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MessagePosté: 20 Nov 2017, 10:58 
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Enregistré le: 02 Oct 2011, 11:56
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Citation:
Que le combat commence ! Pour ta question, en l’occurrence, si : comme tu t’es entraîné avec cette arme, tu n’auras pas de malus.

Round 1 :
Puisque vous chargez, vous avez automatiquement l’initiative.
Eranor charge garde 1 : 9. Réussite. Parade : 15. Ratée. Relance bouclier : 20 ! Echec critique ! Le garde se rate complètement dans sa parade et finit embroché.
Son compagnon riposte : 9 ! Touché ! Parade : 19. Ratée. Relance bouclier : 3. Réussite. Localisation : bras droit. Dégâts : 0.

Round 2 :
Un test détermine si tu peux traverser pour recharger : tu le peux.
Eranor charge de nouveau : 19. Raté cette fois-ci.
Riposte de l’elfe noir : 20 ! Echec critique. Ca t’offre le droit à une nouvelle attaque.
Eranor attaque de nouveau : 8. Touché. Parade : 4. Réussite. Localisation : bras droit encore. Dégâts : 15.

Round 3 :
Cette fois-ci vous êtes englués au corps-à-corps, je considère que tu dois dégainer ton épée pour te battre contre lui. Tu as théoriquement l’initiative, mais ton épée étant encore dans son fourreau, la dégainer te prend ton action mineure. Il peut donc frapper en 1er durant ce round uniquement, et qui plus est, tu n’auras pas la possibilité de parer ou d’esquiver à ce round seulement.
Garde 2 attaque : 2 ! Touché. Localisation : bras droit toujours (décidément). Dégâts : 20 ! Il te reste 40 PVs.
Eranor riposte : 20 ! Echec critique !

Round 4 :
Test d’évolution du combat autour de toi : globalement à ce que tu vois, tout le monde s’en tire plutôt bien. Tu peux continuer à combattre sans que l’ennemi ne bénéficie de renforts ce tour-ci.
Eranor attaque : 14. Raté de justesse (à cause de l’armure).
Garde 2 riposte : 8. Touché ! Parade : 9. Réussite. Localisation : jambe droite. Dégâts : 0.

Round 5 :
Autour de vous la victoire semble totale pour les vôtres.
Eranor attaque : 5. Réussite. Parade : 14. Relance : 16. Ratée. Localisation du coup : torse. Dégâts : 20. L’ennemi est mal en point, mais sa haine des hauts-elfes et son désespoir le poussent à se battre encore.
Garde 2 riposte : 17. Raté.

Round 6 :
Eranor attaque : 3. Réussite. Parade : 19. Relance : 17. Ratée. Localisation du coup : bras gauche. Dégâts : 23. Il est mort.


Le choc fut terrible, à la hauteur de ce que laissait présager la fureur de la charge, le bruit assourdissant du fracas des sabots et des cris de guerre. Emporté par l’élan de sa monture lancée à pleine vitesse, Dréanoc vit sa lance de cavalerie transpercer la garde de sa cible, au sens propre. Le bouclier du druchii ne put rien pour le protéger de l’impact terrible de la pique elfique, à la fois atrocement effilée et diablement solide. Le fer de l’arme traversa aisément le bois du bouclier adverse de part en part, et empala son premier adversaire qu’elle souleva de terre sous la violence de l’impact. Le pauvre elfe noir n’avait pas eu le temps de comprendre ce qui lui était arrivé. Il était mort sur le coup, une expression de surprise figée à jamais sur son visage.

L’homme qui se trouvait juste à sa gauche, un garde elfe noir en armure intégrale, avec bouclier et lance, siffla de haine à la vue de son camarade embroché tel un vulgaire poulet. D’autant plus qu’autour de lui, la charge des cavaliers lourds avait fauché une bonne partie de ses coéquipiers. Avec toute la rage dont il était capable, le druchii frappa Eranor au passage, tentant de le stopper voire de l’éliminer, mais le fer de sa lance fut dévié habilement par le solide bouclier de l’Asur qui s’en tira indemne et put continuer sa route un moment avant de se retourner pour charger à nouveau, lance couchée.

Cette fois-ci, l’elfe noir ne fut pas tué. Le garde devait sans doute savoir se battre, car il parvint in extremis à dévier de son bouclier la dangereuse lance. Pas assez cependant pour lui éviter toute blessure, hélas pour lui. Si sa parade réflexe avait été suffisante pour lui sauver la vie, elle fit riper la lance adverse sur son bras droit, lui causant une profonde estafilade. Le tissu, le cuir et la maille de son kheitan avaient été déchirés, laissant apparaître une plaie béante dans la chair nue, d’où suintait un liquide sombre rougeâtre et poisseux. Cette blessure arracha un hurlement de douleur au druchii, mais, loin d’entamer sa combativité, elle le fit redoubler d’ardeur.

L’élan de la charge d’Eranor Dréanoc étant stoppé, ce dernier était pris au combat rapproché et devait lâcher sa lance pour dégainer son épée au plus vite afin de faire face à son opposant. Le druchii sut saisir cet instant propice pour passer à l’action. Malgré sa blessure au bras, il porta une attaque de sa lance exactement sur le bras de son adversaire qui dégainait, sachant très bien que l’asur ne pourrait pas parer une telle attaque. Et le coup fit mouche ! Les protections d’Eranor lui évitèrent tout juste d’avoir le biceps transpercé de part en part, mais elles ne suffirent pas à totalement annihiler la blessure. Lui aussi arborait maintenant une estafilade profonde dans bras droit, d’où le sang coulait.

L’adrénaline du combat aidant, la douleur ne prit pas le dessus sur l’esprit des combattants. Chacun savait qu’il devait éliminer son adversaire à tout prix. Mais un rapide coup d’œil aux alentours rassura Dréanoc et le raffermit, tandis qu’il augmenta encore la rage et l’amertume de son vis-à-vis.

En effet, autour des deux combattants, les derniers gardes se faisaient massacrer par les autres heaumes d’argent, un par un, ils tombaient, tandis que des pluies de flèches et de traits continuaient à tomber sur le village depuis les hauteurs, fauchant indifféremment les vies des combattants comme des fuyards. Déjà, la bataille semblait perdue pour les autochtones.

Mais ce n’en était pas fini du duel entre Eranor et son adversaire inconnu pour autant. Quitte à mourir, ce dernier comptait bien emporter le plus d’asurs avec lui dans la tombe, à commencer par l’héritier des Cimes Stellaires. Sifflant de rage et de douleur, le druchii évita le coup du noble et le frappa en retour de sa lance, une nouvelle fois. Mais ce coup-ci, l’arme trouva le bouclier de l’asur sur sa trajectoire et ne put faire de dégâts. Puis ce fut au tour de Dréanoc de riposter, d’un coup d’estoc qui trouva la faille dans la garde adverse et s’enfonça dans le torse de l’elfe noir, passant au travers son kheitan et s’enfonçant de quelques centimètres dans la chair.

La fin était proche, car le druchii était très mal en point. Avec un grognement de douleur, il tenta de se ressaisir et de lancer une nouvelle attaque pour repousser Eranor. En vain. La douleur était trop forte et ses blessures trop handicapantes. Il fut facile pour le seigneur haut-elfe de lui asséner une ultime attaque élégante, un coup de taille qui lui sectionna le bras gauche au niveau de l’épaule. Avec un hurlement de souffrance pure à faire pâlir un médecin, le druchii s’effondra sur le sol dans une gerbe de sang, à côté de son bras encore fermement cramponné à son bouclier. Il agonisait pitoyablement dans une mare de sang, aux côtés des corps de ses anciens camarades, tous morts eux aussi. C’en était fini de la résistance de la colonie.

C’est alors qu’Eranor, dont la concentration n’était plus captée uniquement par son combat, prit conscience de ce qui se passait autour de lui. La première information qu’il avait eue d’un simple regard était que tous ses compagnons se portaient bien. Il y avait d’autres blessés comme lui, mais rien de trop grave apparemment.

