[Armand de Lyrie] Maman

La Bretonnie, c'est aussi les villes de Parravon et Gisoreux, les cités portuaires de Bordeleaux et Brionne, Quenelles et ses nombreuses chapelles à la gloire de la Dame du Lac, mais aussi le Défilé de la Hache, le lieu de passage principal à travers les montagnes qui sépare l'Empire de la Bretonnie, les forêts de Chalons et d'Arden et, pour finir, les duchés de L'Anguille, la Lyonnesse, l'Artenois, la Bastogne, l'Aquilanie et la Gasconnie.

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[MJ] Katarin
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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par [MJ] Katarin »

+1 pdc Morr pour s'être soucié du cadavre d'Artur.
Casin avait semblé serrer les mâchoires, son regard fuyant à travers la pièce. Il était resté là quelques secondes, immobile, à digérer les paroles d'Armand, à entrouvrir parfois la bouche pour se raviser juste après sans avoir prononcé la moindre syllabe. Puis sans même le regarder, il avait rejoint la prophétesse, une main tenant toujours sa poitrine à l'endroit où l'apparition l'avait touché, alors même que nulle blessure n'était visible. Le discours d'Armand n'avait sans doutes pas réussi à traverser sa carapace de remords, mais il avait pourtant préféré ne pas faire d'esclandre supplémentaire devant dame Mélaine.

Rollet obtempéra lui aussi, chargeant le corps sans vie d'Artur sur ses épaules après avoir maladroitement encouragé Armand pour son entreprise à venir. Le vieux chevalier mentait mal : il était évident que la tournure des évènements l'arrangeait, qu'il préférait mille fois attendre Armand hors des murs que devoir en visiter l'intérieur à ses côtés.

Une fois seul dans le hall du château familial, Armand contourna les escaliers pour aller en direction de la chapelle du Graal qui siégeait dans ces murs. Passant par l'une des épaisses doubles portes en bois, il dut tout d'abord traverser l'ancienne salle à manger du domaine. Une table de vingt pieds de long avec des guivres sculptées pour ses quatre pieds se dressait au centre de la salle. Nulle illusion ne venait tricher ici avec la véritable apparence des lieux : le bois présentait par endroits des impacts de coups d'épée, et parmi les deux rangées de chaises, quelques unes étaient brisées en morceaux. De même, une seule des deux statues de chevalier dans les alcôves avait été épargnée par les combats : l'autre gisait au sol, reposant piteusement sur son ventre. Au sol, une flaque d'eau contre le mur ouest témoignait des problèmes structurels qu'avait connu le château lors des éboulements : il n'y avait pas de trou, mais plusieurs inquiétantes fissures au plafond, qui avaient du laisser s'échapper l'eau de pluie. Pourtant, au plafond toujours, le lustre en cristal semblait presque épargné par ces deux mois de délaissement, brillant toujours de sa douce lueur blanche. Autrefois, Armand et Anne laissaient courir la rumeur que, tant que le lustre était illuminé, c'était signe que la Dame les couvrait toujours de sa bénédiction : à le voir toujours émettre une douce lueur blanche aujourd'hui, il fallait croire que c'était là un autre artifice de leur cru.

Lorsqu'Armand passa la double porte vitrée menant à la chapelle du Graal, le décor changea si brutalement qu'il sut instinctivement être de retour dans une illusion. Tout était trop propre, comme si les serviteurs du château n'avaient jamais cessé d'entretenir les lieux.
De grands piliers de bois soutenaient un balcon du même matériau, en forme de U, qui surplombait la chapelle aux murs de pierre. D'étroites arcades au sud et au nord mènent à l'objectif d'Armand : des escaliers en colimaçon qui s'enroulent vers le balcon au premier étage. Contre le mur nord toujours, une imposante porte est barrée d'une poutre de bois : Armand savait qu'elle menait vers le cimetière dédié aux nobles de Lyrie.
A l’extrémité est de la chapelle reposait un autel en pierre flanqué de deux candélabres de fer, avec un bas relief sculpté pour représenter un Graal. Trois vitraux représentant la Dame du Lac décoraient les murs derrière l'autel, tandis que devant, quelques chaises en bois étaient disposées pour permettre aux croyants âgés de se recueillir assis.

Entre l'autel et les chaises, une silhouette agenouillée était en train de prier. Quand bien même elle était de dos, sa silhouette fine, son élégant chignon au-dessus de la collerette de sa robe aussi sombre que luxueuse, ainsi que sa voix, étaient autant de détails qui trahissaient une familiarité qu'Armand pouvait utiliser pour deviner son identité : il ne faisait nul doute que devant lui se tenait sa mère - ou une autre illusion la représentant - qui priait. Elle n'avait pas réagi à l'entrée de son fils dans la pièce, peut-être ne l'avait-elle pas remarqué, toute occupée qu'elle était à supplier à haute voix. Dans sa voix qui résonnait sur les murs, la détresse était palpable, et ses mots étaient tremblants d'une émotion trop forte pour être contenue.

- Je vous en supplie, je ferais tout ce que vous voudrez. Par pitié, je sais que je ne le mérite plus, mais je vous en conjure, je sacrifierais tout ce que j'ai pour cela, je démantèlerai l'infamie, je dénoncerai les parvenus, je remettrai la Lyrie toute entière sur votre chemin, je ferais tout ce que vous me demanderez et plus encore, je vous le jure, mais par pitié, par pitié... sauvez-le. Faites-moi un signe, juste un, maintenant, et je saurais, je saurais que j’œuvrerais désormais en votre nom et à jamais car vous l'épargnerez. Si vous ne le faites pas pour la traitresse que je suis, faites-le pour lui, il est encore si innocent, si pur, il ne mérite pas de payer pour mes pêchés. Un signe, n'importe quoi, je vous en supplie, je vous en supplie, mais par pitié ma Dame, manifestez-vous...

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Armand de Lyrie
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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par Armand de Lyrie »

Et donc je suis allé avec toute ma peur, ma solitude et ma haine, droit en avant ; N’est-ce pas ce que j’avais réclamé à la Dame, dans les tumuli de Cuilleux, et il y a encore peu dans l’écurie où nous avons mis nos destriers en sécurité ? Déterminé à tuer. Déterminé à mourir. Déterminé à achever mon nom de famille, et à accorder le repos de l’éternité à la femme que j’aie le plus aimé toute ma vie durant.
Comment croyez-vous que je me déplace ? Comme un chevalier errant qui prospecte quelque tombeau hanté et maudit ? Loin de là. Je marche tout droit, les épaules en arrière, l’épée bien rangée au fourreau, ma main se reposant lâchement sur le pommeau comme si je me promenais avec mon air racé de sang-bleu sur les rues pavées de Castel-Aquitanie. Je ne crains pas l’embuscade. En fait, ironiquement, une partie de moi s’y attend : Les avertissements de Mélaine résonnent toujours en moi. Peut-être bien, que je suis en train de me jeter dans la gueule de la vouivre, qu’Anne de Lyrie n’attendait que l’instant où je serai séparé de mes compagnons pour se jeter sur moi et m’enchaîner. Ça n’a plus tellement d’importance à présent. Trop de gens sont morts ce soir. Trop de vies brisées, trop de personnes meurtries, trop de Bretonniens qui ont souffert ou qui vont souffrir. J’avance juste avec la certitude de la fin, et la pesanteur du destin qui s’appuie sur moi avec toute sa force. J’ignore si ce sont les Dieux ou quelques forces maléfiques qui m’ont entraîné là dedans – il n’y a aucun autre endroit sur cette Terre où je devrais me trouver, et personne d’autre qui puisse m’accompagner.

