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MessagePosté: 30 Aoû 2015, 00:37 
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Réglisse, l’esclave impériale, était en effet en très mauvais état. Le sorcier chaotique semblait dans sa folie ne pas se soucier du tout de ses « propriétés », et les utiliser uniquement pour son propre plaisir. Heureusement pour la jeune femme brune, Zack, s’il n’était pas médecin, sût trouver et appliquer d’instinct les gestes appropriés pour la traiter au mieux. Grâce aux bons soins du kislévite, une fois nettoyée et couchée dans « son panier », constitué en réalité d’un amoncellement de couvertures et de coussins posés à même le sol au pied du lit de Wilhelm Lutz, Réglisse cessa de gémir et sa respiration se fit plus tranquille. Une fois qu’il se fut occupé de la jeune impériale marquée au fer rouge, et avant de retourner rapporter le seau utilisé pour humidifier les linges dans la salle de bains, le Tokavaleskï prit la peine de fouiller la chambre du vitki.

Celle-ci ressemblait plus à une loge de lupanar d’un cultiste du Serpent Suprême qu’à un antre de sorcier. Un très grand lit à baldaquins trônait, adossé contre le centre du mur opposé à l’entrée. Il semblait suffisant pour accueillir non pas deux, mais trois voire quatre personnes confortablement. Ses rideaux étaient d’un mauve tirant sur le violet, de même que ses couvertures et ses coussins. Les draps, eux, étaient d’un rose éclatant. Le tout semblait fait de tissus très délicats, très doux et très précieux. Les montants du lit étaient eux gravés de runes chaotiques slaaneshies et de scènes de luxure très réalistement sculptées. Le « plafond » du lit était lui fait d’une peinture dont la simple vue aurait suffit à faire brûler son propriétaire par des répurgateurs. Effectivement, des démons, des bêtes, des elfes, des hommes et des femmes y étaient représentés copulant dans toutes les positions imaginables, sans aucune distinction de race, le tout formant un spectacle d’orgie indescriptible où la morale n’existait pas. Etrangement, peut-être grâce aux runes gravées sur les montants, Zack aurait juré que les scènes n’étaient pas figées, mais que les acteurs de cette débauche slaaneshie bougeaient, essayant sans cesse de nouvelles positions qui repoussaient encore plus les limites de l’imagination et de la luxure.

D’ailleurs, les motifs étaient étrangement fascinants. Le kislévite était de plus en plus excité par les représentations de peinture qui réalisaient sous ses yeux fantasme sur fantasme, s’enfonçant toujours plus loin dans l’interdit, dans le tabou, dans... Le plaisir ?
Le Tokavaleskï se sentait comme absorbé par la peinture, à tel point qu’il ne distinguait plus rien d’autre que les scènes dont il semblait toujours plus près à mesure que son désir montait. Il se rapprochait de cette femme, de ce chien, de cette démonette, bientôt il pourrait lui aussi prendre sa place dans l’orgie et laisser libre cours à des instincts si bas qu’il ignorait même les avoir…


Citation:
Test d’INT : 3. Réussite.


Un léger gémissement de Réglisse qui avait bougée dans son sommeil suffit à rappeler le monde extérieur au kislévite. Cette fraction de seconde de lucidité lui suffit pour se rappeler pourquoi il était là. Cette fresque envoûtante n’était pas l’expression de ses propres désirs cachés, mais l’expression de la perversité même, des fantasmes d’un esprit dérangé, malsain, amoral et entièrement dirigé vers le Prince du Chaos. Sans doute y avait-il de la magie là-dedans, et peut-être maintenant le comportement de Réglisse s’expliquait-il mieux. Si Zack n’était resté que peu de temps à la contempler, bien qu’il lui semblât de prime abord n’avoir regardé la peinture que quelques secondes, il se rendit compte à la douleur dans son cou qu’il avait dû rester plusieurs minutes les yeux rivés vers le plafond du lit, il pouvait imaginer l’effet dévastateur sur la santé mentale que devait avoir eu des heures de contemplation forcée du tableau, couplée avec les tortures et humiliations du vitki. Réglisse avait dû vivre un véritable enfer ici, un enfer qui chez Slaanesh se confondait vite avec paradis…