Quant au village… Une vision de l’horreur s’offrait devant lui. Partout des gens tentaient de fuir. Des elfes noirs en panique ou qui tentaient de se battre étaient massacrés un par un. Ceux qui se barricadaient dans leurs maisons étaient délogés par des groupes de soldats qui défonçaient les portes pour éliminer toute opposition. Quand la résistance était trop forte, les asurs ne s’embarrassaient même pas à entrer : ils mettaient le feu à la bâtisse pour obliger ses occupants à en sortir ou à brûler vifs. Des pelotons d’archers s’amusaient parfois à canarder les elfes noirs qui sortaient par les fenêtres ou les portes des maisons en flammes, tandis que d’autres prenaient un malin plaisir à justement ne pas achever ceux qui brûlaient en poussant des hurlements déchirants qui touchaient jusqu’au fond de l’âme.

Ce paysage était apocalyptique. Partout, des gens fuyaient, mais ils n’avaient aucune chance : le village était cerné. Certains se jetaient à l’eau, mais beaucoup s’y noyaient, les autres étant criblés de flèches et de carreaux de baliste à répétition Serre d’Aigle. Eranor fut même témoin d’un acte qui prouvait le désespoir ou la haine que leur portaient leurs sombres cousins : sous ses yeux, une mère de famille exécuta froidement ses enfants avant de se donner la mort pour éviter de tomber entre les mains des asurs.

Au milieu de ce massacre sans nom, quelques flashs, quelques actes le frappèrent particulièrement. Tout d’abord, Kalisha, prenant un plaisir jouissif non dissimulé à poursuivre et à massacrer le plus d’elfes noirs possibles et à les éliminer sans aucune pitié, riant tandis que son cheval, son arme et même son propre corps se couvrait de sang. La fidèle de Khaine ressemblait plus, à cet instant, à une furie druchiie, une épouse folle du dieu du meurtre, assoiffé de sang, qu’à une noble asur civilisée.

Elidor Dalahnil s’occupait pour sa part de superviser des groupes de soldats, et achevait quelques elfes noirs au passage de coups d’épée nonchalants. Il faisait réunir le butin du pillage en cours et les prisonniers dans l’enclos aux esclaves, s’assurait qu’aucun druchii ne puisse fuir l’encerclement, et donnait ses ordres aux autres. Rovarion et Belnaith l’aidaient dans sa tâche.

La plupart des autres heaumes d’argent avaient cessé tout combat et toute activité, se contentant de regarder le spectacle macabre qui s’offrait à leurs yeux, laissant à la plèbe le soin des tâches ingrates et de s’occuper du menu fretin qui restait. Isidris Syphaë et Seïlil Nérasfer, qui n’avaient pas été blessés, fanfaronnaient en se vantant de leurs exploits. Lorimir Morecon, qui avait été chanceux lui aussi, levait les yeux au ciel en remerciant les dieux de n’avoir pas été blessé. Merethil Doratel ne pouvait cacher un air sinistre, comme s’il goûtait amèrement à sa vengeance froide. Elderwën était à moitié satisfaite, à moitié excitée, elle se tourna vers Eranor en arborant un grand sourire : elle l’avait fait : elle s’était montrée à la hauteur, et n’avait pas eu à subir de blessure qui plus était.
Globalement, aucun de ces jeunes heaumes d’argent ne semblait réellement prêter attention à l’extermination en règle qui était en train de se produire à quelques dizaines de mètres d’eux. Aucun sauf Orcan. Lui aussi était intact, il restait de marbre en apparence, mais ses poings étaient crispés, sa mâchoire serrée. Une ride lui plissait le front et il balayait le champ de bataille, qui tournait à la boucherie, d’un regard froid et noir.

Tanaris Mïndwandel, la magicienne, n’était plus visible près de l’artillerie. Elle était sans doute descendue vers le village au cours de la bataille, mais où était-elle et que faisait-elle ? Eranor n’aurait su le dire.

Une chose était certaine : après l’hallali, vint la curée. Nul n’aurait su dire tout ce qui se passait dans les maisons qu’investissaient les soldats piétons asurs, mais des cris de terreur de douleur ou des suppliques hurlées étaient tout ce qui en ressortait, à part des soldats à l’air rassasiés et les bras chargés de richesses, les armes souvent ensanglantées, leurs uniformes, parfois mal remis, souvent maculés de sang qui n’était pas le leur ou de suie. Entre ces deux peuples, ce n’était pas seulement une guerre, c’était l’expression d’une haine brute et primaire, d’une détestation ancestrale dans tout ce qu’elle avait de pire.

Elidor Dalahnil, toujours en train de donner ses ordres et de superviser ce massacre, passa devant ses cavaliers et leur désigna un groupe de fuyards à peine équipés et habillés parfois, qui s’enfuyaient en courant en direction de la petite forêt à l’Ouest. Ils venaient de sortir d’une maison et courraient vers les bois pour espérer y trouver un refuge. Parmi eux, essentiellement des femmes, des enfants, des vénérables elfes, et apparemment uniquement des civils dont très peu étaient armés, et très sommairement. Le commandeur les désigna du doigt et ordonna :


Image -Et alors, qu’attendez-vous, ce n’est pas le moment de bailler aux corneilles, rattrapez-moi ces lâches avant qu’ils n’aient le temps de fuir, vite !


A cheval, il serait facile de les rejoindre avant qu’ils n’aient rejoints l’orée salvatrice du petit bois à flanc de colline pour espérer s’y cacher. Kalisha, déjà occupée à massacrer des druchiis au milieu du village, éperonna sa monture sans ménagement en direction des fuyards. Sa soif de sang n’était toujours pas étanchée. De même, la totalité des autres heaumes d’argent (sauf Belnaith, le commandeur lui-même et Rovarion qui étaient occupés à transmettre des ordres et ne pouvaient se permettre de quitter le village) se lança à la poursuite des druchiis effrayés. Jamais ceux-ci ne pourraient atteindre les bois, mais il était trop tard pour rebrousser chemin pour eux. En plein terrain découvert, ils n’avaient d’autre choix que de courir et de prier, de prier pour la clémence de leurs bourreaux, ou encore pour la survenance d’un miracle.

Si tu décides d’obéir aux ordres et de les rattraper, tu as le droit sans jet de dé de dire que tu les massacres si tu le souhaites. Si tu as des questions je suis dispo par MP comme d’habitude. ;)

Images des civils elfes noirs en train de fuir :

Elfe adulte à peine habillé et réveillé fuyant, équipé d’une épée :
Image


Enfant elfe masculin fuyant :
Image


Enfant elfe féminin (à peine réveillée, encore en nuisette) fuyant :
Image


Enfant elfe féminin (à peine réveillée, en nuisette avec un chaperon, avec une écorchure à la joue sans doute faite en fuyant) :
Image


Vénérable elfe femme fuyant :
Image

_________________
Le Q.G. de Kriegsherr se trouve ici:
viewtopic.php?f=2&p=70493#p70493

Et vous pouvez donner un grade au Kriegsherr ici:
viewtopic.php?f=243&t=4109&p=70764#p70764


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MessagePosté: 02 Déc 2017, 10:46 
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Poussés par la haine de ces êtres abjects qui avaient tant fait souffrir les asurs, Eranor et ses compagnons s’élancèrent vers la dernière défense druchii. Alors que la distance qui séparait les chevaliers elfiques de leurs proies s’amenuisait, le temps sembla ralentir, figeant l’expression tantôt de haine et tantôt de peur que couvraient les visages des soldats et simples recrues elfe noir. Certains n’étaient que de simples citoyens armés d’une épée et cherchant à se protéger son village dans une tentative désespérée, mais nulle compassion pour eux n’existait dans le regard des asurs. N’était-ce pas là des esclavagistes vivant sur la douleur et la haine du reste du monde depuis des siècles ? N’était-ce pas là ceux qui cherchaient à massacrer tous les hauts elfes jusqu’à ce qu’Ulthuan ne soit plus qu’une terre de souffrance et de perversion ? La haine entre les deux peuples était bien trop grande pour que ne serait-ce qu’une once de compassion apparaisse chez les heaumes d’argent.