Je passe rapidement à travers la salle à manger. Je note à peine la foule de détails qui se prêtent à mon œil. Je traverse toute la pièce en coupe-vent, d’un pas vif et assuré. Je suis ici chez moi, je l’aie traversée des milliers de fois cette salle à manger. J’y ai vécu de grands banquets festifs et de simples soupers communs. Le capharnaüm qui m’entoure me serre certes le cœur, mais la destruction a quelque chose de rassurant ; plus rassurant que découvrir le magnifique hall en parfait état, comme si je n’étais jamais parti, lorsque moi et mes frères d’armes sont entrés tout à l’heure. Tout a déjà basculé, tout ce qui devait être tranché a été tranché, tout ce qui devait être démoli, démoli. Les statues brisées, l’eau ruisselante, ça fait que confirmer mon sentiment. Je suis juste venu ici pour l’épilogue.

Tout a changé lorsque je suis entré dans la chapelle du Graal.

C’est la chapelle de la fausse piété. La fausse dévotion. Je sais que je suis dans une illusion, mais ce n’est pas le seul aspect factice des lieux ; Toute cette chapelle devait bien être souillée par les personnes qui s’y agenouillaient, durant tout le temps où je venais y prier. L’endroit est beau. Il est magnifique. Tout dans le château de Lyrie était somptueux de toute manière. Je suis irrémédiablement contraint au silence et à la torpeur qui prend chaque croyant lorsqu’il entre dans un lieu qui honore les Dieux – mais j’y entre également avec la boule au ventre. La peur de mon père lorsqu’il passait dans cette nef n’était pas la frousse ordinaire d’un Craignant-Dieu très dévot ; C’était celle d’un homme qui redoutait une sape sous son château, un ennemi s’infiltrant à l’intérieur de ses remparts. Comme j’ai traversé la salle à manger le plus naturellement du monde, j’espère, un instant, pouvoir faire de même dans cette chapelle, aller tout droit vers ma chambre, tracer sans être trop assailli par les souvenirs, par tous ces instants qui me frappent, par les prières, par les veillées d’armes, par les récits des Compagnons que Beauziac me récitait doctement devant le gamin émerveillé que j’étais.
Mais elle est là. Et donc, je me suis arrêté.
Et contrairement aux conseils de Mélaine, qui nous disait de tuer toutes les illusions sans les écouter, sans les scruter, sans laisser la moindre hésitation grignoter notre esprit, j’ai ouvert grand mes yeux et mes oreilles.

Mon sang s’est glacé. Un frisson a parcouru mon échine. Et toute ma certitude, toute ma haine, elle s’est volatilisée. J’étais rempli de colère, j’étais rempli de haine. Je comprenais ma mission. Je comprenais que le sentier que j’empruntais était sans retour. J’ai nommé mon épée « Matricide », j’ai juré sur la vertu de la Pureté, j’ai hurlé ma soumission devant une manifestation de la Dame elle-même. Et tout ça, toute ma force, tout mon courage, toute la lourdeur de mon bras qui s’est courbaturé à frapper des Déréliches sans coup férir sur le chemin jusqu’ici, tout s’est délité, et tout a été vaincu, et mit à terre. J’aurais préféré tomber sur une dizaine de faux-chevaliers ressurgissant de mon passé. J’aurais préféré tomber sur la foule de paysans lyncheurs des faubourgs. Ce qui a traversé mon harnois de plate, et mon cuir de Chevalier du Royaume, c’est une chose plus pernicieuse que des lames affûtées, des crocs de guisarmse ou des flèches dardées ; Plus dangereux que des maléfices vociférés, des sortilèges me nouant aux hasards de l’Immatériel, des potions qui retiennent des âmes loin de l’Autre-Côté : Ce sont juste les larmes de ma mère.

J’ai fait tomber ma main de mon épée, pour qu’elle se balance à côté de moi. J’ai rebattu mes épaules lâchement. Et avec de gros yeux, écarquillés par la surprise et la tristesse, j’ai entendu les supplications sanglotantes de maman. De vraies larmes, les sales. Celles qui viennent avec la morve qui dégouline dans le nez, et les mots mâchés qui tremblotent au fond de la gorge. Une tristesse trop pathétique pour qu’elle puisse être feinte. Si les Déréliches ravivent le passé, et reproduisent des événements produits, alors…

À quelle date a-t-elle prononcé ses mots ? Quand s’est-elle jetée à genoux pour implorer ce qu’elle implore ? Je raisonne. Quelques pensées inquisitrices bourdonnent au fond de mon crâne, commencent à dénouer des fils. Mais c’est secondaire, c’est des murmures, un bruit de fond. Là, ce qui me fait saigner, c’est bien pire.
Ma mère pleurait pour me vaincre. Je vous l’avais dit. Elle pleurait pour me manipuler, pour me faire faire ce qu’elle souhaitait. Je lui en ai voulu pour ça. Je l’ai haïe pour ça. Mais ici, elle ne pleure pas pour des spectateurs – c’est un reflet du passé que je contemple. Je la prenais pour une lâche. Pour une femme atroce qui a osé m’enchaîner à elle pour se garder du trépas, pour m’utiliser comme une ancre. Mais ça ne correspond pas avec ce que je suis en train d’entendre. La femme qui pleure, ici, elle est prête à donner sa vie pour moi : Elle implore l’aide de la Déesse pour moi.

Je papillonne un instant des cils. Je suis abasourdi. C’est trop… Trop incompréhensible. Trop fort. Si Mélaine était là… Si Mélaine était là, nul doute qu’elle aurait tranché, pour faire taire cette voix qui, à coup sûr, est en train de planter des graines dans mon âme.
Mais elle n’est pas là.