Le reste de la pièce était lui chargé de meubles, de boiseries et de toutes sortes d’objets raffinés tous sculptés ou ornés de symboles ou de scènes ne laissant aucun doute sur la soumission de leur propriétaire au culte du prince des plaisirs et des souffrances. Outre des vases et autres objets d’ornements inutiles, il y avait surtout là des accessoires de beauté, des parfums, des peignes, des maquillages et toutes sortes de choses de ce genre.
Un énorme coffre de bois et de fer couvert de runes qui scintillaient d’un éclat rosâtre aux contours noirs était au fond de la pièce. Sans même avoir tenté de l’ouvrir, Zack comprit qu’il serait non seulement inutile, mais dangereux de tenter de le forcer. C’était sans doute là que le sorcier gardait ses objets les plus utiles, ceux qui justement auraient pu intéresser l’ex-noble.

Les murs, la porte et le plafond de la pièce étaient eux entièrement recouverts de tapisseries d’une gamme de couleurs allant du rose très pâle au violet foncé, qui représentaient des scènes de luxure et de plaisirs interdits, avec la présence également de moult sigles slaaneshis. Au moins ces tapisseries, elles, n’étaient pas magiques, sans quoi il aurait été difficile à quiconque ouvrait les yeux et restait à regarder les scènes pendant des heures de rester totalement sain d’esprit.

Enfin, l’examen lui révéla des anneaux de métal solides où l’on pouvait des chaînes, cachés sous la tapisserie à divers endroits. Cela devait permettre d’entraver plusieurs esclaves à peu près n’importe où et n’importe comment dans la pièce. Sûrement le vitki devait-il user d’un tel système pour s’assurer que les esclaves qu’il n’avait pas encore brisés soient inoffensifs pendant son sommeil. Et il se pouvait même qu’il les utilise pour « jouer » avec des esclaves à des « jeux » dont il raffolait.

Ayant pu constater qu’il n’y avait rien d’intéressant à voler chez son maître, du moins rien qui ne soit à sa portée, le Tokavaeslï se rappela qu’il devait rapporter le seau dans la salle de bain du jarl. Quand il entra dans la pièce confortable où trônait une riche vasque sous laquelle un ingénieux système de poêle permettait de chauffer l’eau, il reposa le seau à sa place. Décidément les norses savaient y faire en matière de salles de bains, car celle-ci, tout comme celle des Grouchenko, était au moins digne d’un riche boyard. Alors qu’il s’apprêtait à repartir, il entendit quelqu’un remonter la fenêtre derrière lui, de l’extérieur, et une voix connue l’appela en chuchotant avec insistance :


Psst ! C’est Lovisa !

Les murs et la porte de l’isba du jarl étaient très épais et bien isolants à tous points de vue. Il était donc totalement impossible qu’on l’entende. D’autre part, les autres pensaient qu’ils devaient prendre son bain pour se laver comme cela lui avait été ordonné par l’une des femmes du chef qui lui avait transmis les ordres du vitki. A priori, personne ne viendrait donc le déranger. Ainsi le kislévite ne prit-il même pas la peine de fermer le verrou de la salle de bains. Quand il se retourna pour faire face à la princesse, celle-ci put constater que son visage portait encore très clairement les traces des gifles infligées par Wilhelm Lutz.

-Oh par tous les dieux alors c’est vrai tu as été… Interrogé par « l’étranger. »

La princesse norse, bien qu’elle fut sans doute soit effrayée soit indignée ou peut-être juste surprise comme le laissait entendre ses paroles, gardait toujours un contrôle d’elle-même magnifique. Elle n’avait pas froncé un sourcil, pas tremblé, pas même dévié du regard. Son teint était resté le même, elle n’avait ni pâli, ni rosi. Son expression faciale restait noble, neutre et légèrement hautaine, comme à son habitude. Elle jeta un rapide coup d’œil derrière elle, à sa droite et à sa gauche pour vérifier que personne ne venait dans l’arrière-cour privée du jarl, puis elle reprit la parole, sur le même ton confiant et rapide que d’habitude :