Alors enfin le choc arriva. Brutal, rapide, meurtrier. Dans le fracas de l’acier rencontrant l’acier, l’unité druchii vola en éclat face à la vengeance implacable des asurs. La lance d’arçon d’Eranor s’enfonça profondément dans un premier elfe, incapable de se défendre, tandis que son bouclier déviait l’attaque de son voisin. Poussé par son élan, le noble de Caledor se retrouva derrière la poche de résistance ennemie, charriant avec lui le cadavre inarticulé de sa proie. D’un mouvement gracile, il fit glisser le cadavre de son arme avant de diriger de nouveau sa monture vers le combat. Pour la seconde fois, Senthoi se mit au galop pour transporter son maitre au plus profond du combat.

Cette fois, le garde ennemi parvint à parer l’arme mortelle d’Eranor, la faisant glisser jusqu’à son bras droit et provoquant ainsi une large plaie. Ce pauvre bougre n’avait aucune chance, mais, comme les asurs, sa haine pour l’ennemi était bien trop grande pour qu’il ne songe à lâcher les armes. Dans son regard, le descendant des Dreanoc vit qu’il n’abandonnerait pas, que ce soldat déjà blessé ferait tout pour emporter le plus d’asur dans sa mort.

Eranor lâcha sa lance, devenue inutile dans une mêlée rapprochée, pour dégainer son épée aussi dangereuse qu’élégante. Le soldat elfe noir profita de ce court moment de vulnérabilité de son vis-à-vis pour assener de la pointe de sa lance sur le bras non protégé de l’asur, infligeant à son tour une blessure douloureuse à son ennemi. Eranor sentit son sang couler sur ses habits et son armure, mais, poussé par l’adrénaline et par la haine d’un adversaire qui le haïssait tout autant, ne ressenti rien d’autre qu’une rage décuplée. Comme si sa blessure n’existait pas, il fit pivoter sa monture autour du garde en balayant l’air du revers de son arme.

L’attaque, bien que malhabile, eut le mérite d’éloigner légèrement le soldat de la colonie et Eranor put en profiter pour observer l’évolution du combat autour de lui. L’elfe retourna bien vite à son propre duel en constatant que les choses se déroulaient particulièrement bien partout autour de lui. Alors qu’une nouvelle fois, le druchii s’élançait vers le noble de Caledor, celui-ci fit cabrer son cheval en faisant tournoyer son arme qui frôla la gorge du soldat tandis que la lance de ce dernier vint glisser sur son bouclier. Le seigneur des Cimes Stellaires imposa alors un léger mouvement à sa noble monture pour partir sur la droite du druchii, là où il aurait le plus de mal à frapper et à se défendre, tout en assenant un coup d’estoc qui déchira, encoure une fois, la chaire comme la maille, libérant un flot de sang qui ne plongea que plus encore le druchii dans la rage et la folie.

Trop gêné par ses blessures et la position qu’avait prise Eranor, celui-ci ne put riposter correctement et, en se tournant imprudemment, exposa même son bras gauche aux attaques précises de l’asur. Sans demander une plus belle ouverture, le noble elfe attaqua d’un geste rapide, précis et gracieux, tranchant net le bras du druchii qui, enfin, s’effondra au sol, agonisant dans ses derniers instants en tenant le moignon ensanglanté qui lui tenait lieu de bras. Avec lui, la résistance de la colonie venait de disparaitre.

Le noble asur ne s’appesantit pas sur les cadavres de ses opposants, cherchant du regard si ses compagnons avaient besoin d’aide, mais bien que certains aient été, comme lui, légèrement blessés, tous avaient réussi à briser les druchii qui s’étaient opposés à eux. Eranor porta alors son attention sur le champ de bataille en son entier pour n’y trouver qu’une horrible scène de mort, de désolation et de désordre total. Les soldats asurs si brillants et disciplinés s’était maintenant lancés dans le pillage et la destruction méthodique de la colonie entière, la haine que partageaient les asurs et les druchiis l’un envers l’autre se faisaient ressentir à chacun des agissements des soldats hauts elfes qui, pour certains, prenaient un malin plaisir à tuer ceux qui ne pouvaient plus se défendre.

Là, des lanciers pénétraient dans les maisons des elfes noirs, volant leur richesse et assassinant homme, femme et enfants sans distinction, ici, des archers tiraient dans le dos de ceux qui essayaient vainement de s’enfuir vers les bois et ailleurs, des soldats mettaient simplement le feu aux bâtisses où une résistance risquait de se faire trop forte. Ce n’était pas un champ de bataille que voyait Eranor en ce jour, mais un véritable foutoir mêlant mort, destruction et désordre sans nom.

Pire que tout, le noble de Caledor put voir Kalisha qui se délectait du sang de ceux qui ne pouvaient se défendre. Elle frappait sans distinction, cherchant uniquement à détruire et tuer. C’était une noble asur et elle se devait de montrer l’exemple, mais elle ressemblait aujourd’hui bien plus à une druchii qu’à autre chose et Eranor dut contenir sa colère pour ne pas lancer au galop sa monture en sa direction pour la mettre hors d’état de nuire. Kalisha ressemblait, en cet instant, à tout ce qu’il avait honni toute sa vie.

Plus loin, le commandeur et ses seconds coordonnaient le pillage d’une manière plus méthodique et s’assuraient que nul ne puisse fuir l’enfer qu’était devenue cette colonie. Eranor ne put que reconnaitre que si des fuyards parvenaient à quitter l’enceinte du village, la sécurité de l’ost s’en verrait grandement atteinte. Nul doute que ces elfes noirs ne connaissent bien la région et si l’un d’eux pouvait rejoindre une autre colonie et prévenir de la présence de l’ost et de ce qu’il avait fait, alors celui-ci devrait faire avec le risque de se retrouver contre une force bien plus grande que lui à combattre sur un terrain défavorable qu’il connaissait particulièrement mal.

Le noble asur porta alors son regard sur ses compagnons, voyant Isidris et Seïlil fanfaronner sur leur combat comme à leur habitude tandis que Lorimir, qui n’avait pas été blessé, remerciait les dieux d’avoir survécu. Merethil, lui, était bien plus sinistre et ne pouvait pas cacher l’aversion toute particulière qu’il portait à ce peuple cruel qu’il venait de briser. Elderwën croisa le regard de son ami, excitée et heureuse d’avoir mené à bien son devoir à son côté. Eranor lui rendit son sourire, mais son visage crispé montrait le dégout qu’il portait à ce qu’il se déroulait autour de lui. Seul Orcan semblait partager l’opinion du seigneur Dréanoc, car il regardait autour de lui avec la même expression que le seigneur Dreanoc.

Eranor voulut se détourner de ce spectacle abject, ne voulant pas participer à ce massacre haineux, mais avant même qu’il ne puisse faire pivoter sa monture, le commandeur rejoignit l’unité, lui ordonnant de rattraper un groupe de fuyard qui pouvait encore espérer atteindre l’orée de la forêt. Kalisha ne réfléchit pas un instant talonna sa monture pour massacrer encore le plus de vie et elle fut bien vite suivie par le reste de l’unité. Eranor, lui, hésita une seconde. Personne ne devait fuir la colonie et la haine millénaire qui existait entre les deux peuples poussait Eranor à se plonger dans le massacre de ces druchiis. Peut-être l’aurait-il fait sans broncher d’ailleurs s’il n’y avait eu des enfants terrorisés au milieu de ce groupe de fuyard.

L’image de corsaires druchiis pourchassant des enfants asurs pour les asservir ou les massacrer s’imposa dans l’esprit du descendant des Cimes Stellaires. Vaudrait-il mieux qu’eux s’il se plongeait dans le massacre irréfléchi de ces fuyards ? Certes, ils n’avaient rien d’innocent car cela devait faire des siècles qu’ils vivaient sur l’esclavage et prenaient du plaisir à la douleur d’autrui, mais peut-être que les enfants pouvaient, eux, être sauvés de l’influence néfaste de ces fous de druchiis.

