle s'énervait, son regard avait fini par remonter jusqu'à croiser celui d'Armand. Et cet échange sembla faire disparaître son animosité aussi rapidement qu'elle était apparue, comme si, ressentant ses émotions, elle n'avait plus cœur à s'en prendre à lui.

- Je... je n'en sais pas plus que toi au sujet de ce que je t'ai montré. Je pense que Anne a voulu donner sa vie pour te sauver, mais que ma mère a... altéré le rituel avant la fin. Il n'y a plus rien après ce moment dans le souvenir, et s'approcher des corps finit systématiquement par une attaque surprise des déréliches. En revanche... je sais où est la rapière.

Elle leva lentement son bras tremblant, pour pointer un doigt en direction du mausolée.

- Je n'ai jamais osé... même si j'ai épié des choses que j'avais pas le droit d'épier, les morts c'est sacré. Et c'est la tombe d'un noble, d'un héros. J'avais pas le droit de... mais quand on s'approche, on la sent. Cette même énergie, cette aura nocive et ténébreuse que les déréliches ont reproduit. Je... tu as vu ce que ça a fait à ma mère. Je... je veux pas m'approcher de cette chose. Mais...

Son doigt retomba mollement, tandis qu'à nouveau son regard redevenait fuyant. Elle semblait ne pas vouloir terminer cette phrase, mais en fit malgré tout l'effort.

- Ca... ça peut pas être une coïncidence. Le spectre de ta mère, toi, la rapière, et moi, la fille de Cécilia, au même endroit, au même moment. Et les déréliches qui nous montrent, comme pour... comme si elles voulaient qu'on sache. Qu'on sache ce que Anne a fait, comment le lien dont tu as parlé a été crée. Et si c'est pas une coïncidence, si c'est les Dieux qui... alors ça voudrait dire qu'on devrait... qu'on devrait...

Elle n'eut cette fois-ci pas le courage de terminer cette phrase, pas plus qu'elle ne pouvait désormais soutenir le regard d'Armand.

Silence de Morr.

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Armand de Lyrie
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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par Armand de Lyrie »

Je me tais lorsqu’elle pose son index contre ses lèvres. Je me laisse être entraîné lorsqu’elle se saisit de ma main. Je lui emboîte le pas, seulement semi-alerte, la dextre que je pose sur la fusée de mon épée bien accrochée dans mon fourreau est en fait bien peu ferme ; J’ai perdu avec le cognac et la trouille ma hargne instinctive, celle qui picote l’échine d’un combattant en danger. Ma vie est entre les mains de Constance, pour l’heure – n’est-ce pas reposant, d’avoir quelqu’un pour vous guider, vous protéger, vous assister ?
On en oublierait presque que c’est à moi de tenir le bouclier derrière lequel le peuple de Bretonnie se dissimule. Mais c’est un sursis. Un moment de calme, loin des horreurs que je viens d’être forcé de subir. Nous nous dirigeons certes dehors, mais je n’ignore pas, au fond de moi, que viendra l’heure pour moi de retourner à l'intérieur.
Pour l’instant, j’avance. En suivant le conseil de Constance – je me tais, j’ignore les Déréliches, j’essaye de faire le vide. De ne pas penser au cadavre sanglant de ma mère. De ne pas penser au rituel impie qui m’a marqué, et la rapière maudite qui m’a transpercé.

Je suis bien foudroyé lorsque je m’entends pleurer – moi-même, pleurer. Je serre de toutes mes forces ma main autour du manche de l’épée. Constance est obligée de revenir vers moi pour me forcer à me ressaisir. J’essaye d’ignorer mes propres cris, mes propres hurlements, mais j’aurais tellement aimé avoir de quoi boucher mes oreilles.

Nous atteignons enfin la sécurité de l’extérieur. Pour peu que l’on puisse oser prétendre que l’on est en sécurité dans un cimetière. Le château de Lyrie a vraiment atteint un état de délabrement et de dévastation sordide pour que ce soient des tombes illuminées par la lueur verte de Morrslieb qui constituent un coin calme et pacifié.
J’aide tout d’abord Constance à verrouiller la porte en la poussant de toutes mes forces – j’en veux à ma fierté masculine, le bonhomme que je suis, malgré sa cheville brisée et la terreur avouée, peut bien montrer un peu de valeur de Taal. On sert à porter des trucs lourds, nous les hommes, on a au moins ça pour nous. Encore que je suis forcé de taire ce genre de réflexions internes devant Maussade, je ne vais pas ramener à votre attention notre compétition de bras-de-fer…
Une fois ceci fait, je me retourne et me signe poliment devant les marques du calvaire. J’ouvre grand ma main, la pose devant mon front, et la baisse lentement pour qu’elle passe devant mon visage, en fermant les yeux. Le signe du Suaire. C’est pas un geste qu’on fait à la légère, mais il est bien à propos ici. Je ne connais pas tous ceux qui ont été mis en terre ici, mais je sais quelle est l’importance du repos éternel. Excepté pour les lévriers de maman. Eux, ils me terrifiaient… C’étaient de magnifiques chiens, mes parents les adoraient, mais ils avaient le pelage tellement blanc. En fait, je ne sais pas si mes souvenirs me jouent des tours, mais il me semble que même leurs yeux avaient un aspect laiteux. Ils me faisaient froid dans le dos. Je ne les aimais pas. Même chiots, j’étais très mal à l’aise lorsque mon père m’encourageait à les caresser. Ils suintaient d’une aura malsaine, difficile à expliquer. Je fais encore des cauchemars de ces putains de chiens.

J’ai toujours bien aimé le cimetière. En fait, c’est seulement maintenant que je remarque à quel point cet endroit n’a pas véritablement souffert. Il n’y a pas eu de combats ici. La garnison n’a pas eu l’occasion de déclencher des pièges, de faire sauter des murs à la poudre noire comme Casin l’avait décrit. Alors certes, le fossoyeur et le jardinier ne sont pas passés depuis un petit moment, en même temps c’est pas la saison où peuvent éclore orchidées et roses noires, mais tout de même… Non, en fait, c’est toujours aussi froid que d’ordinaire. Baigné dans la lueur de Morrslieb, ça a certes une apparence lugubre – mais pas forcément glauque.

Faut que vous compreniez, le château de Lyrie, il était toujours plein de vie. Il y avait des invités, du mouvement, de la musique, tout le temps. Mes parents vivaient bien – et ils vivaient sans cesse. C’est con à dire, je sais, mais on aurait presque pu penser que le silence les terrifiait. J’aimais bien ce monde-là. Je vivais bien dedans. Mais le cimetière, il avait une telle… Telle pesanteur. On s’y baladait pas. On s’y rendait pas autrement qu’avec les lèvres closes et la tête basse. C’est comme ça qu’est l’Éternité, c’est ainsi que Morr l’a voulu : Le seul cadeau que l’on peut avoir à notre mort, c’est la paix. Pas de banquets éternels, pas de réjouissances sans fin, juste le sommeil. Il y a quantité de gens sur cette Terre, ils vivent leur existence terrifiés à imaginer le moment où le Veilleur viendra les emmener dans son Royaume. Moi-même à l'inverse, je tremble plutôt pour ceux qui sont laissés pour compte. La tragédie des charniers, des criminels pendus aux arbres, des solitaires qui n'auront personne pour les mettre en terre et faire leur deuil.
Les prêtres de Morr, je les ai toujours admirés pour ça. J’ai vécu au milieu de chansons, de danses et de beaux vêtements, mais de temps à autre au château il y avait cette espèce de… D’épouvantail qui venait. Le teint diaphane, la grosse pèlerine noire pelucheuse, les mains liées dans le dos. Il parcourait les allées du cimetière en évitant soigneusement de marcher au-dessus des cercueils enterrés six pieds en dessous, en psalmodiant d’un Classique monocorde, dans lequel j’arrivais pourtant à déceler une certaine mélodie. Morr me faisait peur, mais comme l’orage peut faire peur – ça n’apporte rien de craindre l’orage, il faut accepter que la foudre se déchargera toujours sans chercher à la défier. En grandissant, je me suis mis à apprécier ce cimetière. À y errer parfois en silence.
C’est peut-être ce qui me déchire le plus dans la situation de ma mère. Je sais qu’elle ne reviendra jamais à la vie. Et c’est tant mieux. Elle a fait trop de mal. Selon les lois des hommes et des Dieux, elle devait périr – je suis juste bien assez heureux qu’on m’ait accordé la lâcheté de ne pas avoir à dégainer mon épée face à elle. Mais maintenant qu’elle ne revivra plus… Elle devrait pouvoir enfin se reposer. Plus avoir à souffrir, ni faire souffrir. Non pas qu’elle le mérite, mais parce que c’est la seule chose qu’on peut souhaiter à toutes les âmes humaines qui parcourent cette Terre. C’est notre devoir que de les sauvegarder du démon et du nécromant, de ces horreurs que des chevaliers du Graal défient dans les chansons de geste. Je souhaite que, à ma mort, il y ait quelqu’un pour clore mes yeux de ses doigts et m’aider à traverser le Val Gris. Une éternité de sommeil est préférable à une éternité de souffrance. Nous sommes tous nés pour partir.