-Nous n’avons pas beaucoup de temps si on ne veut pas être surpris, cette fois, donc, j’irai droit au but. Tu es avec nous ou pas ? Ce soir, je prendrais tous les risques et mes hommes récupéreront les armes, tu n’auras rien à faire et tu pourras les aider à atteindre le feu sans éveiller les soupçons. Mais j’ai besoin de savoir si on peut compter sur toi demain soir pour la fuite.
Crois-moi je suis ta seule chance de survie. Tu dois le savoir maintenant que tu as fais connaissance avec ce monstre. Et n’oublie pas, même si je peux te paraître désespérée, j’ai un atout majeur dans ma manche, garde ça en tête. Avec moi, tu vis, sans moi, tu meures.
Quel est ton choix ?


Elle avait parlé avec son ton neutre et attendait en surveillant les environs extérieurs, pour ne pas être surprise cette fois-ci. En fait, elle n’aurait pas eu un ton différent si au cours d’un dîné qu’elle aurait donné elle avait demandé à Zack s’il voulait ou non du sel sur son plat. La princesse était peut-être sans pouvoir, mais elle avait tout le port et le comportement qui seyait à une fille de roi de son rang. Ou en tout cas qui aurait sis à une altesse royale comme elle dans un pays plus civilisé. Ici, être fils ou fille de roi ne signifiait rien, car ils se succédaient à grande vitesse au fil des combats et des années. Seule la valeur individuelle permettait une distinction, et aux yeux des tous les autres elle n’était rien d’autre qu’une prétentieuse qui essayait de se donner un genre.

_________________
Le Q.G. de Kriegsherr se trouve ici:
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MessagePosté: 04 Sep 2015, 07:44 
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Il était évident que de mes faibles chances de salut celles que représentaient la princesse skaeling était de très loin les meilleurs, la chambre du vikti et son comportement me l'avais définitivement prouvé et ce serait indubitablement un miracle si je survivais d'ici les premières lueurs de la prochaine journée. La jeune fille venait de prendre un grand risque rien que pour s'assurer de mon faible soutient, que je ne comptais d'ailleurs pour rien au monde lui retirer, ma survie en dépendant l'inverse eût été stupide. J'étais d'ailleurs quelque peu agacé de ne pouvoir faire plus, tout comme je l'étais d'être coincé ici, jusqu'au lendemain, qu'aurais-je donc encore à subir de la part de cet "étranger" ? Je redoutais tout particulièrement l'après incendie si il lui prenait la fantaisie de me questionner au sujet de ces événements, il 'm'apparût alors qu'il faudrait que je me tiennes prêt dans l'expectative de m'enfuir le plus loin possible en compagnie de Lovisa et de ces hommes, pour cela je devais me montrer alerte et prompt si il m'était demander de les tirer d'affaire, serais-je d'ailleurs en mesure de faire la différence ? Me serait-il tout simplement possible de m'approcher des quais le cas échéant tout cela avant même d'être découvert ? Rien n'était évidemment aussi sûr, mais de ces probabilités d'échecs émergeait des possibilités bien plus réjouissante que de rester en compagnie du sorcier et surtout d'être soumis à sa sorcellerie perverse et corruptrice qui devait être capable de rendre fou les hommes les plus sensés pour les attirer dans le giron du culte, il était d'ailleurs fort peu probable que l'homme lui-même ait conservé son libre-arbitre, s'ajoutant à cela la possibilité qu'il ne l'ait jamais connus étant donné sa confession concernant le fait d'être né dans les entrailles de ce culte. Ces pensées sortirent enfin de mon esprit pour répondre le plus silencieusement et rapidement possibles à la suite de la jeune fille, répondant par ces mots à ces questions, mais aussi la mettant en garde contre les dangers qui planaient sur nous et dont elle ignorait probablement tout. Il me semblait qu'elle avait bien mal choisit ces nouveaux alliés, mais bien que ce qui était fait était fait comme le suggérait l'adage il était fort possible qu'à l'orée de ces informations elle ne préfère détruire ces quelques liens qui nous unissait, je redoutais donc de lui être utile : pour la toute dernière foi. Ce qui pouvait ici suggérer l'échec de nos plans ou tout simplement que nos chemins prendraient deux voies différentes, et dans la pire des expectatives cela pouvait se révéler funeste pour tout deux.