Eranor prit alors sa décision. Il talonna sa monture pour la faire galoper le plus rapidement qu’elle était capable de le faire afin de rattraper les enfants. Le commandeur avait demandé de rattraper les fuyards, pas de les tuer, et l’asur allait appliquer ces ordres en essayant d’assommer et de récupérer les jeunes druchii qui, sinon, finiraient embrochés par le reste de l’unité.


Dans le cas où d’autres arriveraient devant les enfants ou bien s’ils essaient de les achever, Eranor leur lance ceci en utilisant la compétence autorité et (si possible) éloquence :

-Ne les tuez pas ! Le commandeur a demandé de les rattraper, pas de les tuer ! Seul lui a le droit de décider de leur mort ou non !

Si certains essaient tout de même de tuer les enfants, Eranor en prend le plus possible sur sa monture pour les éloigner d’eux, tout en restant sur le champ de bataille (pas de désertion, hein). Bien sûr, si certains réussissent à passer entre les mailles du filet et son proche de disparaitre dans les bois, la raison stratégique prime et Eranor aidera (dans la mesure du possible) à se débarrasser d’eux. Autre chose, Eranor ne combattra pas les siens, s’il se fait attaquer, il essaiera de s’éloigner de la menace mais ne portera aucun coup à ses camarades.

_________________
Eranor Dréanoc, Voie du noble elfe (sous voie du noble)
Profil: For 8 | End 8 | Hab 11 | Cha 12 | Int 10 | Ini 10 | Att 12 | Par 12 | Tir 9 | NA 1 | PV 60/60
Lien Fiche personnage: http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... or_dreanoc

Equipement :
-Plastron en plaques légère (10 protection [torse et dos], -2 HAB, -1 ATT et PAR)
-Bouclier elfique (6+1d6 dégâts, 18 parade, déstabilisant)
-Épée longue elfique (16+1d8 dégâts 13 parade)
-Heaume elfique orné d'un rubis (9 protection [tête], -1 HAB, tout adversaire se trouvant face au porteur doit relancer le jet de dégâts de son arme et garder le moins bon)
-Jambières en plaque légère (9 protection [jambes], -1 HAB)
-Brassards en acier bleu (8 protection [bras], -1 HAB)
-Gantelets en acier bleu (8 protection sur les mains [+ poignets], pas de malus)

Protection totale :
-tête : 9
-jambes : 9
-torse et dos : 10
-mains et bras : 8

Compétences :
Acuité visuelle
Autorité
Vision Nocturne
Monte (cheval)
Volonté de fer
Arme de prédilection (épée)
Alphabétisation
Éloquence
Connaissances Tactiques
Parade

Profil avec malus/bonus :
For 8 | End 8 | Hab 9 | Cha 12 | Int 10 | Ini 10 | Att 11 | Par 11 | Tir 9 | NA 1 | PV 60/60

Monture

Coursier elfique : Senthoi
[spoiler]http://www.freewebs.com/feywild/Elvorse.jpg
For 8 | End 8 | Sau 10 | Rap 10 | Int 9 | Doc 10 | Att 6
Equipements :
-Harnais, selle et nécessaire de Toilettage
-Barde moyenne


Modifié en dernier par [MJ] Kriegsherr le 05 Déc 2017, 18:31, modifié 1 fois.
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MessagePosté: 05 Déc 2017, 18:32 
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Le groupe d’elfes noirs terrifiés courait à toutes jambes en direction de l’orée des bois salvatrice. Ils espéraient sans doute pouvoir s’y cacher et y trouver refuge suffisamment longtemps pour survivre le temps que les hauts-elfes partent ou que des renforts n’arrivent. Mais leurs espoirs se révélèrent très vite illusoires, douchés, éteints par la charge des heaumes d’argent qui s’étaient lancés à leur poursuite.

A mesure que le bruit des sabots se rapprochait, synonyme de mort pour la plupart, certains druchii commencèrent à paniquer, et à se désolidariser du groupe principal. Sans doute espéraient-ils avoir une meilleure chance seuls. De rares elfes noirs armés tentèrent de former une ligne défensive pour ralentir les cavaliers lourds ennemis assez longtemps pour permettre aux autres de fuir. En vain. L’impact des nobles elfes d’Ulthuan brisa complètement les défenses de leurs cousins de Naggaroth. Et avec leur mort rapide et nette, les autres n’avaient plus aucune chance. Pourtant, ils continuaient à courir, toujours plus vite, avec l’énergie du désespoir, les ailes de la peur comme moteur. Mais même la terreur et le souffle imminent de la mort qu’ils sentaient arriver sur leurs nuques ne pouvait les faire courir plus rapidement que des coursiers elfiques.

Les fuyards isolés furent les plus simples à éliminer. Deux compagnons d’Eranor, en la personne de Merethil et Lorimir, se chargèrent de les rattraper. Quant au groupe principal, plus compact, il pourrait sans doute tenir un peu plus longtemps, les fuyards des extrémités protégeant de facto ceux du centre, mais à moyen terme, leur nombre ne le sauverait pas.

Eranor Dréanoc avait bien fait de hurler des ordres à ses compagnons. En effet, s’il ne l’avait pas fait, le massacre aurait sans doute été total. Au lieu de cela, tous l’écoutèrent, sauf Kalisha, évidemment. De plus en plus, sous la houlette et avec la bénédiction du commandeur Dalahnil, l’héritier des Cîmes Stellaires semblait prendre de l’assurance, et assumer une sorte de rôle de chef, de leader. Les autres étaient plus ou moins conscients de cela, du charisme indéniable et des qualités tant martiales que tactiques d’Eranor. Ils avaient intégré qu’il serait sans doute le prochain parmi eux à être promu, et qu’il disposait d’une certaine crédibilité. C’est pourquoi tous l’écoutèrent, même Seïlil et Isidris. Ensemble, les heaumes d’argent purent capturer et ramener les trois enfants du groupe de fuyards. Tous les autres, femmes, civils, vieillards, avaient été froidement éliminés. Presque aucun n’avait demandé grâce.

Lorsqu’ils revirent en ville avec leurs prisonniers, les chevaliers elfes purent y constater que la bataille était finie. C’était une victoire totale.

Comme à son habitude et dans la plus pure tradition elfique, le commandeur avait organisé l’après-bataille dans les moindres détails. Plusieurs grands bâtiments au sud de la ville avaient été réquisitionnés et transformés pour l’occasion. Le poste de garde principal était devenu le quartier général d’où les décisions étaient prises : les officiers s’y étaient réunis pour discuter de la suite des évènements.

Avant même qu’il n’ait put ramener ses prisonniers, on signala à Eranor, qui était légèrement blessé, que le bâtiment du marchand d’esclave, lui était utilisé comme infirmerie. En effet, plusieurs tables de tortures avaient été trouvées dans l’arrière boutique, une zone de « stockage » et de « dressage » des esclaves, et pouvaient être reconverties en tables d’opération par les médecins. C’était là, parmi les docteurs, que se trouvait Tanaris Mïnwandel, très concentrée sur sa tâche, le front plissé et en sueur, dont la magie blanche apportait réconfort, soutien et guérison accrue aux blessés. S’occuper du cas d’Eranor ne prit guère de temps à un simple soldat qui avait reçu dans le civil une formation aux premiers soins. Après avoir nettoyé la blessure et stoppé le mince filet de sang qui en coulait, il sutura l’entaille et appliqua un bandage propre et par-dessus. Cela ne prit qu’une dizaine de minutes en tout, que les autres heaumes d’argent utilisèrent sans doute pour remettre les enfants prisonniers. Son passage à l’infirmerie lui permit de constater l’ampleur des dégâts qu’avait subi l’ost.