« Ici on pourra discuter »


Je rouvre mes yeux. Je pivote ma tête pour regarder Constance.

« Je ne pense pas que tu devrais aller là-bas... »

C’est là où elle m’explique que ma mère n’est pas en train de m’attendre dans ma chambre comme promit. Qu’il s’agit en réalité d’un guet-apens. Je détourne les yeux et regarde le sol, de honte, lorsqu’elle effleure les scènes incestueuses dont elle a été témoin. Et j’ai froid dans le dos lorsqu’elle se met à décrire la manière avec laquelle ma mère rejoue des scènes de meurtre, en me torturant avec l’arme maudite.

« Mais ce n'est pas à moi de te dire quoi faire ! Va la voir si tu veux, c'est ton passé, pas le mien ! »

Je lève mon regard pour affronter le sien. Un instant, rien qu’un petit instant, une mesquinerie naît au bout de mes lèvres. J’ai envie de lui rétorquer, avec un air bien froid, une tournure du style : « Tu as choisi toi-même de te mêler à ce passé en revenant ici. » Mais je me retiens de dire ça.
Car déjà, ce serait une cruauté parfaitement futile – vous voyez, le genre de situation où vous avez fait une connerie, vous savez bien au fond de vous que vous avez fait une putain de connerie, mais il y a un sombre enfoiré qui passe derrière vous pour le dire à voix haute.
Et ensuite, parce que, ce serait une parfaite hypocrisie de ma part. Je peux essayer de me réfugier derrière le fait que moi, je n’ai pas choisi de venir ici, que j’ai eu un ordre du Duc, puis la menace ressentie, jamais réellement honnête, d’arbalètes de sergents, lorsqu'il était plus simple pour mes camarades de me tuer pour briser le lien de ma mère plutôt que risquer leurs peaux. Mais tout ça, c’est faux. J’aurais pu très bien refuser le fief de Derrevin. J’aurais pu écouter Triboulet. J’aurais pu repartir tuer de l’Orque dans l’Orquemont ou en Gasconnie, en me lavant les mains de ce pays adoré que j’ai bien malheureusement appris à détester. C’est trop facile de dire que je suis promené par l’honneur et les ordres d’autrui.
Non. Je suis revenu ici parce que c’est les terres de mon sang. Celles de mes ancêtres. Parce que ma mère souffre. Parce que ma mère fait souffrir d’autres personnes. Parce qu’il faut la mettre en terre pour l’Aquitanie. Trois personnes ont déjà perdu la vie ce soir pour cette mission. Artur et deux humbles militaires roturiers. J’ai promis à Mélaine que je ferai disparaître ma mère ou bien que je me suiciderai en échouant. Il est temps de me bouger le cul.

Alors, Constance se met à avouer où est la rapière. Elle désigne le Mausolée. Et maintenant, alors qu’elle tentait jusqu’ici de montrer un minimum d’assurance derrière ses hésitations et ses excuses, elle devient incapable de parler. Je prends une grande inspiration. Je suis tremblant en repensant aux Déréliches. À la scène de Loyse. Aux paroles déchirantes de ma mère.
Je laisse un silence peser le temps que j’arbitre avec mon for intérieur. Puis, je me retourne pour lui faire face, et parle avec tout le courage que je peux rassembler.

« Toi et moi sommes des enfants. Nous sommes innocents des fautes que nos parents ont commis. Mais ça suffit pas.
Les péchés de nos parents tombent sur nous. Parce qu’ils sont morts, et qu’à présent, la seule chose qu’ils leur faut, c’est la paix de Morr.
Ça peut sembler terriblement cruel. Ma mère, elle mérite mille tourments pour toutes les personnes qu’elle a tués ou fait souffrir. Moi compris. J’ai toutes les raisons de la haïr. Toutes les raisons de lui cracher dessus et sur sa mémoire.
Mais c’est ainsi. Elles ne peuvent plus rembourser leurs dettes, ni ta mère, ni la mienne. Alors c’est à nous qu’il revient de ramener la paix, pour ceux qui nous suivront. Pour nos enfants. »


J’attrape sa main et la serre de toutes mes forces, comme elle a su serrer la mienne pour me rassurer face à l’horreur du baptême impie où la Déréliche me rejouait bambin. Et je la regarde droit dans les yeux.

« La seule chose que je peux te jurer, c’est que je te protégerai. Tu vas quitter ce domaine en vie. Et tout ce que t’as vécu pendant un mois, ça deviendra rien de plus qu’un mauvais souvenir. Tu seras débarrassée des spectres de ton passé jusqu’à ta mort. Je m’en assurerai, quoi qu’il arrive, Constance. »


Je dis tout ça avec énormément de convictions. Peut-être parce que je mens un peu à moi-même aussi. Parce qu’en essayant de la rassurer, je veux me rassurer moi-même.
On va s’en sortir, tous les deux.
Je la regarde bien dans les yeux, un bon moment. J’essaye de déceler une réaction dans son regard.

Je ne la lâche que pour m’approcher du Mausolée, d’un pas chancelant avec ma cheville foulée.

« Tu peux m’attendre ici.
Je suis le dernier descendant vivant du comté de Lyrie. S’il y a une personne que le fantôme de mon ancêtre veut voir, c’est moi. »


Et je m’approche tout droit de la dernière demeure du fondateur de ma lignée.

Armand Ier de Lyrie n’a jamais été comte. Le titre de « comte » il est venu beaucoup plus tard, sous Armand V : À sa génération, la famille était devenue bien plus puissante et connue, surtout après quatre précédents de chevaliers qui ont bien loyalement servi le Duché comme vassaux directs et bien personnels.

Selon la chronique familiale, notre famille remonte, comme toutes les familles nobles Bretonniennes, à l’ère des Compagnons. On dit que mon ancêtre le plus lointain était le porteur de selle de Saint-Frédémond. Mais ça c’est sûrement de la légende, vous demandez à n’importe quel chevalier, même le plus crotté du Royaume, il vous dira qu’un de ses ancêtres portait les étriers ou les rênes de tel ou tel Duc originel. Le tout premier Armand, lui, il vivait près du Gilleau. Quatrième fils d’une famille noble mineure – quand on est le quatrième fils noble d’un château haut comme un moulin et au fief large comme une grosse ferme, on a pas beaucoup de débouchés pour faire perdurer le nom. On épouse la fille du maréchal-ferrant, ou du forgeron du bourg d’à côté, et on meurt avec son sang bleu entouré d’enfants aimants, mais souillés par la paysannerie, et on dit que le rameau retourne à la terre, une jolie formule pour signifier qu’on disparaît des arbres généalogiques. Il y a sept générations, on était à la fin du XIVe siècle (XXIVe siècle si vous utilisez le mauvais calendrier de l’autre côté des montagnes), et la Bretonnie d’alors avait pas mal de soucis avec les Peaux-Vertes. Si vous regardez l’Histoire de notre Royaume, en fait, il y a de grande chances pour que chaque fois qu’il y a eut des emmerdes, ce soit à cause des Peaux-Vertes. Ils sont la lie du Vieux Monde, même si à chaque fois nos ancêtres ont su les mater, les humilier et les repousser avec la dévotion de la Dame et la force des pointes de lances d’arçon.
Autour des années 1370, on raconte qu’en plein centre du duché d’Aquitanie, un grand monstre attaquait des villages, des hameaux de bergers ou des camps de bûcherons. Un serpent géant, cruel, avalant les enfants ; Vous avez compris d’où vient la décoration du château. À cette époque, la vallée de la Lyrie était bien marquée sur des cartes, mais c’était pas une zone géographique bien appréciée ou bien connue. C’était un coin marécageux, qui avait déjà fait l’objet de tentatives de défrichage, mon grand-père que j’ai pas connu – il est mort quand j’étais gosse – paraît qu’il était tout fier d’avoir découvert un traité de pariage du XIIe siècle quand un sire avait tenté d’installer des colons pour élaguer le coin. Mais pour une raison ou une autre, ça a pas marché. Ça arrive que des villages comme ça parviennent jamais à s’établir et se consolider. Bref, le Duc a envoyé un groupe de jeunes chevaliers errants, mal équipés mais très courageux, pour aller traquer et tuer le monstre. Ils étaient treize, selon le conte que Quentyn de Beauziac a chanté quand j’étais tout môme. Mais le monstre était malin, retors, sur un terrain qu’il connaissait. Les douze se sont fait tuer sournoisement, un par un, et il restait plus qu’Armand, qui est parvenu à le vaincre lors d’un héroïque duel singulier. Comme récompense, le Duc lui a permis d’accrocher un penon à sa lance, et il a reçu toute cette région boisée et humide avec pour charge de construire un château dessus, d’établir des villages, et de la défendre. Ça a pas été facile. Ça lui a bouffé toute sa vie, à devoir combattre du Gobelin et des saloperies impies – Aujourd’hui on aime se représenter l’Aquitanie comme un duché pacifié, tranquille, où il n’y a jamais de menaces sur les routes, c’était vraiment pas le cas y a deux siècles. Il a souffert pour que ses enfants puissent vivre heureux. Son fils aîné était un beau cas dans le même genre : Armand II « le Croisé », alors qu’il avait presque soixante piges, il a trouvé le bon goût d’aller se faire tuer sur les rives de la Sanglante avec l’armée d’errance du Roy Charlen. Il voulait pas juste mourir dans son lit.