" En effet, il m'a interrogé et il désire en savoir plus sur notre dernière conversation ! Il utilise pour cela la magie et je le soupçonne de vouloir me réinterroger dans la nuit. J'ai réussis à écourter le dernier interrogatoire, mais parviendra-t-il tout de même à ses fins ? Dans le doute tenez vous que le qui-vives et restez prêts à vous en-fuir, car même si je continus à lui résister : peut-être désirera t'il vous interroger. Si je le puis, je serais des vôtres, demain : d'ici là, j'espère que mon coeur et mon corps ne seront pas corrompus par son infâme sorcellerie. De plus il est pour l'instant à l'extérieur, il est peut être partit interroger l'autre esclave qui sait alors ce qu'il arrivera à obtenir de lui... Si il avait cracher le morceau concernant nos plans de ce soir ? Vous devriez vous tenir prête à ce que ce monstre vous cherche et cela même avant la nuit tombée, je me demande même s'y'il ne serait pas préférable de nous enfuir une fois le vol accomplit... Si le feu prends de l'ampleur et que les hommes en faction le décident ou sont tout bonnement réquisitionné pour l'éteindre, cela peut être une bonne option. "


J'attendais la réponse de la jeune femme, mais surtout et cela à défaut de la première possibilité : qu'elle décampe au plus vite, de préférence bien avant qu'il ne prenne à quelqu'un l'envie de venir fureter dans le coin, mais si elle c'était déplacée jusqu'ici ce n'était sans doute pas pour si peu et il était donc en la présente fort probable qu'elle ait d'autres choses à me dire... Il me sembla que je perdais même un peu ma tête car je me mis presque à espérer que nous soyons surpris, un meurtre plus tard nous serions alors obliger de nous enfuir au plus vite et peut-être même avant la nuit tombé, il était évident que cette probabilité était par bien des manières loin d'être souhaitable, toutefois pour répondre à cette possibilité mon corps se mit à durcir de manière presque imperceptible, ma respiration s'amplifia alors en conséquence pour pouvoir irriguer tous ces organes qui demandaient donc par conséquences dans la présente situation un surplus d'air environnant comme combustible requit à cette opération. J'essayais aussi de faire attention aux moindres grincements de parquets, car je doutais fortement d'entendre des voix venir en notre direction et si la femme ne les remarquait pas je devrais alors la prévenir et faire mine d'accomplir quelques tâches, il serait alors sans doute bienvenu que je me contente de tourner la serrure de la porte de la manière la plus naturelle au monde, car après tout ne m'avait-on pas recommandé de me laver ? En attendant je me remis à penser à l'autre esclave, ce sadique pourvu de moustaches qui avant cette conversation était tout bonnement : sortit de mon esprit, que manigançait donc le sorcier à son sujet, se montrerait t-il à l'opposé de moi-même docile et conciliant ? Ou bien lui aussi déciderait de mettre en sureté son intérêt supérieur subissant pour cela moultes souffrances ce qui en d'autres circonstances pouvait sembler incompatible, mais était en vérité présentement inconciliable. J'espérais en outre ne pas avoir à prendre soin de lui, mon animosité à son égard n'avait pas faiblit et je serais sans doute tenter, il est vrai de mettre fin à ses souffrances par le biais de sa vie.

_________________
Tokavaleskï, Zack, Voie de l'esclave
Profil: For 11 | End 10 | Hab 10 | Cha 8 | Int 9 | Ini 9 | Att 11 | Par 10 | Tir 8 | NA 1 | PV 70/70
Lien Fiche personnage

Compétences :


• BAGARRE(A)(S): - niveau 1 : ne subit pas de malus sur son ATT et sa PAR et ses dégâts sont évalués par un jet de 1D12 points de dégâts.

• RESISTANCE ACCRUE(C): - niveau 1 : Il peut ajouter un bonus de +1/niveau sur tous ses test d'endurance.

• SANG FROID(C): - niveau 1 : Il bénéficie d'un bonus de +1/niveau sur n'importe laquelle de ses caractéristiques lors de la réalisation d'une action dans un climat de stress et de tension mentale.