Alors, je me déplace subtilement. Je longe les murs de la chapelle, dans l’ombre. Et comme ça, debout, désarticulé, j’observe la scène, comme si j'étais dans le public d'un théâtre. Je veux comprendre.
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 22 avr. 2020, 21:27, modifié 1 fois.
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Échiqueté d'or et d'azur à la bordure de gueules à la guivre de gueules halissante
Stats :
FOR 10 / END 9 / HAB 10 / CHAR 12* (11) / INT 8 / INI 10 / ATT 13 / PAR 11 / TIR 8 / NA 2 / PV 67/70
*Bonus grâce à la chevalière portée à l'auriculaire

Compétences :
- Anticipation : +1 en ATT et +1 en PAR à partir du 3e round face au même ennemi
- Coup précis (1) : Malus atténué de 1 lors de la visée d'une partie précise
- Coups puissants : +1d3 de dégâts
- Coriace : Résiste à 1d3 dégâts de plus
- Dégainer l'épée : +1 en INI lors du premier round
- Parade : Valeurs de parade doublées
- Sang-froid : +1 lors d'actions réalisées sous stress

- Alphabétisé : Capable d'écrire et de lire le Bretonnien
- Baratin : +1 pour embobiner quelqu'un à l'oral.
- Danse : Excellent danseur
- Étiquette : +1 lors des interactions avec la haute société
- Empathie : Capable, sur un test, de lire les émotions sur le visage de quelqu'un.
- Humour : +1 pour divertir et amuser.
- Monte : Ne craint pas de chutes lors d'une montée normale
- Héraldique : Capable de reconnaître les blasons des familles nobles, et d'en savoir plus sur eux sur un test
- Vœu de la Pureté : +2 dans la résistance aux tentations terrestres
Équipement de combat :
- Poignard "miséricorde" : 1 main / 12+1d6(+1d3)* / 12** (6) parade / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Peut être lancée
- Lance d'arçon : 1 main / uniquement à cheval / 20+1d10(+1d3)* / 16** (8) parade / "Long" (Malus de -2 ATT pour les adversaires) / "Épuisante" (Malus de -1 d'utilisation après END/2 tours, à chaque tour, max -4) / "Percutante" (Relance du jet de dégât, meilleur résultat gardé) / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Se brise après 4/5 utilisations
*Avec la compétence Coups puissants
**Avec la compétence Parade


Tête : 0 protection
Reste du corps : 0 protection

- Destrier Bretonnien (Ravel) : FOR 10 / END 12 / SAU 7* (8) / RAP 9* (10) / INT 8 / DOC 11 / ATT 9
*Malus pour cause de barde et caparaçon
Corps et croupe : 15 protection (Barde de plaques)
Dos et tête : 15 protection (Caparaçon de plaques)
Équipement divers :
0 Co

- Un beau doublet
- Un grand manteau
- Des bottes neuves
- Une jolie écharpe

- Nourriture
- Hydromel

- Bague affichant un lion - +1 CHAR

- Insigne argenté marqué du blason de Lyrie
- Pendentif monté en clou
- Feuilles de brouillon, stylet et encrier
- Un flacon à l'odeur immonde
- 3 bouteilles de tonique miraculeux

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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par [MJ] Katarin »

Qu'est-ce qu'Armand observait au juste ? Une déréliche sans doutes, mais que faisait-elle ? Se contentait-elle de rejouer une scène du passé, tentait-elle d’appâter Armand en lui montrant ce qu'il voulait voir ? L'illusion, qu'elle ait été réelle ou non, était criante de vérité, comme tous les souvenirs ambulants de la Lyrie. C'était elle, même si elle était différente de celle qui habitait la mémoire d'Armand. Alors qu'il la contournait doucement, il pouvait apercevoir de plus en plus les contours de son visage : Anne était jeune, les traits proches de ceux qu'elle avait présenté dans l'écurie un peu plus tôt : elle devait avoir la vingtaine passée, guère davantage. Des larmes coulaient sur ses joues, tandis que ses yeux embués fixaient l'autel et le vitrail derrière.

Le jeune chevalier n'avait pas été particulièrement discret alors qu'il la contournait en rasant les murs de la chapelle, son armure cliquetant toujours de toutes parts, mais cela n'avait apparemment pas éveillé les sens de cette déréliche-ci qui continuait d'attendre une réponse à sa prière. Anne implorait la déesse de plus en plus faiblement, sa voix s'éteignant progressivement, comme perdant peu à peu tout espoir d'être entendue.

La Dame ne se manifesta jamais, malgré les longues minutes de suppliques, de promesses, de serments, suivies d'encore plus interminables minutes d'un long silence pesant, laissant la scène figée dans l'attente d'un événement qui ne se produisait jamais.

Anne se releva soudain, pour se saisir d'une des chaises en bois derrière elle. Elle hurla de rage, de colère, de haine, et l'abattit de toutes ses forces sur l'autel. L'impact résonna dans toute la pièce, et un pied en bois se brisa sous le choc. La mère d'Armand, loin de s'arrêter là, libéra sa frustration sans aucune retenue, laissant éclater un désespoir évident mêlé d'un torrent de larmes. La chaise fut fracassée encore et encore contre l'autel de pierre, les candélabres en fer finirent renversés au sol, et quand il ne restait plus dans les bras endoloris de Anne qu'un dossier et son séant, elle jeta ce dernier à travers les vitraux de la chapelle, qui explosèrent en une myriade de bouts de verre colorés.

Elle s'écroula au sol après ce moment d'hystérie, se prostrant en boule pour mieux laisser échapper ses sanglots. Des gouttes de sang s'échappaient de ses poings fermés, témoins des échardes qui avaient du se planter dans sa peau pendant sa crise. De toute sa vie, jamais Armand n'avait vu sa mère dans pareil état : elle ne réservait ses fausses larmes qu'à son unique attention pour obtenir ce qu'elle voulait, mais jamais n'avait-elle laissé apparaître la moindre réelle faiblesse derrière toute sa dignité de Comtesse.

Soudainement, l'on toquait à la porte de la chapelle, celle par laquelle Armand était entré.

- Ma dame, est-ce que tout va bien ? ... Ma dame ?

Mais Anne ne répondait pas à ces sollicitations de plus en plus inquiètes, enfermée dans son propre chagrin.

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Armand de Lyrie
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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par Armand de Lyrie »

La nature des Déréliches est crapuleuse. Et ce n’est pas parce que c’est un ennemi que je connais, tant par les chansons de gestes contées que par les témoignages de sires qui ont dû les combattre, que c’est pour autant un ennemi que je sais déjouer. En traversant les faubourgs tout à l’heure, j’ai eu l’instinct de les ignorer à moitié, de jouer à leur jeu sans pour autant écouter leurs mensonges, en déclinant leurs invitations à traverser sous le linteau des portes de leurs chaumières.
Pourquoi donc est-ce que je prête attention à la créature qui s’amuse à déformer les personnes que j’ai connues et aimées ? C’est un sale instinct. Un instinct lancinant qui me détourne du sentier vers lequel la Dame a toujours su me mener – le zèle avec lequel Mélaine avait massacré l’image de ma mère dans la grange, en nous ordonnant de ne pas leur accorder le moindre crédit, il a eu plus l’effet d’éveiller une méfiance crasse que d’inspirer le bras armé de ma religion que je suis censé être. À présent qu’il n’y a plus de témoin, plus de pairs, ni sergents ni chevaliers pour m’épier, me juger et me jauger, ma conscience que je refoulais et gardais bien scellée au fond de mon for intérieur, elle murmure à nouveau.