Les pertes de leur camp se comptaient sur les doigts de la main. Quatre morts, allongés dans un coin de la pièce sous des linceuls, et une vingtaine de blessés dont l’état était stable, mais assez grave pour qu’ils ne puissent pas être considérés comme intacts. Ici, un elfe se faisait bander la tête, un œil et la moitié du visage arrachés par un coup d’épée druchiie. Là, un autre était assis sur un matelas posé à même le sol et regardait d’un air amer l’extrémité de son bras droit, qui se terminait désormais par un moignon soigneusement bandé : on lui avait coupé la main au niveau du poignet. Quelques autres avaient pris des carreaux, des coups de lance, d’épée ou d’armes improvisées. Mais rares étaient les blessés vraiment graves, ceux qui ne pourraient pas se déplacer eux-mêmes, même à vitesse réduite, mais devraient impérativement être portés sur des brancards ou des chariots : ils n’étaient que sept sur vingt-quatre dans cet état. Eranor fut sans doute soulagé de constater que ni Samellion, ni Ruvénielle, ni personne qu’il ne connaissait autrement que de vue n’avait été blessé ou tué. A ces pertes, il fallait ajouter le mort et l’elfe à la jambe cassée de la veille. En tout, le bataillon avait donc eu à déplorer pour l’instant cinq morts et vingt-cinq blessés sérieux.

Au moment où, les soins terminés, il voulut partir rejoindre ses coéquipiers, l’héritier des Cîmes Stellaires vit un garde entrer dans l’infirmerie. Il se dirigea vers la magicienne occupée à soigner un blessé, la salua militairement, puis lui transmit un message du conseil, où sa présence était requise. Apparemment, ce n’était pas la première convocation. Pourtant, la magicienne resta concentrée sur sa magie, ignorant totalement le soldat et le forçant à répéter. Le simple lancier était visiblement mal à l’aise. Il ne faisait que transmettre ses ordres, mais ignorait ce qu’il devait faire si Tanaris, comme c’était le cas, refusait visiblement de le suivre. Finalement, après quelques minutes, la magicienne prêta enfin attention aux gardes venus la chercher. Elle leur lança un regard noir et leur dit qu’elle avait plus important à faire que de palabrer et de s’auto-congratuler pour un massacre sans nom tant qu’il resterait des blessés de quelque camp que ce soit. Le soldat parut très déconcerté par une réponse aussi sèche et cassante. Il bafouilla qu’il n’y était pour rien, lui ne faisait qu’obéir aux ordres, et la supplia de le suivre, sans quoi il serait sûrement puni. Il ajouta que c’était très important, que Dalahnil avait insisté pour qu’elle vienne sans délai et de toute urgence, que c’était une question de vie ou de mort. Encore une fois, le soldat fut tout simplement ignoré par la sorcière. Elle grommela que soigner des blessés aussi, c’était une question de vie ou de mort, et qu’il attendrait qu’elle ait finit en silence dans un coin pour arrêter de déranger tout le monde, et agita sa main pour congédier l’importun qui semait le trouble dans l’infirmerie, dérangeant blessés et soigneurs par le bruit qu’il faisait et la place qu’il occupait, empêchant de fait, involontairement, Eranor de quitter la pièce. Très mal à l’aise, le soldat se décomposa et bredouilla quelques mots d’excuse incompréhensibles.

Il ne savait visiblement pas où se mettre. D’un côté, il avait des ordres très précis et formels, apparemment d’une importance primordiale, mais lui-même n’en savait pas plus que ce qu’on lui avait dit. De l’autre, il y avait cette magicienne, qui lui était aussi supérieure hiérarchiquement, bien que théoriquement soumise à l’autorité du commandeur Dalahnil. Et surtout, il y avait le fait qu’elle soignait effectivement des blessés et qu’il gênait effectivement tout le monde en insistant. Désemparé, le soldat choisit finalement de sortir du passage, et de faire comme elle lui demandait, honteux.

Mais cela ne dura guère. Alors qu’Eranor allait enfin pouvoir ressortir, la porte s’ouvrit à la volée en claquant, dans un bruit brusque qui fit sursauter la plupart des blessés et soigneurs et outragea Tanaris, et la silhouette du commandeur en personne apparut. Celui-ci pointa son index sur la mage et lui fit signe de le suivre. Il ne prononça que quelques mots, d’un ton glacial et catégorique, qui n’admettait aucune discussion, tout en promenant son regard sur le soldat auquel il avait donné un ordre et la magicienne rousse :


Image –Je n’ai peut-être pas été assez clair, apparemment, soldat. J’avais dit immédiatement, et insisté sur l’importance de votre mission simple. Quant à vous, la forte tête, suivez-moi, et vite, ou dois-je vous emmener moi-même par la peau du cou ?


Le commandeur se détendit légèrement en apercevant Eranor juste devant lui, qui s’apprêtait à sortir, et lui dit, en s’adressant à lui ainsi qu’à tous dans la pièce :

Image –Ah, Dréanoc ! Je vois que vous êtes réparé. Tant mieux. Je tenais à vous féliciter personnellement pour votre comportement exemplaire durant toute cette mission. Continuez comme cela et vous serez bientôt Grand Heaume. Et vous tous aussi, au nom d’Ulthuan, je vous remercie d’avoir consenti de tels sacrifices pour notre nation. Soyez fiers de vos blessures, elles prouvent votre valeur et ce que vous avez été prêts à donner pour votre pays.


Puis il se retourna et sortit, accompagné d’une Tanaris visiblement contrariée et très en colère, mais qui n’avait pas eu le choix. Si elle avait refusé, il était probable qu’Elidor l’aurait réellement sortie de là manu-militari. Enfin, après eux, Eranor put à son tour s’en aller, accompagné du soldat tout penaud qui s’était fait passer un savon par le commandeur pour n’avoir pas réussi à emmener Mïnwandel avec lui.

Détail intéressant qu’Eranor remarqua en sortant de l’infirmerie et en vérifiant que les enfants druchiis avaient bien été emmenés dans le grand enclos à esclaves qui avait été reconverti en camp de prisonniers, que les blessés elfes noirs, quelque soit la gravité de leurs blessures, avaient été laissés parmi les prisonniers, et non pas amenés à l’infirmerie. Ils gisaient par terre dans la boue, hagards. Plus globalement, les regards entre les prisonniers et leurs gardiens étaient sans équivoque. De part et d’autre, une haine réciproque brûlait. C’était pourquoi une partie non négligeable des archers et lanciers asurs gardaient les clôtures et occupaient les miradors. Elidor avait bien fait les choses et toute rébellion de leur part semblait impossible.

Tous les prisonniers avaient bien entendu été minutieusement fouillés un par un avant d’être parqués et dépouillés de toutes leurs armures, armures et objets potentiellement dangereux, comme le lui apprit un des gardes de l’enclos. Pour éviter tout risque, le commandeur avait d’ailleurs donné l’ordre que nul ne puisse entrer en contact avec les prisonniers, sauf les personnes spécialement habilités.

Le Dréanoc ne voyait pas ses compagnons heaumes d’argent dans les parages, mais ils avaient bien déposés les enfants parmi les prisonniers. Le garde lui indiqua ensuite qu’ils avaient déposé leurs chevaux à l’écurie et s’étaient rendus plus au nord dans la ville. Senthoï y était aussi, et des elfes palefreniers dans le civil s’occupaient d’eux avec soin après la bataille qui avait été aussi éprouvante pour les bêtes que pour les hommes, Eranor put le vérifier et le constater de lui-même : son fidèle destrier serait bien traité, entre de bonnes mains. L’auberge avait été réutilisée directement pour fêter la première bataille victorieuse de l’ost. Beaucoup d’elfes s’y trouvaient, à en croire le garde qui avait l’air dépité de ne pouvoir en faire partie. Mais Dalahnil avait décidé de ne pas baisser sa garde et de placer une partie de ses forces, essentiellement les éclaireurs guerriers fantômes et patrouilleurs ellyriens, en sentinelle tout autour du village. Il avait en outre interdit formellement aux valides de s’éloigner trop de leurs armes et armures. On pouvait boire, mais avec modération. Manger et dormir était conseillé afin de refaire ses forces, mais le repos devait se faire uniquement en armes où à côté de ses armes, et dans les bâtiments réquisitionnés et transformés en dortoirs, afin d’éviter la dispersion des troupes et de savoir précisément qui était où. Le commandeur souhaitait que toutes ses forces soient prêtes à riposter de manière disciplinée en cinq minutes au plus en cas d’attaque.