C’était une tout autre époque. L’Aquitanie a su être un très grand duché, avec des chevaliers très valeureux. Mais Félix a raison. L’Aquitanie n’a jamais été forte que quand elle a eu des ennemis à affronter. La paix l’a rendue indolente. C’est con, parce que normalement on devrait tous aspirer à la paix. On se bat pour la paix. Je suis sûr qu’Armand Ier, s’il a passé toute sa vie à batailler dans tous les sens dans des marais pourris, et que son fils l’a suivi dans cette folie, c’est pour espérer que les générations d’après seront prospères et pourront bien vivre. Et ça a été le cas. Moi je n’ai jamais connu la seigneurie de Lyrie comme autre chose que riche, pacifiée et fertile.
Et maintenant, autour de moi, on peut observer les magnifiques ruines de la paix qu’a réussi à acheter mon lointain ancêtre.

Pourquoi a-t-on décidé de faire reposer Symbiose aux côtés de celui qui a fait naître notre lignée ? Qui a créé notre blason ? Je l’ignore. La puissance de l’arme me terrifie. Et violer le sommeil d’un homme une nuit de Morrslieb me force à m’arrêter un instant devant les portes du Mausolée. Je suis obligé de lever mes yeux vers les gargouilles rigolardes, qui me défient de leurs rictus de pierre.
Je peux pas reculer. Il n’y a absolument personne d’autre sur Terre qui mérite de passer ces portes que moi. La Lyrie n’est pas le centre du monde. C’est un château comme il y a des centaines de châteaux dans ce duché.
Mais c’est le mien. Même commis par le Duc, c’est mon sang qui repose ici.

Je lève ma main contre mon plastron, et détache l’insigne familial qui repose sur mon collier de maille. Un homme dévoré par un serpent, que je montre aux gargouilles rieuses comme si j’étais un émigré montrant son passeport aux autorités.
Et comme si je me sentais forcé, par mes superstitions, je décide de humblement me présenter avant de ne serait-ce qu’envisager de franchir le seuil de la porte.

« Bonsoir à toi, sire Armand de Lyrie.
Je te prie de me pardonner de troubler ton sommeil – Tu as mérité le repos éternel. Je suis ta seule descendance, et je viens réparer les torts qui ont souillé ta race et ton sang.
Permets-moi d’entrer, je t’en supplie ; Je suis ici pour notre famille. »

Je raccroche l’insigne à mon collier de maille, et pose ma main contre la porte du mausolée.
Je jette un dernier regard à Constance, lui fait un hochement de tête pour la rassurer.
Et j’entre.
J’entre en implorant la Dame qu’aucune Déréliche n’ait osé souiller le dernier endroit qui mérite encore la pureté ; Elles ont fait du mal à une chapelle du Graal. Elles n’hésiteraient pas à faire du mal à une nécropole.
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 25 juin 2020, 09:49, modifié 1 fois.
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Fiche : wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_armand_de_lyrie
Image

Échiqueté d'or et d'azur à la bordure de gueules à la guivre de gueules halissante
Stats :
FOR 10 / END 9 / HAB 10 / CHAR 12* (11) / INT 8 / INI 10 / ATT 13 / PAR 11 / TIR 8 / NA 2 / PV 67/70
*Bonus grâce à la chevalière portée à l'auriculaire

Compétences :
- Anticipation : +1 en ATT et +1 en PAR à partir du 3e round face au même ennemi
- Coup précis (1) : Malus atténué de 1 lors de la visée d'une partie précise
- Coups puissants : +1d3 de dégâts
- Coriace : Résiste à 1d3 dégâts de plus
- Dégainer l'épée : +1 en INI lors du premier round
- Parade : Valeurs de parade doublées
- Sang-froid : +1 lors d'actions réalisées sous stress

- Alphabétisé : Capable d'écrire et de lire le Bretonnien
- Baratin : +1 pour embobiner quelqu'un à l'oral.
- Danse : Excellent danseur
- Étiquette : +1 lors des interactions avec la haute société
- Empathie : Capable, sur un test, de lire les émotions sur le visage de quelqu'un.
- Humour : +1 pour divertir et amuser.
- Monte : Ne craint pas de chutes lors d'une montée normale
- Héraldique : Capable de reconnaître les blasons des familles nobles, et d'en savoir plus sur eux sur un test
- Vœu de la Pureté : +2 dans la résistance aux tentations terrestres
Équipement de combat :
- Poignard "miséricorde" : 1 main / 12+1d6(+1d3)* / 12** (6) parade / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Peut être lancée
- Lance d'arçon : 1 main / uniquement à cheval / 20+1d10(+1d3)* / 16** (8) parade / "Long" (Malus de -2 ATT pour les adversaires) / "Épuisante" (Malus de -1 d'utilisation après END/2 tours, à chaque tour, max -4) / "Percutante" (Relance du jet de dégât, meilleur résultat gardé) / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Se brise après 4/5 utilisations
*Avec la compétence Coups puissants
**Avec la compétence Parade


Tête : 0 protection
Reste du corps : 0 protection

- Destrier Bretonnien (Ravel) : FOR 10 / END 12 / SAU 7* (8) / RAP 9* (10) / INT 8 / DOC 11 / ATT 9
*Malus pour cause de barde et caparaçon
Corps et croupe : 15 protection (Barde de plaques)
Dos et tête : 15 protection (Caparaçon de plaques)
Équipement divers :
0 Co

- Un beau doublet
- Un grand manteau
- Des bottes neuves
- Une jolie écharpe

- Nourriture
- Hydromel

- Bague affichant un lion - +1 CHAR

- Insigne argenté marqué du blason de Lyrie
- Pendentif monté en clou
- Feuilles de brouillon, stylet et encrier
- Un flacon à l'odeur immonde
- 3 bouteilles de tonique miraculeux

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[MJ] Katarin
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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par [MJ] Katarin »

Constance n'avait pas répondu à Armand, se contentant de hocher la tête en assentiment à ses propos. Difficile de savoir si elle croyait aux promesses du chevalier lorsqu'il jurait de la protéger, ou si elle n'avait tout simplement pas cœur à le contredire. Quoiqu'il en soit, elle n'opposa aucune objection lorsqu'il se proposa d'aller dans le mausolée seul : ce lieu funéraire semblait réussir là où les déréliches avaient échoué, c'est à dire à miner la curiosité et la vaillance de la jeune femme. Elle semblait réellement craindre ce bâtiment solitaire, et ce qu'il pouvait renfermer : c'est à peine si elle osait le regarder.

Comment lui en tenir rigueur ? A chaque pas qu'Armand faisait dans sa direction, lui aussi pouvait le sentir. La puissance nauséabonde qui s'échappait par tous les interstices de ces vieilles pierres. Il n'y avait nulle fumée, nulle aura noire, rien d'aussi perceptible que dans le souvenir qu'il avait épié à la chapelle. Pourtant, son instinct primal hurlait pour le prévenir de l'imminence d'un danger, comme si un sixième sens s'était éveillé en lui pour tenter de lui sauver la vie. Plusieurs fois déjà, Armand avait vu les limites floues entre le bien et le mal : ici aucun doute n'était permis face à une émanation aussi pure de malfaisance.
Et pourtant, il se sentait attiré par cet appel. Il y avait quelque chose de familier dans ce mausolée. Une impression qui venait l'apaiser alors même que seule la peur aurait du l'envahir : à l'instar de Constance lui tenant la main dans les ténèbres, quelque chose semblait vouloir l'aider à affronter ce qui se tapissait dans l'ombre. Une sensation apaisante, étrangement similaire à la joie qu'il avait pu ressentir lorsqu'à son réveil à Derrevin, il avait retrouvé le visage familier de son compagnon Triboulet : il y avait derrière cette porte de marbre un vieil ami qui attendait son retour, et serait très heureux de le revoir.