Ce n’est pas la femme que j’ai connue qui pleure devant moi. Et pas seulement parce que je sais que ce n’est point une créature de chair qui s’agenouille avec une piété pathétique devant les yeux de la Déesse ; mais même, elle est trop jeune. Très jeune. Je crois qu’elle doit avoir quelque chose comme mon âge. Comme l’âge de Margot. La découvrir ainsi, si innocente, si désolée, ça me remue. Il y eut bien un moment où tous les vieux cons de notre duché – le vieux renard Elbiq, le sévère Brandan de Maisne – ils avaient la même gueule et la même fougue que nous autres qui ne parvenons jamais à les comprendre. Je crois pas avoir déjà, dans ma vie, imaginé sincèrement comment était ma mère à mon âge, à l’âge d’être une belle jeune femme capable de ruiner l’existence de bonhommes comme Casin Baillet. Je ne l’imaginais pas non plus capable de pleurer autant de larmes. Que s’est-il passé pour la mettre dans un tel état ? Elle craque. C’est pas des petites larmes. Elle tremble. Elle se lève. Et elle se déchaîne – elle se déchaîne avec une telle force, et un tel réalisme, que je sens la chair de poule gagner toute ma peau, alors que mes sourcils s’obliquent sur mon front et que ma gorge se serre. Un instant, rien qu’un instant, je suis déchiré par l’envie d’aller la prendre dans mes bras. De céder comme je cédais toujours lorsque ma mère était triste. Je suis obligé de me forcer à dégoûter mon propre esprit en me rappelant les viols sordides qu’elle me faisait subir, des sensations, des images que je retiens en moi, qui ressurgissent soudain comme pour me défendre, pour me rappeler cruellement la raison pour laquelle j’ai fuis et trahis mon propre sang. Des remembrances cauchemardesques, qui ne manquent jamais de me donner des vertiges, et qui expliquent pourquoi je suis parfaitement incapable de regarder mon corps dans une glace quand je me lave.

Je ferme mes yeux. J’aurais bien aimé pouvoir boucher mes oreilles, parce que si je peux me forcer à échapper à la vision de ma pauvre mère recroquevillée sur le sol, je ne peux empêcher ses atroces sanglots réverbérés par l’écho de la chapelle, juste après le carnage de son accès de colère. Sang. Débris de glaces. Terreur déchirante. Et ça toque à la porte. L'illusion qui incarne ma mère ne répond pas : Elle se contente de pleurer au sol. Je rouvre les yeux ; Ses doigts dégoulinant de rouge agrippent ses cheveux pour les arracher. C’est alors mon cœur et mes tripes qui se serrent ensemble.
Elle me dégoûte.
Elle me fait trembler.
J’ai envie, j’ai envie, tout au fond de moi, de comprendre qu’est-ce qui a pu tant la faire pleurer. Et je me demande à présent, avec angoisse, si elle avait réagi ainsi lorsque, vingt ans plus tard, je fuyais ce fort au galop pour rejoindre la cour ducale. Si j’avais pu assister à tel spectacle lors de ma trahison, est-ce que j’aurais encore trouvé le courage de m’appliquer lors de ma délation ?

Les voix derrière la porte paniquent. Je recule et me colle contre le mur. Mes dents tremblent presque. Il y a tout juste une minute j’étais prêt à tracer jusqu’à ma chambre pour dégainer mon épée. À présent je veux juste comprendre. Comprendre de quel instant décisif du passé je suis témoin.
Qu'est-ce qui a ainsi fait renier et haïr la Dame chez ma mère ?
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 13 mai 2020, 09:35, modifié 1 fois.
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- Coup précis (1) : Malus atténué de 1 lors de la visée d'une partie précise
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- Coriace : Résiste à 1d3 dégâts de plus
- Dégainer l'épée : +1 en INI lors du premier round
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- Poignard "miséricorde" : 1 main / 12+1d6(+1d3)* / 12** (6) parade / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Peut être lancée
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Dos et tête : 15 protection (Caparaçon de plaques)
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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par [MJ] Katarin »

La curiosité est un vilain défaut.

Armand devait le savoir pourtant. Par-delà son besoin de comprendre, il devait bien se douter que ce voyeurisme lui faisait prendre des risques. Car en une poignée de secondes, il passa du rôle de spectateur d'une pièce de théâtre, à celui d'acteur.

Les portes de la chapelle s'ouvrirent en grand tandis que trois personnes entraient : il y avait là un chevalier et deux serviteurs. Le premier portait son armure mais pas de casque : il s'agissait d'un grand gaillard blond à la barbe taillée court, qu'Armand ne reconnaissait pas quand bien même il portait les armoiries de la famille. Le premier des deux serviteurs lui était plus familier : il s'agissait de Simon, l'un des plus vieux et dévoués valets de la famille, qui servait déjà le grand-père d'Armand autrefois. Le sire de Derrevin ne se rappelait de lui que comme d'un grand-père à qui l'on ne pouvait plus confier que les tâches les moins physiques, mais à l'instar de Anne, il semblait ici avoir rajeuni d'une vingtaine d'années, le faisant revenir à une vigoureuse quarantaine d'années. L'autre serviteur, il la reconnut immédiatement : il s'agissait de la jeune adolescente qu'il avait aperçu aux côtés de sa mère dans l'écurie, une trentaine de minutes plus tôt.

Ce fut elle qui déclencha les événements. A peine entrée, elle traversa la chapelle au pas de course pour aussitôt s'agenouiller aux côtés de Anne, le visage rongé par l'inquiétude. Elle posa une main sur elle, lui murmura quelques paroles de réconfort, puis releva la tête pour dévisager directement Armand qui était pourtant partiellement caché derrière un pilier de bois.

- Messire, elle a besoin de vous, aidez-moi !

Et alors même qu'elle prononçait ces mots, que l'attention de Simon et du chevalier se focalisaient vers lui, qu'un inquiétant vacarme se fit au-dessus de la tête d'Armand. Quelqu'un était arrivé depuis le premier étage, et approchait au pas de course, ses pas frappant le plancher de bois, le bruit résonnant dans toute la chapelle. L'écho des bruits contre les murs de pierre et le stress de ce soudain changement de paradigme l'empêchèrent de se concentrer : impossible pour lui de déterminer si les pas se dirigeaient vers l'escalier nord, ou sud.