Enfin, pour l’instant, rien ne semblait avoir été décidé concernant les esclaves libérés. Les chefs étaient encore en délibération et débriefing de la bataille dans le poste de garde : ce serait sûrement eux qui trancheraient sur leur sort. En attendant, les malheureux avaient été réunis dans un espace dégagé, où ils étaient surveillés, nourris, et sommairement soignés et comptés par une vingtaine d’elfes. Mais leurs blessures n’étaient pas jugés comme prioritaires par rapport à celles des soldats blessés de guerre. Sans doute n’auraient-ils droit à des soins plus poussés qu’après les militaires asurs. Pour l’instant, tous les elfes avec des compétences médicales étaient réunis à l’infirmerie, le bâtiment de l’ex marchand d’esclave. Parmi les esclaves, il n’y avait guère que des soldats asur de base qui savaient bander des plaies, mais rien de plus.

La discussion avec le garde de l’enclos lui apprit également qu’un grand nombre de richesses et de vivres pillés avaient été réunis et inventoriés dans le poste de garde principal, le quartier général. Les hauts-elfes n’étant pas des pillards, mais pas non plus du genre à cracher sur un tas d’or potentiel quand ils pouvaient le prendre, il était difficile de savoir ce que comptait faire Dalahnil de ces prises de guerre. De toute façon, c’était le problème des dirigeants, et non celui du Dréanoc.

Eranor fut ensuite informé que la forge au nord de la ville avait été remise en service pour que les elfes puissent y faire réparer leurs équipements. Après une rapide enquête, il s’avéra que c’était là que s’étaient rendus les compagnons d’arme de notre héros.

Il s’était peut-être passé un quart d’heure tout au plus depuis que le heaume d’argent avait quitté l’infirmerie et était passé voire les enfants druchiis et son destrier à l’écurie. Pourtant, déjà, il aperçut Tanaris Mïnwandel qui sortait du quartier général, visiblement très en colère, entourée d’une sorte de halo immatériel inquiétant, ses cheveux et ses yeux rougeoyant comme des flammes. Ce n’était sans doute pas voulu, mais dû sa nature de magicienne et à son état de colère. Sans doute plus par instinct que par choix, la magicienne suivit le Dréanoc là où il allait, restant cependant à une certaine distance derrière lui.

En passant au milieu des rues dévastées de la colonie minière capturée, Dréanoc remarqua que plusieurs d’entre elles avaient été incendiées et finissaient de se consumer, sans que les feux, maîtrisés, ne représentent un quelconque danger de propagation. Ce qui le marqua aussi, était la présence d’un gigantesque charnier au nord du village, entre la dernière maison aisée et la forge. Les corps d’une centaine d’elfes noirs au moins y étaient entassés pêle-mêle, pour certains mutilés, pour d’autres à moitié brûlés ou carbonisés. Tous avaient été dépouillés de leurs biens de valeur. Ce spectacle macabre ne sentait pas encore trop mauvais, mais déjà, l’odeur de la mort avait attiré un grand nombre d’oiseaux et autres petits animaux charognards qui se repaissaient des corps ainsi laissés en pâture.

Juste derrière ce monticule de chair morte de mauvais augure, se trouvait la forge druchiie, qui était maintenant devenue la forge de campagne asur. Sous le porche du bâtiment, il retrouva enfin son groupe, qui s’affairait autour d’un fourneau et d’une enclume rougeoyante. Kalisha semblait en effet s’y connaître en forge. En apercevant Eranor Dréanoc, le bras soigné proprement, les réactions furent différentes.

Seïlil et Isidris le gratifièrent d’un regard hautain et continuèrent leur discussion, tandis qu’Orcan restait assis contre un mur, seul et le visage fermé. Lorimir racontait à qui voulait l’entendre qu’il s’en était tiré, et qu’il avait même réussi l’exploit d’abattre ces « chiens » d’elfes noirs. En réalité, il disait vrai, mais les seuls qu’il avait tués étaient des fuyards isolés sans défense, massacrés dans le dos. Elderwën se précipita pour sa part sur Eranor et le serra dans ses bras ! Elle était tout à sa joie de s’être bien battue pour Ulthuan, de s’être montrée à la hauteur et surtout de revoir Dréanoc rafistolé et quasi-intact !

Merethil, lui, se contenta d’un salut chaleureux avec un petit sourire un peu sinistre. Il était revenu dans l’armée pour se battre, il venait d’avoir sa dose de sang pour la journée. Belnaith et Rovarion était dans un coin, à discuter ensemble, dans des messes basses qui ne regardaient qu’eux.

C’est alors que Kalisha et Lorimir, ainsi que Seïlil et Isidris approchèrent d’Eranor et l’entourèrent. Ils avaient tous l’air excités. Elderwën, qui avait lâché Eranor, le regardait aussi avec un air confiant, de même que Merethil. Même Belnaith, Rovarion et Orcan le regardaient avec curiosité. A cet instant, tous les regards étaient sur lui, et il ne tarderait pas à comprendre pourquoi. Kalisha s’exprima alors, exhibant fièrement une lame toute nouvelle :


Image –C’est un alliage d’excellente qualité ! Sans doute l’un des meilleurs métaux que j’ai vu ! Les druchiis extrayaient sans doute le fer des montagnes, mais il y a aussi là-dedans plusieurs autres composants bien plus rares sans doute volés lors de leurs pillages, qu’ils réservaient probablement à leurs nobles.

Aujourd’hui il est à nous ! Et nous allons refroidir nos nouvelles lames dans le sang de nos ennemis ! Ca fera un peu notre rituel, un lien entre les membres de notre unité. Unis par le sang adverse versé ensemble lors de notre baptême du sang !


En effet, un baquet de sang, probablement elfique, était situé près de la forge. Eranor avait la possibilité d’accepter ou de refuser cette offre de la forgeronne. S’il acceptait, elle forgerait la lame pour lui, mais il devrait la refroidir lui-même dans le sang d’elfes noirs massacrés. Apparemment, dans le groupe, Orcan avait refusé, mais tous les autres, à l’exception notable du Grand-Heaume Rovarion et de Belnaith Estanel qui étaient déjà des vétérans et qui n’avaient pas besoin de ce genre de rituels, avaient acceptés. D’une certaine manière, il ressentait une certaine pression de certains, comme si ce « rituel » était une sorte d’initiation. Evidemment, Elderwën ne lui en voudrait pas s’il refusait, ni Merethil probablement. Mais les autres… Orcan qui avait refusé s’était de fait mis à l’écart du groupe. Eranor serait-il lui aussi ostracisé s’il refusait cette épreuve d’ « intégration » ?

Derrière lui, Tanaris Mïnwandel, qui l’avait suivi jusque là, s’était légèrement calmée et observait le jeune elfe. Son visage était fermé et toujours très en colère. Mais elle était en retrait et personne ne faisait attention à elle. Elle semblait très clairement désapprouver cet acte barbare et irrespectueux envers les morts ennemis.


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MessagePosté: 09 Déc 2017, 14:22 
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Le peuple asur est un peuple d’artistes, un peuple vivant pour l’harmonie, pour créer le beau dans un monde condamné aux ténèbres. Pourtant, ce peuple si doux porte en lui la colère de Khain, et provoquer son courroux donne naissance à une machine de guerre implacable que rien ne peut arrêter. Et, en ce jour, cette petite colonie druchii vivant sur les pillages et l’esclavage en faisait les frais. Comme portés par le vent, les nobles cavaliers elfiques fondaient sur les fuyards qui gardaient l’espoir fou de pouvoir se cacher. Il n’existait nulle pitié chez les asurs pour ce peuple dégénéré, ayant déjà pactisé plusieurs fois avec des forces démoniaques, qui cherchait depuis des millénaires à briser ceux qui essayaient de construire plutôt que de se battre.