La porte de marbre coulissa sans aucune difficulté, laissant Armand libre d'entrer. Aucune déréliche ne venait troubler le repos d'Armand de Lyrie premier du nom : seul le silence apaisant de Morr habitait le mausolée. Il faisait particulièrement sombre à l'intérieur du bâtiment funéraire, la lueur de Morrslieb ne pouvant pénétrer l'intérieur de ces vieilles pierres dénuées de fenêtres. Mais même sans lumière, Armand pouvait se rappeler sommairement la disposition de la pièce : quatre alcôves vides surélevées, dans lesquelles étaient gravées le même verset, quand bien même Armand n'en connaissait plus les mots exacts. Et au milieu de la pièce, sur une petite estrade de pierre au-dessus du sol dallé, le cercueil de pierre d'Armand de Lyrie. Là encore, la mémoire du chevalier lui faisait défaut : il se souvenait que les parois étaient ornées de plusieurs fresques décrivant les exploits de celui qui y reposait, mais il lui semblait que le couvercle avait des gravures différentes, plus étranges et complexes, sans qu'il ne puisse se remémorer leur apparence exacte.

La rapière n'était nulle part en vue : malgré l'obscurité, il n'y avait bien que dans les alcôves qu'elle aurait pu être dissimulée, et aucune d'entre elles ne contenait autre chose que de la poussière.

L'appel qui résonnait en lui le dirigeait vers la seule cachette qui restait, aussi évidente que déplaisante : le cercueil de pierre contenant la dépouille de son ancêtre.

Jet de mémoire d'Armand : 14, raté.
Jet de perception (-2 car obscurité) : 11, raté.

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Armand de Lyrie
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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par Armand de Lyrie »

Sensation familière. Ça me rappelle le début de mon aventure. La nécropole abandonnée de Cuilleux. C’est une sensation pesante, de devoir troubler le sommeil de morts. Je vous l’ai dit – le repos des défunts, c’est une de ces choses sacrées que je porte en très, très haute estime. J’ai pas eu beaucoup de valeurs que mon éducation a eut l’occasion de promouvoir ; La famille ou le mariage, ça serait un euphémisme que de dire que mes parents ont bien souillé ça… Mais la mort ? La mort c’est sacré. La mort, la bonne mort, c’est la seule chose que nous méritons.

C’est d’autant plus fort pour moi, que ce n’est pas n’importe quel tombeau que je viens troubler. C’est celui de mon sang. C’est étrange – je me sens à la fois à ma place ici, plus que n’importe quel autre humain qui respire à travers ce continent tout entier, et en même temps, j’ai vraiment l’impression d’être celui qui risque le plus de faire du mal dans ce mausolée. La famille de Lyrie est inscrite dans des coutumes, sur des chartes, à travers des ouvrages de hérauts entreposés dans le trésor de Sa Majesté Royale Louen ; Nous avons des chansons de geste, des arbres généalogiques, des ménestrels ont chanté pour certains de mes ancêtres. Je suis sûr qu’à des lieues et des lieues de là, dans ce qu’on appelle les Principautés Frontalières, y a un mémorial perdu et oublié où mon nom dynastique est inscrit. Mais tout ça, mon héraldique, le souvenir de mes ancêtres, il se résume plus qu’à deux choses : Moi, vivant. Et lui, mort. Le château qu’il a bâti est en ruine. Notre nom est maudit. Mais il reste nous deux.
Alors que je descends dans l’ombre, grave et inquiet en ressentant une corruption latente qui trouble ce lieu, je crois pouvoir percevoir son gisant. Silencieusement, les lèvres bien scellées, je fais le tour. Observe les alcôves. Rien. C’est à mon grand regret que je comprends que je n’aurai pas d’autres choix que de déranger le repos éternel de mon ancêtre. Je contemple la dalle de marbre un long moment. Le temps a fait son œuvre. Le gisant n’est plus tout neuf. Même si j'avais quelques bougies pour m'éclairer, je devine que les traits de son visage se sont dissipés. Seule son armure et l'épée de granit qu'il tient entre ses mains peuvent encore être distingués.

Je soupire très, très longuement. Exhale tout l’air de mon corps. Alors, je me place devant la tombe. Et je dégaine mon épée. Je la retourne, et pose mes deux mains sur la lame. Je pose un genou à terre. Et je lève l’arme bien, bien au-dessus de moi, au-dessus de ma tête. Je me prosterne comme devant une statue de la Dame, ou une chapelle du Graal. Je suis un croyant militant.
Et à voix haute, je trouve quelques maigres paroles d’excuse pour la faute que je m’apprête à commettre :

« Armand, Seigneur de Lyrie ; S’agenouille devant toi ton dernier descendant encore en vie. Mon sang remonte jusqu’au tien. Je suis né sur cette Terre par ton origine, au sein du château que tu as fais bâtir de ton propre vivant. Une chaîne nous lie à travers sept successeurs. Je ne suis pas un étranger.
Armand, Seigneur de Lyrie ; Je viens t’apprendre que ta terre a été bafouée et maudite. Souillée par la corruption. Les torts des branches de ta souche, qui ont pourri et se sont prostituées à l’influence de la corruption. Ton château est en ruine. Le fief que tu as transmis a été commis. Mais tous les criminels n’ont pas encore payé pour leurs fautes. Pas tous.
Armand, Seigneur de Lyrie ; Quelqu’un a ouvert ta tombe pour y faire reposer une arme ignoble. C’est ma mère, la fille des Lanneray, qui est à l’origine du trouble de ton sommeil. Mon devoir consiste en l’occire définitivement et réparer les fautes qui ont été commises.
Je suis venu ici pour accomplir mon devoir. Je t’implore humblement de me pardonner. Comprends que si je suis ici, c’est pour que les générations futures cessent de cracher sur notre nom. Que notre mémoire ne soit pas seulement celle des blasphémateurs et des orgiaques.
Depuis le Royaume de Morr, je t’implore de prier la Dame du Lac pour moi, afin que je trouve la force et le courage d’accomplir ma mission.
En échange, moi-même, j’implore le Veilleur de te sauvegarder dans l’Au-Delà ; Ô Morr, Père Tout Puissant, protège l’âme de mes ancêtres. Fais-les reposer auprès de toi. Vois mes actes ; Vois comme j’ai toujours défendu les cadavres, comme j’ai guidé tes serviteurs auprès de dépouilles abandonnées. Sache que je respecterai toujours ceux qui sont tombés. Je pose mes doigts sur les yeux des morts afin de les clore. Ne me juge pas trop durement.
Ainsi soit-il. »


Je me relève. Rengaine mon épée. Et je m’approche du gisant.
Est-ce Symbiose que je sens en dessous ? Est-ce cette arme démoniaque qui lèche la dalle de pierre, bien camouflée sous le gisant ?
Je ne sais pas encore ce que je dois faire avec. Mais il est clair que cet artefact maudit mérite d’être détruit – ou enfermé, pour toujours, gardé par la bonne magie des Damoiselles.

Ainsi soit-il.
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 26 juin 2020, 11:33, modifié 1 fois.
Raison : 6 xps / Total d'xp : 221
Fiche : wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_armand_de_lyrie
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Échiqueté d'or et d'azur à la bordure de gueules à la guivre de gueules halissante
Stats :
FOR 10 / END 9 / HAB 10 / CHAR 12* (11) / INT 8 / INI 10 / ATT 13 / PAR 11 / TIR 8 / NA 2 / PV 67/70
*Bonus grâce à la chevalière portée à l'auriculaire

Compétences :
- Anticipation : +1 en ATT et +1 en PAR à partir du 3e round face au même ennemi
- Coup précis (1) : Malus atténué de 1 lors de la visée d'une partie précise
- Coups puissants : +1d3 de dégâts
- Coriace : Résiste à 1d3 dégâts de plus
- Dégainer l'épée : +1 en INI lors du premier round
- Parade : Valeurs de parade doublées
- Sang-froid : +1 lors d'actions réalisées sous stress

- Alphabétisé : Capable d'écrire et de lire le Bretonnien
- Baratin : +1 pour embobiner quelqu'un à l'oral.
- Danse : Excellent danseur
- Étiquette : +1 lors des interactions avec la haute société
- Empathie : Capable, sur un test, de lire les émotions sur le visage de quelqu'un.
- Humour : +1 pour divertir et amuser.
- Monte : Ne craint pas de chutes lors d'une montée normale
- Héraldique : Capable de reconnaître les blasons des familles nobles, et d'en savoir plus sur eux sur un test
- Vœu de la Pureté : +2 dans la résistance aux tentations terrestres
Équipement de combat :
- Poignard "miséricorde" : 1 main / 12+1d6(+1d3)* / 12** (6) parade / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Peut être lancée
- Lance d'arçon : 1 main / uniquement à cheval / 20+1d10(+1d3)* / 16** (8) parade / "Long" (Malus de -2 ATT pour les adversaires) / "Épuisante" (Malus de -1 d'utilisation après END/2 tours, à chaque tour, max -4) / "Percutante" (Relance du jet de dégât, meilleur résultat gardé) / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Se brise après 4/5 utilisations
*Avec la compétence Coups puissants
**Avec la compétence Parade


Tête : 0 protection
Reste du corps : 0 protection

- Destrier Bretonnien (Ravel) : FOR 10 / END 12 / SAU 7* (8) / RAP 9* (10) / INT 8 / DOC 11 / ATT 9
*Malus pour cause de barde et caparaçon
Corps et croupe : 15 protection (Barde de plaques)
Dos et tête : 15 protection (Caparaçon de plaques)
Équipement divers :
0 Co

- Un beau doublet
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- Hydromel

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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par [MJ] Katarin »

Morr n'était pas réputé pour sa démonstrativité envers ses fidèles : qu'il ait écouté les mots d'Armand ou non, qu'il le pardonne pour ce qu'il s'apprêtait à faire ou pas, l'unique réponse qu'il avait à offrir était le silence.