• COUPS PUISSANTS(S)(A): - niveau 1 : Augmente les dégâts occasionnés à ses adversaires de + 1D3 points de dégâts.

• AMBIDEXTRIE(S): - niveau 1 : Il a un bonus de +1 en ATT et en PAR s'il utilise une arme dans chacune de ses mains pour combattre. [Relance de la première tentative de touche si raté]

• MUSCULATION(A)(S): - niveau 1 : Il se voit crédité d'un bonus de +1 lors de tous les tests de FOR et peut retrancher 1D3 points de dégâts lors d'un coup pouvant occasionner une blessure.

• FORCE ACCRUE(S)(A): Il obtient un bonus de +1 lors de tous ses test sous la caractéristique FOR.

• ANTICIPATION(S): A partir du 3ème round, cette compétence lui permet d'avoir un bonus de +1 en ATT et en PAR contre ce seul adversaire.

• Autres : Chant, Résistance au froid, Esquive et Langue Norse


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MessagePosté: 04 Sep 2015, 23:57 
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La princesse rousse hocha la tête en signe affirmatif pendant que Zack parlait. Son expression restait maîtrisée, comme d’habitude. Toutefois, comme un peu plus tôt, lors de leur première rencontre, lorsque le kislévite avait accepté de l’écouter, elle arborait un petit sourire aux lèvres. Sans doute ne jugeait-elle pas nécessaire de cacher sa satisfaction. Elle répondit rapidement, d’un ton plutôt enjoué :

-Si tu as pu tenir contre un tel homme, alors je ne t’ai pas surestimé et j’ai bien fait de vous proposer de participer à notre projet, toi et ton ami.
Pour ce soir, il faudra voir en fonction des opportunités. Rien n’est exclu, mais j’ai peur qu’on ne puisse pas agir pendant qu’ils éteignent le feu : on serait probablement repérés à cause de la lumière des flammes. Et si on attend qu’ils aient éteint le feu, ils risquent de mettre des patrouilles toute la nuit pour vérifier si le feu ne repart pas à tel ou tel endroit dans le village. Le plan peut évoluer en fonction des circonstances, mais à priori il reste le même. Cette nuit on s’arme, demain on fuit.
Je le répète, en théorie ce soir on se débrouillera sans toi, même si j’aurais préféré que tu nous aides en te mouillant plus. Si tu vois que tu peux donner un coup de main sans éveiller les soupçons ce sera bienvenu.
Ah, et pour le vitki, n’ai crainte, il n’est pas en train d’interroger ton compagnon, et apparemment, pour l’instant du moins, il n’en manifeste aucunement l’intention. Quant à moi, il ne m’aura pas. Il ne peut rien faire de plus contre moi jusqu’à l’arrivée de l’envoyé du roi et la nomination officielle de Kjell Bras-de-Bronze comme jarl.
Bon, je dois partir avant que l’on ne me remarque. Tu as fait le bon choix. A ce soir.


Lovisa se retira de la fenêtre et quelques secondes plus tard, tout redevint comme avant son intervention : Zack devait de nouveau se plier aux impératifs du vitki afin d’éviter toute punition. En l’occurrence cela signifiait finir de se laver et rejoindre Réglisse dans la chambre de Wilhelm Lutz afin de veiller sur son sommeil, et éventuellement de prendre du repos lui aussi. Sans nul doute en aurait-il bien besoin après le rude traitement qui lui avait été infligé au cours de la journée et au vu des projets secrets qu’il nourrissait. Il lui faudrait toute l’énergie et la condition physique nécessaire. Dormir ne résorberait certainement pas toutes ses blessures, mais une pause, un somme réparateur de quelques heures dans un endroit plutôt confortable serait assurément un luxe qu’il n’avait pas eu depuis trop longtemps et qu’il n’était pas prêt de ravoir de sitôt.
Mieux valait pour lui en profiter. D’autant qu’il n’avait pas vraiment d’autre option : une fois qu’il fut lavé, les femmes du jarl s’assurèrent que l’esclave kislévite était bien revenu dans la chambre du vitki, qu’elles fermèrent à clef. Enfermé dans la pièce, Zack put prendre un peu de repos aux côtés de Réglisse. Celle-ci était paisiblement endormie, grâce aux bons soins de l’ex-noble…