Jet de discrétion : 16, raté.
Jet de perception auditive : 15, raté.

Tu m'avais indiqué sur discord que tu as longé le mur par le nord, je considère donc que tu es en haut sur la carte, juste à gauche de l'escalier en colimaçon, donc juste à droite de la porte qui mène au cimetière, derrière le pilier du milieu.

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Armand de Lyrie
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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par Armand de Lyrie »

Mais pourquoi donc les Déréliches recréent-elles ainsi une scène aussi reculée ? Pourquoi celle-là, et pas une autre ? Il y eut tant d’événements bien plus heureux dans cette chapelle du Graal. Ou du moins, plus habituels, si le but des monstres était de piéger des voyageurs de passage. Jusqu’à quel point ma mère les contrôle-t-elle ? Je l’ai observée être capable de prendre possession de leurs corps, directement. Pourquoi les fait-elle jouer un tel drame ?

Tout est allé très vite. Je ne comptais pas tellement sur une quelconque furtivité : Un harnois de plate est pas tellement l’idéal pour rester discret, et on ne peut pas dire que j’ai choisi le plus humble des équipements parmi le catalogue de l’armurerie ducale ; Difficile de rester dans l’ombre avec un manteau de plumes d’oiseaux blancs. Je misais plus sur le fait que, peut-être, les illusions seraient trop occupées à rejouer des instants du passé pour s’émouvoir de ma présence. C’était un bien mauvais calcul de ma part.

Mon cœur a marqué un battement. J’ai été alpagué par l’une des illusions, qui souhaite me voir entrer dans leur jeu. Dans le même temps, au-dessus de moi, un bruit alerte tous mes réflexes ; Je pose, par instinct, une main sur la garde de mon épée, paré à la dégainer en un seul mouvement, persuadé qu’un hostile va se jeter sur moi.
Derrière ma cachette, la fausse jeune fille m’observe. Je la regarde. Et, sans même réfléchir, sans même me rendre compte de ce que je fais, je décide d’utiliser la même tactique qui m’a permis de trotter jusqu’à la fausse-Thécia dans les faubourgs : Je rentre dans la peau de mon père.

« Anne ? »

J’improvise. J’improvise tellement, en fait, que j’ai absolument pas la moindre putain idée de ce que je suis en train de foutre. Ni aucune idée de comment les illusions à l'entrée vont réagir, ni comment la fausse-Anne va répondre : Peut-être à la présence d’un intrus qui perturbe la répétition, ou bien, dans son rôle, à la venue de son époux alors qu'elle est en pleine crise de colère.
Je sais que je ressemble à mon père. Encore plus avec vingt ans d’écart. Physiquement, on m’a toujours répété, comme si c’était un compliment, que je suis son portrait craché. C’est pas pour autant que je me trouve parfaitement à l’aise. Mon père, j’en ai l’image qu’un fils avait. Je suis en train de découvrir une femme que je n’avais jamais connue chez ma mère ; Comment pourrais-je deviner quel genre de personne était Armand VII alors que je n’étais qu’un bébé ?
Au moins je sais encore quelle image j’ai de lui. Ses sourires. Son petit ton grave. Il était très fort pour mettre les autres à l’aise. Leur faire croire toutes les conneries qu’il voulait. Peu étonnant qu’ensuite je parvienne à embobiner une prophétesse du Graal avec mes faux-semblants ; Vous savez ce qu’on dit, les pommes tombent jamais loin de l’arbre.

« Anne, je suis là », que je fais avec un petit ton sec et emprunté, comme si j’étais à la fois terrifié de voir ma femme dans cet état, et en même temps, gêné qu’elle s’emporte ainsi en public, devant des témoins. Je lance d’ailleurs un regard sévère envers les deux qui attendent devant la porte. Je reconnais Simon : Je l’ai toujours pris pour un incapable inintéressant, avec mes yeux d’adolescent turbulent. Mais qui est donc l’homme en armure qui se tient juste à côté ? L’épée qu’il porte à sa ceinture me fait froid dans le dos. Je ne le reconnais pas. Est-ce un des vassaux de mon père ? Je l’aurais sûrement reconnu – peut-être que l’écart d’âge me joue des tours. Ou bien un homme que je n’ai jamais rencontré ? Je ne sais pas.
En même temps que je me dirige vers le fantôme recroquevillé au sol, je me rend à présent pleinement compte de la stupidité absolue de ce que je suis en train de faire. Comment la Déréliche va-t-elle réagir ? Si je la prends dans mes bras, vais-je sentir la chaleur d’un corps, ou bien un froid glacial ? Et ma mère, si elle m’observe – peut-être même est-ce elle que j’entends dans mon dos – va-t-elle me laisser perturber ainsi les souvenirs qu’elle a recréé, ou permis de recréer dans ce château ?

Il y a tellement de façons pour que cela se passe mal. Tellement de manières pour que tout dégénère.

Mais je suis déjà allé beaucoup trop loin.

Alors, je lance un regard compatissant et triste à la jeune fille qui câline ma mère. Je me recroqueville sur mes deux genoux, et tend une main vers ma fausse épouse.

« Anne. Que se passe-t-il ? »
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 14 mai 2020, 11:50, modifié 1 fois.
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Stats :
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*Bonus grâce à la chevalière portée à l'auriculaire

Compétences :
- Anticipation : +1 en ATT et +1 en PAR à partir du 3e round face au même ennemi
- Coup précis (1) : Malus atténué de 1 lors de la visée d'une partie précise
- Coups puissants : +1d3 de dégâts
- Coriace : Résiste à 1d3 dégâts de plus
- Dégainer l'épée : +1 en INI lors du premier round
- Parade : Valeurs de parade doublées
- Sang-froid : +1 lors d'actions réalisées sous stress

- Alphabétisé : Capable d'écrire et de lire le Bretonnien
- Baratin : +1 pour embobiner quelqu'un à l'oral.
- Danse : Excellent danseur
- Étiquette : +1 lors des interactions avec la haute société
- Empathie : Capable, sur un test, de lire les émotions sur le visage de quelqu'un.
- Humour : +1 pour divertir et amuser.
- Monte : Ne craint pas de chutes lors d'une montée normale
- Héraldique : Capable de reconnaître les blasons des familles nobles, et d'en savoir plus sur eux sur un test
- Vœu de la Pureté : +2 dans la résistance aux tentations terrestres
Équipement de combat :
- Poignard "miséricorde" : 1 main / 12+1d6(+1d3)* / 12** (6) parade / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Peut être lancée
- Lance d'arçon : 1 main / uniquement à cheval / 20+1d10(+1d3)* / 16** (8) parade / "Long" (Malus de -2 ATT pour les adversaires) / "Épuisante" (Malus de -1 d'utilisation après END/2 tours, à chaque tour, max -4) / "Percutante" (Relance du jet de dégât, meilleur résultat gardé) / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Se brise après 4/5 utilisations
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Tête : 0 protection
Reste du corps : 0 protection