S'arc-boutant contre le gisant, Armand s’efforça de le faire lentement coulisser afin d'ouvrir respectueusement la tombe de son ancêtre. D'abord résistante, comme scellée, le couvercle finit par obtempérer lorsqu'il donna une petite impulsion à ses muscles. Le raclement de la pierre sur la pierre produisit un bruit lugubre qui résonna dans les quatre murs du mausolée.
Une abominable fumée noire s'échappa du cercueil entrouvert, se propageant dans le mausolée à toute vitesse, obscurcissant encore davantage les lieux : Armand n'y voyait désormais presque plus rien. S'il avait encore des doutes sur la présence de la rapière maudite dans cette tombe, ceux-ci venaient d'être balayés, tant par l'apparition de cette brume devenue trop familière, que par un changement subit de la température qui sembla chuter d'une dizaine de degrés en l'espace d'une seconde.

Passés les premiers centimètres de résistance, le couvercle de pierre s'ouvrit avec bien plus de facilité, coulissant toujours dans un terrible vacarme, mais sans que cela ne demande grand effort. Armand s’arrêta lorsqu'il estima le gisant suffisamment entrouvert pour pouvoir observer le contenu du cercueil et vérifier la présence de Symbiose en son sein : malheureusement, il lui faudrait pour ce faire attendre quelques secondes que la fumée se dissipe, puisqu'elle s'évacuait par la porte de marbre du mausolée.

Le raclement de la pierre sur la pierre résonnait toujours.

Armand comprit son erreur lorsque le gisant s'effondra sur le côté, à l'arrière du cercueil. Le couvercle n'était pas devenu plus facile à ouvrir, non. Il avait reçu de l'aide pour le déplacer.

De l'intérieur.

La fumée s'évanouissant, le jeune chevalier put constater avec horreur qu'Armand de Lyrie, premier du nom, profitait de cette visite inopinée de son domicile pour quitter ce dernier. Mort depuis presque cent cinquante années, le fondateur de la Lyrie se relevait désormais. Ses yeux commençant à s'habituer à l'obscurité et bénéficiant du contraste avec les ténèbres absolues de la fumée noire qui disparaissait peu à peu, le seigneur de Derrevin pouvait désormais distinguer partiellement les traits de cette funeste apparition.

Cette armure noire et argent, avec le symbole du busard sur son casque, il ne la connaissait que trop bien : c'est toujours dans cette dernière qu'il était dépeint, sur les fresques, sur les tableaux, et dans les récits. Il manquait une partie de son heaume sur la joue gauche : l'histoire racontait que c'était face à la guivre que cette pièce d'armure avait été abimée, arrachée par un seul claquement de dents du terrible serpent. Le casque n'avait jamais été réparé : il représentait un symbole, une preuve qu'il ne s'en était fallu que d'un cheveu pour que le treizième chevalier réussisse là où ses douze compagnons avaient échoué.

Malheureusement, ce morceau manquant ne servait aujourd'hui qu'à mieux découvrir l'ignominie du visage qu'il aurait du cacher : d'Armand de Lyrie premier du nom ne restait qu'une carcasse, un squelette d'un autre temps animé par une funeste magie noire. Se dressant face à Armand, il enjambait calmement les parois de son cercueil, tandis que ses mains resserraient leur prise sur son arme.

L'épée bâtarde qu'il tenait avait beau ne pas avoir servi depuis plus de cent cinquante ans, l'aura noire fumante qui l'entourait ne présageait rien de bon pour l'individu qui entrerait en contact avec elle.


Image
Test de perception (-2 pour obscurité, -2 pour brume noire) = 11, raté
Jet de mental face à la peur : 20. Armand est absolument terrifié. Il subit un malus de -2 à toutes ses statistiques face à son aïeul.

Du reste, Morr a bien entendu ta prière : si jamais Armand trouve le courage de surmonter sa peur, et souhaite se battre, la divinité lui accordera pour ce combat la possibilité d'utiliser des pdc Morr pour augmenter les dégâts de son épée de la même manière que ceux de la Dame peuvent déjà le faire.

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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par Armand de Lyrie »

Penché contre le gisant, j’ai poussé en m’appuyant sur ma cheville qui n’était pas foulée. Ça m’a demandé un moment. Quelques grognements, râles gutturales au fond de ma gorge. Mon corps tout entier s’est figé lorsque de la fumée s’est mise à sortir du cercueil.
Je savais que je devais endurcir mon cœur et raffermir ma volonté en violant cette tombe. Symbiose m’y attendait. J’ai vu son pouvoir. Il fallait bien que je me prépare à n’importe quoi pour bien l’affronter.

Mais je ne m’attendais pas, à un seul moment, que le gisant commence à se pousser lui-même.

J’ai entendu la dalle de granit s’effondrer, alors que mon épaule a basculé à l’intérieur du cercueil. Par réflexe, je me suis jeté en arrière, et j’ai atterri sur mes fesses. L’horreur s’est emparée de moi, lorsque je me suis mis à ouïr, plus qu’observer, que quelque chose était en train de sortir. Toujours sur les fesses, gémissant, j’ai reculé à toute vitesse, avec mes mains, vers une des alcôves. Je me suis agrippé. En pleine panique, je suis parvenu à me remettre debout, les yeux écarquillés, la sueur perlant de mon front, de mes aisselles, le long de mon dos. Un saut à cloche-pied. Et là, je commence à percevoir la chose qui est en train de sortir de sa tombe.

Il ne reste plus rien de la Lyrie. Sinon moi, vivant. Et lui, mort.

Il porte son arme. J’attrape la fusée de la mienne et la dégaine pour me mettre dans une position d’escrime toute tremblante. La lame de mon épée gigote, tandis que je la soutiens avec mon bras gauche.

Une immonde magie trouble le sommeil de mon ancêtre. L’anime. Le torture. Même ce mausolée n’a pas été épargné par la corruption familiale. Même lui, on le laisse pas reposer en paix.

L’espace d’un instant, l’idée de fuir germe en moi ; J’ai juste à faire un pas en arrière pour me souvenir de l’état de ma cheville. C’est ça qui me force à me ressaisir, plus que mon honneur ou l’obligation de mon devoir.

« T’approches pas ! »

Je hurle d’une voix aiguë. Comme s’il pouvait m’entendre ou comprendre. Comme s’il était encore capable de réflexion.
J’ai juste hurlé ça par frousse. Par une terreur infâme. J’ai les foies. J’ai le ventre noué. Je tremblote comme une feuille.



Mais je n’ai tout simplement pas le droit de reculer.

Je lève mon épée en l’air, et hurle rapidement quelque chose, en me forçant avec tout mon fiel de faire réapparaître des accents graves dans mes cris :

« Morr ! Morr garde-le !
Morr ! MORR ! »

Et je tente une taille dans sa direction, en glissant en avant.
Je dépense la totalité de mes PdC de Morr, pour faire tomber mon ancêtre le plus vite possible.
Ou que moi-même je périsse dans la seigneurie de Lyrie.

Oui.
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 26 juin 2020, 11:34, modifié 1 fois.
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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par [MJ] Katarin »

Pour cette fois, je vais imiter mes homologues et te laisser décrire ce combat vis-à-vis des chiffres là-dessous.
Pour ce dernier combat, pour un moment pareil, je m'en voudrais de contrôler ton PJ : donc libre à toi d'écrire comme tu le souhaites pour coller aux résultats des dés.
Tu peux ignorer les jets de localisation s'ils ne conviennent pas à ton récit : ils ne m'importaient que dans le cadre des attaques pouvant cibler la tête du revenant.
J'espère que tu ne m'en voudras pas.