***


Le Tokavaleskï s’était endormi, sans doute trop fatigué par les divers évènements de la journée, et surtout par sa petite séance de torture, il n’avait pas pu rester bien longtemps à ne rien faire, sans compter qu’il devait faire attention à ne pas regarder la peinture sous le plafond du baldaquin.
Il fut réveillé par une série de petits bruits étouffés et irréguliers, d’origine indéterminée tant qu’il garda les yeux clos. Lorsqu’il les entrouvrit, il ne se rappela pas tout de suite où il se trouvait, encore un peu désorienté par les bribes de son inconscient qui s’effaçaient une à une de sa mémoire au fur et à mesure qu’il se réveillait.


***


*Dans le cauchemar qu’il venait juste de faire, il se trouvait chez les Grouchenko, en train d’aider monsieur Stépan Vassilievitch Grouchenko à préparer le traîneau. Dehors, une énorme tempête de neige sévissait où Zack distinguait clairement des loups et des ours de glace et de neige qui hurlaient dans le vent. La luminosité était très faible au dehors, sans-doute était-ce l’aube ou le crépuscule, on aurait pu le dire. Mais le maître, lui, semblait ne pas remarquer tout cela, il se contentait, jovial, de serrer son fils et sa femme dans ses bras en leur disant : « Mon petit Vaniouchka ! Ma belle Katerina ! Vous êtes mes vrais trésors, vous valez plus que tout l’or du monde. Quelle magnifique journée je serais bientôt de retour, juste le temps de négocier une affaire dans le village voisin. L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, Tarik, vois-tu, quand les autres attendent le jour et ne sortent pas par ce temps, moi, Stépan Vassilievitch Grouchenko, je n’hésite pas à braver les éléments pour obtenir les meilleures affaires en premier. C’est pour ça que je suis riche et pas eux… Es-tu prêt, Tarik ? »
Zack voulait l’avertir de ne pas sortir, de ne surtout pas aller dehors, il voyait des loups et des ours de glace pure prêts à le dévorer, comment ne pouvait-il pas le voir lui-même, comment pouvait-il ignorer leurs hurlements déchirants, à moins que ce ne soit seulement le bruit terrible du blizzard ? Sa bouche restait pourtant hermétiquement fermée et il se contenta de sortir avec Monsieur Grouchenko qui, une fois dehors, s’exclama :
« A, l’air glacé et vivifiant du matin ! » Puis la porte se referma derrière eux et ce fut l’horreur, une horreur sans nom. Alors qu’un grand sourire se figeait sur le visage du commerçant, la neige et la glace le gelèrent instantanément, tandis que loups et ours de glace déchiquetaient consciencieusement chaque centimètre carré de son corps. Seul son visage souriant, heureux, exactement le même que celui que Zack lui avait vu quand il s’était réveillé protégé par le malheureux cadavre de son maître qui s’était sacrifié pour le protéger du froid. Un visage qui assurément resterait à jamais gravé dans son inconscient.
Puis soudain les loups et les ours de glace se tournaient vers lui, prêts à le dévorer à son tour, leurs crocs et leurs griffes gelées rouges du sang de son maître défunt.
A ce moment là, une petite créature féminine et nue, semblable à une fée, apparut et le téléporta au milieu de l’isba des Grouchenko. Elle était en flammes, et toutes les issues étaient barricadées. Impossible de fuir. Déjà, la fumée noire envahissait les étages supérieurs.
Les habitants étaient terrifiés. Tania, hystérique, tambourinait contre la porte en appelant Boris à l’aide, en lui disant de ne pas l’abandonner. Marco, résigné, serrait dans ses bras Katerina Ivanovna Grouchenko et son fils Ivan Stépanovitch en tentant de les réconforter, tous les deux pleuraient. Dans leur dos, sans que ses maîtres ne le sachent, il tenait un burin dont il se servit pour leur briser la nuque, les tuant instantanément, sans même que le fils ni la mère ne s’en aperçoive. Puis le vieil esclave si fier maudit Zack et resta immobile, tentant toujours dans ses bras sa maîtresse et son jeune fils, comme s’ils étaient simplement endormis.
Plus loin, dans la chambre, Natouchka veillait en pleurant à chaudes larmes sur les corps brisés de Katia et Léonid. Elle implorait tous les dieux de leur venir en aide, et un nom revenait sur ses lèvres, continuellement : Tarik. Elle l’appelait au secours, le maudissant de les avoir abandonnés, d’avoir été si « méchant », et se réjouissant qu’il ait survécu à la fois. Quelques esclaves norses piégés tentaient vainement de défoncer un mur, tandis que les autres couraient inutilement en rond dans tout le bâtiment en hurlant de terreur.
C’était une vision de l’enfer. Zack était au milieu de tout cela, mais personne ne semblait le voir, ni l’entendre, quoi qu’il dise ou qu’il fasse.
Les flammes arrivèrent quelques minutes plus tard. D’abord de petites flammèches ici et là, puis rapidement un terrible brasier que rien ne pouvait arrêter. Il vit les humains pris au piège hurler, appeler au secours leurs dieux, leurs amis, leurs mères mêmes. Mais rien n’y faisait, le feu était impitoyable et les dévorait tous, les uns après les autres. Les plus chanceux avaient étés asphyxiés par les fumées et étaient inconscients, mais d’autres furent réduits à l’état de torches humaines. Zack put voir de ses yeux le visage de ses compagnons d’infortune fondre littéralement. Il n’y avait rien de plus horrible, de plus affreux que ces visages qu’il connaissait, dont certains avaient été ses amis, et qui brûlaient, atrocement défigurés. Ils appelaient au secours, mais aucune aide ne venait. Ils brûlaient tous, tous, et il ne pouvait détourner les yeux de leurs souffrances…
Ce n’était certes qu’un cauchemar –pas si éloigné de la vérité cependant-, mais dans son sommeil il n’en avait pas conscience.*