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*Malus pour cause de barde et caparaçon
Corps et croupe : 15 protection (Barde de plaques)
Dos et tête : 15 protection (Caparaçon de plaques)
Équipement divers :
0 Co

- Un beau doublet
- Un grand manteau
- Des bottes neuves
- Une jolie écharpe

- Nourriture
- Hydromel

- Bague affichant un lion - +1 CHAR

- Insigne argenté marqué du blason de Lyrie
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[MJ] Katarin
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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par [MJ] Katarin »

Armand s'était plié aux exigences imposées par la pièce. Il s'était avancé sur scène, et avait tenté d'improviser pour trouver sa place dans cette parodie de passé. Prenant le rôle d'Armand VII de Lyrie tout comme il l'avait fait dans les faubourgs, il tenta de s'intégrer dans leur jeu, simulant sa voix, ses tics, ses expressions, sa démarche.

Dans un premier temps, l'imposture sembla fonctionner. L'adolescente se recula un peu, pour qu'il puisse lui aussi s'agenouiller aux côtés de sa soi-disant épouse, toujours prostrée, enfermée dans son chagrin. Lorsqu'il avait parlé en s'approchant, ses sanglots s'étaient interrompus, comme pour mieux lui laisser l'espace sonore, afin d'exprimer ses répliques sans le moindre bruit parasite. Même les pas à l'étage avaient cessé, comme si le visiteur s'était arreté dans son élan. Les acteurs étaient en pause, le public invisible retenait son souffle.

« Anne. Que se passe-t-il ? »

Tout bascule.

Le chevalier dégaine son épée, tandis que des armes apparaissent magiquement dans les mains de Simon et de la jeune fille : lui voit de la fumée noire émerger un gourdin, tandis qu'elle porte la même rapière qu'aux écuries. Dans son dos, Armand entend dévaler les marches de l'escalier nord un autre serviteur qu'il ne reconnait pas, un jeune homme blond le menaçant d'un simple couteau de cuisine.
Malgré cette déclaration d'hostilité, personne n'attaqua Armand. Tous semblaient attendre.

Attendre Anne, qui lentement, se relevait, en regardant d'un air meurtrier Armand. Ses yeux étaient des braises ardentes, son chagrin évanoui pour être remplacé par la même colère qui lui avait valu la destruction du mobilier de la chapelle. Son maquillage avait coulé sous ses yeux encore humides, laissant des traînées rouges et noires similaires à celles que présentait la banshee dans le hall.

- Comment... oses-tu... me le demander ?

Elle s'était relevée. Elle aussi tenait une rapière dans sa main, apparue de nulle part.

- Notre fils, TON unique fils se meurt, et tu oses me demander la raison de mon chagrin ? Tu... tu oses venir me voir... alors que ton serpent ne peut rien pour changer ça. Pas plus que la pétasse du lac, pas plus que la pleureuse. Tes belles paroles, tes promesses, tes illusions, elles ne sont d'aucune utilité. Tu n'es rien, et puisque tu es incapable de te soucier de cet enfant, de le protéger, je le ferai. Je le sauverai. Et je vais commencer en débarrassant notre maison de son parasite.

Et ainsi, toutes les illusions convergèrent vers Armand, armes levées dans l'intention claire de le tuer.



Pas de jet de charisme, car les mots que tu as prononcé étaient clairement trop à l'antithèse de ce que la pièce attendait de toi ^^°
Position de tout le monde : derrière toi, le jeune serviteur et l'escalier nord. A ta droite, vers l'entrée et donc la salle à manger, le chevalier et Simon. Devant toi, Anne et l'adolescente, avec derrière elles l'escalier sud. A ta gauche l'autel de pierre, et derrière, les vitraux brisés.

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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par Armand de Lyrie »

Elle a plus de force en elle que je ne l’imaginais.
Ou du moins, je ne l’imaginais pas être si capable de tenir tête à mon père. Je l’ai toujours imaginé si… Si fort, si écrasant, comme présence. On pouvait le haïr, on pouvait lui reprocher tant de chose, le regarder avec de la haine dans les yeux : Il s'approchait de vous, vous défiait du regard, et rien qu'avec sa voix, il vous enchaînait à nouveau à lui.
À droite, et derrière-moi, lorsque je regarde au-dessus de mon épaule telle une chouette, les Déréliches prennent possession d’armes qui se matérialisent à partir de simples pellicules d’air.
Par réflexe, je me suis remis debout en même temps que la fausse-Anne s’est mise à me défier avec des yeux terrifiants. Mains en l’air, paumes ouvertes, j’ai approché mes doigts de mes hanches – et particulièrement de ma ceinture, là où j’ai bien appris à dégainer l’épée en un mouvement. Je suis submergé. La lourdeur de mon équipement joue certes en ma faveur, mais ça ne me permet pas pour autant de sous-estimer le simple poids du nombre d'adversaires qui se préparent à s'opposer à moi.

Je crois que je sais de quoi elle parle.

Je suis né malade. Je toussais beaucoup. On m’a dit que je toussais beaucoup. Mes parents, hormis moi, ils ont eu beaucoup de mal à concevoir. J’ai eu des frères ou des sœurs – aucun n’a dépassé les quelques semaines d’existence. Ni mon père, ni ma mère, ne m’en parlaient. Ce sont des histoires que je parvenais à grappiller en discutant avec la domesticité, avec les vassaux, les gardes-chasses, les gens qui les côtoyaient – mais la fierté froide qu’ils affichaient en public n’était qu’une façade, ça devait les ronger de l’intérieur.
Sauf que moi j’ai survécu. Moi j’ai tenu. J’ai réussi à devenir plus fort, plus vif. Adolescent, alors que Quentin de Beauziac me prenait en page, je ne me suis jamais senti particulièrement handicapé – et avec un tuteur comme sire Quentin, on ne peut vraiment pas dire qu’on me ménageait. J’ai eu l’occasion de sentir sa poigne et la semelle de sa botte, la qualité de mon sang n’étant certainement pas une excuse pour m’offrir une différence de traitement à ses yeux.
Et donc ? Donc ? Je suis là. Je suis là en chair et en os. L’horreur commence à s’emparer de moi, tandis qu’une idée germe dans mon esprit.
Est-ce que la vie qu’on m’a offerte, ce fut grâce à une quelconque sorcellerie ?
Est-ce que si je suis ici, c'est parce qu'on s'est damné pour moi ?