***

Le revenant est équipé d'un harnois et d'une épée bâtarde.
Cet équipement n'ayant pas été entretenu depuis 150 ans, il est considéré abimé : l'armure n'offre plus que 12 de protection au lieu de 15, et l'épée batarde pare à 10 et inflige 20+1d10. L'arme posède néanmoins le pouvoir spécial des armes de revenant, animée par quelque sombre magie.
Spécial de son épée : si l'attaque n'est pas parée et que le jet de dégât donne un 10, l'ennemi perd le double de PdV.
Son casque quant à lui étant cassé d'un côté, sera considéré que sur un jet de localisation à 1, Armand frappera directement à son visage squelettique sans compter de points d'armure. (c'est là que coups précis c'est bien, en fait :D mais tu n'as pas dit t'en servir, et avec tes malus ça n'aurait ptet pas été pertinent)

Stats du revenant : prises sur le wiki.
FOR END HAB CHA INT INI ATT PAR TIR NA PV
10 10 9(-2) 0 8 8(-1) 10(-2) 10(-2) 8 2 60

Grâce à la compétence Sang-Froid, Armand n'a un malus que de -1 à ses stats et pas -2 (je l'avais oubliée celle-là tiens :D)



Tour 1 :

Armand a 7+1 d'INI, le revenant 8-1 ==> Armand commence.
Jet d'ATT : 4, réussi.
Parade du revenant : 9, raté de 1.
==> Dégats : FORx2 + dégats épée + coup puissant + 7pdc Morr dépensés = 16+24+5+2+19 = 66.
Localisation : 4, c'est le bras.
66 de dégats -10 END -12 armure = 44 de dégats. Une bonne entame, malheureusement il aurait fallu arriver à 45 pour empêcher le revenant de contre-attaquer... dommage ^^°

Revenant attaque : 15, raté
Revenant attaque : 1, réussite critique, il gagne une attaque d'opportunité : 20. Je ne compterais pas cet échec critique puisque résultant d'une réussite critique - les deux s'annulent, il n'aura juste pas pu profiter de son 1.
Parade d'Armand : 10, ratée de 3.
Dégats : FORx2 + dégats épée = 20+20+3 = 43.
Localisation : 19, le torse.
43 dégats - 8 END - 15 armure = 20 de dégats. Il reste 9 pvs à Armand.

Fin du premier tour.
Règle spéciale des morts-vivants : Si un mort-vivant subit plus de dégât qu'il n'en inflige, il doit effectuer un test d’INT ; en cas d’échec, il perd un nombre de D6 de PdV équivalent à son degré d'échec, quels que soient ses bonus d’END et son armure. Ils peuvent utiliser la valeur d'INT de celui qui les a invoqué, si celui-ci est à portée de contrôle.
jet d'INT : 4, réussi.

***

Tour 2 :

Armand a 7 d'INI, le revenant 8-1 ==> Armand commence.
Jet d'ATT : 9, réussi TOUT JUSTE.
Parade du revenant : 12, ratée
==> Dégats : FORx2 + dégats épée + coups puissants = 16+24+8+2 = 50.
Localisation : 4, c'est le bras.
50 de dégats -10 END -12 armure = 28 de dégats.

***

NB : Tous les jets sont dans le canal dédié pour trace.
PS : je déconnais dans mon intro en jouant sur les mots, t'as survécu, j'avais juste envie de te terrifier :mrgreen:
Bisous.

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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par Armand de Lyrie »

Jusqu’à quel point mon ancêtre est-il conscient ? Quel morceau de son âme le lie encore au monde matériel ? J’ai devant moi une charogne. Non, moins qu’une charogne ; Un tas d’os poussiéreux, enserrés ensemble dans une armure vétuste et oxydée. Et pourtant, quelque chose, une chose inexplicable et terrifiante, est en train de l’animer. Elle ne le fait probablement pas sans s’imprégner un minimum des souvenirs qui ont forgé le corps d’Armand Ier. Les os, ils gardent des traces de la vie. Les femmes qui ont donné la vie gardent des traces sur leurs hanches. Les guerriers qui se sont battus ont, sur un fémur, ou une clavicule, des fractures réparées par le temps, preuve qu'un guerrier a dû traverser le danger tant de fois, encore et encore. Peut-être qu’une mémoire latente traverse encore la dépouille devant moi.
Je vous dis ça, parce que je peux vous jurer que, dans l’obscurité, et avec les voiles noirs entourant le corps de mon ancêtre, je pouvais bel et bien le percevoir se tenant nonchalamment, avec mépris et audace, en fermant ses doigts osseux, décharnés, pour former un poing de calcium qu’il posait contre son flanc. Comme un vieux chevalier vantard très sûr de lui.


Mon serment envers le Veilleur hurlé a retenti dans un écho. Ensuite, j’ai râlé de toutes mes forces pour accompagner ma vive attaque. Mouvement circulaire, du centre vers ma droite, une taille directement vers son bras. Avec une folle vitesse, mon aïeul s’est saisi de son arme par la fusée et par la lame. Il a pivoté sur le côté, pour exercer une riposte. Il a été trop lent d’une seule seconde. J’ai frappé directement dans son ailette, celle où la peinture de son busard a depuis longtemps été effacée. L’ailette s’est brisée, j’ai entendu un fracas de métal lourd et quelques scintillements de métal ont éclairé la pièce rien qu’une fraction d’un instant. Une bourrasque noire de magie a volé en guise de sang. Morr avait attrapé mon épée pour l’emprunter temporairement à la Dame. Le choc a été si violent qu’Armand Ier a reculé de côté, se fixant sur sa rotule pour encaisser.
Il m’a regardé droit dans les yeux, le trou du crâne où est censé être le globe oculaire me fixant.
Et il y a eut… Un bruit. Un bruit. Sans aucune corde vocale, sans aucun poumon, sans un seul organe dans sa cage thoracique, on aurait pourtant dit qu’il avait… Crié. Tenté de m’insulter, dans un langage d’outre-tombe. Ou défié.

Il a levé son épée à toute vitesse, et ensuite, ça a été un déchaînement de coups aussi adroits que vifs. Il a donné une gigantesque taille en direction de mon visage. D’un cri aigu, j’ai levé mon épée en l’air et glissé sur le sol, sentant très bien ma cheville foulée qui est parvenue à soudainement se réveiller. L’aïeul ne m’a pas laissé une seule seconde de répit. Son épée descendue en ne parvenant pas à me toucher, il a profité de son élan pour immédiatement la reculer et me donner une vive taille, d’abord à gauche, que j’ai dévié en ramenant mon arme à toute vitesse contre moi, puis à droite, sans perdre un seul instant. Son arme a frappé en plein dans mon plastron. Perforé le harnois. Fait trembler le gambison et fêlé mes côtes droites, peut-être histoire de les égaliser avec le côté gauche.
J’ai senti un filet de sang sur mon palais. Glisser dans ma bouche. Un goût âcre, métallique.

Je me suis senti mourir. Ici. Dans un mausolée maudit. Au milieu d’une seigneurie maudite. Les yeux vides et noirs de mon ancêtre, je me suis imaginé à sa place.
J’ai paniqué. J’ai hurlé, d’un ton cassant, tout en chargeant sur lui pour le repousser en le frappant de tout mon poids.

« Va à Morr ! »

J’ai levé mon épée en courbant mon bras. Il a immédiatement levé son arme, bien arrogant, pour la coller près de ma gorge. J’ai tourné sur ma droite. Évité de m’empaler directement sur lui. J’ai trouvé le trou creusé par mon coup béni, en plein dans l’ailette. J’ai frappé. Comme un furieux. L’arme a traversé son armure, perforé ce qu’il y avait à perforer. Elle a fêlé des os rendus fragiles et pourris par le temps. Rentré à l’intérieur.
Mon ancêtre a ragé dans un autre bruit. Et alors, il s’est effondré dans un mélange de poussière et de voiles noires.
Au-dessus de lui, je me suis mis à crier comme un taré, en levant mon arme, paré à le frapper s’il s’avérait à nouveau bouger :

« T’es costaud ! T’es costaud, hein, saloperie ?! Putain, un siècle et demi et tu pètes encore des culs espèce-... »

Je me calme en sentant du sang glisser sur mes gencives. Je me tais. Je n’entends plus rien, absolument rien, hormis ma respiration folle, erratique, et des bourdonnements dans mes oreilles.
Il ne reste plus rien de la Lyrie. Hormis lui, mort.
Et moi, encore vivant.

Je me suis effondré à terre, sur mes deux genoux. J’ai manqué de tomber par terre. Il m’a fallu toute ma force pour rester chancelant, agenouillé, en cherchant un centre de gravité alors que ma tête s’est mise à tourner. J’ai lié mon épée par mes deux mains, toujours aussi tremblantes, pour les lever devant moi.

« Morr… Morr... »

Ma respiration s’est remise à siffler. Y a définitivement quelque chose qui est broyé derrière ma carcasse.

« Morr, garde-le… Protège-le... »

J’ai levé la visière de mon casque. Amené mon épée près de moi. J’ai posé mes lèvres dessus, de toutes mes forces. Un grand, grand baiser. L’acier froid a calmé mon front brûlant. Et je suis resté comme ça, prostré, un moment.