***


A en juger par le peu de bruits très éloignés qui filtraient de la salle commune, il devait être tard le soir (il n’y avait pas de fenêtre dans la chambre du vitki et donc aucun moyen de le vérifier). Sans doute Wilhelm Lutz n’avait-il pas jugé bon de réveiller ni le Tokavaleski, ni Réglisse qui étaient endormis au pied de son lit lorsqu’il avait dû rentrer. Au lieu de cela, il avait attaché et bâillonné Boris sur son lit, et faisait subir un traitement typiquement slaaneshi au puissant norse qui pleurait et gémissait comme un bébé sous la douleur et l’humiliation qui lui étaient infligés. Il ne pouvait empêcher l’impérial de faire sa besogne, il était complètement à sa merci, et Lutz n’avait aucune pitié. Il pénétrait violement le norse, encore et encore.
Il s’arrêta toutefois juste quelques secondes après que le kislévite se soit réveillé. En effet, soudain, un villageois à l’air affolé ouvrit la porte à la volée en hurlant :


-LE FEU ! LA BARRICADE EST EN FEU ! AU FEU !

Enfilant rapidement une robe de chambre en soie rosée, le vitki partit rejoindre les autres norses à l’extérieur du village. Visiblement, Zack, Réglisse et Boris avaient été oubliés, laissés seuls dans la grande longère du jarl.
Pour Boris et Réglisse, dont l’un était attaché fermement au lit, et l’autre encore profondément endormie et incapable de beaucoup bouger, ce n’était pas une faute trop grave. Mais ce que Wilhelm Lutz ignorait, c’était que le kislévite, lui, était parfaitement réveillé et maintenant seul dans la longère du jarl, pour un temps inconnu. Avec un peu de chance, il pourrait remplacer Lovisa et parvenir au coffre dans la chambre du jarl. Ce faisant, il n’aurait plus qu’à faire passer les armes et armures par la fenêtre aux complices, et il pourrait même revenir et faire semblant de ne s’être jamais réveillé. Il avait la couverture parfaite. Evidemment, il pouvait envisager d’autres actions également : il était seul et libre dans la maison du jarl…

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