Je n’ai pas le temps de réfléchir à cette supposition. On s’approche de moi martialement. Et cette fois, hors de question de leur tourner le dos en étant totalement désarmé, ni de faire de longs discours d’une demi-heure pour les embobiner. Je ne peux que sentir le souffle froid de la panique qui tente de m’envahir. Je rassemble tout le sang froid dont je dispose. J’analyse vite, avec l’œil du chevalier.
S’il y a une sortie à faire, c’est derrière moi. Le jeune serviteur est mal armé, peu épais. En restant au milieu, je crains non seulement d’être attaqué de toutes parts, mais surtout de devoir affronter le chevalier en armure, une présence bien plus imposante que les autres. En revanche, en terrassant le gosse, je peux courir vers l’escalier, puis me retourner, et les forcer à se bousculer pour m’affronter un par un, sans pouvoir profiter de leur nombre contre moi. Je pourrais aussi sauter par-dessus l’autel, mais je ne pense pas que ce soit une bonne manœuvre – Mon harnois est trop encombrant, je ne suis pas encore habitué à son poids, Anne et la gamine sont trop proches de moi : Il serait trop facile pour moi de glisser et tomber. Alors, tels des sergents qui se ruent sur un noble désarçonné, les illusions se rueraient sur moi pour me larder sous les aisselles et à l’aine, dans les interstices de ma cuirasse, tandis que je ne pourrais que me débattre à l’image d’une tortue retournée. Une fin bien ignoble.

Oui. Je fais un pas en arrière. Pose ma main droite sur le ceinturon, très près du pommeau. Je me prépare à tirer, me retourner, et charger le gamin en hurlant pour me donner du courage.
Mais pas tout de suite.

Je tente une ultime tentative de satisfaire ma curiosité malsaine.
Je foudroie la fausse-Anne du regard. Je n’aurai pas le temps de dire plus de deux phrases. À défaut de pouvoir dire grand-chose dans la voix, j’essaye de le dire avec mon visage – la visière relevée a cet avantage, au risque de lui offrir l’opportunité parfaite de venir me crever un œil avec sa rapière. Je fronce des sourcils, et retrousse mes lèvres, tandis que ma voix déraille un peu.

« Et qu’est-ce que tu comptes faire, pour le sauver ? »

Je donne un coup de tête vers le vitrail qu’elle a brisé dans son hystérie.

« Personne ne nous aidera. On est seuls, toi et moi.
Tu sais ce qui peut encore nous aider. »

Deuxième pas prêt à glisser en arrière. Dégainer. Estafilade. Charge vers l’escalier.
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 15 mai 2020, 20:47, modifié 1 fois.
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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par [MJ] Katarin »

Les mots d'Armand ne semblèrent pas faire mouche. La déréliche ayant encerclé sa victime, elle ne semblait pas disposée à davantage l'écouter, et le chevalier se résigna à se retourner pour se frayer un chemin vers la sortie. Le serviteur face à lui ne lui opposa aucune résistance : mieux encore, au lieu de tenter d'abattre son arme, il s'était prostré en avant, et avait subi le coup de plein fouet, partant en poussière sans difficulté et laissant la voie libre à Armand.

En bas des marches, Armand comprit pourquoi l'homme avait ainsi baissé sa garde : derrière lui, d'une seule voie unie, toutes les illusions criaient de concert, pliées en deux de douleur, dans une scène qui était identique à celles que le seigneur de Derrevin avait pu observer par deux fois déjà : suppliant pour qu'un bruit qu'elles seules entendaient s'arrête, les silhouettes dégageaient une abominable fumée noirâtre qui emplissait la chapelle.

Et l'instant d'après, Simon, le chevalier, Anne et l'adolescente se relevèrent pour parler d'une seule et même voix unie, leurs lèvres bougeant à l'unisson, avec le même ton mélancolique.

- J'ai utilisé la magie noire.

Sans prévenir, toutes les illusions à l'exception d'Anne s'effritèrent sans bruit, leur corps ne laissant que davantage de fumée et un petit morceau de chair noirci qui tombait au sol. Seule restait la mère d'Armand, qui baissa le regard pour observer ses mains, paumes levées. La rapière qu'elle tenait un peu plus tôt avait elle aussi disparu.

- Je croyais que les déréliches étaient ma malédiction, destinées à me tourmenter encore et encore. Mais peut-être qu'elles t'étaient destinées. Peut-être que tu devais savoir. Mais méfie-toi d'elles : les contrôler m'épuise, je ne pourrais pas te protéger si tu t'égares encore à observer leurs sinistres spectacles.

Sa voix était désincarnée, monocorde, et y déceler des émotions semblait impossible. Ses yeux se mirent à parcourir lentement la chapelle du regard.

- Rien ne comptait. J'étais une coquille vide, sans morale, ni éthique, ni désir de vivre. Je faisais ce que mon père me disait de faire, sans rien attendre du lendemain : une morte-vivante sans but, traversant l'existence comme une ombre.
Armand n'a pas eu grand mal à me convaincre de vénérer le Serpent. La liberté. La promesse de ne plus vivre que par moi-même et pour moi-même. Les délices du Corrupteur permettaient de fuir le vide, à défaut de le combler.


Elle plongea son regard dans les yeux d'Armand, ses deux pupilles entièrement noires le fixant de manière dérangeante. Le ton de sa voix s'était fait plus doux, plus calme, presque... tendre.

- Mais toi... tu as donné du sens à mon existence. Une année entière, tu t'étais accroché à la vie malgré ta constitution médiocre. Je ne t'ai pas quitté un instant depuis ta naissance, sacrifiant tout ce que j'avais pour l'unique bonheur de te voir chaque jour respirer, pleurer, et t'endormir apaisé contre mon sein. Tu étais... la première et la seule chose que j'avais jamais aimé.

Les extrémités de son corps commençaient à se désagréger, ses doigts et ses pieds disparaissant dans une fumée noire. L'illusion qui maintenait la chapelle dans le passé se dissipait elle aussi, laissant réapparaître la poussière sur le sol, la luminosité s'affaiblissant pour laisser passer la lueur verte de Morrslieb à travers des vitraux intacts. En quelques secondes, l'illusion se dissipait entièrement, ne laissant le temps au visage d'Anne de prononcer qu'une dernière phrase avant de devenir poussière. Une phrase qu'elle hurla d'un mélange de désespoir et de colère, tandis que ses deux pupilles noires fixaient jusqu'au dernier instant Armand, comme pour le défier d'oser la contredire.

- JE NE POUVAIS PAS TE PERDRE.



Jet de CHA, +1 pour baratin, -6 pour Anne pas très réceptive : 4, réussi de 3.
J'en profite ici pour signaler que mes bonus/malus seront toujours entre -6 et +6, selon les facteurs exterieurs affectant le jet, -6 étant du "très difficile" et +6 du "très facile". Tu as passé le malus max, félicitations :D

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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par Armand de Lyrie »

Je n’ai pas réfléchi.