Je suis en train de crever. Je sais pas comment je vais faire pour m’en sortir. Mais la panique soudaine commence à être chassée, petit à petit.

C’est là où je me rends compte d’où est la rapière.




Elle est dans le corps de mon ancêtre. À l’intérieur. Comme si on l’avait poignardé avec. Caché à l’intérieur de son ossature. C’est un tel… Tel sacrilège. Je me suis collé contre une alcôve. Lentement remis debout en grimaçant et en geignant. Titubé jusqu’au corps du premier de ma lignée.
La rapière est là. Je… Je sais pas trop comment expliquer. J’avais l’impression…
Qu’elle m’appartenait.

Qu’elle m’appartenait, c’est le mot. Je n’avais jamais vu cette arme de toute ma vie. J'ai découvert son existence et sa forme avec les souvenirs des Déréliches. Aiguisée. Élégante. Tellement peu commune à la Bretonnie. Nous sommes la patrie des épées bâtardes, des main-et-demi grossières, acérées, des armes faites pour tuer de l’Orque et de la Goule par milliers. Là, c’est une arme plus… Esthétique. Raffinée.
Et pourtant, j’ai une espèce de sentiment de familiarité. C’est comme si j’en étais le propriétaire légitime.

Quelles autres options j’ai ? Je viens de risquer ma vie pour cette arme. C’est le seul indice que j’ai pour arrêter ma mère. Je n’ai plus de vie. J’ai versé mon sang. Broyé mes organes. Un autre coup et je sentirai le Veilleur m’appeler au Val Gris.

Alors, je rengaine mon épée, en ratant deux fois le fourreau à cause du tremblement de mes mains. La douleur. La crainte. L’adrénaline. Tout en même temps.
J’ai posé mes mains contre la jugulaire du casque en forme de busard, que j’ai débouclé. Le corps de mon ancêtre est fragile. Des morceaux tombent de lui. C’est sans même forcer que je disloque son crâne. C’est son antique armure qui le fait encore tenir. J’attrape ce crâne entre mes mains, le soulève, et pose mes lèvres sur son front. J’embrasse mon ancêtre. Dans mon dos, je trouve maladroitement une sangle autour duquel l’accrocher, à ma ceinture. Je l’emporte avec moi. Je ne laisserai pas cette relique familiale dans ce lieu hanté.

Reste son corps, où est encastré la rapière. Ma main s’approche. J’hésite. Mon cœur pulse.

Quinte de toux. Grognement.

C’est bon, c’est décidé.

Je serre ma poigne contre la fusée, et commence à la tirer pour la déloger.
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 26 juin 2020, 11:34, modifié 1 fois.
Raison : 7 xps / Total d'xp : 232
Fiche : wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_armand_de_lyrie
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Échiqueté d'or et d'azur à la bordure de gueules à la guivre de gueules halissante
Stats :
FOR 10 / END 9 / HAB 10 / CHAR 12* (11) / INT 8 / INI 10 / ATT 13 / PAR 11 / TIR 8 / NA 2 / PV 67/70
*Bonus grâce à la chevalière portée à l'auriculaire

Compétences :
- Anticipation : +1 en ATT et +1 en PAR à partir du 3e round face au même ennemi
- Coup précis (1) : Malus atténué de 1 lors de la visée d'une partie précise
- Coups puissants : +1d3 de dégâts
- Coriace : Résiste à 1d3 dégâts de plus
- Dégainer l'épée : +1 en INI lors du premier round
- Parade : Valeurs de parade doublées
- Sang-froid : +1 lors d'actions réalisées sous stress

- Alphabétisé : Capable d'écrire et de lire le Bretonnien
- Baratin : +1 pour embobiner quelqu'un à l'oral.
- Danse : Excellent danseur
- Étiquette : +1 lors des interactions avec la haute société
- Empathie : Capable, sur un test, de lire les émotions sur le visage de quelqu'un.
- Humour : +1 pour divertir et amuser.
- Monte : Ne craint pas de chutes lors d'une montée normale
- Héraldique : Capable de reconnaître les blasons des familles nobles, et d'en savoir plus sur eux sur un test
- Vœu de la Pureté : +2 dans la résistance aux tentations terrestres
Équipement de combat :
- Poignard "miséricorde" : 1 main / 12+1d6(+1d3)* / 12** (6) parade / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Peut être lancée
- Lance d'arçon : 1 main / uniquement à cheval / 20+1d10(+1d3)* / 16** (8) parade / "Long" (Malus de -2 ATT pour les adversaires) / "Épuisante" (Malus de -1 d'utilisation après END/2 tours, à chaque tour, max -4) / "Percutante" (Relance du jet de dégât, meilleur résultat gardé) / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Se brise après 4/5 utilisations
*Avec la compétence Coups puissants
**Avec la compétence Parade


Tête : 0 protection
Reste du corps : 0 protection

- Destrier Bretonnien (Ravel) : FOR 10 / END 12 / SAU 7* (8) / RAP 9* (10) / INT 8 / DOC 11 / ATT 9
*Malus pour cause de barde et caparaçon
Corps et croupe : 15 protection (Barde de plaques)
Dos et tête : 15 protection (Caparaçon de plaques)
Équipement divers :
0 Co

- Un beau doublet
- Un grand manteau
- Des bottes neuves
- Une jolie écharpe

- Nourriture
- Hydromel

- Bague affichant un lion - +1 CHAR

- Insigne argenté marqué du blason de Lyrie
- Pendentif monté en clou
- Feuilles de brouillon, stylet et encrier
- Un flacon à l'odeur immonde
- 3 bouteilles de tonique miraculeux

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[MJ] Katarin
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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par [MJ] Katarin »

Ainsi, Armand de Lyrie premier du nom avait pu trouver le repos une nouvelle fois, grâce à la vaillance de son petit-petit-petit-petit-petit-petit-fils. Si ce dernier avait senti le souffle de Morr sur sa nuque, le Veilleur n'était pas venu pour offrir une rose noire au jeune homme, mais bien pour le soutenir dans sa tâche, l'aider à accomplir son devoir envers un mort-vivant qui méritait la quiétude du vrai repos. Refusant de fuir face à l'adversité et exécutant la volonté divine, Armand avait vaincu son aïeul dans un duel honorable, alors même qu'il avait entamé ce combat avec de multiples blessures.

Avec autant de délicatesse qu'il en était capable dans son état, Armand décrocha le crâne de son ancêtre du reste de son corps, avant de l'attacher à sa ceinture. Puis, incapable de voir d'autre issue à pareille situation, il prit le risque de se saisir de la rapière maudite dissimulée dans la carcasse de son aïeul.

Le contact avec l'arme s’avéra particulièrement déconcertant. Alors qu'il retirait la lame de son fourreau morbide, la douce aura noire qui s'en dégageait s'étendit lentement, propageant ses ténèbres sur le bras d'Armand, faisant disparaître ce dernier dans une obscurité localisée. Pourtant, ce n'était ni douloureux, ni désagréable : au contraire, Armand avait l'étrange impression d'étreindre une vieille amie, une connaissance qu'il avait perdu de vue et était heureux de retrouver. Il en était persuadé, la rapière ne lui voulait aucun mal. Pas à lui en tout cas.
Car si l'artefact ne parlait pas au sens littéral, elle semblait avoir une conscience, d'une manière qui lui était propre. Sans qu'il ne puisse l'expliquer, sans qu'il ne comprenne comment c'était seulement possible, il arrivait à comprendre la volonté de cette chose.

Elle avait faim. Faim d'un repas dont on lui avait fait humer l'odeur, mais qu'on lui avait arraché au moment même où elle commençait à se sustenter. Elle connaissait Armand, elle lui avait offert son aide il y a bien longtemps, et souhaitait désormais qu'il paie sa dette, qu'il l'aide dans sa tâche.

Car Symbiose ne désirait qu'une chose et une seule : transpercer Anne de Lyrie, et prendre ce qui lui avait été promis vingt ans plus tôt.


***


Lorsqu'Armand sortit du mausolée, il aperçut Constance, à l'endroit exact où il l'avait abandonnée. Elle tenait fermement sa lance dans sa direction, tremblante de tous ses muscles, parée à affronter n'importe quel danger qui aurait pu surgir du caveau funéraire. Dès lors qu'elle reconnut le jeune chevalier, qu'elle vit sa nouvelle blessure et entendit sa respiration laborieuse, elle abandonna sa posture guerrière. Une bouffée d'émotion lui fit immédiatement monter les larmes aux yeux.

Elle ne fit qu'un pas dans sa direction, avant de se figer, et de dresser sa lance à nouveau dans sa direction. Elle venait d'apercevoir la rapière dans sa main, et l'étrange fumée noire qui tournoyait désormais autour de son bras.

- Ar... Armand ? demanda t-elle d'une voix tremblante. C'est... c'est toujours toi ?