Dans le fracas des sabots et les cris des chevaliers asurs, la mort s’abattit sur les fuyards. Certains essayèrent de se séparer du groupe principal mais furent bien vite rattrapés et tués par Merethil et Lorimir, d’autres restèrent groupés, espérant que le nombre ralentirait suffisamment les cavaliers. Mais il n’en était rien, et tous furent massacrés en peu de temps, piétinés par les chevaux ou transpercés par les épées acérées des asurs. Pour survivre dans une société telle que celle des Druchii, il fallait avoir commis des exactions sans nom, il fallait avoir fait souffrir des centaines d’esclaves et essayer de piétiner le plus de ses congénères pour se montrer le plus fort. Ainsi, nulle pitié ne fut accordée pour les civils, mâle ou femelle, vieux ou plus jeunes, qui essayaient de fuir, et presque aucun ne demanda grâce de toute manière. Pourtant, l’innocence existait peut-être encore parmi ces âmes perdues, trois enfants couraient, âgés de bien trop peu d’hiver pour les massacrer froidement et Eranor était prêt à tout pour leur éviter le sort réservé aux autres.

Mais son ordre sembla s’imposer aux autres. Personne n’osa contester l’autorité naissante du seigneur asur qui avait attiré l’attention de son supérieur. Peut-être était-ce plus du fait que cet ordre se basait sur l’autorité de Dalahnil, mais le fait que des seigneurs biens plus haut placés tels que Seïlil ou Isidris se plièrent à cette injonction remplie le cœur du jeune Dréanoc de fierté. Seule Kalisha continuait à massacrer tout ce qu’elle pouvait, accentuant le dégout que pouvait ressentir Eranor envers elle.

Lorsque tout sut enfin terminé, les cavaliers ramenèrent leurs prisonniers au commandeur qui avait tout minutieusement organisé, ne se laissant pas prendre à la folie du pillage qui s’était déroulé sous ses yeux. Il semblait que jamais une telle scène n’eut lieu d’ailleurs tant la discipline chère aux asurs semblait être revenue. Chacun savait ce qu’il devait faire et la ville entière avait été organisée comme un campement pour l’ost.

Eranor ne suivit pas ses camarades pour remettre les jeunes prisonniers terrifiés à son supérieur pour plutôt rejoindre l’infirmerie improvisée dans le bâtiment du marchand d’esclaves. Là, d’anciennes tables de torture étaient désormais des lits improvisés pour aider Tanaris à soigner ceux qu’elle pouvait. Le cas d’Eranor était bien loin d’exiger de telles mesures et un simple milicien, certainement formé à la médecine avant de faire son service, s’occupa en une dizaine de minutes de sa blessure légère.

Pendant ce court laps de temps, le seigneur des Cimes Stellaires put constater que l’ost n’avait à déplorer que cinq morts, en contant celui de la veille, et vingt-cinq blessés. Se réjouir du malheur de ces pauvres elfes malchanceux faisait mal au cœur du noble elfe, mais mener une opération militaire avec si peu de pertes était plus qu’appréciable. Et, au moins, aucune de ses connaissances ne faisait partie du lot. Malheureusement, au moins sept blessés devront être transportés si l’ost désirait s’enfoncer encore plus dans les terres de son ennemie, et Eranor se demandait si le commandeur ne les ferait pas plutôt porter au campement où se trouver les navires.

Ces considérations n’entraient cependant pas dans le champ de compétence du jeune noble, aussi voulut-il quitter la pièce rapidement mais il fut coincé par l’arrivée inopinée d’un lancier portant des ordres pour Tanaris, toujours aussi afférée sur les blessées, qu’ils soient d’un camp ou de l’autre. D’ailleurs, le message du lancier, bien qu’étant un ordre direct du commandeur, ne sembla pas pousser la magicienne à s’arrêter, plongeant le milicien dans un profond embarra. Ainsi, Eranor dut assister aux paroles acerbes de la jeune sorcière refusant de rencontrer le commandeur comme à son ordre et rendant le travail de messager du soldat particulièrement ardu. Celui-ci finit tout de même par se plier aux injonctions de Tanaris, restant dans un coin, particulièrement mal à l’aise.

La magicienne ne comprenait-elle pas l’importance de cette réunion ? Penser aux mourants et aux blessés était, évidemment, une bonne chose, mais elle n’empêchait pas de penser aux vivants ! Et c’était la vie de plusieurs centaines d'elfes qui était en jeu à chaque réunion stratégique, alors comment pouvait-elle y mettre autant de mauvaise volonté là où elle donnait tout pour sauver une poignée de mourant ? Avait-elle oublié qu’elle se trouvait sur les terres maudites de Naggaoth, celle des plus grands ennemis des asurs, d’un peuple prêt à tout pour tuer les hauts elfes jusqu’au dernier ?

Eranor voulut réagir mais n’eut guère le temps car la porte du bâtiment s’ouvrit avec fracas, laissant passer le commandeur Dalahnil en personne, visiblement particulièrement en colère. Sa force et son autorité suffirent cependant à faire flancher Tanaris qui ne manquait pas de montrer son désaccord et son dégout. Pourquoi réagissait-elle ainsi ? Eranor ressentit le besoin de comprendre cette personne, d’entendre pourquoi elle rechignait tant à faire son devoir. Peut-être qu’en la comprenant, il pourrait lui faire comprendre, à son tour, toute l’importance qu’elle avait dans cet ost…

Mais, pour le moment, ce serait impossible, car elle était requise par le commandeur. Celui-ci félicita d’ailleurs personnellement les blessés et Eranor lui-même, à sa plus grande fierté. Le jeune noble essayait d’agir au mieux pour le plus grand nombre et ses décisions semblèrent particulièrement attirer l’attention sur lui. L’honneur qui lui était fait par ces éloges était au-dessus de tout ce qu’il avait espéré ! Ainsi, l’asur fit un salue militaire au commandeur avant de s’exprimer rapidement.


-Je vous remercie commandeur, et je pense parler au nom de tous pour vous montrer notre admiration pour la manière magistrale dont vous avez mené cette opération.

Le commandeur disparu alors, accompagné de la magicienne. Eranor ne tarda pas à partir à son tour, non sans accorder un regard compatissant au lancier pris entre deux feux, lui faisant comprendre qu’il n’y était pour rien. Alors qu’il quittait l’infirmerie improvisée, le jeune Dréanoc ne manqua pas de lancer un coup d’œil à l’ex enclot aux esclaves reconvertis en camp de prisonniers. Les enfants précédemment capturés avaient bel et bien été amenés ici et étaient intactes, à sa grande satisfaction. La plupart des prisonniers paraissaient hagards, ils ne devaient pas comprendre comment une telle chose avait bien pu se passer, comment un ost entier avait pu leur tomber dessus sans même qu’ils ne se doutent de rien. Mais cet état n’empêchait pas la haine toute réciproque qu’ils avaient envers les asurs et ces derniers, pragmatiques, avaient placé une garde substantielle autour de ce camp.

Eranor se dirigea, grâce aux indications d’un garde du camp des prisonniers, vers l’écurie, retrouvant sa monture fatiguée que des palefreniers avaient soignée. Senthoï avait été nettoyé, brossés et nourri et le noble elfe ne s’attarda alors qu’un instant avec lui. Il était plus intrigué par ce que son unité faisait, car tous les heaumes d’argent étaient réunis au nord de la ville alors que les autres soldats fêtaient la victoire à la taverne aux dires du garde. Eranor s’était aussi enquis de la manière dont les choses s’étaient déroulé à la fin de la bataille et il en ressortait que nul n’avait la moindre idée de ce qu’il adviendrait des prisonniers et du butin considérable qui avait été récupéré. L’ost ne s’était pas déplacé sur ces côtes pour des opérations de pillage, le noble Dréanoc en était persuadé, mais ce n’était pas non plus une raison d’abandonner ces richesses aux Druchiis, tout ce qui pouvait aider son armée étant forcément mauvais pour les asurs. Pourtant, si l’ost devait s’enfoncer encore plus dans les terres de Naggaroth, pourrait-il s’encombrer de ce butin ? C’était là une question que seul l’état-major pourrait trancher.