Sitôt que l’illusion s'est trop approchée de moi, j’ai glissé sur le sol en arrière, et, avec un seul mouvement, et un râle de rage, je me suis saisi de mon arme, je l’ai tirée dans un crissement de fourreau qui retentit, et avec toute la vitesse de mon élan, j’ai bondi vers l’illusion derrière moi, le mantel de plumes virevoltant dans mon dos, et sans aucune hésitation, je l’ai terrassée.
J’ai chargé. Cessé mon sprint en pliant mes genoux pour me retourner, les deux mains serrant de toutes mes forces ma lame bénie. En me retournant, je pensais tomber sur un hostile déjà au contact, qu’il faudrait que j’expédie par une demi-taille vers le visage. Il n’y eut rien de tel.

Ma mère me parle. Je respire un peu bruyamment, à cause de la soudaine poussée d’adrénaline, mais je scelle bien vite mes lèvres, et baisse mon épée, tandis qu’elle me dit ce qu’elle a à me dire.
Au fur et à mesure qu’elle parle, mon bras s’alourdit, et la lame de mon épée touche le sol, qui se couvre bien vite de poussière, l’illusion laissant sa place à la réalité de l’état du château.

J’ignore si ses paroles sont un aveu ou un plaidoyer. Sur le moment, je ne peux pas réagir. J’écoute, c’est tout ce que je peux faire. Son dernier hurlement fini de me glacer le sang, mais il ne reste plus que des ténèbres l’instant juste après. Et je reste là, stoïque, droit, comme un con.
Il y a quelque chose de répugnant, à l’entendre justifier l’injustifiable avec quelque chose comme l’amour. Ce qui est le plus révulsant, c’est que je peux sentir l’honnêteté la plus claire et la plus réelle dans sa voix. Ce n’est pas juste un mensonge qu’elle profère afin de dévier l’assassin qui est en train de monter les dernières marches jusqu’à elle. Elle croit sincèrement, dans la trace éthérée de son âme qui hante ce château, que tout ce qu’elle a fait, elle l’a fait par amour.
Mais qu’est-ce qu’elle a fait, précisément ? Je connaissais les fautes de mes parents. Je connais leurs vices, leurs péchés, leurs crimes. Je les ai précisément nommés et dénoncés à mon Duc. Mais si j’ai fui ce château et que je les ai trahis, c’est parce qu’ils faisaient du mal aux autres. À quel point suis-je encore mêlé à elle ? J’ignorais qu’elle avait pu tisser un fil pour me garder à elle, il y a encore quelques jours. À présent, je soupçonne que la corruption qui souille mon âme est peut-être plus grande encore. Plus lointaine.

J’ai besoin de lui parler. J’ai besoin de la voir face-à-face, et lui parler.

J’écoute son avertissement, néanmoins – les derniers pas qui me restent ne sont pas couverts par quelque sauf-conduit. Il semblerait que ma mère ne contrôle pas les déréliches avec la puissance que je lui soupçonnais. Et il est hors de question que je me remette dans une situation où je risque d’être encerclé par ces adversaires. C’est quand même horrible à dire : Ce n’est pas l’ordre de Mélaine qui me contraint d’à présent faire preuve de plus de précautions, mais c’est bien ma maman.
Je garde donc mon épée dégainée. Je la pose contre mon épaule avec la main droite, tandis que je laisse ma main gauche en avant pour me préparer à ouvrir discrètement les portes qui se trouveront devant moi.

Il ne me reste plus qu’à monter à l'étage. Retrouver les escaliers qui mèneront au second. Passer discrètement le couloir, éviter les chambres où peut-être que des Déréliches s’amusent à rejouer des scènes d'une vie passée.
Je retourne où tout a commencé.
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 19 mai 2020, 12:56, modifié 1 fois.
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Échiqueté d'or et d'azur à la bordure de gueules à la guivre de gueules halissante
Stats :
FOR 10 / END 9 / HAB 10 / CHAR 12* (11) / INT 8 / INI 10 / ATT 13 / PAR 11 / TIR 8 / NA 2 / PV 67/70
*Bonus grâce à la chevalière portée à l'auriculaire

Compétences :
- Anticipation : +1 en ATT et +1 en PAR à partir du 3e round face au même ennemi
- Coup précis (1) : Malus atténué de 1 lors de la visée d'une partie précise
- Coups puissants : +1d3 de dégâts
- Coriace : Résiste à 1d3 dégâts de plus
- Dégainer l'épée : +1 en INI lors du premier round
- Parade : Valeurs de parade doublées
- Sang-froid : +1 lors d'actions réalisées sous stress

- Alphabétisé : Capable d'écrire et de lire le Bretonnien
- Baratin : +1 pour embobiner quelqu'un à l'oral.
- Danse : Excellent danseur
- Étiquette : +1 lors des interactions avec la haute société
- Empathie : Capable, sur un test, de lire les émotions sur le visage de quelqu'un.
- Humour : +1 pour divertir et amuser.
- Monte : Ne craint pas de chutes lors d'une montée normale
- Héraldique : Capable de reconnaître les blasons des familles nobles, et d'en savoir plus sur eux sur un test
- Vœu de la Pureté : +2 dans la résistance aux tentations terrestres
Équipement de combat :
- Poignard "miséricorde" : 1 main / 12+1d6(+1d3)* / 12** (6) parade / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Peut être lancée
- Lance d'arçon : 1 main / uniquement à cheval / 20+1d10(+1d3)* / 16** (8) parade / "Long" (Malus de -2 ATT pour les adversaires) / "Épuisante" (Malus de -1 d'utilisation après END/2 tours, à chaque tour, max -4) / "Percutante" (Relance du jet de dégât, meilleur résultat gardé) / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Se brise après 4/5 utilisations
*Avec la compétence Coups puissants
**Avec la compétence Parade


Tête : 0 protection
Reste du corps : 0 protection

- Destrier Bretonnien (Ravel) : FOR 10 / END 12 / SAU 7* (8) / RAP 9* (10) / INT 8 / DOC 11 / ATT 9
*Malus pour cause de barde et caparaçon
Corps et croupe : 15 protection (Barde de plaques)
Dos et tête : 15 protection (Caparaçon de plaques)
Équipement divers :
0 Co

- Un beau doublet
- Un grand manteau
- Des bottes neuves
- Une jolie écharpe

- Nourriture
- Hydromel

- Bague affichant un lion - +1 CHAR

- Insigne argenté marqué du blason de Lyrie
- Pendentif monté en clou
- Feuilles de brouillon, stylet et encrier
- Un flacon à l'odeur immonde
- 3 bouteilles de tonique miraculeux

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