Tu gagnes deux pdc de la Dame pour avoir affronté ton ancêtre seul dans un duel en 1v1, sans avoir cherché à ruser ou obtenir l'aide d'une tierce personne. En cela, tu as parfaitement respecté l'idéal de vaillance de la chevalerie bretonienne. Félicitations... je suppose :mrgreen:

Tu n'as pas besoin d'un jet de mental contre Symbiose, la rapière contrairement au tableau ou à la marque n'est pas invasive dans ton esprit. Elle se contente de te signaler ses désirs, mais n'influe en rien tes décisions. Néanmoins, difficile de savoir ce qu'il peut se passer si tu la contraries...

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Armand de Lyrie
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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par Armand de Lyrie »

L’escalier était bien plus facile à descendre qu’à monter. Jamais un putain d’escalier ne m’a paru aussi long. Je maudis chaque putain de marche, que je suis obligé de prendre une à une, à cause de ma cheville foulée qui ne supporte pas d’avoir le poids de ma carcasse couplé à mon harnois de plate troué et perforé de toutes parts à soutenir. L’adrénaline m’ayant quitté, je commence même à avoir froid. Je chancelle. Tombe sur la paroi du corridor. Racle mon manteau de plumes contre la pierre centenaire. Je retourne jusqu’à la porte, sur laquelle je m’affale et m’écrase.

Symbiose est solidement ancrée dans ma main. Elle ne me picote pas. Elle ne me brûle pas. Mais elle m’enserre, tout le long de la blessure qu’a provoqué l’illusion de Loyse. Elle recouvre la plate écrasée, caresse le muscle violemment courbaturé.
Elle souhaite la mort de ma mère. Elle souhaite l’avaler. Je sais que cette lame ne souhaite rien de bien. Je sais qu’elle n’est qu’une promesse de souffrances. Elle mériterait d’être enterrée dans la plus profonde des salles d’archives d’une chapelle du Graal. Ou coulée dans l’Océan, lestée d’une pierre afin qu’elle disparaisse si bas que plus personne ne pourra remettre la main dessus.
Mais c’est ma mère qui a souhaité la sortir du Néant qui l’a fait naître. C’est elle qui, seule, a pris la décision de l’utiliser sur moi. Qui, selon le témoignage de Constance, a promis de me faire souffrir avec.
Je suis revenu ici pour rembourser une dette. Je suis revenu ici pour redresser tous les torts. Chacun a la monnaie de sa pièce à la fin. Il y a pas une décision contre laquelle l’Univers ne réagit pas, longtemps après.
C’est ainsi. C’est pas moi qui aie fait les règles. On a décidé à ma place quand j’étais un bébé. Un putain de gosse incapable de parole. On m’a violé lorsque j’étais un gamin ingénu. On m’a manipulé dans une direction impie.
Je vous avoue que j'en ai marre. Je suis fatigué. Fatigué. Fatigué d'être tout le temps trimbalé d'un coin à un autre. Pour la Dame, évidemment, que je suis prêt à aller charger des trucs. Je l'ai pas prouvé ? Je suis pas un lâche bordel. Mes blessures je les aies acquises vaillamment. Mais je suis las qu'on m'utilise. Utilisé par Evrard qui m'a caché l'obédience chaotique de son ami. Utilisé par Carlomax qui avait besoin d'un pigeon pour accorder un sursis à sa ville face aux Maisne. Utilisé par Mélaine qui a bien attendu que je sois aux portes de la Lyrie pour avouer le sortilège qui me mêlait à ma mère - Je suis venu ici volontairement pour ma Déesse, pour mon pays, j'avais pas besoin qu'on me foute cette putain de menace sous la gorge. Utilisé par le fantôme de ma génitrice, qui m'a sciemment menti pour me tendre un guet-apens. Et qui d'autre ne joue jamais franc-jeu avec moi, bordel ? Félix qui connaissait mon père ? Dame Alys qui peut se permettre d'ordonner la mort de seigneurs Bretonniens ?! Et Margot, même Margot, est-ce que je peux avoir confiance en elle ?!
C'est ça qui me fait encore plus mal que toutes mes lacérations. J'aurais été prêt à mourir la conscience tranquille dans le Duché de Quenelles face à un Gobelin. C'est une mort où on se casse pas la tête, poignardé par une saloperie de Peau-Verte puante. Là c'est pas pareil. Si je crève ici, je crève tout seul, maudit, jeté en pâture aux Nécromants. Tout le monde veut me buter. Même mes camarades chevaliers ont pas hésité à me menacer de leurs lames, un tout petit instant.
Je suis fatigué. Tellement fatigué. Et là j'ai plus aucun courage. Tout est parti en même temps que mon sang a filé entre mes dents.

J’ouvre la porte en haletant. Chancelle. Manque de m’écraser la gueule dans la boue. Constance me pointe avec sa lance. J’imagine pas la gueule que je dois avoir. Les lèvres ensanglantées, l’armure encore plus ruinée, baigné dans la lueur verdâtre de Morrslieb, le bras recouvert d’un voile de magie noire, le crâne de mon ancêtre attaché à ma ceinture.
Je dois avoir une gueule à terrifier les gamins, et à être l’antagoniste d’une chanson de geste. Mais sur l’instant, je suis tellement paniqué et à deux doigts de crever que j’ai pas le temps d’être très diplomate :

« Baisse ça tout de suite, Constance !
J’ai la rapière, mais elle est pas venue gratuitement… Putain, faut que je m’asseye… »


Je lève ma main droite pour observer l’épée. On dirait vraiment qu’elle s’attache à moi. J’agite le bras, et le voile me suit. Se colle, malgré quelques bourrasques. C’est fascinant à regarder. On dirait de la brume.
De la brume tellement obscure que je suis très, très malaisé à la voir aussi collante.

Je me colle contre le mur du mausolée, sous une des gargouilles. Je glisse longuement dessus, et pose mes fesses au sol. Je lâche Symbiose à côté de moi. En lâchant ma prise sur la fusée, le voile de magie décide bien heureusement de se dissiper.

Je pose mes doigts sous la jugulaire de mon casque et le retire. Je suis débordant de sueur. Mes cheveux collent bien à mon crâne. Je me tourne et crache une gerbe de sang à ma gauche, avant de regarder la pauvre Constance.

« Symbiose veut… Poignarder ma mère…
Probablement pour l’achever… Ta mère a… Perturbé le rituel. Lui a volé ce qu’on lui avait promis…
C’est tout ce qu’elle désire, récupérer ce qu’on lui a promis. »

Je me tourne pour la regarder. Hésitant.

« J’aimerais…
J’aimerais emporter Symbiose jusqu’à la Prophétesse… Celle qui attend dehors, avec le reste des chevaliers. Mais…
Mais je sais pas si les Déréliches nous laisseront retraverser le château avec. Je sais pas si ma mère nous laissera faire. Si elle la voit, la lame… Elle pourrait devenir folle. Nous attaquer, sans sursis.
Je vais pas te mentir, Constance, je… Je me sens vraiment pas bien. Je suis pas du tout dans la capacité de… De continuer à me battre. Ça pue. Ça pue vraiment pour moi. »


Je grince des dents. Je regarde le toit du château de Lyrie.

« Peut-être…
Peut-être qu’elle souhaite que je détruise Symbiose ?
Peut-être qu’elle… Nous laisserait partir si on lui offrait ça ? Ou si on la lui rendait ? »
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 26 juin 2020, 16:30, modifié 1 fois.
Raison : 6 xps / Total d'xp : 238
Fiche : wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_armand_de_lyrie
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FOR 10 / END 9 / HAB 10 / CHAR 12* (11) / INT 8 / INI 10 / ATT 13 / PAR 11 / TIR 8 / NA 2 / PV 67/70
*Bonus grâce à la chevalière portée à l'auriculaire

Compétences :
- Anticipation : +1 en ATT et +1 en PAR à partir du 3e round face au même ennemi
- Coup précis (1) : Malus atténué de 1 lors de la visée d'une partie précise
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- Alphabétisé : Capable d'écrire et de lire le Bretonnien
- Baratin : +1 pour embobiner quelqu'un à l'oral.
- Danse : Excellent danseur
- Étiquette : +1 lors des interactions avec la haute société
- Empathie : Capable, sur un test, de lire les émotions sur le visage de quelqu'un.
- Humour : +1 pour divertir et amuser.
- Monte : Ne craint pas de chutes lors d'une montée normale
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- Vœu de la Pureté : +2 dans la résistance aux tentations terrestres
Équipement de combat :
- Poignard "miséricorde" : 1 main / 12+1d6(+1d3)* / 12** (6) parade / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Peut être lancée
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*Avec la compétence Coups puissants
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Tête : 0 protection
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Corps et croupe : 15 protection (Barde de plaques)
Dos et tête : 15 protection (Caparaçon de plaques)
Équipement divers :
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