Pour le moment, Eranor prenait le chemin de la forge remise en service. Un garde lui avait indiqué que son unité se trouvait là-bas, au complet, et le noble asur souhaitait bien comprendre pourquoi tout comme retrouver ses amis dans l’unité. Alors qu’il marchait, la magicienne, bouillonnant littéralement de colère, sorti de la réunion de l’état-major. L’on aurait pu croire qu’elle souhaiterait mettre le feu à toute la colonie tant sa colère était visible… Mais elle se contenta de suivre la direction du Dréanoc sans que celui-ci ne sache réellement pourquoi. Cet acte l’intriguait beaucoup, mais il avait plus urgent à faire qu'éclaircir ce qui se tramait pour le moment.

Eranor dû traverser un village dévasté où les maisons n’étaient plus que de ruines fumantes, brulant encore pour certaine. Non loin de la forge, un spectacle macabre se dessinait sous la forme d’un charnier composé d’une centaine de cadavres d’elfe. Bien que ceux-ci ne sentissent toujours pas, des oiseaux chamoniards tournaient déjà autour, prêts à dévorer les corps inanimés dès que l’agitation autour cesserait. Il faudrait bruler ces corps, pensait Eranor, que ce soit par respect envers les défunts ou pour éviter des problèmes sanitaires. Laisser les corps de ces êtres abjects pourrir lentement et se faire dévorer par les larves et les rongeurs ne changerait rien au mal qu’ils avaient fait et se venger sur des cadavres n’apportait aucun sentiment de justice au seigneur des Cimes Stellaires.

Ainsi, le jeune noble rejoignit les compagnons de son unité, tous réunis autour de Kalisha qui était, semblait-il, afférée à la forge. À son arrivé, Seïlil et Isidris ne lui lancèrent qu’un regard hautain tandis qu’Orcan restait enfermé sur lui-même, assis contre un mur. Le grand heaume et son second discutaient entre eux sans réellement prêter d’attention au nouveau venu tandis que Lorimir répétait ses « exploits » à qui voulait bien l’entendre. Enfin, Elderwën serra dans ses bras son ami qui lui rendit, plus calmement, son geste, fière et heureuse qu’elle fût d’avoir accompli son devoir sans sourciller. Merethil, lui, accorda un salue distant au noble elfe, visiblement fatigué et peut-être quelque peu mécontent.

Lorsque Elderwën se retira, tous à l’exception d’Orcan et du grand heaume et de son second, se rapprochèrent d’Eranor, formant un cercle autour de lui. Alors, Kalisha exposa ce qu’elle avait en tête et un frisson parcouru le dos du noble d’Ulthuan. Que les elfes noirs aient réussi à voler de quoi faire un acier d’excellente qualité ne l’étonnait pas, mais que tous, sauf Orcan visiblement, aient accepté un rituel aussi barbare et irrespectueux, plus proche de ce que pourraient faire des druchii que des asurs, remplissait Eranor de rage. Pendant un court instant, l’envie lui prit d’exploser de colère et de renverser ce tonneau de sang d’un grand coup de pied, mais il réussit à se contenir, voyant bien que réagir de la sorte ne provoquerait absolument rien de bon.
Le descendant des Dréanoc n’avait aucune envie de prendre part à ce rituel macabre mais il savait pertinemment qu’il se ferait rejeter par au moins la moitié de l’unité s’il le refusait, comme devait l’être Orcan. Peut-être était-ce la raison de l’état de Merethil qui avait certainement accepté uniquement pour éviter de se retrouver ostracisé… De plus, Eranor n’avait pas besoin de se retourner pour savoir que Tanaris observait de loin la scène se dérouler et il ne saurait comment elle pourrait réagir à ce rituel…

Tout le monde semblait fortement intéressé par la réaction de celui qui semblait être le plus en vue du commandeur. Pendant une longue seconde, Eranor ne sut comment réagir, plissant les yeux tout en cherchant une solution pour régler cette situation en froissant le moins de monde possible. Alors, une petite idée apparut dans son esprit. Peut-être n’allait-elle que provoquer le dédain de tous ou peut-être pourrait-elle tout changer de ce rituel… Alors, avec un doux sourire, Eranor commença à s’avancer lentement vers le tonneau tout en s’exprimant.


-Voilà une bonne idée, Kalisha. Nous n’en serions que plus soudés et efficace, liés les uns aux autres par le même rituel. Mais… Continua l’elfe en sortant une petite dague de ses affaires. Mais pourquoi s’arrêter au sang que nous avons versé ensemble ? Pourquoi s’arrêter à si peu ?

Eranor regarda alors sa dague pensivement pendant une poignée de secondes avant de dénuder sa main gauche et d’y infliger une profonde entaille. Il mit alors sa main au-dessus du tonneau, faisant couler son propre sang parmi celui de ses ennemis.

-Trempons donc l’arme dans le sang versé pour Ulthuan, pour nos pères, nos mères, nos frères et nos sœurs… Ajouta l’asur en appuyant son regard sur Orcan qu’il espérait voir changer d’avis. Trempons donc ces armes dans le sang des vivants comme des morts. Eranor porta alors ses yeux dans ceux de Kalisha avant de continuer. Après tout, ne sommes-nous tous pas des soldats, des guerriers ? Ne combattons-nous, nous blessons-nous ou mourrons-nous pas tous ensemble, nos ennemis comme nous-autres ? Ne versons-nous pas tous notre sang en même temps ?

Comment donc pourraient-ils tous réagir ? Orcan voudrait-il se raviser après ça . Isidris et Seïlil seraient-ils prêts à soutenir Eranor ou préfèreraient-ils le dénigrer pour cet acte ? Kalisha accepterait-elle de se plier à ce geste ? Cet acte était particulièrement lourd en symbole, tous devaient en être conscients. Le suivre placerait Eranor en tant que décideur et non plus en tant que suiveur de cette idée de rituel, et celui-ci aurait une signification à la fois moins violente et plus profonde, car chacun aurait donné de lui-même pour l’effectuer. Enfin, Tanaris devrait certainement voir les choses bien différemment après ça car, avec ce simple geste, ce rituel passait de l’irrespect envers les défunts à une certaine forme de respect car ces derniers étaient alors au même niveau que les nobles asurs. Du moins, Eranor l’espérait-il…

Serait-il possible d’avoir la réaction de Tanaris en mp s’il te plaît ? J’aimerais discuter avec elle en fonction de sa réaction et de celle des autres ! On pourrait faire le dialogue en mp et je pourrais l’intégrer à ce poste tu pourrais l’intégrer au tien, comme tu préfères ^^

_________________
Eranor Dréanoc, Voie du noble elfe (sous voie du noble)
Profil: For 8 | End 8 | Hab 11 | Cha 12 | Int 10 | Ini 10 | Att 12 | Par 12 | Tir 9 | NA 1 | PV 60/60
Lien Fiche personnage: http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... or_dreanoc

Equipement :
-Plastron en plaques légère (10 protection [torse et dos], -2 HAB, -1 ATT et PAR)
-Bouclier elfique (6+1d6 dégâts, 18 parade, déstabilisant)
-Épée longue elfique (16+1d8 dégâts 13 parade)
-Heaume elfique orné d'un rubis (9 protection [tête], -1 HAB, tout adversaire se trouvant face au porteur doit relancer le jet de dégâts de son arme et garder le moins bon)
-Jambières en plaque légère (9 protection [jambes], -1 HAB)
-Brassards en acier bleu (8 protection [bras], -1 HAB)
-Gantelets en acier bleu (8 protection sur les mains [+ poignets], pas de malus)

Protection totale :
-tête : 9
-jambes : 9
-torse et dos : 10
-mains et bras : 8

Compétences :
Acuité visuelle
Autorité
Vision Nocturne
Monte (cheval)
Volonté de fer
Arme de prédilection (épée)
Alphabétisation
Éloquence
Connaissances Tactiques
Parade

Profil avec malus/bonus :
For 8 | End 8 | Hab 9 | Cha 12 | Int 10 | Ini 10 | Att 11 | Par 11 | Tir 9 | NA 1 | PV 60/60

Monture

Coursier elfique : Senthoi
[spoiler]http://www.freewebs.com/feywild/Elvorse.jpg
For 8 | End 8 | Sau 10 | Rap 10 | Int 9 | Doc 10 | Att 6
Equipements :
-Harnais, selle et nécessaire de Toilettage
-Barde moyenne


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